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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 10:56

Ce soir s’achève la présidence la plus lamentable de la Ve République, qui aura détruit pratiquement toute confiance autour d’elle.

Mais, une nouvelle fois, en dépit de tout, par l’abstention, les bulletins blancs et nuls, comme par les votes au nom de monsieur Macron, notre pays a massivement refusé l’extrême droite, car elle est étrangère à l’identité républicaine de la France. Madame Le Pen arrive la troisième de ce deuxième tour, après monsieur Macron, les abstentions, les bulletins blancs et nuls.

Le nouveau président est élu. La courtoisie et l’amour de notre démocratie commandent d’en prendre acte sans barguigner et de lui présenter nos voeux. Puisse le sens du destin de notre patrie vous habiter, monsieur le président. Et la pensée des démunis, sans droits, sans toit, sans emploi, vous obséder. Puisse la France y trouver son compte.

Mais mieux vaudrait y veiller par nous-mêmes.

Le programme du nouveau monarque présidentiel est connu : c’est la guerre contre les acquis sociaux du pays et l’irresponsabilité écologique. Nous n’y sommes pas condamnés.

Les élections législatives doivent montrer qu’après un vote de refus et de peur, le moment est venu d’un choix positif : le choix de L’Avenir en commun. J’appelle les 7 millions de personnes qui se sont regroupées autour du programme dont j’ai été le candidat à se mobiliser et à rester unies, qu’elles aient ou non voté pour monsieur Macron. J’appelle tous ceux qui sont prêts à rompre avec le passé à se joindre à la France insoumise, dont nous avons fait le nouveau mouvement de masse en tête dans tant de villes de notre pays.

Fédérez-vous, les gens. Sans vous éparpiller, puisque vous avez vu comment, à 600 000 voix près, vous avez été éliminés de ce deuxième tour. Fédérez-vous si vous vous reconnaissez dans l’humanisme écologique et social qui est nécessaire à notre temps et dont je m’efforce d’être le porte-parole.

Les gens, ne lâchez rien ! Ne renoncez à rien. Ce pays et les gens simples qui le peuplent ne sont condamnés ni au pouvoir des riches ni à celui des haineux.

Une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous. Le goût du bonheur reste contagieux. À notre appel, le 18 juin, deuxième tour des législatives, notre résistance peut gagner la bataille. Et je vais m’y employer avec vous de toute mon énergie.

Vive la République. Vive la France.

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 Vidéo de l’intervention : http://melenchon.fr/2017/05/07/une-autre-majorite-est-possible/

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 17:40

J’écoutais hier au soir l’émission La Grande Librairie. Un invité déclare : « Il y a tant de dictatures qui sont élues démocratiquement. Le peuple vote pour la dictature parce que la liberté est angoissante ».

Dans l’article ci-dessous, Jennar écrit : «… la dictature qui vient n’est pas nécessairement celle redoutée par les médias... ». Plus loin, il ajoute : « Macron élu, sa marge de manœuvre va être conditionnée par deux facteurs : son résultat et le taux d’abstentions et de votes blancs qui l’accompagnera d’une part et la majorité parlementaire dont il disposera pour gouverner d’autre part. Si le 7 mai au soir, il y a davantage d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui que les voix qu’il aura obtenues pour être élu, Macron saura qu’il ne pourra pas imposer à la majorité des Françaises et des Français qui lui sont hostiles – car cette majorité existera bel et bien – les politiques antidémocratiques, antisociales et anti écologiques que son programme et ses soutiens annoncent ».

Exergue

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Source : http://www.jennar.fr/2017/05/02/le-piege-les-menaces-et-lespoir/

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2002 : pour repousser le père Le Pen, ce nostalgique de Vichy, de l’Indochine et de l’Algérie françaises, ce négationniste des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide commis par la barbarie nazie, des millions de Françaises et de Français ont voté pour un Jacques Chirac dont ils ne partageaient pas les choix politiques. Nombreux sont ceux qui, cette année-là, se sont fait violence en votant contre leurs convictions. Rien n’est plus malsain dans une démocratie.

Mais c’est de là qu’est née la stratégie du vote utile. Le scénario parfait pour les tenants du système. La garantie de l’élection systématique d’un des leurs. Ils ne furent pas obligés d’y recourir lors du scrutin de 2007 puisque ni Ségolène Royal, ni à fortiori Nicolas Sarkozy ne remettait en cause l’ordre établi, celui du « il n’y a pas d’alternative ».

Sarkozy devenu à juste titre un épouvantail pour une majorité du peuple, c’est contre lui qu’on invoqua le vote utile. Ce fut l’opération menée à bien en 2012. Au premier, comme au deuxième tour, il fallait donner toutes ses chances au disciple du social-libéral Delors et ne prendre en aucun cas le risque que Sarkozy puisse être réélu.

Sarkozy évacué par son propre camp en vue de l’élection de 2017, la nouvelle menace surgit d’une opération bien menée depuis des années par la presse dominante, Le Monde en tête : la dédiabolisation du FN. Tout au long des dix années écoulées que n’a-t-on lu dans la presse dominante qui contribuait à faire du FN un parti comme un autre ? Que n’a-t-on entendu dans la bouche d’un Sarkozy ou d’un Valls des propos qui flirtaient avec la xénophobie et le racisme du FN ?

Cette dédiabolisation fut une réussite. Elle s’est traduite par une montée en puissance dans les sondages et lors des scrutins intermédiaires. Ainsi, normalisée, et donc plus proche d’une éventuelle victoire, la dirigeante du FN pouvait, pour les présidentielles, être présentée comme une candidature aussi répugnante que celle de son père en 2002. Il suffisait qu’à l’approche des élections, les médias dominants oublient la dédiabolisation et insistent sur les sondages pour ressusciter le discours de la peur, appeler au vote utile et ainsi écarter, au premier tour, une candidature vraiment de gauche.

Avec en prime, pour le deuxième tour, en face de Mme Le Pen reconfigurée en repoussoir, un pur produit du monde de la finance et du MEDEF, mais beau gosse, belle gueule, une sorte de Lecanuet un tantinet inspiré avec, parfois, des phrases qui sonnent bien, à la Kennedy, et souvent, des propos qui sonnent creux. Parfait produit marketing !

Et sans qu’aucun de ces soi-disant observateurs avertis ne s’en étonne, dans une urgence dramatisée, en un chœur quasi unanime le 23 avril au soir, où la moindre voix hésitante fut montrée du doigt, la droite classique, le centre et la droite solférinienne entonnent le pieu verset « Macron président ». Et tout aussitôt se joint à ce chœur un des artisans de cette opération, un des premiers responsables du succès actuel du FN, Hollande.

Mais qui ne voit que cet empressement est destiné à emprisonner l’électorat de gauche, une nouvelle fois, dans un choix qui n’est pas le sien ? Avec, à la clé, et ça c’est neuf, en face, d’une part une demande d’un vote d’adhésion et d’autre part un engagement ferme de pratiquer la pire politique de la plus brutale des manières. Ce qui signifie que les gens qu’on presse aujourd’hui de voter Macron vont voter pour quelqu’un qui non seulement brime leurs convictions, mais surtout menace leurs intérêts personnels. Car les intérêts de la finance et du MEDEF, dont Macron est le bras politique, n’ont jamais été ceux du peuple.

Ne convient-il pas, en présence d’un tel piège, de se poser la question, dans chacun des cas, en quoi consiste le danger ?

La menace Le Pen

Le Pen élue, c’est incontestablement une image totalement défigurée de la France. Une raciste, une xénophobe à la tête du pays, cela réduirait la France au niveau d’une Hongrie, d’une Pologne, d’une Ukraine, qui au moins peuvent expliquer qu’elles n’ont jamais connu la démocratie avant 1991.

Le Pen élue, nombreux aujourd’hui redoutent un passage légal vers une dictature fasciste (certains, les plus effrayés, parlent même de national socialisme et invoquent l’arrivée d’Hitler au pouvoir par la voie démocratique) par application de l’article 16 de la Constitution, ce qui permettrait la fin des libertés fondamentales, un « Vel d’Hiv pour les migrants », l’épuration idéologique et culturelle.

Le Pen élue, ce serait aussi un désastre social et économique dont les gens modestes qui votent pour elle seraient les premières victimes.

Je respecte ces craintes, surtout lorsqu’elles sont le résultat d’une confrontation directe avec le fascisme, d’une lucidité démocratique ou d’une exigence éthique (exigence que je dénie aux gens du PS et de LR qui ont tant fait pour le succès du FN avec les politiques initiées et soutenues). Et j’en partage certaines. Même si je tente de raison garder. D’abord, parce qu’il y a la manipulation médiatique dont l’intérêt est de pousser au paroxysme de la peur pour favoriser le poulain du patronat. Mais aussi, parce que je me méfie des analogies historiques. Nous ne sommes ni dans l’Italie de 1922, ni dans l’Allemagne de 1933, ni dans la France de 1940. Et, si répugnant soit-il, le FN ne dispose ni de SA, ni de SS, ni de la Milice et il n’est pas en mesure de dicter sa loi par la violence, sauf à surévaluer quelques groupuscules. Il faut se garder des références historiques qui n’ont qu’un faible rapport avec la réalité d’aujourd’hui. Ce qui n’enlève rien à la critique impitoyable dont le parti de Mme Le Pen doit faire l’objet et à la vigilance qui doit s’exercer de la part de tous les démocrates.

Nous sommes dans un régime présidentiel que, de Mitterrand à Hollande, on s’est bien gardé de tempérer ou de supprimer. Le peuple en est aujourd’hui largement victime. Les pouvoirs de la présidence sont grands. Mais ils ne sont pas absolus. Un président français a besoin d’une majorité parlementaire. Sur la base des voix obtenues par le FN le 23 avril, celui-ci n’a aucune chance d’obtenir une majorité parlementaire. Ce serait un premier barrage au pouvoir de Mme Le Pen si elle était élue.

Certains objectent que dans ce cas, en justifiant sa démarche par les manifestations et les grèves suite à son élection, situation qu’elle qualifiera de chaos, Mme Le Pen pourra se servir des dispositions de l’état d’urgence et de l’article 16 pour s’arroger les pleins pouvoirs. La question revient dans les débats et il faut l’aborder.

Relisons cet article dont nombreux sont ceux qui le citent dans sa version de 1958 en oubliant le dernier paragraphe ajouté en 2008 :

« Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel.

Il en informe la Nation par un message.

Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d’assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d’accomplir leur mission. Le Conseil constitutionnel est consulté à leur sujet.

Le Parlement se réunit de plein droit.L’Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l’exercice des pouvoirs exceptionnels.

Après trente jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le Président de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs, aux fins d’examiner si les conditions énoncées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public. Il procède de plein droit à cet examen et se prononce dans les mêmes conditions au terme de soixante jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà de cette durée. »

Cet article est effrayant. Au point qu’on doit d’abord s’interroger. Pourquoi ceux qui crient aujourd’hui au loup ne l’ont-ils pas fait disparaître quand ils en avaient le pouvoir ? Certes, cet article contient quelques garde-fous intégrés dans le dernier paragraphe. Mais en trente jours, bien des abus de pouvoir peuvent être commis. Je me demande d’ailleurs pourquoi les journalistes ne posent pas aux deux candidats la question du recours éventuel à cet article. Car Macron, autant que Le Pen, pourrait aussi s’en servir si son mépris du peuple provoque grèves et manifestations.

D’aucuns évoquent la possibilité de recourir à l’article 36 de la Constitution relatif à l’état de siège. Mais le pouvoir exécutif ne peut le prolonger au-delà de douze jours sans l’accord du Parlement.

Demeure la quatrième possibilité « dictatoriale » de l’éventuelle élue FN : les ordonnances. Relisons l’article 38 de la Constitution :

« Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.

Les ordonnances sont prises en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière expresse.

A l’expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans les matières qui sont du domaine législatif. »

On le constate immédiatement, l’accord du Parlement est indispensable. Il n’y a donc aucune possibilité pour Mme Le Pen de pouvoir y recourir. Par contre, Macron, lui, pourra. Puisqu’il disposera, lui, d’une majorité parlementaire comme on va le voir.

Ainsi est évaluée à sa juste proportion, me semble-t-il, la menace FN. Mais je respecte totalement celles et ceux qui font une autre appréciation. Dans l’évaluation d’un risque, il n’y a jamais de certitude absolue. Et cela vaut aussi pour ce qui va suivre.

La menace Macron

S’il ne faut pas que Mme Le Pen soit élue, il ne faut pas davantage que l’élection de Macron ressemble, par l’ampleur des voix obtenues, à une sorte de chèque en blanc qui lui permettrait de réaliser le projet qu’il porte. Car la menace Macron est bien réelle.

Convenons d’abord, qu’à la différence de Mme Le Pen, avec les ralliements nombreux qu’il a déjà obtenus y compris à droite, avec le renouvellement que va provoquer le fait qu’un tiers au moins des parlementaires sortants ne vont pas se représenter, un boulevard s’offre aux candidats d’En Marche. Même s’il ne réunit pas à lui seul une majorité absolue, il ne sera guère difficile à Macron d’obtenir le ralliement d’autres libéraux de droite ou de gauche. Il disposera d’une majorité au Parlement. C’est à retenir pour apprécier les moyens dont il va disposer pour imposer sa politique.

Et cette majorité pourrait, si la violence des réformes Macron provoque grèves et manifestations, justifier un recours à l’article 16 qui, soyons en certain, ne poserait aucun problème à ces élus-là. De toutes façons, Macron pourra gouverner par ordonnances. Souvenons-nous qu’il a clairement répété à de multiples reprises qu’il ne « cèdera rien » de son programme. Dès cet été, comme il l’a annoncé. C’est, en pire, la violence sociale et la brutalité antidémocratique pratiquées par Valls et annoncées par Fillon. C’est cela le « de gauche et de droite » dont se réclame Macron.

Macron élu pourra, dès cet été, provoquer le démantèlement du droit du travail et l’ubérisation de la société. Agissant par ordonnances, il abandonnera le dialogue social tant vanté quand il se pratique en Allemagne.

Macron élu, cela veut dire l’austérité généralisée, une précarisation massive des emplois et dès lors un appauvrissement généralisé de la population et une réduction de l’espérance de vie. Comme en Allemagne.

Macron élu, c’est la dictature de la finance et du monde des affaires. Le soutien aux groupes bancaires les moins éthiques comme BPCE, BNP Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale ; le soutien à des entreprises comme Bayer, Monsanto, Sanofi, qui font passer le profit avant la santé et la biodiversité ; le soutien à l’agro-business, ses pesticides et ses fermes de mille vaches et de dix mille porcs ; le soutien à Vinci, ses autoroutes onéreuses et ses travaux inutiles, coûteux et destructeurs du cadre de vie (ND des Landes); le rejet de la relocalisation de l’économie.

Le programme de Macron, c’est ce que l’organe patronal Le Monde appelle de ses vœux depuis tant d’années : réduire le périmètre de l’Etat, l’éternel attente des conservateurs de tous les temps et sous tous les cieux. Il y a toujours trop d’Etat pour ceux qui refusent une équitable redistribution de la richesse produite, c’est-à-dire, aujourd’hui, pour ceux qui rejettent la démocratie politique et la démocratie sociale ainsi que la transition écologique.

Macron élu, avec son soutien au TAFTA, au CETA à l’ACS et à cette pratique nouvelle du libre-échange qui s’en prend à la souveraineté des peuples, c’est le rêve de ses mentors qui se réalisera : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » (David Rockefeller, Newsweek, 1 février 1999).

Macron élu, sa politique se résume en quelques mots : le démantèlement progressif et irréversible de l’Etat.

Macron élu, c’est une mutation irréversible de la société française. L’impossibilité, observée chaque jour, de remettre en question les avancées néo-libérales, les accords de l’OMC, les traités européens, les directives européennes, tous textes transcrits dans la législation nationale, doit nous convaincre du caractère irréversible de la révolution conservatrice que Macron mettra en oeuvre. On ne reviendra pas sur les bouleversements Macron, il faut en être conscient.

A la différence des craintes légitimes qu’inspire l’élection de Mme Le Pen, dont on nous abreuve de manière apocalyptique, rien n’est dit par la presse dominante des dangers majeurs qu’apporte l’élection de Macron. Rien de plus naturel quand on sait quels sont les intérêts que sert cette presse. Et pourtant, la dictature qui vient n’est pas nécessairement celle redoutée par les médias.

***

Allons un peu plus loin dans la réflexion et tentons d’imaginer la situation en cas de victoire de l’un ou de l’autre.

Le Pen élue, le choc provoqué peut créer le désarroi ou le sursaut ou les deux consécutivement. Le désarroi, c’est une classe politique déboussolée avec des élus de droite se ralliant au FN afin d’être réélus, avec le marais des indécis, avec un parti socialiste en pleine décomposition ne sachant plus à quel libéral se vouer. Je suis d’avis qu’il n’y a pas grand chose à attendre des politiciens professionnels. Mais il n’est pas interdit d’espérer en même temps, face au désarroi, le sursaut. Il peut venir du peuple lui même, de ceux qui se sont abstenus, qui ont voté blanc et de ceux qui ont voté non pas pour Macron mais contre le FN. Ce sursaut, il viendra surtout de ceux qui se sont employés à offrir une alternative au FN. Une alternative qui n’est pas nourrie par les politiques qui accroissent l’influence du FN. Bref, Mme Le Pen élue, c’est la crise. Une crise extrêmement grave. Mais une crise, c’est toujours la transition d’un état vers un autre. En France, il a toujours fallu des circonstances extrêmes pour passer d’un état vers un autre. Peut-être certains ont-ils besoin d’un tel choc pour permettre l’indispensable mutation du système politique français ? Pour conclure, Le Pen élue, c’est un moment très dangereux à surmonter dans des délais relativement courts. Donc, cette analyse qui s’efforce à l’honnêteté intellectuelle, ne peut, pour ce qui me concerne, conduire qu’à une seule décision : pas une voix pour le FN !

Macron élu, sa marge de manœuvre va être conditionnée par deux facteurs : son résultat et le taux d’abstentions et de votes blancs qui l’accompagnera d’une part et la majorité parlementaire dont il disposera pour gouverner d’autre part. Si le 7 mai au soir, il y a davantage d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui que les voix qu’il aura obtenues pour être élu, Macron saura qu’il ne pourra pas imposer à la majorité des Françaises et des Français qui lui sont hostiles – car cette majorité existera bel et bien – les politiques antidémocratiques, antisociales et anti écologiques que son programme et ses soutiens annoncent. On me rétorquera que le monde qu’il représente se soucie peu de tels scrupules. J’en conviens. Mais j’observe que Macron demande un « vote d’adhésion » et que se multiplient, de la part des libéraux ralliés à lui, des appels à ce que sa victoire « soit large ». C’est donc que cela a de l’importance vu le massacre social qui s’annonce. Sa légitimité sera fonction de son score. A chacun d’apprécier l’utilité, pour la suite, d’un Macron en dessous de 60% le 7 mai.

Macron devra aussi obtenir une majorité parlementaire qui lui donnera les mains libres pour ramener le peuple de France au sort qui était le sien au 19e siècle. Au nom, bien entendu de la modernité et de la lutte contre les archaïsmes. Discours classique qui était déjà celui des patriciens contre les plébéiens dans la Rome républicaine. On a vu qu’il peut réunir cette majorité parlementaire.

L’espoir

L’empêcher d’obtenir cette majorité doit donc être, dès à présent, l’objectif prioritaire des celles et de ceux qui veulent, pour tout le peuple de France, des « jours heureux ».

C’est possible. Si les 7 millions de voix obtenues sur le nom de Jean-Luc Mélenchon et sur le projet « L’Avenir en commun » ne se dispersent pas et se transforment en autant de sièges à l’Assemblée nationale. Le boulevard évoqué plus haut profitera de la même manière à La France Insoumise. Si elle reste rassemblée.

Ces 7 millions peuvent même devenir neuf ou dix, si s’opère autour de ce projet authentiquement alternatif un rassemblement non pas d’appareils discrédités, mais de femmes et d’hommes pour qui résister, c’est beaucoup plus que faire barrage. C’est construire.

 

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 14:04

Source : http://www.gaucherepublicaine.org/combat-social/pour-un-front-republicain-social/7400234

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Quelques minutes à peine après les premières estimations du premier tour, certains journalistes voulaient déjà que chacun se positionne immédiatement sur ce qu’il ferait au second tour. Le mouvement social n’y échappe pas. Il se doit de regarder avec lucidité la situation, mais surtout de ne pas se laisser enfermer dans cette seule question qui ne résout pas tout.

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La fin de la Ve République

Pendant toute la campagne électorale, les néo-giscardiens emmenés par M. Macron prédisaient la fin du « clivage gauche-droite » en voulant unir tout le monde autour de lui, et ce, peu importe les idées portées. Cette vieille opinion qui, sous couvert de modernité, porterait l’hyper-centrisme comme un consensus général, est dangereuse puisqu’elle nie les intérêts de classe, mais surtout parce qu’elle déstabilise les constructions politiques en relativisant l’engagement. Finies les convictions, finies les utopies, finis les débats d’idées. Libéral, opportuniste, éloigné des préoccupations de la classe ouvrière, le mouvement « En marche » n’est cependant en rien comparable à l’extrême droite. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est tout sauf la fin du clivage gauche-droite, dans une France aux inégalités grandissantes, mais c’est bel et bien l’enterrement de la Ve République. Celle-ci vient de nous offrir un pitoyable spectacle en faisant émerger au second tour un mouvement anti-républicain, le FN, et un autre qui souhaite la disparition de la gauche et de la droite au profit d’un mélange incompréhensible qui ne favorisera pas le débat démocratique. La confrontation d’idées, les marqueurs idéologiques, sont fondamentaux dans la construction politique et comme moteur de l’action collective, d’engagement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces deux candidats, pour des raisons bien différentes, ne souhaitent pas une VIe République qui mettrait un terme à cette mascarade électorale. Mais c’est aussi en partant de cette réalité que nous devons rappeler l’importance d’une nouvelle constitution et République, seule issue pour faire de la politique autrement et en finir définitivement avec ce système.

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Du premier tour, faisons table rase

Certains, comme moi, iront glisser un bulletin blanc au second tour, partant d’un postulat assez simple qui repose sur trois éléments. Le premier, c’est que M. Macron et son mouvement hétéroclite du « vieux monde » n’est en rien un rempart contre l’extrême-droite, ni aujourd’hui et encore moins demain. Le programme qu’il propose, la défense des vainqueurs du capitalisme contre les vaincus, la volonté de détruire le mouvement social, conduira à une nouvelle montée de l’extrême droite. La seconde raison, c’est que le front républicain ne peut pas se faire sans conditions. Il peut être un réflexe progressif et permet de rappeler qu’il doit y avoir un cordon sanitaire avec l’extrême droite. Mais là se pose un problème : M. Macron compte depuis le début de sa campagne sur l’extrême droite pour se faire élire. On a même vu une ambiance de fête au QG d’« En marche », victoire finale presque acquise, alors que l’extrême droite est pour la seconde fois au second tour d’une élection nationale, ce qui doit nous interroger sur la manière de la combattre, non seulement dans les urnes mais aussi sur le terrain social. Il faut donc que M. Macron, chantre du consensus, prenne aussi des revendications de la gauche s’il veut vraiment faire appel à toutes et tous contre l’extrême droite. N’ayons pas trop d’illusions sur ce point. Le débat a été totalement écarté concernant les engagements du mouvement « En marche » envers les électeurs des autres organisations politiques. Troisième raison, c’est l’absence de la gauche de la gauche, pourtant aux portes du second tour, et ce fatalisme qui nous conduirait à appeler au « front républicain » sans préparer les législatives et sans vouloir faire baisser avant tout le score de l’extrême-droite. Notre rôle serait plutôt de faire campagne contre l’extrême droite et ses idées, de s’occuper des 8 millions de votants et de les convaincre. Le Front National n’a quasiment aucune chance de passer vu les reports de voix prévisibles, et la situation aurait été toute différente si le fascisme était davantage proche du pouvoir ; pour autant, l’axe central stratégique ne peut pas être celui d’un report de vote pour M. Macron.

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L’essentiel : s’organiser

Que des camarades se rendent au second tour pour voter M. Macron ne m’inquiète pas pour autant. Ce n’est pas un point de rupture entre nous tant qu’ils ne prennent pas leurs cartes au mouvement fantaisiste « En marche » et qu’ils respectent mon bulletin blanc, prenant en compte le positionnement à la fois anticapitaliste et antifasciste. Ce serait une erreur de rester centré sur la question du vote et du second tour, comme ce le serait de penser qu’à terme, il faudra toujours choisir entre un centre-droit libéral et l’extrême droite, mettant fin à toutes alternatives de transformation sociale. M. Macron et Mme Le Pen sachant pertinemment qu’ils profitent du rejet réciproque de leurs électeurs, la tentation est grande pour continuer ainsi. Que ce soit le capitalisme ou l’extrême droite, chacun sait que la présence sur le terrain reste la pierre angulaire pour combattre. Il faut continuer d’être présent pour que l’extrême droite disparaisse, en sachant que les luttes sociales sont d’une grande importance. N’oublions pas non plus que les législatives doivent être l’occasion, même si les configurations locales sont parfois plus complexes pour unifier un vote, de permettre de faire battre l’extrême droite sans concession et de faire émerger des candidats insoumis, progressistes, laïques et souhaitant changer radicalement de système. À gauche toute, et dès le 1er Mai !

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 18:29

 Extraits :

« C’est que dans cette morale particulière de l’incendie, la responsabilité va exclusivement aux brûlés et jamais aux incendiaires.

Et comme le tableau doit être complet, que pas un détail dans l’obscénité ne doit manquer, voilà que ces derniers nous appellent à faire barrage aux effets en nous enjoignant de voter pour les causes – insultant au passage ceux à qui il reste un peu de logique, et qu’on reconnaît précisément à ce fait qu’avant d’en arriver là, eux avaient entrepris de s’en prendre aux causes. On pourra dire ce qu’on veut du candidat Mélenchon, mais on aura du mal à éviter de voir que pour la première fois il a ramené du vote populaire vers la gauche, et contesté efficacement le vote « jeunes » au FN. »

 « Le premier argument part de la question stratégique qui demande dans quel état du monde les luttes sociales à venir trouvent leurs meilleures conditions. Au moins, de ce point de vue, c’est vite tranché. D’un côté le FN est comme un iceberg de merde dont on aurait vaguement blanchi la seule partie émergée. Parmi ceux à gauche qui se posent sérieusement la question du second tour – sérieusement s’entendant : autrement que sur le mode de l’injonction hystérique mêlée d’hypocrisie –, il n’en est pas un qui ne sous-estime la dangerosité de la chose, ni ce qu’il en coûtera aux plus exposés, dans les quartiers – à eux-mêmes également qui auront, dans la rue, à en affronter concrètement le risque : policier et judiciaire (quand ils « résistent », BHL pétitionne depuis Saint-Germain et Quatremer tweete des selfies dans une péniche).

D’un côté, donc, le FN, de l’autre Macron, qui est comme le candidat optimal pour la phase finale de la décomposition, dont il ne faut alors pas méconnaître les bonnes propriétés stratégiques objectives. C’est sans doute un propre des situations de grande crise que la nécessité historique trouve toujours les agents individuels qui lui conviennent pour s’accomplir. Ici particulièrement. Car Macron s’annonce comme l’accélérateur de tous les processus. Fabriqué par l’oligarchie comme réponse à la crise, il est le meilleur agent de l’approfondissement de la crise »

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Pour l’article complet, voir la source : https://blog.mondediplo.net/2017-05-03-De-la-prise-d-otages

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 17:34

Donc, hier au soir, le téléspectateur avait le choix de la chaîne TV de garde de sa préférence, sans avoir à se préoccuper du contenu - le même, distribué sur toutes. Quel veinard !

Peut-être était-il impossible à une seule chaîne d’absorber les 16 à 35 millions de téléspectateurs prévus. Ne connaissant rien à la dimension de la tuyauterie nécessaire pour diffuser, c’est la question que je me pose.

De fait, ils ne furent que 16,5 millions (1) à voir ce moment, dit politique, qualifié plus tard d’affligeant – comme s’il pouvait en être autrement lorsque la nausée débat avec l’urticaire.

Je me suis demandé quels était ces 16,5 millions d’assidus du petit écran de garde et me suis donc livré à cette petite investigation que je vous livre.

Résultats des présidentielles (source ministère de l’Intérieur) :    

  Mme Marine Le Pen : 7 678 491 voix, 21,30 %

  M. Emmanuel Macron : 8 656 346 voix, 24,01 %.

Je fais un petit calcul et j’observe que le total des voix est de : 16334837.

Pur hasard, me direz-vous.  Si vous y tenez ! Mais, mon petit doigt pense qu’il s’agit là des aficionados des deux lascars.

Pour ma part, j’ai fini par trouver une chaîne qui m’a proposé un film qui n’était pas désagréable.

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  1. Le plus mauvais score d'un débat présidentiel 1981 : 30M 1988 : 30 1995 : 17 2007 : 20 2012 : 18

Je vous laisse le soin de trouver l’explication à cette chute d’audience.  

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 19:08

J. Chirac avait refusé de débattre avec J.M Le Pen. On s’en souvient.

Je suppose, dites-moi si je me trompe, que c’était une façon de ne pas reconnaître le FN comme interlocuteur, même si ce parti était légal puisque qu’il n’était pas interdit (excellente démonstration !).

Je ne sais plus où j’en suis. Car, avouez, alors qu’on me demande de faire Front républicain, Emmanuel partouze, ce soir, à la télé, avec Marie, fille de Jean-Marie, héritière dans l’ordre dynastique du FN toujours pas interdit.

Où est-il le Front républicain là-dedans quand celui à qui il doit profiter se con promet ?

Tout le monde pousse des cris : politiciens à la ramasse, médiacrates patentés, gogos en goguette aux gogues.  « Front républicain ! Front républicain ! », qu’ils s’époumonent. Mais ils devraient le gueuler à qui de droit.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 18:04

…. il m’apprendrait bien des choses.

Ainsi : tel qui y appelle aujourd’hui - individu ou parti - le rejetait hier, après y avoir participé avant-hier. C’est le sujet des liens (1) et (2). De quoi inviter à la tempérance.

Le Front républicain se présente comme une union sacrée pour défendre la République.

Ré-publique. Etymologiquement : la chose publique. C’est également le système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple.

De la chose publique, parlons-en. Parlons des services publics. Observons le sort qui leur est fait par les uns par les autres pour juger de qui est républicain et de qui ne l’est pas. Faisons cette différence et distinguons entre ceux qui utilisent le terme usager des services publics tandis que les autres préfèrent celui de client. Etc. etc.

De la souveraineté populaire, parlons-en également. Car il ne suffit pas qu’elle soit constitutionnelle, que le citoyen soit appelé à voter à échéance. Il faut encore qu’elle ne soit pas confisquée par oligarques, ploutocrates, technocrates. Ou bien encore, le peuple souverain s’étant exprimé, que par l’exercice de l’esprit retors, on s’ingénie à ne pas tenir compte de son expression comme ce fut le cas  avec le TCE en 2005. Etc. etc.

La République a bon dos. Et c’est faire preuve de toupet que d’invoquer son esprit sans avoir cette précaution qui consiste à la définir, dire ce qu’on lui fait contenir.

Le toupet est si grand, qu’il est même des partis qui se sont fait une spécialité de muter en s’appropriant le terme de République : UNR, UDR,…, LR. Passons !

 « Sans le socialisme, la République est vide », disait J. Jaurès. Comme lui, je conçois la République oui, mais sociale, pour qu’elle soit pleine. Et je ne pense pas qu’E. Macron, vu la politique qu’il entend mettre en œuvre, soit un fervent partisan de la République sociale.

Alors, le Front républicain, prenons le avec des pincettes.  

 *

 *

  1. http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/04/24/le-front-republicain-une-longue-histoire_1564999
  2. https://www.monde-diplomatique.fr/2015/03/GOMBIN/52740
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 21:06
  1. On nous dit : « Le FN est à la porte du pouvoir ».

Qu’on explique. Comment peut-il l’être lorsque dans les sondages il est donné à 40% alors qu’En Marche est à 60%.

D’ailleurs, tous les commentaires s’accordent, en contradiction avec : le FN à la porte du pouvoir, pour signifier que, même l’écart se resserrant, celui-ci est trop grand pour être résorbé d’ici le 2ème tour.

C’est donc un ‘argument’ qui joue sur la peur. Et ça, ce n’est jamais bon pour réfléchir.

  1. Par crainte du FN, Macron, d’un coup, deviendrait fréquentable.

Ah ! oui. Alors une petite vidéo de G. Filoche pour rafraichir la mémoire de ceux chez qui elle s’évapore :

 https://www.youtube.com/watch?v=kun9lvIeiZ0

Et ça, ce n’est qu’un avant goût.

  1. Avez-vous pensé que si la loi travail, plus connue sous l’appellation  loi El Khomri, s’était appelée comme cela était prévu, du nom de son auteur : loi Macron, peut-être, pour les présidentielles, celui-ci n’aurait pas eu le succès qu’il a après s’être ramassé les manifs ?
  2. Ceci encore. Juste pour savoir comment Macron manipule. Cette petite vidéo s’appelle :Retour sur ambiance des meetings d’E. Macron’ : https://www.youtube.com/embed/3BPckfQ8N7c

**

Pour ma part, je me prépare à voter au 2ème tour. J’hésite entre :

  • Un bulletin : France insoumise
  • Un bulletin : ‘En Marche’, la dernière étape avant le FN.
  • Un ½ bulletin Macron additionné d’1/2 bulletin Le Pen.
  • Un bulletin : Rencard aux législatives.
  • Un bulletin : A bientôt dans la rue.
  • Un bulletin :

Si vous avez des idées, n’hésitez pas à m’en faire part.

Mais, je vote.

Les ‘experts’ annoncent plusieurs millions de blancs ou nuls et indiquent que ce sera du jamais vu. C’est une bonne façon de pousser à faire reconnaître, dans l’avenir, le vote blanc ou nul, pas vrai ?

 ***

Maintenant ceci :

Résultats de la consultation organisée par la France insoumise sur le second tour de l’élection présidentielle

Source : https://lafranceinsoumise.fr/2017/05/02/resultats-de-consultation-second-tour-de-lelection-presidentielle/

*

2 mai 2017

Comme Jean-Luc Mélenchon s’y était engagé dès le lancement de sa campagne, la France insoumise a organisé ces derniers jours une consultation à propos du second tour de l’élection présidentielle.

Il ne s’agissait pas de déterminer une consigne de vote mais d’organiser la prise de parole des insoumis.es au sujet de leurs choix de second tour. Étant donné l’attachement profond de la France insoumise aux principes d’égalité, de liberté et de fraternité, le vote Front National ne constituait pas une option de la consultation.

Close depuis ce mardi 2 mai à 12H00, cette consultation a permis l’expression de 243128 insoumis.es et donne à voir des avis partagés :

– 87818 insoumis.es, soit 36,12%, pour un vote blanc ou nul;
– 84682 insoumis.es, soit 34,83%, pour un vote Emmanuel Macron;
– 70628 insoumis.es, soit 29,05%, en faveur d’une abstention.

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 08:44

Une injonction est un ordre, un commandement impératif, non discutable.

Si ! Justement ! Discutons. C’est ce que fait H. Pena-Ruiz ci-dessous. Ce que font bien des citoyens.

Une autre raison, en plus de celles qui ont été indiquées précédemment dans le blog, pour laquelle il convient de ne pas voter pour lui c’est que, le sieur Macron, droit dans ses bottes, demande une adhésion à la politique qu’il entend mettre en œuvre. Il ne bougera pas d’un iota. Il l’a annoncé. Vous entendez ? Pas d’un iota !

Pour appliquer son programme, il gouvernera rapidement par ordonnances. C'est-à-dire comme F. Fillon, il entend mener la guerre éclair : la blitzkrieg. Procéder à la stratégie du choc.

Il n’y a pas un fascisme. Il y a des fascismes. Vais-je préférer l’un à l’autre ou les rejeter tous les deux ?

Il nous faut gagner les législatives. Ne nous soumettons pas !

Exergue

 **

 **

Source : http://www.liberation.fr/debats/2017/04/30/ne-nous-soumettons-pas_1566100

 *

Seule la France Insoumise a su proposer une véritable alternative face à la montée du lepénisme, mais il faut désormais compter sur le troisième tour: les législatives. Pour faire barrage contre l’extrême droite et éviter un score à la soviétique pour Monsieur Macron, adepte du 49-3 et des ordonnances.

*

 

Ne nous soumettons pas !

Selon Montesquieu le propre du despotisme est de gouverner à la peur. Or qui veut nous faire peur aujourd’hui? Ceux qui prétendent que le FN est aux portes du pouvoir alors qu’il sera loin d’avoir la majorité à l’Assemblée Nationale, et par conséquent ne pourra pas gouverner. Les amis de M.Macron, avec sans doute l’appui d’un président qui a trahi ses promesses pour se faire élire, mettent en scène leur rêve, en forme de ruse machiavélique. Orchestrer la peur de voir Mme Le Pen gouverner afin de construire pour leur candidat une «majorité présidentielle» écrasante. Et disposer ainsi d’une majorité nette à l’Assemblée nationale pour continuer la politique d’un quinquennat sinistre.

C’est typiquement la logique de la cinquième République, hélas aggravée naguère lorsque Monsieur Jospin crut devoir inverser le calendrier électoral. La monarchie présidentielle prenait ainsi davantage encore le pas sur l’élection des représentants du peuple, ligotant celui-ci dans des alternatives mystifiantes. Quant à la lutte contre le FN, certains feraient bien de balayer devant leur porte. Qui donc a cyniquement joué sur un score élevé du FN pour substituer la peur à tout inventaire critique d’une politique de trahison fondée sur une tromperie initiale ?

Non au chantage à l’apocalypse

Sauver la démocratie? Allons donc! Monsieur Macron annonce son intention d’aggraver la Loi El Khomri par ordonnances…pendant les vacances d’été, afin d’éviter toute contestation. Jolie façon de réaliser la «démocratie participative»! Naguère il proposait aux jeunes d’avoir pour seul idéal de devenir milliardaires. Sans doute en exaltant un système «Qui produit la richesse en créant la misère» (Victor Hugo). Belle profession de foi humaniste!

Ouvrons les yeux. Ras-le-bol de ce chantage à l’apocalypse pour désespérer encore une peu plus les laissés pour compte du néo-libéralisme et de la «concurrence libre et non faussée». Avant de pleurnicher sur la montée du lepénisme, il serait bon de s’interroger sur ses causes et de proposer une véritable alternative, comme le fait La France Insoumise. Qui vient de faire reculer le score de Marine Le Pen, sinon Jean Luc Mélenchon? Le score du FN est passé de 28 % à 21,5 % tandis que celui du candidat de la France Insoumise a atteint 19,6%.

Sa proposition de soumettre toute décision concernant le second tour à une réflexion collective des militants qui l’ont soutenu est toute à son honneur. Elle est en phase avec notre volonté de changer la politique par l’invention d’une sixième République. Elle répond à la complexité d’une situation qui mérite réflexion et délibération, à rebours de toute image d’Epinal. Ceux qui osent traiter Jean Luc Mélenchon de dictateur le calomnient, une fois de plus. Leur rage est d’ailleurs inconséquente. Tantôt ils lui reprochent son autoritarisme vertical, tantôt ils croient devoir s’indigner de sa refondation horizontale de la politique, soucieuse de faire parler le peuple. Il faudrait savoir !

Nous, fossoyeurs de l’Europe? Une Europe construite à rebours de tous les idéaux de justice qu’elle était censée incarner. Victor Hugo inventa l’expression «Etats-Unis d’Europe», sur le mode confédéral d’une union des nations. Des nations libres dans une union libre, tournées vers le progrès social et la culture délivrée des inégalités économiques. Il doit se retourner dans sa tombe au regard de la caricature de son idéal par l’Europe actuelle. Une Europe néolibérale voulue par Jean Monnet, attachée à corseter les peuples dans la négation quasi irréversible des conquêtes sociales qui forcèrent le capitalisme à s’humaniser. Qui refuse la régression de civilisation que représente le credo du moins-disant social imposé par l’Europe actuelle? Qui demande en Europe une harmonisation des droits sociaux par le haut? La France Insoumise, avec das Linke, Podemos et Syrisa. Bref c’est la construction actuelle de l’Europe qui en creuse la tombe.

Monsieur Hollande avait promis de renégocier un traité européen, le TSCG. Il ne l’a pas fait. Et il ose maintenant reprocher à Jean-Luc Mélenchon de vouloir le faire! Qu’a donné la litanie d’un changement intérieur de l’Europe? Rien, car elle a sous-estimé l’emprise d’une finance mondialisée et elle a finalement abdiqué devant elle. Le terrible sort réservé au peuple grec en est la preuve. Relisons la mise en garde prémonitoire de Pierre Mendès-France contre cette orientation mortifère pour l’Europe. C’est notre acte d’insoumission qui réconciliera les peuples avec elle par une refondation politique, écologique et sociale.

De la souveraineté populaire

Par ailleurs, qui mène la bataille des idées contre le FN en expliquant le rôle des immigrés dans la reconstruction de la France, et en rappelant que les immigrés paient plus de cotisations qu’ils ne touchent de prestations? Qui rejette le nationalisme d’exclusion inspiré par l’opposition du «eux» et du «nous» chère à Carl Schmitt? Qui combat la thèse de Samuel Huntington selon laquelle les civilisations s’opposeraient et se hiérarchiseraient inéluctablement? Qui ouvre la réaffirmation de la souveraineté populaire au niveau national à l’internationalisme, avec la promotion du progrès social pour tous les peuples? La France Insoumise. Pour faire reculer les réflexes racistes ou xénophobes, ne nous contentons pas de condamnations moralisantes. Agissons sur les causes et déconstruisons les préjugés obscurantistes. Nous n’avons pas de leçons à recevoir des principaux responsables de la montée du FN!

«Populisme »! Allons bon, encore un mot magique pour disqualifier sans argumenter! Le propre du populisme de droite est de flatter le peuple et non de le servir. C’est d’ailleurs le sens littéral du mot démagogie, en grec ancien. Mais si défendre réellement les classes populaires c’est être populiste, alors soyons populistes. Par une telle défense, nous défendons également l’intérêt général. D’où la lutte contre la dévastation des droits sociaux et des acquis du programme du CNR, comme la Sécurité sociale et les services publics, et le refus de la déconstruction du code du travail à coup de 49-3 et bientôt d’ordonnances. Trêve de mots pièges et d’amalgames odieux entre les «deux extrêmes». Un amalgame qui soit dit en passant banalise le FN puisqu’il lui donne le même statut qu’à la France Insoumise !

Le barrage à l’extrême droite ? Les législatives

Ensemble, en 2012, nous avions chassé la droite. Et pendant cinq ans nous avons eu la droite déguisée en gauche, avec l’exception honorable du Mariage pour tous courageusement promue par Christiane Taubira, réforme sociétale juste, mais qui n’aurait pas dû dispenser de l’attention à la question sociale. Il faut comprendre la désespérance du monde du travail, sans justifier pour autant n’importe quel vote protestataire. Je comprends qu’en l’état actuel des choses on puisse se sentir écartelé entre un vote blanc, improprement appelé «nul», qui marque le dégoût d’une pratique politique désespérante, et un vote Macron, posé un peu vite comme seule alternative à l’extrême droite. Les deux votes sont respectables, et je dénie à quiconque le droit d’en disqualifier un. Mais c’est désormais un troisième tour, celui des Législatives, qui permettra de dresser un véritable barrage contre l’extrême droite, et non un score à la soviétique pour Monsieur Macron, adepte du 49-3 et des ordonnances.

Un dernier mot sur l’incroyable faute déontologique et le manque d’esprit laïque du président de la République. Comment Monsieur Hollande a-t-il considéré les devoirs de sa fonction lorsqu’il a violé la réserve qu’il avait annoncé vouloir respecter, n’étant pas candidat ni chef de parti mais Président de tous les Français? Ses accusations insensées, aux limites de la calomnie, sur la prétendue complicité de Jean-Luc Mélenchon avec Assad et Poutine, ou sa propension supposée dictatoriale, ont rompu l’égalité de traitement des candidats alors que la constitution lui faisait un devoir de la respecter. Décidément l’immunité présidentielle, elle aussi, devra être revue par la sixième République dans le cadre de la moralisation de la vie politique!

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 16:31

Avant de laisser le citoyen juge de ce qui a failli se passer dans ce petit village audois (1) faisons un tour sur Wikipédia.

‘En France, où le vote secret est constitutionnalisé depuis 1795, l'électeur remet son bulletin plié au président du bureau qui l'introduit dans l'urne[réf. nécessaire]. Ce n'est qu'en 1913 que la loi du 29 juillet introduit l'enveloppe, l'isoloir et le dépôt dans l'urne par l'électeur lui-même2. La loi vient après une quarantaine d'années de discussions au cours desquelles ses meilleurs partisans sont les radicaux et les socialistes.’

Historiquement, comme vous venez de le lire, ce sont les radicaux et les socialistes qui ont été les artisans de la loi sur le cadre du secret du vote qui garantit contre toutes formes de pression.

C’est donc un acte illégal que s’apprêtait à commettre le magistrat communal, élu sous l’étiquette socialiste, s’il n’avait pas été contraint par la préfecture à y surseoir, lorsqu’il se proposait d’inviter ses administrés, néanmoins citoyens par définition émancipés, à recevoir le bon point pour autant qu’ils fissent preuve - comment d’ailleurs? - de leur allégeance mesurée à Macron. Bon point auquel je n’aurais pas eu droit parce que, quoique viscéralement antifasciste, je ne voterai pas prochainement pour Macron à la raison qu’il va pourvoir de par sa politique, à la suite de celles des gouvernements LR et P(s) dans lesquelles il s’inscrit avec encore plus d’audace, à l’alimentation en voix du FN.

Le bon sens aurait été que notre imaginatif local fit réunion publique politique et harangua ses ouailles. A cette manière, il avait droit. Mais non !  On se demande quelle mouche l’a piqué ?

 *

Comment expliquer cette errance intellectuelle et morale ?

Pour cela il faut observer, ici dans le village mais plus largement dans le département, le lent basculement qui fait passer de l’omniprésence du socialisme à un vote frontiste majoritaire.

A grands traits. Les barons, petits et grands, sont des héritiers. Héritiers de la grande époque socialiste, plus attentifs à s’assurer d’une clientèle électorale qu’à faire, comme leurs ainés, de la politique et de l’éducation populaire. Ils ne sont plus vraiment dans la lutte (ou rarement), au mieux ils gèrent et accompagnent tels des amortisseurs les politiques économiques décidées ailleurs. Leur grand souci c’est d’être élus, réélus, surtout de ne pas faire de vagues. A ce jeu, la misère s’est installée, misère des territoires, misère des individus. Progressivement les citoyens ont déserté le parti politique de leur cœur se rendant compte que l’étiquette ne suffit plus à l’affaire. Cette progressivité de la désaffection du parti socialiste aurait dû faire réagir, mais non ! Tant qu’il y a de la vie ‘socialiste’ dans les urnes, il y a l’espoir d’être élu. Oui, mais voilà ! Au village, pour la première fois le FN arrive en tête, pareil dans le département. Alors, tout autant pour faire barrage au FN que pour sauver son siège à la prochaine échéance électorale, dans le cadre d’une réflexion fortement élaborée il est fait n’importe quoi.

 *

  1. http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/aude-maire-socialiste-proposait-certificats-aux-electeurs-macron-faire-barrage-au-fn-1243615.html
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