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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 10:35

 p9

Nous avons accepté l’inacceptable.

« Les monstres existent, mais ils sont trop peu nombreux pour être vraiment dangereux ; ceux qui sont plus dangereux, ce sont les hommes ordinaires, les fonctionnaires prêts à croire et à obéir sans discuter ». Primo Levi

Le livre de Frédéric Gros poursuit ainsi :

« Je reprends, en guise d’entame -paradoxale- la provocation d’Howard Zinn : le problème, ce n’est pas la désobéissance, le problème, c’est l’obéissance.  A quoi fait écho la phrase de Wilhem Reich : La vrai question n’est pas de savoir pourquoi les gens se révoltent, mais pourquoi ils ne se révoltent pas ».

Les raisons de ne pas accepter l’état actuel du monde, son cours catastrophique, elles sont presque trop nombreuses. Les épeler toutes reviendrait à une litanie des désastres ».

…..

p172

 « L’opposition n’est pas entre un individu prisonnier de ses calculs personnels et l’utilité publique propagée par une autorité souveraine. Elle est pour Thoreau entre un gouvernement qui se sert des appareils étatiques pour défendre les intérêts d’une élite, exigeant des sujets uns obéissance passive, et une individualité qui, dans la solitude de sa conscience, accède au sens de l’universelle justice sans se laisser fasciner par l’opinion majoritaire et lâche, sans se laisser entraîner par le courant de la doxa passive – ou plutôt : indéfiniment ductile et malléable. »

Compléments :

Etc…

 *

 *

En politique, en économie, …, il est des individus, des groupes d’individus ‘effroyablement normaux’ (1) qui pratiquent ‘l’oubli fondamental’ (1) d’une appartenance au groupe humain au nom de ‘la réalité des chiffres, (au détriment) des solidarités interindividuelles, du sens élémentaire de la justice, de l’idéal de partage’(2).

Il en est d’autres qui résistent, qui refusent de se soumettre, d’être les exécutants, passifs ou actifs, de ‘la banalité du mal’ pour reprendre le concept de Hannah Arendt.

  1. Formules de Hannah Arendt
  2. Formule de Frédéric Gros

Exergue

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 18:55
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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 10:17

Six mois sans lire. Ou presque. Puis, d’un coup, en un peu plus d’un mois : 100 de solitude de Garcia Marquez, Dites-moi à quoi ressemble un arbre de Marcos Ana, Que signifie changer le monde de A. Badiou, A l’ombre des Lumières, dialogue entre R. Debray et J. Bricmont, La vertu de J.L Mélenchon, La main de Joseph Castorp de Ricardo Pedro, Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson.

Pas de télévision. De la musique. La montagne sous les yeux, sous le pied aussi. Des rosiers à tailler. Trois hortensias qui ne seront jamais de couleur bleu. Des enfants qui picorent des baies,….

Mouvements. Ceux qui arrivent, ceux qui partent. Ceux qui s’arrêtent un instant.

Un temps, se sentir lavé de Macron, de ses sbires.

Dans cette parenthèse: respirer.

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 00:41


 Source : https://www.facebook.com/events/1568029673500926/

*
Virtuose incontesté du oud, ce compositeur inspiré prolonge une tradition qu’il sait rendre novatrice et atemporelle. Son jazz oriental, tissé de l’héritage musical classique du monde arabe est superbement actuel ! Transcendant les frontières musicales, il compose une musique exigeante, précieuse, enracinée et universelle. Sur la grande scène du Théâtre Antique, il a choisi de présenter en quartet, The Astounding Eyes of Rita, inspiré par la poésie du Palestinien Mahmoud Darwich (que Suds avait accueilli ici-même en 2008 avec Actes Sud, à l’occasion des trente ans de la célèbre maison d’édition arlésienne).


Il a sorti 12 albums, édités chez le prestigieux label allemand ECM dont c’est l’un des musiciens les plus atypiques ! Véritable concentré de paradoxes féconds, un classique suprêmement subversif, un solitaire résolument ouvert sur le monde, un "passeur de cultures " d'autant plus enclin à s'aventurer aux limites les plus extrêmes de lui-même, Anouar Brahem entend bien ne jamais céder d'un pouce sur des exigences esthétiques forgées au fil du temps sur un profond respect de la tradition. Et c'est sans doute parce qu'il a su reconnaître d'emblée cette complexité qui le fonde comme une force, qu'il a toujours cherché à faire de ce fourmillement d'influences et de passions disparates, la matière même de son travail et de sa création.


Né en 1957 à Halfaouine au coeur de la médina de Tunis, Anouar Brahem étudie le oud dès l'âge de 10 ans au Conservatoire de Tunis et approfondit sa formation auprès du grand maitre Ali Sriti.


Dans un environnement musical arabe largement dominé par la chanson de variété et les orchestres pléthoriques où le oud occupe une place d'accompagnement, il affirme déjà une personnalité multiple en se donnant comme mission de restaurer le oud en tant qu'instrument soliste, emblématique de la musique arabe, tout en rompant avec la tradition dans son travail de composition, intégrant des éléments de jazz ainsi que d'autres traditions musicales orientales et méditerranéennes. En 1981, il s'installe pour quatre ans à Paris, période pendant laquelle il collabore avec Maurice Béjart et compose de nombreuses œuvres originales, notamment pour le cinéma et le théâtre tunisien. Entre 1985 et 1990, de retour en Tunisie, il poursuit son travail de composition et par de nombreux concerts, acquiert dans son pays une authentique notoriété publique. "Barzakh" marque le début d'une collaboration particulièrement féconde avec ECM, qui en l'espace d'une vingtaine d'année verra Anouar Brahem s'entourer des musiciens les plus talentueux, tous genres et cultures confondus (Barbarose Erköse, Jan Garbarek, Dave Holland, John Surman, Richard Galliano... ) et signer des albums consacrés par le public comme par la critique internationale : Conte de L' Incroyable Amour (1991), Madar (1994), Khomsa (1995), Thimar (1998), Astrakan Café (2000), Le Pas Du Chat Noir, Le Voyage De Sahar (2006), The Astounding Eyes Of Rita (2009), et tout dernièrement Souvenance.


Considéré dans son pays comme l’instrumentiste et compositeur le plus innovant de ces dernières années, Anouar Brahem jouit d’une estime considérable auprès des jeunes compositeurs et joueurs de oud, et s’affirme plus que jamais comme une figure parmi les plus influentes dans le champ de la musique arabe contemporaine et même au delà. En 2012, au lendemain de la révolution tunisienne, il s’est vu nommer membre à vie de l'Académie Tunisienne des Sciences des Arts et des Lettres.


Anouar Brahem a obtenu au cours de sa carrière plusieurs prix et décorations: le Prix national de la musique (Tunisie, 1985) ; l’Edison Award pour son album "le voyage de Sahar" (Hollande, 2006) ; l’ Echo Jazz du “Meilleur Musicien international de l'Année" (Allemagne, 2010) pour son album "The astounding eyes of Rita". Il a par ailleurs été nommé au grade de Chevalier des Arts et des Lettres (France, 2009).


Aujourd'hui, Il se produit régulièrement dans le monde sur les scènes les plus prestigieuses.

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Le concert aux Suds : http://www.arte.tv/fr/videos/068918-004-A/anouar-brahem-aux-suds-a-arles

Anouar Brahem, Oud

Klaus Gesing, Clariennette Basse

Björn Meyer, Basse

Khaled Yassine, Percussion

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 11:52

A ne pas manquer la lecture du dernier livre des Pinçon-Charlot : Les prédateurs au pouvoir.

Rencontre, avec les auteurs, publiée dans Basta.

 ‘Pourquoi certains électeurs vont-ils voter pour un candidat qui ne leur ressemble pas et qui ne semble même pas défendre leurs intérêts ? Pourquoi acceptons-nous ce fossé qui s’élargit chaque jour davantage entre une classe dominante et les autres ? Comment l’argent est-il devenu une arme de destruction massive aux mains d’une oligarchie ? C’est à ces questions que tentent de répondre les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, dans leur ouvrage Les prédateurs au pouvoir, dans un style clair et corrosif. Pour eux, Marine Le Pen, François Fillon ou Emmanuel Macron ne sont que différents visages de cette oligarchie prédatrice qui a fait main basse sur notre avenir. Rencontre.

https://www.bastamag.net/Pincon-Charlot-Emmanuel-Macron-est-un-extraordinaire-porte-parole-de-l

 

*

Rencontre :

Basta ! : Face à l’augmentation des inégalités, à l’intolérable situation dans laquelle se trouvent une partie de la population qui subit le chômage, pourquoi la question du partage des richesses n’est-elle pas plus centrale dans cette campagne ?

Monique Pinçon-Charlot : Il est difficile aujourd’hui de parler des inégalités abyssales, dont la concentration se fait pourtant à une vitesse complètement folle. En 2010, 388 multimilliardaires possèdent la moitié des richesses de l’humanité. En 2016, cette richesse est concentrée entre les mains de seulement 8 super riches ! Mais cela reste tabou car ces richesses ne sont pas le résultat de mérites, de réalisations favorables à l’humanité, mais de spéculations, de prédations sur les ressources naturelles, dans tous les domaines d’activité économique et sociale. Elles sont destructrices pour la planète et pour l’humain, mais sont passées sous silence. Une partie du problème vient du fait que ce sont des patrons du CAC40 qui sont massivement propriétaires des grands médias, qui relaient volontiers la « voix de leur maître » (lire notre enquête « Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française »).

Dans ces conditions, comment des responsables politiques qui ne s’attaquent pas aux causes de ces inégalités arrivent-ils à nous faire croire qu’ils œuvrent pour le bien de tous ?

M. P.-C. : On ressent un désarroi très profond chez les Français avec cette élection présidentielle : ils ne comprennent plus rien ! Ils sentent qu’il y a quelque chose de vicié, de pervers, de cynique dans cette situation, qu’ils sont lobotomisés par les médias, qu’ils n’ont pas les moyens de penser car ils sont dans un brouillard sémantique, idéologique, linguistique. Ils sont en quelque sorte tétanisés, sidérés. Et la classe politique est dans une bulle. On nous dit que le système est démocratique, mais quand on voit comment un ouvrier comme Philippe Poutou est traité... Il n’y a pas d’ouvriers à l’Assemblée nationale, alors qu’ouvriers et employés représentent aujourd’hui encore 52% de la population active ! Un tel décalage entre réalité des classes moyennes et populaires et ce qui se passe au Parlement est problématique.

Comment est-ce possible que des responsables politiques ne voient pas où est le problème, à acheter des costumes de luxe, à se faire payer des cadeaux par des « amis » ?

M. P.-C. : C’est plus grave que cela. Il y a un processus qui se construit dès la naissance, de recherche d’entre-soi, d’être avec son semblable. C’est aussi un processus d’évitement et de ségrégation du non-semblable. Petit à petit, cela construit le dominant comme s’il venait d’une autre planète, comme s’il était d’une autre « race »… Comme pour la noblesse, avec son prétendu « sang bleu » : la différence était marquée dans la définition même du corps. Et dans la déshumanisation de l’autre, du dissemblable. L’autre, ils s’en fichent… du moment qu’il continue à voter pour eux.

Mais comment expliquer que François Fillon ait encore autant de supporters ?

M. P.-C. : C’est une question centrale. Pourquoi est-il à un niveau encore si haut dans les sondages malgré la gravité de ce qui lui est reproché ? Les 30 années que nous avons passées à travailler sur l’oligarchie nous ont permis de nous mettre dans leurs têtes – celles de François Fillon et des proches qui le soutiennent, celles des super riches. Ils se sont construits avec un sentiment d’appartenir à une classe sociale, une classe hétérogène évidemment mais suffisamment solidaire pour capter tous les pouvoirs. Ils sont entre eux en permanence : cela permet la construction d’un sentiment d’impunité collective et d’immunité psychologique. Chaque individu se construit une non-culpabilité, une « non mauvaise conscience ». Ce sont des gens « à part », qui estiment qu’ils ne peuvent pas être punis sur le plan pénal, en matière de fraude fiscale ou de corruption. Ils considèrent que les institutions doivent les protéger. Cette classe a une fonction : défendre les intérêts de la classe. Ils ne peuvent pas penser en termes moraux, de culpabilité, cela ne les habite pas. La culpabilité, ça, c’est pour nous ! Eux, ils font leur job de prédation. C’est plus fort que de la corruption, que du vol : on bouffe les autres.

Michel Pinçon : Ce sont des gens aimables, propres sur eux, qui présentent bien, mais ont souvent des casseroles. La sous-évaluation des biens pour les impôts ou l’évasion fiscale, cela va de soi ! Ils estiment qu’ils ont suffisamment travaillé, ils ont hérité de leur parents, ils ont fait fructifier, on ne va pas venir le leur prendre... Il y a une logique dynastique dans cette accumulation. Le fait de transmettre aux enfants, de continuer la dynastie (ou de la fonder). Ils font venir les enfants l’été pour les former dans l’entreprise familiale.

M. P.-C. : Un peu comme dans l’affaire Fillon…

M. P. : Malgré les conflits entre eux, cette classe bourgeoise est solidaire sur le fond. L’analyse en terme de classe sociale, ce n’est pas une foutaise, un truc d’autrefois. Il y a une classe bourgeoise qui existe par son niveau de richesses, la propriété des moyens de production, matérielle, mais aussi par la conscience qu’elle a d’elle-même. Et par le fait de veiller au grain pour que ça dure.

On peut comprendre pourquoi ceux-ci votent pour François Fillon. Mais pourquoi les classes populaires votent-elles pour des responsables qui ne leur ressemblent pas ? Dont les intérêts semblent contradictoires avec les intérêts de la classe populaire, comme pour Donald Trump ?

M. P. : Cela n’a pas été toujours le cas. Dans la période après guerre, le Parti communiste représentait une force sociale considérable. Il y avait notamment chez les ouvriers une conscience de l’existence de classes, de leur appartenance à une classe qui ne possède pas les moyens de production. La chute de l’URSS a été vécue comme l’échec des espoirs de fonder une société qui fonctionne autrement. Avec la destruction de la conscience de classes, l’expression politique peut aller vers des choix non conformes aux intérêts des classes populaires.

M. P.-C. : Quand Ernest-Antoine Seillière a pris les rênes du Medef [de 1998 à 2005, ndlr], il a procédé à une « refondation sociale », c’est-à-dire une inversion de la théorie marxiste de la lutte des classes : les riches sont devenus des « créateurs de richesses ». Et les ouvriers, qui sont les créateurs de richesses et de plus-value selon la théorie marxiste, sont devenus des « charges » et des variables d’ajustement. C’est un processus de déshumanisation très fort. Les ouvriers qui votent pour le Front national sont des gens perdus, qui ne comprennent pas ce qui leur est arrivé. Ils votent d’ailleurs pour Le Pen en disant : « On va peut-être se faire avoir, mais on aura tout essayé ». Et ils ne vont pas être déçus ! Car Le Pen, c’est la dernière alternance de l’oligarchie.

Le Front national a un discours virulent contre les « élites » françaises. Il participe selon vous de cette oligarchie qu’il dénonce ?

M. P.-C. : Le Front national, c’est une dynastie familiale. Une dynastie des beaux quartiers, avec de l’argent, des biens immobiliers, une famille assujettie à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Une dynastie avec un rapport très décomplexé à l’argent public et qui traine ses casseroles : sous-déclaration des biens au fisc, emplois fictifs, surfacturation des frais de campagnes pour prendre du fric à l’État. On est bien dans le registre de l’oligarchie, de la délinquance en col blanc. C’est une dynastie familiale devenue parti politique, avec trois générations, un phénomène de népotisme assez unique en France. Autre élément, dont parle peu la presse, la forte présence d’anciennes familles de la noblesse parmi les hauts dirigeants du FN.

Marine Le Pen a un discours très critique envers l’oligarchie européenne, mais elle contribue à préserver l’opacité de sa bureaucratie ! Les gens ignorent tout des votes de Marine Le Pen : sur la question de l’évasion fiscale, elle s’est opposée à la création d’une commission d’enquête sur les Panama Papers. Deux de ses proches, Frédéric Châtillon et Nicolas Crochet, sont épinglés comme possédant des comptes offshore, selon les Panama Papers. Les eurodéputés du FN ont aussi voté pour le secret des affaires. Mais Marine Le Pen feint toujours de se bagarrer contre l’opacité de la bureaucratie européenne... C’est une imposture (lire notre enquête « Au Parlement européen, les votes méprisants du FN et de Marine Le Pen à l’égard des travailleurs »)

Pourquoi ces éléments sont peu relevés par les médias ?

M. P.-C. : Parce que les médias ne font pas leur travail. Depuis trente ans, la classe oligarchique a ouvert un boulevard au Front national. Celui-ci a pour stratégie de casser la gauche radicale, de la détourner, de prendre sa parole, son programme, ses électeurs. Résultat : les gens ne comprennent plus rien.

Comment situez-vous Emmanuel Macron ? Vous dites qu’il a réussi un tour de passe-passe pour parvenir à faire croire qu’il n’est pas membre de cette oligarchie, malgré sa « parenthèse Rothschild » et ses liens avec le monde de la finance ?

M. P.-C. : Emmanuel Macron, il est parfait. C’est l’oligarque parfait. Qui convient parfaitement aux familles sur lesquelles nous avons mené nos études sociologiques. Il n’est « ni de droite ni de gauche »...

M. P. : … Donc « ni de gauche ni de gauche » !

M. P.-C. : Voilà… Il représente la pensée unique. Nous sommes dans un monde orwellien, mais il n’y a plus besoin de parti unique : nous avons la pensée unique ! Emmanuel Macron en est un porte-parole absolument extraordinaire. Il connaît des gens dans tous les recoins de l’oligarchie. Il se fait financer par des banquiers anglo-saxons, américains, dont il refuse de donner les noms. Il veut supprimer l’ISF et affirme que c’est une mesure de gauche... Quand on analyse ses discours, on se rend compte que c’est un vide absolument abyssal. C’est pour nous la caricature du conformisme qui se transforme en une espèce de « progressisme radieux » et fallacieux.

M. P. : Il peut faire illusion. L’illusion de la capacité, de l’expérience. Il apparaît comme un changement serein. Mais il propose une régression sociale sans précédent.

D’où vient son succès ? De l’attrait du « neuf » ?

M. P.-C. : C’est plus grave que cela. Il peut être le levier pour l’oligarchie mondialisée, celle qui se cache derrière l’idée de mondialisation pour mieux faire passer la marchandisation généralisée de la planète. Macron serait du bon côté du manche. Et un élément décisif. Nous sommes passés à une étape de plus vers un totalitarisme qui ne dit pas son nom. Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ont pas tenu leurs promesses : les responsables politiques mentent. Mais là, avec Macron, on est passé au foutage de gueule : « Je ne prends même pas la peine de faire un programme parce que de toute façon je ne le tiendrai pas ». Cela montre à quel point on méprise le peuple. C’est une violence de plus à l’égard des classes populaires et moyennes.

Vous affirmez dans votre ouvrage que « les prédateurs au pouvoir ont fait main basse sur notre avenir ». Quelles sont leurs motivations ? Qu’est-ce qui pousse les plus riches à ces comportements de prédation ?

M. P.-C. : Il ne s’agit pas d’accumuler pour accumuler. L’argent est devenu une arme pour asservir les peuples. En ne payant plus d’impôts, ils construisent le déficit et la dette – qui n’a pas vocation à être remboursée : c’est une construction sociale, comme le « trou de la sécurité sociale ». Ils spéculent sur le réchauffement climatique et accélèrent la marchandisation de la planète. On spécule même sur le travail social, comme l’accompagnement des sans-abri, qui devient un nouveau marché financier, avec la création des « contrats à impact social ». C’est une destruction de tout ce qui peut ressembler à de la solidarité sociale, par ces oligarques, par le système capitaliste.

La seule raison de vivre des nantis est « l’enrichissement, les pouvoirs qui lui sont liés et l’euphorie de vies hors du commun », écrivez-vous…

M. P. : Un des gains importants est la création d’une dynastie. C’est quelque chose qui a des effets un peu magiques. Cela donne une immortalité symbolique. Vous avez des rues de Paris qui porte votre nom de famille...

M. P.-C. : La reproduction des privilèges passe par les familles, par la transmission au sein de la confrérie des grandes familles. On a fait la Révolution il y a plus de deux siècles, mais ce sont encore des grandes familles qui tiennent les rênes de presque tous les secteurs d’activité. La bourgeoisie a singé la noblesse après la Révolution et a inscrit les privilèges et richesses dans le temps long de la dynastie.

La situation peut-elle s’améliorer ?

M. P.-C. : On nous dit que la richesse des plus riches bénéficie à tous. Mais cette « théorie du ruissellement » fait partie de la guerre idéologique ! Le fossé s’élargit chaque jour davantage entre la classe dominante et les autres classes. L’ascenseur social n’existe plus. Il y a un antagonisme irréductible, qui appelle à un changement radical, à une révolution. Il faut que les titres de propriété leur soient enlevés ! Et que ceux qui travaillent dans les entreprises prennent les rênes et les responsabilités.

M. P. : La situation est pire qu’avant car il n’y a plus d’unité populaire en face du pouvoir de l’argent. Si Emmanuel Macron est élu, cela risque de s’aggraver encore, car c’est un faux-semblant. Il est perçu comme le Messie…

M. P.-C. : … alors que c’est le baiser du diable. Et que cette violence de classe atteint les gens dans leur être profond. Nous ne sommes pas du tout dans le « tous pourris ». Ce que nous disons, c’est qu’il faut prendre le problème dans sa globalité, puisque tout est lié : évasion fiscale, réchauffement climatique... Nous voulons mettre en lumière le fonctionnement d’une classe sociale, propriétaire des moyens de production et prédatrice du travail d’autrui. Car c’est vraiment une guerre de classes que mènent les plus riches contre les peuples.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

 

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 12:14

Bien moins connu que Couperin ou Rameau, Pancrace Royer est un compositeur français pour clavecin dont certaines œuvres sont très enlevées, ainsi ce ‘Vertigo’ (1) interprété par  Jean Rondeau qui ne manquera pas de surprendre, comme on dit, par sa modernité. Il est vrai que ça déménage.

  1. https://www.youtube.com/watch?v=DzxlMfUzqIM

On n’hésitera pas à écouter dans la foulée musicale : ‘La marche des Scythes’ (2)

  1. https://www.youtube.com/watch?v=SMbBYR_lplE

Qu’est-ce que vous en pensez ? Vous en avez plein les esgourdes ? Alors, ça baigne, je suis content.

Au passage, vous n’aurez certainement manqué d’apprécier Jean Rondeau.

 *

Arturo Marquez est un compositeur mexicain contemporain dont il est souligné qu’il intègre à son œuvre symphonique les styles mexicain et cubain.

Voici ‘Danzon n°2’ (3) interprété par l’orchestre juvenil Simon Bolivar sous la direction de Gustavo Dudamel, orchestre dont l’histoire, supposons le, n’est plus à raconter.

  1. https://www.youtube.com/watch?v=SMbBYR_lplE

A la suite cette proposition : ‘Conga del Fuego’ (4) du même Arturo Marquez.

  1. https://www.youtube.com/watch?v=WOAGAZIsieQ

On peut regretter l’absence de discographie en France consacrée uniquement à l’œuvre d’Arturo Marquez. Conseillons toutefois le Cd ‘Fiesta’ dans lequel on le retrouve entouré de compositeurs sud-américain dont l’écoute et la notoriété n’ont pas franchi l’océan Atlantique alors que, vous le savez, le temps est à la mondialisation. Contre mauvaise fortune faisons bon cœur, le panachage nous permet de découvrir des compositeurs inconnus de ce côté-ci de l’eau.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 09:06

Commencez d’abord par ouvrir le lien ci-dessous :

L’ayant visionné, vous pouvez toujours nier votre identité génétique et votre filiation, d’autant qu’après tout ce n’est qu’un film. Ce n’est pas très sérieux, mais vous pouvez le faire. Aussi je vous propose la lecture du livre, vraiment passionnant, Qui sommes-nous ? (1)  du généticien Cavalli-Sforza qui croise plusieurs disciplines - génétique, linguistique, paléontologie, ….. - pour montrer que les races n’existent pas parce ou au seul fait que nous sommes sortis du même moule, du même lieu, que notre histoire n’est celle que de la migration de l’espèce humaine, de croisements, de l’adaptation au milieu qui nous fait d’apparence différents.

  1. http://www.babelio.com/livres/Cavalli-Sforza-Qui-sommes-nous--Une-histoire-de-la-diversite-hum/179410

 

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 19:06

Ray Lema et Laurent de Wilde, pianistes de jazz, viennent de sortir le Cd ‘Riddles’ (énigme, devinette).

Pour le découvrir, ci-dessous, 3 liens. Mais, à l’intérieur de chaque lien d’autres liens vous sont proposés, à ne pas négliger, qui vous permettent de faire connaissance avec les deux musiciens (si cela est nécessaire).

Vous allez vous régaler. ‘Un régalo’ en espagnol est un cadeau. En français, régaler signifie offrir. Régalez donc vous papilles auditives.

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:37

A l’époque où il était des vendangeurs venus d’Espagne, il arrivait quelquefois à l’heure où le soleil l’après-midi battait son plein, tandis que la fatigue avait tari les conversations, que monte sans prévenir dans l’air saturé et vibrant, le chant a capela de l’abuelo courbé sur le cep, quelques instants après repris par un de ses enfants, fille, garçon ou gendre, sans qu’aucun se départisse du travail auquel il était occupé. Un cri rauque, brisé, une longue plainte, une litanie, un cante de trillas (flamenco des champs) qui donnait la chair de poule.

Le flamenco c’est l’âme de l’individu et d’un peuple, chanté à générations réunies ; nul besoin d’être photogénique ; imperturbable il traverse le temps et soude les uns aux autres. Il reste. Tandis que passent les modes des chansons entendues à la radio, l’une chassant l’autre, un chanteur évinçant l’autre, dans l’acte perpétuel de consommation qui ne laisse aucune mémoire à consulter et sur laquelle se fonder et se nourrir.

Ci-dessous, le concert donné à Séville pour l’inscription du flamenco au patrimoine immatériel de l’humanité.

Exergue

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Version courte :

1 h 22 https://www.youtube.com/watch?v=1cVKdLr_3vo

*

Version longue en 2 parties :

 2 h 48  https://www.youtube.com/watch?v=5f4VGv2EwBk

2 h 36  https://www.youtube.com/watch?v=Viy-hn2noIc

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 16:25

Étranges étrangers

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies
Doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue

 soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou bien du Finistère

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d’une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque jour

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd’hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez.

 Jacques PRÉVERT   Grand bal du printemps
(La Guilde du Livre,1951 ; Éditions Gallimard,1976 )     

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Lu par J. Prévert : http://www.dailymotion.com/video/x8naq5_jacques-prevert-etranges-etrangers_news

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Chanté par Guidoni : http://www.dailymotion.com/video/x8nq1w_jean-guidoni-etranges-etrangers-15_music

 

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