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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:45

Il y a une certaine absurdité de la part du journaliste de demander à Ken Loach si ce qu’il dit et montre dans son film correspond à la réalité, comme si le cinéaste avait l’habitude d’‘esthétiser’ la misère, de raconter des craques.

Une autre absurdité (incongruité ? duplicité ?) de la part du journaliste est de faire comme si cette situation concernait uniquement la Grande-Bretagne et son gouvernement et non point un système, l’ultralibéralisme qui sévit également en France à tous les étages.

Une politique ‘consciente de sa cruauté’, organisant ‘l’humiliation’, nous le savons, et ceux qui auront lu le livre ‘Le monde libre’ de Aude Lancelin auront eu l’exposé de la procédure appliquée à ceux qui se refusent, dans le journalisme, à être des chiens de garde.

Au passage, on aura remarqué, dans l’interview, la malice qui consiste à opposer à Corbyn les représentants du Parti travailliste en omettant d’observer que le leader de ce parti peut se prévaloir d’une masse de militants qui lui sont acquis, ce qui renvoie à ces questions : d’où vient la souveraineté ? qu’est-ce que la démocratie ?

Exergue

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Vidéo de l’interview de Ken Loach :

 http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/selon-ken-loach-gouvernement-anglais-encourage-suicide-chez-chomeurs/

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 10:35

 Cette intervention du ministre-président de la Wallonie, Paul Magnette, est intéressante à divers titres. C’est une belle leçon.

Parce qu’elle montre qu’il est possible de faire de la politique autrement qu’en vociférant (trait caractéristique de la plupart des politiciens français qui se comportent comme des clowns).

Parce qu’elle montre qu’on peut avoir le souci de la démocratie, de la transparence, de la qualité des arguments, de tenir ferme sur des positions de principe au lieu de se compromettre.

Elle est donc vivement conseillée à cet instant où on cherche vainement ce que signifie encore la démocratie, où les politiciens représentants, qu’ils soient parlementaires, ministres, président de la République,  ne font plus leur travail, ne sont plus des citoyens.

Exergue

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https://www.youtube.com/watch?v=B5GhqxWeqzQ

 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 12:06

Dans ma  famille, côté père, côté mère, quoique du côté mère le quartier de noblesse est plus frais, l’émigration est de longue tradition.

L’émigré est celui part, l’immigré celui qui arrive. Pour arriver, il faut bien partir, et pour partir il faut bien avoir motif.

Ma mère, au nom bien français, venue de la haute Ariège comme beaucoup d’autres alors, est arrivée dans l’Aude pour vendanger et gagner l’argent qui faisait défaut là haut ; elle y rencontra mon père.

Mon père a le blason plus fourni. Né en France de parents espagnols, il aurait naturellement porté un blaze approprié si le zélé secrétaire de mairie n’avait pas transformé le ‘s’ entre deux voyelles par 2 z (quand on aime on ne compte pas) pour satisfaire à l’orthographe d’usage. C’est ainsi qu’il devint d’apparence italien sans l’être et m’a transmis cette incongruité fort peu gênante à la vérité car provenir d’un ailleurs où d’un autre c’est toujours provenir. A 21 ans, ce français de sol, et de la 2ième génération, opta pour la France. Il fut mobilisé au début de la 2ième guerre à Montpellier, démobilisé 3 jours plus tard à l’initiative du Maréchal qui, lui, opta pour l’Allemagne nazie et occupante.

Son père, mon grand-père, est arrivé d’Espagne vers 1875, pas moins de 500 km à pied, un bâton sur l’épaule au bout duquel était noué un tissu contenant ses affaires. Quelques années plus tard, ayant trouvé ses marques, il repartait à pied, pour revenir toujours à pied en compagnie de sa femme, ma grand-mère. A la même époque partirent d’autres parents qui s’établirent (le mot m’amuse) à Barcelone, Perpignan, Narbonne, Montpellier, zone littorale, tandis que d’autres gagnèrent Bordeaux et même Cuba. Seul, mon grand-père s’enfonça à l’intérieur des terres pour se poser dans la capitale des Corbières, plus tard dans un village circonvoisin.

Autour de mes 30 ans, j’ai été voir le ‘berceau’ de ma famille espagnole. A quelques kilomètres de Graus, d’une route asphaltée partait une piste de 9 km qui grimpait dans la montagne aride. Au terminus, la Puebla de Fantova. Quelques maisons inhabitées, la plupart en ruines, un château et une église également en ruines. Un berger, avec ses chèvres, profitait des locaux vacants. J’ai compris, s’il était besoin.

Mes grands parents paternels n’étaient pas partis sans raison, comme ma mère n’était pas venue vendanger sans avoir la sienne de même nature.

De la 3ième génération, comme on dit, j’ai émigré également. Emigration plus douce.

Mes études secondaires terminées, l’argent faisant défaut pour les poursuivre, le 20 septembre 1965, j’ai quitté mon village où la langue française frayait sans frémir avec l’occitan et l’espagnol ; il faut dire que les Gomez, Sanchez, Lopez et autres noms du genre sont plus nombreux qu’on le pense en ce pays, mais on y est habitué. Au plus loin, l’excursion m’avait conduit à Toulouse, et me voici à prendre le train de nuit pour franchir à mon tour la Loire - ligne de démarcation - et arriver à l’aube à Paris, puis au Chesnay. Le soir même, par l’entremise d’un plus ancien émigré, venu de Mont de Marsan, j’avais chambre chez l’habitant plutôt que pont où aller dormir. Un mois n’était pas passé que je fus convoqué par le maître des lieux pour venir l’écouter. « D’où êtes-vous ? », me demanda-t-il ? « De l’Aude », lui répondis-je. Et le voilà à ouvrir un grand livre, posé sur la table de la cuisine, dans lequel il chercha l’article consacré à l’Aude pour m’en faire lecture. Et me voici d’un coup devenu Wisigoth en mélange à quelques autres peuples qu’il me cita et dont je n’ai pas gardé la mémoire, et qu’il m’était signifié que j’étais un sauvage tandis qu’au silence de mon crâne montait la rage qui se formulait ainsi : « Pauvre con, c’est le sauvage qui vient enseigner le français et la France à ta descendance ». Il me parla aussi, fièrement, de la dernière décapitation en place publique à laquelle il avait assisté à Versailles. Lorsqu’il partait avec son épouse, à quelques encablures, visiter quelques jours ses enfants, le chauffage du pavillon était arrêté et je me caillais les cakes. Fort heureusement, il était en région parisienne pays et payses, arrivant de l’est, du sud, de l’ouest, fort peu du nord, quelques auvergnats et auvergnates, bretons et bretonnes, charentais et charentaises, auprès de qui se réchauffer le cœur et le corps, émigrés comme moi de l’intérieur, et qui formions sans nul doute et au fil des siècles la majorité de la population parisienne.

Mais revenons à mes aïeux espagnols. Mon grand-père, quoique espagnol fut un des fondateurs de la coopérative d’approvisionnement de la capitale des Corbières puis, s’étant déplacé à une quinzaine de kilomètres, avec mon père, de celle du village comme de la cave coopérative. Peu de temps après,  dans ce même village, une famille s’illustrait en donnant un de ses enfants à la milice dont il devint le patron départemental ; ce n’était pas un émigré. Quant à mon père, de la 2ième génération, il fut administrateur de ces deux entités et conseiller municipal durant 30 ans, rendant service à la demande à sa belle-famille française de souche qui ne l’appréciait guère - espagnol régagnol, insulte que je n’ai jamais comprise - sauf lorsqu’elle l’appelait sans vergogne pour qu’il vienne l’aider aux travaux agricoles, travaux auxquels il se rendait le sourire aux lèvres. Mon grand-père, ayant fait tous les métiers qui ne demandaient que bras comme outils, fut un temps carrier, et il m’arrive parfois de regarder tel ou tel édifice officiel local en me disant que sont là de nombreuses pierres arrachées à la colline et taillées par mon aïeul l’immigré.

L’accueil de l’émigré, parent ou pas, s’effectua en ma famille jusque dans les années 60-70, jusqu’à ce que plus personne ne vienne, de de l’autre côté des Pyrénées, frapper à la porte. J’ai connu ainsi des cousins-es et des oncles lointains qui se sont arrêtés pour se poser avant d’aller plus loin. Je n’en suis pas mort.

Qu’on ne se méprenne pas. Il est des émigrés-immigrés avec lesquels il ne fait pas bon frayer, qui, oublieux de leur généalogie, crachent sur leurs ancêtres en crachant sur les nouveaux émigrés-immigrés. Comme il est des français pur sucre qui ouvrent leurs bras au seul fait qu’ils accueillent des êtres humains. C’est comme ça.

Nous sommes pour la plupart des immigrés, de l’extérieur ou de l’intérieur, mais des immigrés. Et pour ceux qui pensent ne pas l’être, qu’ils fouillent un peu leur arbre généalogique, ils risquent d’être fort surpris.

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 17:52

Suffit-il de dire que les djihadistes sont des assassins ? Des barbares ? Et, l’ayant dit, en rester là, sans chercher à connaître le : pourquoi ? Ce pourquoi dont la réponse doit interroger notre conscience sur la société politique, sociale, économique, …., dans laquelle nous vivons. Notre conscience interrogée, peut-être, nous inviterons-nous à concevoir un monde différent.

On peut toujours tenir l’argument qu’un djihadiste est un illuminé, un fada, un pauvre type, qu’il n’a aucune conscience politique, sauf que ça n’avance à rien, qu’il ne vit pas hors-sol, qu’il est de notre époque et pas de celle d’avant et qu'il doit bien y avoir quelques raisons à cela.

L’article ci-dessous mérite toute notre attention Exergue s’est autorisé à mettre en gras certaines phrases .

Exergue

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Source : http://www.tamoudre.org/geostrategie/terrorisme-geostrategie/alain-bertho-violence-djihadiste-nee-de-perte-desperance/

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Alain Bertho-LE MONDE |  12.10.2016

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Alain Bertho est professeur d’anthropologie à l’université Paris-VIII. Directeur de la Maison des sciences de l’homme Paris Nord, il a notamment publié Les Enfants du chaos. Essai sur le temps des martyrs, La Découverte, 2016

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Les mois passent, les drames se succèdent et l’évidence s’impose : le califat revendiqué par Daech [acronyme arabe pour organisation Etat islamique] n’est pas seulement une officine de guerre et de terreur mais une machine à héroïser des accès de rage désespérée et meurtrière.

L’anthropologue Scott Atran (L’Etat islamique est une révolution, Les liens qui libèrent, 2016) identifie l’Etat islamique à une « révolution » capable de susciter des vocations multiples. La violence mondiale grandissante s’enracine sans doute dans ce que Paul Rogers (Irregular War. ISIS and the New Threat From the Margins, I. B. Tauris, 2015) qualifie de révolte des « marges » victimes de la financiarisation de l’économie, du chômage de masse, de l’accroissement vertigineux des inégalités et de la dévastation de la planète. Mais, depuis l’effondrement du communisme et de l’hypothèse révolutionnaire, l’humanité qui affronte ce chaos est aussi orpheline d’un contre-récit mobilisateur et d’un rêve d’avenir. Pour ceux qui ne rêvaient pas de révolution, la disparition progressive des marges de manœuvre des Etats a délégitimé les pouvoirs, dissous la démocratie et mis en rage des peuples épris de souveraineté.

 

Un cri religieux

La politique comme puissance subjective, stratégie collective du possible qui s’inscrivait dans l’Histoire est une invention moderne. Elle est en train de perdre toute sa substance. Avec la passion politique et l’espoir révolutionnaire, le besoin de transcendance a pu être momentanément assuré hors des Eglises. Aujourd’hui, ce besoin se reconfessionnalise dans des formes nouvelles, des religions réinventées dans une exigence morale face au spectacle mondial de la corruption des pouvoirs, à la marchandisation de la vie et à l’inhumanité du sort réservé aux démunis.

Le cri des « marges » est aujourd’hui majoritairement un cri religieux. En France, ce qu’on nomme « islamisation de la radicalité » est de cet ordre. Deux générations après l’arrivée de leurs grands-pères dans les usines, les descendants de la main-d’œuvre coloniale, encore et toujours stigmatisés, se cherchent une voix commune, des repères éthiques face à l’injustice. La reconfessionnalisation essentiellement musulmane de ces jeunes est un effet de la désagrégation du mouvement ouvrier et de l’isolement dont ils ont été victimes durant les émeutes de 2005. Leur islam plus rigoureux que celui de leurs parents est une réponse à la mémoire familiale du mépris et de la maltraitance sociale. Cet islam fait office de contre-récit généraliste en lieu et place de la politique perdue. C’est pourquoi il suscite des conversions dans d’autres milieux et d’autres histoires familiales.

Mais cette confessionnalisation n’est pas à la racine de la violence. Celle-ci naît de la perte d’espérance. Depuis le début du siècle, la montée des émeutes et des affrontements civils nous dit l’épuisement des formes politiques de représentation inventées aux XIXe et XXe siècles (Alain Bertho, Le Temps des émeutes, Bayard, 2009). Les révoltes se cherchent désespérément un horizon de possibles. Ni les forums sociaux mondiaux initiés à Porto Alegre en 2001 ni Occupy Wall Street n’ont ouvert cet horizon. Les « printemps arabes » de 2011 comme les mobilisations de 2012-2013 ont été suivis de graves désillusions. L’absence de toute espérance collective écrase les consciences. Les immolations par le feu qui se multiplient dans le silence médiatique en sont le signal le plus clair (Annamaria Rivera, Il fuoco della rivolta, Dedalo, 2012).

Un djihad de fin des temps

« If we burn, you burn with us », avaient écrit les émeutiers sur les murs de Ferguson en 2014 [à la suite de l’affaire Michael Brown qui vit un jeune Afro-Américain non armé abattu par un policier de six coups de feu]. La guerre n’est plus le prolongement de la politique par d’autres moyens. Elle en devient le substitut. A la guerre comme figure sécuritaire du pouvoir après le 11 septembre 2001 répond en miroir la guerre comme une figure possible de la révolte. Dans les deux cas, cette guerre est sans fin, sans stratégie de paix. Elle veut répandre la peur et convoque toujours la mort. Les jeunes qui partent en Syrie évoquent souvent le « dégoût » de notre société, la volonté de ne pas y vivre. Daech leur propose d’aller au bout de cette volonté, de tuer et de mourir si l’espoir n’est plus de ce monde.

« Il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme », remarque Slavoj Zizek. « Une autre fin du monde est possible », lui répond une main anonyme sur un mur français au printemps 2016. Tel est l’air du temps qui fait les martyrs meurtriers et la force du message de Daech. Ce djihad est un djihad de fin des temps en prise avec les inquiétudes que nous pouvons avoir sur l’avenir de la planète et de l’humanité. Cette alchimie terrible ne vient pas d’une terre lointaine ni d’une théologie atemporelle. Elle opère dans des situations sociales et nationales contemporaines, en France comme ailleurs. En France, aujourd’hui, plus qu’ailleurs. C’est pourquoi il est sans doute plus urgent de faire face à ce désespoir que de légiférer sur les habits des femmes ou d’instiller la guerre dans l’esprit public.

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 07:18

Nul ne peut dire l’avenir cependant lourd de gros nuages noirs. Le temps avance, tandis que l’Histoire rebondit dans ses ornières avec les risques que l’on devrait savoir. Peut-on y faire quelque chose ? D’abord prendre conscience de ce qui s’annonce pour en détourner le cours. C’est à cet effet que vous est proposé l’article ci-dessous.

Exergue

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Source : http://www.legrandsoir.info/la-france-est-en-danger-d-implosion-reactionnaire-et-ou-de-fascisation-acceleree.html

Fascisation et intensification des guerres, montée des tensions, au plan national et international, rentrée sociale et rentrée politique, après la fête de l’Humanité et le retour réussi dans la rue du mouvement social pour le retrait de la Loi Travail… la rédaction d’Initiative Communiste s’est entretenue avec Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF pour faire le point sur la situation en France

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Initiative Communiste : La situation nationale est-elle si grave que cela ?

Georges Gastaud – Oui, hélas. La France est bel et bien en danger d’implosion réactionnaire et/ou de fascisation accélérée. Sans parler ici des graves menaces sur la paix mondiale que fait peser le déploiement militaire agressif de l’UE/OTAN aux frontières de la Russie, la France est actuellement broyée, « malaxée » dirai-je même, par plusieurs « tenailles » politico-idéologiques. La tenaille politique principale, que le PRCF fut longtemps bien seul à dénoncer, prend le peuple français en étau entre les euro-désintégrateurs de nation du « Parti Maastrichtien Unique », le PMU (c’est-à-dire PS, LR, UDI et leurs satellites) et l’ultra-réaction de ce que nous appelions il y a peu l’UM’ Pen : nous entendons par là le bloc qu’alimentent les surenchères entre le FN et les LR, de plus en plus fascisants. Ce broyeur idéologique veut forcer le pays à « choisir » entre deux formes de mort déshonorante : ou bien la dissolution sans restes dans l’Empire euro-atlantique du capital (substitution des euro-Länder à la République une et indivisible, arrachage du français au profit de l’anglais « transatlantique », éradication des conquêtes de 1936 et du CNR, éradication du produire en France industriel et agricole, démantèlement des services publics et de la loi de 1905 séparant l’État des Églises...), ou bien le repli chauvin, raciste et grossièrement anti-Musulmans sans pour autant quitter réellement l’UE puisque Mme Le Pen, comme ses amis Viktor Orban (Hongrie), Jarosław Kaczynski (Pologne) et autres réactionnaires à la tête des pays baltes, de la Croatie, etc., veut seulement se « concerter » avec Berlin sur la sortie de l’UE : bref, agir à l’instar de Cameron qui, que l’on sache, est le perdant, et non le gagnant du référendum sur le BREXIT. Dans les deux cas, PMU « classique » ou UM’ Pen, le processus de fascisation se poursuivrait : car pour dissoudre le pays de 1789, de la Commune et du CNR dans l’Europe germano-étasunienne du capital, et pour le faire au seul profit de l’oligarchie capitaliste « française » et au détriment de 90% des Français, Hollande, Sarko ou Le Pen devront demain gouverner par ordonnances, interdire les manifs ouvrières, étrangler le droit de grève, museler la CGT, mettre au pas la jeunesse, resserrer la dictature médiatique : et avec Hollande et Valls, cette ligne liberticide est déjà sur les rails comme on l’a vu à l’encontre de la CGT et de ses alliés syndicaux !

Imaginons que la nation française termine son histoire, contradictoire mais non moins porteuse d’avancées universalistes (l’humanisme de Rabelais, l’Édit de Tolérance d’Henri IV, les Lumières et Rousseau, la Grande Révolution, les insurrections ouvrières et républicaines du 19ème, sans parler de Jaurès, du Congrès de Tours, de 36, de la Résistance antifasciste, des conquêtes communistes de 1945, de la grève de masse de Mai 68...) par une guerre civile inter-communautariste sur fond de xénophobie et d’intégrisme islamiste, quelle terrible victoire MONDIALE ce serait alors pour la réaction qui, dans les trois dernières décennies s’est déjà acharnée sur la Révolution d’Octobre (restauration contre-révolutionnaire du capitalisme à l’Est) et à la Grèce, berceau de la pensée libre depuis Thalès et Socrate... En réalité, le prétendu « suicide français » en cours est un assassinat de classe : pour écraser la classe travailleuse française, pour « thatchériser » nos acquis, en finir avec l’ « esprit frondeur » ancré dans notre pays depuis le Moyen Âge et surtout, pour asseoir en bonne place l’impérialisme français à la table du profit mondialisé, le MEDEF, le CAC-40 et leurs commis politiques ont largement engagé les travaux pratiques de la liquidation nationale. Il suffit pour s’en convaincre de lire le Manifeste du MEDEF intitulé « Besoin d’aire » (déc. 2011) et d’examiner les ACTES des grands capitalistes « français » sur les scènes industrielle (dépeçage d’EDF et d’Alstom par ex.), agricole (mise à mort de la petite et moyenne paysannerie au moyen des orientations européennes et des pratiques de la distribution capitaliste), linguistique (combien d’émissions sont désormais intitulées en anglais par l’audiovisuel public ?) et proprement politique (les « primaires » importées des EU et admirées par Pierre Laurent, tirent le pays vers la pire réaction !).

Ajoutons à ce sombre tableau que l’euro-séparatisme régionaliste monte doucereusement en puissance dans notre pays : en Catalogne, le pseudo-indépendantisme de la bourgeoisie barcelonaise (avec pour slogan : « Catalunya a new nation in Europe » : sans commentaire !) lorgne sur les Pyrénées-Orientales et cet irrédentisme est alimenté par le retrait de l’État-nation français qui coupe les subventions aux collectivités territoriales. En Corse, le sécessionniste Talamoni refuse illégalement de parler français au Conseil régional et, même si tous les autonomistes ne sont pas à mettre dans le même sac, le « On est chez nous ! » clamé à Sisco ne peut se dissocier des honteux slogans racistes « IFF » (I Francesi fora, « les Français dehors », qu’on voit à Bastia) et « Arabi fora » (« Arabes dehors ! », sic) qui déshonorent la langue corse. Combien de temps les « Bonnets rouges » bretons resteront-ils en sommeil, cette décomposition nationale étant favorisée par la contre-réforme territoriale qui démolit les départements, les communes et l’État-nation au profit des métropoles et d’une Europe des régions chapeautée par l’OTAN et par le Traité transatlantique : car on peut parier gros que les négociations sur le TIPE reprendront de plus belle après les élections françaises et allemandes, lesquelles forcent très provisoirement les gouvernants « nationaux » à adopter des postures patriotiques...

Du point de vue marxiste, c’est-à-dire d’un point de vue de classe intégrant la référence à l’anti-impérialisme et la revendication universaliste du droit égal de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes, il n’y a rien de paradoxal à constater que l’euro-dissolution fascisante de la France avance du même pas que les ingérences néocoloniales au Mali, en Syrie, en Libye ou en Ukraine. Comme disait Engels, « un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre ». Il faut donc conjuguer le patriotisme républicain à l’internationalisme prolétarien, le drapeau rouge au drapeau tricolore, l’Internationale à sa sœur aînée, la Marseillaise, pour combattre le racisme et les ingérences néocoloniales, et pour dénoncer l’auto-phobie nationale – ce cosmopolitisme bobo qui enduit de rose la casse de la nation, de sa langue, de sa production et, in fine, de sa classe ouvrière, de sa paysannerie laborieuse et de ses intellectuels progressistes.

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Initiative Communiste – Cette vision n’est-elle pas trop pessimiste ? Existe-t-il des moyens de contre-attaquer ?

Georges Gastaud – Comme le disaient Romain Rolland, et après lui, Gramsci, « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ! ». Cassandre n’avait pas tort d’annoncer la prise imminente de Troie, ce sont les Troyens qui eurent tort de ne pas prendre les dispositions nécessaires pour interdire à l’ennemi d’introduire son Cheval dans la Cité. Quand on voit les périls, on peut les combattre, et c’est ce que faisait le jeune PCF des années trente qui préparait ainsi, éditoriaux d’Aragon et de Gabriel Péri en tête, la Résistance et la Renaissance patriotiques, antifascistes et populaires. D’autant que le peuple de France est riche d’une incroyable tradition rebelle ; rappelons la phrase du déporté-résistant, syndicaliste CGT et ministre communiste que fut le grand Marcel Paul, créateur d’EDF à la Libération : « il y a en France un noyau révolutionnaire indestructible » ! Et surtout, le printemps 2016 a vu le réveil prometteur du syndicalisme de classe et de masse avec l’émergence d’une avant-garde de militants syndicaux aspirant au tous ensemble, résistant à la violence antisyndicale (l’État policier mais aussi, celle bien souvent, des casseurs instrumentalisés) et avide de contre-attaquer sur l’ensemble des contre-réformes...

Sur la base de cet élan de classe, il faut briser plusieurs verrous qui bloquent la convergence des luttes. D’abord, faisons sauter le tabou de l’euro-béatitude syndicale. Non seulement la CES n’est pas un allié potentiel pour fédérer les luttes en Europe, mais c’est une courroie de transmission de Bruxelles, d’où est venue la Loi dite El Khomri. Non seulement le Parti de la Gauche Européenne présidé par Pierre Laurent n’est pas un outil permettant de fédérer les progressistes d’Europe, mais il est un satellite « rose vif » de cette social-eurocratie dont le seul but est de sauver la « construction » européenne tout en feignant de critiquer la seule « austérité », qui n’est qu’une conséquence. Tous SAVENT pourtant qu’une réorientation progressiste de l’UE est impossible puisque le socle de l’UE est la supranationalité libre-échangiste et néolibérale qui définit l’Union comme « une économie de marché ouverte sur le monde dans laquelle la concurrence est libre et non faussée ». Non seulement ce cadre totalitaire prohibe le socialisme révolutionnaire (les partis communistes sont pourchassés dans nombre de pays européens !), mais il est conçu comme une assurance-vie du capital contre toute forme de nationalisation démocratique : impossible de nationaliser franchement Alstom, d’exproprier les actionnaires prédateurs qui le dirigent, de diriger vers Alstom les commandes de la SNCF et de la RATP, sans sortir du carcan européen : toutes les jérémiades des « eurocommunistes » du PGE (communistes en paroles, sociaux-maastrichtiens en fait) sur l’introuvable « Europe sociale » ne pourront pas éternellement cacher cette évidence.

En réalité, si l’on veut vraiment fédérer les luttes des services publics, de l’industrie privée, des éleveurs en lutte ou des taxis écrasés par l’ubérisation, l’UE doit en quelque sorte servir de « critères de convergence au négatif » car, sans que cela ne dédouane Hollande et les autres gouvernements (anti-)nationaux d’Europe, ce sont Bruxelles et Francfort qui orchestrent la casse nationale, sociale et démocratique à l’échelle continentale, en témoigne la volonté la volonté de créer une « armée européenne » intégrée à l’OTAN dont la tâche n°1 sera de briser les insurrections populaires inévitables qui vont surgir en Europe contre l’UE. Sans retomber dans le mortifère « syndicalisme rassemblé » derrière la CFDT jaune, il faut aussi relancer le front intersyndical sur une plate-forme et sur un calendrier militant qui permettent de lutter à la fois pour l’emploi, les salaires, les services publics et la protection sociale. Sans se subordonner aux échéances électorales politiques ou professionnelles et en évitant si possible que le temps fort des manifs centrales de combat à Paris ne coïncide systématiquement avec la veille des vacances scolaires, car l’alliance de combat des travailleurs et de la jeunesse populaire est stratégique pour le front anticapitaliste.

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Initiative Communiste : Et sur le plan politique proprement dit ?

Georges Gastaud : La réponse originale du PRCF reçoit un écho grandissant dans les avant-gardes politiques, syndicales et populaires parce qu’elle est objectivement la seule, face à l’union de la gauche en faillite, à pouvoir fédérer la majorité du peuple autour de la classe ouvrière pour sauver la nation en la réinscrivant dans la marche vers ce que Marx appelait « l’humanité sociale » : ce sont les quatre sorties, dont le principe a été adopté mais pas encore vraiment mis en œuvre par les Assises du communisme : sortie par la voie progressiste de l’euro, de l’UE, de l’OTAN dans la perspective d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme, c’est-à-dire – pour répondre aux ineptes procès d’intention gauchistes – de la révolution socialiste pour la France. Dans la période électorale qui vient, le PRCF a pris la décision de diffuser au moins 100 000 tracts aux manifs populaires et aux entreprises pour présenter, non seulement ses « quatre sorties », mais ses « dix entrées » programmatiques pour une rupture progressiste. Il s’agit de dessiner la voie à emprunter pour amorcer DANS LES FAITS la rupture avec la domination du grand capital sur notre pays : nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie et reconstruction planifiée, à partir du secteur public (banque, grande industrie, grandes surfaces et infrastructures essentielles), du « produire en France », de la protection sociale, des services publics, du logement social, d’une Éducation nationale de qualité pour tous, tout cela dans la perspective d’une coopération internationale affranchie de l’UE (pour desserrer l’étau germano-américain, tournons-nous vers la coopération mutuellement avantageuse et d’État à État avec l’Europe du Sud et de l’Est étouffée par Berlin, avec les BRICS, avec l’Afrique francophone débarrassée de la tutelle néocoloniale, avec Cuba et l’ALBA latino-américain...

Quant à la question environnementale, si l’on me permet pour une fois un aparté philosophique, il faut considérer que la future production communiste mondiale ne devra pas seulement être « éco-compatible », comme si le souci environnemental venait, du dehors, limiter le souci productif. Par une gigantesque négation de la négation historique, la production communiste de l’avenir ne devra ni s’agenouiller devant la nature (comme à l’époque du communisme primitif et des « religions de la nature »), ni traiter la nature en ennemi : la continuité du progrès historique imposera de reproduire scientifiquement, techniquement, j’allais dire : artificiellement – les conditions naturelles indispensable au déploiement de la culture humaine et de la liberté. C’est un paradoxe, mais quand tant de cycles naturels ont été brisés par le mode de production capitaliste en phase impérialiste et exterministe, il reviendra à l’homme – de plus en plus savant et technicien – de ne plus se contenter d’habiter la terre en la pillant, ou au mieux, en la réparant, mais d’utiliser sa science pour que l’humanité REDEVIENNE viable. Si je puis risquer ce paradoxe, c’est désormais sur terre, et pas sur on ne sait quelle exo-planète (on n’en est pas là !) qu’il faudra faire ce que certains récits de science-fiction appellent la « Terra-formation ». Mais pour y parvenir, le communisme est plus vital que jamais car la « guerre de tous contre tous » que porte le capitalisme agonisant conduit déjà à la non-viabilité radicale de l’humanité. Il faut en un mot combattre le primat de la nature au sein de la culture (la survie du capitalisme signifie la sauvagerie dans la civilisation même !), donc effectuer une révolution « sociale », pour civiliser notre rapport à la nature elle-même : on est aux antipodes de ce que l’éco-capitalisme appelle, en anglais naturellement, le « green washing ».

Pour nourrir la contre-offensive progressiste, le PRCF a soumis à ses partenaires nordistes l’idée d’une manifestation départementale, voire régionale Nord-Pas-de-Calais-Picardie pour la rupture progressiste avec l’UE, avec l’idée d’ancrer en bas, au plus près des revendications, l’idée du « FREXIT progressiste » (nous disons parfois le « FRECSIT », Franche Rupture avec l’Europe Capitaliste Supranationale à l’Initiative des Travailleurs), rien n’interdisant a priori de nationaliser cette idée en descendant de Lille-Lens-Amiens (le Nord ouvrier et paysan de la France a le plus voté Non à Maastricht et au TCE) vers Paris. C’est sur du concret, pas sur d’interminables discussions stratosphériques, qu’il faut fédérer les communistes indépendamment de l’état-major euro- et socialo-dépendant du PCF-PGE, qu’il faut aider les syndicalistes de classe à s’affranchir de l’illusion euro-constructive, qu’il faut rassembler les antifascistes en cassant la scandaleuse équation « patriotisme=fascisme » (une équation qui fait bondir les anciens Résistants et qui réjouit tous les anciens Kollabos !). A cette fin, notre Pôle fera tout ce qu’il peut à son échelle pour diffuser un programme communiste de transition révolutionnaire que le PCF officiel est incapable de proposer (à la Fête de l’Huma dominaient d’une part, une « consultation citoyenne » remarquable de vacuité, et une affiche extrêmement « politique » : « je suis communiste, ça fait du bien » !). Et bien nous, militants FRANCHEMENT communistes, nous militons pour les quatre sorties sous les deux drapeaux révolutionnaires inventés par notre peuple, le rouge et le tricolore. Et notre but est clairement de reconstruire notre pays cassé, de stopper la fascisation et la mondialisation des guerres impérialistes (lourdes menaces de l’OTAN contre la Russie) et de rouvrir à notre combative classe ouvrière la perspective concrète du socialisme et du communisme !

Et nous opposons si peu nos idéaux révolutionnaires à notre stratégie d’union anti-monopoliste contre l’UE atlantique que nous engageons concrètement dès à présent l’action pour fêter dignement, et en relation avec les luttes actuelles, le 100ème anniversaire de la Révolution prolétarienne d’Octobre 1917. (cliquez ici pour participer à la souscription)

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Initiative Communiste : Et sur le plan électoral. Que penser de la « France insoumise », des propositions de la gauche de gauche, d’une candidature PCF aux présidentielles ?

Georges Gastaud.- Le PRCF débat actuellement de son positionnement, c’est son Comité central qui en décidera démocratiquement début novembre après discussion dans nos organisations locales et départementales. Je ne puis que redire ce que j’ai dit à la Fête de l’Huma lors de notre débat politique pluriel avec les Clubs Penser la France, le Front syndical de classe, le réseau Faire vivre et développer le PCF et les camarades du Mouvement pour le socialisme du XXIe siècle.

Concernant les propositions de Pierre Laurent, leur crédibilité est devenue voisine de zéro. Le revenant Montebourg, que Pierre Laurent a tenté de courtiser, s’inscrira dans la primaire du PS : en clair il soutiendra Hollande si ce dernier gagne la primaire, ce que ne rend pas improbable le soutien déclaré de Cambadélis et de l’appareil PS au président sortant. Les écolos auront leur propre primaire. La candidature Mélenchon ira jusqu’au bout, sauf si certains appareils organisent « démocratiquement » le blocus des parrainages. On a surtout l’impression que Pierre Laurent, plus occupé par la lutte des places que par celle des classes, est prêt à tout pour sauver le groupe parlementaire du PCF, y compris à obtenir un appui du PS (des candidatures uniques de la gauche au 1er tour des législatives ?) en échange d’un torpillage de tout ce qui pourrait sérieusement menacer Hollande sur sa gauche. Ce n’est plus seulement de l’opportunisme, c’est de l’illusion pure et simple car toute l’histoire montre que le PS ne renvoie jamais l’ascenseur et qu’il est d’autant plus tenté de « plumer la volaille communiste » qu’il risque fort de se faire étriller par les LR et le FN. Ne doutons pas une seconde qu’il tentera de prendre sur sa gauche ce qu’il aura perdu sur sa droite !

Concernant l’idée d’une candidature communiste aux présidentielles, elle est tout-à-fait recevable dans son principe et nous, PRCF, avons trois soucis par rapport à cette élection : a) qu’elle ne mette pas le combat social sous l’éteignoir pendant des mois : primat absolu en toutes circonstances au mouvement populaire ! b) qu’elle n’écrase pas l’espace de la future renaissance d’un vrai parti communiste, et c) qu’elle laisse ouverte à la gauche de la gauche l’espace politique, le « vivier progressiste » indispensable pour construire ce que nous appelons le FRAPPE (FRont Antifasciste, Patriotique, Populaire et Écologique), qu’elle ne se traduise pas par la catastrophe intégrale que serait, outre le cauchemardesque second tour thatchéro-fascisant que nous promettent les LR et le FN, le laminage définitif de la gauche populaire et républicaine.

Si donc une candidature « communiste » doit émerger au premier tour, ce ne peut pas être une candidature « de témoignage » issue de la direction déboussolée du PCF et objectivement située... à la droite de Mélenchon ! Au moins ce dernier proclame-t-il que « l’UE, on la change ou on la quitte », alors que la simple idée d’une rupture avec l’UE donne des boutons à MM. Laurent, Chassaigne, Dartigolles, etc. Si une candidature communiste émerge, quitte à risquer le score de « témoignage », ce doit être au moins sur un contenu franchement communiste, 100% anti-UE et de classe, autrement elle ne serait qu’un leurre politique et ne ferait que diviser encore davantage l’espace communiste et l’espace progressiste en bénéficiant uniquement à Hollande.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il ne serait pas plus sérieux de nier ses avancées politiques (sur l’OTAN, la Syrie, l’Ukraine, Cuba, sur la laïcité républicaine, les luttes sociales, l’Éducation nationale, la nationalisation d’Alstom, etc., nos positions sont objectivement proches, et ce n’est pas nous qui avons bougé !), que d’ignorer certains blocages persistants, notamment sur la nécessaire rupture franche avec la dictature européenne : militants de la Renaissance communiste, nous nous prononçons pour sortir d’emblée, voire unilatéralement, de l’UE et nous jugeons risqué de négocier on ne sait quel accord futur avec Angela Merkel au risque de reporter à plus tard les réformes urgentes attendues par le peuple français, de nourrir la déception populaire, de faciliter la contre-attaque réactionnaire et de sembler négocier ce qui est par définition non négociable : la souveraineté nationale ! Toutefois nous regardons cette candidature dans un esprit d’ouverture et de débat ; car si la gauche de la gauche indéfiniment fractionnée par ses micro-appareils obtient 4%, et cela au moment même où la fascisation et la criminalisation du communisme venue de l’Est se déploient sur toute l’Europe, ce ne sera pas « le même prix » à payer pour le mouvement populaire, face à Sarko-Le Pen qui rappliquent au galop, que dans l’hypothèse inverse où la gauche populaire et euro-critique talonnerait, voire dépasserait le PS en plongeant cette organisation globalement néfaste au mouvement populaire dans une crise existentielle bien méritée. En l’occurrence, ce sont nos camarades qui décideront librement et collectivement à partir des éléments fournis par la direction élue du PRCF.

Cela dit, le PRCF n’aura cure de se diviser sur une élection bourgeoise dont le peuple ne contrôle pas les attendus : quel que soit son positionnement final, le Pôle demeurera strictement indépendant de tout dispositif non communiste, soucieux à la fois de défendre l’espace de la renaissance communiste, de placer les luttes au premier plan et de favoriser la dynamique unitaire d’affrontement progressiste avec l’UE et avec l’ensemble des forces de fascisation. En réalité, nul ne se trompera s’il rejoint notre organisation franchement communiste et 100% anti-UE pour l’aider à diffuser massivement dans la population travailleuse et dans la jeunesse ce qui fait actuellement le plus défaut pour ouvrir la perspective : un programme communiste de transition révolutionnaire.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 11:35

Au regard des positions que l’appareil du PCF a prises ou prend - Europe, stratégie électorale de copinage-coquinage avec le PS,… -, la question mérite d’être posée.

Ce serait une faute politique que de ne pas le faire. On ne peut convenablement analyser, et donc poursuivre le chemin de rupture avec le libéralisme, qu’en prenant en considération le comportement du PCF tel qu’il se présente et non, par un relent d’affection envers ce parti dont on connait l’histoire passée, en feignant de ne pas voir. Le PCF a muté pour ‘devenir compatible avec le PS, se fondre dans la gauche plus rien’ comme on peut lire dans http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sortir-de-l-ue-marche-commun-152154 .

Pour s’en tenir à l’article ci-dessous et aux propos de Chassaigne disons que c’est un étrange mélange d’accusations farfelues et de contre-vérités, tout ceci pour occulter les errances voulues du PCF. Accusant J.L Mélenchon de ‘dérive égocentrique’, c’est, de la part de Chassaigne, fine analyse d’un spécialiste en la matière ; moins de rien exact en vérité car le programme du candidat de la France Insoumise a pour base ‘l’Humain d’abord’ (auquel a participé le PCF) amélioré depuis, sans exclusive, des apports de tous ceux, citoyens et partis, qui apportent chaque jour leur contribution, et on ne saurait faire une place particulière (au nom de quoi d’ailleurs ?) au PCF, surtout lorsque après tergiversé il s’apprête, un jour oui un autre non, à prendre le train en marche.

Ajoutons et répétons que Chassaigne et consort représentent au sein du PCF une majorité de justesse (voir dernier congrès), cadres et militants de plus en plus nombreux appellent à voter pour la France insoumise, tant et si bien qu’au train où vont les choses on est en droit de se demander de qui, dans peu de temps, va pouvoir se réclamer la direction du PCF.

Il n’empêche, une telle attitude, suicidaire pour le PCF (c’est son problème !), ne contribue pas à aider à la rupture avec le capitalisme. Le PCF de révolutionnaire serait-il devenu un parti de compromis avec le libéralisme, nomenklatura obligeant ? L’avenir le dira.

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Source : http://www.regards.fr/web/article/andre-chassaigne-dans-les-conditions-actuelles-il-n-est-pas-possible-de

André Chassaigne : « Dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Mélenchon »

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Le Parti communiste doit déterminer quelle candidature il propose ou soutient en 2017. André Chassaigne, député PCF et président du groupe Front de gauche à l’Assemblée, exprime ses doutes envers celle de Jean-Luc Mélenchon et n’exclut pas de présenter la sienne.

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Regards. Vous sortez d’un conseil national décisif. Serez-vous en mesure d’arrêter une stratégie politique avant la mi-novembre, comme Pierre Laurent s’y était engagé ?

André Chassaigne. Au regard de l’urgence de la situation politique et de l’éclatement de la gauche, le Parti communiste français s’apprête à faire un choix décisif pour l’avenir. Mais comme nous l’avons toujours fait lors des moments cruciaux, nous prendrons nos responsabilités. C’est pour cela que nous nous réunirons en conférence nationale le 5 novembre pour arrêter les options définitivement soumises aux communistes.

Sur quoi reposera la consultation des communistes ?

Il y a trois hypothèses sur la table. La première est celle du statu quo pour marquer notre détermination à faire émerger une candidature de rassemblement. Dans ce cas de figure, le PCF ne ferait pas le choix immédiat d’un candidat pour parvenir à cette candidature de rassemblement. La deuxième hypothèse suggère une candidature issue du PCF. Il ne faudrait pas, pour autant, y voir un repli identitaire. Au contraire, nous aurions là une candidature qui défendrait certes les idées communistes, mais en poursuivant l’objectif d’un rassemblement large pour parvenir une candidature unique. Enfin, dernière option : un soutien à Jean-Luc Mélenchon. Mais il ne se ferait pas sans clarification.

« Avec Jean-Luc Mélenchon, on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. »

Justement, Éric Coquerel, interrogé la semaine dernière par Regards, nous disait que si le PCF privilégiait cette dernière hypothèse – ce qu’il appelle de ses vœux – « ça ne peut conduire à se soumettre aux conditions de ceux qui arriveraient en dernier », dit-il.

C’est terrible de dire cela. Cela veut dire qu’il ferme la porte à toute candidature de rassemblement. Personnellement, je n’exclus pas un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais je ne peux pas admettre que ce soit à prendre ou à laisser. Je crois par ailleurs que l’on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. Nous devrons nécessairement avoir cette discussion avec Jean-Luc Mélenchon, comme nous pourrions l’avoir aussi avec d’autres candidats déclarés. Il nous faut rencontrer tout le monde avant de nous prononcer.

À ce stade, y a-t-il des désaccords de fond avec Jean-Luc Mélenchon et le mouvement des Insoumis ?

Nous avons une base commune qui s’appelle l’Humain d’abord, notre programme de 2012. Nous avons porté et défendu ce programme tout au long de ces cinq dernières années à l’Assemblée nationale avec les députés du Front de gauche. Il faut l’étoffer et l’adapter aux nouveaux enjeux. Je pense notamment aux questions internationales, de conflits, d’évasion fiscale, de migrations.

Pas de quoi vous fâcher avec Mélenchon, donc…

Il y a des expressions qui fâchent et une volonté de grappiller des voix un peu partout qui brouille les pistes. Des mots employés qui ne correspondent pas à ce que l’on souhaiterait d’une politique commune. Je n’entre pas dans les polémiques lancées sur les "migrants" ou les "Gaulois". Sur un sujet moins polémique en apparence, l’agriculture : je crois qu’on ne peut pas apporter des solutions durables en disant simplement qu’il faut changer les pratiques alimentaires. Tout ça pour accrocher un électorat. Ce sont des raccourcis fâcheux qui nourrissent les divergences de fond. Nous n’échapperons donc pas à ce débat. Il sera utile et nécessaire.

« Mélenchon veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche. »

Il n’est pas déjà un peu trop tard pour aborder ces questions programmatiques ?

Non. Il faut tout poser sur la table. Parce que je crois qu’il subsiste un désaccord stratégique qui a son importance. Je ne crois pas aux deux gauches irréconciliables, comme le suggère Mélenchon. Lui, il veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche, parler aux militants et aux élus socialistes en souffrance, aux écologistes, c’est notre combat et notre priorité pour reconstruire une gauche de transformation sociale.

Vous ne semblez pas convaincu par une candidature de Jean-Luc Mélenchon. Votre choix est-il arrêté parmi les trois hypothèses que vous venez de présenter ?

Je pense en effet que dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Jean-Luc Mélenchon : exiger la soumission comme il le fait est contre-productif. Ça ne marchera pas. Mélenchon n’aura d’ailleurs pas le soutien des militants communistes sans un accord préalable avec le PCF. Nous devons construire du commun et réveiller l’espoir. Pour autant, il peut devenir notre candidat commun, mais dans le cadre d’un rassemblement large.

Alors, que privilégiez-vous, finalement ?

L’échec d’une candidature de rassemblement serait lourd de conséquences. Nous devons rassembler toutes celles et tous ceux qui ne résignent pas et qui ne veulent pas renoncer à une vraie politique de gauche. Ensemble, nous sommes la seule alternative à gauche porteuse d’espoir. Mais pour y parvenir, pour être crédibles, nous devons être rassemblés. À la fois pour préparer une stratégie commune à la présidentielle et aux législatives, mais aussi pour reconstruire à gauche, demain. Je crois, à ce titre, qu’une candidature présentée par le PCF pourrait largement y contribuer et ainsi bousculer cette campagne présidentielle.

« C’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat. »

Vous pourriez être ce candidat ?

Si l’option d’une candidature communiste était celle retenue, il y aura sans doute un appel à candidatures. En ce qui me concerne, c’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat.

Au final, cette stratégie ne va-t-elle pas au contraire renforcer les querelles d’ego et ajouter de la division à la division ?

Non, puisque la candidature communiste – si cette hypothèse était retenue par les militants – s’engagera jusqu’au bout à créer les conditions d’une candidature de rassemblement. En mettant tout le monde autour de la table, je crois qu’une candidature peut s’imposer. Il y a celles qui sont présentes aujourd’hui dans le débat public. Et puis il y en a d’autres qui peuvent émerger et faire consensus. Je suis peut-être d’un optimisme béat, mais nous montrerions enfin un nouveau visage de la politique. Nous en sortirions tous grandis. Je crois qu’on ne pourra rabibocher la politique avec les citoyens qu’en lui redonnant ses lettres de noblesse.

Mais vous croyez vraiment qu’un candidat unique de la gauche qui s’oppose à la politique du gouvernement est encore possible aujourd’hui ?

Non seulement j’y crois, mais c’est surtout souhaitable et nécessaire. Je suis désespéré de cette dispersion à gauche. Alors que rassemblée, elle serait majoritaire dans le pays. J’en ai la conviction. Et s’il n’y a qu’un fenestrou [1] pour qu’on puisse passer à travers, il ne faut pas le boucher, mais au contraire l’élargir et saisir cette ouverture jusqu’au bout.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 11:23

Que nous dit l’article (important) d’Ignacio Ramonet ?

Que le monde politique, partout dans le monde est en crise, pas seulement en Europe, mais en Asie, comme aux USA, comme il l’est en Amérique du Sud.

Crise du système de représentation, crise du système économique et financier, crise due à la mondialisation (néolibérale), crise de l’information (médias à la solde), crise, crise, crise, …

Comment cela se traduit-il ? Par la poussée des populismes de droite comme de gauche (qu’on prendra bien sûr soin de ne pas confondre et pour cela on ira voir les articles du blog dédiés à Chantal Mouffe).

Pour quel avenir ? Tout cela dépendra des choix faits par les peuples.

*ancien directeur du Monde Diplomatique

Exergue

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Source : http://www.medelu.org/Les-7-propositions-de-Donald-Trump

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Il y a encore quelques semaines – à plus de deux mois de l’élection présidentielle du 8 novembre prochain aux Etats-Unis –, tous les sondages donnaient Hillary Clinton, la candidate du Parti démocrate, gagnante. Il semblait alors évident que, malgré la masse des préjugés machistes, Mme Clinton serait la première femme à occuper le bureau ovale de la Maison Blanche et à tenir les rênes de la plus grande puissance de notre temps.

Qu’était-il arrivé au candidat du Parti républicain, le médiatique Donald Trump dont l’ascension était considérée comme « irrésistible » ? Pourquoi s’était-il effondré dans les sondages ? Sept Américains sur dix déclaraient alors qu’ils n’en voulaient pas comme président ; et à peine 43 % l’estimaient « qualifié » pour siéger à la Maison Blanche (65 % considérant, en revanche, que Mme Clinton était parfaitement apte à exercer cette tâche).

Rappelons qu’aux Etats-Unis, les élections présidentielles ne sont ni nationales ni directes. Il s’agit plutôt de cinquante élections locales, une par Etat, qui désignent les 538 grands électeurs chargés d’élire à leur tour le (ou la) chef de l’Etat. Ce qui relativise singulièrement les sondages à caractère national.

Face à de si mauvais résultats cependant, le candidat républicain Donald Trump décida, en août dernier, de remanier son équipe et de nommer un nouveau chef de campagne, Steve Bannon, directeur du site ultra conservateur Breitbart News Network. Trump modifia aussi son discours pour s’adresser à deux groupes d’électeurs décisifs : les Afro-américains et les Hispaniques.

Parviendra-t-il pour autant à inverser la tendance et à s’imposer sur la dernière ligne droite de la campagne ? Ce n’est pas impossible. En fait, Trump semble d’ores et déjà avoir, en partie, rattrapé son retard par rapport à Mme Clinton. Personnage atypique, avec ses propositions odieuses, grotesques ou sensationnalistes, Trump a déjà déjoué les pronostics. Face à des poids lourds comme Jeb Bush, Ted Cruz ou Marco Rubio qui, de surcroît, comptaient sur l’appui décidé de l’ensemble de l’establishment républicain, peu d’analystes donnaient Trump gagnant aux primaires du Parti républicain. Et cependant, il a écrabouillé ses adversaires, les réduisant en cendres.

Depuis la crise dévastatrice de 2008 (dont nous ne sommes pas encore sortis), plus rien n’est comme avant nulle part. Les citoyens sont profondément déçus, désenchantés et désorientés. La démocratie elle-même, comme modèle, a perdu une grande part de son attrait et de sa crédibilité. Tous les systèmes politiques ont été secoués jusqu’aux racines. En Europe, par exemple, les séismes électoraux inédits se succèdent, depuis la victoire de l’extrême droite en Autriche jusqu’au Brexit anglais ou la récente défaite de la chancelière allemande Angela Merkel dans son Land de Mecklembourg-Poméranie.

Mais le bouleversement ne se limite pas à l’Europe, il suffit de voir l’écrasante victoire électorale, en mai dernier, de l’inclassable et tonitruant Rodrigo Duterte aux Philippines... Tous les grands partis traditionnels sont en crise. On assiste partout à l’ascension de forces de rupture, soit des partis d’extrême droite (en Autriche, pays nordiques, Allemagne, France), soit des partis populistes et anti-système (Italie, Espagne). Partout, le paysage politique est en voie de transformation radicale.

Cette métamorphose atteint aujourd’hui les Etats-Unis, un pays qui a déjà connu, en 2010, une vague populiste ravageuse, incarnée à l’époque par le Tea Party. L’irruption du milliardaire Donald Trump dans la course à la Maison Blanche prolonge cette vague et constitue une révolution électorale que nul n’avait su prévoir. Même si, apparemment, la vieille bicéphalie entre démocrates et républicains demeure, en réalité la montée d’un candidat aussi atypique que Trump constitue un véritable tremblement de terre. Son style direct, populacier, et son message manichéen et réductionniste, qui sollicite les plus bas instincts de certaines catégories sociales, est fort éloigné du ton habituel des politiciens américains. Aux yeux des couches les plus déçues de la société, son discours autoritaro-identitaire possède un caractère d’authenticité quasi inaugural. Nombre d’électeurs sont, en effet, fort irrités par le « politiquement correct » ; ils estiment qu’on ne peut plus dire ce qu’on pense sous peine d’être accusé de « raciste ». Ils trouvent que Trump dit tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Et perçoivent que la « parole libérée » de Trump sur les Hispaniques, les Afro-Américains, les immigrés et les musulmans comme un véritable soulagement.

A cet égard, le candidat républicain a su interpréter, mieux que quiconque, ce qu’on pourrait appeler la « rébellion de la base ». Avant tout le monde, il a perçu la puissante fracture qui sépare désormais, d’un côté les élites politiques, économiques, intellectuelles et médiatiques ; et de l’autre côté, la base populaire de l’électorat conservateur américain. Son discours anti-Washington, anti-Wall Street, anti-immigrés et anti-médias séduit notamment les électeurs blancs peu éduqués mais aussi – et c’est très important –, tous les laissés-pour-compte de la globalisation économique.

Le message de Trump diffère de celui des leaders néofascistes européens. Il n’est pas un ultra droitier conventionnel. Il se définit lui même comme un « conservateur avec du bon sens ». Sur l’échiquier politique traditionnel, il se situerait plutôt à la droite de la droite. Chef d’entreprise milliardaire et star populaire de la téléréalité, Trump n’est ni un militant antisystème ni, évidemment, un révolutionnaire. Il ne critique pas le modèle politique en soi, mais plutôt les responsables qui pilotent ce modèle. Son discours est émotionnel et spontané. Il fait appel aux instincts, « aux tripes », pas à la réflexion ni à la raison. Il s’adresse à cette partie de l’électorat américain gagné par le découragement et le mécontentement, et aux gens lassés de la vieille politique et du système des « privilégiés », des « castes ». À tous ceux qui protestent et qui crient : « Qu’ils s’en aillent tous ! » ou « Tous pourris ! », il promet d’injecter de l’honnêteté dans le système et de renouveler le personnel et les mœurs politiques.

Les grands médias ont beaucoup diffusé certaines de ses déclarations et propositions. Surtout les plus ignobles et les plus odieuses. Rappelons à cet égard, par exemple, ses affirmations à propos des immigrés mexicains illégaux qui seraient, selon lui, « des corrompus, des délinquants et des violeurs ». Ou bien son projet d’expulser quelque 11 millions d’immigrés latinos illégaux qu’il propose d’embarquer de force dans des bus et de les renvoyer au Mexique. Ou sa proposition, inspirée de la série « Le trône de fer » (Game of Thrones), de construire une colossale muraille le long des 3.145 kilomètres de frontière avec le Mexique, qui chevaucherait vallées, montagnes et déserts, pour empêcher l’arrivée de migrants latinos et dont le financement (21 milliards de dollars) serait à la charge du gouvernement mexicain.

Dans le même ordre d’idées, il a annoncé vouloir interdire l’entrée de tous les migrants musulmans, et s’est attaqué avec véhémence aux parents d’un militaire américain de confession musulmane, Humayun Khan, mort au combat en 2004 en Irak. Il a également a affirmé que le mariage traditionnel formé par un homme et une femme constitue « la base d’une société libre » et a critiqué la décision de la Cour suprême de reconnaitre le mariage entre personnes du même sexe comme un droit constitutionnel. Il soutient ce qu’on appelle les « lois de liberté religieuse » promues par les conservateurs dans plusieurs Etats pour refuser des prestations aux personnes LGBT. Il ne faut pas oublier non plus ses déclarations sur le « mensonge » du changement climatique qui serait, selon lui, un concept « inventé par et pour les Chinois pour provoquer la perte de compétitivité du secteur manufacturier américain. »

Un tel catalogue de détestables inepties a été diffusé par les médias dominants non seulement aux Etats-Unis mais partout dans le monde. Au point qu’on se demande comment un personnage avec de si misérables idées peut rencontrer un tel succès chez les électeurs américains qui, évidemment, ne sont pas tous décérébrés ? Quelque chose ne cadre pas.

Pour résoudre cette énigme, il a fallu fendre le mur de l’information et analyser de plus près le programme complet du candidat républicain. On découvre alors sept autres options fondamentales qu’il défend, et que les grands médias passent systématiquement sous silence.

1) En premier lieu, les journalistes ne lui pardonnent pas ses attaques frontales contre le pouvoir médiatique. Ils lui reprochent d’encourager régulièrement son public à huer les médias « malhonnêtes ». Trump affirme souvent : « Je ne suis pas en compétition avec Hillary Clinton, mais avec les médias corrompus. » Récemment, il a tweeté : « Si les grands médias, répugnants et corrompus, couvraient de manière honnête ma campagne, sans fausses interprétations, je dépasserais Hillary de 20 %. » Il n’a pas hésité à interdire d’accès à ses meetings plusieurs médias importants comme The Washington Post, Politico, Huffington Post et BuzzFeed. Il a même osé attaquer Fox News, la grande chaîne de la droite pamphlétaire, qui pourtant le soutient à fond …

2) Une autre cause des attaques médiatiques contre Trump : sa dénonciation de la globalisation économique qu’il tient pour responsable de la destruction des classes moyennes. Selon lui, l’économie globalisée est une calamité dont le nombre de victimes ne cesse de croître. Il rappelle que plus de 60 000 usines ont dû fermer ces quinze dernières années aux Etats-Unis et qu’environ cinq millions d’emplois industriels ont été détruits.

3) Trump est un fervent protectionniste. Il propose d’augmenter les taxes sur tous les produits importés. Et se dit prêt, s’il arrive au pouvoir, à établir des droits de douanes de 40% sur les produits chinois. « Nous allons récupérer le contrôle du pays et nous ferons en sorte que les Etats-Unis redeviennent un grand pays » affirme-il souvent, en reprenant son slogan de campagne. Partisan du Brexit, il a déclaré que, s’il était élu, il ferait sortir les Etats-Unis de l’Accord de libre échange nord-américain (ALENA). Il s’est également attaqué au Traité Trans-Pacifique (TPP) et a confirmé que, une fois élu, il retirerait les Etats-Unis de l’accord : « Le TPP constituerait un coup mortel pour l’industrie manufacturière des Etats Unis. » Evidemment, s’il est élu, il stopperait aussi les négociations en cours avec l’Union européenne. Il va même plus loin : « Nous allons renégocier ou sortir de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ces accords commerciaux sont un désastre. » répète-t-il. Dans des régions comme le rust belt, la « ceinture de rouille » du nord-est où les délocalisations et la fermeture d’usines ont fait exploser le chômage et généralisé la pauvreté, ces propos sont reçus avec enthousiasme et font renaître tous les espoirs.

4) Autre option dont les médias parlent peu : son refus des réductions budgétaires néolibérales en matière de sécurité sociale. De nombreux électeurs républicains victimes de la crise économique, et tous ceux qui ont plus de 65 ans, ont besoin de la Social Security (retraite) et du Medicare (assurance maladie) mis en place par le président Barack Obama que les autres dirigeants républicains veulent supprimer. Trump a promis ne pas revenir sur ces avancées sociales. Il a aussi promis de diminuer les prix des médicaments, d’aider à régler les problèmes des « SDF », de réformer la fiscalité des petits contribuables, et de supprimer un impôt fédéral qui touche 73 millions de foyers modestes.

5) Dénonçant l’arrogance de Wall Street, Trump propose également d’augmenter de manière significative les impôts des traders spécialisés dans les hedge funds (fonds spéculatifs) qui gagnent des fortunes. Il promet le rétablissement de la loi Glass-Steagall (votée en 1933 pendant la Dépression et abrogée en 1999 par William Clinton), qui séparait la banque traditionnelle de la banque d’affaires pour éviter que celle-ci puisse mettre en péril l’épargne populaire par des investissements à haut risque. Evidemment, l’ensemble du secteur financier est vent debout contre Trump et s’oppose au rétablissement de cette loi.

6) En matière de politique internationale, Trump s’est fait fort de trouver des terrains d’entente à la fois avec la Russie et avec la Chine. Il veut notamment signer une alliance avec Vladimir Poutine et la Russie pour combattre efficacement l’organisation Etat islamique (Daesh) même si pour l’établir Washington doit accepter l’annexion de la Crimée par Moscou.

7) Enfin, Trump estime qu’avec son énorme dette souveraine, l’Amérique n’a plus les moyens d’une politique étrangère interventionniste tous azimuts. Elle n’a plus vocation à garantir la paix à n’importe quel prix. Contrairement à plusieurs responsables de son parti, et tirant les leçons de la fin de la guerre froide, il veut changer l’OTAN : « Il n’y aura plus – affirme-t-il de garantie d’une protection automatique des Etats-Unis envers les pays membres de l’OTAN. »

Ces sept propositions n’oblitèrent pas les déclarations odieuses et inacceptables du candidat républicain diffusées en fanfare par les grands médias dominants, mais elles expliquent sans doute un peu mieux les raisons de son succès auprès de larges secteurs de l’électorat américain. L’aideront-ils à l’emporter ? On ne peut l’affirmer mais il est certain que les trois duels télévisés à venir, face à Hillary Clinton, vont être redoutables pour la candidate démocrate. Car les stratèges militaires le savent bien : dans un affrontement entre le fort et le fou, celui-ci, par son imprévisibilité et son irrationalité, l’emporte bien souvent.

En 1980, la victoire inattendue de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis avait fait entrer le monde dans un cycle de quarante ans de néolibéralisme et de globalisation économique. Une éventuelle victoire de Donald Trump le 8 novembre prochain pourrait, cette fois, faire entrer le monde dans un cycle géopolitique nouveau dont la caractéristique idéologique principale, que l’on voit poindre un peu partout et notamment en France, serait : l’autoritarisme identitaire.

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 10:51

Ces gens qui nous gouvernent ou nous ont gouvernés ont, pour la plupart? quelques uns? pour patrie le fric, le trafic d’influence.

En voici certains, liste incomplète bien sûr. Car il faudrait ajouter ceux que l’on ne connait pas, qui ne se sont pas encore fait pincer, mais aussi les autres, ex-chefs d’état ou de gouvernement, ministres ou haut fonctionnaires, qui s’en vont consultants moyennant quelques sommes largement rondelettes proposer leurs services à d’autres états, des multinationales, des banques,…… mais pas à vous, vous n'avez pas assez d'argent, et ils n'ont pas le goût de vous. Ils s’en vont emportant dans leurs bagages la connaissance qu’ils ont des dossiers, des institutions, pour les offrir aux autres qui dès lors auront moins de mal à nous baiser.

Vous vous apprêtez à voter, observez leur pedigree politique. Bien sûr il y a en a partout, alors remarquez dans quel camp ils sont le plus concentrés.

Exergue

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Barroso

http://www.lepoint.fr/europe/des-contacts-etroits-entre-barroso-et-goldman-sachs-durant-son-mandat-24-09-2016-2071115_2626.php

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Viviane Reding

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/11/17/ces-commissaires-europeens-qui-passent-dans-le-prive_4524910_3234.html

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Karel de Gucht

http://www.lecho.be/economie_politique/belgique_general/Karel_de_Gucht_devient_administrateur_d_ArcelorMittal.9762741-4003.art?ckc=1

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Jean-Claude Juncker

http://www.politis.fr/articles/2014/11/juncker-au-centre-dun-scandale-fiscal-impliquant-340-multinationales-28907/

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Neelie Kroes

http://www.lefigaro.fr/international/2016/09/21/01003-20160921ARTFIG00405-l-ancienne-commissaire-europeenne-a-la-concurrence-aurait-dirige-une-societe-offshore.php

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Schroder

http://www.lemonde.fr/europe/article/2005/12/13/gazprom-la-reconversion-de-m-schroder-scandalise-la-pologne_720587_3214.html

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Cahuzac

http://tempsreel.nouvelobs.com/tag/jerome-cahuzac

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Quant au rôle du ‘comité d’éthique européen’, ce n’est pas terrible !

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/15/barroso-chez-goldman-sachs-quel-est-le-role-du-comite-d-ethique-europeen_4998070_4355770.html

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 08:43

Il n’y a pas si longtemps le mur de Berlin tombait. Il n’y a pas si longtemps. La foule était en liesse.

Plus près, dans le temps, Israël entamait la construction d’un mur pour se séparer de Gaza.

Tandis que les Etats-Unis en bâtissaient un pour établir une frontière étanche avec le Mexique.

Aujourd’hui, c’est à Calais que la France en établit un, sans avoir d’autre imagination que de parquer, sans remettre en cause sa politique au Moyen-Orient ou en Afrique, ou ailleurs, sans avoir l’ambition d’attaquer le mal à sa racine.

Régis Debray écrivait, je ne sais plus dans lequel de ses bouquins, sur la nécessité des frontières car elles ouvrent autant de portes qui sont passages, échanges, ce qui est loin d’être le cas des murs qui prétendent à l’étanchéité et à l’enfermement.

Dans ce monde qui se veut global, il est cocasse d’observer Ô combien il ne l’est pas. Global pour aller se faire du fric sur le dos des autres mais non pour partager. Global pour exploiter mais non pour accueillir. Curieuse conception de la globalité, de la mondialisation, que de la vouloir seulement à sens unique et de ne pas vouloir en supporter les conséquences.

Dans la globalisation, la mondialisation, les multinationales dans le cadre de l’idéologie ultralibérale ont pris le relai du colonialisme des états et des empires. Rien ne change quant au fond, si ce n’est la profondeur des méfaits.

Ils sont là, réfugiés, sans papiers, clandestins que nous avons fabriqués pour les avoir contraints à partir de chez eux.

Il y a peu de temps, je visitais le mémorial du camp de Rivesaltes récemment ouvert pour célébrer le sempiternel plus jamais ça. Lieu de désolation en surface, à l’écart du gros bourg, mémorial enterré pour que nous puissions échapper à notre honte. Tout le monde y vient vérifier l’exécrable qui a vu se succéder : juifs, gitans, espagnols, harkis… mais finalement…

… l’Histoire recommence…. la même Histoire ressurgit, semblable à l’hydre de l’Herne dont la tête coupée repousse, …. l’Histoire rebondit de repentance en repentance, phénomène qui nous autorise à recommencer nos fautes et nos erreurs, sachant que nous nous accordons la possibilité de les effacer à intervalles réguliers.

Qui se souvient que Manouchian était un clandestin, un sans-papiers, travaillant en loucedé en France avant de diriger le réseau qui porte son nom et de prendre les armes pour défendre la France tandis que des gaulois au nom de Lucien Lacombe fricotaient, d’autres se tenaient pénards attendant la fin de la guerre pour pouvoir devenir bien franchouillards ?

Qui se souvient que le réseau Manouchian, 23 résistants communistes, tous morts pour leur honneur d'êtres humains, pour nous, était composé de 20 étrangers (dont une femme), polonais, hongrois, italiens, espagnols, roumains, tous en lutte contre le fascisme, …. pour 3 gaulois.

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Et s’il y avait autre chose à faire que de construire des murs ? qu’à bâtir des camps ?

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 03:42

Bratislava. L’Union est ‘dans une situation critique’ pour Merkel, ‘menacée de dislocation’ déclare Hollande. Tiens donc ! Tandis que Matteo Renzi prend la tangente, disant : «je refuse de suivre un scénario visant à faire croire aux citoyens que nous sommes d’accord sur tout». Il serait temps de s’intéresser aux citoyens ! Car l’Europe n’est pas celle des peuples ; des Etats et des oligarques et de la caste assurément.

Ce constat fait, il faudra voter en 2017. Populisme de droite et de gauche s’affrontent. Le premier s’incarne héréditairement dans une famille, celle des Le Pen qui se refilent le parti, tout en parlant de démocratie, du peuple ; « Le Pen est mort. Vive ! Le Pen » pourrait-on dire. C’est le jeu des 7 familles. Vous avez le père, la fille, et la nièce en attendant d’autres héritiers. Style monarchique on ne fait pas mieux. Le second s’incarne dans la France insoumise où chacun participe au projet et où le porte-parole, J-L Mélenchon, annonce que la nouvelle constitution élaborée et votée par le peuple et non octroyée (ça c’est le style Montebourg très 5ieme république finalement) il se retire.

Revenons à Merkel et Hollande, et à Bratislava. Il avait dit, nouvelle fanfaronnade à l’adresse des français, concernant le Tafta : « la position de la France est claire » (1) « aucun accord ne sera signé » (2), et voilà-t-il pas que, fidèle à sa politique du compromis, il rompt, se déculotte, une fois encore, devant Merkel qui lui donne la fessée (1). Qu’il aime ça le bougre c’est son problème, qu’il nous entraine à la recevoir c’est le nôtre. Pour se faire une idée, si elle n’est pas faite, des enjeux du Tafta et au Ceta, on lira : ‘Tafta et Ceta : Hollande et Fekl jouent notre souveraineté démocratique à Bratislava’ (4). Mais en attendant, cet article :

Source : http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2016/09/17/ue-merkel-passer-tafta-force-hollande-opine/

Exergue

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Au sommet de l’UE à Bratislava, les citoyens européens ont encore assisté à une belle pantalonnade, émaillée d’une fessée déculottée pour François Hollande, et d’une série de quiproquo qui risquent d’être lourds de sens pour l’Union.

TAFTA et la fessée déculottée de Hollande

Premier point: à Bratislava, Merkel a obtenu un maintien de la ligne européenne sur le TAFTA, malgré les annonces de Hollande sur l’arrêt des négociations. Voici ce qu’en dit le communiqué final: lors du Conseil européen d’octobre, examiner les moyens de mettre en place une politique commerciale robuste qui tire parti de marchés ouverts tout en tenant compte des préoccupations des citoyens. Cette formule alambiquée annonce qu’en octobre, l’Union décidera officiellement de signer le TAFTA, que cela plaise ou non à la France. Il s’agit donc d’une superbe humiliation pour un Président qui annonçait, dans son discours de Wagram, qu’il ne laisserait pas la place de la France être contestée en Europe. Une fois de plus, les rodomontades parisiennes donnent lieu à un écrasement en bonne et due forme dès que les frontières sont franchies.

Mais jusqu’à quand allons-nous tolérer d’être le paillasson de la Prusse?

Les hallucinantes déclarations sur les réfugiés

La même Merkel a obtenu, du sommet de Bratislava, des mentions dont on se demande quel être humain normalement constitué a pu les écrire et les soutenir en conférence de presse. Par exemple:

Ne jamais permettre que se reproduisent les flux incontrôlés que nous avons connus l’année dernière et réduire encore le nombre de migrants en situation irrégulière.

Oui, oui, c’est bien Angela Merkel qui a défendu cette déclaration en conférence de presse. Là même qui, il y a près de dix-huit mois, déclarait unilatéralement l’Allemagne prête à accueillir en 2016 un million de réfugiés. À cette pantalonnade, il faut ajouter cette impressionnante phrase d’introduction à la déclaration:

Nous devons mieux communiquer les uns avec les autres – entre États membres, avec les institutions de l’UE, mais aussi, et c’est le plus important, avec nos citoyens. Nous devrions apporter plus de clarté à nos décisions. Utiliser un langage clair et honnête. Nous concentrer sur les attentes des citoyens, en ayant réellement le courage de nous élever contre les solutions simplistes des forces politiques extrémistes ou populistes.

Peut-être que la première façon de lutter contre les « solutions simplistes » serait d’arrêter de prendre les Européens pour des simplets à qui on peut servir n’importe quelle soupe.

Aucune politique économique dans l’Union

Pour le reste, l’Allemagne a maintenu le cap d’une rigueur budgétaire mortifère pour l’Union. Alors que le pauvre Juncker, sans doute inspiré par des puissances gouvernant une autre planète, avait proposé une augmentation du Fonds d’investissement dont personne ne voit la couleur, Merkel a maintenu le lock-out complet sur le sujet:

en décembre, compte tenu de l’évaluation qui aura été faite, prendre une décision sur l’extension du Fonds européen pour les investissements stratégiques

Dans le meilleur des cas, les mesures nouvelles d’investissement interviendront en décembre. D’ici là, on continue comme avant, avec une Europe au service des grands groupes qui pratiquent l’évasion fiscale: lors du Conseil européen du printemps 2017, faire le point sur les progrès réalisés en ce qui concerne les différentes stratégies pour le marché unique (y compris le marché unique numérique, l’union des marchés des capitaux et l’union de l’énergie)

On retrouve ici notamment le principe d’une adoption à marche forcée de la directive sur les droits d’auteur.

L’Italie quitte le bateau ivre franco-allemand

François Hollande a obtenu de s’afficher seul, lors de la conférence de

presse, avec Angela Merkel (en échange d’un renoncement à toutes ses ambitions ou promesses, comme d’habitude). Matteo Renzi, l’Italien, n’a guère apprécié l’opération, d’autant qu’il repart la queue entre les pattes.

Renzi est arrivé, en effet, avec deux objectifs de guerre: une tolérance budgétaire de l’Union pour ses écarts, et un amendement l’accord avec la Turquie sur les migrants, qu’il trouve trop raide (et accessoirement défavorable à l’Italie, puisqu’il ne concerne que la Grèce). Merkel, qui avait un temps joué Renzi contre Hollande, vient donc de perdre un allié.

De l’Europe, il ne restera donc bientôt plus que le couple croupion franco-allemand. La Grande-Bretagne s’en va, l’Italie boude, et plus personne ne croit en rien. Ou comment les bureaucraties finissent. Sur ce point, on reste confondu par la rigide cécité de l’Allemagne qui, une fois de plus, démontre son incapacité à dépasser sa vision prussienne de l’Europe.

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  1. http://www.europe1.fr/economie/traite-tafta-la-position-de-la-france-est-claire-retorque-hollande-a-juncker-2838127
  2. http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/tafta-pour-hollande-aucun-accord-ne-sera-trouve-d-ici-la-fin-2016-1031406.html
  3. http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2016/09/17/ue-merkel-passer-tafta-force-hollande-opine/
  4. http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article32350
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