Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 05:16

Où il est rapidement question des législatives, puis de la pensée de J. Jaurès sur la propriété sociale

Exergue

 **

 **

 

Source : http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/pourquoi-lemancipation-nest-plus-possible-au-sein-du-capitalisme/7400307

*

La séquence électorale des législatives qui se terminera le 18 juin prochain au soir est claire pour nous. Il s’agit de transformer dans les législatives la poussée qui s’est concrétisée sur le vote Mélenchon à la présidentielle. Certains regretteront qu’il n’y ait pas de candidat unique dans chaque circonscription pour représenter le vote JLM17. Mais pouvait-il en être autrement ? Avec une exigence jacobine de la part de la France insoumise qui demande la signature d’une même charte pour tous, d’une solidarité des votes et d’une campagne nationale. Et une exigence girondine de la part du PCF qui n’arrive plus à avoir une position stratégique commune sur le territoire national en interne. Nous avons par exemple appris que dans certains départements (Landes, Jura, Somme, etc.) des alliances ont été scellées, comme aux dernières régionales, entre le Parti socialiste et le Parti communiste. A noter cependant que de nombreux communistes ont intégré la France insoumise (qui n’est pas un parti avec des adhérents) et que les élus communistes qui ont donné leur signature à Mélenchon n’auront pas de candidat de la France insoumise contre eux.

Nous ferons le point politique de cette séquence en son temps.

 

 

Ouvrir le débat sur les conditions de la Révolution citoyenne

En attendant, nous souhaitons revenir sur le débat de la ligne politique nécessaire pour mener une transformation sociale et politique. Nous avons déjà mis en avant le fait qu’il n’y aurait pas de transformation sociale sans le soutien massif des ouvriers et des employés comme à chaque moment du XXe siècle avec de grandes avancées sociales. Voir dans ReSPUBLICA nos enseignements sur le premier tour de la présidentielle puis du deuxième tour .

Nous avons aussi mis en avant le fait que l’UE et la zone euro sont des carcans visant à empêcher toute politique progressiste en France ou ailleurs. Et que changer les traités n’est plus possible avec la règle de l’unanimité lorsque de petits pays sont sous la coupe des banques.

Nous avons enfin montré l’importance d’une campagne d’éducation populaire refondée, pourtant si négligée par les militants.

Mais nous voudrions ouvrir un autre sujet : suffit-il d’avoir une ligne post-keynésienne de type économistes atterrés avec la prévision d’un Etat social fort mais sans modification du régime de propriété ou faut-il engager un processus global de République sociale avec changement progressif du régime de propriété ? Le premier choix est largement majoritaire dans les textes d’Attac, de la France insoumise, du PCF, etc. La deuxième option est présentée dans nos livres (voir http://www.gaucherepublicaine.org/librairie et plus particulièrement Penser la République sociale pour le XXIe siècle) reprenant par là des idées de Marx et de Jaurès.

Comme cela a été fait pour le compte de la bourgeoisie pendant la Révolution française mais pas à la Révolution de 1848.

Jaurès précise dans Socialisme et liberté en 1898 : « Quand le prolétariat socialiste aura été porté au pouvoir par les événements, par une crise de l’histoire, il ne commettra pas la faute des révolutionnaires de 1848 : il réalisera d’emblée la grande réforme de la propriété. »

« Laisser au patronat, […], la direction des ateliers, des manufactures et des usines, et tenir ce même patronat hors du droit politique, hors de la cité, c’est une impossibilité. Il est contradictoire de faire des bourgeois des citoyens passifs et de leur laisser encore dans une large mesure la maîtrise de la production » (Études socialistes/Introduction – Question de méthode)

« […] l’idée de propriété sociale des moyens de production, donnant un fondement réel, concret, à la liberté de tous, est le point lumineux où tous les vrais révolutionnaires se rallient. Tout socialiste qui ne l’aura pas toujours présente à la pensée ne sera qu’un empirique ou un intrigant, voué à toutes les capitulations et à toutes les défaillances. » (L’Humanité, 25 août 1912)

Et cette propriété sociale n’est en rien une fonctionnarisation de la société : « Par quelle confusion étrange dit-on que, dans la société nouvelle, tous les citoyens seront des fonctionnaires ? En fait, c’est dans la société présente que tous les citoyens ou presque tous aspirent à être “ des fonctionnaires ”. Mais il n’y aura aucun rapport entre le fonctionnarisme et l’ordre socialiste. Les fonctionnaires sont des salariés, les producteurs socialistes seront des associés. » (Socialisme et Liberté)

Jaurès critique aussi les réformes qui n’engagent pas un pied dans la transition vers le modèle politique de la République sociale :

« L’expérience montrera que les réformes les plus hardies peuvent être des palliatifs, mais tant qu’elles ne touchent pas au fond même de la propriété capitaliste, elles laissent subsister la racine amère des innombrables souffrances et des innombrables injustices qui pullulent dans notre société. » La Dépêche, le 18 décembre 1895

Voilà pourquoi nous présentons le modèle politique de la République sociale, ses principes constitutifs, ses ruptures nécessaires, ses exigences indispensables dont la socialisation progressive des entreprises et la stratégie de l’évolution révolutionnaire (cf. Marx 1850).

Contre Jules Guesde, Jaurès fustige la croyance que l’autogestion dans une seule entreprise est une bonne politique. Il considère au contraire que c’est un leurre à combattre : « Lorsque la Verrerie ouvrière fut fondée, je pris délibérément parti contre les amis de Guesde, qui, dans les réunions préparatoires tenues à Paris, voulaient la réduire à n’être qu’une verrerie aux verriers, simple contrefaçon ouvrière de l’usine capitaliste.

Je soutins de toutes mes forces ceux qui voulurent en faire et qui en ont fait la propriété commune de toutes les organisations ouvrières, créant ainsi le type de propriété qui se rapproche le plus, dans la société d’aujourd’hui, du communisme prolétarien. » (République et socialisme, dans la Petite République du 17 octobre 1901)

Revenons aux projets post-keynésiens de l’Etat social, tels que les présentent certains textes des atterrants « Atterrés », et disons pourquoi nous les critiquons. Si l’Etat social a pu s’inscrire dans le capitalisme à la Libération, c’est parce que la crise de 1929 fut soldée par la Deuxième guerre mondiale et que la masse de destruction du capital a permis la reconstruction avec des profits élevés dans l’économie réelle. Jusqu’à la crise du profit dans l’économie réelle qui entraîna l’oligarchie capitaliste dans une phase néolibérale où les taux de profit élevés dans la finance internationale obligent la dite oligarchie à des politiques d’austérité de plus en plus fortes.

Nous pensons que vouloir un Etat social fort au sein du capitalisme aujourd’hui est une lubie qui fait fi de la crise du capital et de son profit dans l’économie réelle. Ajoutons néanmoins que le programme du Conseil national de la Résistance avait placé dans le système en 1945-1946, un déjà-là du mode de production ultérieur, à savoir la Sécurité sociale gérée ni par le privé ni par l’Etat !

Jaurès avait déjà pointé la faiblesse intrinsèque de l’Etat social dans le capitalisme : « Le socialisme d’État accepte le principe même du régime capitaliste : il accepte la propriété privée des moyens de production, et, par suite, la division de la société en deux classes, celle des possédants et celle des non possédants. Il se borne à protéger la classe non possédante contre certains excès de pouvoir de la classe capitaliste, contre les conséquences outrées du système. Par exemple il intervient par la loi pour réglementer le travail des femmes, des enfants, ou même des adultes. Il les protège contre l’exagération de la durée des travaux, contre une exploitation trop visiblement épuisante. Il organise, par la loi, des institutions d’assistance et de prévoyance auxquelles les patrons sont tenus de contribuer dans l’intérêt des ouvriers. Mais il laisse subsister le patronat et le salariat. Parfois, il est vrai, et c’est une tendance croissante, il transforme en services publics, nationaux ou communaux, certains services capitalistes. Par exemple, il rachète et nationalise les chemins de fer, il municipalise l’eau, le gaz, les tramways. […] Ce qu’on appelle socialisme d’État est en fait, dans les services publics, du capitalisme d’État. » (Socialisme et Liberté)

Jaurès encore :

« Le socialisme d’État, impuissant à faire de la justice le ressort interne de la société, est obligé d’intervenir du dehors sur l’appareil capitaliste pour en corriger les pires effets. Au contraire, ce n’est pas par l’action mécanique des lois de contrainte, c’est par l’action organique d’un système nouveau de propriété que les collectivistes et communistes prétendent réaliser la justice. » (Socialisme et Liberté)

J’espère que vous avez pu voir que Jean Jaurès apparaît ici bien plus à gauche que toute l’extrême gauche réunie ! Tout cela pour dire que pour retrouver le chemin de l’émancipation, il faut engager un processus de sortie du capitalisme. Que de luttes en perspective ! Que d’initiatives d’éducation populaire refondée nécessaires !

 

Repost 0
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 18:48

Extrait :

Alors, que faire?

A très court terme, assurer au maximum la campagne des législatives autour de la France insoumise et de ses alliés et assurer le double front contre les néolibéraux du PS, de LR et de Macron d’une part et contre les néolibéraux du Front national et de ses alliés de l’autre. Il n’y a pas d’autre alternative mobilisatrice.

Après cette séquence politique qui se terminera au soir du 18 juin, c’est bien le front social qui sera au premier rang de la bataille. Et là, le mouvement syndical revendicatif et ses alliés dont nous sommes, devra être renforcé.

A moyen terme, il appartiendra aux partisans de la République sociale que nous promouvons de pousser à un diagnostic social et politique partagé dans le peuple, car dans un pays développé, on ne peut pas être majoritaire dans le peuple sans être très majoritaire dans les couches populaires qui représentent la majorité du peuple objectivement et malheureusement pas encore subjectivement.

 **

 **

Tribune : Évariste

*

Donnons les chiffres significatifs de ce deuxième tour. Ils sont à ajouter à notre dernière chronique sur les enseignements du premier tour. Plus de 12 millions d’abstentions, plus que d’habitude pour une élection présidentielle ; 4,2 millions de blancs ou nuls (9 % des inscrits) ce qui a une signification politique importante. Sur les votants, 20 millions pour Macron, 11 millions pour Le Pen. Il est à noter que cette dernière engrange 3,3 millions de votants supplémentaires par rapport au premier tour, provenant principalement de Dupont-Aignan et de l’extrême droite catholique (du type Sens Commun, parti créé à partir de la Manif pour tous et qui avait permis à Fillon de gagner la primaire de la droite). Bien que plus de 30 % des ouvriers n’aient voté pour aucun de ces deux candidats, il est à noter que même IPSOS a omis de comptabiliser la sociologie de ces blancs ou nuls, qui représentent malgré tout 9 % des inscrits, ce qui montre le peu de professionnalisme des instituts de sondage. Tout en sachant qu’il y a beaucoup d’ouvriers et d’employés dans ces blancs et nuls, nous ne sommes pas en mesure de les quantifier. Quant à ceux qui ont fait un choix entre Macron et Le Pen, Le Pen est légèrement majoritaire chez les ouvriers avec 56 % et obtient 46 % chez les employés. Une courte majorité des électeurs de JLM a voté Macron, 24 % se sont abstenus et 17 % ont voté blanc ou nul.

Nous avions été, dès le lendemain du premier tour, sur la ligne « Pas une voix pour le FN ». Nous avions cependant développé l’idée que la montée du Front national était essentiellement due aux politiques néolibérales et patronales menées par Sarkozy, Fillon, Hollande, Ayrault, Valls, Macron. S’il obtient une majorité parlementaire, Macron président développera les politiques d’austérité bien au-delà de ses prédécesseurs et donc fera encore augmenter le score du FN. Jusqu’à quand ? On le voit, le simple barrage électoral ne suffira pas dans la diachronie historique. Les 3,3 millions de votes supplémentaires pour Le Pen constituent un danger sans nom. Nous comprenions donc ceux qui ont voté blanc ou nul sur la base de cette analyse. Nous avions dit aussi que nous comprenions aussi ceux qui « pour gagner du temps » voteraient Macron à condition que, dès le lendemain du deuxième tour de la présidentielle, ils se décident enfin à combattre les politiques néolibérales, en empêchant le nouveau président de la République d’avoir une majorité néolibérale en votant non seulement contre le FN et ses alliés mais aussi contre Macron et ses alliés socialistes et LR.1

C’est donc maintenant, au pied du mur, que l’on verra les « donneurs de leçons médiatiques et électroniques ». Et que l’on séparera dans les votes Macron le bon grain de l’ivraie. Il n’y a pas d’autre solution que de partir au contact des couches populaires et nous invitons alors tous les « barreurs contre le FN » à nous rejoindre dans cette bataille sans attendre le prochain barrage électoral qui cette fois-là risque de ne pas suffire. S’attaquer aux causes de la montée du FN sans attendre de nouvelles élections, c’est d’ailleurs ce que plusieurs commentateurs ont déjà déclaré dans les télévisions des pays européens !

Que de discours dans la campagne du deuxième tour pour détourner la France des malheurs publics, émanant de ceux qui ne s’opposent pas à la politique qui est la source de ces mêmes malheurs. Que dis-je? Qui l’approuvent, qui y souscrivent !2

N’a-t-on donc pas tiré les enseignements des années 30 lorsque le SPD, pour faire barrage à Hitler à la présidentielle de 1932, fit le choix d’Hindenburg, pactisant ainsi avec le candidat du patronat ? Déplorer les effets d’une politique que l’on n’ose plus combattre, voilà contre quoi nous devons nous élever pour mener la bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle.

Car comme dans les années 30, il ne suffira pas d’attendre la prochaine élection pour faire barrage car cette fois-ci ce sera peut-être trop tard. C’est maintenant qu’il faut combattre les causes de la montée du FN et du populisme de droite qui finira pas s’associer au FN. Qu’on ne s’y trompe pas, les néolibéraux Sarkozy, Ayrault, Hollande, Valls, Fillon ont vu leur base sociale se restreindre ; il en sera de même pour Macron qui n’est que leur continuateur en pire.

Comme dans les années 30 avec leurs prédécesseurs, LR et le PS sont en crise majeure dont ils ne se redresseront pas de sitôt. La bataille deviendra donc une bataille entre le FN et ses alliés d’une part et, de l’autre, ce qui pourrait devenir son antidote radical, un mouvement issu de la France insoumise et de ses alliés.

Nous voyons ici et là poindre la critique que la France insoumise serait un populisme de gauche. Nous disons soit ! mais au moins cela a permis au peuple de conserver un espoir face à l’oligarchie capitaliste, alors que toutes les autres formations se coupaient petit à petit du peuple. Et l’on ne peut pas avoir raison contre le peuple. Quiconque veut connaître un phénomène ne peut y parvenir en se battant avec la peau des autres mais bien en se mettant en contact avec lui. Pour acquérir des connaissances politiques, il faut prendre part à une pratique qui transforme la réalité. Si l’on veut connaître le goût d’un fruit, il faut le goûter. Comme toutes les connaissances authentiques sont issues de l’expérience immédiate, si l’on veut connaître la théorie, les méthodes et les conditions de la révolution, il faut prendre part aux luttes sociales et politiques. Donc, œuvrer dans le peuple et non pas seulement à côté de lui en se retirant sur son Aventin.

Concernant l’imputation de « populisme de gauche », il faut d’abord comprendre pourquoi il y a ici et là des émergences qui ne sont pas des émergences en provenance des partis traditionnels. C’est en fait assez simple. Les politiques néolibérales ont accru à un niveau phénoménal la désintégration économique des couches populaires, mais également des couches moyennes intermédiaires qui se sentent de plus en plus déclassées. La non-intégration économique de ces catégories et la désindustrialisation massive de la France induisent directement la désaffiliation des partis politiques traditionnels, surtout si ceux-ci recrutent de plus en plus chez les CSP+ de la fonction publique. De plus, aujourd’hui contrairement à la période d’après-guerre, les couches populaires vivent de moins en moins là où se crée la richesse, la ségrégation sociale se double d’une ségrégation spatiale.

Dans ce contexte, attention à ne pas donner crédit aux médias néolibéraux qui ne sont là que pour gagner du temps pour le compte du patronat avant la crise paroxystique qui s’annonce sans que l’on sache quand elle arrivera.

Par contre, dans la course de vitesse qui se crée entre le FN et ses alliés et la France insoumise et ses alliés, constatons que malheureusement c’est le FN qui a une longueur d’avance dans la pénétration dans les couches populaires. Et les alliés de la France insoumise (comme le PCF par exemple) sont bien plus éloignés des couches populaires que la France insoumise, sauf chez les retraités. Là est la limite des partis traditionnels de gauche (comme le PCF par exemple mais pas seulement) mais aussi de la France insoumise. Non, une réflexion en termes de lutte de classe n’est pas obsolète et c’est même la clé du succès à moyen terme. À condition de ne pas la mener avec des catégories analytiques non conformes au monde d’aujourd’hui.

Alors, que faire?

A très court terme, assurer au maximum la campagne des législatives autour de la France insoumise et de ses alliés et assurer le double front contre les néolibéraux du PS, de LR et de Macron d’une part et contre les néolibéraux du Front national et de ses alliés de l’autre. Il n’y a pas d’autre alternative mobilisatrice.

Après cette séquence politique qui se terminera au soir du 18 juin, c’est bien le front social qui sera au premier rang de la bataille. Et là, le mouvement syndical revendicatif et ses alliés dont nous sommes, devra être renforcé.

A moyen terme, il appartiendra aux partisans de la République sociale que nous promouvons de pousser à un diagnostic social et politique partagé dans le peuple, car dans un pays développé, on ne peut pas être majoritaire dans le peuple sans être très majoritaire dans les couches populaires qui représentent la majorité du peuple objectivement et malheureusement pas encore subjectivement. L’éducation populaire refondée au sein du peuple sera notre arme. Et les questions sur les conditions de la Révolution citoyenne et sociale devront alors prendre force et vigueur. Les intervenants du Réseau Education Populaire, les films de Marie Pialat “Peuple et pouvoir”, « Peuple et profit”, “Combat laïque , combat social”, etc., les livres de la librairie militante de ReSPUBLICA (sur la colonne de droite du site), les actions des comités “La Sociale” créés à la suite des débats sur le film de Gilles Perret, les actions de la Convergence nationale Services publics et du Collectif national Poste organisé autour des syndicats CGT, FSU et Solidaires, sont là pour développer cette éducation populaire refondée.

A bientôt si vous le voulez bien ! Hasta la victoria siempre (jusqu’à la victoire finale) !

 

  1. Nous remercions les nombreux lecteurs qui ont écrit au journal à la suite du dernier éditorial, soit pour soutenir son analyse ou la développer, soit pour la récuser. Nous avons préféré ne pas alimenter entre les deux tours un débat qui est vite devenu manichéen et parfois outrancier. Parmi les textes publiés pour dénoncer le chantage du vote « anti-fasciste » et rappeler que ce sont les gouvernements de gauche et de droite qui ont trahi les classes populaires et fait monter le FN, nous signalons a posteriori deux tribunes :
    Henri Pena-Ruiz « Ne nous soumettons pas ! »
    Frédéric Lordon « De la prise d’otages ». []
  2. D’après une citation de Bossuet : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait, pour les attirer. Que dis-je ? qu’on l’approuve et qu’on y souscrit… » []
Repost 0
9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 19:12

Dis-moi qui ….. , je te dirai ce que tu vas faire.

Ceci en attendant que le dernier président de la 5ème, E. Macron, nous fasse part du nom de son premier ministre et de celui de ses ministres.

Vous me direz, on s’en doutait…. Oui, mais….

 *

Liste : https://www.legrandsoir.info/liste-des-soutiens-d-emmanuel-macron-le-candidat-du-parti-de-la-presse-et-de-l-argent-ppa.html

 

Repost 0
2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:37

Extraits de la lettre :

« Votre victoire sera plus certaine, plus sûre, et le changement plus réussi et plus durable si vous prenez la mesure du temps long, parce qu’on n’éduque pas un peuple en 3 mois, on ne change pas le paradigme de pensée en 3 mois, on ne dégage pas la peur au ventre des gens en 3 mois. Cela prend du temps et beaucoup d’implication militante.

Le secret c’est

  1. L’éducation politique populaire.
  2.  Le militantisme permanent, pas que dans les épisodes électoraux
  3.  L´existence du mouvement (à la fois une coalition des partis de gauche et un mouvement indépendant de ces partis) »

 **

 **

Source : https://www.legrandsoir.info/la-victoire-sera-plus-certaine-et-durable-si-vous-prenez-la-mesure-du-temps-long.html

*

Connaissez-vous Pepe Mujica ? Comment est il arrivé au pouvoir ? Voici un petit récit qui pourrait vous aider en ce moment complexe de joie et désenchantement.

L’Uruguay est un petit pays, mais qui a des similitudes à la France : Un État très fort et organisé, des acquis sociaux importants, un niveau de vie plus haut que nos voisins, etc.

Malheureusement on n’a pas d’indiens, et les noirs sont moins de 10% plutôt bien intégrés.

Comme notre niveau de vie est plutôt bon par rapport à l’Amérique Latine, on est en train de recevoir beaucoup d’immigration andine et centro-américaine, mais l’énorme majorité de la population sont des petits fils d’européens. Il fait chaud en été et très froid en hiver.

Le néolibéralisme a commencé aux environs de 1970, les énormes protestations empêchaient le pouvoir de mettre en œuvre son projet. Les "Tupamaros" (du nom de Tupac Amaru, le mythique chef Inca qui se rebella en 1780 face aux colons espagnols, au Pérou) sont nés dans cette circonstance, une guérilla urbaine sans vraiment trop de support populaire. Nous sommes un peuple pacifique.

En 1971 est né le "Frente Amplio", un truc bizarre qui était à la fois une coalition de partis de gauche et un mouvement.

En 1971 on a perdu les élections. Mais la protestation continuait. Une dictature militaire a été la seule façon de nous imposer le néolibéralisme à cette époque, et les états-unis d’Amérique ont soutenu le pouvoir local pour ensemble réussir le coup. Comme quoi le fascisme et le néolibéralisme vont toujours ensemble.

La dictature a proscrit les partis politiques et emprisonné ou tué leurs leaders. La longue nuit durera jusqu’à 1984 quand le néolibéralisme était déjà bien enraciné.

Première élection après la dictature, le "Frente Amplio" était toujours la. On avait survécu, mais les gens avaient peur et ont voté à droite pensant qu’un changement moins radical serait plus calme. On a aussi 2 partis de droite, l’un plus ancré dans les villes l’autre a la campagne, mais tous les deux néo-libéraux. Après l’expérience dictatoriale les secteurs fascistes dans ces partis ont disparu.

Donc, la première élection on a montré qu’on existait.

Cinq ans après, on a réussi à gagner Montevideo, la capitale et quelques autres villes dans le pays, mais pas la présidence.

Les deux partis de droite se partageaient le pouvoir au gouvernement, mais nous étions en train de gagner petit à petit la bataille culturelle.

Par exemple, ils ont voulu privatiser presque tout. Nous avons organisé un référendum pour révoquer la loi de privatisation, avons collecté 25% des signatures des citoyens et de ce fait on a pu faire le référendum qu’on a gagné.

Cela a été notre première grande victoire. L’électricité, la téléphonie, l’eau, le pétrole (que nous achetons parce que pas de pétrole chez nous), tout est resté dans les mains de l’État.

On avait un espoir fou pour les élections qui suivaient, mais non, on est resté presque a égalité entre les 3 partis, (exactement comme vous maintenant entre quatre partis), l’écart entre le premier et le troisième était de 3 points. La droite a fait cause commune au second tour et ils ont gagné a nouveau. Désespoir complet.

Cinq ans plus tard on a gagné dès le premier tour. C’était Tabaré Vazquez notre candidat.

Cinq ans plus tard on a gagné a nouveau c’était Pepe Mujica (les "tupamaros" après la dictature ont abandonné les armes et sont rentrées au "Frente Amplio").

Cinq ans plus tard, on vient de gagner avec Vazquez à nouveau (je ne l’aime pas trop, mais c’est un autre sujet)

Depuis 1984 on a perdu 3 fois, mais après la première victoire, on n’a pas encore perdu, on fera 15 ans de gouvernement "Frente Amplio" et on a des bonnes perspectives pour gagner notre quatrième mandat.

Entre temps, l’un des partis de droite a disparu. Le pouvoir a du se concentrer en un seul parti pour pouvoir s’imposer et ils ont toujours la propriété des médias.

En Argentine et Brésil, nos énormes voisins, vous savez que c’est la pagaille maintenant, alors je voudrais vous raconter pourquoi ça ne se passe comme ça ici et comment on a fait pour arriver au pouvoir et le garder.

Pour qu’un changement dure il ne faut pas qu’il soit vertigineux, il faut qu’il soit profond, et la profondeur prend un peu plus de temps.

Le secret c’est

  1. L’éducation politique populaire.
  2.  Le militantisme permanent, pas que dans les épisodes électoraux et
  3.  L´existence du mouvement (à la fois une coalition des partis de gauche et un mouvement indépendant de ces partis)

On a crée des organes de presse indépendant, pas d’internet a l’époque (un journal et une radio). Ils étaient si bien faits que les grand public les achetaient et les écoutaient. Un jour par mois chacun d’entre nous allait aux marchés avec une petite table et du matériel pour parler de politique avec les gens (on était 3 ou 4 ensemble). D’autres allaient faire de même mais dans les petites villes rurales. Comme nous étions des milliers, on pouvait assurer notre présence dans un endroit une fois pas semaine, pas toujours les mêmes bien sur. Une fois par mois ce n’est pas trop pour chacun.

L’éducation politique va de paire avec le militantisme permanent. Ce ne sera pas la télé qui éduquera le peuple mais bien nous.

On a ouvert dans chaque quartier un petit endroit ou nous allons nous retrouver une fois par semaine. Nous les appelons "comité de base", la même chose que vos groupes d’appui, sauf que nos comités étaient ouverts au public, visibles dans la rue. Là bas on était tous du "Frente Amplio", sans étiquette de partis, même s’il y avait des communistes des socialistes, etc, mais cela ne comptait pas. On parlait de politique et on prenait des décisions sur la position du "Frente Amplio" devant une situation et aussi on imaginait des trucs locaux pour nous rapprocher des gens.

Je vous la fais courte, mais on a gagné comme ça.

Un long travail de fourmis, beaucoup de présence sur le terrain, des quartiers aux petites villes, en éduquant le peuple, et en étant visibles tout le temps.

Un mouvement puissant et profond.

En termes militaires, pendant les élections on faisait une guerre éclair, fulgurante, et on gagnait des positions, ensuite on continuait notre avancée dans une sorte de guerre de baisse intensité, et à l’élection suivante, à nouveau le mouvement fut vertigineux et c’est comme cela qu’à la troisième fois on a gagné.

Donc, s’il vous plait, ne vous plaignez pas. Vous avez fait la campagne la plus fulgurante de tous les temps, vous avez gagné d’un seul coup presque le double des voix que Mélenchon a eu en 2012. On n’a jamais autant progressé entre deux élections !

Si vous continuez comme ça vous gagnerez peut être même avant 5 ans (cela dépendra des législatives si Macron tiendra ou pas tout son mandat).

Votre victoire sera plus certaine, plus sure, et le changement plus réussi et plus durable si vous prenez la mesure du temps long, parce qu’on n’éduque pas un peuple en 3 mois, on ne change pas le paradigme de pensée en 3 mois, on ne dégage pas la peur au ventre des gens en 3 mois. Cela prend du temps et beaucoup d’implication militante.

Mais militer c’est déjà en soi une joie : être avec des copains, partager le bonheur de faire un monde meilleur, (la moitié d’entre nous a fondé son couple au comité de base) et surtout se préparer à gouverner, parce que il n’y a aucun changement qui tienne si nos gouvernement n’ont pas le peuple derrière, et pas que dans des manifs, mais un peuple vraiment organisé. Tisser des liens forts entre notre mouvement et le peuple c’est la clé de la victoire, et cela prend du temps, comme toute construction.

Cinq ans ce n’est rien du tout dans la vie politique d’un pays. Mélenchon sera en 2022 plus jeune que Mujica l’était quand il a été élu, aussi plus jeune que Sanders lorsqu’il était candidat, il aura l’âge qu’a Juppé maintenant. Gardez bien soin de lui. Parce qu’en fait, on a besoin aussi des leaders, des catalyseurs. Vous avez une chance énorme d’avoir un homme comme lui qui soit à la fois le penseur et le bâtisseur, le stratège et le leader charismatique. Je suis certaine qu’il est appelé pour l’histoire à jouer un rôle décisif dans la destinée du monde.

Une vague puissante de changement parcourt le monde, Mélenchon, Iglesias, Corbyn, Sanders (strict ordre de parution) catalysent ce mouvement. On n’a gagné nulle part du premier coup, mais on s’est suffisamment rapproché du pouvoir pour faire trembler tout le système. On continue parce que la planète toute entière nous crie à l’aide !

Depuis mon petit coin perdu du monde, ici à Montevideo, je crois que notre chéri Pepe a joué aussi son rôle lorsqu’il a eu l’opportunité de parler au monde, comme une minuscule avant-garde du changement que se dessine.

Je vous aime. La bataille ne fait que commencer et elle est joyeuse. La victoire nous attend.

Gabriela BALKEY

Repost 0
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 05:44

Novembre 2014, monsieur le Pape était à Strasbourg reçu devant les Institutions européennes. Mars 2017, à l’occasion du 60ème anniversaire du Traité de Rome, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se rendaient au Vatican. Décidément !

Exergue

 **

 **

Source : http://www.ufal.org/laicite/a-defaut-de-ladhesion-des-peuples-lunion-europeenne-aura-la-benediction-papale/?utm_source=mailup&utm_medium=courriel&utm_campaign=flash

 *

On croyait l’Union européenne débarrassée de ses « racines chrétiennes » par la formule fourre-tout « héritages culturels, religieux et humanistes »(1) du Traité de Lisbonne. Quelle erreur ! Pour fêter le 60e anniversaire du Traité de Rome, les chefs d’Etats de l’UE (27 après Brexit) n’ont eu rien de plus pressé que de se rendre le 25 mars en pèlerinage au Vatican, pour entendre la bonne parole du chef de l’Église catholique, et recevoir l’onction pontificale.

Atteinte à la liberté de conscience

Au-delà du ridicule bondieusard, il s’agit d’une atteinte flagrante à la liberté de conscience – la première des libertés –, donc aux « droits inviolables et inaliénables de la personne humaine » dont se gargarise l’UE ! « Le christianisme », invoqué à tort comme racine de l’Europe, est au moins divisé en trois courants principaux (catholique, protestant, orthodoxe), lesquels se subdivisent eux-mêmes : uniates, « chrétiens d’Orient », « évangéliques », de plus en plus nombreux et inclassables ni chez les luthériens ni chez les calvinistes. Et encore, les anglicans nous quittent !

Quant aux autres religions, elles ne seraient pas incluses dans les « racines » de l’Europe ? Ce qui relève de l’ignorance la plus crasse pour le judaïsme, et l’islam (vecteur unique pendant longtemps de la pensée grecque antique en Europe !). Certes, l’hindouisme, le bouddhisme, le taoïsme, etc. sont des produits d’importation : ils n’en constituent pas moins des « religions », terme qui ne connaît aucune définition juridique, et qui inclut donc également le pastafarisme(2) ou le jediisme(3).

Et ceux qui ne se réclament d’aucune religion, ils n’existent pas ? Ils sont pourtant majoritaires en Europe ! Selon une enquête WIN/Gallup d’avril 2015, 51 % des Européens de l’Ouest sont sans religion ou athées : 78 % et 77 % pour les Suédois et les Tchèques, 66 % pour les Néerlandais, 48 % pour les Belges. En France métropolitaine, l’étude de l’INED Trajectoire et Origines dénombrait, en octobre 2015, 45 % d’incroyants, et 12 % complètement détachés des religions – soit 57 % non concernés par un culte !

…Mais à quoi bon invoquer la réalité des chiffres ? N’y aurait-il qu’un seul incroyant sur les 510 Millions d’habitants de l’Union européenne (Royaume-Uni compris), le principe de liberté de conscience imposerait toujours qu’il soit traité à égalité avec tous les autres citoyens par les pouvoirs publics européens ! Autrement dit, que les chefs d’Etat, censés représenter l’intérêt général, ne privilégient aucune conviction religieuse particulière, quelle qu’elle soit.

Le Président de la République française, quant à lui, était en état de péché mortel – plus sérieusement, d’infraction au principe constitutionnel de laïcité, qui lui interdit de « reconnaître » aucun culte !

Retour au péché originel de l’Union : le cléricalisme

Passons sur les titres de la presse (Paris-Match) évoquant le renouvellement par les chefs d’Etats de « leurs vœux de mariage, malgré le divorce » du Royaume-Uni : c’est oublier qu’en France, depuis le 20 septembre 1792, le mariage, acte civil, ne nécessite plus une bénédiction religieuse. Pourtant, ce titre niais est assez fidèle à l’initiative des dirigeants européens, qui renoue avec les origines cléricales de l’Union. Origines qu’illustre son drapeau, inspiré, selon son dessinateur lui-même, d’une médaille de la Vierge (la couronne mariale, avec 12 étoiles ne varietur, comme 12 apôtres…). Mais les vrais enjeux sont ailleurs, excellement mis en lumière par le discours prononcé à cette occasion par le pape.

Jorge Mario Bergoglio a égrené les citations de ceux qu’il appelle les « Pères fondateurs » (comme on dit « les Pères de l’Eglise »), il y a 60 ans : P.-H. Spaak, A. de Gasperi, J. Luns, K. Adenauer – la fine fleur de la démocratie chrétienne ! En effet, le baptême du Traité de Rome fut arrosé d’eau bénite. De Gasperi jurait que la Communauté Economique Européenne était fondée sur « la personne humaine avec son ferment de fraternité évangélique » (sic), ce qui permet au pape de renchérir sur « sa dignité transcendante et inaliénable ». Bref, l’évangile et la transcendance servent de suppléments d’âme à l’Europe des marchands : la finance et le goupillon ! Il faut, dit le pape, qu’en plaçant « l’homme au centre de ses préoccupations », « l’Europe retrouve l’espérance » ‑éminente vertu théologale, mais bien peu séculière (les autres sont : la foi et la charité) !

Or les faits démentent ce personnalisme chrétien de façade : 60 ans plus tard, aucune construction politique « immanente », ni aucune citoyenneté européenne n’ont encore émergé. Faute d’aimer l’Europe, certains la quittent, d’autres y songent…

Fonder ainsi le lien politique sur la religion relève de la pure régression intellectuelle. C’est ignorer volontairement ce que sont, depuis au moins Spinoza et Locke, les « bases politiques, juridiques et sociales de notre civilisation » (Joseph Luns), dont pourtant affirme se réclamer le pape ! C’est nier la sécularisation progressive et irréversible des institutions, voire la laïcité dans certains pays.

Prosélytisme et récupération

Mais non content de bénir le temple de la « concurrence libre et non faussée », l’évêque de Rome en a profité pour se livrer à un peu de prosélytisme – lui, au moins, était dans son rôle ! Il professe que « la Bible nous offre une méthode pédagogique » qui permet de comprendre le temps que nous vivons grâce au passé. Tiens ? Se fonder pour cela sur l’histoire serait donc le propre des mécréants ?

Et revoilà les « racines chrétiennes » ! Le pontife cite de Gasperi (1954) : « à l’origine de la civilisation européenne se trouve le christianisme », sans lequel, ajoute-t-il, « les valeurs occidentales (…) deviennent complètement incompréhensibles. » Suit une citation du pape Wojtyla (dit Saint Jean-Paul II) définissant « l’âme de l’Europe » par les « valeurs chrétiennes et humaines, (…) de la dignité de la personne humaine, du profond sentiment de la justice et de la liberté, du travail, de l’esprit d’initiative, de l’amour de la famille, du respect de la vie, de la tolérance, du désir de coopération et de paix ».

On sourira au dépassement de toute lutte des classes par la formule « le travail, l’esprit d’initiative » – mais l’on s’inquiètera de ce que recouvrent « l’amour de la famille », « le respect de la vie », « la dignité de la personne humaine ». Traduisons donc, pour les lecteurs angéliques qui seraient tentés de ne pas voir en quoi le pontife actuel reprend dans bien des domaines la ligne de ses prédécesseurs. « L’amour de la famille » (« première et fondamentale cellule de la société » précise Mgr Bergoglio) nous a valu en France « la manif pour tous » contre les droits des couples de même sexe (et probablement la victoire de François Fillon à la primaire de la droite). Quant au « respect de la vie », et à la « dignité de la personne humaine », ils servent d’alibis à la lutte farouche contre l’IVG et les droits des femmes que mène l’Eglise catholique, notamment au niveau de l’Union européenne, où elle a pignon sur rue. En effet, pour le Vatican, la vie commence dès la conception, et le fœtus est une personne humaine réelle…

Certes, on ne peut que saluer l’incitation papale à l’ouverture aux migrants, mais comment ne pas dénoncer, une fois de plus, la savante et impudique récupération par la hiérarchie catholique de thèmes apparemment humanistes, mais habilement détournés de leur signification historique ? La civilisation dite occidentale s’est formée de façon à peu près constante contre la domination spirituelle et temporelle de l’Eglise : humanisme, Réforme, Lumières, Révolution(s), République, socialisme : autant de moments émancipateurs pour « la personne humaine » qui se sont vus fustigés, condamnés, ou combattus par le Vatican.

L’onction pontificale ne suscitera certes pas le « désir d’Europe » des peuples de l’Union largement sécularisés, et il est douteux que la démarche cléricale de leurs dirigeants contribue à renforcer leur confiance dans leurs personnes, et dans les institutions qu’ils représentent. Aucune construction durable et démocratique ne peut se faire contre la liberté de conscience !

 

Repost 0
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 21:03

Un parti politique est un être vivant. Comme tel, il nait, il vit, il meurt. Le parti et non pas ses idées qui trouvent toujours à s’employer. Idées souvent améliorées qui prennent en charge l’époque nouvelle qui n’est pas, il faut s’en convaincre, celle d’hier.

Un parti c’est aussi un outil qui n’a de bon usage que s’il est efficace. Qu’il vienne à ne plus servir le projet et les objectifs pour lesquels il a été conçu, qu’il vienne à n’être qu’une machine électorale au service de quelques uns, il faut alors s’en dépouiller. Sans regret. Sans amertume.

S’il faut être fidèle ce n’est pas aux murs, même s’ils ont résonné de la belle histoire (pas toujours). S’il faut être fidèle, ce n’est pas aux leaders lorsqu’ils ont oublié la raison pour laquelle ils le sont. S’il faut être fidèle c’est aux idées qui trouveront toujours à s’incarner ailleurs.

Ainsi nous progressons.

Exergue

 **

 **

 Source : https://www.legrandsoir.info/parti-communiste-apres-l-explosion-l-implosion.html

*

UN DECHIREMENT DU CŒUR : Quand on a adhéré à 14 ans à la J.C. et à 16 ans au Parti, quand on a, pendant tant d’années, appris à devenir communiste, car ça s’apprend, ce n’est pas une révélation, on ne peut, devant le triste spectacle, qu’avoir un déchirement du cœur.

LA SIGNIFICATION PROFONDE DE LA LUTTE DES CLASSES : Etre communiste ce n’est pas facile, c’est accepter les premières années de ne rien comprendre aux positions défendues par les responsables, c’est comprendre qu’on ne sait rien de la politique, c’est rester dans le silence pour comprendre et apprendre de ceux qui par leur histoire ont appris, par le vécu, la signification profonde ce que signifie « la lutte des classes », notamment de la part de ceux qui ont fait la Résistance.

LA MOTIVATION VIENT EN MILITANT : Vient alors ce moment où l’on commence à militer, c’est-à-dire d’être capable de parler aux autres, sans besoin d’être accompagné. Et puis il y avait ces réunions de cellule où on refaisait le monde, où la discussion ouverte permet de s’enrichir et d’agir. Et puis il y a les formations de cellule, de section, fédérales, où l’approche théorique permet de casser le sens des mots (sémantique) et de l’Histoire humaine. On ressort alors encore plus fort, encore plus motivé. A l’université d’Economie, on apprend par cœur le libéralisme, ce qui fait que, pour celui qui travaille, connaissant le raisonnement du capitalisme et ayant découvert et appréhendé le marxisme, nous avons une force d’analyse incomparable. C’est mon cas..

DES RESULTATS DEPLORABLES : Vient alors le temps des résultats, toujours décevants, et ce déclin des résultats, des défaites subies. Alors on se rassure, on explique les médias, la trahison du PS (air connu), l’URSS, la crise… Et puis on s’accroche à la moindre nouvelle adhésion, et aux discours des dirigeants qui rassurent en expliquant comme la Marquise que « tout va bien… »

LES DIRECTIONS ONT TOUJOURS RAISON : puis vient le moment où des camarades disparaissent, ceux que l’on ne voit plus, ceux qui posaient des questions, s’interrogeaient, sans jamais avoir de réponses… Alors les discussions diminuent, l’activité baisse, alors on fusionne les cellules pour les rendre « plus dynamiques » et on recommence le cycle, sans se poser la question de fond. Qu’est-ce que le communisme ? Mais à cette question les dirigeants répondent toujours par « qu’as-tu fait ? », « As-tu collé les affiches » ? et « si tu es contre les Directions tu n’es pas communiste ». Et les résultats déplorables continuent, jusqu’au jour où on se rend compte que nous partîmes 600 000 et … nous ne sommes plus que 55 000, ce qui nous oblige à louer les étages du Comité Central….

A FORCE DE PENSER AVEC SES MAINS… On écoute toujours les dirigeants qui nous disent de mettre les mains dans le cambouis, (« as-tu collé les affiches ») le problème étant toujours le même, et qui se répète, car plus tu affiches, en inondant la ville et moins tu fais un score. A croire que les gens ne lisent plus les affiches collées par les mains des travailleurs. Des anciens dirigeants se vautrent dans le système médiatique, abandonnant leur ville pour une autre et en perdant les deux [1], d’autres abandonnent tout le navire et rejoignent le « capitaine de Pédalo ». Et ce qui vaut au niveau National se retrouve au niveau local, sans doute en pire. Tout n’est plus que « jeu d’influence » offert au « mieux placé », qui par ses mains trempés à l’illusion de pouvoir encore peser.

…ON SE BRULE AU FEU DE L’HISTOIRE : Pourtant Karl Marx, à l’origine profonde de notre existence, dans un texte célèbre que l’abeille indiquait : « Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. ». De fait, désormais, on n’affiche que ce que l’on est convaincu, et pour être convaincu, il faut auparavant en avoir discuté, l’avoir conçu, voir même l’imprimer, car le communisme est une entreprise. Que de travail et d’alertes aussi de nos philosophes, de nos économistes, de nos sociologues, sur la « Révolution Informationnelle » à venir, que désormais les libéraux dénomment : « Révolution numérique », ce qui donne flexibilité et upérisation esclavagiste et pour voir l’actuelle Direction ne retenir que la « révolution numérique », concept du Patronat… Or, derrière les mots se cachent les maux du capitalisme et de ses violences (chômage de masse, précarités, pauvreté).

ELUS ET PARTI : Et puis il y a cette lente dégénérescence des élus communistes. Moins ils étaient nombreux au parlement, plus ils réclamaient de l’indépendance de pensée. Plus de discipline de vote, chacun est libre. Par contre, le militant doit continuer à coller les affiches, conçues ailleurs et ne pas discuter…. au nom du Parti. En d’autres termes, les militants n’ont qu’un droit, celui de coller sans discuter et les élus l’inverse, pouvoir discuter entre eux sans être collés et voter sans être contrôlés. Pourtant, ce rapport du Parti et de l’Etat, jamais résolu, toujours confondu, est une des causes majeures de l’effondrement de l’URSS, mais celui qui pose cette question dérangeante n’est jamais écouté. Pire : on le trouve « casse couille » et on souhaite son départ… un de plus.

Alors « maintenant qu’on est tranquille, on va pouvoir discuter avec le PS pour la répartition des sièges »… Que le communiste qui n’a jamais vu ça me lance la première pierre.

LES DIRIGEANTS SOMNIFERES : Je me souviens de ces fêtes de la Marseillaise où la J.C. servait de défricheurs (adhésions) et à la fin le meeting religieux, accueillait Paul Laurent, le père du fils. On l’appelait somnifère, car au bout de 10 minutes d’un discours à rallonge, la moitié du meeting faisait la sieste. Pour endormir la Révolution il n’y avait pas mieux. Alors désormais, c’est le fils dont la voix monocorde permet tout juste de penser que décidément les dirigeants communistes n’aiment pas les tribuns.

LE PERTURBATEUR : D’échec en échec, les dirigeants appellent un « sauveur engagé », un ex social-démocrate, ayant rompu avec le PS et comme son parti est faible (PG), pas de problème « on aura toujours la barre sur lui »…. Comme avec Mitterrand dans les années 70. Décidément, l’Histoire n’est pas une jeune fille. Mais voilà que lui, le petit, travaille énormément et ses interventions de tribun parlent au cœur. Alors de petit, il devient grand au point de menacer l’hégémonie du Parti sur la « Gauche » du PS, d’autant plus que ses qualités de tribun emportent les foules mieux qu’un orchestre de Rock, car son phrasé de guitare c’est de la philosophie. Et de 2 % il finit à 11 % de votes.

TORTILLER DU CUL POUR CHIER DROIT : Désolé d’utiliser cette terminologie, mais comment expliquer autrement la « danse du ventre » effectuée par les dirigeants communistes. De la critique déclamée du gouvernement devant les politiques désastreuses du gouvernement Hollandais, les militants passent à des alliances à la carte, selon les opportunités de conserver des sièges (Municipales, Européennes, Régionales), massacrant de fait le « Front de Gauche » et à chaque fois la déroute, réduisant d’autant la puissance de feu, puisque les militants ne comptent plus. Finissons par cette phrase admirable de Pierre Laurent, que j’ai mémorisée, pour sa perfection d’ambiguïté : « Les discussions avec le Parti Socialiste sont difficiles, du fait de la politique du gouvernement ». Alors je suis à 100 % d’accord avec la phrase, à un mot près, « difficiles », j’aurais mis « impossibles », qui me parait plus communiste. Mais, hormis pour le rock, fidèle aux militants de ma jeunesse qui m’ont appris la Résistance, je ne sais pas tortiller du cul, moi.

ON FERME LA PORTE : Alors devant ce nouveau danger, que l’on pensait pourtant « tenir », comme Mitterrand en d’autres temps, il ne faut surtout plus le présenter, d’où les critiques souterraines d’abord, puis ouvertes et dénonciatrices d’un Mélenchon qui « serait parti tout seul ». A partir de ce moment-là, les discussions devenaient impossibles. Pourtant le communisme aurait consisté à apprécier à sa juste valeur ce que nous avait amené Mélenchon et à rediscuter d’une démarche « d’insoumission communiste », car depuis Spartacus, le communisme commence par l’insoumission aux chaines de l’esclavage ou de l’affairisme financier actuel. On ferme la porte car il faut « sauver la structure », en d’autres termes, les dirigeants, quitte à perdre son âme dans un ultime accord sous-marin avec le PS.

UNE GESTION MACHIAVELIQUE : Le parti communiste ne peut pas apparaître comme diviseur, alors il crie au rassemblement de la « gôche ». En cela, il critique vertement la « démarche solitaire » de Mélenchon de se présenter seul, comme si les réunions du « Front de Gauche », n’avaient jamais eu lieu avec cette possibilité, en oubliant de plus toute les alliances à géométrie variable du PC avec le PS et ce dès le premier tour, là où la « lutte des classes » demande clarification. Alors pendant des mois Pierre Laurent va monter les communistes contre Mélenchon et puis au moment où les décisions du parlement communiste doivent être prises, il appelle la veille dans les « médias de la bourgeoisie » à ce que le parti appelle à voter Mélenchon…. Incompréhensible au commun des mortels. Mettez-vous à la place des militants du quotidien qui tous les jours en chient pour défendre des idées et analyses indéfendables et qui apprennent la veille de leur réunion que le secrétaire général propose d’appeler à voter Mélenchon. Alors qu’ils sont conditionnés depuis des mois contre Mélenchon, « celui qui est parti tout seul ». A l’assemblée délibérante des cadres, c’est le refus normal. Pierre Laurent est-il désavoué ? Non bien sûr, pas de solution de rechange et, de plus, il applique la démocratie de consulter le « peuple communiste ». Respect, Monsieur le manager.

De plus, il peut se prévaloir d’appeler à voter Mélenchon et d’avoir été battu, donc la division ultérieure ne peut lui être imputé. Du management d’entreprise pur et dur.

Les communistes consultés donnent un avis différent et soutiennent la candidature de Mélenchon, cependant ce choix est assorti par une « campagne autonome ». En d’autres termes, la direction du P.C.F soutient la candidature de Mélenchon comme la corde soutient le pendu… ce qui explique l’absence des communistes pour les Présidentielles et l’affichage pour les Législatives…. Dites-moi que j’ai tort (XIIIème circonscription des Bouches du Rhône).

Georges Marchais le stalinien, n’aurait jamais osé dire son opinion à la « presse bourgeoise », la veille du « comité central », parlement des communistes. C’est vous dire si Pierre Laurent est respectueux de la « démocratie communiste ».

FRANCE EN COMMUN OU AVENIR EN COMMUN ? Le Parti communiste a proposé « la France en commun » là où les insoumis proposent « l’avenir en commun ». Au-delà du fait que décidément « l’en commun » est le plus difficile à réaliser, un programme s’adresse donc uniquement à la France, alors que celle-ci est soumise au marché européen et mondial, l’autre a une perspective universaliste, reprenant ainsi le fil de notre histoire, celle de 1789 et de sa déclaration universelle des « droits de l’Homme ».

Sa démarche philosophique s’appuyant sur l’insoumission, fondement de l’émancipation depuis Spartacus.

L’IMPLOSION D’UNE ETOILE : La dernière initiative de communistes appelant à l’Union pour un « candidat unique », véritable appel à voter Hamon, pour « sauver » des députés communistes est annonciateur de l’implosion. Car dès lors, ce qui reste des « communistes » vont se partager en trois groupes. Les premiers, par fidélité à la direction obéiront quoiqu’ils pensent. Une grande majorité risque de retourner dans les cavernes abandonnant toute lutte militante et enfin, les plus communistes au sens de Marx, rejoindront avec enthousiasme les insoumis, quelque soient les difficultés et les défauts inhérents au mouvement, mais qui « rallume les étoiles ». Voilà pourquoi après avoir subi plusieurs explosions (Les départs massifs de militants), les élections Présidentielles, risquent de voir le PCF imploser, en cette année 2017, 100 ans après la Révolution de 1917. J’entends déjà l’argumentaire, que Mélenchon serait la cause de cette implosion, en oubliant tout le reste que j’ai ici cherché à synthétiser. Il faudrait y rajouter le positionnement actuel de Braouzec (Saint-Denis) et de Hue (ancien Secrétaire Général) qui appellent à soutenir Macron. Du communisme au Macronisme…

DECHIRURE ET COMMUNISME ? Alors, au-delà de mes déchirures internes et personnelles de mon histoire profonde et authentique, comme « communiste insoumis », fidèle à l’idée que « le communisme est le mouvement réel qui abolit l’état existant », je milite et mes bats en portant haut et fort la banderole de l’Insoumission.

Fabrice, le 20 Février 2017

Après avoir lu et relu, certifie conforme, à ce que je pense…, le 18 Mars 2017, Fabrice

 

Repost 0
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 09:03

2F - F. Fillon – n’a guère été convaincant. Les uns s’en contenteront, politique oblige et surtout conquête du pouvoir : est-ce suffisant ?

L’éthique n’a-t-elle rien à voir avec la politique (j’ajouterai avec l’économie). ‘On aurait tort d’en rester à la dimension judiciaire qui distingue ces affaires. Les conditions éthiques de la vie démocratique exigent qu’on aille au-delà’ (1)

  1. http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/03/20/politique-et-morale-sont-inseparables-en-democratie_4386723_3232.html

Maintenant venons en aux erreurs et approximations de 2F avec le lien (2), trop long pour être copié, cependant très fouillé.

  1. http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/02/06/les-erreurs-et-approximations-de-la-defense-de-fillon_5075579_4355770.html

*

Dans un autre registre. Celui du regard proche. Celui de l’éducation.

J’imagine le regard de mes parents, si j’étais dans une situation.

J’imagine l’exemple offert à mes enfants.

Sans compter la glace dans laquelle je me regarde une fois par jour.

Me trouver dans l'obligation de baisser les yeux.

Peut-on se soustraire à ces propositions ?

Ça peut paraître idiot de tenir de tels propos, un peu cucul la praline. Si tel est le sentiment de quelques uns, je dois dire que je m’en moque, sans négliger toutefois de proposer en lecture cette lettre (3) de J. Ferry aux instituteurs où il est question de morale et d’exemple.

  1. https://www.ac-paris.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-06/lettre_ferry_instituteurs.pdf
Repost 0
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 16:33

Le feuilleton continue.

Pour rester dans l’ambiance Pénélopegate, je vous recommande le lien ci-dessous (1) et les liens internes. Ça ne manque pas de sel.

Comme S. Dassault fait appel de la décision du tribunal, il continuera à exercer son mandat de sénateur et donc…. vous avez compris…. surtout s’il casse sa Saint-Claude.

Bien entendu la peine d’emprisonnement avec sursis n’a pas été retenue…. en raison de son grand âge.

« Un jeune homme SDF de 18 ans, qui s'était introduit dans une maison de Figeac (Lot) pour y voler du riz et des pâtes "par nécessité", a été condamné à 2 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cahors » (2). Faut reconnaitre qu’il était jeune.

Justice de classe ?

**

 **

 

  1. http://www.20minutes.fr/politique/2007511-20170202-serge-dassault-condamne-5-ans-ineligibilite-2-millions-euros-amende
  2. http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lot/cahors/il-vole-du-riz-et-des-pates-parce-qu-il-avait-faim-2-mois-de-prison-ferme-996619.html

 

 

Repost 0
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 10:50

Manifestations populaires ‘pour dénoncer la décision (du gouvernement) social-démocrate d’assouplir la législation anti-corruption’ (1) ; assouplissement passé par décret, en France cela pourrait être avec le 49.3.

‘Aux cris notamment de ‘voleurs’, ‘honte à vous’, ‘démission’, les manifestants étaient au moins 200 000 à travers tout le pays…. rassemblés…face au siège du gouvernement’ (2) ; en France cela pourrait être devant le siège de l’officine politique de son choix.

‘Le parquet anti-corruption a obtenu ces dernières années la condamnation de nombreux élus et hommes d’affaires, lançant des investigations tous azimuts et s’attirant aussi des critiques sur son pouvoir supposé excessif’ (2) (On s’en serait douté).

‘Le texte dépénalise plusieurs infractions et rend l'abus de pouvoir, un chef d'inculpation fréquent, passible de peines de prison uniquement s'il provoque un préjudice supérieur à 44.000 euros’(2). Combien de fois 44 000 euros sont contenus dans… ?  ‘Il devrait notamment permettre ….  d'échapper … au chef d’accusation ... visant … un procès d'emplois fictifs’ (2) ;  tiens ! Tiens !

Un exemple à suivre. Non pas d’assouplir la lutte anti-corruption mais de descendre dans la rue, puis d’ouvrir des studios avec bat-flanc pour les VIP de la caste qui se seraient laissés aller.

Petit calcul : 200 000 manifestants pour une population de 20 000 000 de personnes, ça devrait faire en France dans les 670 000 piétons à battre le pavé.

Sacrés roumains! Toujours à faire parler d'eux.

 

**

**

  1. http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/roumanie-des-manifestations-monstres-contre-le-gouvernement_2046519.html

  2. http://www.ladepeche.fr/article/2017/02/01/2508878-roumanie-manifestations-geantes-contre-le-gouvernement-roumain.html

 

Repost 0
2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 18:39

Publiée sur le blog de Lucien Pons, cette lettre ouverte (ci-dessous) de J. Bricmont (physicien, essayiste) en date du 30 décembre 2016. Après l’Irak, la Libye, avec la Syrie il semble que la coupe est pleine, que les yeux s’ouvrent, que l’esprit citoyen consent à entrevoir que la propagande n’est pas vérité, etc… C’est une bonne chose ! En serait-il fini avec les menteurs et autres sbires ? Pas sûr ! Mais enfin, il n’y a plus les bons d’un côté, les méchants de l’autre. C’est déjà ça !

Pour ceux qui ont le temps : allez sur le lien qui renvoie à d’autres liens intéressants.

Exergue

 *

 *

Source : http://lucien-pons.over-blog.com/2016/12/lettre-ouverte-aux-defenseurs-des-droits-de-l-homme-a-propos-d-alep.par-jean-bricmont.html?u

*

Des «tartuffes», des «hypocrites», des «salauds»… L’essayiste belge Jean Bricmont ne mâche pas ses mots, en s’indignant des intérêts réels de ceux qui prétendent défendre les droits de l’homme en Syrie.

 *

Tout d’abord, ceci n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, comme idéal à atteindre, et le titre complet de l’article devrait être: «Lettre ouverte à ceux qui invoquent sélectivement les droits de l’homme pour justifier la politique d’ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures des autres pays.»

En effet, la seule question qui mérite d’être discutée à propos de l’affaire syrienne, ce n’est pas la situation sur le terrain (qui est sans doute compliquée), mais la légitimité de la politique d’ingérence des États-Unis et de leurs «alliés», c’est-à-dire des Européens, de la Turquie et des États du Golfe, dans ce pays.

Depuis des décennies, l’idée de base du droit international, à savoir l’égale souveraineté des États et la non ingérence d’un État dans les affaires intérieures d’un autre a été systématiquement battue en brèche, au point d’être pratiquement oubliée, par les partisans du «droit d’ingérence humanitaire» (voir «Massacres à Alep : lettre à un camarade qui s’obstine à justifier l’injustifiable» de Julien Salingue, qui ne mentionne nulle part le droit international, comme exemple frappant de cet oubli dans la «gauche radicale». Salingue reproche en fait aux Occidentaux de ne pas avoir fourni plus d’armes aux rebelles c’est-à-dire de ne pas avoir violé ce droit plus encore qu’ils ne l’ont fait).

Le principe de non ingérence rend illégal tout ce que font les États-Unis un peu partout dans le monde: pas seulement les invasions «préventives», mais aussi les achats d’élections, les armements de rebelles, ou les sanctions et embargos unilatéraux.

Il faut peut-être rappeler les raisons sur lesquelles se fondent les principes du droit international. Tout d’abord, Il y a la leçon tirée de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’usage par l’Allemagne de la politique des minorités en Tchécoslovaquie et en Pologne qui a été à l’origine de la guerre, politique qui a encore été amplifiée lors de l’invasion de l’Union soviétique. Cette politique a eu, à la fin de la guerre, des conséquences catastrophiques pour les minorités qui avaient été utilisées par les Allemands.

C’est en partie pour cela que les vainqueurs, qui ont rédigé la charte de l’ONU, ont voulu «protéger l’humanité du fléau de la guerre» en rendant illégale la politique d’ingérence.

La politique de non ingérence a encore été renforcée par la décolonisation des années 1950 – 1970. La dernière chose que les pays issus de cette décolonisation souhaitaient, c’était que les anciennes puissances coloniales s’ingèrent dans leurs affaires intérieures.

C’est pourquoi le rejet de la politique d’ingérence fait la quasi unanimité des pays du Sud. On lit, par exemple, dans la résolution adoptée lors du sommet des pays non alignés, à Kuala Lumpur en février 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, que : «Les chefs d’Etats ou de gouvernement réaffirment l’engagement du mouvement pour renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la charte des Nations unies et, à cet égard, ils réitèrent le rejet par le mouvement des pays non-alignés du soi-disant «droit» d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la charte des Nations unies ou dans le droit international.»

Par ailleurs, l’ingérence ne peut évidemment se faire que des pays forts à l’égard des pays faibles ; c’est donc une légitimation de la force brute.

Cependant, tous les États forts ne sont pas égaux entre eux. Imaginons un instant que la politique d’ingérence soit admise comme nouveau principe du droit international. Que se passerait-il si la Russie entendait renverser le gouvernement saoudien à cause des «violations des droits de l’homme» dans ce pays? Ou si la Chine décidait d’envoyer des troupes en Israël pour y «protéger les Palestiniens»? On aboutirait rapidement à une guerre mondiale.

Pour comprendre le caractère «inacceptable» de la politique d’ingérence quand il est appliqué à des pays puissants, il suffit de penser aux cris d’orfraie que pousse l’establishment américain suite au soi-disant piratage par les Russes de certains emails rendus publics par Wikileaks. Notons au passage que la réalité de ce piratage reste à prouver et que, même s’il l’était, l’authenticité des emails n’est pas contestée, ce qui signifie que ce piratage aurait simplement permis d’informer le public américain de certaines manœuvres de leurs dirigeants, ce qui est une peccadille comparé aux interventions américaines en Amérique latine, au Moyen-Orient ou en Indochine.

Les conséquences de la politique d’ingérence sont multiples et catastrophiques. Il y a évidemment les millions de morts dus aux guerres américaines (l’étude suivante arrive à un total de 1,3 million de victimes, rien que pour la «guerre à la terreur»). Mais il ne faut pas s’imaginer que les pays victimes d’ingérence ne vont pas réagir, ne vont pas établir les alliances, et ne vont pas tenter de se défendre en se durcissant sur le plan interne. Quand les États-Unis sont attaqués le 11 septembre 2001, ils prennent des mesures de sécurité et de surveillance sans précédent et surtout, ils se lancent dans l’invasion de deux pays. Comment imaginer que la Syrie, l’Iran, Cuba, la Russie ou la Chine ne vont pas prendre des mesures répressives pour se protéger de la subversion? On entre ainsi dans une logique de guerre sans fin. En effet, après être intervenu en Ukraine et en Syrie, les Occidentaux entrent en conflit avec la Russie et la Chine à cause des mesures que ces pays prennent face à ces interventions. Loin d’être une source de paix, le Conseil de sécurité de l’ONU devient, à cause de la politique d’ingérence, le lieu de toutes les acrimonies.

Dans le cas de la Syrie, si, comme il le semble, l’insurrection finit par être vaincue, on ne pourra que constater que la politique d’ingérence, à travers l’armement des rebelles, n’a fait que prolonger les souffrances de la population de ce malheureux pays. Les «défenseurs des droits de l’homme» qui ont appuyé cette politique d’ingérence, portent une lourde responsabilité dans cette tragédie.

Bien que les droits de l’homme soient une idée libérale et que le libéralisme s’oppose en principe au fanatisme, les «défenseurs des droits de l’homme» actuels sombrent souvent dans le fanatisme: on nous met en garde contre une influence russe en Europe parfaitement imaginaire (comparons un instant l’influence commerciale, culturelle, intellectuelle, diplomatique des États-Unis et de la Russie en Europe) et on nous incite à ne pas consulter les «médias du Kremlin». Dans toute guerre, et le soutien aux insurgés en Syrie est une guerre, la première victime est la vérité. N’importe quel esprit vraiment libéral irait consulter la «propagande» de l’autre camp, sans nécessairement la croire sur parole, mais afin de contre-balancer celle à laquelle il est constamment soumis.

Sans même écouter la «propagande russe», qui va s’intéresser à l’étude: «Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013» ? Cette étude, réalisée par un ancien inspecteur de l’ONU, Richard Lloyd et un Professeur de Science, Technologie et Sécurité nationale du MIT, Theodore A. Postol, montre que l’attaque au gaz près de Damas en août 2013, qui a failli provoquer une attaque en règle contre la Syrie, ne pouvait pas être le fait du gouvernement syrien. On imagine mal des personnes aussi importantes mentir délibérément pour «soutenir Assad» ou être incompétentes sur des questions de physique relativement élémentaires.

Les «défenseurs des droits de l’homme» se demandent aussi si, après Alep, il est encore possible de discuter avec Poutine. Mais la guerre à la terreur, y compris l’invasion de l’Irak, n’a jamais empêché personne de discuter avec les Américains, malgré les centaines de milliers de morts que cette guerre a provoquées. Au contraire, après 2003, la France s’est d’avantage intégrée dans l’OTAN et a suivi les États-Unis plus fidèlement que jamais.

De plus, les «défenseurs des droits de l’homme» européens sont dans une situation particulièrement absurde: en effet, si l’on prend, par exemple, l’affaire de l’usage des gaz en 2013, attribué au gouvernement syrien, il y avait un large accord en France pour intervenir. Mais en l’absence d’une intervention américaine, une intervention purement française s’est avérée impossible. Les «défenseurs des droits de l’homme» européens en sont réduit à implorer les Américains: «Faites la guerre, pas l’amour !» Mais comme ceux-ci souffrent de «war fatigue» et ont élu un président en principe opposé aux interventions, il ne reste plus aux «défenseurs des droits de l’homme» européens que de faire accepter par leurs peuples des dépenses militaires gigantesques pour créer un rapport de force qui rende crédible la politique d’ingérence. Bonne chance !

Finalement, parmi les défenseurs des droits de l’homme, il faut distinguer entre les bonnes âmes et les belles âmes.

Les bonnes âmes mettent en garde leur «amis» contre l’idée de «soutenir» le boucher, le criminel, l’assassin de son peuple, Bachar el Assad. Mais c’est ne rien comprendre à la position anti-ingérence.

Des Etats peuvent soutenir d’autres Etats en leur donnant des armes et de l’argent. Mais de simples individus, ou des mouvements sociaux, comme un mouvement de la paix, ne le peuvent pas. Cela n’a, par conséquent, aucun sens de dire que, lorsque des individus s’expriment, quand ils le peuvent dans notre société, c’est-à-dire de façon marginale, pour critiquer la politique d’ingérence, ils «soutiennent» telle personne ou tel régime, à moins de considérer que tous ceux qui ne souhaitent pas que la Russie intervienne en Arabie saoudite ou la Chine en Palestine «soutiennent» le régime saoudien ou la colonisation israélienne.

Les anti-impérialistes soutiennent une autre politique étrangère pour leurs pays, ce qui est très différent.

Dans toutes les guerres, il y a une propagande massive en faveur de celles-ci. Comme les guerres ou les ingérences actuelles sont justifiées au nom des droits de l’homme, il est évident que la propagande va se concentrer sur la dénonciation des «violations des droits de l’homme» dans les pays ciblés par l’interventionnisme.

Par conséquent, tous ceux qui s’opposent à cette politique d’ingérence se doivent de fournir toutes les informations qui permettent de contrer cette propagande, comme par exemple l’étude sur l’usage des gaz en 2013 mentionnée plus haut, ou les témoignages discordants concernant le situation à Alep aujourd’hui. Il est remarquable de voir Julien Salingue, co-animateur du site de critique des médias Acrimed, répéter le récit dominant sur la Syrie, sans aucune distance critique. Mais si les médias mentent et déforment en ce qui concerne la France, pourquoi ne le feraient-ils pas encore bien plus lorsqu’il s’agit de pays étrangers, comme la Syrie et la Russie, où les choses sont plus difficiles à vérifier ? De nouveau, sans faire appel aux sources russes, Salingue pourrait lire, par exemple, l’avis de l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, qui contredit le récit médiatique dominant sur Alep.

Cette critique de la propagande ne signifie nullement un «soutien» à un régime ou l’autre, au sens où ce régime serait dans l’absolu souhaitable dans un monde libéré de la politique d’ingérence.

Les bonnes âmes veulent «sauver Alep», «ont honte de l’inaction de la communauté internationale» et veulent «faire quelque chose». Mais faire quoi? La seule suggestion pratique qui est avancée serait d’établir en Syrie une «no fly zone» qui empêcherait l’aviation russe d’aider l’armée syrienne. Mais cela serait une violation de plus du droit international, la Russie étant invitée en Syrie par le gouvernement légal et internationalement reconnu de ce pays pour l’aider dans le combat contre le terrorisme. La situation de la Russie en Syrie n’est pas, juridiquement parlant, différente de celle de la France lorsqu’elle a été invitée au Mali pour y combattre les islamistes (qui se trouvaient là suite à la guerre en Libye, mais passons). De plus, intervenir militairement en Syrie impliquerait soit une guerre avec la Russie, soit que ce pays accepte d’être vaincu sans combattre. Qui veut parier sur cette deuxième possibilité?

Pour illustrer l’hypocrisie des bonnes âmes, comparons la situation en Syrie et au Yémen. Dans ce dernier pays, l’Arabie Saoudite commet de nombreux massacres, en violation claire du droit international. Si vous vous indignez parce qu’on ne fait rien en Syrie, pourquoi vous-même ne faites-vous rien pour le Yémen? De plus, il y a une grande différence entre ces deux situations. Dans le cas de la Syrie, intervenir militairement risquerait d’entraîner une guerre avec la Russie. Dans le cas du Yemen, il suffirait sans doute, pour faire pression sur l’Arabie Saoudite, de suspendre les livraisons d’armes occidentales à ce pays. Bien sûr, vous êtes parfaitement conscient du fait que vous êtes incapables d’arrêter les livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite. Mais alors, à quoi rime votre indignation concernant la Syrie ?

Les belles âmes, par contre, sont contre toutes les guerres, toutes les violences. Elles condamnent : Assad et Poutine, bien sûr, mais aussi Obama, l’Union européenne, l’OTAN, tout le monde. Elles dénoncent, elles allument des bougies et éteignent des lumières. Elles témoignent, parce que se taire serait «être complice».

Elles ne se rendent pas compte que, sur le terrain, en Syrie, personne, ni gouvernement ni rebelles, ne savent qu’elles existent et, s’ils étaient au courant de leur existence, ils se moqueraient complètement de leurs indignations, condamnations, et éclairages de bougies. Pour paraphraser ce que disait Staline à propos du Vatican, les «défenseurs des droits de l’homme», combien de divisions?

Ceci ne veut pas dire que les bonnes âmes et les belles âmes n’ont aucun effet. Elles en ont un, mais ici : empêcher toute politique étrangère alternative, qui serait fondée sur la diplomatie et le respect de la charte des Nations unies. Seule une telle politique pourrait favoriser la paix dans le monde, l’équilibre et d’égalité entre les nations et, en fin de compte, faire aussi réellement avancer la cause des droits d’homme. Mais la diabolisation par les «défenseurs des droits de l’homme» d’Assad et de Poutine, ainsi que de tous ceux qui voudraient ne fut-ce que parler avec eux, rend une telle alternative impossible.

Pour les «défenseurs des droits de l’homme», le réalisme politique et les conséquences de leurs actions n’ont aucune importance ; l’important c’est de montrer que l’on fait partie du «camp du bien». Vous vous imaginez être libres, tout en suivant fidèlement les injonctions des médias dominants qui vous indiquent, à chaque moment, la crise qui requiert votre indignation.

Si j’avais la moindre illusion sur la lucidité que vous pouvez avoir à propos des conséquences de vos actions, je dirais que votre politique est criminelle, à cause des conséquences tragiques qu’elle a pour l’Europe et le monde ; mais comme je n’en ai aucune, je me limiterai à vous traiter de tartuffes, ou pour utiliser l’expression de Sartre, de «salauds».

Jean Bricmont | 29 déc. 2016

Repost 0

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche