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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 04:57

Pourquoi des communes autogérées ? Comment peuvent-elles l’être ? Autrement dit : comment ça se passe ?

La commune de Saillans, dans un document (1) long et charpenté, répond concrètement à ces questions.

Mais d’abord : une extrait introductif rapide en réponse à la 1ier question : pourquoi ? Pour le reste il conviendra de consulter le document.

« Deux dérives du fonctionnement traditionnel d’une mairie ont été identifiées, surtout dans les petites communes : d’une part, l’accaparement du pouvoir par le maire et ses adjoints, et d’autre part la faible participation des habitants, sollicités souvent seulement une fois tous les six ans. Pour éviter ces dérives, un fonctionnement « autrement » est proposé. Il repose sur deux piliers, la collégialité au sein de la municipalité et la participation des habitants ».

***

  1. http://www.mairiedesaillans26.fr/gouvernance-collegiale-et-participative/

***

Information : Conférence : ‘Démocratie participative, une expérience en marche’.

Le samedi 14 novembre, à 20h30, au foyer communal d’Espéraza (Aude), avec la participation de Tristan Rechid, membre du Conseil des Sages de la municipalité de Saillans.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 06:21

Partout la démocratie fout le camp.

Ici, on supprime des communautés de communes au profit de vastes intercommunalités dans lesquelles les décisions sont prises par quelques uns, essentiellement citadins.

Là, un maire décide seul, de l’avenir du territoire sur lequel il règne, se contentant d’informer les populations du sort auquel il va les contraindre.

Ailleurs, en Europe, le vote d’un peuple ne vaut rien ; dernièrement celui du peuple grec, il y a quelques années celui du peuple français et du peuple néerlandais à propos du TCE.

Il en va ainsi jusqu’aux coopératives, soit parce qu’elles sont devenues trop grandes, soit que les administrateurs s’adonnent une fois l’an au formalisme de la réunion légale pour recevoir quitus tandis que le reste du temps ils ignorent les coopérateurs.

Dans tous les cas, alors même que les élus entonnent la musique qu’il faut davantage de démocratie, on assiste en réalité à l’extinction programmée de la vie démocratique.

On ne s’étonnera pas du coup que soit proposée, début décembre prochain, au public carcassonnais une conférence intitulée : « La démocratie a-t-elle un avenir ? Origine et destin » animée par Françoise Valon, enseignante en philosophie politique à l’Université Mirail de Toulouse.

Si ici et là, et ailleurs, la démocratie s’étiole, il est d’autres endroits où elle se déploie et prend son envol. C’est affaire de volonté des populations, du maire pour autant que sa philosophie ne soit pas la satisfaction de son équation personnelle, que de développer un autre fonctionnement de la vie collective.

A Marinaleda en Espagne, à Tordères dans les Pyrénées-Orientales, mais pas seulement là comme en font état les liens ci-dessous, la démocratie renait au travers d’assemblées citoyennes qui débattent…et décident.

***

***

Dans les liens proposés d’autres liens qu’il n’est pas inutile d’aller lire.

Tordères Pyrénées orientales

http://www.article11.info/Torderes-commune-autogeree-mode-d

http://culture-autonomie-et-partage.webnode.fr/news/torderes-le-village-autogere/

Vaudancourt Jura

http://matricien.org/politique/anarchisme/vandoncourt/

http://colibris.ning.com/forum/topics/vaudancourt-commune-autog-r-e-exemple-suivre?xg_source=activity

Marinaleda Espagne

http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2014/12/marinaleda-le-succes-d-un-village-autogere.html

http://exergue.over-blog.com/article-urbanisme-marinadela-seville-espagne-un-47388154.html

Un éventail d’expériences de démocratie participative, directe,…

http://populaction.com/tag/effets-concrets-sur-la-vie-de-tous-les-jours-de-la-democratie-directe-locale/

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 06:02

Quoi ? Le cumul des mandats. Vous attendez quoi ? Que les cumulards vous pondent la loi ad hoc ? Celle qui les dessoude. Si c’est le cas, vous risquez d’attendre longtemps.

 

Vous voulez y mettre fin au cumul des mandats ? Oui ? Rien de plus simple. Ne votez pas pour un cumulard. Ne vous laissez pas embrouiller. Si, au moment de se faire élire ou réélire le cumulard de par chez vous n’a pas démissionné de ou des autres fonctions qu’il occupe, cherchez pas, qu’il dise ce qu’il veut, qu’il promette…, il ne fera rien. Alors ! A vous de jouer. Virez-le. Votez pas pour lui ! C’est comme ça que vous ferez le ménage.

 

C’est aussi comme ça que vous ferez la loi. Pour une fois que l’électeur peut la faire en direct, faut pas qu’il se gêne. Allez ! À la poubelle le cumulard.

 

Maintenant, si vous êtes contre le cumul des mandats et si vous continuez à voter pour votre cumulard favori, ne vous plaignez plus. Et surtout : taisez-vous !

 

Quant au mien, je m’en occupe.

Qu’on se le dise.
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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 17:48

Telle est la réponse apportée par Christiane Faure (1) à Franck Lepage (2).


Dernièrement, pour diverses raisons, j’essayais de comprendre ce que pouvait être l’éducation populaire, j’essayais de savoir pour quelle raison elle s’avérait nécessaire alors que nous sommes allés à école. J’arrivais à ce constat que l’éducation nationale avait échoué dans sa mission qui n’est pas seulement de permettre l’acquisition de savoirs, de techniques, d’aider au développement de l’intelligence,… mais de donner à chacun le goût du sens critique, celui de l’exercer en usant de la raison, ainsi d’accéder au jugement argumenté, libre, non dépourvu de sens moral, ceci afin de participer au mieux et d’une manière responsable à la vie dans tous ses aspects… et donc à la vie démocratique.

C’est à une conclusion du même tonneau que sont arrivés, au sortir de la 2ième guerre mondiale, ceux, dont Jean Guéhenno (3) et Christiane Faure,  qui vont penser l’éducation populaire. L’argument : certes les allemands sont des êtres cultivés, intelligents, pour autant cela n’a pas empêché les camps de concentration. Il manquait donc quelque chose dans leur éducation (et certainement la nôtre, la collaboration témoignant de cela). L’éducation populaire,  ne verra pas le jour dans le nouveau ministère de l’Education nationale du fait des gaullistes et des communistes qui tentent d’en prendre le contrôle.

 

Franck Lepage ajoute politique. Education populaire politique. Tient-il cela de Christiane Faure ? Cela se peut. 

Je retiendrai le qualificatif politique, car il s’agit bien de s’opposer à un adversaire politique  qui n’apparait pas à notre conscience et qui pourtant existe et agit. Ainsi, par exemple, lorsqu’il use, il en a le pouvoir, d’un vocabulaire détourné, erroné, changé, trompeur,… les cotisations sociales devenant alors des charges, les exploités des défavorisés, un travailleur une unité de travail, la masse des travailleurs le capital humain,…. tout un vocabulaire qui, à force de l’entendre, nous donne à penser différemment que nous devrions le faire, à entrer dans la logique de ceux qui tiennent les pouvoirs, au final à accepter l’acceptable comme la remise en cause des conquêtes sociales et de bien d’autres choses encore.

 

Mais on ne m’ôtera pas de l’idée  que c’est sur les bancs de l’école que la formation du jugement critique et moral doit se faire, et, que s’il y a nécessité de faire de l’éducation populaire pour lutter contre l’entreprise d’aliénation à laquelle nous sommes soumis c’est bien que la mission de l’école n’a pas été correctement remplie.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui plus que jamais, l’éducation populaire s’avère nécessaire afin de nous permettre de reconquérir notre autonomie de jugement en nous dégageant de la pensée officielle relayée par des médias serviles, de celle véhiculée par la société de consommation, toutes deux nous contraignant à l’assujettissement en nous fournissant du prêt-à-penser, du prêt à vivre  et à consommer dans un cadre présenté comme unique et indépassable (on se demande bien pourquoi ?).

 

Dans la réponse de Christiane Faure : « L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu », ce qui retient l’attention c’est le « ils » qui renvoie immédiatement au pourquoi.

Le « ils », ce sont les pouvoirs institutionnels, économiques. Le pourquoi, c’est qu’il convient de tenir le peuple en laisse, car contribuer à son émancipation proposée par l’éducation populaire c’est, pour l’Etat, le capitalisme, lui donner droit d’accès à l’activité démocratique revendicatrice, propositionnelle, et le pouvoir.

« Est démocratique, une société qui se reconnait divisée, c'est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêts, et qui se fixe comme modalité d’associer à parts égales chaque citoyen, dans l’expression, l’analyse, la délibération et l’arbitrage de ces contradictions » Paul Ricœur. Et de cela, il ne peut en être question.

 

Pourtant, de Gaulle de retour au pouvoir, il est confié à Malraux un ministère des affaires culturelles. L’idée parait séduisante. Entre autres choses il est question d’apporter aux jeunes des banlieues la culture qui leur fait tant défaut et donc de faire de l’éducation populaire.

Franck Lepage observe qu’il y a eu 3 ministères de la culture: en Allemagne hitlérienne, en Italie mussolinienne, en Union soviétique stalinienne, ce qui permet de saisir la fonction d’un tel ministère qui, s’il définit officiellement ce qui est ou n’est pas culturel, s’apparente aussi à celui de la propagande et de l’embrigadement en mettant dans le moule du bien-penser officiel effectué au nom  d’une pseudo-démocratisation de la culture.

Grâce à Franck Lepage, chemin faisant, je comprenais mieux la raison pour laquelle, dès le départ, j’ai détesté la politique culturelle de Malraux qui avait tordu le cou au travail effectué par l’amicale laïque de mon village, contribué à la fermeture du bistrot où, tapant le carton, le samedi soir et le dimanche après-midi, les viticulteurs se retrouvaient et échangeaient, faisant vivre, au détour du dix de der, une démocratie villageoise que je n’ai jamais plus retrouvé. Une politique culturelle qui avait donné naissance à la maison des jeunes, plus tard à celle des anciens, accomplissant ainsi la séparation des générations.

 

Alors ! L’éducation populaire ? Ce n’est pas seulement donner accès à la culture. C’est réveiller les consciences dans tous les champs de la vie. Donner à la raison de se manifester. Libérer la pensée des êtres humains. Reste à savoir comment. C’est ce que propose la coopérative d’éducation populaire dont un des fondateurs est Franck Lepage.

 

Spectacle ? Conférence ? Leçon d’histoire ? Leçon d’éveil (de réveil) ?....Je ne sais. C’est magistral, drôle, subversif. L’argument est parfois simple, trop simple, qu’importe ! Séduction n’est pas pédagogie. C’est surtout à ne pas louper. Raison pour laquelle, il vous est proposé ce lien qui vous permet de visionner l’entreprise de Franck Lepage (138 mn de bonheur pour muscler le cerveau) :

 

http://www.scoplepave.org/1-l-education-populaire-monsieur


 Puis, s’il vous reste un peu de temps, vous pouvez lire le lien ci-dessous :

·        http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEPAGE/17113

 

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Christiane_Faure

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Franck_Lepage

(3) http://amisdeguehenno.monsite-orange.fr/page1/index.html

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 04:32

Le blog PG du Limouxin est né. Vous y accédez à l’adresse suivante : http://partidegauchelimoux.centerblog.net/ ou en tapant : Parti de Gauche Limoux.

 

Place au peuple ! Mais aussi place aux jeunes, au sang neuf et vivifiant. A l’air frais.

Ce sont 2 jeunes militants du PG audois qui ont eu la charge de lancer cette entreprise utile et nécessaire, après en avoir eu l’initiative.

 

Bienvenue au blog « Parti de Gauche Limoux ».

 

Le meilleur accueil que nous pouvons lui faire c’est d’aller le visiter. De le faire connaître en le proposant autour de nous.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 14:19

 

Essai

 

Pourquoi telles politiques économiques et sociales sont-elles conduites et pas d’autres ? A quoi cela tient-il ?

 

On mettra de côté, parce que c’est un autre sujet, les politiques économiques et sociales libérales dont le souci premier n’est pas la satisfaction de la condition humaine.

 

Une réponse peut être apportée par l’observation de l’évolution sociologique de la représentation nationale.

 

Certaines catégories sociales ont disparu de la représentation. En conséquence, des préoccupations essentielles pour ces catégories ne sont plus portées au débat où, si elles le sont, elles ne sont plus, à l’esprit des représentants, que des phénomènes abstraits, marginaux, dont on peut si nécessaire éviter de s’encombrer.

 

Reste à savoir si cette disparition de catégories sociales en terme de représentation -on pense aux ouvriers, employés,…- est corrélée à proportion égale à une disparition de ces mêmes catégories dans le corps social.

 

Apparemment, rien de moins vrai. Ce qui autorise cette autre question : pourquoi, alors qu’elles existent - car nous ne doutons pas qu’elles existent, ces catégories sociales ne trouvent pas à être représentées ?

 

Des explications peuvent-être avancées :

-         Il faut du temps et de l’argent pour faire de la politique,

-         La ségrégation sociale s’effectue déjà à l’interne des partis politiques.

-         Etc... 

 

Et si des explications peuvent être avancées, en contrepoint des solutions également :

-         Il faudrait que les partis politiques -pour le moins ceux qui se réclament du peuple- s’attachent à la promotion d’un personnel politique issu des catégories sociales qui ont le moins de chance d’accéder à la représentation.

-         Il faudrait éduquer le peuple à la citoyenneté et à la prise de responsabilité.

-         Il faudrait se défaire des spécialistes lorsqu’ils occupent le devant de la scène.

-         Il faudrait vraisemblablement limiter l’accès de la représentation de telle sorte que ceux qui sortent de certaines écoles (l’ENA,….) ne trustent pas les mandats.

-         Il faudrait encore que les populations ne considèrent plus le niveau d’études comme un brevet de compétences et de capacités,…..

-         Il faudrait -pourquoi pas- installer des quotas à l’instar de ce qui se fait en d’autres domaines.

-         etc.,….

 

A la non représentation des couches populaires on mesure le résultat des politiques économiques et sociales.

 

 

Il s’agit là de démocratie. Affaire importante.

 

Un correspondant rappelle, voir lien ci-dessous, que dans la Grèce antique la représentation démocratique s’effectuait par tirage au sort. Ce qui montre bien que la représentation peut user de diverses procédures. Cela é été l’objet d’un article précédent.

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/03/23/et-si-on-tirait-au-sort-nos-deputes_1674276_1650684.html

 

 

Pour compléter :

 

http://www.election-presidentielle.fr/?p=399

 

http://www.libres.org/francais/actualite/archives/actualite_0607/2307_a4_sociologie_deputes.htm

 

http://www.blogactualite.org/2009/02/la-composition-socio-professionelle-de.html

 

http://www.afsp.msh-paris.fr/publi/ficheslivres/costa07.html

 

http://ti.diak.over-blog.com/article-4215956.html

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 05:07

 

Ne pas être attentif au vocabulaire, celui dont on use, celui qui nous est destiné, est une grave erreur que l’on peut payer très cher. Il y va de notre discernement, mais également de notre liberté.

 

Jean-Pierre Berlan (INRA) : OGM ou la perversion du vocabulaire

http://video.google.com/videoplay?docid=-5119566915859178889

 

 

Essai d’Exergue (déjà paru)

http://exergue.over-blog.com/article-influence-du-vocabulaire-sur-la-pensee-50211371.html

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 06:26

S’il est bon de vouloir la démocratie (sous-entendu : politique). Si la démocratie est utile et nécessaire. Cela est-il suffisant ? Rien de moins sûr. Nous devons nous poser la question : une démocratie pour quoi faire ? Car la démocratie représentative, pour ne que parler d’elle, semble bien souvent accomplie au seul fait de choisir et d’élire des représentants. Cela étant fait, tout peut se résumer alors avec cette formule : « Passez citoyens, il n’y a plus rien à voir jusqu’au prochain rendez-vous ».

 

La démocratie est comme le premier barreau d’une échelle qui en comporte d’autres. C’est un étage de la fusée. Une étape nécessaire et insuffisante.

 

La démocratie se décline en de multiples variantes qui ne satisfont pas toutes à la formule : « Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Formule qui, appliquée à la lettre et dans l’esprit, répond à la question une démocratie pour quoi faire.

 

La formule dit l’acteur, le moyen, l’intention et l’objet du projet. Aussi ne peut y avoir de candidat-projet, l’exercice du pouvoir par une oligarchie ou empreint d’un quelconque paternalisme du type : « Nous savons ce qui est bon pour vous ».

 

Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple dit l’individu dans sa présence et sa participation au collectif.

 

La démocratie pour se réaliser pleinement appelle donc le second barreau de l’échelle, l’étage suivant à la fusée qui est la satisfaction du bien public et pour lequel Robespierre, en 1790, a proposé qu’il s’exerce en Fraternité, ce que nous traduisons par la contribution de chacun selon ses moyens en faisant en sorte que nul sur le territoire ne puisse en être privé (d’où les services publics et leur répartition en toile d’araignée). Ce second étage a pour nom : La République que l’histoire de France veut sociale ainsi qu’il est écrit dans la Constitution.

 

Il se murmure déjà (il en est qui vont vite en besogne) que l’Egypte inclinerait pour une démocratie de type présidentiel, sans que nul ne sache qui est cette Egypte encore à la joie de sa liberté retrouvée et qui n’a pas émergé de sa fraîche naissance. Le mieux est de la laisser suivre son chemin sans ingérence, sinon pour l’informer qu’en accompagnement de la démocratie politique, il est également la démocratie sociale et qu’il n’est de pouvoir politique pertinent que celui qui est limité de contre-pouvoirs efficaces. Cela étant dit, l’Egypte fera ce qu’elle voudra, la Tunisie également, toutes 2 trouveront la route qui leur convient.  Et si ces 2 pays décident d’une manière différente que la nôtre, il faudra nous en réjouir et, pourquoi pas, puiser pour notre enrichissement dans cette imagination nouvelle.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 19:35


Si chacun en appelle à tue-tête et en toutes occasions à la démocratie, il arrive souvent que lorsque la possibilité est donnée au plus fervent de ses partisans de la mettre en œuvre la démocratie perd rapidement de ses couleurs. Il suffit d’observer alentour pour être convaincu de cela.

 

Pour beaucoup claironner la démocratie n’a d’utilité qu’à usage externe.

 

Le démocrate devrait avoir cette conscience qu’il n’a de place que parmi les autres, et seulement là ; ce qui bien entendu ne l’empêche pas de tenir argument, mais un argument non pour avoir raison mais être, autant que faire se peut, dans la raison.

 

Pareillement le démocrate devrait avoir le souci de solliciter (voire de proposer) le débat, ce dernier éclairé de l’information partagée afin que, si cela s’avère nécessaire, la décision, elle aussi, soit partagée.

 

Naturellement le démocrate, s’il se désire tel, veillera avec soin à ne point concentrer les fonctions en sa personne.

 

Mais la nature humaine est ainsi faite que la position du quémandeur de démocratie étant établie, la démocratie semble à celui-ci réalisée. Aussi la démocratie est semblable au drapeau laissé au seuil de la maison commune. Il y a, là encore, une éducation à faire.

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 05:29

 

La pire des choses serait de ne pas être démocrate. Aussi tout le monde l’est. Ainsi va le monde, et dans le monde chacun de nous tous, satisfait de cette revendication comme si c’était vertu que d’être démocrate sans en avoir dit davantage.

Le label auto-décerné, on n’en discute pas le port, sinon au risque en retour de voir le sien disputé et contesté. Ce qui n’est pas de bonne manière entre démocrates, individus à la façon polie et policée.

Etre démocrate c’est prendre l’accent qui sonne bien. Mais qu’est-ce que l’accent qui sonne bien ? Chacun ayant sa préférence musicale, l’oreille éduquée à ceci ou à cela, ou plutôt à ceci qu’à cela.

Alors pour préciser, chacun apporte sa touche, orne le démocrate qu’il est du qualificatif qui lui sied. Celui-ci sera démocrate libéral, tel autre démocrate populaire,…Ainsi fleurissent autant de démocrates que d’adjectifs fourbis, et se déclinent au tout venant autant de démocraties. Ceci sans jamais, quelles que soient directions et options prises par les démocrates et les démocraties, renier le peuple dont les mots démocrate et démocratie sont chargés étymologiquement. Dès lors, le démocrate se déclare du peuple, dit porter sa volonté accouchée par ses soins.

 

Mais qu’est-ce que le peuple ?

 

La Grèce était composée de citoyens. Tous grecs, faut-il le remarquer. A côté, il y avait métèques et esclaves, les uns occupés aux commerces, les autres aux travaux. Tous habitants de la Grèce. Si ces 2 dernières catégories étaient acteurs de l’économie grecque, ils n’étaient que cela, rien de plus. Le peuple grec se réduisait ainsi à 80000 citoyens, tandis qu’œuvraient à sa prospérité 120000 métèques et quelques 300000 esclaves. Du temps dégagé par les « autres », du nombre restreint d’individus-citoyens, de l’organisation en cités plus qu’en pays, la politique se faisait sur l’agora en prise directe et sans besoin d’être représenté, il suffisait d’user de sa disponibilité.

Il est d’autres réductions du peuple à une partie de celui-ci ainsi que l’exprime le suffrage censitaire. Dans ce cas, il est accordé  à quelques uns, au prétexte qu’ils courent quelques risques de fortune ainsi qu’en témoigne le fait qu’ils sont seuls à pouvoir payer le cens (l’impôt), d’être seuls habilités à la direction des affaires, même s’il n’est pas contesté au peuple, dépourvu de pouvoir contribuer, l’appellation et l’appartenance.

Réduction toujours, lorsque en Algérie, alors française, il était 2 chambres de députés, l’une dite haute, l’autre basse, la première réservée aux colons, l’autres aux maghrébins (de souche, oserais-je dire), cependant réputés français au point de fournir bataillons, la première à la gouvernance, la seconde à l’émission d’observations accessoires.

Mais il arrive qu’on ait l’ambition de voir le peuple tout entier gouverner, un peuple défini comme une totalité sans aspérités séparables. Alors, dans un excès de zèle, sont rognées les ailes de son expression démocrate ainsi qu’il a été pratiqué dans les démocraties populaires fondées sur le parti unique seul en charge de le représenter et non sur la pluralité des expressions. Mais pas seulement, il arrive aussi que dans les démocraties libérales le peuple convoqué et n’ayant pas répondu ainsi qu’il était souhaité, on se passe de lui et on le démette (TCE).

Ainsi peut-on continuer à échantillonner le démocrate (et son activité : la démocratie), sans rien en dire vraiment et nous mettre d’accord sur qui il est, si ce n’est qu’il est, et qu’il serait mal venu de ne pas l’être et de le faire savoir.

La démocratie mise en service par le démocrate ne semble avoir d’autre statut que celui d’une auberge espagnole ou chacun y trouve ce qu’il apporte sans avoir à manger le même plat.

 

Au fil de ce qui précède apparaissent des éléments non dépourvus d’importance.

S’il est désormais admis que c’est le peuple entièrement qui doit être représenté, qu’on ne peut décemment le réduire à une de ses parties, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas nécessairement représenté, et ceci pour diverses raisons.

En droit, quelque soit son rang, sa fortune, son appartenance de classe,… chacun peut prétendre à la représentation. En réalité (et malgré le financement -en France- des partis politiques et quelques garanties formelles), il est plus difficile à certains de prétendre à la représentation politique car il faut, pour ce faire, disposer de  moyens financiers ou y avoir accès. Il faut être « oisif », être prêt à ne pas retrouver son travail en cas d’échec ou de remerciements. Il faut y avoir été porté par son milieu d’origine, son éducation, plus favorable ici que là à pareille entreprise. Ainsi mille vicissitudes qui font que la représentation politique n’est pas à l’image des catégories sociales du pays et en conséquence ne peut s’attacher à la défense des intérêts du plus grand nombre, à la prise en compte des aspirations populaires. Il n’y a guère d’ouvriers au sein de la représentation parlementaire, encore moins au gouvernement.

Ainsi, par glissement, le peuple n’est toujours pas pris en compte dans sa totalité, cela se fait au détriment d’une authentique démocratie qui ferait sa place à chacun.

Pareillement les institutions. Il n’est de véritable démocratie que celle qui n’use pas de procédure pour démettre le peuple, ce dernier s’étant exprimé, de sa volonté. Cela s’est vu lors de la révision constitutionnelle autorisant les représentants et le gouvernement du peuple, tous deux élus par lui, à user de moyens « légaux » en droit, et non en éthique, pour annuler la décision majoritaire du peuple (Je n’arrive pas à avaler cette forfaiture). La démocratie requiert une certaine honnêteté, d’autres diront une évidente vertu.

 

La démocratie enfin ne s’exerce pas seulement dans le champ politique. Elle se fait valoir dans le champ social. Et c’est dans la confrontation et l’équilibre des 2 qu’elle doit se mouvoir au quotidien et trouver son sens au bénéfice de tous. (voir ce qu’il en a été du traitement de la réforme régressive des retraites).

On ne saurait, naturellement, considérer la démocratie sans une presse libre qui la nourrit. Pas plus que sans une justice indépendante. Pas plus que sans la séparation des pouvoirs. Ou encore sans le rejet de la présidentialisation qui conduit à retourner à un régime  monarchique, désormais électif.

 

Ecoutons maintenant ce que disait Cornelius Castoriadis concernant la démocratie : « J’ai toujours pensé que la démocratie représentative n’est pas une vraie démocratie. Ses représentants ne représentent que très peu de gens qui les élisent. D’abord, ils se représentent eux-mêmes, ou représentent des intérêts particuliers, les lobbies, etc. Et, même si cela n’était pas le cas, dire quelqu’un va me représenter pendant 5 ans de façon irrévocable, cela veut dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple. Rousseau le disait déjà : les anglais croient qu’ils sont libres parce qu’ils élisent des représentants tous les 5 ans mais ils ne sont libres qu’1 jour tous les 5 ans : le jour de l’élection….Et même cela n’est pas vrai, l’élection est pipée…Personne n’a demandé au peuple sur quoi il veut voter. On lui dit : Votez pour ou contre Maastricht, par exemple. Mais qui a fait Maastricht ?.. Pourquoi les citoyens ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner. Elle vise à les convaincre qu’il y a des experts auxquels il faut confier les affaires. Il y a donc une contre éducation politique. Alors que les gens devraient s’exercer à toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à prendre des options que d’autres leurs présentent ou à voter pour elles. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat, c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques, dans une sorte d’apathie politique ».*

*Post-scriptum sur l’insignifiance. Castoriadis. L’Aube Poche essai.

Ce que résumait ainsi le slogan de mai 68 : « Elections, piège à cons ».

 

Il est un terme qui n’a pas été utilisé jusqu’ici, celui de République. Celui qui fait vivre véritablement l’usage de la démocratie et donne son sens à l’activité de l’individu démocrate.

Dans un renversement, démocratique qualifie la République. République, mot auquel il convient d’ajouter, sans atermoyer, cet autre qualificatif : sociale, sans lequel son ambition ne serait pas complète.  

Ainsi la république, avec ses 2 piliers, démocratique et sociale, font un peuple libre, unit dans la coopération et non divisé dans la compétition, un groupe d’humains conscients d’un projet commun à bâtir et à conduire ensemble, dans lequel chacun trouve le bénéfice du progrès et du bien vivre ensemble.

Dans la république (la res-publique, la chose publique) démocratique et sociale, la solidarité et la fraternité s’affirment, les services publics se développent au service de tous sans distinction entre les individus, à contribution proportionnelle des moyens de chacun.

 

La démocratie est une exigence. Une exigence insuffisante. C’est un mot creux qu’il faut définir et qui, faute de le faire, est abusé à bon compte car, laissé aux vents des humeurs égoïstes, il est une béance porteuse du meilleur, le plus souvent du pire.

Autant la démocratie est une girouette et peut se passer de la République, autant la République ne peut se passer de la démocratie.

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