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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 19:44
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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:30

Hier au soir, Sakozy était imbuvable.

 

Retournant contre Hollande ce qui lui va comme un gant : « menteur », « mensonge », « calomnie », il n’a eu de cesse que d’esquiver entre 2 sauts d’épaule, le réajustement de sa veste, sa responsabilité dans son bilan.

 

Raoul Jennar, nous fait part du cauchemar qu’il a eu en faisant la sieste ; à la suite la lettre ouverte de Médiapart à Nicolas Sarkozy.

 

http://www.jennar.fr/?p=2359 

 

Revenir en France n’avait pas été une mince affaire. Rentrant d’un long séjour professionnel dans un pays tropical, j’avais le teint très bronzé. Et, un peu par bravade, j’avais présenté mon passeport cambodgien (avec visa) plutôt que mon passeport français. Mal m’en prit. 

 

Entrer en France, c’est d’abord et surtout franchir une frontière. Au sens où on l’entendait jusqu’au milieu du 20e siècle, c’est-à-dire franchir une barrière de séparation, un mur en quelque sorte. 

 

Ne pas avoir le teint pâle, c’est être différent. Donc suspect. Surtout au pays où l’apéro saucisson-pinard entre « gens de souche » tient lieu d’identité nationale. Les cerbères qui m’interrogeaient en me tutoyant, dans un français à la syntaxe quelque peu approximative, n’y allaient pas par quatre chemins. Etrange comité d’accueil d’un pays qui se prétend la patrie des droits de l’Homme. 

 

Après maintes pratiques vexatoires, j’ai pu enfin me retrouver sur le sol français quitté cinq ans plus tôt. Chez moi. Une république, paraît-il. Mon expérience internationale m’a très vite permis de comparer. Le terme ne désigne rien d’autre qu’un régime qui n’est pas une monarchie. Pour le reste, ce que j’ai vu et entendu m’a rappelé ces républiques bananières, corrompues jusqu’à la moelle, comme on en trouvait avant le surgissement citoyen qui a parcouru l’Amérique latine. 

 

Très vite, je me suis aperçu que les trois mots gravés sur les frontons des bâtiments publics n’avaient pas le sens qu’on leur donne d’habitude. Liberté ? Oui, mais uniquement pour les riches. Egalité ? Oui, mais surtout entre les riches. Fraternité ? Oui, mais surtout au sein de microcosmes où les gens sont soudés par un même idéal ou par un même projet. Surtout chez ceux qui tentent de résister. 

 

Dans les rues, il y a des policiers surarmés partout. On se croirait dans un pays en état de siège. Mais ce qui m’a le plus surpris,  qui est très visible, c’est le fossé immense entre une minorité de gens très riches et la grande majorité de la population qui connaît la précarité. Dans la rue, cela saute aux yeux. Derrière de hauts murs protégés par des barbelés et gardés par des vigiles en armes, on aperçoit les toits de somptueuses villas. Ce sont des quartiers réservés aux gens aisés. Tout autour, des logements délabrés s’étendent sur des hectares. Ce contraste permanent explique sans doute la forte présence policière. Pas beaucoup de différence avec ce que je venais de quitter aux Philippines. 

 

Après une bonne semaine à retrouver le pays et à questionner les gens, je me suis rendu compte qu’un enseignement de bon niveau n’était accessible qu’à ceux qui pouvaient payer l’inscription dans une école privée, presque toujours catholique. C’est manifeste, les pouvoirs publics ont abandonné le secteur de l’enseignement au domaine privé religieux. Comme dans les grands pays anglo-saxons. 

 

C’est pareil en matière de santé. Il faut prouver qu’on a de quoi payer avant d’être soigné. Même aux urgences. Si on n’a pas souscrit à une assurance privée, on ne peut faire face aux coûts exorbitants réclamés pour être soignés. C’est comme aux USA avant la réforme d’Obama. Et, en dehors des grandes villes, il faut parfois deux heures de route avant de trouver un établissement de soin. 

 

En fait, ce qu’on appelait autrefois les « services publics » ont disparu. Les services sont fournis par des firmes privées et les tarifs sont bien plus élevés. Nous sommes des « clients » et non plus des « usagers ». On ne s’en sert que si on en a les moyens. 

 

A la télé, quelle que soit la chaîne, on diffuse surtout des variétés, des jeux, du sport. Peu de documentaires ou d’enquêtes. Les infos traitent surtout des faits divers et le côté « people » de la vie politique. De toute façon, aux infos, on ne voit qu’une personne : le président. Il est omni présent. Manifestement, la presse est très contrôlée et très rares sont les journalistes qui osent démentir un dirigeant ou critiquer le gouvernement. C’est comme en Italie, du temps de Berlusconi. 

Un soir, au journal de vingt heures, on a montré une rafle d’enfants de couleur à la sortie de l’école. Au moyen d’un feutre, des flics marquaient leur avant-bras droit d’un numéro. Comme sous Vichy ! 

Et là, tout à coup, ce fut le choc. Je me suis réveillé.  Avais-je trop abusé du savoureux petit Collioure pendant le repas dominical ? Toujours est-il que rapidement, je m’étais assoupi au moment d’honorer ce droit humain universel, la sieste. Mais l’inconscient est un territoire où les angoisses se libèrent d’autant plus facilement que le fruit de la vigne a levé certaines barrières.

 

En me réveillant, je me suis rendu compte que dans mon sommeil, je m’étais projeté en mai 2017 et que cinq ans plutôt Nicolas Sarkozy avait été réélu avec 50,09%. Mon rêve me donnait à voir le cauchemar d’une France demeurée cinq ans de plus sous le joug de cet individu. Une France dégradée, abimée.

 

Ce cauchemar me rappelait, une semaine avant un scrutin décisif, que ce n’est pas gagné et que le risque est réel.

 

 

 

 

Lettre ouverte de Médiapart à Sarkozy

http://www.youtube.com/watch?v=aU64aNVbQOA&feature=youtu.be

 


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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:20

La proposition n’aura jamais été aussi vraie.

 

Ce n’est pas au projet politique proposé par Hollande que nous allons souscrire dimanche, mais bien à l’élimination de Sarkozy.

 

Aux élections législatives nous aurons l’occasion par le bulletin de vote de revenir sur ce « non-choix ». Comme nous aurons l’occasion par les luttes sociales à venir de peser pour mettre un terme à la poursuite de la politique libérale.

 

L’élection présidentielle va se faire entre un libéral dur et un libéral mou ; libéral mou que nous devrons tuteurer avec le Front de gauche et les organisations syndicales, afin qu’il ne se transforme pas en Hollandréou.

 

Le combat à venir sera, Hollande élu, de l’empêcher de plier avant de se coucher.

De fait, nous devrons être attentifs aux « victoires » dont Hollande se prévaudra. Ainsi que le MES « renégocié », que la BCE prêtant directement aux banques, que le volet croissance étant pris en compte, il n’y ait pas en contrepartie un droit du travail détruit permettant la disparition des CDI, la généralisation de la flexibilité. Etc,….  

 

Aussi, dès maintenant, devons nous considérer les élections législatives comme essentielles. Du nombre de députés du F de G élus dépendra notre capacité de résistance.

 

 

En finir avec Sarkozy

 

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/05/02/invite-de-europe-1-soir-2/

 

http://www.politis.fr/Edito-video-en-finir,18200.html

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 05:40

Belle journée. Ciel bleu, soleil, pas de vent. Bref ! Un temps pour aller à la plage, la montagne ou faire du farniente.

 

Oui ! Mais voilà.

 

Pas moins de 2000 personnes étaient rassemblées place Carnot à l’appel des organisations syndicales, tandis qu’on en annonçait 50000 à Toulouse, 45000 à Bordeaux, 500000 à midi dans toute la France  et pour la moitié des défilés tenus à cette même heure.

 

Rassemblement exceptionnel par le nombre de participants, mais également rassemblement politique à l’approche du second tour des élections présidentielles. Le cri du cœur du jour peut se résumer ainsi : « Sarkozy, dehors ! C’est à ce seul motif que le président sortant bientôt sorti a fait recette. Et chacun, de l’un à l’autre, de compter les jours jusqu’à dimanche(1).

 

Rassemblement politique donc, les syndicats appelant au renvoi du Président casseur de l’emploi, cependant que le PS, ses élus et militants, faisaient preuve d’une discrétion remarquable pour autant que le soit ce que l’on ne voit pas. Aux bannières syndicales se mêlaient celles du F de G et du PG, ces dernières attirant l’œil des sympathisants et permettant de fructueux échanges.

 

Le ton était ainsi donné, non seulement pour le 2ième tour des élections présidentielles mais également pour les élections législatives. Pour plus tard. Aussi peut-on dire que ce rassemblement de grande ampleur du 1ier mai était bien un tour de chauffe, un avertissement sans frais au pouvoir politique qui sortira des urnes dimanche. Contrairement à 1981, il était clairement établi dans tous les esprits que les travailleurs ne s’en remettront pas à celui qui gouvernera, ils veilleront au grain en attendant mieux.

 

(1) http://cestquandquilpartsarko.fr/

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 05:36

Raoul Jennar nous rafraichit la mémoire. Une nécessité. Ainsi chacun fera son choix informé et en conscience.

 

http://www.jennar.fr/?p=2352

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 06:20

Présidentielles 2007 PC (Marie-Georges Buffet) : 1,7%, soit 707268 voix

Présidentielles 2012 FG (Jean-Luc Mélenchon) : 11,7%, soit 3985089 voix

 

Je vous laisse faire toutes les opérations et supputations que vous voulez.

 

Les électeurs de gauche ont retrouvé la gauche et l’unité dans le Front de Gauche.

 

Il ne peut qu’en être fini avec la tentation des petits arrangements suicidaires. Les électeurs encartés ou pas, ici comme là, ne l’admettraient pas. On voit ce qu’a coûté à EELV la recherche de strapontins.

 

Bien mal avisés seraient ceux qui tenteraient de s’extraire de ce mouvement d’unité et de résistance partagée car on ne peut se prévaloir de vouloir faire la place au peuple pour le flinguer l’instant suivant à des fins de convenance conjoncturelle. Ainsi, et heureusement, sommes-nous contraints par le succès et la confiance qui nous est accordée par ceux qui ont voté Front de Gauche et qui entendent que la lutte et la conquête se poursuivent dans ce cadre.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 13:55

A porter des œillères, ce qui la fiche mal pour ceux dont c’est le métier que d’être des observateurs attentifs, on comprend qu’ils n’aient pu remarquer que le Front de Gauche a conduit une campagne épicée, avec un projet, toutes choses dans lequel de nombreux citoyens enthousiastes se sont largement retrouvés. 11,7% pour être précis, davantage si Hollande n’avait pas décidé de savonner la planche à « la » gauche.

 

C’est vrai que les journalistes, portant des œillères dont l’utilité est d’obliger à regarder seulement dans une même direction, ne pouvaient qualifier que ce qu’ils voyaient. Insipide, brouillonne, creuse, la campagne de l’UMP et celle du PS.

 

Cependant l’un et l’autre des 2 candidats de ces 2 formations politiques, en difficulté, sont venus puiser dans l’escarcelle du Front de Gauche et ainsi valider les propositions du projet d’icelui. L’un : un taux d’imposition, l’autre : le différentiel d’impôt lorsqu’on est imposé à l’étranger, et ainsi, tour à tour, la BCE qui devrait prêter directement aux états, la finance qui devrait être mise au pas, la croissance qui devrait faire son apparition,….  

Dommage que la campagne du 1ier tour n’ait pas duré davantage, ils auraient fini par adopter le projet du Front de Gauche.

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:45

Le Grand soir:

http://www.legrandsoir.info/pourquoi-est-il-important-de-bloquer-sarkozy,16543.html  

 

La gauche anticapitaliste :

http://www.gauche-anticapitaliste.org/content/battre-sarkozy-et-rassembler-la-gauche-de-gauche 

 

La fase :

http://lafederation.org/index.php?option=com_content&view=article&id=2515:billet-1er-mai-2012-l-lespoir-est-de-retour-avancons-r&catid=10&Itemid=42 

 

Le mouvement d’éducation populaire :

http://www.m-pep.org/spip.php?article2582

 

L’Union des familles laïques

http://www.ufal.info/portail/portail-edito/tourner-la-page-du-sarkozysme-une-necessite-citoyenne/6268

 

Extrait blog de jlm: 544

maxoudit:
29 avril 2012 à 18h27

Bonjour à vous,

je ne sais pas si vous avez "remarqué", mais je ne suis pas intervenu sur le blog depuis le premier tour de l'élection présidentielle, en effet, je ne voulais pas "suivre" le fait de voter contre Sarko, dont évidemment pour "l'autre" afin d'éliminer le "premier", mais je viens de l'écouter et franchement il m'est impossible de voter blanc comme j'en avais l'intention, je vais donc voter contre Sarkozy, mais franchement je ne suis pas fier de moi, ça fait deux fois que je retourne ma veste ; la première en "votant" Jacques Chirac contre le Front National et moi qui m'étais juré de ne plus jamais voté pour le PS... J'en suis dégoûté...
Donc dimanche j'élimine Sarkozy !

Excusez mes "états d'âme", mais ma" fierté" en prend un sacré coup, j'avais pourtant fait le serment de ne plus jamais ! Mais tant pis à contrecœur je vais effectuer le "geste" que je m'étais pourtant interdit...

Max

 

no pasaran: http://www.placeaupeuple2012.fr/le-6-mai-pasaran/


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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 05:46

Qui ratisse large a les yeux plus grands que le ventre. Cela vaut pour l’UMP, tout autant pour le PS. Mais ce sont les citoyens qui risquent d’avoir une indigestion.

 

Pour s’emparer du pouvoir UMP et PS ne répugnent pas à essayer de concilier les inconciliables. C’est tout l’art des démagogues que de tenter d’emberlificoter, de prendre dans les rets, de se cacher des uns tandis qu’ils séduisent les autres.

 

Démagogues ! Chacun aura remarqué, dans démagogues il a déma (peuple) et gogues (….). De là à comprendre qu’il s’agir de foutre le peuple aux chiottes, voire de le prendre pour de la merde.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 14:39

 


Lu sur le blog de Jean-Luc Mélenchon http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/04/28/le-vote-utile-a-favorise-lextreme-droite/

 

avr 12 28

Un 1er mai pour recentrer le débat

 

Je me remets à mon clavier. Les lignes que je jette à présent s’ajoutent à celles que j’ai déjà rédigées pour le précédent billet. J’y analysais déjà le résultat du premier tour de l’élection présidentielle pour comprendre l’étrange deuxième tour, si brun, que nous sommes en train de vivre. Je renvoie donc les nouveaux venus que ces nouvelles lignes intéresseraient assez pour cela sur le précédent texte. Après un bref rappel de mon appréciation sur notre score, je traite des effets dévastateurs du prétendu vote utile qui a donné la main à l’extrême-droite. Et je parle du 1er mai.

 

Je résume les traits essentiels de mon regard sur notre résultat. Avec 11,1% ce sont 4 millions de voix qui ont été rassemblées. C’est davantage que trois millions de voix supplémentaires par rapport aux européennes de 2009 où nous avons été candidats pour la première fois sur tout le territoire et dans une élection à contenu politique général. Cette percée représente les deux tiers de la progression du total des voix de gauche par rapport à 2007 qui passe ainsi de 36 à 44% des suffrages ! De la sorte naît aussi un nouveau paysage à gauche. Car pour la première fois depuis trente ans, les deux candidats de gauche ont un score à deux chiffres. Et l’autre gauche, la nôtre, représente 30% de la gauche là où elle n’en représentait que 15% en 2007. Le Front de Gauche est à la fois une force de haut niveau, et une réalité correctement répartie sur l’ensemble du territoire. Je précise ce point pour montrer qu’il s’agit bien d’une force nouvelle et d’une réalité nouvelle. Au contraire des allégations selon lesquelles le Front de Gauche serait une simple amplification du vote dans les bastions communistes. Si ce phénomène joue sans aucun doute, il est non moins vrai que sa diffusion à tout le territoire, montre une homogénéisation qui signale un fait nouveau. Tous les départements recueillent plus de 7% des voix ! 70 départements dépassent les 10%. Et, fait remarquable, 20 départements sont au-dessus de 13%. L’analyse des localisations géographiques des votes, qui fait fureur en ce moment pour décrire les scores du Front National, ne semble pas devoir être appliquée au Front de Gauche. Pourtant la percée dans les villes est un fait notable des résultats. Je vous propose pour en juger, la liste des dix-sept villes de notre pays qui comptent plus de 150 000 habitants. Les cinq premières sont spectaculaires. Toulouse 15,9%, Montpellier 15,7%, Lille 15,4%, Grenoble 15,4%, Le Havre 16,5%. Mais les suivantes sont tout aussi remarquables pour nous, compte tenu des décalages entre bureaux de vote populaire et bourgeois. Ainsi quand nous faisons à Marseille un 13,4% des voix, cela inclus que nous dépassons les 20% dans plusieurs bureaux névralgiques. De même à Rennes 13,4%, Saint-Etienne 13,3%, Nantes 12,4%, Bordeaux 12,1%, Lyon 11,8%, Paris 11,09%. Dans les villes plus habituées aux votes traditionnels et même très droitiers parmi ces dix-sept, les scores sont forts, là aussi. Ainsi à Reims 10,7%, Dijon 10,4%. La performance est soulignée quand on voit un 9,5% à Toulon, et un 9,2% à Nice. Mais, surtout, avec 11,4% à Strasbourg, le Front de Gauche gagne son bâton de maréchal du combat politique. Ce résultat est en effet acquis par un vote d’adhésion d’autant plus clair et net qu’il avait un contenu anti-raciste et anti-concordataire sans ambiguïté. Et cela alors même que l’argumentation adverse avait été d’une terrible force. Et qu’avait été savamment entretenue par la droite comme par les socialistes la confusion entre notre rejet du concordat et celui du droit local. Une remarque enfin sur un fait qui est passé tout le temps sous silence. Dans ces dix-sept villes le Front National est en recul par rapport à 2002. Et nous lui passons devant dans treize cas !

 

J’ai lu que trente pour cent des électeurs de François Hollande ont hésité à voter Front de Gauche. Cela représente neuf points dans le résultat final. Un simple jeu d’addition et de soustraction permet de voir que dans ces conditions la question se serait posée de savoir lequel de nous deux aurait été au second tour. On comprend mieux alors le sens de la convergence entre l’extrême-droite et les organes de presse socialistes pour nous calomnier sans relâche, mais surtout, dans les dix jours avant le premier tour, avec des arguments identiques. Et depuis cette date pour nier jusqu’à notre existence. On retrouve d’ailleurs leurs argumentaires dans la bouche de Nicolas Sarkozy : Cuba, Robespierre et ainsi de suite… Ainsi va la propagande. On notera avec dégoût la pratique de ces valeureux journalistes qui laissent Nicolas Sarkozy m’attribuer des propos que je n’ai jamais tenus sur les riches ou sur Cuba. Certes, nous savons ce que valent de tels hérauts de la liberté de parole ! Mais pas le grand public. Certes cette profession est considérée à juste titre comme plus manipulatrice et menteuse que les responsables politiques eux-mêmes. Ce n’est pas peu dire. Mais la dangerosité de son action n’en est pas moins grande. C’est elle qui installe le tableau de fond des raisonnements. A présent avec les « graphes », les sondages, et les cartographies, les préjugés de cette caste et sa mise en scène de la pensée dominante se présentent comme des vérités « objectives » puisque chiffrées et présentées comme des faits. Ce qu’ils ne sont jamais. Des records sont battus quand des éditorialistes sans foi ni loi assènent des affirmations où sont cités dans un même souffle, sur une même ligne, des sondages et des résultats électoraux.

 

En disant tout cela, je n’exprime pas une humeur. Ni même une généralité qui ne tiendrait pas compte des nuances et même des divergences dans les rédactions de ces médias. Au contraire. Je sais que ces nuances et divergences existent ! Et c’est bien pourquoi je maintiens la pression ! Car elle pousse chacun à réfléchir et à se positionner en conscience, et ce d’autant plus profondément que la polémique est vive et contraignante. Si 19% des voix de ceux du « Nouvel Observateur » se sont portés sur moi et davantage à « Libération », ce n’est pas « malgré » mes raisonnements sur les médias, mais aussi à cause d’eux. La volonté de résistance est forte aussi à l’intérieur des médias face aux conditions sociales qui font « moutonniser » les rédactions. Partout s’exprime, souvent en cachette et dans la peur de la répression, le refus d’une presse qui se laisse continuellement emporter par toutes les modes. La soumission à l’idéologie dominante n’est acquise nulle part. L’extension de cette résistance, son organisation, sa capacité d’action sont un des enjeux cruciaux du moment. La révolution citoyenne doit passer dans les médias. C’est un impératif. Je le dis au contraire de tous ceux qui considèrent que, la cause étant entendue, ce serait perdre son temps et son énergie que d’en parler. Cela n’est pas possible, car l’accès à une information de qualité exempte de manipulations et de volonté de nuire est un enjeu de démocratie. Je le dis après avoir reçu assez de messages de résistance de l’intérieur des médias d’une part et d’autre part, venant de l’extérieur, assez de demandes d’explications sur les calomnies qu’ils déversaient pour savoir quel enjeu c’est là. Ce système doit être détruit. Du moins son influence sur notre camp. Et pour cela, il faut frapper sans relâche comme lui-même le fait sur nous sans pause ni trêve. Ce n’est pas un à côté de notre stratégie de combat mais au contraire un élément de pointe. La mise en cause du contenu, de la fiabilité et de l’honorabilité des médias est au cœur de notre bataille culturelle, selon moi. Et cela jusqu’à ce que le système s’effondre où qu’un compromis honorable soit trouvé qui respecte notre identité et ne permette plus qu’elle soit instrumentalisée.

 

J’en reviens à ceux qui ont changé d’avis et de bulletin de vote en dernière minute. D’abord par « peur du 21 avril », cette rente de soumission dont les socialistes, pourtant responsables du désastre du 21 avril, tirent dorénavant argument pour regrouper un troupeau électoral affolé à dessein. Ou bien parce qu’ils ont cru à la sottise de « placer nettement en tête » le candidat « le mieux placé dans les sondages ». Naturellement tout cela est de très bas niveau politique. Les campagnes de calomnies du « Nouvel Observateur » et les tirs dans le dos de « Libération » ont joué leur rôle dans cet anéantissement du raisonnement politique. Certes cela ne touche que les moins réfléchis des électeurs socialistes, les plus pusillanimes et les moins éduqués politiquement, les plus drogués par les raisonnements enfantins de leur parti de référence. Mais cette faiblesse, l’efficacité de ce chantage permanent, est la clef du système de domination idéologique de l’état-major de ce parti. On ne la combattra pas par des invectives, cela va de soi. Mais il faut la combattre. Comment ? Je crois qu’il faut partir du raisonnement que se tiennent ceux qui s’abandonnent de cette façon.

 

Que voulaient-ils, ces électeurs « utiles » ? Se prémunir du Front National. Qu’ont-ils obtenu ? Le contraire ! C’est un fait. Comme le Front de Gauche n’est pas en tête devant Marine Le Pen, le rouleau compresseur s’est remis en route avec le but de nous achever. C’est notre « échec » qui est mis en scène sur tous les tons. Autre façon de nier notre résultat. Et de nous nier tout simplement. Non pas nos personnes, mais notre programme, c’est-à-dire tout ce que nous avons porté et qui nous a valu de rassembler quatre millions de voix. L’autre versant de la manœuvre est d’assigner de nouveau le peuple aux Le Pen. Un bon exemple de cette boucle qui part de mensonges hallucinogènes pour finir dans de prétendues démonstrations, est l’action sur ce plan du journal « Le Monde ». Il a commencé, on s’en souvient, par publier des sondages truqués sur l’influence du Front National dans la jeunesse. Il finit le cycle par un éditorial de jubilation de Françoise Fressoz, pétaradante d’allégresse de pouvoir constater que le peuple est « lepéniste » et pas « d’extrême-gauche », comme nous sommes censés l’être. Bonjour la démonstration à l’origine de ce « constat ». D’où tire-t-elle ce droit au déni ? Tel est le bilan du « vote utile ». Une carte blanche donnée aux ennemis de l’idée d’un peuple que souderaient ses revendications sociales. Le bon bourgeois et son plumitif peuvent décliner leurs couplets sur le « cri de colère », la « souffrance sociale » du malheureux lepéniste égaré par la douleur et donc incapable de se rendre compte qu’il soutient des racistes ! C’est le moyen de le réconforter avec des médicaments si agréables à administrer depuis les beaux quartiers : un bol de haine des arabes et des musulmans.

 

C’est donc derrière les Le Pen que court la presse, en toute bonne conscience. Le vote utile lui en a donné l’autorisation. Au lieu d’interviewer des ouvriers qui veulent voir leurs salaires augmenter, les mouches médiatiques interrogent des ouvriers qui n’aiment pas les arabes. Au lieu de parler du salaire maximum de 1 à 20, on parle de la « présomption de légitime défense », et ainsi de suite. Et que fait le héros socialiste face à cette déferlante ? Peu nous importe à vrai dire pour ce qui concerne notre vote puisque nous ne votons pas pour lui mais contre l’autre. Cependant, si nous avions été à sa place, nous aurions organisé une réplique massive, frontale, pour contrer le venin. Nous jouerions le bras de fer sur le 1er mai, car c’est sur ce terrain que nous pouvons avoir le meilleur rapport de force pour remettre au centre de tout la question sociale. Lui semble se laisser balloter. Electoralement cela semble payant. Le rejet de Sarkozy atteint des sommets ces jours-ci à mesure qu’il déploie les arpèges de ses imitations de l’extrême-droite. Mais les dégâts faits par le poison qui est instillé dans toute la population sont terribles. Pour la première fois depuis toujours le président en exercice a validé une bonne demi-douzaine de poncifs lepéniste parmi les plus ridicules. Dont celui des prétendus déficits sociaux liés à l’immigration, du lien entre chômage et immigration et ainsi de suite. Le dernier en date est parmi les plus absurdes comme cette « présomption de légitime défense des policiers ». Stupidité d’abord pour la sécurité des policiers eux-mêmes. Car c’est une façon de dire aux malfrats « tirez les premiers ! ». Non-sens juridique ensuite puisque la présomption d’innocence est aujourd’hui valable pour tout inculpé. Ainsi va la loi, quand elle est décidée à l’emporte-pièce et dans l’émotion d’un instant médiatique. Quoiqu’il en soit, courir derrière les balles jetées par Nicolas Sarkozy dans le jeu de quille de l’entre-deux tours se paierait par de la perplexité plus qu’agacée, parmi nos quatre millions d’électeurs. Déjà ignorés superbement, niés par la presse, seraient-ils considérés comme acquis d’avance ? C’est vrai en très grande partie. Puisqu’ils regardent plus haut que l’horizon et se servent du bulletin Hollande dans le seul but de sortir Sarkozy. Mais on aurait tort d’abuser de ce genre de certitude. Les astuces de langage d’Arnaud Montebourg sur un soit-disant « consensus entre le FN, l’UMP et le PS sur l’immigration clandestine » exaspèrent sans rien démontrer d’autre qu’un noir opportunisme. J’invite les socialistes à l’esprit de résistance et de contre-attaque frontale plutôt qu’aux atermoiements et à l’esprit de défense poussive que je leur vois prendre. J’ai résumé ma formule pour mettre un terme aux délires xénophobes et au soit-disant « devoir d’écoute » à l’égard des électeurs du Front National. Il n’y a rien à écouter de toutes leurs sottises. Car il n’y a pas davantage de problème aujourd’hui avec les musulmans qu’hier avec les juifs. Tous ces délires n’ont aucune consistance. Ce sont des constructions mentales pourries injectées dans le cerveau des plus faibles mentalement. Valider l’injection de ces bêtises ne rend service qu’à ceux qui en ont fait leur fond de commerce.

 

Je suis déçu que François Hollande ait déclaré sur France Info : « Le 1er mai, c’est la fête des travailleurs. Je ne considère pas que les politiques doivent interférer ». Il est mal renseigné sur l’histoire du mouvement ouvrier. Le premier de tous les 1er mai a eu lieu en mai 1886. C’était une grève syndicale aux Etats-Unis, à l'appel de l'American Federation of Labor, 350 000 travailleurs se mettent en grève aux États-Unis pour réclamer la journée de travail de 8 heures. Le 3 mai, une manifestation est réprimée à Chicago : trois morts. L’événement impressionna les dirigeants de la première internationale qui en firent un symbole dans leur réflexion sur le mouvement ouvrier naissant. L’idée fit son chemin. Une journée fut décidée par l'Internationale socialiste en vue du 1er mai 1890. La deuxième Internationale décide en effet en 1889 que sera organisée une « journée internationale de revendication des travailleurs » : « Une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail ». Elle reprend la date décidée par le syndicat américain : le 1er mai 1890. Le mouvement était lancé. C’est une décision politique. Personne ne parle alors de « fête du travail ». C’est une grève, ce jour-là. C’est d’autant moins la fête que souvent le 1er mai tourne à l’épreuve de force violente et meurtrière. Par exemple, le 1er mai 1891 : A Fourmies, la troupe tire sur les grévistes et fait 10 morts. Mais des exemples de 1er mai sanglant, il y en a de nombreux. Fin 1891, l'Internationale socialiste renouvelle le « caractère revendicatif et international du 1er mai ». La politique est toujours en première ligne alors. Il faut attendre 1906 pour que la toute nouvelle CGT appelle à des manifestations le 1er mai pour la première fois. Son objet aboutit en 1919, avec le vote par le Sénat français de la journée de 8 heures. C’est Lénine qui fait du 1er mai un jour chômé dans la Russie soviétique pour la première fois en 1920. Et c’est, en 1941, Pétain qui décide d’en faire la récupération en décrétant que le 1er mai sera « la fête du Travail et de la Concorde sociale ». Il sera alors férié, chômé et payé. A la libération, en 1947, le 1er mai devient dans le code du travail un jour férié, chômé et payé pour tous les salariés sans conditions.

 

Tout cela montre que la politique a toujours interféré avec le 1er mai. Et cela continue car le rassemblement place de la Concorde à l’appel de l’UMP est le pendant du rassemblement de l’extrême-droite qui a commencé dans les années vingt, si mes souvenirs sont bons, dans le même but de récupération du mouvement ouvrier que l’extrême-droite s’est toujours assigné. Le 1er mai est donc le temps de rassemblement de la gauche syndicale et des partis de gauche. Depuis toujours. Dans de très nombreuses villes les cortèges politiques suivent le cortège syndical depuis la nuit des temps ou presque. Ce fut le cas à Paris l’année dernière encore et à Bordeaux. J’en parle parce que j’y étais.

 

Puisque Nicolas Sarkozy a décidé d’en faire une épreuve de force, à nous de faire du judo et de retourner la situation. Ne soyons pas dupes de la manœuvre qui se joue lorsque nous entendons parler d’un malaise des syndicats qui craindraient notre récupération. C’est un pur mensonge. Les contacts que nous avons pour le bon déroulement du caractère syndical de la manifestation prouvent que tout est en bon ordre et bonne intelligence. Une fois de plus la machine à désinformer veut amener le débat sur un terrain où il n’est pas. Ce n’est qu’un pur et simple décalque des arguments de la droite et de l’extrême-droite. Plutôt que de « craindre » ou de mégoter sur la places des organisations politiques de gauche, les médias feraient mieux leur travail d’information en faisant connaître les mots d’ordre et revendications sur lesquels portent la manifestation. En tous cas, le Front de Gauche tiendra son point fixe à Port Royal dès quatorze heures. Et si nous sommes assez nombreux, nous défilerons après le passage du dernier cortège de la manifestation syndicale. C’est-à-dire après la CFDT si j’ai bien compris ce que l’on m’a expliqué. Bien-sûr j’y serai avec les autres responsables du Front de Gauche. Et vous aussi bien sûr. D’abord vous faites le parcours avec votre syndicat. Puis vous revenez au point de départ et vous faites le parcours avec le Front de Gauche. Facile. Et très politique.

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