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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 06:34

« Socialistes » de gouvernement et « socialistes » municipaux.

article paru le jeudi, 07 Novembre 2013 sur le site du Parti de Gauche Aude

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« Faut-il faire le distinguo entre socialistes au gouvernement et dans les municipalités ? ». C’est à cette question que répond Gérard Mordillat dans l’article (1) démonstratif qu’il publie dans l’Humanité et reproduit ci-dessous. C’est à cette question qu’il a déjà été répondu sur ce site en appelant à « l’autonomie conquérante » afin d’éviter le « piège » dont parle Mordillat car « nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur silence -de fait-, font perdurer une politique ouvertement de droite, antisociale et sécuritaire ». « Silence » pas si silencieux qu’il est dit car il suffit pour cela d’observer que les députés-maires « socialistes » votent sans sourciller les projets du gouvernement ou lire ceux qui n’ayant pas la possibilité de s’exprimer à l’Assemblée nationale, déclarent sans retenue : « Et ceci ne permet en aucun cas à quiconque de me placer dans les personnes mécontentes de l’action globale du gouvernement de notre président François Hollande ».

(1) http://www.humanite.fr/tribunes/la-gauche-de-droite-est-au-pouvoir-par-gerard-mord-552611

Exergue

***

Faut-il faire le distinguo entre socialistes au gouvernement et dans les municipalités ?

La gauche de droite est au pouvoir, par Gérard Mordillat

C’est une constatation cruelle mais c’est une constatation nécécessaire : il y a désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte plus le nom de socialiste que par paresse.

Monsieur Valls suggérait d’ailleurs d’en changer, conscient que le terme « socialiste » est désormais vide de sens pour lui et ses semblables, comme le terme « gaulliste » l’est pour messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et consorts. Par ailleurs, à propos des socialistes, il est devenu banal de parler de « la gauche de droite », ce qui oblige les commentateurs à distinguer certaines déclarations individuelles émanant de « socialistes de gauche ». Il y aurait donc des socialistes qui récusent le nom même de socialistes – des hommes de droite déguisés en hommes de gauche, si l’on préfère – et des socialistes qui, contre la majorité de leur propre parti, tentent de ne pas solder l’héritage de Jaurès.

C’est dire combien la confusion gouverne. Aux élections municipales qui s’annoncent, cette confusion risque d’augmenter encore puisque, à Paris en tout cas, le PCF a décidé de faire liste commune dès le premier tour avec le PS. Mais avec quel PS?

Celui dont les membres siègent au gouvernement ou avec quelques irréductibles pour qui le « socialisme », selon Jaurès, travaille « à la réalisation de l’humanité ». Une humanité qui « n’existe point encore ou existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise, comme brisée, par l’antagonisme de classe, par l’inévitable lutte d’une oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité ».

À l’aune de ces paroles et de ses actes, est-ce que M. Hollande est socialiste? Est-ce que M. Moscovici l’est? Et M. Valls? Et M. Strauss-Kahn? Et M. Sapin ? Et M. Cahuzac, qui récusait la lutte des classes ? Et M. Lamy ? Et tous ces ministres si empressés de parader à l’université d’été du Medef et préférant se faire porter pâles lorsqu’il s’agit d’arpenter les allées de la Fête de l’Huma ? Et… et… et… etc.

On ne peut pas, bien sûr, mettre tous les socialistes dans le même sac Vuitton. Sur le plan municipal, il est incontestable que des élus socialistes œuvrent sans réserve à améliorer le sort de leurs concitoyens, à tenter de leur rendre la vie plus facile, à développer les activités artistiques et culturelles, etc. Je pense notamment aux actions menées dans les 11e et 20e arrondissements. Il n’y a pas de discussion, ces socialistes-là font ce qu’ils peuvent et, même, font en partie ce qu’il faut et pourraient même faire plus en ce qui concerne le logement, mais ils agissent. Maintenant, si on s’intéresse aux membres « socialistes » du gouvernement, le bilan est tout autre. La liste des reniements, manquements, trahisons est si longue qu’il serait fastidieux de la détailler. Juste pour mémoire : la signature du traité Merkozy, la séparation de façade entre les banques de dépôt et les banques d’affaires, l’absence d’un relèvement significatif du Smic, l’abandon de la lutte historique de la classe ouvrière pour la diminution du temps de travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la ruine confirmée de l’hôpital public, l’absence de loi pour empêcher les licenciements de confort financier, le choix du capital contre le travail, Florange, PSA, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine !

Le piège est là.

Si nous votons pour le socialisme « municipal » et que, par miracle, le parti à la rose évite ainsi la déroute annoncée, le gouvernement y verra l’adhésion des citoyens à sa politique ; au contraire, si c’est la Berezina, les mêmes socialistes « de gouvernement » déclareront que ce vote est sans signification, sinon purement local, et continueront de mener leur insupportable politique. Dans un cas comme dans l’autre, l’électeur sera volé de son vote, comme il l’a été après le référendum à propos du traité constitutionnel rejeté par une très large majorité de Français (y compris une majorité de militants socialistes) et repassé au Parlement dans les mêmes termes sous le nom de traité de Lisbonne, avec l’appui massif des élus socialistes. Un déni de démocratie que « toute l’eau de la mer ne saurait effacer», aurait dit Lautréamont.

Mais tout cela serait sans importance.

L’urgence serait de faire barrage au Front national, aux prochaines élections municipales et européennes, de voter utile. Et déjà, le chœur des « socialistes » de gouvernement entonne le grand air de la nécessité, qui fait loi. Mais dans le même temps, quand les citoyens ne votent pas selon le désir des « socialistes » de gouvernement, leur vote est méprisé, annulé ; mais, dans le même temps, M. Valls tient des propos et mène une action en parfait accord avec les idées de madame Le Pen, de Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres, y ajoutant l’hypocrisie d’expulser, de persécuter au nom de « l’humanité ».

Avant de voter, si nous posons la question : qu’avons-nous de commun avec les « socialistes » du gouvernement ? La réponse est meurtrière : rien. Qu’ont-ils de commun avec messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et leurs amis ? La réponse est assassine: presque tout, hormis quelques nuances sur l’enseignement, la recherche et la justice. Ce qui les distingue ne sont que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns jouent à être de gauche, les autres à être de droite, mais tous chantent en chœur la rengaine thatchérienne « il n’y a pas d’alternative », sont les thuriféraires du capital, de la propriété privée. Personne ne peut avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même attitude, défendant à l’unisson le oui au référendum. Des jumeaux sortis du même œuf néolibéral, affichant la même morgue, le même mépris des citoyens, ces minables, ces rustres, dont le vote n’était organisé que pour amuser la galerie.

Dès lors, comment pourrions-nous, une fois encore, voter utile, faire confiance aux « socialistes » de gouvernement ?

Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur silence – de fait –, font perdurer une politique ouvertement de droite, antisociale et sécuritaire. Au nom de je ne sais quelle morale de circonstance, la confusion ne doit pas être entretenue, ne peut plus l’être. Elle n’est plus de mise. Aujourd’hui, les « socialistes » de gouvernement ne sont plus simplement des faux frères, ni des adversaires, mais des ennemis (de classe) que nous devons affronter, quoi qu’il en coûte. Un siège au conseil municipal de quelque ville que ce soit ne vaut pas d’abdiquer nos convictions, notre volonté de transformer le monde et de réaliser l’humanité que Jaurès appelait de ses vœux. C’est dire qu’il faut avoir le courage de rompre clairement avec ce « socialisme » en peau de lapin qui n’est que démagogie et mensonges. Cette rupture politique est salutaire même pour nos camarades socialistes, ces militants pris en tenaille entre l’affliction et l’indignation de ce qui se pratique aujourd’hui en France au nom du « socialisme ». Les positions sont claires : les « socialistes » de gouvernement sont désormais sans vergogne un parti de droite, à nous d’incarner la gauche en actes, de cesser d’être aimables et compréhensifs, et de nous dresser contre eux et leurs répliques de l’UMP-FN. Comme disait l’autre : le changement, c’est maintenant!

Gérard Mordillat (2)

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Mordillat

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 18:47

Il semblerait qu’il conviendrait d’être versé en science économique pour faire de la politique. Comme l’observation est récurrente, quasiment obsessionnelle, il faut y répondre.

Un tel postulat signifie que seuls les économistes seraient en mesure de faire de la politique. Partant de là, seuls les médecins pourraient devenir ministres de la santé, les enseignants ministres de l’éducation nationale,….

Ce serait oublier que le 1ier à avoir occupé le ministère à l’énergie atomique était un instituteur, Georges Guille, qui a fort bien dirigé son ministère en ne connaissant rien à l’énergie atomique, par contre il savait très bien la politique qu’il devait conduire et il a atteint les objectifs fixés.

Ce serait dire, de manière incidente, faisant le constat que le peuple ne connait rien de tout cela, qu’il n’a pas droit au chapitre. Voudrait-on le former qu’il ne pourrait l’être dans tous domaines et ainsi ne devrait-on lui accorder le droit à l’expression politique que pour ce qu’il connait. Question : lui fait-on passer un examen avec des UV ? Qui corrige l’examen ? Les économistes libéraux ? Marxistes ?

Ce serait négliger que l’expertise économique est diverse et souvent contradictoire. Qu’elle obéit à des présupposés dogmatiques, idéologiques (voir l’école de Chicago),…et qu’elle démontre ce qu’on lui demande de démontrer.

Il n’y aurait donc de politique possible que celle préconisée par les économistes. Oui, mais lesquels ? Et, en admettant qu’on ait réussi à faire le choix d’économistes pertinents, alors pour quelle raison le peuple continuerait-il à s’occuper de politique ? Qu’il fasse la sieste, il y trouvera bénéfice.

L’impertinence qui consiste à dire qu’il faut s’y connaître en matière économique est destituée par Raymond Barre à qui on demandait : pourquoi avez-vous conduit une politique monétaire et macro-économique ? et qui fit cette réponse : parce que c’était ma spécialité et que je ne connaissais que ça. Tout est dit.

Soyons sérieux. La politique n’est pas un produit dérivé de l’économie. La politique c’est l’art de faire des choix en fonction d’un projet philosophique. Et à cela le peuple sait y répondre, sans être diplômé. Il est à cet égard intéressant d’observer que de nombreux et anciens économistes étaient préalablement des philosophes, comme il est tout aussi intéressant de remarquer que de nombreux économistes du moment font des propositions à partir d’analyses sociologiques, anthropologiques, philosophiques,… C’est dire.

La science économique est un outil au service du politique.

Aussi pour mettre en œuvre une politique qu’on s’entoure et qu’on suive les conseils de ceux dont la profession est d’analyser les impacts économiques qu’une mesure va développer, qu’on modélise pour observer des phénomènes, c’est différent.

Parlons au ras des pâquerettes. Parlons de la gestion des municipalités. Là encore, il est faux de penser qu’on ne peut diriger une municipalité si on n’a pas connaissance de la manière dont se monte et se lit un budget, si on méconnait les principes financiers. Naturellement plus on en sait, mieux on se porte. Et il faut inviter les citoyens à savoir toujours plus. Mais il y a, dans une mairie, des personnes dont le métier est justement de préparer les comptes, d’observer les incidences de telle ou telle proposition politique. C’est ainsi que j’ai pu participer, d’autres avec moi, à une journée de formation à la gestion d’une municipalité, journée animée par un « technicien » en présence de son maire. C’était concluant. Mais il est vrai qu’un maire doit savoir s’entourer et être en éveil plutôt qu’assoupi.

De fait pas la peine de se prendre le choux avec des difficultés qui trouveront la solution. Pas la peine, pour le militant, de se mettre en position de savoir tout sur tout. Mais la peine vaut qu’on se décarcasse pour conquérir les municipalités. Et, comme chacun l’a déjà entendu : « Le chemin se fait en marchant ».

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 18:56

publié sur le site PG11

L’argument qui veut que les élections locales n’ont rien à voir avec la politique nationale a fait long feu. C’est à cette vérité que sont arrivés dernièrement les militants carcassonnais du PCF qui se sont prononcés à une écrasante majorité, voisinant les 80%, pour participer aux élections municipales sous la bannière Front de gauche.

Après Narbonne, Carcassonne, nul doute que dans d’autres villes audoises ce choix indispensable et impératif sera fait dans l’intérêt des populations.

Les conseils municipaux solférinien ne sont pas crédibles. Leur incapacité à résister aux politiques nationales austéritaires est liée à leur allégeance aux idées libérales et au gouvernement qu’ils soutiennent sans faille ; ce qui les conduit à faire semblant de déplorer ici des conditions dont ils sont responsables ailleurs (surtout lorsqu’il y a des députés-maires).

Majoritaires depuis trop longtemps, on leur doit d’avoir fait du département de l’Aude un des plus pauvres de France.

Il faut donc les dégager, permettre au peuple de reprendre la main pour établir un modèle de progrès en rupture avec le système capitaliste. Ce projet de société est basé sur la solidarité, l'égalité, la justice et sur l'écosocialisme qui prend en compte les besoins humains et les limites de la planète.

C’est pour cette raison qu’aux composantes du Front de gauche doivent venir se joindre d’autres forces telles qu’EE-LV, des élus et des militants du PS qui ne se reconnaissent plus dans la politique conduite par leur parti, et d'autres s'ils le veulent. Cela permettra de rebattre les cartes et de recomposer la géographie politique du département qui en a bien besoin, d’offrir une autre perspective que celle de la misère et de l’austérité que ne cessent de servir libéraux et consort.

Ayant sorti, dans les villes, les maires solfériniens et laissé ceux de l’UMP au grenier, ceux-ci ne pourront se prévaloir de leur position de 1ier magistrat pour briguer plus tard la députation. Ainsi sera plus aisément entamé, là aussi, le remodelage du paysage politique national qui ne peut être éternellement cette alternance PS-UMP qui laisse sans choix et sans avenir et à laquelle le peuple est contraint.

Dans la foulée, les barons ayant perdu dans les villes leur position et leur capacité de nuisance clientéliste, des municipalités villageoises basculeront naturellement.

Toujours par ricochet, les élections européennes qui vont succéder aux municipales peuvent être de plus grande espérance pour le Front de gauche et ses alliés.

Ces élections municipales, on le voit, sont de plus grande conséquence qu’il y parait. Elles peuvent être le début d’une autre ère politique à tous les niveaux : local, départemental, national, voire européen.

Il s’agit donc, en s’attaquant à la base communale, de détruire les fondations et de décomposer le Parti solférinien et son alter égo : l’UMP, responsables des politiques austéritaires Sarkollande.

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