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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 07:05

La lutte contre l’hégémonie culturelle consumériste est loin d’être gagnée tant ont été modifiés nos comportements au point de faire passer au premier plan l’intérêt privé et marchand, tout autant qu’immédiat devant l’intérêt collectif et le souci du long terme.

Le système capitaliste s’est montré si efficient, qu’il n’a aucune peine à trouver des individus pour apporter concours à son développement, cela même parmi ceux qui affichent être contre lui.

Le document dont le lien est donné ci-dessous (1) se présente comme un plaidoyer fortement argumenté pour sauvegarder les terres agricoles dont la disparition correspond, pour la France, à la surface d’un département tous les 7 ans, phénomène qui s’accélère car cette disparition était, il y a peu de temps, d’un département tout les 10 ans.

Exergue

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Manifeste pour la sauvegarde des terres agricoles

16 janvier 2016

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En voie d’épuisement, de bétonnage et d’accaparement, les terres agricoles, en France comme dans le reste du monde, sont menacées et leur disparition serait un drame pour l’humanité. Les signataires de ce manifeste lancent une alerte et donnent des pistes pour remédier à cette situation préoccupante mais sans fatalité.

L’association Filière paysanne (Bouches-du-Rhône), le collectif Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), l’association Novissen (Somme), le collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet (Tarn) et le collectif Terres fertiles de Sainte-Colombe-en-Bruilhois (Lot-et-Garonne) sont à l’initiative de cet appel. La liste des signataires est disponible ici.

Les terres agricoles sont soumises à deux facteurs combinés de détérioration physique :
1. l’artificialisation par bétonnage, goudronnage, compactage et mitage (urbanisation éparpillée) ;
2. l’épuisement des sols : perte de fertilité par surexploitation agricole, érosion, désertification, salinisation, contamination, pollutions diverses.

La réduction croissante des surfaces qui en résulte, ainsi que la baisse de la fertilité des sols, a de graves conséquences à la fois économiques, sociales et écologiques :


augmentation préoccupante de la dépendance agricole et alimentaire de nombreux pays, du Sud comme du Nord, vis-à-vis des marchés internationaux ;

  • baisse de la capacité des sols à stocker le carbone sous forme de matière organique et à lutter contre le réchauffement climatique ;
  • augmentation du ruissellement de surface et des phénomènes d’inondation et d’érosion
  • limitation des infiltrations pluviales, de la régénération des nappes phréatiques et de la filtration naturelle des eaux ;
  • perte de biodiversité sauvage, cultivée et élevée ;
  • perte de patrimoines paysagers qui façonnent profondément la culture des territoires.

Cette raréfaction globale des sols entraîne, par ailleurs, un effet induit très inquiétant. Il s’agit de l’accaparement des terres les plus fertiles par des acteurs privés, voire par certains États qui souhaitent s’assurer un accès durable à cette ressource vitale au-delà de leurs frontières. Ce phénomène accélère encore la perte de souveraineté alimentaire dans de nombreuses régions, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner en termes de tensions sociales et géopolitiques.

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L’ampleur du phénomène et la nécessité d’agir vite

La France est fortement touchée même si, en apparence, on voit beaucoup de vert, de champs et de forêts entre chaque ville. Dans les faits, l’artificialisation a fait disparaître entre 40.000 et 90.000 ha de surfaces agricoles par an entre 2000 et 2014 [1]. Cela équivaut à la surface moyenne d’un département tous les 7 ans, à un stade de football toutes les 5 minutes, ou un potager de 25 m2 toutes les secondes.

Au niveau européen, les chiffres sont également très préoccupants. Entre 1993 et 2003, 770.000 ha de terres agricoles ont disparu en moyenne chaque année (soit l’équivalent du département du Cher), ce qui rend l’Europe de plus en plus dépendante de l’extérieur sur le plan alimentaire. En 2008, le déficit entre import et export agricoles correspondait déjà à près de 20 % de la capacité de production de l’Union en termes de surfaces agricoles [2].

À l’échelle mondiale, ce phénomène est encore plus inquiétant avec près de 20 millions d’hectares artificialisés par an selon les chiffres officiels de la FAO [3]. Ce gaspillage irréversible des sols affecte essentiellement les terres arables situées dans les plaines et les deltas, où se concentre prioritairement l’urbanisation. En France comme ailleurs, l’urbanisation se fait toujours sur les meilleures terres qui entourent les villes historiques. Si ce rythme se maintient, 1,5 milliard d’hectares supplémentaire sera urbanisé au cours des 100 prochaines années, soit l’équivalent de la totalité des terres arables dont dispose actuellement l’humanité.

La disparition de ces vastes étendues, combinée à l’augmentation de la population mondiale, ne peut qu’encourager la multiplication des crises alimentaires qui touchent déjà de nombreux pays. Cela risque de fragiliser différents États, d’accélérer encore les stratégies d’accaparement de terres et d’amplifier les tensions géopolitiques qui menacent le fragile équilibre mondial. Selon le site international Land Matrix, près de 40 millions d’hectares seraient déjà accaparés dans le monde, mais cette estimation serait incomplète selon certains experts français [4] qui parlent de 80 millions d’hectare à ce jour.

*

Des solutions existent pour stopper ce gaspillage irréversible des terres agricoles

Ce phénomène n’est pas inexorable. Depuis 1978, le Québec a mis en place la loi du zonage agricole et a délimité les zones réservées à l’agriculture de façon durable. Il faut préciser que ce vaste territoire dispose cependant d’un stock limité de terres arables essentiellement situées autour du fleuve Saint-Laurent, où se développe l’urbanisation. Toute diminution de cet espace est depuis soumise à l’autorisation préalable d’une commission indépendante et décisionnelle dont l’action s’avère efficace. La surface agricole du territoire (6,3 millions d’hectares) n’a ainsi pratiquement pas diminué depuis 37 ans, ce qui n’a nullement empêché le développement économique et social du Québec.

Depuis 2012, la France a mis en place une mesure analogue dans ses collectivités d’Outre-Mer soumises à une très forte artificialisation des terres agricoles. Cette politique volontariste donne déjà des résultats reconnus par les services d’État, la profession agricole, les élus locaux et les acteurs de l’environnement ultramarins. Le taux d’artificialisation des terres agricoles a globalement été divisé par deux en moins de trois ans. Les pays d’Europe du Nord ont également adopté des mesures foncières courageuses et efficaces [5]. On observe ainsi que, là où il existe une réelle volonté politique de préserver les terres agricoles, les actions qui sont engagées donnent des résultats concrets. Il n’y a donc aucune fatalité dans ce domaine et les nations ont clairement le pouvoir d’agir.

Concernant la lutte contre l’épuisement des sols, les recherches et les politiques qui ont été mises en place dans différents pays pour y développer l’agroécologie prouvent que celle-ci est une solution viable sur le plan agronomique, économique, social et environnemental. Le précédent rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation a précisé, pour sa part, qu’il s’agissait du seul modèle agricole capable de nourrir à long terme la population humaine.

L’accaparement des terres agricoles est, quant à lui, permis par le droit (et parfois l’absence de droit) foncier en vigueur dans chaque État. Il est également lié aux accords juridiques, financiers et commerciaux qui ont été mis en place à plus grande échelle. Les gouvernements ont donc la possibilité d’agir dans ce domaine au sein de leurs territoires respectifs et les institutions internationales (Banque mondiale, FMI, OMC, ONU, organisations régionales...) doivent les appuyer sur ce point.

La FAO a déclaré 2015 comme « Année internationale des sols » afin d’alerter la communauté internationale sur les conséquences de leur disparition. Les scientifiques ont récemment démontré que leur préservation et l’augmentation de leur teneur en matière organique peuvent permettre de fixer d’importantes quantités de carbone atmosphérique. Cette fonction a le double avantage de lutter contre le dérèglement climatique et de favoriser la fertilité naturelle des sols. La prise de conscience de cette précieuse fonction doit amener son développement, en évitant toutefois que cela n’autorise le droit de polluer pour d’autres secteurs de l’économie par l’instauration d’un marché du carbone, ainsi que la multiplication des achats spéculatifs de terres dans les décennies à venir.

Les inondations qui se multiplient en France comme ailleurs, avec des conséquences dramatiques, peuvent également être combattues grâce à la préservation, voire à la reconquête, des sols perméables sur les surfaces bétonnées et bitumées. Leurs fonctions d’infiltration et d’éponge apparaissent clairement comme essentielles.

Nos dirigeants possèdent donc tous les arguments et tous les leviers pour agir dans ce domaine.

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Les mesures à prendre d’urgence pour protéger les terres agricoles :

1. Mettre en place, dans chaque pays, des politiques de préservation foncière efficaces pouvant s’appuyer sur l’expérience positive du Québec.

En France, le président François Hollande a pris des engagements clairs lors des conférences environnementales de 2012, 2013 et 2014, visant à « stabiliser l’artificialisation des terres agricoles d’ici 2025 » (soit dans 10 ans). Selon l’Observatoire national de la préservation des espaces agricoles, cette artificialisation reste cependant considérable avec près de 60.000 hectares par an à ce jour.

Face à ce profond décalage, nous demandons au président :

  • de prononcer au plus vite un moratoire national afin de suspendre les projets d’urbanisation ou d’infrastructures en cours sur ces précieux espaces, de repenser l’aménagement du territoire et d’atteindre les objectifs fixés pour 2025 ;

2. Améliorer les pratiques agricoles dans le cadre de la transition agroécologique en cours.

Les États peuvent agir en mettant en pratique les recommandations produites par le précédent rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation en décembre 2010 devant le Conseil des droits de l’homme.

3. Bloquer les processus d’accaparement de terres au Sud comme au Nord.
Les États peuvent agir en se dotant d’outils de protection juridique réellement adaptés. Les grandes institutions (organisations régionales, ONU, Banque mondiale...) doivent, quant à elles, accompagner cette évolution urgente du droit à l’échelle internationale.

Retrouvez ici le manifeste avec la liste, à la fin, de ses signataires.

[1] Rapport de l’Observatoire national de la préservation des espaces agricoles (Oncea) datant du 15 mai 2014.

[2] « EU Agricultural Production and Trade » (Harald von Witzke (Humbolt University Berlin), Steffen Noleppa (Agripol).

[3] Chiffres communiqués le 6 décembre 2013 par Dominique Arrouays, président de l’Association française pour l’étude du sol (Afes) et expert auprès de l’organisation de l’ONU pour l’Alimentation (FAO).

[4] Hubert Cochet et Marc Dufumier.

[5] Commentaire exprimé par Frédéric Denhez, auteur du livre Cessons de ruiner notre sol ! édité chez Flammarion en octobre 2014.

Lire aussi : Il faut sauver les terres agricoles

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  1. http://www.reporterre.net/Manifeste-pour-la-sauvegarde-des-terres-agricoles
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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 06:42

Le 9/1/2015, La Dépêche du Midi faisait état de propos tenus par le maire de Douzens concernant les premiers achats de terre qui s’effectuerait en 2016 et citait ce dernier : «L'ensemble des propriétaires terriens, ils sont entre quarante et cinquante, ont été informés et visités individuellement, déclare Philippe Rappeneau. Une grosse majorité d'entre eux sont rattachés à la profession viticole. Dans le même temps nous avons mené des réunions avec la Safer sur l'évaluation des prix de ces terres. La Safer sera habilitée dans les négociations entre les propriétaires et la société d'investissement selon les procédures normales : compromis de vente sous condition suspensive de réalisation».

Le propriétaire que je suis - de terres en vigne pour plusieurs hectares impactés -n’a été ni informé ni visité que ce soit par le maire ou un quelconque organisme. Intox ? Joute politique, guerre de pouvoir entre le Président de Carcassonne-Agglo qui jugeait le projet fumeux et le maire de Douzens, président pour peu de temps encore de la communauté Piémont d’Alaric prochainement rattachée à Carcassonne ? Allez savoir ! Une chose est sûre c’est que, concernant l’approche individuelle des viticulteurs, ce sont là mensonges.

Il est vrai cependant qu’une réunion a eu lieu en septembre dernier à laquelle ont participé la Safer, la Chambre d’agriculture ainsi que 2 représentants de la cave coopérative de Capendu et sans qu’un quelconque de ces organismes ait daigné convier les viticulteurs concernés pour leur annoncer le sort auquel ils allaient être contraints qui s’appelle expropriation dans ce cas non pour utilité publique mais bien pour satisfaire la consommation et le profit. C’est dire la considération dans laquelle sont tenus les citoyens tour à tour administrés et agents économiques.

Qu’il revendique le rôle de ‘facilitateur’, après avoir été initiateur du projet, le maire de Douzens, futur ex-président de la communauté de Piémont d’Alaric, joue essentiellement un rôle d’entremetteur au profit de maquereaux financiers.

Le même se gargarise de la prochaine confection d’un film sur les Cathares qui servira de support commercial pour assurer la promotion du parc d’attractions. Certainement y verrons-nous Balisbate, le dernier bon homme (parfait) brûlé vif à Villerouge Termenès, tenir guichet ou s’amuser sur un toboggan aquatique. Pauvre pays !

Selon le quotidien « Le maire de Douzens dit avoir rencontré l'ensemble des acteurs de la filière agri-viticole : chambres consulaires, syndicats de la coopération et des vignerons indépendants. «Il se dégage un élan d'enthousiasme partagé pour notre projet», dit Philippe Rappeneau qui attend en 2016 la réalisation du film support et la signature des premiers compromis d'achats fonciers ». Au fil des articles, vous avez pu juger du mien, alors même que si le projet se fait je vais pouvoir dire : ‘ Par ici le pactole !’.

Qu’adviendra-t-il finalement et réellement de ce projet ? Un nouvel Notre Dame des Landes ? Un Sivens ? Ce dossier sera-t-il pris en charge par des partis politiques, localement et en région, qui entendent réorienter la croissance et développer l’emploi en dehors du système capitaliste basé sur la consommation et la destruction des terres ? Qui peut le dire ? Ce que je sais, c’est que localement ceux qui sont prêts à excursionner en pays Nantais ou ailleurs se réveilleront - peut-être - les pelleteuses en action sur le terrain.

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http://www.ladepeche.fr/article/2016/01/09/2252219-les-premiers-achats-terriens-en-2016-2016.html

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 09:13

On s’en serait douté.

Pris de court par cet article de La Dépêche. Mais encore 1 ou 2 papiers à faire sur le sujet. Ils vont venir.

On notera cependant qu’à ce jour la cave coopérative de Capendu n’a pas encore communiqué auprès des viticulteurs concernés par Catharland sur la réunion à laquelle des administrateurs ont participés – voir http://exergue.over-blog.com/2015/11/le-parc-d-attractions-de-douzens-capendu-et-les-vitiulteurs-8.html

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Lu dans La Dépêche.

http://www.ladepeche.fr/article/2015/12/19/2241192-l-agglomeration-remet-ses-agents-au-boulot.html

‘À compter du 1er janvier 2017, neuf communes issues de la communauté de communes du Piémont d'Alaric seraient en mesure de rejoindre Carcassonne Agglo. Si trois élus ont voté contre (Thierry Mascarque, Philippe Fau et André Bonnet), un élu a évoqué l'importance de cet éventuel rattachement si d'aventure «le parc cathare venait un jour à être construit à Douzens». Un parc d'attractions auquel ne croit visiblement pas Régis Banquet, le président de Carcassonne Agglo. «C'est un projet des plus fumeux» estime le maire d'Alzonne, rappelant que sa création nécessite de posséder la maîtrise foncière. Et de rappeler qu'il y aura «52 propriétaires à convaincre».

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 06:54

On a pu lire et entendre, courant l’été dernier, que les viticulteurs, dont les vignes allaient être prises, avaient acquiescé vivement à leur sort. Ceci est faux, non qu’ils ne puissent être d’accord - allez savoir ! - mais qu’ils aient été approchés. Ou alors, l’approche a été sélective.

Puis, dans les premiers jours de septembre une réunion a eu lieu – où ? à l’initiative de qui ? avec la participation de qui ? - à laquelle cependant 2 membres du conseil d’administration de la Cave coopérative de Capendu ont participé. Il ressort de celle-ci, aux dires des 2 administrateurs interrogés séparément au gré de la rencontre que les viticulteurs devraient pouvoir espérer recevoir en échange du tort une somme rondelette, autant dire le pactole, et qu’ils seraient prioritaires pour l’achat de vignes qui se libèreraient lors d’une vente. Pour ce faire la Safer et la Chambre d’agriculture devraient veiller au grain. Mais avant d’aller plus loin, observons qu’à ce jour, soit 3 mois après la réunion que l’on vient d’évoquer, le conseil d’administration de la Cave coopérative de Capendu n’a pas jugé utile, soit de manière écrite, soit en invitant à une réunion, d’informer les viticulteurs-coopérateurs concernés de ce qu’il a appris, s’autorisant ainsi à juger de ce qui était bon d’être dit à ces derniers ou pas.

Revenons à l’affaire, telle qu’elle est présentée.

Il faudrait une disposition légale pour établir la priorité, sur un quelconque autre acquéreur, des viticulteurs dont les vignes seraient prises par le parc d’attractions. Une disposition par ailleurs qui viendrait en concurrence avec la priorité dont bénéficient déjà les jeunes agriculteurs.

Il faudrait établir des règles pour que tous les viticulteurs puissent accéder aux achats sans que les uns pâtissent de la fortune des autres. Comment ? Etablira-t-on une liste des viticulteurs où ceux-ci seront ordonnés par un tirage au sort ?

Il faudrait que se libèrent à la vente, assez rapidement pour ne pas dire d’un coup, 200 à 250 hectares de vignes. Soyons concret : la superficie d’un village comme celui de Douzens est de 1491 hectares (village, routes, collines arides, terres cultivées,…), on peut raisonnablement estimer la superficie en vignes à 900 hectares (et encore !), autant dire que les 200 à 250 hectares correspondent sensiblement au quart. Va-t-il se libérer autant de terres en vigne ? Cela parait hautement improbable.

Ce n’est pas tout. On doit imaginer que les viticulteurs qui vont vendre leurs vignes à ceux qui les ont eues prises par le parc d’attractions ne sont pas des neuneus et, profitant de la concurrence (loi de l’offre ou de la demande) et de l’aubaine, entendront faire monter les prix ce qui aurait pour effet de réduire le pactole attendu par les autres. A moins que les prix ne soient fixés administrativement au regard de la situation, ce qui du coup relèverait d’une manière inédite dans un monde de concurrence libre.

Il reste encore d’autres problèmes en suspens.

  • Comment va-t-on mesurer l’impact que va subir par une propriété déstructurée ? Car il est fort possible que de l’amputation faite des propriétés ne se relèvent pas.
  • Comment va-t-on amortir des investissements avec une propriété moindre ? Sinon en mettant la clé sous la porte, ce qui revient à détruire des emplois et des emplois induits (1 pour 4).
  • Etc., etc.,…

Il reste encore à aborder un autre problème. Celui de la cave coopérative. Elle va être amputée d’une moindre vendange à hauteur des hectares pris par le parc d’attractions. Elle aussi a certainement fait des emprunts pour adapter l’outil qu’elle est, des emprunts basés sur certains volumes. Comment va-t-elle être indemnisée ? Finalement ne va-t-elle pas se retrouver en péril ?

Pharaon aurait été bien inspiré de penser qu’il est bon de penser avec les autres et non de penser pour et sans les autres. Est-il un entrepreneur ? Il faut en douter. Un entrepreneur est celui qui entreprend en sachant que c’est lui qui court les risques, et pas les autres.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 06:10

Evoquant la nécessité de l’eau, il était indiqué précédemment qu’il conviendra d’aller la chercher ailleurs. Cela nécessitera des travaux pour l’acheminer, en conséquence des parcelles endommagées hors du site du parc. Il faudra aussi acheminer l’électricité, pour cela, charger le paysage de pylônes porteurs de câbles électriques, à moins qu’on ne décide d’enterrer l’approvisionnement et, profitant de l’aubaine, les lignes téléphoniques avec, car on ne peut à la fois faire valoir un paysage magnifique et le dénaturer. Mais il faudra surtout acheminer le visiteur. Une société autoroutière, lit-on, construira une bretelle pour établir la liaison avec Catharland. Là, contrairement à une adduction d’eau qui se fait en sous-sol et redonne à l’agriculteur l’usage de sa terre, ce seront de nouvelles terres viticoles disparues, des villages enserrés dans une toile d’araignée routière.

S’il n’était que cela !

Il faut bien imaginer que les 3 millions de visiteurs prévus par hypothèse ne passeront pas sans laisser quelques déchets.

Il faudra bien une station d’épuration - qui ne semble pas figurer sur le plan - à moins que ne soient utilisées celles existantes des villages voisins, ce qui est fort peu probable, mais s’il en était ainsi : dans quelles conditions financières ? gratuitement ?

Prévoir aussi de collecter les ordures et les traiter. Où ? Comment ? Ira-t-on, profitant d’une combe, les enfouir comme à Lassac (1) en déclarant l’utilité publique.

Autant il est dit de la magnificence du projet autant sont oubliés ces petits à côté dont on ne peut pourtant faire l’impasse.

Intègrent-ils les nuisances ces richissimes actionnaires, dont on nous dit qu’ils « pourraient connaître un retour sur investissement en huit ans », où prévoient-ils de les laisser à notre charge de contribuables ? Cela a-t-il été abordé ? Peut-on en savoir quelque chose?

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  1. - http://www.lindependant.fr/2013/11/07/aude-la-decharge-de-lassac-est-d-utilite-publique,1809403.php
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 08:25

Le projet de pharaon nécessitera beaucoup d’eau. Beaucoup.

3 000 000 de touristes qui tirent la chasse d’eau, même si quelques uns se retiennent ou utilisent l’abri du cep voisin comme toilettes sèches - ce qui a l’avantage de fumer la vigne en bio et de parfumer l’AOP - ce n’est pas une paille. A raison de 9 litres - cas de vespasiennes et autres commodités économes -, ça fait pas mal ! Sans compter les douches, les machines à laver la vaisselle, le linge …. sans compter 2 hôtels à alimenter, un golf (peut-être 2) à asperger, deux aqua-centers à remplir, de la verdure à arroser, un village de vacances de 500 logements à pourvoir de ce bien que l’on sait si précieux,…

Oui ! Toutes des choses sont gourmandes en eau.

L’eau est si rare ici qu’il arrive, en été, qu’il est interdit d’arroser le jardin, quelquefois même elle est ‘coupée’ à la consommation ménagère. L’eau fait tant défaut que l’arrosage de la vigne est soumis à autorisation car, selon le jargon officiel, cette ‘ressource n’est pas sécurisée’ (en clair : n’est pas assez abondante pour que nous soyons assurés qu’elle puisse être toujours fournie) et la commune de Capendu, située en amont du projet du fleuve, est concernée par la zone de répartition des eaux (ZRE) (en clair : comme il n’y a pas assez d’eau il faut en répartir la distribution entre les uns et les autres des villages, et en amont et en aval). Cette situation, soulignons le, vaut aujourd’hui, au moment où le projet de pharaon n’est encore sorti du sol. Qu’en sera-t-il demain ?

Où prendra-t-on l’eau, alors ?

Nous sommes dans un des rares coins du département où elle est absente en sous-sol. Point de nappes phréatiques ici - parole de puisatier moderne qui dit, si vous l’interrogez comme je l’ai fait, la faisabilité de forer avec succès ou non car il a la connaissance de la structure du sol et de l’organisation des couches géologiques.

Non loin, il y a le fleuve Aude, talentueux en hiver, cependant que l’été il autorise qu’on le traverse en maints endroits à pieds nus. Demandera-t-on aux touristes de différer leur visite à la saison froide et venteuse, cependant pas toujours pluvieuse ?

Il faudra donc importer l’eau d’un lieu lointain dont nul n’a parlé comme s’il n’était pas là une contrainte réelle. D’où viendra-t-elle ? Il faut répéter la question. Nul ne sait. Mais il faudra de l’eau. C’est sûr.

Tout roule sur le papier, mais l’eau ne coule pas ici.

Faut-il rappeler que la sècheresse, cette année encore, a frappé durement la vigne au point que la production en a été gravement affectée. Faut-il dire que des études indiquent qu’il va y avoir un déplacement des zones viticoles vers le nord le climat devenant de plus en plus chaud et sec ? Faut-il ajouter que l’eau n’est pas une ressource inépuisable ?

Et si nous savons que l’eau à la consommation de la commune de Douzens est puisée pour une part au fleuve Aude en son passage sur la commune de Capendu, devrons nous souffrir de moins d’eau encore du fait de Catharland. A moins que la commune envisage, quittant la régie municipale, s’accoquinant avec le parc d’attractions, de s’en remettre aux serres d’une quelconque compagnie des eaux qui facturera l’eau à un prix…. je ne vous dis que ça !

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 07:25
  • Oyez ! Oyez ! manants, il ne vous en coûtera rien.
  • Mais notre bon maître, cher ELU, l’affaire Orta qui nous a été narrée et dont nous avons également conservé le souvenir.
  • Croyez-en moa et suivez-moi.

A cet instant on imagine Kaa qui fixe les yeux des petits moowgli que nous sommes : « Ayez confiance. Croyezzz’en moi » (mettez sans plus tarder le lien 1 et continuez la lecture, c’est plus fun).

  • Bon ! On ne paiera rien, nous assurez-vous. Qui alors ? Qui paiera les 516 millions dont vous nous parlez ?

Là encore, admirez la précision de la somme annoncée. Pas 500. Pas 550. 516. Ailleurs, faut être juste, on parle tout de même d’estimation. Nous nous estimerons heureux si ce n’est pas gouffre qu’on nous propose, beaucoup moins cependant que l’ELU qui a su trouver 516 millions pour un projet pompe à fric quand le département n’a la possibilité d’engager que….. 50 millions l’an pour assurer son avenir.

  • Mais si ça dépasse ? s’obstine un moowgli. On a déjà vu ça lors de la construction de structures olympiques, de ….
  • 516 millions. Comment faut-il vous le dire, coupe l’ELU. Revenons à nos moutons mes agneaux. Paierons, je consulte mes notes, paierons, paierons, voilà j’y suis. Paierons ‘des investisseurs privés émiratis, mais aussi suisses, autrichiens, sud-africains, anglais et des fonds souverains’.
  • La souveraine de Grande-Bretagne aussi va investir ?
  • Quel est l’idiot qui parle dit l’ELU ? Des fonds souverains sont des investissements faits par des états. C’est une garantie ça, n’est-ce pas ? tonne-t-il.

Un moowgli qui dormait et qui s’est réveillé, et qui a lu le quotidien les Echos (2), qui appartient au groupe LVMH, qui trainait à sa place dans le caniveau dit : « Un fond souverain est le plus souvent alimenté par des recettes provenant de revenus de matières premières (pétrole, ...), investi dans une logique normalement financière à fin de procurer des ressources à cet Etat une fois que la matière première en question aura été épuisée. Le caractère opaque de certains de ces fonds fait parfois craindre qu'ils n'aient pas des objectifs purement financiers mais qu'ils soient le bras armé d'Etats souvent peu démocratiques pour contrôler directement ou indirectement des entreprises du monde occidental. On peut ainsi citer Temasek de Singapour ou Adia (Abu-Dhabi Investment Autority) ».

  • Silence ! dit l’ELU. Ayez confiance, croyezzz en moi et suivez-moi.
  • Y aura des fonds de pension ? demande, décidément insupportable, un autre moowgli.
  • Naturellement y aura des fonds de pensions, répond l’ELU. Pourquoi il n’y en aurait pas ? Hein ! Pourquoi ?
  • Ces trucs qui achètent une entreprise et qui se barrent lorsqu’ils l’ont saignée et qu’il n’y a plus de fric à faire, demande un 5ième moowgli et qui exigent des intérêts de plus en plus élevés et qui font que nous sommes chômeurs pour être embauchés à Catharland.
  • SILENCE ! la cour des miracles, éclate l’ELU furieux de tant d’impertinence puisée au puits de l’esprit critique.
  • Y aura des fonds de pension de chez la mère Merkel, paraît qu’il y a plus rien à tirer de la Grèce, que les poches des grecs sont aussi arides que le sol de leur pays ?
  • Puisque je vous dis que l’affaire est juteuse. Juteuse ! Tiens, toi qui a lu Les Echos, tu as lu cet autre journal dans lequel il est écrit ceci : « les richissimes actionnaires pourraient connaître un retour sur investissement en huit ans. Difficile de faire mieux ». Qu’est-ce que t’en dis ?

Oui, qu’est-ce que vous en dites ? Qu’on nous prend pour des truffes ? Peut-être ou certainement ?

Tout le monde est parti. Un dernier moowgli est resté sur la place déserte sur laquelle virevolte un papier qui ne sait où aller. Il pense. Il pense à cet aéroport Espagnol de Ciudad Réal (3), flambant neuf, un grand projet là aussi. Il pense au pays et à la friche industrielle qui peut sortir de terre sur 250 hectares. Il pense que, plus tard, on visitera cette ruine comme on visite les ruines des châteaux cathares et que c’est là un investissement heureux à long terme qu’il nous propose notre bon baron.

Et derrière ce dernier moowgli il s’en trouve un autre caché et qui lui aussi médite. Il médite à ceci : il est des professions où les individus sont responsables sur leurs deniers personnels des opérations qu’ils engagent, pourquoi n’en serait-il pas de même avec les élus, l’ELU, lorsqu’ils n’ont pas consulté les citoyens et reçu d’eux approbation ? Pourquoi serions nous condamnés à essuyer les plâtres de projets alléchants d’apparence et qui ne visent qu’a assurer la promotion médiatique de ceux qui les formulent ? Et lui aussi pense qu’il est des assemblées citoyennes que l’ELU pourrait s’attacher à faire vivre ; et que c’est là véritablement démocratie.

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  1. https://www.youtube.com/watch?v=ismB8IKsqmk
  2. http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_fonds-souverain.html
  3. http://espagne.blog.lemonde.fr/2012/09/04/laeroport-fantome-de-ciudad-real-decor-de-cinema-pour-almodovar/
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 06:15

La zone de chalandise prévue pour ce parc d’attractions de 200 à 250 hectares est inscrite dans un triangle dont les sommets sont Toulouse, Barcelone, Montpellier. Certes l’Espagne est proche, mais observons que les espagnols ne sont pas dans la situation et n’ont pas l’humeur à se balader du fait du chômage.

Par comparaison, la zone de chalandise de Disneyland est Paris et l’agglomération alentour (largement plus conséquente que celle du parc d’attractions qui nous occupe), la Belgique ainsi que l’Allemagne (2 pays proches du fait du TGV), et pourtant, rien ne va plus financièrement (1) (2).

Bien sûr, il y a Carcassonne et la Cité dont le nombre de visiteurs comptés ont été en 2012 (3) de 2 005 7500 visiteurs. Que cette proximité vienne ajouter à la crédibilité (à la faisabilité comme on dit) du projet, pourquoi pas. Mais qu’on envisage 3 000 000 de visiteurs (plus que pour la Cité connue dans le monde entier) pour ce temple de la consommation et que, de cette fréquentation supposée, Catharland se hisse au 9ième rang des sites touristiques européens les plus fréquentés comme il est dit, laisse dubitatif. Nous prendrait-on pour des gogos ? Car enfin ! Il y a en France 6 sites (4) avec plus de 3 millions de visiteurs, ce qui laisse entendre qu’il n’y a pas grand-chose à visiter dans le reste de l’Europe. Faut être sérieux !

Il existe une ‘loi’ économique qui veut que sur un marché 2 marchands, qui vendent le même produit et qui se tiennent côte à côte, ont leurs ventes qui augmentent. On comprendra que ceci vaut parce que plus de clients achètent et non parce qu’un même client s’autorise à acheter et à l’un et à l’autre ; le porte-monnaie n’est pas une planche à billets. Ainsi le parc d’attractions et la Cité se trouveront en concurrence, ce que gagnera l’un l’autre le perdra. Rien n’est simple, sinon sur le papier.

Le parc de Disneyland (1ier site européen), après être parti sur les chapeaux de roues avec 11 millions de visiteurs, se retrouve aujourd’hui avec une fréquentation de 9 millions ; ce qui est insuffisant pour assurer sa pérennité. Et c’est bien là un os pour Catharland (on en découvre d’autres au fur et à mesure de la réflexion) car il y a for à parier que, comme pour Disneyland, l’engouement passé, rien n’ira plus, et qu’il en sera comme pour ce dernier parc qui, après 1994 et 2004, acte en 2015 un 3ième plan de recapitalisation a hauteur de 1 milliard d’euros. Et qui passera à la caisse dans une telle situation, vous l’êtes vous demandé ? Nous, mes chéri(e)s. Comme pour l’affaire Orta. Alors, que celle-ci qu’il vous soit contée.

Là encore les études appropriées (elles sont toujours appropriées) avaient été faites pour vérifier la faisabilité du projet. En 1986, le sieur Chésa, alors seigneur de Carcassonne, avait également conduit projet de semblable nature et tout autant en catimini que l’ELU. Il s’agissait de ‘la construction, au pied de la Cité de Carcassonne, d’un centre international de séjour. Un investissement haut de gamme avec amphithéâtre, salles d’exposition, restaurant, sauna, bowling’ (5). Les carcassonnais en ont conservé la mémoire à vif, le porte-monnaie vide, et la ville de Carcassonne en a été ruinée pour longtemps. Naturellement, c’était là affaire d’escroc qui fut embastillé, mais lorsqu’on veut péter plus haut que son c.. il faut craindre la puanteur à portée du nez.

Certains font valoir les réussites du Futuroscope à Poitiers et du Puy du Fou en Vendée, sans dire qu’elles furent œuvres de longue haleine, qu’elles commencèrent petit pour s’agrandir au fil du succès. Rien de comparable ici. Ici notre césar local voit grand, très grand, d’un coup. Il nous faut donc méditer l’expression : « Avoir les yeux plus gros que le ventre », sachant ceci : c’est nous, les contribuables, qui risquons d’avoir mal au ventre.

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  1. - http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0203834350046-euro-disney-ses-hauts-et-ses-bas-1050447.php
  2. http://www.lesechos.fr/industrie-services/dossiers/0203834350046/0203837753203-puits-sans-fond-euro-disney-doit-etre-recapitalise-1050819.php
  3. http://pro.audetourisme.com/fr/observatoire/documents/enquete-sites-majeurs-2012-synthese.pdf
  4. http://regionfrance.com/top-30-des-sites-touristiques-francais
  5. http://www.lexpress.fr/informations/l-affaire-orta_658658.html
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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 07:56
  • Oyez ! Oyez ! braves gens : 1010 emplois à temps plein …

Diantre ! quelle précision pour une affaire qui se réalisera (ou pas) dans 2 ou 3 ans, à moins que ce ne soit 4 (ou plus).

  • …1000 autres saisonniers, …

Là, les estimations varient, parfois on lit 3 à 400, c’est selon que c’est cers ou vent marin.

  • … je lutte contre le chômage, continue l’ELU.
  • Nous assurez-vous de cela ?
  • Oui ! s’agace celui qui s’apprête à transmuter le chômage en emploi comme cet autre célèbre l’a fait de l’eau pour du vin.

Au loin, on entend les trompettes monter en puissance - comme dans la saeta de Miles Davis(1) - pour venir abattre de la puissance de leur souffle le mur du chômage, et tandis qu’il est des gueux pour tenter de toucher (au risque de la déchirer) la liquette de l’ELU avant qu’elle ne repose dans quelques siècles au fond d’un reliquaire, il en est d’autres pour se gargariser d’un psalmodique et lancinant : ‘Ce qu’il est bon notre bon maître, ce qu’il est bon’.

  • Ce n’est pas Jéricho mais le miracle est proche, oracle l’ELU.

Les promesses ont vocation à emporter l’adhésion, cependant qu’elles « n’engagent que ceux qui les écoutent », selon la phrase célèbre d’H. Queuille, Président du Conseil de la 3ième République, reprise plus tard par Charles Pasqua et Jacques Chirac - 2 références en matière de promesses, et tant d’autres à la suite comme François Hollande qui en a fait son substrat de gouvernement, et sont de la même veine que « Demain on rase gratis ».

Tout ça, pourquoi ? Pour emporter des élections ? Se faire mousser ?

On racontait jadis au village l’histoire de cet électeur qui se vit proposer une voiture s’il votait ainsi qu’il lui était demandé et qui se vit offrir, les élections passées, une 2CV miniature pour mettre sur l’étagère de ses amertumes. Nul ne peut affirmer que la promesse ne fut pas respectée, mais était-ce bien ce que l’électeur avait espéré ?

A Castelnaudary, un parc, celui-ci d’activités, devait proposer selon saint Frêche et son apôtre local Maugard, sur 130 hectares de bonne terre arable, 1500 emplois et faire de cette ville et de son bassin d’emploi un pays de cocagne. Qu’en est-il ? Des commerces qui ferment faute de clients argentés. Entre 2008 et 2013 le taux de chômage de la ville (2) est passé de 7,8% à 10,8%, l’émergence du parc d’activité se situant entre ces mêmes dates et sans infléchir la courbe des laissés pour compte.

Mais l’ELU nous dit, concernant Catharland, que cela va fournir des emplois aux manants de feue la communauté de communes de Piemont d’Alaric, des emplois induits aussi, et davantage encore : des emplois pour le département ; peut-être ira-t-il chercher du côté de Quirbajou, s’il reste encore 1 habitant, pour approvisionner le miracle promis.

Peut-on raisonnablement en vouloir aux chômeurs du département de l’Aude rendu à être l’un des plus pauvres de France - le 2ème le plus pauvre dit l’ELU, préférant cette formule à avant dernier- et conduit à cette extrémité tragique par la nomenklatura solférinienne locale, d’espérer ? Bien sûr que non ! Mais qu’ils soient vigilants et d’ores et déjà demandent des précisions sur ce projet dit pharaonique et aux contours nébuleux afin de ne pas être les dindons de la farce.

Parlons donc de ce département, jadis un des plus riche de France, et faisons ce constat : il est mort économiquement de l’incurie des barons solfériniens locaux. Formica, Myris, Salsigne,…. autant de sites industriels perdus, autant d’emplois passés à la trappe, autant de savoir-faire partis à vau-vent.

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(1) - https://www.youtube.com/watch?v=0qi1hSK5NWo

(2) - http://www.ville-data.com/chomage/Castelnaudary-11-11076

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 05:08

On cherchera vainement dans ce projet une once d’exercice démocratique. Mené dans le plus grand secret et la tradition féodale, il est né dans la tête d’un élu, premier édile, pour être présenté aux populations subitement informées qu’il y allait avoir, tout près de chez elles, un parc cathare, cathare pour la couleur locale, cathare pour le marketing.

Les populations concernées en voulaient-elles ? Peut-être ou peut-être pas. Le fait est qu’il ne leur a été rien demandé. Le Prince, ici le baron, a décidé. Allez ! manants, je sais ce qui est bon pour vous mes sujets. Pareillement parlait jadis le père à son enfant. Mais là, ce ne sont point des enfants, il faut en convenir, mais des adultes, qui plus est des citoyens, tenus pour des demeurés.

Ainsi advient-il ce qu’on voyait poindre et dénonçait, des décisions prises sans concertation. Imposées du fait du baron comme il est le fait du Prince. Sorti d’un esprit lumineux comme Athéna sortit du crâne de Zeus, nous voici avec Catharland. Et après ça on voudrait nous faire croire que les citoyens on droit à la parole, droit de juger de ce qui est bon pour eux ou pas. On voudrait nous donner à penser que le pouvoir est au peuple quand ce dernier est tenu à l’écart. C’est ici qu’on mesure toute l’illusion démocratique qu’est la réforme territoriale qui accorde aux élus de si larges pouvoirs qu’il n’est plus besoin de se concerter avec les citoyens et de leur demander approbation ou pas.

Le baron solférinien local, que nous allons appeler l’ELU, a de qui tenir, il statue comme le font Hollande, Valls et Macron, comme le fait l’oligarchie politique européenne, car pas plus qu’il ne peut y avoir, selon Juncker, « de choix démocratique contre les traités européens », il ne peut y avoir de choix démocratique contre le désir de l’ELU. Passez votre chemin. On l’inviterait bien à aller voir comment les choix s’établissent du côté de Marinaleda ; ce serait trop lui demander. Comme on l’inviterait bien à lire le Contrat social de Rousseau ou à chercher le passage de Tristes tropiques de Claude Lévi-Strauss dans lequel celui-ci relate que le chef est celui qui lie ensemble les autres et reçoit de ces derniers le consentement.

A quand la mise en œuvre du référendum révocatoire ?

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