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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 13:55

Et de 6.

6 législatives partielles gagnées sans gloire par l’UMP, perdues de haute volée par le Parti solférinien depuis l’élection de François Hollande. Pas de quoi pavoiser, et pour l’un et pour l’autre.

A Villeneuve sur Lot, auparavant à Beauvais dans l’Oise, l’UMP est talonnée par le FN, le parti gouvernemental pointe aux abonnés absents. C’est donc davantage la politique libérale austéritaire du gouvernement Hollande que l’affaire Cahuzac qui est responsable de la montée en puissance du FN.

Les sondages font ressortir que le FN progresse pour l’essentiel du fait d’électeurs transfuge de l’UMP. Les électeurs de gauche préférant majoritairement s’abstenir que de voter comme ils le faisaient naguère pour un candidat du Parti dévoyé à droite dans lequel ils ont peine à reconnaître « la » gauche. On les comprend.

Les partis de l’alternance jusqu’ici au pouvoir ne font plus vraiment recette. L’électorat de droite se projette sur l’extrême droite. Celui de gauche se retire au du jeu de dupes malgré la présence d’un candidat du Front de gauche ; pourquoi ? C’est à cette question qu’il faut répondre.

C’est que le Parti solférinien, malgré son virage à droite, conserve dans l’électorat une certaine faveur liée à son histoire. Difficile de quitter la maison que l’on a longtemps habitée. On veut croire encore au parti, même si on n’y croit plus tout à fait, et même plus du tout.

Pourtant, ici et là, la mutation se fait. C’est un électeur qui dit : « Moi, le PS, c’est terminé ». C’est un militant qui rend sa carte, qui va se mettre au vert le temps de digérer l’aigre de sa déconvenue. C’est un élu qui frappe à la porte du PG. Sont là des camarades qui, comme lui, avant lui, ont franchi le cap. D’autres, qui ne furent jamais engagés, qui ont décidé de rentrer en résistance. Et chacun sait que du pas qu’il fait, de la troupe qui s’épaissit, une trouée se fait au ciel. C’est ainsi qu’on agit avant lui ses aînés, c’est ainsi qu’il doit faire.

Long et rude est le chemin. Qu’importe ! Il faut laisser le temps au temps, disait Mitterrand. On le voudrait plus bref. Et certainement sera-t-il raccourci si la troupe s’étoffe d’autres militants, d’autres électeurs qui franchissent à leur tour le cap. Le changement ? Chacun doit le porter. Le changement ? Il est dans l’engagement de chacun. Le changement ? Il n’est plus à attendre dans le discours d’un menteur. Il est dans la nouaison des volontés qui décident de se prendre en charge.

Et si le Front de gauche ne fait pas à l’instant jeu égal avec le FN, c’est qu’il est plus difficile de faire entendre raison et humanité que de cultiver la haine de l’autre. Qu’il est plus ardu de proposer un programme cohérent construit avec la participation de tous que de faire appel aux bas instincts toujours prêts à surgir. Que l’éducation politique s’est perdue sous l’influence de l’individualisme. Qu’on a préféré depuis longtemps la facilité du slogan à l’argument politique. Enfin beaucoup de choses qui font que l’on en est là, avec 2 partis, le PS et l’UMP, qui ne valent pas mieux l’un que l’autre, un FN pas reluisant.

Mais revenons au législatives partielles pour distribuer le : à qui la faute ? A qui doit-on la progression du FN ? A qui ?

Aux politiques austéritaires de bonnet blanc et blanc bonnet. A leur gémellité. A l’incompétence des partis de l’alternance qui fait que l’on ne distingue pas la politique de l’un de celle de l’autre. Au fait que l’un aime flirter avec le FN avec qui il se reconnait quelques affinités, tandis que l’autre manifeste une certaine insouciance ; puis les 2 se réveillant lorsqu’il est trop tard.

Comme dans d’autres départements, dans l’Aude le FN est à la porte -surtout dans les villages. Porte ouverte par les partis de l’alternance au pouvoir, Parti solférinien et UMP. On cultive l’insécurité (la peur de l’autre en attendant la haine de l’autre) comme au temps de Poniatowski. Pour cela on s’offre des citoyens vigilants, ce faisant on marche dans les traces du FN qui ne demande pas mieux que de voir sa péroraison confortée. A quand légitime défense ?

Enfin, pour terminer.

On peut toujours déplorer ceci et cela. Trouver que … Mais il n’est qu’une chose à faire, vraiment : se retrousser les manches et se battre, cela vaut mieux que de commenter la dernière bataille qui aurait dû être conduite autrement. Ceux qui croient qu’il suffit de tenir argument raisonnable pour emporter le morceau, ils commettent une erreur ; si la raison est nécessaire, elle est loin d’être suffisante. Il n’y a qu’une chose qui paye, le travail tenace.

Lire aussi : http://www.legrandsoir.info/le-ps-prend-sa-rouste-a-villeneuve-sur-k-o.html

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 08:27

Tout est pensé, organisé par les libéraux. Le FMI, la Banque mondiale, l’OMC sont chargés de la mise en œuvre.

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ex conseiller économique de Bill Clinton, ex vice-président et économiste en chef de cette même Banque mondiale a rudement écrit sur les méfaits de ces 3 organismes.

Au prétexte de sauver les états (africains,…), argent leur est prêté pour autant qu’ils s’ouvrent au commerce mondialisé dérégulé, qu’ils acceptent d’effectuer les réformes intérieures (privatisations, .., toujours moins d’état) qui leurs sont dictées.

Livrée aux impératifs du libéralisme leur économie s’effondre sous les effets de la concurrence, leurs nationaux sont contraints à l’émigration et deviennent malgré eux des travailleurs low-cost (travailleurs sous-payés).

Les oukases (décision autoritaire, arbitraire et sans appel) faites à la Grèce, l’Espagne, le Portugal,… par la Troïka (FMI-Commission européenne, BCE) relèvent de la même politique. Votre dette (pseudo dette)? disent-ils, on s’en occupe, mais avant….. C’est ainsi que, de ces pays saignés à blanc, émigrent leurs ressortissants, ouvriers, petits entrepreneurs, ingénieurs, médecins,… tous low-cost.

Ce faisant, l’Allemagne de Merkel, la France de SarkHollande, d’autres pays… profitant de cette émigration pillent la Grèce, l’Espagne, le Portugal de leurs forces vives qui, du fait qu’elles sont parties, n’assurent plus le retour sur investissement éducatif sur lequel ces pays comptaient pour assurer leur développement.

A l’inverse, l’Allemagne bénéficie d’ingénieurs, chercheurs, … formés gratuitement (puisqu’ils l’ont été ailleurs), résout sa difficulté qui est celle d’avoir une population vieillissante dans l’incapacité de pérenniser le fameux modèle allemand. Pareillement la France, profite de médecins de campagne, hospitaliers, infirmiers, payés au rabais, palliant la pénurie de personnels liée au tarissement des formations. On parle alors d’immigration choisie.

Pour l’anecdote, on notera que l’Allemagne et la France,… font état de l’argent « donné » à la Grèce, le Portugal, …., cependant elle se gardent bien de comptabiliser et de mettre dans la balance le coût du pillage dont ils profitent et le manque à gagner des pays dévastés.

L’Europe libérale veille au grain pour se doter de travailleurs low-cost. En témoigne la directive Bolkenstein qui organisait le dumping-social illustrée avec le plombier polonais. L’argument : la concurrence libre et non faussée. Directive amendée à la marge après avoir été un temps contestée. Toutefois directive qui continue à exister.

Ce qui est contestable ce n’est pas d’avoir des travailleurs venus de l’étranger mais des travailleurs low-cost.

Les travailleurs low-cost participent de la stratégie politico-économique libérale.

Il s’agit, en « fabriquant » des travailleurs low-cost, de les mettre en concurrence avec les nationaux, de faire pression sur ces derniers pour qu’ils acceptent l’abaissement de leurs salaires afin d’assurer une plus grande marge de profit aux détenteurs de capitaux.

Le mot clé de voûte du système libéral est concurrence. C’est cela qu’il convient de remettre en cause.

La concurrence doit être encadrée. La coopération doit trouver ou retrouver sa place.

La meilleure façon de ne pas avoir de main-d’œuvre low-cost c’est de la fixer dans son pays d’origine afin de ne pas la voir débarquer chez nous. Cela signifie qu’il faut mettre fin aux pratiques libérales, évoquées ci-dessus, du FMI, de la Banque mondiale, de l’OMC, de la Troïka.

A la dérégulation destructrice de l’économie des pays doit se substituer la régulation.

Quel que soit le domaine, l’absence de règles n’existe pas. On apprend les règles de vie aux enfants. Un jeu à des règles. Une société se fixe des règles.

La loi qui définit l’absence de règles (la dérégulation) définit du même coup la loi du plus fort qui écrase le plus faible. Celle des gangs et des voyous.

La loi, c’est une de ses définitions : punit et protège. Elle punit ceux qui mettent à mal le bien vivre ensemble (el buen vivir), elle protège les faibles des exactions des forts. C’est celle-ci que nous promouvoir.

Les pays, tous les pays, à fortiori les plus pauvres, doivent avoir la garantie qu’ils ont la maîtrise de leurs politiques internes. Ils doivent pouvoir conserver leur autonomie et leur indépendance. Ils doivent pouvoir faire valoir des barrières douanières pour protéger leurs secteurs vulnérables et vitaux, pour leur permettre de développer une économie indépendante de l’intérêt des transnationales et des grandes puissances.

Les échanges entre les pays doivent être équilibrés.

Pour parvenir à cela la concurrence doit céder le pas à la coopération. Tout le monde y trouvera son compte.

C’est à ces conditions que sera tarie la source des travailleurs low-cost.

Reste à savoir comment y arriver.

A dire vrai, rien de bien compliqué.

Ayant ouvert les yeux, on fait le choix d’une autre conception des rapports entre états, celui d’un modèle économique respectueux des êtres humains.

Ce choix s’effectue dans les urnes. De ces dernières ne sort que ce que l’on a décidé collectivement, démocratiquement.

Avant le profit, l’Humain d’abord.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 04:53

article paru sur le site PG11

Faire s’entretuer les peuples, organiser la concurrence entre les travailleurs relève du même modèle économique et des mêmes fins : le capitalisme et l’enrichissement de quelques uns.

Dans les 2 cas, peuples et travailleurs, distinction d’apparence car ce sont les mêmes, sont les victimes contraintes.

Dans les 2 cas, c’est une guerre à laquelle on les oblige, qu’ils se livrent au profit de la cupidité. Une guerre dont ils sont les acteurs malgré eux, les pions manipulés et sacrifiés pour la recherche du profit.

En temps de « paix », le pire qui puisse arriver aux travailleurs c’est d’être mis en concurrence.

C’est la délocalisation qui fait que l’on supprime des emplois ici pour les créer ailleurs où les coûts d’exploitation des êtres humains sont moindres. Mais ce n’est pas la seule figure, la seule manœuvre de l’exploitation des humains. La concurrence s’effectue aussi en Europe, sur le territoire français comme en fait part l’article du journal Sud-Ouest (1) à propos de la main d’œuvre low-cost.

S’il s’agit de commerce, c’est également du commerce des ouvriers et salariés qui ne valent pas mieux que des outils ou des bêtes de somme.

S’il s’agit de commerce, voici donc revenu le temps de l’esclavage.

Car il ne faut pas s’y tromper, c’est bien de l’esclavage. Esclavage consenti par les ouvriers low-cost qui n’ont d’autre choix pour survivre que d’accepter les conditions qui leurs sont faites. C’est ainsi que ressurgissent en toute légalité, dans le cadre dérégulé de l’Europe libérale, les négriers. Les uns tiennent les officines pourvoyeuses comme les armateurs du commerce triangulaire fournissaient en bétail à 2 jambes les Amériques, les autres usant de cette main d’œuvre bon marché tout autant que le faisaient jadis les planteurs de coton.

Nul doute que, dans quelques années, tout ceci sera fustigé. Mais d’abord on profite. Plus tard, viendra la repentance. On dira : plus jamais ça, plus jamais ça, juste avant de recommencer sous une autre forme, plus élaborée, qui laissera le temps d’exploiter les êtres humains avant la venue d’une nouvelle repentance.

Le nouvel esclavage a nom : dumping-social. Dumping-social, c’est ce qu’on appelle une chimère. Un terme en charge de camoufler l’esclavage bien réel. Disant dumping-social, on rentre dans un autre domaine dans lequel le jugement moral n’est pas de mise.

A y regarder de près, l’organisation du dumping-social n’est rien de moins que l’organisation de la prostitution avec dans le rôle des maquereaux : les négriers du jour, dans celui de ceux qui sont contraints à se prostituer : les travailleurs.

Le capitalisme est un système qui prostitue les êtres humains, non dans le domaine du sexe mais dans celui du travail. Le mode opératoire, les finalités étant les mêmes on ne voit pas très bien pourquoi le jugement moral s’appliquerait dans un cas et pas dans l’autre.

Par contrecoup, le révolver sur la tempe, les ouvriers et salariés français sont contraints d’accepter des réductions de salaire, de fournir un temps de travail plus élevé, de passer sous les fourches caudines du Medef qui gagne la flexibilité, écrit l’ANI et le donne en signature aux uns, à voter aux autres.

La guerre est déclenchée par les états soumis au capitalisme, la concurrence des travailleurs entre eux est organisée par les états soumis à l’idéologie de la dérégulation et ainsi la prostitution et l’esclavage des travailleurs deviennent choses légales.

Il est grand temps que ça change. Grand temps que chacun s’empare de la politique pour vouloir et imposer : L’Humain d’abord.

  1. http://www.sudouest.fr/2013/06/02/europe-des-filieres-vendent-des-ouvriers-low-cost-sur-le-modele-de-la-fraude-a-la-viande-de-cheval-1071923-4688.php
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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 16:06

Combien étions-nous lors de cette réplique décentralisée du dernier grand rassemblement de Paris pour la 6ième République et contre la politique austéritaire ?

Prenons, pour rire, la proposition de la police pour faire le calcul suivant : 3000 manifestants multiplié par 60 villes sur le territoire national, cela fait 180 000. Autant qu’à Paris. Et, comme chacun sait ce que valent les estimations policières, accordons nous de penser, sans risque de nous tromper, que nous étions plus nombreux. Largement plus nombreux que les 3600 annoncés par ceux qui s’apprêtent ici ou là à jouer les idiots utiles aux raisons qui sont les leurs mais pas celles de leur base qui ne les suit plus -ce qui est l’essentiel.

Au premier rang, parmi les personnalités politiques de gauche, coude à coude, marchaient les Pilpa de Carcassonne, les Condat de Dordogne, tandis que manquaient les Spanghero de Castelnaudary pour lesquels on espère qu’ils comprennent qu’il n’est« pas d’autre horizon que la lutte » et qu’elle se conduit debout.

A la tribune, confirmant l’unité populaire et le désir de gauche, toujours plus pressant, de la foule manifestante, étaient à l’honneur et ont pris la parole les représentants des Pilpa, des Condat ; ceux d’associations : le Dal,… ; pour en citer quelques uns, des représentants politiques : de la Gauche unitaire, de la Gauche Anticapitaliste, naturellement du PC et du PG. Et, dans la foule, il était également, comme à Paris, des élus d’EE-LV ce qui augure de la recomposition du paysage politique à la veille des élections municipales et européennes…et des défaites à venir pour le Parti solférinien et ceux qui se seront fourvoyés en sa compagnie.

Un dernier mot. Pour avoir fait le voyage en bus avec les Pilpa, j’ai été subjugué par leur combativité, leur enthousiasme, leur soif de vivre et de vaincre, alors qu’ils en sont quasiment, à quelques jours près, à 1an de lutte….en passe de pouvoir monter une Scop. Puissent-ils être un exemple pour tous, ouvriers qui sont jetés à la rue comme des chiens, militants et électeurs qui aspirent à une autre vie que celle qui leur est faite par les collabos actifs ou passifs du libéralisme.

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 17:26

C’est sous le titre ci-dessus que Raoul Jennar évoque le GMT (Grand Marché Transatlantique) dont il a déjà été question sur le site PG11 et sur Exergue (1). Article dont la longueur en rebutera quelques uns mais qu’il convient pourtant de lire jusqu’au bout tant les conséquences sont dangereuses.

Le PG appelle à un référendum (2) mais pour mobiliser sur le sujet encore faut-il que les citoyens connaissent le contenu du GMT et en mesure la portée. Question : est-ce qu’ils connaissent le GMT ? Si non, ne serait-il pas temps de faire campagne à son propos, avant qu’il soit trop tard.

  1. http://exergue.over-blog.com/article-le-grand-marche-transatlantique-gmt-115720947.html
  2. http://11.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=877:2013-05-27-16-46-06&catid=485:communiques-parti-de-gauche&Itemid=482

Exergue

Article de R Jennar

http://www.jennar.fr/?p=2994

« L’Europe est (…) vouée à un destin analogue à celui du Canada, c’est-à-dire à être progressivement dépossédée de toute indépendance économique et culturelle à l’égard de la puissance dominante. En fait l’Europe vraiment européenne fonctionne comme un leurre dissimulant l’Europe euro-américaine qui se profile et qu’elle facilite en obtenant l’adhésion de ceux qui en attendent l’inverse exact de ce qu’elle fait et de ce qu’elle est en train de devenir. » Pierre Bourdieu, Vienne, 10 novembre 2000 et Contre-feux 2, Raisons d’Agir, 2001, p.68

Dans ce livre qu’avait voulu Pierre Bourdieu, « Europe la trahison des élites », (2004), je décrivais (p. 72 et suivantes) le processus préparé par la Commission européenne qui confirmait l’affirmation de Bourdieu : créer une zone transatlantique unique. Je fournissais en annexe le long « programme d’action » de la Commission qui décrivait les étapes à réaliser pour y parvenir. Ce document reçut l’aval des deux grands courants du Parlement européen, chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates, en ce compris les « socialistes » français. Mais jamais, les médias, dans leur écrasante majorité, n’en ont fait état.

Le 7 mars 2006, consultant au Parlement européen auprès de la Gauche Unitaire Européenne, je signais une chronique intitulée « Le PET ou la disparition de l’Europe » (dont voici le lien : http://www.jennar.fr/?p=265 ). Le PET signifiait alors « Partenariat Economique Transatlantique ». Puis, c’est devenu le « grand marché transatlantique » (dont traite bien un petit livre de R. Cherenti et B. Poncelet publié en 2011 chez Bruno Leprince).

A l’évidence, nous sommes confrontés à un projet patronal soutenu depuis plus de dix ans par les libéraux de gauche comme de droite. Après le temps des propositions et des programmations, voici venue l’heure de la mise en oeuvre. Le Parlement européen vient de donner le feu vert à l’ouverture de négociations « en vue d’un accord de l’UE en matière de commerce et d’investissement avec les Etats-Unis ». Une phraséologie qui dissimule mal qu’il s’agit de créer une zone de libre échange très avancée, disons-le tout net, un marché commun, entre l’Union européenne et les USA.

Même si elle n’a valeur que d’avis, il faut lire la Résolution présentée par le « socialiste » portugais Vital Moreira et adoptée le 23 mai par une majorité de parlementaires censés représenter et défendre les intérêts des peuples d’Europe : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2013-0227+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

C’est un texte absolument consternant. Prenons quelques-uns des motifs par lesquels le Parlement justifie la création d’un tel accord.

D’abord, la tarte à la crème qui a toujours justifié l’alignement et la soumission des pays européens sur l’empire (avec quelques exceptions tellement rares qu’elles confirment largement la pratique courante) : « considérant que l’Union et les États-Unis partagent des valeurs communes et ont des systèmes juridiques comparables ainsi que des normes d’une rigueur analogue, même si elles sont différentes, en matière d’emploi, de protection des consommateurs et de protection de l’environnement; »

Où sont ces fameuses « valeurs communes » dont nous rabâchent les partisans d’une société du chacun pour soi dont les USA offrent le modèle exacerbé et dont la Commission européenne, depuis Delors, se fait le protagoniste ? Sur l’essentiel, nous différons totalement dans le rapport de la puissance publique avec le religieux. Même si force est d’observer un retour inquiétant de l’obscurantisme dans certains de nos pays, le puissant mouvement de sécularisation des peuples européens demeure une caractéristique dominante qui tranche radicalement avec le déisme ambiant qui sature la vie américaine. Dans les pays d’Europe ancrés depuis longtemps dans les pratiques démocratiques, l’intérêt général n’est plus dicté par les Eglises.

Dans ces mêmes pays s’est forgé, au cours de décennies de luttes, un modèle social original qui demeure une caractéristique majeure, même s’il subit depuis une trentaine d’années un processus de démantèlement voulu par les partisans de l’intégration dans le modèle américain.

Nos systèmes juridiques sont profondément différents. En effet, mis à part l’usage de la common law uniquement dans deux pays, la Grande-Bretagne et l’Irlande – qui seraient ainsi soudainement devenus le modèle général pour toute l’Europe – tous les autres Etats pratiquent ce qu’on appelle parfois le droit romano-germanique et qu’il est plus correct d’appeler le droit continental puisqu’il est également pratiqué à l’est et à l’extrême-est de l’Europe, jusqu’au Japon. Que des parlementaires aient pu adopter une phrase invoquant des « systèmes juridiques comparables » donne la mesure soit de leur soumission, soit de leur ignorance. [i]

Il y a un fossé entre la conception américaine des relations entre les entreprises privées et les partis politiques et ce qui se pratique dans la plupart des pays d’Europe. Le 23 janvier 2010, la Cour Suprême des Etats-Unis déclarait illégales les limitations imposées aux entreprises dans le financement des campagnes électorales. Désormais, les entreprises pourront, sans la moindre limite, choisir, organiser, financer et faire élire leurs candidats. Alors que dans sa Résolution, le Parlement européen « s’engage à jouer un rôle proactif pour collaborer avec ses homologues américains lors de l’adoption de nouvelles réglementations ». Des homologues transformés en représentants du patronat américain.

De même, les normes en matière d’emploi, de protection des consommateurs et de protection de l’environnement ne sont en rien comparables puisque dans ces matières, aux Etats-Unis, c’est le primat de l’individu qui s’impose. L’Etat ne prend pas en charge l’intérêt général et laisse aux individus la liberté de se défendre face aux abus en tous genres et de recourir aux tribunaux. Comme l’observe Jean-Luc Mélenchon sur son blog :

«Les Etats-Unis sont aujourd’hui en dehors des principaux cadres du droit international en matière écologique, sociale et culturelle. Ils ne souscrivent pas à plusieurs conventions importantes de l’OIT sur le droit du travail. Ils n’appliquent pas le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique. Ils refusent la convention pour la biodiversité. Ainsi que les conventions de l’Unesco sur la diversité culturelle. Autant d’engagements qui sont souscrits par les pays européens. Les standards réglementaires états-uniens sont donc dans la plupart des cas moins contraignants que ceux de l’Europe. Un marché commun libéralisé avec les Etats-Unis tirerait donc toute l’Europe vers le bas. » ( http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/05/24/vertige-du-moment-des-faits-et-des-mots/ )

Nous sommes en fait devant deux conceptions radicalement différentes de la vie en commun.

Une autre motivation laisse clairement apparaître le véritable objectif d’un tel accord : « considérant que l’Union est convaincue que le développement et le renforcement du système multilatéral sont un objectif essentiel; considérant néanmoins que cela n’exclut pas la conclusion d’accords bilatéraux allant plus loin que les engagements de l’OMC et complétant les règles multilatérales étant donné que les accords régionaux comme les accords de libre échange permettent une plus grande harmonisation des normes et une libéralisation plus poussée qui favorisent le système commercial multilatéral; »

Telle est bien la volonté : aller au-delà des accords en vigueur à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Le fameux « cycle de Doha » lancé en 2001 et dont l’objectif était d’imposer au monde encore plus de libéralisation, encore plus de privatisations, encore plus de dérégulation est bloqué. Bloqué par les pays les plus pauvres et les pays émergents confrontés à l’intransigeance de l’UE et des USA, intransigeance exprimée avec zèle par le « socialiste » Pascal Lamy.[ii] Puisque l’OMC n’est plus le cadre approprié pour de nouvelles avancées ultra-libérales, les accords de libre échange offrent la meilleure alternative pour les attentes patronales. C’est ainsi que l’UE tente d’imposer sa loi à l’Inde, aux pays d’Asie du Sud-Est, d’Amérique latine, d’Afrique. Et les USA font de même de leur côté.

On retrouve, dans la Résolution du Parlement européen, qui a toujours soutenu les négociations à l’OMC, tous les thèmes habituels de ces négociations, c’est-à-dire tous les sujets sur lesquels le patronat des deux rives de l’Atlantique insiste depuis des années dans des cénacles comme la Commission Trilatérale, le Groupe de Bilderberg, le TransAtlantic Business Dialog, le Forum de Davos,… : les droits de propriété intellectuelle (et donc le brevetage du vivant, la bio-piraterie, les OGM…), la liberté d’investir où on veut, comme on veut, ce qu’on veut, sans avoir à tenir compte des législations locales, la mise en concurrence de toutes les activités de services (y compris l’enseignement, la santé,….), l’ouverture des marchés, le démantèlement des « barrières réglementaires », la libre circulation des capitaux, le commerce agricole, le caractère contraignant des termes de l’accord (la Résolution « souligne que ce partenariat doit être ambitieux et contraignant pour tous les niveaux d’administration des deux côtés de l’Atlantique, y compris les autorités de régulation et les autres autorités compétentes »).

Quand on lit qu’il s’agit d’« harmoniser les normes » dans le cadre d’un accord de libre-échange entre les USA et l’UE, cela signifie très clairement un alignement pur et simple sur les normes américaines. Qui pourrait un seul instant penser qu’il en ira autrement ?

Sans doute quelques naïfs. Mais surtout les cyniques praticiens de l’enfumage qui brandissent tout à la fois les promesses en termes de croissance et d’emploi et les « garanties » inscrites dans le texte de la Résolution du Parlement européen pour faire accepter l’essentiel : l’ouverture des négociations. Nous savons que le gouvernement « socialiste » excelle en matière d’enfumage (voir l’excellent livre de Laurent Mauduit, L’étrange capitulation).

L’histoire des négociations commerciales internationales (OMC, zones de libre-échange) nous apprend en effet que les praticiens de l’enfumage recourent à deux procédés : présenter les avantages mirobolants d’un tel accord de libre-échange et introduire des « garanties » dans le mandat de négociation. Des avantages toujours démentis par les faits et des garanties qui ne durent que le temps de l’obtention du mandat de négociation.

Côté avantages, la Résolution affirme sans rire qu’ « un partenariat transatlantique ambitieux et de grande ampleur en matière de commerce et d’investissement pourrait, une fois complètement mis sur pied, apporter des profits substantiels à l’Union (119,2 milliards d’euros par an) et aux États-Unis (94,9 milliards d’euros par an); considérant que les exportations de l’Union vers les États-Unis pourraient donc augmenter de 28 % et le total des exportations de l’Union de 6 %, hausses qui profiteraient, au niveau de l’Union, tant aux exportateurs de biens et de services qu’aux consommateurs. » Des chiffres qui se fondent sur des postulats contestables s’agissant du nombre et de la valeur des barrières non tarifaires (les réglementations) qui seraient démantelées et de l’ampleur des effets produits par la suppression des droits de douane. Des chiffres qui viennent d’un centre d’études britannique entièrement consacré à la défense des thèses les plus libérales. Des chiffres qui, bien entendu, ne prennent pas en compte le coût humain et social des destructions d’emplois, des « réformes structurelles », de la paupérisation, de la dégradation de la qualité alimentaire et sanitaire de l’alignement sur le modèle américain.

Côté « garanties », Mme Nicole Bricq, ministre PS du commerce, a des accents pathétiques pour se réjouir de l’inscription de telles « garanties » (http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/15002.pdf). Et c’est vrai qu’on trouve des paragraphes – qui d’ailleurs sont en totale contradiction avec les motivations énoncées en début de Résolution – où on nous parle d’exception culturelle, de protection de l’audiovisuel, de protection des données à caractère personnel (qu’on fournit déjà aux USA), des pratiques européennes en matière d’OGM (alors que la Commission européenne n’a de cesse de les autoriser).

Ces « garanties » ne servent qu’à amadouer les plus réticents de la sainte alliance sociaux-démocrates/chrétiens démocrates qui fait la pluie et le beau temps au Parlement européen. Et bien de prétendus socialistes sont tout disposés à se laisser convaincre. Enfin, ces « garanties » servent aussi aux médias toxiques (Le Figaro, Libé, Le Monde, la presse économique, les directeurs de pensée qui sévissent en radio et en télévision) toujours prompts à justifier l’inacceptable pourvu qu’il réponde aux attentes patronales.

Nul ne s’étonnera que ces prétendues « garanties » inscrites dans la Résolution ne rassurent personne en dehors de ceux qui ne demandent qu’à l’être. Le passé des négociations commerciales internationales rappelle que de telles « garanties » sont vite oubliées par le négociateur unique qu’est la Commission européenne. Car, pendant les négociations, ceux qui sont à la manœuvre, ce sont les représentants des multinationales qui ont leurs grandes et petites entrées à la Commission. Pas les parlementaires. Ceux-ci, les négociations terminées, seront priés d’accepter le résultat final au motif qu’il s’agira d’un compromis. C’est ce qu’a bien compris, par exemple, la Confédération paysanne qui, dans un communiqué du 24 mai, prend les devants et souligne que « la pression des multinationales américaines derrière ce « partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement » n’est plus à démontrer. (…) La boite de Pandore risque de s’ouvrir. Depuis 20 ans, la Confédération paysanne, avec la Via Campesina Europe et international et de multiples partenaires de la société civile, a rejeté les cultures d’OGM, la confiscation des semences, l’importation des viandes bovines hormonées le poulet désinfecté au chlore et les carcasses de viande bovine trempées dans l’acide lactique pour dissimuler la médiocrité sanitaire des abattoirs américains. Le rejet de l’hormone laitière de Monsanto et le refus de produits animaux issus du clonage sont aussi à notre actif et ne doivent sous aucun prétexte être renégociés. Aucune justification ne peut être admise pour céder sur l’alimentation des Européens et le travail des paysans du continent. »

Ne pas prendre au sérieux ces « garanties » est d’autant plus indispensable quand on sait que les Etats-Unis exigent qu’aucun sujet ne soit exclu des négociations comme le rappelle Elisabeth Delcamp dans son article sur Mediapart :

( http://blogs.mediapart.fr/blog/francoise-elisabeth-delcamp/220413/accord-de-libre-echange-ue-usa-le-partenariat-de-tous-les-dangers ).

Après le feu vert du Parlement européen, c’est l’organe de décision de l’UE, le Conseil des ministres – c’est-à-dire les 27 gouvernements – qui doit décider du mandat de négociation préparé par la Commission européenne. Ce mandat est important puisqu’il fixe les objectifs et les limites de la négociation pour la partie européenne C’est le Conseil qui ensuite autorise l’ouverture des négociations. Celles-ci seront conduites par celui qui a proposé le mandat de négociation, le Commissaire au commerce international, le très libéral Karel De Gucht.. Il sera l’unique négociateur au nom des 27 Etats membres. En effet, en vertu de l’article 207 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, « Ces négociations sont conduites par la Commission, en consultation avec un comité spécial désigné par le Conseil pour l’assister dans cette tâche, et dans le cadre des directives que le Conseil peut lui adresser. » Le Comité spécial dont il s’agit, autrefois baptisé comité 133 et aujourd’hui comité 207, est un des plus bel exemple de l’opacité qui sévit dans les institutions européennes. Ses travaux sont particulièrement discrets. On a pu relever que ce comité recevait, dans des réunions dites « informelles », pour débattre des négociations à venir ou en cours, les représentants de certains lobbies du monde des affaires. Jamais les organisations syndicales ; jamais les ONG actives dans les domaines des droits humains, du développement ou de l’écologie.

La décision du Conseil des Ministres est attendue pour le 14 juin. On a compris, après les propos de Mme Bricq satisfaite des « garanties » obtenues et convaincue que cet accord de libre échange est « une chance pour la France »[iii], que le gouvernement français donnera son feu vert. On aura ainsi, une fois de plus, la confirmation que le « socialisme » de Hollande, c’est celui de Pascal Lamy.

Les négociations commenceront dès juillet.

Raoul Marc JENNAR

29 mai 2013

[i] Le système anglo-saxon appelé « common law » s’appuie sur la jurisprudence issue des décisions des tribunaux ; le système continental s’appuie sur la loi décidée par les représentants du peuple.

[ii] Membre du comité directeur du PS de 1985 à 1994, Commissaire européen au commerce international de 1999 à 2004, directeur général de l’OMC de 2005 à 2013. Connu pour son adhésion aux thèses néo-libérales.

[iii] Voir l’article de ce ministre « socialiste »publié dans l’organe du patronat Les Echos du 19 mars 2013 :http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0202647915233-le-partenariat-transatlantique-une-chance-pour-la-france-550252.php

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 05:55

Aucun parti n’est à l’abri de ce qui arrive au PCF (1). L’Histoire n’est pas avare de trajectoires incongrues mais bien réelles.

Certes « le FN fonctionne comme un vide-ordure » est-il commenté, cependant la répartie n’occulte pas la responsabilité du PC, plus largement celle de n’importe quel parti qui accorde ou accorderait son investiture à un individu au parcours incertain, chaotique, au discours largement transgressif au regard de la pensée politique à laquelle il a adhéré.

C’est le b.a.ba d’une organisation politique que de connaître le cheminement de celui qu’on investit.

Qu’Anna Rosso-Roig ait eu soif d’investiture, c’est son affaire. Comme c’est celle de ceux qui ont les dents longues, qui sont en mal de reconnaissance et de représentation. Ceci n’est qu’équation personnelle dont on doit se méfier, et qui n’a rien à voir avec la politique.

Aussi son passage du RPR au PS avant d’atterrir au PC aurait dû alerter et conduire, à minima, à lui tenir la bride courte.

De manière générale, c’est aux militants qui sont dans l’alentour d’un tel individu d’effectuer ce travail de vigilance car les dégâts qui pourraient survenir à l’externe peuvent jeter le discrédit sur le parti dont ils se réclament et qui, finalement, n’est pour rien dans cette mésaventure.

  1. http://www.metronews.fr/marseille/marseille-anna-rosso-roig-passe-du-front-de-gauche-au-front-national-pour-les-municipales/mmez!khrJhtkOS535A/
  2. Compléments :
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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:50

Il conviendrait de supprimer « un sang impur » à La Marseillaise, dit la sénatrice EE-LV Blandin, car c’est un « appel à la xénophobie », « un appel à la violence sanguinaire ».

Petit rappel.

La Marseillaise a été adoptée pour la première fois par la Convention en 1795. Cette année là, les coblançards avaient appelé les puissances étrangères à envahir la France pour tordre le cou à la Révolution.

Il s’agit donc bien d’un sang impur, comme on dit un cœur impur.

Impur fait référence aux coblançards et aux puissances étrangères et non à l’étranger.

Violence sanguinaire. Diantre ! La sénatrice suggère-t-elle que les révolutionnaires auraient dû se laisser faire ?

Ceci est d’autant plus navrant que la Révolution française ne cesse d’être violemment attaquée (les uns remettant en cause l’abolition des privilèges, les autres vilipendant Robespierre,....) et il n’en est guère pour la défendre, y compris au Parti solférinien.

Si cela continue de la sorte, il semble bien qu’il ne restera plus que les étrangers pour apprécier l’apport de la Révolution française.

Faut croire que ça pose de pourfendre la Révolution.

Poursuivons.

Lorsque pendant la 2ième guerre mondiale les allemands étaient dits des boches, fallait-il y voir de la xénophobie ? Lorsque les résistants commettaient des attentats fallait-il y voir une violence sanguinaire ?

Alors de grâce, laissons La Marseillaise à l’Histoire et qu’on ne vienne pas lui faire dire ce qu’elle ne dit pas, la charcuter pour régler les problèmes du moment et qui n’ont rien à voir avec elle.

Décidemment, ces temps-ci, le Sénat se distingue.

Il y avait, peut-être y a-t-il toujours au Canard Enchainé, une rubrique « Le mur du Çon ». Il y a de quoi l’alimenter.

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/marseillaise-un-appel-x-nophobie-selon-s-natrice-blandin-qui-souhaite-modifier-382319

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:37

1 Des élus et des représentants de l’Etat

"J'exercerai d'une manière ou d'une autre mon droit de retrait pour ne pas procéder à cela (comprendre : le mariage gay) car c'est le profond changement de la société judéo-chrétienne à laquelle j'appartiens. (...) Je serai complètement hors-la-loi et je l'assumerai", a expliqué le sénateur-maire UMP du Teilleul, Jean Bizet, à Public Sénat (1).

  • Droit de retrait. Il ne s’agit pas là du coitus interruptus, pas plus que du droit accordé aux salariés au motif d’un danger grave et imminent pour leur vie ou leur santé, le maire n’est pas un salarié.

Quant à la clause de conscience, qui remplace parfois au débotté dans le discours le droit de retrait, il concerne les professionnels de la santé.

  • « La France est une République …laïque… » (Titre I, article 2 de la Constitution), en aucune manière on ne peut parler, la concernant, de société judéo-chrétienne.

D’évidence ce parlementaire, d’autres avec lui, dont il faut rappeler que la fonction est de faire la loi pour bien mesurer l’impertinencedu propos, éprouve quelques difficultés avec la démocratie. On se demande comment il peut à la fois prétendre fabriquer la loi et affirmer qu’il peut se soustraire à elle.

Ajoutons qu’un maire (ici dans son rôle d’officier d’état civil) (2) est là pour appliquer la loi, non pour la discuter, sinon admettons que chacun peut y aller de son prurit personnel, l’élu comme le citoyen ordinaire, et pourquoi pas l’officier de police au moment d’arrêter quelqu’un ou n’importe quel fonctionnaire qui ne se trouverait pas en accord avec ce qu’on lui demande de faire.

De fait, la loi, prévoyant de tels actes d’insubordination a prévu des sanctions Article 432-7, modifié par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004-art.41 JORF 10 mars : « La discrimination définie à l'article 225-1, commise à l'égard d'une personne physique ou morale par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende lorsqu'elle consiste : 1° A refuser le bénéfice d'un droit accordé par la loi ; … ». On ne peut souhaiter que celles-ci soient appliquées avec d’autant plus de fermeté que le délinquant (celui qui commet un délit) porte atteinte non seulement à la loi mais à ses mandats.

*********

2 Eléments de réflexion quant à la loi et à sa révision

  • Henri Pena-Ruiz dans La Laïcité (textes choisis) : « Il faut rappeler ici que dans un état de droit une loi est légitime non pas nécessairement lorsqu’elle agrée à la conscience personnelle, mais lorsqu’elle a été édictée conformément aux exigences de la souveraineté démocratique. Lui obéir ne signifie pas nécessairement l’approuver. La critique publique d’une loi fait partie du débat démocratique en vue de son éventuel changement ; elle n’est pas comme telle répréhensible, mais elle le devient lorsqu’elle se transforme en une incitation à lui désobéir, ce qui est un acte et non une opinion. Le civisme n’est donc pas le conformisme, qui suppose un ralliement intérieur systématique ».
  • Platon dans Criton : « ….partout le devoir est d’exécuter ce qu’ordonne l’Etat et la Patrie, ou sinon de la faire changer d’idée par des moyens légitimes…… ».

  1. http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/21/mariage-pour-tous-les-limites-de-la-liberte-de-conscience-proposee-par-hollande_1793830_3224.html
  2. http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=D6A405EC90F962BC444BEBBA552648C8.tpdjo06v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006136118&cidTexte=LEGITEXT000006070721&dateTexte=20120418
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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 16:13

Il ne fait pas bon être chaurien ces derniers mois. En très peu de temps, dans le secteur agro-alimentaire (entreprise Spanghero/Lur Berri et abattoirs) : 3 morts par crise cardiaque, 1 par pendaison.

Que personne ne cherche une quelconque liaison, dite de cause à effet, entre ces morts et les difficultés/entourloupes du secteur, il n’y en a pas ; qu’on se le dise.

Ces morts ne sont que le résultat du passage de vie à trépas ; énoncé accessible à la compréhension même des démunis mentaux. Il ne faut pas chercher plus loin. Si en toutes choses il y a une raison, ce n’est pas le cas ici ; aussi passez votre chemin d’entendement. Pas de causes avérées, pas de responsables, c’est mieux ainsi ; le sommeil est plus confortable.

Et si, par quelque mauvaise tournure de l’esprit, quelqu’un s’avisait un instant de penser qu’il y a une corrélation entre ces morts et les difficultés/entourloupes du secteur agro-alimentaire, c’est que ces morts, préalablement vivants, étaient dans un état de fragilité tel qu’il explique la conversion d’un état de nature à l’autre ; en quelque sorte cette mutation irrémédiable, définitive et irréversible, doit leur être imputée : ils n’avaient qu’à être en bonne santé physique et mentale, ils seraient à cette heure vivants.

Tout va donc pour le mieux, ou semble aller pour le mieux, au pays chaurien au point qu’alors que les Pilpa de Carcassonne seront le 1ier juin à marcher à Toulouse contre l’austérité et le gouvernement austéritaire, contre les errances des entreprises voyous,… avec toutes les forces de gauche, du côté de Castelnaudary restera-t-on à la maison pour jouer ville morte ?

http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/19/1629672-castelnaudary-spanghero-les-deces-sont-ils-imputables-a-la-crise.html

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 07:01

Au prétexte d’attirer les étudiants étrangers sur notre sol, une loi - en prolongement d’autres lois sur le même sujet - va être discutée à l’Assemblée nationale afin d’autoriser certains enseignements à s’effectuer en langue étrangère (entendez : l’anglais).

Si telle est la raison, le mieux est de rétablir les bourses en faveur de ces derniers, leur faciliter l’entrée en France, toutes choses qui ont été taries sous le gouvernement Sarkozy et dont le résultat a été de faire que ces étudiants sont partis, pour la plupart, aux USA afin d’y effectuer les études qu’ils poursuivaient auparavant chez nous.

Ainsi avons nous privé ces étudiants de revenir dans leur pays d’origine avec dans leur bagage la pensée française qui en vaut bien d’autres, nous sommes-nous mis en position d’affaiblir le rayonnement culturel, économique et politique de notre pays. A les laisser partir ainsi on les rendait disponibles au modèle libéral, américain, et à la mondialisation.

Certains penseront : qu’avons nous à faire de la défense de la langue française alors qu’il y a tellement d’autres problèmes : croissance négative (admirez !), licenciements, chômage, patrons-voyous, précarité, misère, délocalisation,…. ?

C’est ne pas se rendre compte que ce qui arrive aux Pilpa, Fralib et autres est une conséquence directe de la perte de ce qu’exporte, véhicule la France dans le monde au travers de sa langue : une autre manière de concevoir le monde, une autre perspective. C’est ne pas comprendre qu’il y a un lien entre les fonds de pension destructeurs de l’économie et la langue anglaise.

Claude Hagège s’était déjà levé contre tout cela dans un livre : Combat pour le français, replaçant ce combat dans le cadre de la mondialisation (uniformisation). Avant lui Etiemble dans Parlez-vous franglais avait averti du danger que nous courrions à être ainsi colonisés par la langue anglaise qui véhiculait l’impérialisme libéral américain. On en mesure aujourd’hui les aboutissements.

Et voici que le gouvernement Hollande remet la sauce. Ce qui a pour effet de refaire monter Hagège au créneau, Etiemble étant mort cependant remplacé par Michel Serres et l’Académie française.

On retrouvera chez ces auteurs cette idée fondamentale, essentielle, qu’une langue particulière est formatrice d’une pensée singulière (donc différente), Michel Serres ajoutant que dès lors qu’une langue est dans l’incapacité de dire ce qu’elle a à dire du fait qu’elle ne plus faire état d’un corpus elle est morte ou en passe de le devenir.

Mais alors, si la langue est notre identité, si de surcroit elle est morte, il en va également de nous en tant que français. Cette mort a un nom : assujettissement, esclavage.

Il faut le savoir, il faut le dire, une langue qui vit porte la liberté, l’émancipation de ceux qui la pratiquent. Tous les combats que nous pouvons mener par ailleurs seront conquérants dès lors que nous n’aurons pas sacrifié notre langue.

Il en va pareillement pour les autres langues et pour les autres pays.

Cette loi à venir vend la France au libéralisme et bientôt, à poursuivre dans ce sens, nous userons de la langue du prédateur et, usant de cette dernière, nous penserons comme lui, nous penserons libéral……pour notre perte.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/25/refusons-le-sabordage-du-francais-par-claude-hagege_3166350_3232.html

http://www.franceinfo.fr/education-jeunesse/le-sens-de-l-info/l-universite-en-anglais-933657-2013-03-31

http://www.canalacademie.com/ida3044-Michel-Serres-le-genie-du-francais-n-est-pas-dans-les-mots.html

http://www.francetvinfo.fr/plus-de-40-deputes-ps-contre-l-enseignement-en-anglais-dans-les-universites-francaises_324246.html

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/cours-en-anglais-a-la-fac-l-assemblee-divisee-1884/

http://exergue.over-blog.com/article-influence-du-vocabulaire-sur-la-pensee-50211371.html

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