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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 09:15

Allons voter !

N’allons pas à la pêche. Allons voter ‘blanc’ au 2ème tour des présidentielles. Que les ‘blancs’ nous expriment davantage que l’abstention.

Qu’on nous compte. Qu’ils nous comptent. Que nous comptions par défaut dans cette élection. Que nous existions. Qu’ils sachent que nous sommes là et qu’ils connaissent que nous sommes nombreux.

Faisons du vote ‘blanc’ un vote d’expression.

Revendiquons le vote ‘blanc’.

Exergue

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Source : https://www.legrandsoir.info/a-veaute.html

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Refaire du De Gaulle (« Les Français sont des veaux ») ou du Serge July qui engueula dans Libération les électeurs ayant voté non au référendum de 2005 sur l’Europe ?

Non ! Ayons l’esprit sportif : dimanche 23 avril 2017, on a été virés hors des cordes et il ne reste que deux pugilistes sur le ring. Du bas, laissons-les se battre. Que le meilleur gagne (si l’on peut de parler de « meilleur »).

D’aucuns voudront se joindre à Alain Madelin, Manuel Valls, Myriam El Khomri, Jean-Pierre Raffarin, Daniel Cohn-Bendit, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Philippe Douste-Blazy, Jean-Yves Le Drian, à quelques banquiers et à la moitié du PS pour encourager Macron en lançant depuis les gradins des canettes de bière et des pétards fumigènes sur la fausse blonde après avoir pris des paris avec les bookmakers du MEDEF, du CAC40 et de la banque Rothschild.

Pour ma part, je vais sombrer dans un état d’indifférence politico-comateuse, sans bonheur ni douleur, qui me rend libre de ne pas choisir entre la peste brune et ceux qui l’ont fabriquée pour nous ligoter.

Ils m’ont fait voter Chirac en 2002 contre le borgne, je ne voterai pas en 2017 pour Macron contre la fille.

Et pourquoi pas (je les vois venir) en 2022 contre la nièce ?

Théophraste R. (néo-pratiquant des loisirs halieutiques dominicaux en eau douce, loin des requins et des morues).

PS. Merci à ceux qui ont mis le feu (alors qu’on leur répète depuis des années de ne pas jouer dans le foin avec des allumettes) de bien vouloir ne pas me reprocher l’embrasement de la grange et mes réticences à toucher des seaux d’eau en leur compagnie.

Pas un merci à ceux qui ont voté pour Hamon, privant Jean-Luc Mélenchon des quelques points qui auraient permis de changer ce pays et de lui épargner ce qu’il va vivre.

Bravo à Hamon qui est passé en un clin d’oeil d’un discours « de gauche » au ralliement au candidat de « mon adversaire la finance ».

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 09:59
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 09:28
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 08:56

La procédure démocratique a fonctionné. Pour autant la République ne trouve pas son compte avec cette élection qui voit arriver en tête les 3 partis qui, à divers degrés, différemment, mettent à mal la laïcité, marchandisent les services publics, s’appliquent à défaire les conquis sociaux, ouvrent à davantage de libéralisme, prennent les ordres auprès de Merkel ou successeur, ne mettent pas en place la transition écologique, valident le Tafta  et le Ceta, confortent l’Europe libérale (dumping social, fiscal, délocalisation,…) au détriment de la souveraineté populaire, se satisfont de la 5ème république, …

La discipline dite républicaine va jouer entre les partis de droite pour faire barrage au FN après avoir, années après années, ouvert un boulevard à ce dernier. Les électeurs suivront-ils les ordres ? C’est une autre affaire.

La France insoumise décidera, chacun de ses membres s’exprimant, de participer ou non à la discipline républicaine selon la procédure qui consiste à redonner le pouvoir de décision aux citoyens. Pour ma part, sans attendre de consigne, je voterai blanc, assuré que le FN ne passera pas, pour ne pas donner les pleins pouvoir à la droite oligarque que représente Macron comme ce fut le cas jadis avec la droite de Chirac et pour la politique de fracture sociale que l’on sait.  

Certains partis de gauche sont venus, comme à l’habitude, faire leur tour de manège. On les reverra dans cinq ans. ‘Le grand soir’, ce pouvait être hier. Il n’a pas été. C’est dommage !

L’indécision de quelques citoyens participe au maintien de l’oligarchie et de la caste. Ne pas choisir, c’est toujours choisir. Ils vont l’apprendre sur le tas.

Les partis dits de gouvernement sont défaits. La droite, après règlement des comptes, se reconstruira et changera de sigle. Le PS disqualifié pour avoir renié la gauche n’est plus d’aucune utilité et est appelé à n’être plus qu’un résidu.

Le second tour des élections présidentielles se jouera entre 2 partis de droite, mais non point les élections législatives. Macron, vainqueur des présidentielles, devra gouverner avec le parti LR, il n’aura pas de mal à cela.

Cependant, forte de 19,6% des voix, la France insoumise sera le fer de lance de l’opposition populaire et de gauche à l’Assemblée. C’est le nouveau combat qui se propose à ses membres. L’avenir pour elle est moins sombre qu’il y parait. Pour diverses raisons, il n’est pas dit que ce gouvernement ait une majorité législative stable et aille au bout. Plus que jamais, tenons-nous prêts.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 23:39

Source : http://www.lepoint.fr/presidentielle/jacques-genereux-le-monsieur-economie-de-melenchon-21-04-2017-2121595_3121.php

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Il se dit "anti-marchéiste" et souffle à l'oreille de Jean-Luc Mélenchon. Portrait d'un universitaire engagé qui n'aime pas vraiment la politique.

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Vous l'avez peut-être entendu à la radio, ou vu sur les plateaux télé, défendre de sa voix calme le programme économique de Jean-Luc Mélenchon. Il est souvent présenté comme le conseiller du candidat, ou le futur locataire de Bercy. Mais Jacques Généreux n'aime pas les étiquettes ni les raccourcis : il serait capable de consacrer vingt minutes de son temps précieux à démontrer votre « ânerie ». Pour la version officielle, que l'on pourrait lire sur la page de couverture d'un de ses bouquins, Jacques Généreux, 60 ans, est économiste, maître de conférence à Sciences Po, cofondateur du Parti de gauche, et codirecteur de la rédaction du programme de La France insoumise. Cela fait près de trente ans qu'il publie des ouvrages économiques, certains font partie des classiques, d'autres très critiques à l'égard du « marchéisme » – il n'aime pas employer le mot « libéralisme ». Depuis quinze ans, il côtoie le candidat de près.

Dans son dernier ouvrage, au titre assez explicite, Les Bonnes raisons de voter Mélenchon, il invite ses lecteurs à « réfléchir » et à « faire l'effort de l'intelligence ». Critique du « capitalisme financiarisé », constat de l'échec des politiques de rigueur, puis mise en contexte et explication des mesures nécessaires à la relance de l'économie : l'ouvrage est clair et pédagogique. Quand on le rencontre dans son bureau aux éditions du Seuil, où il dirige une collection, on lui demande tout naturellement de parler de lui. « La chose que j'aime le moins faire », avoue-t-il. Il tient à le faire comprendre : ce sont les idées qui l'intéressent. Il n'est pas là pour les bisbilles politiciennes, les stratégies électorales, les batailles de poste. Jacques Généreux est d'abord un universitaire, guidé en politique par ses convictions.

« J'ai compris que l'économie était le nerf de la guerre ! »

Petit, il voulait être prêtre, explorateur, archéologue, officier, puis officier dans la marine. Bref, il s'est toujours vu « œuvrer pour l'intérêt général ». Sa « famille gaulliste chrétienne » lui a appris le « sens de la vie » : « Ce qui importait vraiment était d'être au service des autres, l'égalité, la justice sociale. J'ai reçu tout ça et je l'ai traduit… À gauche. » Passionné par les débats politiques, il remarque que les invités des plateaux télévisés ont souvent fait Sciences Po et l'ENA. « À 15 ans, j'ai décidé de ces études pour comprendre la société. C'était la meilleure façon de m'engager en politique. À cet âge-là, mes copains étaient intéressés par les filles. Moi, c'est venu plus tard ! »

À Sciences Po, le jeune étudiant n'a pas le temps pour le syndicalisme étudiant : « Je faisais des activités sociales avec Les petits frères des pauvres. Je visitais plusieurs personnes dans la semaine et j'y consacrais une partie de mes vacances. » Pour l'après, Jacques Généreux hésite. Finalement, il abandonne l'idée de l'ENA : « J'ai compris que l'économie était le nerf de la guerre ! » Dès le début, il « fait le tri », et penche bien vite du côté keynésien.

Tout commence dans un train

Son doctorat d'économie terminé, il se juge « suffisamment compétent » et s'engage au PS en 1980. Il a 24 ans. « J'ai constaté que les partis politiques, c'était d'abord des gens se battant pour des postes. Et puis, à partir de 1983 et des politiques de rigueur, ce n'était plus vraiment la gauche. Donc j'ai pris mes distances avec le PS. »

Dès le milieu des années 90, il s'intéresse de nouveau au parti, sur son aile gauche. En 2002, il participe à la fondation du courant Nouveau Monde initié par Henri Emmanuelli. C'est là qu'il sympathise avec Jean-Luc Mélenchon. « Avant, on se croisait à peine. Pour moi, c'était juste un nom. » Les deux se retrouvent par hasard dans le même train de retour d'Argelès-sur-Mer, après le congrès de lancement. « On a parlé pendant des heures. Très vite, la conversation s'est située sur des sujets philosophiques. J'ai vu que cette image d'affreux trotskiste anticlérical qu'on lui donnait était totalement fausse ! »

Ils n'ont pas cessé de travailler ensemble depuis. Défendant le « non » au référendum de 2005 sur la constitution européenne. Espérant ensemble la victoire de la gauche du PS aux différents congrès. En 2006 pour la primaire, le mouvement se retrouve orphelin. « Emmanuelli ne voulait pas y aller, Jean-Luc non plus… » Tous deux soutiennent Fabius, le seul à avoir dit non en 2005. Arrive la défaite de Ségolène en 2007, « cette espèce de mélasse centriste new wave », puis la crise économique de 2008 qui, ils l'espèrent, validera auprès des adhérents leur critique du « capitalisme financiarisé ». Sauf qu'au congrès de l'automne 2008, la gauche du PS fait « son pire score depuis vingt ans ». « On s'est dit qu'on n'avait plus grand-chose à faire au parti. »

« C'est à la fois une conscience et un intellectuel du parti »

Le Parti de gauche est créé en 2008, et Jacques Généreux devient son secrétaire national à l'Économie. Poste qu'il abandonne en 2013, « par manque de temps », dit-il. Son travail de chercheur passe avant la politique. « Il n'a jamais été dans des discussions stratégiques ou tactiques. Ça ne l'intéresse pas, je crois, juge Éric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche. Il est resté toujours là, à veiller au programme économique. C'est à la fois une conscience et un intellectuel du parti. » Charlotte Girard, qui a coordonné avec lui le programme de La France insoumise, décrit « quelqu'un de discret, qui choisit ses interventions médiatiques ». « C'est un militant, mais il tient à conserver une image de spécialiste. Il n'a jamais cherché à occuper un poste », ajoute-t-elle.

D'où vient alors son image de ministrable ? « C'est Jean-Luc ! s'exclame Généreux. Quand on arrive dans une réunion, il dit : Voilà mon ministre de l'Économie. Donc maintenant, on m'a collé une étiquette, c'est inscrit sur mon front ! » Pour lui, la politique est synonyme de « soucis », d'« ennemis », de « pertes d'argent », et de « perte de temps sur [son] travail ». L'économiste assure n'être « candidat à rien » et aime à se répéter : « Ce n'est pas à 60 ans que je vais commencer une carrière de politicien ! »

« Il ne supporte pas la médiocrité. »

Guillaume Étievant, qui a succédé à Généreux au poste de secrétaire national à l'Économie au Parti de gauche, le décrit comme « exigeant ». « Comme Jean-Luc Mélenchon, c'est un tempérament. Il a vraiment besoin que les réunions avancent. » À entendre le concerné répéter d'agréables qualificatifs concernant les journalistes ou d'autres économistes – « crétins », « stupides », « imbéciles » – on devine sans peine qu'il place le curseur de l'intelligence très haut. Dans son ouvrage récent La Déconnomie, il tente de comprendre pourquoi les élites, pourtant des « esprits brillants », peuvent à ce point « patauger dans la stupidité » en défendant des politiques économiques de rigueur, inefficaces à ses yeux. « Il ne supporte pas la médiocrité, témoigne Charlotte Girard. Il est pointilleux et tatillon et refuse toute approximation. » La jeune femme se remémore certains « moments où ça gueulait un peu ». « C'est le prof ! C'est sa marque de fabrique. On n'a pas intérêt à dire de bêtises en sa présence. » Effectivement, gare à ceux qui le présentent comme anti-UE dans les médias : « Ce sont des crétins qui n'ont jamais ouvert un seul de mes livres ! »

Généreux adore donner son avis en toutes circonstances. En évoquant les auditions pour l'élaboration du programme de La France insoumise, Charlotte Girard décrit ces « moments où il ne pouvait pas s'empêcher de montrer sa vision des choses, alors qu'on était là pour écouter quelqu'un d'autre ! » À Sciences Po, il base ses cours sur deux de ses livres. « Ses détracteurs voient cela comme un moyen de faire ingurgiter ses positions », témoigne Jean, un de ses anciens étudiants. Louant sa capacité à « parler pendant deux heures sans notes », il décrit l'affluence et les amphis pleins de murmures d'étudiants qui « prennent position ». « C'est quelqu'un qui te fait réfléchir », tranche-t-il.

« Il y a régulièrement des prises de bec avec Mélenchon »

Réfléchir, oui. Mais pas trop vite. Jacques Généreux déteste les simplifications, ces « débats contre-productifs où l'on doit répondre en 45 secondes », ces « chaînes d'info en continu où l'on répète quinze fois la même chose au lieu de s'arrêter une fois suffisamment longtemps pour expliquer ». Il court après le temps, se dit « surbooké », mais en demande plus pour expliquer sa pensée. Invité d'Europe 1 le 6 avril avec Julia Cagé (l'économiste de Hamon), il ne supporte pas de n'avoir que 15 minutes pour aborder cinq sujets différents, et d'être coupé en permanence. Le voilà qui manque de quitter le studio. « Je me suis énervé, j'ai été mauvais », regrette-t-il.

Avec Mélenchon aussi, le ton monte. « Il y a régulièrement des prises de bec, raconte Charlotte Girard. Ce sont deux fortes personnalités et ils sont tous deux très affectifs. Dans ces cas-là, on attend que ça passe... Ils se réconcilient toujours à la fin ! » Jacques Généreux l'admet du bout des lèvres : « En réunion, le débat peut être… vif. Mais en privé, on ne s'engueule pas. » Les deux discutent beaucoup lors de leurs dîners, de philosophie, de la vie, « et pas que de politique ! ». « Il y a une base d'affection qui repose sur la communion, le partage, et l'estime mutuelle. » Éric Coquerel abonde : « Il a une fraternité intellectuelle avec Jean-Luc et une vraie complicité. »

Mais l'universitaire refuse d'être catégorisé conseiller de Mélenchon. « Jean-Luc ne prend pas des décisions seul en réunissant ses conseillers. C'est un long travail collectif. » Jacques Généreux préfère se présenter comme un militant : « Je suis engagé dans un mouvement politique auquel j'apporte mes compétences économiques. » En réalité, il a d'autres chats à fouetter. « J'ai un plan d'écriture jusqu'à 90 ans ! Après, je pourrai faire autre chose. Je ne sais pas encore quoi... » La politique qu'il jure ne pas aimer l'aura peut-être rattrapé d'ici là.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 18:29

 

https://www.youtube.com/watch?v=RJrUmbW3dX0

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 07:59

Examinant tour à tour Le Pen, Fillon, Macron, Hamon, Mélenchon, H. Pena-Ruiz et J-P Scot font le point.

L’article ci-dessous compare le programme des 5 principaux candidats à l’aune de la laïcité. Il est vrai que chacun d’eux s’empare du ‘mot’ cependant qu’aucun n’y donne le même contenu, si bien que l’usage verbal de ‘laïcité’ fonctionne essentiellement comme un attrape-nigaud dans le but de se faire élire.

En 2012, F. Hollande déclarait : ‘Mon ennemi, c’est la finance’, on a vu ce que cela a donné dans les faits. En 2017, tout le monde se déclare partisan de la laïcité, est-ce si vrai ? Les croyez-vous ? A vous de juger !  

Exergue

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Source : http://www.gaucherepublicaine.org/combat-laique/laicite-une-raison-de-plus-de-voter-melenchon-le-23-avril/7400176

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La laïcité est un principe de droit politique qui assure indissociablement la liberté de conscience, l’égalité de traitement des convictions spirituelles, et l’orientation de la puissance publique vers le seul intérêt général. En phase avec le triptyque républicain, elle garantit la liberté de culte, mais aussi la liberté de pensée de tous les êtres humains, égaux en droits. Surtout elle fonde une émancipation individuelle et collective universelle en découplant la loi civile et la loi religieuse. Une loi religieuse trop souvent solidaire du patriarcat qui opprime les femmes et de traditions rétrogrades qui réduisent la sexualité à la procréation, véhiculent l’homophobie et stigmatisent l’ humanisme athée ou maçonnique. La défense et la promotion de la laïcité doivent donc prendre toute leur place dans les choix déterminants que nous avons à faire dès le 23 avril.

Charlie Hebdo a demandé à tous les candidats de s’engager par écrit à « ne pas modifier la loi du 9 décembre 1905 sur la laïcité », à ne pas introduire des « aménagements particuliers à l’égard d’une communauté religieuse » et à ne pas tenter de rétablir le « délit de blasphème » aboli en France depuis 1789. Tous ceux qui ont répondu ont promis de défendre la laïcité. Mais nous ne sommes pas tenus de les croire sur parole car parfois leurs programmes et leurs actes contredisent leurs engagements écrits, que nous saurons rappeler à l’occasion.

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◊ Marine Le Pen, qui n’a eu la révélation laïque qu’en 2011, prétend non seulement défendre mais encore « promouvoir la laïcité … et l’étendre à l’ensemble de l’espace public ». Méfions-nous des ouvriers de la vingt-cinquième heure ! Que dit le programme du Front National ? « Laïque, la République n’accepte aucune religion ni aucune idéologie d’Etat dans l’espace public. » Marine Le Pen est-elle donc prête à interdire les messes en plein air, les processions catholiques et les manifestations des intégristes chers à sa nièce qui ne se prive jamais d’affirmer en public ses convictions religieuses ? Non, car le programme du FN précise : « Laïque, la République […] reconnait le rôle du christianisme en général et du catholicisme en particulier dans l’histoire de France et la construction de la civilisation française ». La contradiction est ici flagrante. Au passage une confusion de taille semble faite entre l’espace public civil et la sphère publique officielle de l’Etat. En réalité sous le nom de laïcité, idéal universaliste qui ne saurait privilégier une civilisation et une religion en les opposant aux autres, le FN cultive l’opposition entre le « eux » et le « nous » chère à Carl Schmitt, penseur d’un nationalisme d’exclusion que cultiva l’extrême droite allemande en 1930. Il reprend aussi à son compte le thème du prétendu « choc des civilisations » dont le penseur américain Samuel Huntington affirme la fatalité. Deux sources idéologiques hélas banalisées et totalement contradictoires avec l’universalisme laïque. Oublier les bûchers de l’Inquisition et la chasse aux sorcières pour ne s’en prendre qu’à un islamisme politique mal distingué de la religion musulmane ce n’est pas être laïque mais pratiquer l’histoire et la politique de façon discriminatoire. Une discrimination érigée en idéologie compensatoire qui flatte le peuple plutôt qu’il ne le défend. C’est tourner le dos à l’émancipation laïque et à la paix qu’elle rend possible. Champion des « racines chrétiennes de la France » le FN est si peu laïque qu’il réunit encore des intégristes hostiles au Concile Vatican II. Marine Le Pen a justifié sur France 2 l’installation d’une crèche chrétienne dans la mairie de Béziers par son ami Robert Ménard, qui simultanément interdit les paraboles sur les balcons! Privilège d’un côté, discrimination de l’autre ! Voilà bien l’usurpation que constitue l’invocation purement verbale de la laïcité ! Marine Le Pen prétend garantir la laïcité en faisant inscrire dans la Constitution la formule : « la République ne reconnait aucune communauté ». Ici l’ignorance le dispute à l’imposture ! En droit français, ne sont reconnus que des individus libres pouvant former des associations, y adhérer ou s’en retirer : en France, aucune « communauté », aucun corps intermédiaire, n’a d’existence légale depuis… 1789 ! Le paradoxe est que le FN dénonce sans cesse « toute forme de communautarisme qui favorise l’extension de modes de vie étrangers à la civilisation française » alors que lui-même entend imposer un modèle communautariste pour la France. Il dit rejeter « toutes les formes de discrimination positive » en faveur des « minorités » ; mais est-il prêt à abolir les subventions publiques aux écoles privées confessionnelles ? Il prône ouvertement l’« assimilation », et la « préférence nationale » en condamnant « la diversité, nouveau nom de la préférence immigrée ». Contradiction à nouveau. La laïcité dite « identitaire » du FN est le contraire de l’authentique laïcité fondée sur l’universalisme égalitaire des pères de la Loi de 1905. A force d’exalter un nationalisme d’exclusion, ne risque-t-on pas de nourrir le racisme et la xénophobie ? Jean Marie Le Pen a d’ailleurs vendu la mèche en indiquant que selon lui l’invocation de la laïcité par sa fille était purement « contingente », donc sans nécessité pour l’idéologie du FN. Il est grand temps de dire haut et fort qu’il n’y a pas parti plus antilaïque que le Front National !

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◊ François Fillon admet que la loi de 1905 est « une loi de liberté » et qu’elle fonde la neutralité de l’Etat. Mais pour lui, le principe de laïcité « s’est forgé tout au long du XXe siècle » : pas question donc de remettre en cause le Concordat d’Alsace-Moselle, ni la loi Debré de 1959 qui seraient le fruit d’un « consensus au bénéfice de tous » ! Bigre ! A croire que pour lui la « protection apportée aux religions par la République » est plus importante que la liberté de conscience des agnostiques et des athées. L’égalité n’est pas respectée! Drôle de conception de la laïcité pour un candidat soutenu sans gêne par « Sens commun » et affichant sans retenue sa catholicité érigée en référence identitaire ! Il n’est pas sûr qu’il accorde les mêmes égards aux citoyens de confession musulmane. Il a beau jeu de dénoncer aujourd’hui, autant que Marine Le Pen, un « fondamentalisme musulman particulièrement préoccupant »! Mais dans cet esprit ses excellentes relations de naguère avec les Frères musulmans, l’UOIF, et les monarchies du Golfe paraissent bien paradoxales. Il est vrai que le néolibéralisme peut oublier les droits humains lorsque des marchés juteux se présentent. Soucieux de marquer son ancrage chrétien, François Fillon aspire à une démarche concordataire de collaboration entre l’Etat et les « religions reconnues », comme sous Napoléon, car supposées d’utilité publique pour leur contribution à l’éducation, à l’intégration, à l’assistance, voire au maintien de l’ordre moral et politique. Tout le contraire de la laïcité, incompatible avec l’octroi de privilèges aux croyants.

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◊ Emmanuel Macron, dans sa réponse à Charlie, reconnaît que le principe de laïcité « a offert à notre société jusqu’à aujourd’hui 110 ans d’apaisement » grâce à la séparation des Eglises et de l’Etat. Son programme prétend l’appliquer strictement. Cela reste à voir ! Pour lui, une laïcité bien comprise suppose de développer « la connaissance des différentes religions à l’école en prévoyant un enseignement spécifique du fait religieux ». Un tel projet traite la spiritualité de façon discriminatoire, car il laisse de côté la connaissance des humanismes athée et agnostique, qui concernent aujourd’hui un Français sur deux. Mais surtout cet homme qui se dit nouveau et prétend moraliser le capitalisme renoue par son néolibéralisme avec le capitalisme débridé des origines, en faisant de la religion le supplément d’âme d’un monde sans âme. Ministre des finances attentif aux intérêts des capitalistes, cet ancien banquier ne proposa pas d’autre idéal à la jeunesse que celui de « devenir milliardaire ». Farouche partisan de la Loi El Khomri qui rature le Code du travail, il veut d’ailleurs l’aggraver par ordonnance. Dans cet esprit il nie la lutte des classes, jugée stérile et dépassée, pour favoriser les religions qui seraient seules capables de ré-enchanter le monde et de donner une espérance! Il affirmait en quittant son poste de ministre : « Les religions, notamment l’islam, offrent un accès à l’absolu ; elles proposent du sens … ». Libre au croyant d’affirmer ainsi sa foi, mais il est abusif de suggérer que sans la vertu théologale de l’espérance en l’au-delà le monde perd son sens. Un peu de considération pour celui qui ne croit pas au ciel et cultive l’espoir d’être heureux sur terre grâce à la justice sociale ! La maxime d’Emmanuel Macron, en somme, est typique du couplage propre au dix-neuvième siècle français : exploitation libre et charité ici-bas, compensation dans l’au-delà. Messieurs Rothschild et ses amis de la finance peuvent dormir tranquilles !

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◊ Benoit Hamon, curieusement, est optimiste : « je ne crois pas que la laïcité soit en danger ». Mais il fait fausse route dès lors qu’il veut voir dans la loi de 1905 un « riche compromis » entre les religions et l’Etat et non un principe de séparation et de neutralité. Aussi peut-on lui demander à quoi il s’engage quand il dit refuser « tout accommodement avec les pratiques culturelles ou cultuelles qui supposeraient de modifier la loi de 1905 ». Le fait est qu’il n’a pas dénoncé deux propositions antilaïques du groupe de travail « Cohésion républicaine » validées par le parti socialiste le 30 janvier 2015 : « recenser les besoins en lieux de culte et examiner les moyens de répondre aux manques dans certaines parties du territoire » et, « développer les établissements scolaires privés sous contrat. L’enseignement privé confessionnel musulman doit pouvoir se développer dans le respect des principes républicains ». Ce n’est pas le rôle de la République laïque de financer des lieux de culte, ni d’encourager le développement de l’enseignement privé sous contrat alors que l’Ecole publique manque de moyens pour assurer sa mission d’intérêt général. IL ne remet pas en cause les privilèges financiers de l’école privée confessionnelle, financée sur fonds publics alors que les religions n’engagent que les croyants. Il va même jusqu’à introniser l’enseignement privé comme partie prenante reconnue du service public d’éducation en prônant un partenariat privé-public ! Et il ne trouve pas grave l’interdiction de la présence féminine dans certains bars de Seine Saint-Denis ! Benoit Hamon serait-il un adepte inavoué d’une curieuse « laïcité multiculturelle » ?

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Jean-Luc Mélenchon n’a pas de brevet de laïcité à présenter, mais c’est pourtant lui qui répond avec le plus de clarté et de précision à Charlie Hebdo. Pour lui la loi de séparation des Eglises et de l’Etat doit être appliquée sur tout le territoire, en Alsace-Moselle comme Outre-mer. Puisque tous les citoyens sont égaux devant la loi, « il ne peut être question d’aménagement particulier pour telle ou telle religion ». Ce serait créer des discriminations entre croyants et non croyants et même entre croyants eux-mêmes. « Je m’engage donc, déclare Jean-Luc Mélenchon, à refuser les financements publics pour la construction des édifices religieux, des activités cultuelles et des établissements confessionnels. » Un engagement net, conforme à l’idéal républicain. Le principe laïque est clairement réaffirmé : consacrer l’argent public aux services publics de portée universelle. A notre sens cela implique de réserver l’effort de la nation à l’école publique. Ce qui suppose une remise en cause progressive de la loi Debré, non pour nuire à la liberté d’enseignement, mais pour réaffecter l’argent public à sa destination légitime : l’intérêt général, commun aux croyants et aux athées. Par ailleurs le candidat de la France Insoumise est le seul qui fasse ouvertement le lien entre la laïcité et les droits des femmes victimes des « prescriptions à caractère sexuel » de toutes les religions. Il considère donc à juste titre la laïcité comme un principe d’émancipation » et pas seulement comme une simple sécularisation. « Aucune prescription religieuse, écrit-il, ne doit être imposée par la loi ». La religion relève de la sphère privée : elle ne doit donc engager que les croyants et eux seuls. La laïcité leur permet au demeurant de vivre librement leur éthique de vie dans le respect du droit commun. Voila pourquoi il entend « combattre tous les communautarismes et l’usage politique des religions ». Emancipatrice, la laïcité l’est à plusieurs titres. A chaque personne humaine, elle assure la liberté de conscience qui englobe entre autres la liberté de culte, la liberté d’avoir une religion et d’en changer, ou de choisir un humanisme athée, et la liberté de pensée. Plus radicalement, elle permet à chacun la libre disposition de son corps et de ses actes, de son style de vie et de son être même. Comme elle lui assure le droit de mourir dans la dignité. Ainsi le cadre laïque rend possible la libre construction de l’identité individuelle. En fondant l’ordre public sur les droits humains et non sur les particularismes coutumiers et religieux la laïcité vaut principe de paix, d’intérêt général et d’émancipation.

Dès le 23 avril, pour défendre la laïcité en même temps que la justice sociale et la refondation écologique, votons Jean-Luc Mélenchon !

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Henri PENA-RUIZ, philosophe, auteur du Dictionnaire amoureux de la laïcité, Plon, 2014 et 2017 pour la dernière édition revue et augmentée.

Jean-Paul SCOT, historien, auteur de « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle ». Comprendre la loi de 1905, Points Histoire, Seuil, 2005 et 2015, et de Jaurès et le réformisme révolutionnaire, Le Seuil, 2014.

 

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 07:08

Extrait

‘A l’heure où le néolibéralisme triomphant était censé tout écraser sur son passage (en portant au pouvoir Emmanuel Macron ou François Fillon), s’est levée dans notre pays une formidable espérance. La candidature portée par la France insoumise et par son candidat Jean-Luc Mélenchon ouvre un espace politique à nos idées, celles de la gauche radicale comme ils l’appellent en haut lieu.’

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Source : https://marwen-belkaid.com/2017/04/20/pourquoi-je-voterai-pour-le-programme-lavenir-en-commun/

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Pourquoi je voterai pour le programme L’Avenir en commun

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Il paraît que cette élection est spéciale, que l’incertitude n’a jamais été aussi grande à quelques jours du premier tour, que l’atmosphère est très particulière, en bref que l’on n’a jamais vécu cela sous la Vème République. Du haut de mes presque 24 ans je n’ai vécu qu’une seule élection en tant qu’électeur, celle de 2012. J’ai également des souvenirs de celle de 2007 mais il me serait bien difficile de me rappeler de l’atmosphère des scrutins précédents. En tant que passionné de politique je me rends évidemment compte que cette élection a quelque chose de spécial sans pour autant être capable de ressentir ce caractère spécial.

Pour ma part, il est évident que cette campagne – et a fortiori l’élection à venir – est radicalement différente de la première fois où j’ai voté. En 2012, la France sortait d’un quinquennat sarkozyste marqué avant tout par les questions identitaires et la victoire de François Hollande (pour qui j’avais voté dès le premier tour) s’apparentait à un triomphe. Déjà à ce moment-là nous étions heureux d’avoir dégagé le locataire de l’Elysée et de l’avoir renvoyé à ses études. Mon parcours d’électeur est, finalement, très commun il me semble : jeune électeur de François Hollande en 2012, j’ai rapidement été trahi comme l’ensemble de ceux qui l’avaient porté au pouvoir. Du discours du Bourget et de l’engagement de réorienter l’Union Européenne, le nouveau président ne garda rien ou presque. De trahisons en reniements, ce quinquennat fut, pour moi comme pour tant d’autres, l’apparition d’un fossé chaque jour plus grand, d’une faille toujours plus béante, d’un divorce déjà consommé avec la caste politicienne qui nous gouverne depuis tant d’année.

L’enchaînement apocalyptique déchéance de nationalité/loi El Khomri scella de manière que je croyais alors péremptoire mon rejet des élections. Il est vrai qu’une bonne part du chemin avait été effectuée lors des régionales de 2015 lorsqu’au deuxième tour Marion Maréchal Le Pen était opposée à Christian Estrosi. En ce froid mois de décembre, je tournai définitivement le dos au front républicain et, quelques semaines plus tard, je me résolus à l’abstention après l’avoir critiquée à de nombreuses reprises. Après la primaire du Parti Socialiste et de ses satellites l’idée d’une alliance entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon m’intéressait et je me disais que si alliance il devait y avoir alors j’irai voter. Mais d’alliance il n’y eut point et je me dis que cette fois-ci l’abstention serait mon choix.

Pourtant, après une longue réflexion j’ai finalement décidé de voter pour le programme L’Avenir en commun. Dimanche prochain et, je l’espère, le 7 mai je glisserai (ou plutôt ma mère glissera pour moi) donc un bulletin Jean-Luc Mélenchon dans l’urne. Il n’a pas été facile de trancher entre l’abstention, le vote Philippe Poutou et celui de Jean-Luc Mélenchon mais après une longue maturation intellectuelle est venu le moment de « cristallisation » si cher aux analystes politiques et autres sondeurs. Il m’a fallu, comme le dit en substance Albert Camus dans ses Lettres à un ami allemand, me mettre au clair avec moi-même et savoir jusqu’à quel point j’étais prêt à faire des compromis avec moi-même au moment de glisser un bulletin dans l’urne.

 

L’Avenir en commun n’est pas parfait, il ne s’agit pas de défendre cela. Toutefois, il me semble être le programme à la fois le plus proche de mes idées et le plus porteur d’une justice sociale. A l’heure où le néolibéralisme triomphant était censé tout écraser sur son passage (en portant au pouvoir Emmanuel Macron ou François Fillon), s’est levée dans notre pays une formidable espérance. La candidature portée par la France insoumise et par son candidat Jean-Luc Mélenchon ouvre un espace politique à nos idées, celles de la gauche radicale comme ils l’appellent en haut lieu. Je considère que sur certains points L’Avenir en commun ne va pas assez loin mais finalement je ne trouve pas que ce soit une raison suffisante pour ne pas tenter de saisir l’opportunité historique qui se présente à nous.

Ce vote n’est ni un chèque en blanc donné à Monsieur Mélenchon ni une adhésion pleine et entière au programme et aux prises de position du candidat qui le porte. Par le passé j’ai émis des réserves à la fois sur le programme et sur l’homme et pour certaines d’entre elles je les conserve. Je suis de ceux qui ne croit pas que les urnes règlent tout et comme le défend le programme L’Avenir en commun, je suis intimement persuadé que c’est par une participation citoyenne accrue tout au long du mandat que celui-ci pourra être une réussite. Dans ce Zeitgeist qui semble être présent depuis quelques mois en Europe, je pense à mon philosophe favori que j’ai déjà cité plus haut. Dans Le Mythe de Sisyphe il écrit : « Il arrive que les décors s’écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d’usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le ‘pourquoi’ s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement. ‘Commence’, ceci est important. La lassitude est à la fin des actes d’une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l’éveille et elle provoque la suite. La suite, c’est le retour inconscient dans la chaîne, ou c’est l’éveil définitif. Au bout de l’éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d’écœurant. Ici, je dois conclure qu’elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n’ont rien d’original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l’occasion d’une reconnaissance sommaire dans les origines de l’absurde. Le simple « souci » est à l’origine de tout ». Mes amis, dès dimanche écroulons leurs décors.

Je fais donc parti de ces abstentionnistes déterminés qui finissent par finalement choisir un candidat. En temps normal je serais sans doute resté sur ma position et dimanche tout comme le 7 mai je serais allé pêcher ou bien jouer au foot. Mais, qu’y a-t-il de normal dans l’époque que nous vivons ? Et je ne veux pas parler du chiffon rouge Front National qu’on nous agite sous les yeux pour mieux nous faire peur et nous faire docilement rentrer dans le rang en votant pour un candidat du système politico-économique en place. Non, je veux bien plus assurément parler de la question environnementale. Si rien n’est fait dans les quelques années qui arrivent les dégâts deviendront irrémédiables. Il nous faut urgemment changer de manière de produire et de consommer sous peine de condamner l’humanité. J’ai, d’ailleurs, énormément de mal à comprendre les personnes qui choisissent de voter pour une personne qui n’a pas un mot pour l’écologie dans son programme ou, pire, considère que c’est une question de bobos situés en dehors des réalités.

Voilà les quelques mots que je voulais dire pour expliquer mon vote. Pour terminer j’aimerais ajouter à l’insoumission portée par le programme la révolte qu’oppose Camus à l’absurde dans son cheminement philosophique. Il me semble en effet que la notion éclaire de manière éclatante le combat qui est le nôtre, à gauche. Dans L’Homme révolté, le philosophe la définit comme tel : « Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le « cogito » dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. je me révolte, donc nous sommes ». Puisse notre révolte être féconde dans quelques jours mais également après. Rappelons-nous que quoiqu’il arrive ça ne sera pas la fin, ni même le début de la fin, peut-être seulement la fin du début.

 

PS : D’aucuns se demanderont sans doute pourquoi je publie un texte aussi long pour expliquer les raisons de mon vote. Je vous rassure je n’ai pas pris la grosse tête au point de croire que mon choix mérite des explications tant il est important. Simplement, étant donné que j’essaye, sur ce blog, de mener une réflexion que j’espère cohérente et que je ne me suis pas privé de critiquer tel ou tel candidat depuis le début de la campagne, il me semble normal d’exprimer mon choix et d’en expliciter les raisons. En outre, même si comme je l’ai dit les réserves que j’ai ne manqueront pas d’être à nouveau évoquées (pour la simple et bonne raison qu’il me semble que c’est dans la discussion qu’on peut améliorer réflexions et programmes), dire pour qui je vais voter évitera les procès d’intention et autres accusations fallacieuses qui pourraient surgir ci et là.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:03

Source : https://blogs.mediapart.fr/louisa-benzaid/blog/160417/c-est-bien-le-projet-de-jean-luc-melenchon-qui-va-sauver-l-europe

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Face à ceux qui n’en finissent plus de chercher la sortie de secours, Mélenchon va faire de la renégociation des Traités Européens, un véritable plan de sauvetage pour une Europe en mal d’idéal. Car voilà bien le mal qui nous frappe : De cette union sincère formée par Schuman et Adenauer, est né un mutant gigantesque qui nourrit toutes les injustices et n’inspire que méfiance. Il faut rendre à l’Europe son rôle et le sens 1er que voulaient ses bâtisseurs : la coopération pour la paix des peuples.

Quel abstrait concept désormais que celui de la paix en Europe, à l’heure où ses Etats ne sont plus qu’un champ de ruines, empêtrés dans une guerre sociale et financière qui ne dit pas son nom. La Grèce est ruinée, l’Italie et l’Espagne sont entrées en récession, l’Irlande ne s’en sort guère mieux. Pendant ce temps-là, la France, forte de ses 9 millions pauvres, dont le président se persuade que la crise est derrière nous, s’astreint docilement aux lois édictées par Bruxelles, en bon petit soldat, à respecter la règle d’Or !

Si l’Europe mérite son prix Nobel de la Paix, c’est pour avoir su désarmer son peuple !
Ne s’est-elle pas, plus d’une fois, moquée de cette souveraineté populaire ? Transformé le « NON » des Français, au projet de constitution européenne en 2005 & celui des irlandais en 2008 au traité de Lisbonne. Avorté, l’espoir de référendum des grecs, de décider librement de rester ou de partir.

Le 1 er ministre Grec Papandréou a été débarqué le lendemain de sa proposition de soumettre un référendum à son peuple.

Sans oublier les pressions qu’a subi le gouvernement Tchèque pour assurer le feu vert au traité de Lisbonne, en zappant la case référendum, lui substituant une validation par la cour constitutionnelle.

Mais entendons-nous bien, quand les Français votent « NON » en 2005 ils ne disent pas « NON » à l’Europe, ils disent « NON » à la dérive libérale qui les frappe et à la directive Bolkestein concernant les travailleurs détachés. Aujourd’hui encore ce dumping social des travailleurs détachés, illustre la dérive contre laquelle Jean-Luc Mélenchon nous met en garde et veut mettre un terme en l’abrogeant.

OUI c’est bien la promesse d’un autre destin pour la politique européenne que nous laisse entrevoir Jean-Luc Mélenchon. L’offre d’une Europe enfin réorientée vers l’humain et arrachée à l’emprise des magnas du capital.

Jean-Luc Mélenchon mène une campagne intelligente, avec des propositions claires : Un projet ambitieux, précis dans sa construction et réaliste dans son financement. Ce projet européen emportera dans son sillage l’adhésion des Français mais aussi des autres nations européennes.

La solution voulue par Jean-Luc Mélenchon nous la connaissons toutes et tous, les grandes puissances en usent depuis toujours pour maintenir leur économie à flot, amortir le choc des crises, relancer l’innovation et poursuivre le progrès social : Une banque centrale au service des politiques publiques.

Cette solution ne relève pas d’un miracle, il s’agit d’un instrument économique puissant, que les états forts ont toujours pris soin de garder à disposition. Les Etats Unis, le Japon et même la Grande Bretagne par ailleurs, ont largement sollicité leur banque centrale pour soutenir leurs investissements publics et privés.

Seulement voilà, la condition du financement passe par un bras de fer avec Angela Merkel et l’armée de spéculateurs qui l’entoure. Taper du poing, David Cameron s’y est déjà employé avant tout le monde et avec succès. Bien avant la question du Bréxit, David Cameroun avait menacé de ne pas voter le budget, s’il n’obtenait pas de rabais substantiel sur sa contribution financière à l’union européenne.

Voilà l’illustration qu’il faut un rapport de force pour réussir une négociation et c’est clairement le projet de Jean-Luc Mélenchon : mettre en balance quelque chose de très fort, pour obliger Angela Merkel à changer ses positions.
Cette simple politique du stylo fermé employée à l’époque par David Cameron, a suffi pour faire céder Angela Merkel.

Or si Tsípras a échoué, c’est tout simplement parce qu’il a démarré les négociations en posant le préalable que quoi qu’il arrive, il ne quitterait pas l’Europe.

Voulant rassurer, il commet une erreur monumentale, en n’ayant plus aucune prise sur la négociation. Tsipras n’a pas compris que le plan qu’il négociait, ne servait qu’à rembourser les banques européennes : il n’y avait pas d’aide, dans le plan d’aide !

Qui peut sérieusement envisager un instant l’Europe sans la France ?
Jean-Luc Mélenchon l’explique clairement : La France est un pilier indispensable à l’Europe, avec près de 20% du PIB Européen, nous sommes et avons toujours été la locomotive dans la construction européenne. La menace de la sortie d’une Europe aujourd’hui dévoyée, est un préalable incontournable, pour poser les bases d’une renégociation en profondeur.

Désormais la vision de Mélenchon est tellement claire et pertinente que ses adversaires se sont alignés sur ses positions au fil de la campagne :
- Marine Lepen, après avoir déclaré bêtement, tout comme messieurs Asselineau et Dupont- Aignan, qu’elle sortirait de l’Europe, évoque maintenant un maintien avec renégociation.

- François Fillon dont l’idée même de toucher à l’Europe était pour lui suicidaire, rétropédale et parle à son tour, de la nécessité de « changer une Europe qui ne fonctionne plus », dit-il.

Si Jean-Luc Mélenchon a mis d’accord Marine Lepen & François Fillon autour de sa vision européenne c’est que cette vision est devenue une évidence.

Dans ce combat pour refaçonner la coopération, le candidat Mélenchon n’est pas seul, nombre d’experts et d’économistes se rallient à lui en publiant des tribunes éloquentes.
 

On a même entendu sur BFM le journaliste Thierry Fabre, du magazine Challenges, résumer cette idée, par la nécessité de « renouer avec une Europe qui marche et qui protège ».


Jean-Luc Mélenchon ne ratera pas cette occasion de porter ce changement, il mènera ce combat à l’échelle Européenne car la promesse est belle pour tous ses membres, sa main ne tremblera pas.

 

 

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 05:38

A l’étranger, l’élection présidentielle française ne laisse pas indifférent, bien au contraire.

Si la France insoumise et son candidat J-L Mélenchon sont copieusement étrillés par les libéraux, parallèlement et à contrario, les mêmes sont perçus favorablement par les progressistes. C’est dire que l’accession possible de J-L Mélenchon au pouvoir est reconnue par les uns et les autres, et pour des raisons différentes, comme un changement politique majeur susceptible de perturber profondément l’ordre actuel de l’Europe, en conséquence celui du monde.

La pétition : https://petitions.moveon.org/sign/france-please-dont-repeat qui avait recueilli hier (selon l’article ci-dessous) 4000 signatures venues du Canada, des USA, de Belgique, d’Australie,…., n’en finit pas de grossir.

Exergue

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Présidentielle : quand Mark Ruffalo, Danny Glover et Noam Chomsky appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon

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Source : http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/presidentielle-quand-mark-ruffalo-danny-glover-et-noam-chomsky-appellent-a-voter-pour-jean-luc-melenchon_2152863.html

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Les deux acteurs et le professeur américain appellent à s'unir derrière, selon eux, le candidat de gauche le mieux placé pour l'élection présidentielle française.

La dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon prend une ampleur internationale. Aux Etats-Unis, les acteurs Mark Ruffalo, Danny Glover et le professeur de linguistique Noam Chomsky ont lancé une pétition pour appeler à voter en faveur du candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle. L'objectif ? Ne pas répéter la "tragédie" du choix Clinton/Trump.

L'acteur qui interprète Hulk dans Avengers et celui qui incarne Roger Murtaugh dans L'Arme fatale refusent que l'élection présidentielle française ne se limite à un choix entre le candidat "de l'establishment libéral" et "le populisme de la droite xénophobe". Une critique à peine voilée d'Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen. "C'est le scénario qui a entraîné l'élection du président Donald Trump aux Etats-Unis", expliquent les célébrités américaines. Elles appellent donc à soutenir le candidat de gauche le mieux placé dans les sondages : Jean-Luc Mélenchon.

"Les soutiens de Bernie Sanders veulent la victoire cette fois"

L'initiative a récolté plus de 4 000 signatures, mercredi 19 avril, en début d'après-midi. De quoi ravir le candidat de la France insoumise, qui a remercié Danny Glover dans un tweet bilingue : "Merci pour votre soutien !". Même enthousiasme de la part de sa porte-parole Raquel Garrido, qui salue "une initiative très heureuse".

Je confirme qu'il y a un fort intérêt et enthousiasme pro-Mélenchon aux USA. Les soutiens de Bernie Sanders veulent la victoire cette fois.

Pour sa porte-parole, Jean-Luc Mélenchon peut gagner, car il n'a pas été "englué dans le piège des primaires", comme Bernie Sanders aux Etats-Unis. Une vision que semblent partager certains observateurs de la vie politique internationale, comme l'explique cet article du magazine anglophone The Intercept.

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