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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 04:09

L’euro, que faire ?

Sortir de l’euro sans attendre que tous les pays soient prêts, sinon on attendra longtemps ce qui n’arrivera jamais.

Sortir par la gauche sinon….. sortie par la droite identiaire.

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https://grecefranceresistance.wordpress.com/2016/06/28/video-frederic-lordon-leuro-que-faire/

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 20:12

Déjà le titre : ‘La preuve de la réversibilité démocratique’. Rien ! Rien n’est gravé dans le marbre. Si nous voulons, Podemos ; si ce n’est aujourd’hui, demain, mais il vaudrait mieux que ce soit aujourd’hui ; enfin je veux dire aux élections présidentielles : que se vayan todos. Fuera ! Qu’ils dégagent. Ou plutôt qu’on les dégage, car ils ne partiront pas de leur propre gré, si ce n’est avec un bon coup de pied au cul.

L’article ci-dessous fait écho à quelques lignes écrites dernièrement. Tout le monde parle de l’Europe, sauf que chacun a son Europe (quand il en a une). Il faut la définir, puis prendre le temps de la proposer si on veut être entendu des citoyens. Car il ne suffit pas de s’opposer à celle qui est en place et de la critiquer.

Si je dis que je ne suis pas prêt à perdre la laïcité, les services publics, la retraite par répartition, la sécurité sociale à la française, un service d’éducation nationale et non marchandisé, le triptyque : liberté - égalité - fraternité qui me définit, pas prêt de perdre la démocratie comme la République que je veux sociale, …. et si je suis assuré que dans chaque pays chacun tient à ce qui lui est constitutif (constituant ?), on voit bien que l’Europe qui se dessine n’est pas celle de la finance, pas celle des oligarques, pas celle de la technocratie, pas celle de la retraite par capitalisation (système que certains pays ont adopté),…. mais aussi pas tout à fait celle du pays voisin. Alors ? Alors l’Europe qui reste est celle des peuples, en imaginant que l’intégration se fera progressivement, dans le temps long, par le mieux disant (et non le moins), en disant que l’intégration se fera par la seule volonté et la lutte des peuples.

Il nous faut parler de l’Europe, mais de la nôtre pour la donner à connaître. Et non en parler par défaut, par contraste avec la ‘leur’. C’est insuffisant. On n’exite pas (assez) dans la seule opposition.

Exergue.

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Source : http://www.ufal.org/divers/le-brexit-ou-la-preuve-de-la-reversibilite-democratique/?utm_source=mailup&utm_medium=courriel&utm_campaign=flash

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Le Brexit ou la preuve de la réversibilité démocratique

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Par Olivier Nobile le 28 juin 2016 Divers

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Le peuple du Royaume-Uni a décidé de voter à 52 % pour une sortie de l’Union Européenne lors du référendum sur le Brexit qui s’est tenu le 22 juin 2016. Ce résultat constitue sans aucun doute un événement majeur en Europe dont on peine à envisager réellement les conséquences. Le vote pro-leave fait évidemment l’objet d’un intense traitement politico-médiatique qui vise essentiellement à disqualifier le vote du peuple britannique, à recenser toutes les mauvaises raisons qui ont poussé les électeurs à choisir le camp du Brexit et à effrayer les citoyens de l’UE sur les conséquences désastreuses du départ du Royaume-Uni en matière de croissance. Cependant, ce scrutin nous rappelle avec force que la délibération démocratique demeure et que le peuple est encore dépositaire d’un droit souverain absolu, celui de remettre en cause des choix politiques et des institutions qui nous étaient présentées comme supra-démocratiques, indépassables et inscrites dans l’ordre naturel des choses et de l’histoire. Le vote britannique, quels qu’en soient les ressorts bons ou mauvais, rappelle à nos élites européennes que le peuple peut avoir le dernier mot et qu’aucun choix politique fût-il inscrit dans un ordre supra-national n’est irréversible. Ce dont le peuple français avait commencé à douter suite au référendum de 2005 sur le TCE, puisque chacun sait que le rejet massif du traité à 55 % par le peuple français s’était traduit … par son adoption parlementaire peu de temps après.

La construction européenne, cette prétendue marche en avant des peuples vers la paix et la prospérité, demeure le dernier rempart mythologique de l’oligarchie capitaliste pour justifier l’abandon de tout projet politique et surtout démocratique. L’UE apparaît au grand jour comme une chimère qui dévoie le mythe de l’amitié entre les peuples et du rejet du nationalisme guerrier pour imposer un modèle anti-démocratique qui a eu pour conséquence d’exacerber les tensions entre les peuples et de renforcer les nationalismes. Depuis 1957 et le traité de Rome jusqu’au traité de Lisbonne de 2008, le projet européen de l’UE se résume en un vaste plan néo-libéral de dérégulation/libéralisation économique assorti d’une privation démocratique des États et des peuples. Que nous a apporté l’UE concrètement, à nous, peuples européens ? La libre circulation des marchandises et des capitaux, l’ouverture à la concurrence et le démantèlement de tous les secteurs stratégiques des États (énergie, santé, transports, éducation …), un modèle agricole productiviste destructeur des écosystèmes et de la santé, et surtout une mise en concurrence exacerbée des travailleurs sur la base des normes sociales les plus faibles (du travail de nuit des femmes à la directive service sur les travailleurs détachés qui assèchent les protections sociales fondées sur le Droit des travailleurs). La mise en œuvre de la monnaie unique n’a fait que pousser le processus à son paroxysme en privant les peuples des leviers politiques essentiels sans lesquels la délibération démocratique ne peut qu’être factice : les budgets des Etats sont désormais mis sous pression austéritaire étouffante et soumis à l’aval de la commission européenne. Quant à la politique monétaire, elle est entre les mains d’une Banque Centrale Européenne indépendante de toute institution démocratique.

Ce prétendu projet européen est en réalité une mise en application méthodique et dogmatique des théories économiques néo-libérales accessibles in-extenso dans tous les manuels d’économie pour étudiants de deuxième année de science économique. Quant au projet démocratique de l’UE il se résume en un mot : néant. Le Parlement européen est une Assemblée impotente qui ne délibère que sur des aspects secondaires de la politique européenne et n’est même pas maître de son ordre du jour parlementaire. En revanche, la Commission européenne est devenue un super-gouvernement technocratique non-élu tirant sa légitimé de traités européens adoptés dans la plus grande opacité. Et Jean-Claude Junker, le Président de ladite commission, de préciser “qu’il ne [pourrait]y avoir de choix démocratique contre les traités européens”… CQFD.

La paix et la prospérité qui devaient être le corrélat de ce projet “européen” ne sont malheureusement pas au rendez-vous : partout en Europe les nationalismes d’extrême droite fleurissent et les tensions inter-étatiques atteignent des sommets, comme le prouve le dramatique épisode grec. Par ailleurs, les peuples européens sont inscrits dans de nombreux pays dans un processus de remise en cause des États-nations non pas en direction d’un modèle supranational européen mais au contraire dans le sens d’une revendication autonomiste à échelle régionale (Flandre, Catalogne, Écosse, Italie du Nord …). Le mythe de l’amitié entre les peuples et du dépassement des États bat de l’aile, tout le monde en conviendra. Que nous répondent les européolâtres de la classe politique ? Sans surprise que l’on n’est pas allé assez loin dans le projet européen et que l’Europe souffre du “trop d’Etat” pour paraphraser la saillie époustouflante d’Emmanuelle Cosse, ministre écologiste (?) du gouvernement Valls, à l’émission Des Paroles et des Actes. En d’autres termes, il conviendrait de parachever le dessein européen par un projet fédéraliste transformant les États membres en des circonscriptions administratives intermédiaires, juste au-dessus des Régions. Un think tank européen, l’Union des Fédéralistes Européen (UEF) en a même fait son cheval de bataille.

Ce projet porte un nom : la destruction des États, de leur culture historique, politique, linguistique, institutionnelle et sociale. Ce que ces pyromanes fédéralistes ignorent et feignent d’ignorer, c’est qu’aucune construction étatique ne s’est jamais réalisée en dehors d’un processus historique, long et complexe, souvent empreint d’une extrême violence (en particulier à l’encontre des particularismes locaux, religieux, linguistiques ou juridiques) et que ces constructions n’ont été possibles que parce qu’elles épousaient peu ou prou un ensemble homogène de groupes sociaux d’individus partageant un sentiment d’appartenance collective à une communauté. C’est le modèle de l’État-nation qui demeure le fondement historique des constructions étatiques en Europe. Il n’est certes pas indépassable et comporte des biais évidents, notamment celui d’avoir exacerbé historiquement les tensions guerrières entre peuples ou de s’être structuré autour d’appartenances traditionnelles ou religieuses. C’est vrai tant que l’on n’analyse pas le caractère fondamentalement universaliste, laïque et social du projet républicain qui a structuré la nation française et les institutions politiques et juridiques qui la représentent.

La question n’est pas tant de savoir si l’on est attaché au projet républicain français précisément parce que l’on est français que de se demander ce qu’il en resterait une fois enclenché un projet fédéraliste supra-national. Car oui, il n’est pas impossible que c’est le fait d’avoir fréquenté l’école française, de penser et parler en langue française, d’avoir vécu dans l’organisation spatiale, architecturale et territoriale de notre pays, d’avoir été ému aux larmes devant l’héroïsme des révolutionnaires de 1789, 1848 et 1870, des poilus de Verdun ou des résistants du Conseil National de la Résistance, ou d’avoir un rapport laïcisé par les institutions républicaines à la religion, qui soit à l’origine de mon attachement en tant qu’individu à mon pays et à son ancrage républicain, laïque et social. Aimer son pays ne signifie nullement détester ses voisins et ne pas respecter les ressorts de leur propre construction nationale. Voire même considérer avec respect que d’autres peuples en Europe se sont structurés en dehors du schéma républicain ontologique de la Nation française.

La question est en définitive de savoir si en tant que Français je suis prêt à sacrifier les institutions républicaines de mon pays, leur contenu universel, leur signification politique, leur fondement historique et le sang de ceux qui se sont battus pour les conquérir, au nom d’une construction européenne qui se réaliserait évidemment par la recherche du plus petit dénominateur commun. Tout simplement, car l’espace public européen n’existe pas et que le sentiment d’appartenance à une nation européenne n’est qu’illusoire. En effet, sur quelle base commune les fédéralistes entendraient-ils fonder leur structure supra-étatique :

  • Quel en serait le régime politique ? un modèle républicain centralisé, fédéral, confédéral ou un modèle de monarchie constitutionnelle ?
  • Sur quelle base linguistique : le français, l’allemand, l’espéranto ou plus certainement de l’anglais international, le global english, novlangue vernaculaire d’une pauvreté incroyable ?
  • Sur quel rapport au fait religieux ? la vision laïque à la française (sachant que le mot laïcité n’existe pas dans toutes les langues) ou plus certainement sur une approche concordataire et communautariste ?
  • Sur quelle base de régulation sociale des enjeux sociaux et économiques ? l’approche socialisée et collective autour d’institutions de Sécurité sociale et des services publics (qui n’existent qu’en France) ou plus probablement sur la base de régulations individuelles fondées sur l’épargne et les services d’intérêts collectifs potentiellement soumis à la concurrence ?
  • Sur quelle base militaire et géopolitique ? le non-alignement et l’indépendance vis-à-vis des États-Unis ou au contraire l’intégration dans l’OTAN ?
  • etc…

Sur tous ces sujets, il est évident que les tenants d’un modèle de République laïque et sociale en seraient pour leurs frais. Les européolâtres répondront avec une mauvaise foi consommée que la France n’a qu’à être plus incisive au sein de l’Europe et convaincre ses partenaires du bien-fondé de ses principes politiques et sociaux. C’est évidemment un enjeu mais c’est totalement impossible car c’est faire peu de cas de l’absence de lieux d’expression démocratique en Europe et le fait que les institutions européennes ne connaissent qu’un seul langage, celui du capitalisme transnational dérégulé. Il suffit pour s’en convaincre de se référer au contenu de tous les traités européens depuis 1957 qui, rappelons-le, ne sauraient être remis en cause par les délibérations démocratiques (dixit Junker)… Mais surtout, c’est nier l’hétérogénéité des constructions nationales européennes et le poids des traumas nationaux qui dans un ensemble à 27 pays rendent l’exercice des plus périlleux ; et cela aussi nous oblige à comprendre et respecter nos voisins. Les pays baltes, la Pologne ont par exemple une préoccupation géopolitique à l’endroit de la Russie liée à leur ancienne appartenance au bloc soviétique et ne peuvent envisager leur sécurité nationale en dehors de l’OTAN. L’Allemagne quant à elle a un rapport très particulier à la question monétaire, liée à l’idée (discutable) que l’hyper-inflation des années 30 a amené le nazisme. Lui imposer un modèle de soumission de la BCE au pouvoir politique lui serait insupportable et l’amènerait sûrement à quitter l’UE. Quant à imposer l’harmonisation fiscale aux paradis fiscaux que sont le Luxembourg ou l’Autriche, ou la notion de laïcité aux Italiens qui ont un rapport particulier à l’Eglise catholique…

Le référendum britannique doit donc nous amener à envisager la question internationale sur un mode étymologique : inter – national, c’est-à-dire entre les nations. Cela passe bien sûr par le dialogue, les coopérations militaires, économiques et industrielles, l’harmonisation des normes sociales, fiscales et environnementales, les échanges culturels, linguistiques, touristiques, universitaires, la coordination des politiques migratoires et de l’aide au développement etc… Cela implique de convaincre nos voisins et de diffuser nos principes à vocation universelle précisément pour sortir du carcan national mais pas à n’importe quel prix. Car cela implique qu’en cas de désaccord, les peuples aient le dernier mot et cela ne peut passer qu’en redonnant à ceux-ci les clés de leur souveraineté populaire : des institutions de délibération démocratique réelle, et des armes de politique économique (la question monétaire en particulier). Mais surtout un projet politique fondé sur les enjeux du 21ème siècle : la démocratie, la laïcité, l’écologie et le développement social. Ce qui implique évidemment de sortir, le cas échéant, de l’Union européenne pour mieux refonder la construction du projet européen sur un modèle de souveraineté populaire … Mais cela suppose également de comprendre que les institutions démocratiques ne peuvent réellement s’exprimer que dans un horizon spatial et politique borné, et que celui-ci ne peut passer outre les contours d’États reposant sur une adhésion collective des peuples aux principes qui le cimentent.

A l’Europe néo-libérale qui nous impose l’alternative composée, soit d’une acceptation de la libéralisation effrénée de l’économie et de la mise en concurrence des salariés européens, soit d’un retour aux solutions de repli national derrière les barbelés, il devient impérieux de faire entendre une voix discordante et littéralement alter-européenne. Un autre modèle d’Europe est possible dans lequel l’objectif poursuivi serait l’amélioration du niveau de vie des peuples et l’harmonisation des droits sociaux.

D’ailleurs, un modèle européen de cette nature existe déjà bel et bien ! J’invite le lecteur qui serait surpris par une telle assertion à s’intéresser au modèle social proposé par le Conseil de l’Europe dont le siège est à Strasbourg. Le Conseil de l’Europe, qui n’a rien à voir avec l’Union Européenne, et dont l’émanation la plus connue est la Cour Européenne des Droits de l’Homme, poursuit depuis 1947 un double objectif : faire avancer les droits de l’homme et améliorer les droits sociaux des populations de ses États Membres. Notons que le Conseil de l’Europe a édicté un Code Européen de Sécurité sociale qui constitue le premier acte d’harmonisation des droits sociaux en Europe. Le Conseil de l’Europe est le seul contrepoids international, avec l’Organisation Internationale de Travail, face à la déferlante des thèses néo-libérales du FMI et de la Banque Mondiale. En voici peut-être un beau, un très beau projet de construction européenne respectueux des peuples et de la démocratie…

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 06:24

‘ …. les gens ont l’air de croire que le vide de leur cerveau leur meuble les couilles’. Simone de Beauvoir, dans Les mandarins.

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Je ne sais pour quelle raison ces mots résonnent à la vue des corps tatoués des sportifs, à la vue des coiffures ébouriffées, figurant une crête, calamistrées, gominées, colorées, et de bien d’autres manières.

Je ne sais quoi penser de ces sportifs déguisés en gravures de mode, de ce donné à voir, de cette frime.

Quel vide cela cache-t-il ?

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Pas plus que je ne sais trop que penser de ceux qui, après avoir ‘télévisionné’ le tennis, s’ébaubissent présentement en avalant les uns après les autres les parties de football pour, dans pas si longtemps, se doper au Tour de France.

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Les millionnaires qui courent après le ballon rond glissent sur les genoux après avoir marqué le but devant la foule en liesse des pauvres. Chacun exulte dans le culte païen.

Du pain et des jeux….. ….pendant ce temps…..

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Ce n’est pas que qu’il ne faut pas aimer le tennis, la balle au pied, le vélo.

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‘La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie importante de la population. Or, en mettant l’accent sur les faits divers, en remplissant ce temps rare du vide, du rien ou du presque rien, on écarte des informations pertinentes que devrait posséder le citoyen pour exercer ses droits démocratiques’. Pierre Bourdieu, dans Sur la Télévision.

Mais, au fait, le citoyen désire-t-il vraiment, encore, exercer ses droits démocratiques dès lors qu’il est gavé du rien ou presque rien ?

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 06:45

L’autorité PROFESSIONNELLE de régulation de la publicité (ARPP) juge que la campagne de Médecins du Monde pourrait nuire aux intérêts des laboratoires pharmaceutiques.

Cela appelle plusieurs observations :

  • Cette autorité ne juge pas que cette campagne publicitaire puisse être bénéfique aux malades qui pourraient avoir accès à des traitements moins onéreux. Elle fait le choix du profit contre celui de l’intérêt humain.
  • L’argument est émis que les publicitaires craignent de ne plus bénéficier des sommes considérables données par les entreprises pharmaceutiques pour assurer la promotion de leurs produits. Foutaise ! Les entreprises pharmaceutiques ne peuvent se passer des agences de publicité. Aussi, répétons-le : les publicitaires font le choix de l’argent contre l’humain, le choix de leurs pairs et de quelques-uns contre celui du grand nombre.

Il est dit que … les entreprises ainsi mises en causes pourraient estimer qu’une telle campagne porte atteinte à leur image et leur cause un grave préjudice et décider d’agir en ce sens.”

Traduisons. De ce fait, ces entreprises pourraient ester en justice contre ceux qui dénoncent leurs agissements. Selon le même raisonnement, on imagine que le malfrat pourrait faire pareillement contre celui qui a dénoncé son vol au prétexte que de cette dénonciation il perd le fruit de son vol.

Par ailleurs cela n’est pas sans avertir sur le comportement de ces entreprises qui mettent au tribunal des états parce que ces derniers ont l’audace de changer de politique pour satisfaire l’intérêt général, changement de politique qui met à mal leurs intérêts privés.

Ci-dessous : un article paru dans les Inrocks, suivis de divers liens sur le sujet.

Exergue

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Source :

http://www.lesinrocks.com/2016/06/13/actualite/a-11845050/#.V16Mjg4T2S1.twitter

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Une campagne de Médecins du Monde censurée pour ne pas déplaire aux laboratoires pharmaceutiques

13/06/2016 | 09h35

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L’ONG Médecins du Monde aurait dû lancer une campagne choc, ce lundi 13 juin choc contre le prix de certains médicaments. Mais il n’en sera rien, elle a été “bloquée” par l’Autorité professionnelle de régulation de la publicité (ARPP) qui juge qu’elle pourrait nuire aux laboratoires pharmaceutiques.

Et si dans un futur très proche, les laboratoires pharmaceutiques n’avaient plus besoin de faire pression ou d’exercer un lobbying assidu pour éviter que l’on ne plonge le nez dans leurs bilans financiers ? Eh bien ce futur est peut-être encore plus proche qu’on le croit. L’ONG Médecins du Monde (MDM) aurait dû, en théorie, lancer une grande campagne d’affichage, ce lundi 13 juin, pour dénoncer le prix prohibitifs de certains médicaments contre des maladies comme l’hépatite C, le mélanome ou la leucémie. Une campagne “choc” comme l’ont signalé plusieurs médias lundi matin.

Mais il n’en sera rien. Tout simplement car aucun diffuseur n’a voulu prendre le risque de l’afficher – et par extension de se fâcher éventuellement avec un grand laboratoire. Tel est l’extrait du “conseil” transmis par l’Autorité professionnelle de régulation de la publicité (ARPP) à la société Médiatransports, que nous nous sommes procuré.

Le zèle de l’ARPP

MDM et Médiatransports ont pourtant travaillé ensemble à plusieurs reprises. Ils ont même remporté un prix ensemble, il y a moins d’un an. Comme de coutume, pour cette campagne, l’ONG a envoyé les visuels de sa nouvelle campagne à la régie commerciale du “leader de l’affichage transport”. Ces derniers vont étonnamment demander conseil à l’ARPP qui n’a qu’un avis consultatif, en aucun cas contraignant, comme dans le domaine audiovisuel.

L’ARPP pointe trois raisons : la “référence a des maladies graves” qui “pourrait être perçue comme choquante par le public”, des “allégations chiffrés” qui ne sont pas sourcées sur les affiches et , surtout, l’ARPP écrit en première justification :

“Nous attirons tout particulièrement votre attention sur le risque de réactions négatives que pourrait susciter l’axe de communication choisi, de la part des représentants de l’industrie pharmaceutique. En effet les entreprises ainsi mises en causes pourraient estimer qu’une telle campagne porte atteinte à leur image et leur cause un grave préjudice et décider d’agir en ce sens.”

Suite à l’avis défavorable de l’ARPP, Médiatransports renvoie un avis négatif à Médecins du Monde. Mais cela ne s’arrête pas là. L’ONG va alors solliciter d’autres afficheurs, parmi lesquels JC Decaux ou le réseau d’affichage Insert. Aucun ne donnera suite et pour cause: le “conseil” de l’ARPP a été “circularisé”, c’est-à-dire envoyé à toutes les sociétés. Une pratique habituelle, mais qui aurait pu être bloquée par Médiatransports.

“Le prix de la vie”

Pour sa campagne intitulée “Le prix de la vie”, MDM voulait, au travers de dix affiches, alerter sur les prix prohibitifs de certains médicaments et mettre l’accent sur la méthode des laboratoires pour en fixer les prix.

Cliquez ici pour accéder aux dix visuels de la campagne “Le prix de la vie” de Médecins du Monde

Selon MDM, les prix des médicaments sont fixés en fonction de la capacité maximale des Etats à payer pour avoir accès au traitement. En gros, plus un Etat est riche, plus le prix du médicament sera élevé. Pour justifier ces tarifs parfois hallucinants (le Glivec, utilisé pour soigner la leucémie est vendu 40 000 euros par an et par patient), les laboratoires avancent trois explications : la recherche coûte cher, le bénéfice thérapeutique est grand, et les coûts de production sont importants.

Or, pour MDM, aucun de ces arguments ne tient la route.

”Les coûts de recherche et développement sont surestimés et les montants réels restent confidentiels et une grande partie est de toute façon financée par l’argent public à travers des bourses ou des crédits d’impôt de recherche.”

Concernant le deuxième argument, MDM explique que 74 % des médicaments mis sur le marché lors des 20 dernières années n’apportaient que peu de bénéfices thérapeutiques et ironise en expliquant qu'”un airbag vaudrait dans ce cas le prix d’une vie“. Enfin pour le troisième argument, MDM s’appuie sur une équipe de chercheurs de Liverpool qui a estimé que le coût de production du sofosbuvir (traitement contre l’hépatite C) s’élevait à 75 euros pour 3 mois avec un prix de revente de 41 000 euros annuel, soit 400 fois plus cher.

Cette situation fait que les médecins sont parfois obligés de confier aux malades qu’il existe des médicaments pour les soigner mais que les traitements coûtent trop cher. L’Etat est donc obligé de “sélectionner” à partir de quel stade il peut prendre en compte un traitement, souvent lorsque la maladie est presque trop avancée. A cet égard, le 25 mai dernier, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les hépatites, le ministère de la Santé a annoncé l’accès prochain à un traitement pour tous.

Une pétition adressée à Marisol Touraine

Une pétition va être adressée au même moment par l’ONG, à la ministre de la Santé Marisol Touraine, disponible ici.

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Compléments :

-La campagne de Médecin du Monde ou le prix de la vie : https://leprixdelavie.medecinsdumonde.org/fr/

-Le Monde : http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/06/14/la-guerilla-marketing-de-medecins-du-monde-pour-denoncer-les-prix-des-medicaments_4950220_3224.html

-Télérama : http://www.telerama.fr/medias/sa-campagne-de-pub-censuree-medecins-du-monde-compte-sur-les-benevoles-et-le-streetmarketing,143988.php

-France 2 : http://www.france24.com/fr/20160613-medecins-monde-censure-pas-heurter-lobby-pharmaceutique-medicament-cancer-transport-affiche

-Osons causer : https://www.youtube.com/watch?v=0M-5d_kcWXI

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 06:37

L’expression fleurit dans la bouche des journalistes, mais pas que.

Elle est de toutes les sauces.

Un jour, ce sont les grévistes qui prennent en otage la France, les usagers, l’économie. Un autre, ce sont les houligans qui font pareillement à la coupe d’Europe de la balle au pied. De là à donner à comprendre, par amalgame, que les grévistes sont des voyous.

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‘Prendre en otage’. Apparemment l’expression employée à tort et à travers, mais pas innocemment, en défrise plus d’un. Et pas que votre serviteur, qui vous renvoie pour cela à ce lien :

http://philosophie.blogs.liberation.fr/2008/10/03/prendre-en-otag/

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En fait, pour ne pas être accusé de prendre en otage, il faudrait se la fermer. Ne pas ruer dans les brancards lorsqu’on reçoit des coups. Peut-être même dire : « Merci, mon bon Prince ».

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Faut-il qu’ils aient été tocards nos aînés – travailleurs, syndicalistes, politiques, … - pour avoir : lutté pour les uns, fait la loi pour les autres, qui a permis et autorisé le droit de grève. Quel manque de jugeote que de ne pas avoir compris que c’était légaliser la prise d’otage.

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Dans la pièce Lysistrata d’Aristophane, les femmes, pour mettre un terme à la guerre dont leurs mâles maris sont gourmands, décident de faire la grève du sexe. Dirait-on qu’elles les prennent en otage ?

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Pour le dire court, quand tu fais grève ce n’est pas pour prendre en otage, c’est pour ne pas être pris pour un con, ou une conne. Parce que tu en as ras la casquette si tu en portes une, que tu veux vivre comme un être humain.

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  • Au fait, comment appelle-t-on la pratique du 49-3 ?
  • Moi, m’sieur, moi m’sieur.
  • Élève Mitterrand, je vous écoute.
  • Le coup d’état permanent.
  • Bien ! Et ça sert à quoi ?
  • À prendre le bon peuple pour un con et le presser comme un citron.
  • Bien élève Mitterrand. Et que fait le peuple pour ne pas subir le coup d’état permanent ?
  • Dans le meilleur des cas, la grève, m’sieur.
  • Oui ! Dans le meilleur des cas.
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 05:56

Qu’il s’estime heureux celui qui peut recevoir un œuf pour prix de sa provocation répétée. En d’autres temps, moins doux que ceux d’aujourd’hui, les citoyens se seraient emparés de sa personne pour lui faire subir la décollation.

Exergue

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Source : http://russeurope.hypotheses.org/5005

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Monsieur Macron, en visite dans un bureau de la Poste de Montreuil ce lundi 6 juin, a essuyé des œufs, que l’on espère point pourris [1], et a dû se réfugier dans le dit bureau de poste d’où il a dénoncé les « agitateurs professionnels » responsables de cette atteinte à son auguste personne. Et certes, il faut l’avouer, un œuf avait atterri sur sa chevelure : petit désordre et immense indécence. Ou, plus précisément, un immense double indécence.

Indécence de comportement

La première, la plus évidente, tient aux réactions de l’individu. Oh, assurément, on comprend que cela ne soit pas agréable. Mais, somme toute, cela est moins grave que de perdre un œil dans une manifestation, ce qui est arrivé à deux lycéens lors de confrontations avec la police dans le cadre du mouvement contre la loi El Khomri. C’est aussi moins grave que les blessures infligées par les grenades dites « de désencerclement » utilisées par la police, et dont certaines ont été délibérément lancées à hauteur de tête ou de visage alors que le règlement stipule qu’elles doivent être uniquement lancées dans les jambes. C’est enfin moins grave que les blessures infligées à des journalistes couvrant ces manifestations, dont l’un est toujours dans le coma. Indécence donc d’un Ministre qui ose se plaindre, et il faut voir en quels termes, alors que les manifestations font parties des « risques du métier » pour tout membre du gouvernement. Oublie-t-il que le gouvernement auquel il appartient a usé de l’article 49.3 pour faire passer, en première lecture cette loi qui rassemble aujourd’hui contre elle une majorité de français, ce qui est d’une autre violence, bien supérieure, que l’œuf qui a atterri sur son crâne ? Oublie-t-il qu’en tant que membre de ce même gouvernement, il est solidaire de son Premier-ministre dans la décision d’user de l’article 49.3 ? Visiblement Monsieur Macron ne connaît pas le droit constitutionnel ni la commune décence en cette affaire.

Indécence d’attitude

Mais il y a une autre indécence. La visite du sieur Macron venait alors que la Poste se préparait à sortir un timbre commémorant les 80 ans du Front Populaire. Or, le sieur Macron représente dans sa politique comme dans ses idées, l’exact opposé de ce qu’a pu représenter le front populaire. Non qu’on lui conteste le droit d’avoir ses idées, même si elles sont nocives et mauvaises. Mais la commune décence, oui cette « common decency » dont parlait George Orwell – et que plusieurs philosophes ont exhumée – aurait dû lui faire comprendre que sa venue ne pouvait manquer de provoquer des protestations. Et parmi les formes de protestation qui sont communes en France, il y a le jet d’œuf, les pommes cuites et les tomates pourries. C’est la première qui a donc été utilisée. Le ci-devant ministre peut s’estimer heureux que les manifestants n’aient pas utilisé des pavés ou des boulons, autres formes de protestation à l’honneur dans la classe ouvrière. Alors, que le sieur Macron n’ait pas apprécié ce geste, on peut le comprendre. Mais qui ne puisse comprendre que sa venue, avec tout ce qu’il représente en matière de politique d’abandon des services publics, en matière de régression sociale, soient insupportables pour de très nombreuses personnes de notre pays, cela on avoue ne pas pouvoir le comprendre. Voici donc le membre d’un gouvernement qui a brutalisé une large partie des travailleurs de notre pays, dont les idées sont aux antipodes du progrès social, qui vient parader dans une banlieue ouvrière et qui s’étonne des réactions que cela provoque. Voici bien une autre indécence, une indécence bien aussi grave que la première.

Du respect et des gens respectables

Si les membres du gouvernement veulent donc être respectés, il faut qu’ils soient respectables. Sur ce point aussi Emmanuel Macron est coupable. Ses déclarations sur le « costume » en sont l’une des multiples preuves. Nous ne reprochons pas au sieur Macron de faire de la politique. Son mouvement « En Marche », lancé avec la complaisance des grands médias et alimenté par de l’argent collecté à l’étranger, nous indiffère. Nous ne reprochons pas au sieur Macron ses manœuvres avec le maire de Lyon, Monsieur Gérard Collomb[2], pour se trouver une circonscription accueillante. Nous ne lui reprochons pas ses ambitions présidentielles, au demeurant bien risibles dans l’état actuel des choses. Ce que nous lui reprochons c’est de ne pas comprendre que quand on a ces ambitions, quand on a ces projets politiques, on se doit d’être respectable chose qu’à l’évidence il ne comprend pas. Le respect n’est entré dans son crâne de « fort-en-thème », pour ne pas dire son crâne d’œuf, que sous la forme de ce qui lui est dû et non pas de ce qu’il doit aux autres. Comme il ne comprend pas toute l’indécence qu’il y a à venir parader pour ce qui représente dans les faits un enterrement symbolique de ce qu’a pu représenter le Front Populaire dans ce qui fut justement un des bastions de la gauche historique, et à se plaindre de manifestation quand d’autres de nos concitoyens souffrent dans leur chair des conséquences des violences policières.

Ce comportement est bas, il est petit ; de la taille d’un micron.

[1] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2016/06/06/25005-20160606ARTFIG00115-macron-accueilli-par-des-jets-d-oeufs-lors-d-un-deplacement-a-montreuil.php

[2] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/06/02/25002-20160602ARTFIG00319-gerard-collomb-cajole-ce-cher-emmanuel-macron.php

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 14:29

Le parti socialiste français n’est pas socialiste tout comme le parti démocrate américain n’est pas démocrate. L’un comme l’autre ont partie liée avec les puissances financières dont ils exécutent la politique.

Là, aux USA, aux primaires, des voix disparaissent mystérieusement au détriment de Sanders. Ici, en France, une soudaine réforme du parrainage (système désuet) vise à empêcher un candidat de se présenter aux élections présidentielles.

Il n’empêche, dans plusieurs pays européens comme aux USA, des forces politiques populaires et de gauche se lèvent fortement et font vaciller l’establishment.

Exergue

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Source : http://www.gaucherepublicaine.org/international/dernieres-nouvelles-de-sanders-24-mai-2016/7398119

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Dernières nouvelles de Bernie Sanders

vendredi 3 juin 2016

Sanders est à l’extrême limite de la stratégie radicalement démocratique qui a été la sienne et qui s’est avérée gagnante jusque là : il pousse à fond la démonstration que le parti démocrate n’est pas un parti démocrate, et nourrit le désir d’un véritable parti démocrate aux États-Unis, qui ne pourrait être qu’un parti rompant avec Wall Street et défendant la majorité contre le capital.

C’est un signe qui ne trompe pas. Le journal Le Monde qui depuis un an annone imperturbablement que Bernie Sanders va perdre et n’a aucun espoir à nourrir, commence cette fois-ci à s’énerver : « Bernie pourrait-il faire perdre Hillary ? » (22 mai). Il y a quelque ressemblance entre cette humeur maussade et la manière dont les mêmes commencent à traiter les grévistes en France de preneurs d’otage, alors qu’ils ont le soutien massif du monde du travail … On commence à parler aussi mal outre-Atlantique de « Sanders » que de «la CGT » en France !

Mais ce qu’il faut bien comprendre là, c’est que Le Monde est, à propos des présidentielles US, un baromètre fidèle des humeurs de l’état-major de H. Clinton et de la presse « Wall Street ». Car en effet, là, on s’énerve.

Sanders n’a pas eu la politesse de s’effacer, il a failli gagner dans le Kentucky – 4000 voix en sa faveur disparues dans les deux plus gros comtés de l’État, Clinton donnée gagnante par 1924 voix : la routine dans le parti « démocrate » ! – et il a gagné dans l’Oregon. Il menace de cartonner encore, dans les nombreux États de la dernière fournée, le mardi 7 juin, avec la Californie. Son argumentation dignement démocratique agace de plus en plus l’establishment et les mauvais coups ont commencé.

Deux épisodes récents modifient en effet sérieusement la tonalité générale des événements, faisant venir en surface ce que chacun savait déjà être sous-jacent.

D’abord, le Nevada. A priori pas un État décisif et une primaire ayant eu lieu en février, gagnée d’une courte tête par Clinton sur un total de voix de toute façon assez faible, après une campagne ayant nettement opposé deux syndicats de l’AFL-CIO : celui des garçons d’hôtel de Las Vegas pro-Clinton et celui des infirmières, pro-Sanders comme ailleurs dans le pays. Mais il y avait eu des complications post-primaire : la désignation des délégués a en effet lieu après la primaire dans le Nevada, avec une convention d’État, où les délégués pro-Sanders se sont trouvés plus nombreux du fait, semble-t-il, de la démobilisation des équipes pro-Clinton après la convention, ayant permis par leur absence dans les réunions de comtés la désignation de délégués suppléants qui se sont avérés plus souvent pro-Sanders. En somme, le Nevada, faiblement peuplé, était le seul État où la balance penchait « injustement » pour Sanders, bien que sans aucune fraude, à la différence des centaines de milliers, voire plus, de voix, détournées, annulées, falsifiées, en faveur de Clinton dans l’ensemble des autres États, New York en tête !

Pour l’appareil démocrate cet outrage devait être réparé, et il le fut : 64 délégués d’État furent accusés de ne pas être membres du parti démocrate contrairement au règlement, et la balance fut inversée outrageusement en faveur d’H. Clinton, aboutissant à une convention démocrate du Nevada tournant en chaos général, sinon en bataille rangée, la sénatrice pro-Clinton Barbara Boxer faisant intervenir la police contre les « sanderistas ». Dans les jours qui suivirent elle a reçu des milliers de mails de protestation et a rendu publics quelques messages menaçants et sexistes.

Tel fut le levier d’une opération médiatico-politique de grande ampleur, très au delà du Nevada, au contenu idéologique parfaitement calibré.

Les partisans de Sanders sont dépeints comme des gens agressifs et sans repères, dans un parallèle voulu avec les partisans de Donald Trump. Le parallèle a un fondement : dans les deux cas, il s’agit de révolte et d’indignation contre la crise sociale, mais les réponses des pro-Sanders et des pro-Trump sont évidemment opposées. Mais surtout, les sondages comme les échos du pays profond n’ont cessé de dire, et ceci s’accentue, que Sanders candidat démocrate battrait Trump, alors que pour H. Clinton, ceci est rien moins que sûr !

Depuis le début de la campagne résonne l’antienne selon laquelle Sanders a le soutien de la « jeunesse blanche ». Problème : le fameux « vote noir pro-Clinton » fonctionne dans les primaires démocrates, mais pas forcément dans un vrai scrutin national, la masse des noirs ne votant pas et n’éprouvant pas d’enthousiasme particulier pour le couple Clinton contrairement à la légende. D’ailleurs, en Alabama, le résultat de la primaire donnait 14 points de plus à Clinton que les sondages de sortie des urnes, étrange. Le « vote noir » propriété d’une famille, on fait mieux comme message émancipateur …

Toujours est-il que depuis l’incident de Las Vegas le 17 mai, le refrain sur le « vote jeune blanc pour Sanders », mis en parallèle avec le « vote petit blanc pour Trump » est devenu un véritable amalgame. L’état-major démocrate et au delà l’establishment nord-américain joue à se faire peur avec l’idée suivante : et si les petites échauffourées du Nevada annonçaient ce que sera la « convention disputée » du parti démocrate appelée de ses vœux par Bernie Sanders à Philadelphie fin juillet ? Et si les hordes pro-Sanders allaient martyriser le parti démocrate comme les hordes pro-Trump ont martyrisé le parti républicain ? Autrement dit : après l’effondrement du parti républicain, Sanders osera-t-il provoquer l’effondrement du parti démocrate ? Ces gens là ne respectent donc rien ? Le parti républicain out, le parti démocrate out, où va t-on ?

Au passage, cette campagne de peur indique combien est profonde l’erreur de la majeure partie (pas tous, heureusement) des groupes nord-américains d’extrême-gauche qui ont voulu voir en Sanders un instrument de rabattage au service de Clinton. La dynamique sociale – et générationnelle – de sa campagne a de toute façon conduit à une confrontation.

Et le deuxième épisode, après l’affaire du Nevada devenue bel et bien affaire nationale, c’est le début de durcissement réel, et pas imaginaire comme on le lui a déjà souvent reproché, de Bernie Sanders.

D’abord, cet homme discret et pondéré traité de boute-feu et de pousse-à-l’émeute à Las Vegas, a tout de même consenti à faire savoir qu’à Las Vegas justement son bureau électoral a été la cible de tirs et que des locaux de ses équipes ont été mis à sac …

Et surtout, il a apporté son soutien à Tim Canova, un universitaire qui vient d’entrer dans le parti démocrate pour y défier l’élue de Floride Debby Wasserman Schulz, présidente du Democratic National Committee, en demandant contre elle l’investiture pour l’élection locale à la Chambre des représentants qui doit avoir lieu en même temps que la présidentielle. Cette initiative est perçue, et de fait elle l’est, comme une attaque directe et frontale contre le saint du saint du parti démocrate.

En agissant ainsi, Sanders est à l’extrême limite de la stratégie radicalement démocratique qui a été la sienne et qui s’est avérée gagnante jusque là : il pousse à fond la démonstration que le parti démocrate n’est pas un parti démocrate, et nourrit le désir d’un véritable parti démocrate aux États-Unis, qui ne pourrait être qu’un parti rompant avec Wall Street et défendant la majorité contre le capital.

Derniers développements depuis le 24 mai

Clinton refusant à Sanders un débat avant les primaires finales du 7 juin, concernant notamment la Californie, Sanders a proposé un débat public avant le 7 juin à Trump. Qui a, sur le principe, accepté.

Des chefs démocrates s’indignent soudain de cette chute dans la « politique spectacle » alors que pour une fois, le spectacle a rarement été aussi politique !
Suite du feuilleton : puis c’est Trump qui se défile, il serait « inapproprié » de débattre avec quelqu’un qui ne sera pas investi, ben tiens …

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 16:41

Une pétition se lit aussi en creux. Il s’agit alors de chercher qui ne la signe pas ; surtout parmi les ‘intellectuels’ qui ont l’habitude et l’usage de l’estrade médiatique, pignon sur télé et radio, et qui sont toujours prêts à donner des leçons d'engagement.

Exergue

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Source : http://www.liberation.fr/debats/2016/05/26/casseurs-renverser-l-accusation_1455373

— 26 mai 2016 à 18:01

Une centaine d’intellectuels et de personnalités dénoncent la stratégie du gouvernement d’isoler des «groupes organisés» et d’exagérer leurs faits de violence pour décrédibiliser les manifestations contre la loi travail à Rennes et à Paris.

  • «Casseurs» : renverser l’accusation

Voilà deux mois que le gouvernement ne sait plus que faire pour venir à bout d’un mouvement auquel il ne comprend rien. Après avoir usé jusqu’à la lie la rhétorique anticasseur, il inaugure depuis la semaine dernière une nouvelle stratégie afin d’écraser ce qui lui résiste. Cette stratégie consiste à isoler, sur les suggestions des services de renseignement, des «groupes organisés» constitués policièrement en «associations de malfaiteurs», puis à les accuser de faits dont on exagère la gravité afin de pétrifier tant la population que ceux qui luttent. Ainsi, on annonçait jeudi 19 mai l’arrestation à Rennes d’un groupe de 20 «casseurs», jeunes «radicalisés» appartenant à la «mouvance anarcho-autonome», une «association de malfaiteurs» qui s’apprêtait à «saboter» le métro de la ville. Renseignements pris, le sabotage en question était une action de blocage économique décidée en assemblée générale interprofessionnelle et menée de concert avec la CGT-Route qui bloquait les axes routiers en périphérie de la ville. L’«association de malfaiteurs» se réunissait dans les locaux de Sud-Solidaires et s’apprêtait, en fait, à coller des autocollants sur les composteurs de billets, voire, pour les plus extrémistes, à y introduire de la mousse expansive.

C’est une manœuvre identique qui a été déployée à Paris le 18 mai suite à l’attaque d’une voiture sérigraphiée de la police par des manifestants. Alors que le syndicat de police Alliance privatisait la place de la République et faisait des «selfies» aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen, d’Eric Ciotti et de Gilbert Collard, une contre-manifestation sauvage, repoussée à coups de gaz lacrymogènes, s’élançait dans les rues de Paris. C’est dans ces conditions qu’une voiture de police prise dans la circulation a dû essuyer un concentré de cette colère que l’on voit éclater depuis deux mois, à chaque manifestation. Qu’à force de se faire brutaliser, les plus pacifiques des manifestants en soient venus à entonner les slogans «Tout le monde déteste la police», «Même la police n’aime pas son travail», «Que fait la police, ça crève les yeux», devrait à tout le moins interroger. Suite à l’incendie du véhicule, le gouvernement allumait un contre-feu en gonflant l’incident en «tentative d’homicide volontaire». A cet effet, on occultera opportunément qu’à la vue des premiers manifestants, le policier a sorti son arme de service, voulant les repousser, et que ces mêmes manifestants ont aidé la policière à sortir du véhicule ; on transformera le bout de plastique dont se défend le policier en «barre de fer», des manifestants en «association de malfaiteurs» et on ira chercher des coupables présélectionnés par les services de renseignement parmi les militants de l’Action antifasciste Paris-Banlieue (AFA), que l’on essayait depuis une bonne semaine d’interdire de manifester. Et tous les médias de reprendre en chœur cette construction grotesque. Qu’importe qu’après deux jours de garde à vue, le ministère de l’Intérieur lui-même concède dans les pages du Monde qu’il n’y a, en l’état, aucun élément permettant de lier ces quatre militants à l’incendie de la voiture.

On comprend mieux à présent le sens de la déclaration de Manuel Valls au Sénat mardi 17 mai : «Ces Black Blocs, ces amis de monsieur Coupat, toutes ces organisations qui au fond n’aiment pas la démocratie, qui la contestent, qui en contestent les principes, trouveront la plus grande détermination de l’Etat, de la police et de la justice.» Ce qui était alors en préparation, à Rennes comme à Paris, était une manœuvre identique à celle qu’avaient tentée Michèle Alliot-Marie et Alain Bauer à l’époque du raid antiterroriste de Tarnac : cibler sur les conseils des services de renseignement un groupe d’opposants à éliminer, leur imputer des faits controuvés, construire sur cette base une «association de malfaiteurs» et tabler sur le suivisme et la lâcheté médiatiques pour faire passer l’accusation dans l’opinion.

Si, à l’époque, cette manœuvre a fini par piteusement échouer, c’est parce que nombreux furent celles et ceux qui, derrière le discours policier et gouvernemental, devinaient l’opération politique. Ce qui se prépare en ce moment, ce sont des «affaires de Tarnac» en série. C’est pourquoi nous appelons à soutenir les mis en examen de Rennes ou de Paris, ainsi que les lycéens, étudiants et manifestants mis en examen et qui parfois attendent en préventive leur comparution. Nous appelons à déjouer toute tentative de les isoler et de les instrumentaliser et à lutter pour l’abandon des charges extravagantes pesant sur eux : bref, à renverser l’accusation.

Parmi les premiers signataires :

Jean-Claude Amara Droits devant !, Loïc Artiaga Maître de conférences, Ludivine Bantigny Historienne, Emmanuel Barot Philosophe, Nicolas Bautès Universitaire, Daniel Blondet Militant anti-impérialiste, Christophe Bonneuil Historien, Simon Borja Chercheur en science politique, Ali Boulayoune Sociologue, Jérôme Bourdieu Economiste, Houria Bouteldja Militante politique, Jean-Pierre Bouyxou Ecrivain et journaliste, Eric Brun Sociologue, Joël Cabalion Sociologue, Vanessa R. Caru Chercheuse au CNRS, Manuel Cervera-Marzal Sociologue, Grégoire Chamayou CNRS, Déborah Cohen Historienne, Dominique Connan Chercheur, Simon Cottin-Marx Corédacteur en chef de la revue Mouvements, François Cusset Historien et écrivain, Christine Delphy Sociologue et féministe, Gérard Delteil Ecrivain, Emmanuel Deronne Enseignant-chercheur, Nathalie Desquenes Journaliste, Béatrice Dezy Enseignante, Paul Dirkx Sociologue, Elsa Dorlin Philosophe, Joss Dray Photographe, Julien Dufour Doctorant en sociologie, Cédric Durand Economiste, Annie Ernaux Ecrivaine, Jean-Baptiste Eyraud Militant associatif, Samantha Faubert Hispaniste, Alain Frappier Illustrateur, Désirée Frappier Scénariste, Bernard Friot Sociologue et économiste, Franck Gaudichaud Politologue, Vincent Gay Syndicaliste et enseignant, François Gèze Editeur, Pierre-Henri Gouyon Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, Nacira Guénif Sociologue et anthropologue, Nicolas Haeringer Militant associatif, Hugo Harari-Kermadec Economiste, Eric Hazan Editeur, Hervé Huntzinger Historien, Nicolas Jaoul Chercheur au CNRS, François Jarrige Historien, Francis Juchereau Responsable associatif, Leslie Kaplan Ecrivaine, Razmig Keucheyan Sociologue, Stathis Kouvelakis Philosophe, Jean-Sébastien Kroll-Rabotin Enseignant-chercheur en école d’ingénieurs, Rose-Marie Lagrave Sociologue, Patrice Lardeux Militant CGT, Mathilde Larrère Historienne, Michelle Lecolle Linguiste, Olivier Le Cour Grandmaison Universitaire, Marius Loris Historien et poète, Pascal Maillard Universitaire et militant, Philippe Marlière Politiste, Guillaume Mazeau Historien, Daniel Mermet Journaliste et écrivain, Fabienne Messica Consultante, Bénédicte Monville-De Cecco Conseillère régionale Ile-de-France (EE-LV), Olivier Neveux Historien d’art, Nicolas Oppenchaim Sociologue, Yves Pagès Ecrivain et éditeur, Ugo Palheta Sociologue, Eugénia Palieraki Historienne, Luca Paltrinieri Philosophe, Willy Pelletier Sociologue, Irène Pereira Sociologue, Christine Poupin Porte-parole du NPA, Serge Quadruppani Ecrivain, Thierry Ramadier Directeur de recherches au CNRS, Manuel Rebuschi Enseignant-chercheur en philosophie, Marie Rivière Comédienne, Olivier Roueff Chercheur en sociologie au CNRS, Alexandre Rosenstein Etudiant en sociologie, Kristin Ross Historienne, Catherine Samary Economiste, Pierre Sauvêtre Chercheur en sociologie, Guillaume Sibertin-Blanc Philosophe, Jacques Testart Biologiste, Sylvie Tissot Sociologue, Marc Tomczak Enseignant-chercheur, Rémy Toulouse Editeur, Enzo Traverso Historien,Patrick Vassort Sociologue, Anne-Laure Vernet Enseignante-chercheure en arts plastiques, Nicolas Vieillescazes Editeur, Olivier Vinay Agrégé de biologie et vétérinaire, Sophie Wahnich Directrice de recherches au CNRS, Willem Dessinateur, Philippe Zarka Astrophysicien.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 06:47

Certes, il convient d’aider les grévistes à tenir le coup financièrement, raison pour laquelle était proposé autrefois, à la fin des manifestations, un drap où chacun apportait une contribution solidaire. De ce point de vue la proposition : ‘la grève par procuration’ pour les explications fournies mérite d’être prise en considération. Il n’empêche qu’il n’est jamais bon de faire sous-traiter, ça dédouane un peu trop facilement de la responsabilité qu’on a à prendre, ça contribue aux yeux de l’opinion publique à faire davantage porter le poids sur certains secteurs de travailleurs qui sont déjà l’objet de critiques, ça fait penser à ceux qui jadis payaient pour envoyer les autres faire le service militaire ou la guerre à leur place. Enfin, si la durée d’une grève est importante, le nombre des grévistes ne l’est pas moins.

Exergue

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Source : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-greve-par-procuration-est-181308#forum4582684

par André Martin (son site)


vendredi 27 mai 2016

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A la 8ème journée de mobilisation contre la loi travail, nous sommes quasiment dans la même situation qu’en octobre 2010. A l’époque, 7 journées de mobilisations de grande ampleur, soutenues par 75% des Français, n’avaient pas permis d’obtenir le retrait de la réforme Sarkozy des retraites. Une petite différence entre 2010 et 2016 : les mobilisations contre la loi travail ont conduit à quelques concessions à la marge de la part de l’exécutif. Une autre différence, très importante du point de vue de la démocratie, c’est que la loi travail vient d’être adoptée en 1ère lecture sans aucun débat à l’Assemblée Nationale, par usage du 49-3.

L’inversion de la hiérarchie des normes contenue dans l’article 2 du projet de loi est gravissime puisque ce serait le début de la fin du droit du travail. De la même façon que ce serait la fin du code de la route si on autorisait chaque ville à y déroger sur certains points. Ou la fin du code pénal si on autorisait chaque département à y déroger sur certains points.

Quand une réforme est désapprouvée par 75% des Français, qu’elle est imposée par un coup de force à l’AN, et en plus par un Président et un Premier Ministre qui n’ont plus la confiance des Français, il doit bien avoir des solutions pour obtenir le retrait de cette réforme. Aujourd’hui, il suffirait que les dirigeants de la CGT, de FO, de Solidaires, de la FSU, de l’UNEF ... acceptent de reconnaitre pourquoi et à quel moment ils ont « perdu le match » en 2010. Rien n’indique malheureusement qu’ils se soient seulement posé la question.

Le match a été perdu en octobre 2010 quand, après 6 grandes journées de mobilisation, l’amplification de la grève dans quelques secteurs stratégiques (SNCF, raffineries, routiers et quelques autres secteurs) a été décidée, mais sans que les directions syndicales n’organisent un soutien financier massif, national et rapide aux salariés en grève. Car il était évident que, sans ce soutien financier, les grévistes ne pourraient pas tenir longtemps. Explications complémentaires dans « Adresse du 20 octobre 2010 à Bernard Thibault, François Chérèque et Jean-Claude Mailly »

Le refus d’organiser le soutien financier massif aux salariés en grève dans les secteurs stratégiques, au motif que cela s’apparente effectivement à une forme de grève « par procuration » c’est l’erreur principale qui a conduit à « perdre le match » en octobre 2010. La 8ème journée de mobilisation contre la loi travail montre à nouveau que seule la grève illimitée dans quelques secteurs susceptibles de bloquer l’économie peut faire reculer Hollande et Valls sur la loi travail. , la CGT, FO et Solidaires vont-ils refaire la même erreur qu’en 2010 ? On aura la réponse avant fin mai.

Les profonds changements intervenus au niveau de l’organisation du travail et du management des entreprises font que des millions de salariés jugent improbable de pouvoir obtenir le retrait d’un projet de loi par la méthode classique et ancienne de la grève dans un maximum de secteurs. La preuve en a été apportée en 2010. Il suffit de regarder et de parler autour de soi, sans a priori idéologique (exercice quasi impossible pour les militants très engagés), pour arriver aux constats suivants :

  • des millions de Français ne peuvent pas faire grève, ou n’osent pas faire grève, ou jugent que ça ne ferait ni chaud ni froid à leur employeur. Mais des millions sont prêts à peser très fort, si les directions syndicales sont capables de leur proposer des modalités efficaces de soutien financier aux grévistes de quelques secteurs stratégiques
  • il y a ceux, très nombreux, que l’on entend déclarer lors d’interviews : « j’ai 2 enfants, 3 crédits … je voudrais bien faire grève, mais je ne peux pas me permettre de perdre 80 euros par jour ». Cette réalité dramatique, Sarkozy, Hollande, Valls et le Medef la connaissent bien et en déduisent à juste titre que des grèves massives et généralisées sont très improbables
  • de nombreux salariés du privé n’osent pas se lancer dans une grève de plusieurs jours et se limitent souvent à des débrayages pour aller aux manifestations. Mais n’oublions pas que 5 à 10% de grévistes pendant 2 jours, dans une entreprise du privé, ça ne fait généralement ni chaud ni froid à l’employeur. Les salariés sont même contraints de rattraper ensuite leur boulot en retard ! Et les directions en profitent pour repérer ceux qui osent relever la tête et s’en souviendront lors des augmentations de rémunération aujourd’hui totalement individualisées et discrétionnaires. Ces situations sont très majoritaires chez les cadres et les techniciens. Dans de tels cas de figure, il est certainement plus utile et plus habile que ces salariés puissent verser à une caisse de solidarité aux grévistes une partie des 1, 2 ou 3 jours de salaire qu’ils étaient prêts à sacrifier
  • il en est exactement de même dans beaucoup de secteurs de la Fonction Publique : si les salariés perdent des jours de salaires, l’employeur n’en a rien à cirer. Mieux, il se frotte les mains puisqu’il fait des économies
  • il en est de même pour les retraités qui ne peuvent pas utiliser le levier de la grève

La solidarité financière avec les grévistes des secteurs stratégiques doit donc être organisée immédiatement par les dirigeants de la CGT, de FO, de Solidaires, de la FSU et de l’UNEF. Par un appel national unitaire expliquant l’organisation rigoureuse et transparente des collectes de soutien dans un maximum d’entreprises, de réunions et de lieux publiques.

Une telle action permet aussi de mesurer et de montrer le niveau de sympathie et de soutien dont bénéficient les salariés en grève reconductible.

Cette stratégie adéquate permettrait non seulement d’obtenir le retrait au moins des articles les plus dangereux de la loi travail. Mais, plus important encore, cela montrerait à nos dirigeants actuels et futurs que les organisations syndicales, les associations et les citoyens progressistes ont enfin trouvé la bonne méthode pour bloquer les réformes antisociales et s’opposer aux coups de force antidémocratiques. Enfin, cela éviterait que les millions de militants et de citoyens qui se sont mobilisés et ont fait des sacrifices (pertes de salaires pour les grévistes) éprouvent une nouvelle fois un énorme sentiment d’échec. Ce qui ne manquerait pas d’en dissuader beaucoup de se mobiliser à l’avenir et même de se syndiquer. Il y va donc aussi de l’avenir des organisations syndicales.

Sur l’efficacité du soutien financier aux grévistes, lire « Pour collecter 90 millions d’euros au profit des salariés en grève, il suffirait que 25 % des Français qui les soutiennent versent en moyenne 10 euros »

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 16:36

Les plus anciens se souviennent de la Pravda (La vérité) qui sévissait en URSS dans lequel les journalistes étaient tenus, sous peine d’aller faire un séjour au goulag, de dire la ‘vérité officielle’, pour le moins de ne pas contrarier le pouvoir. Les plus jeunes peuvent se faire une idée de cette manière lorsqu’on leur présente des séquences de la télévision nord-coréenne.

Dans notre beau pays, la France, jusqu’ici les choses étaient plus subtiles. Mais voilà que ça dérape. Ainsi le licenciement d’Aude Lancelin (dont il faut tout de même dire qu’elle est la compagne de Frédéric Lordon) à qui il est reproché d’écrire des articles antidémocratiques. Diantre ! De là à ce qu’elle soit accusée d’être une dissidente, il n’y a qu’un pas. Fort heureusement, il est encore quelques voix en France pour s’élever contre cette éviction comme on peut le lire ci-dessous (1) ; tiens ! il manque dans la liste le nom de l’insurgé officiel, le philosophe académicien adepte de Nuit Debout, le sieur Filkenkraut.

On lira à la suite le mot de R Jennar intitulé : France 2, la télé du MEDEF

http://www.jennar.fr/?p=4929

Exergue

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  1. Source : http://www.liberation.fr/debats/2016/05/25/a-l-obs-un-licenciement-tres-politique_1455023

Une quarantaine d’intellectuels et de personnalités apportent leur soutien à Aude Lancelin, numéro 2 de l’hebdomadaire et responsable des pages Débats. Ils voient dans l’éviction de la journaliste une reprise en main de la presse à la veille de la présidentielle.

A l’état d’urgence, à la déchéance de la nationalité, au 49.3, il manquait encore une vilenie pour achever le quinquennat, et la voici : la presse aux ordres. A un an de la présidentielle, le premier hebdomadaire de la gauche française, l’Obs, a brutalement décidé d’engager une procédure de licenciement à l’égard de sa numéro 2, Aude Lancelin. On a du mal à croire que les raisons de cette éviction puissent revêtir un caractère «managérial», comme s’obstine à le soutenir curieusement la direction du journal.

On lit, en effet, dans la presse qu’il y aurait eu un conflit entre la prétendue ligne de M. Croissandeau, dite «de toutes les gauches», et celle d’Aude Lancelin que certains ont voulu mensongèrement réduire à la «gauche de la gauche». Il suffit de lire les éditoriaux dudit directeur de la rédaction pour s’apercevoir que «toutes les gauches», ce sont, en fait, les seules «gauches» de Hollande, Valls et ­Macron…

Lire aussi Crise à «l’Obs» : une rédaction en flammes

Nous autres savons très bien, au contraire, que l’un des seuls lieux réellement ouverts à toutes les gauches dans ce journal était précisément les pages dédiées aux idées, aux interventions intellectuelles, aux débats, dont Aude Lancelin avait plus particulièrement la charge. Mais toutes les gauches, c’était sans doute encore trop pour la gauche aujourd’hui au pouvoir. La chose est donc clairement signifiée : ­toutes les gauches n’ont pas droit de cité dans certains journaux de gauche. Il fallait par conséquent en chasser la personne qui leur donnait la parole. Cette opération de police intellectuelle ne prend pleinement son sens qu’à la lumière de l’élection de l’année prochaine que François Hollande, dont la candidature est désormais un secret de polichinelle, envisage visiblement avec appréhension. Et avec le souci que ce qu’il considère comme «sa» presse soit en ordre de marche, c’est-à-dire débarrassée de toute voix dissonante. Propriétaires des médias, les actionnaires de groupes qui vivent en symbiose avec l’Etat sont là pour comprendre les instructions. Et les faire exécuter.

On n’imaginait pas qu’en 2016, et sous un gouvernement de gauche, on pouvait encore assister à des ­mises au pas d’une telle brutalité. Tout est donc dit à propos d’un gouvernement qui n’a décidément plus de principe, et considère la presse comme un outil à sa discrétion. Un des actionnaires a reproché, en conseil de surveillance, à Aude Lancelin d’avoir laissé ­publier des articles «antidémocra­tiques». On se demande bien ce que ce genre de chose peut simplement vouloir dire. En revanche, on voit très bien dans quel type de démocratie, ou plutôt d’antidémocratie, les gens qui agissent ainsi se pro­posent de nous faire vivre.

Si nos interprétations sont erronées, et nous ne souhaiterions rien tant qu’elles le soient, il suffirait à François Hollande, pour nous rassurer, de s’émouvoir publiquement de cette décision aussi inique qu’alarmante pour les mœurs ­démocratiques dont il est sup­­po­sément le gardien. Nous ne pouvons même pas exclure que cette parole puisse émouvoir les actionnaires de l’Obs à leur tour, et les ­ramener à une préoccupation dont ils avaient pourtant proclamé haut et fort, au début de leur aventure, combien elle leur était chère : ­­«la liberté de la presse».

Signataires :

Denis Podalydès Acteur Etienne Balibar Philosophe Claude Lanzmann Réalisateur Emmanuel Todd Démographe et historien Michela Marzano Philosophe Julia Cagé Economiste Alain Badiou Philosophe John MacArthur Directeur du magazine Harper’s La Rumeur Groupe Jérôme Prieur Auteur et réalisateur François Bégaudeau Ecrivain Christian Salmon Essayiste Jacques Rancière Philosophe Laurent Binet Ecrivain Raphaël Liogier Sociologue et philosophe Bernard Stiegler Philosophe Gérard Mordillat Ecrivain et réalisateur Stéphanie Chevrier Editrice André Orléan Economiste Christian Laval Sociologue Pierre Dardot Philosophe Hugues Jallon Editeur Michaël Fœssel Philosophe Cédric Durand Economiste Chloé Delaume Ecrivaine Geoffroy de Lagasnerie Sociologue Guy Walter Ecrivain et directeur de la Villa Gillet Chantal Jaquet Philosophe Razmig Keucheyan Sociologue Edouard Louis Ecrivain Frédéric Schiffter Philosophe Jacques de Saint-Victor Historien Caroline de Haas Militante féministe Christine Delphy Sociologue Benjamin Stora Historien Mathieu Terence Ecrivain Bernard Lahire Sociologue Roland Gori Psychanalyste Elsa Dorlin Philosophe Patrick Chamoiseau Ecrivain Anne Dufourmantelle Psychanalyste Annie Ernaux Ecrivaine Guillaume Le Blanc Philosophe Ollivier Pourriol Philosophe Hervé Le Bras Démographe François Gèze Editeur Sophie Wahnich Historienne Lydie Salvayre Ecrivaine Quentin Meillassoux Philosophe Romain Bertrand Historien François Schlosser Ancien rédacteur en chef du Nouvel Observateur.

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