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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 15:27
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 06:24

Pour qu’existe un pays il faut un territoire (un sol avec ses limites), un peuple (des citoyens), un gouvernement. Dès lors que le rôle du gouvernement est réduit à ses fonctions et pouvoirs régaliens (sécurité : police, armée, justice), que les individus ne sont plus considérés comme des citoyens mais comme des consommateurs, le territoire tend à disparaître et le pays avec.

La prospérité d’un pays et de l’ensemble de ses habitants n’est pas liée aux fonctions et pouvoirs régaliens. Elle procède de la volonté des gouvernements dans bien d’autres domaines. La République a eu l’initiative du développement de l’école gratuite et obligatoire pour tous, de la sécurité sociale, du développement économique pensé en perspective (économie semi-planifiée),…  

Exergue

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Les usagers citoyens sont réduits au rang de clients consommateurs.
 

Abattre les services publics constitue un leitmotiv pour les partisans de l’idéologie néolibérale revancharde. Des expressions trompeuses et pourtant éculées sont abondamment utilisées : délégation de service public, services au public. Elles signifient en réalité démantèlement des services publics. Pour y parvenir, un autre stratagème est désormais convié, celui de la délimitation d’un périmètre pour les services publics. Celui-ci ne devrait pas excéder les fonctions régaliennes. Cette conception est un piège. Le périmètre des services publics ne peut pas correspondre aux seules fonctions régaliennes pour deux raisons majeures.

Ce serait en effet valider une vision conservatrice de la société. Limités aux fonctions régaliennes, les services publics se verraient réduits de facto à une fonction de préservation de l’ordre établi. Ils se trouveraient relégués aux antipodes de l’objectif de transformation sociale, eux qui ont été perçus comme un puissant levier de réduction des inégalités et de redistribution. Les enjeux fondamentaux ne seraient pas en capacité d’être satisfaits : la solidarité donc, mais aussi l’intérêt général dans des domaines où les investissements ne peuvent être que le fait de la puissance publique, la souveraineté populaire qui est bafouée dès lors que les usagers pleinement citoyens sont réduits au rang de clients consommateurs. Ce périmètre réduit dévoile un véritable marché de dupes. Car il n’y a aucune fonction régalienne qui soit intouchable et assurée de rester dans le champ des services publics. Nous ne pensons pas à la santé et à l’éducation, qui sont déjà exclues du champ des fonctions régaliennes pour mieux en promouvoir la marchandisation. L’une au motif de lutter contre l’assistanat, l’autre au nom de l’investissement éducatif. Les secteurs les plus indiscutablement régaliens subissent également l’offensive. C’est ainsi que les emplois privés sont majoritaires au sein des forces de sécurité. L’actualité nous montre que la justice peut ne pas être un monopole de l’État, avec le recours aux arbitrages privés, tandis que l’Histoire nous apprend que la justice du Moyen Âge était une justice privée seigneuriale. De la même manière, histoire et actualité nous renseignent sur la fragilité régalienne de la fonction militaire : le temps des condottieres et des mercenaires redevient d’actualité avec l’utilisation par les États-Unis de soldats étrangers à qui étaient promises des cartes vertes ou l’obtention de la nationalité.

La sauvegarde des services publics ne peut suffire : elle doit s’accompagner d’une stratégie d’extension et de démocratisation. La question des services publics pose au final l’interrogation de la civilisation dans laquelle nous voulons vivre. Celle de l’avenir en commun ou celle du chacun pour soi des solutions individuelles…

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 19:55

C’est le genre d’émission que l’on boude volontiers. Pourtant !

On y découvre quelque chose, autre chose. On se dit : ‘Je n’avais pas vu ça comme ça’, ou : ‘Effectivement….’, ou : ‘Là, non…’. Bref ! On se met en état de réflexion.

Si le socialisme est ‘cette aspiration à la justice sociale, au partage, à la reconnaissance de la dignité de chacun,…’, quels buts, objectifs, finalités, poursuivent les autres courants politiques ?

Si l’action politique n’est pas la propriété de ceux qui décident à un moment donné d’exercer des mandats, de qui d’autre est-elle ou pourrait-elle être la propriété ?

Paradoxe, dit-on. Macron est jeune. Ce qu’il nous propose ce n’est pas le plus neuf. Il est très vieux dans son discours. Où est le paradoxe ? On prête ce propos à E. Faure parlant de VGE : ‘Ce jeune vieux’. Car il y a une différence entre ce qu’on donne à voir et ce qu’on est.

Mélenchon, est-il dit, lors du 2ème tour des présidentielles ‘ne sombre pas dans le présentisme’. C’est le seul qui a préservé la possibilité de parler aux citoyens et qui s’est posé la question du lendemain.

Notre époque réduit la politique à la technocratie. Elle se pose la question du comment, pas celle du pourquoi. Il faut poser la question des fins, pourquoi nous faisons les choses.

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L’émission : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/grand-entretien-avec-vincent-peillon

 

 

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 18:48

‘La France, un des Etats les plus corrompus d’Europe, constate Transparency International….La France est un pays de petite vertu, lorsqu’il s’agit de corruption. En Europe, elle se place dans le peloton de tête des pays où la corruption prospère le mieux’ (4).

*

Tel crétin de journaliste, animateur d’une émission télé du soir, d’interroger si la moralisation de la vie politique est une des priorités des français. Question à laquelle il faut répondre : oui. Les français  qualifient depuis trop longtemps, certes de manière excessive, de ‘tous pourris’ les personnels politiques et boudent la vie civique pour que ce soit une préoccupation majeure. A imaginer à raison qu’il y ait d’autres priorités, il faut bien, un jour, s’attaquer à celle-ci, sauf à consentir à la repousser sans fin avec pour conséquence de voir augmenter le nombre de ‘pourris’ et la défiance envers les élus et la politique.

Maintenant, venons aux propositions (1) du député Dozières pour observer qu’il en est une - allez savoir pourquoi - qui n’a pas retenu son attention. Celle du référendum révocatoire d’initiative populaire qui existe dans de nombreux pays (2).

      1. http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/21/les-propositions-de-rene-dosiere-a-emmanuel-macron-pour-moraliser-la-vie-publique_5131216_823448.html

      2. https://blogs.mediapart.fr/gygde/blog/031014/apercu-des-modalites-de-referendum-revocatoire-par-pays

Par ailleurs, constatons que rien n’est dit sur les sanctions dont on se plait à penser qu’elles devraient être lourdes - les élus n’étant pas des citoyens ordinaires -, cependant qu’elles sont énoncées lorsqu’il s’agit du financement des partis. Un oubli certainement que le législateur saura réparer en formulant dans la proposition de loi des condamnations à hauteur du délit mais encore en tenant compte de la ‘qualité’ de celui qui a commis ce dernier.

Concernant la limitation du nombre de mandats (3 pour les parlementaires, 2 pour les élus locaux), le lien (1) fait état du commentaire du député socialiste Ch. Borgel, alors rapporteur du projet de loi sur le cumul des mandats adopté en 2014, qui estimait, en 2013, qu’« une limitation à trois du nombre de mandats parlementaires… serait … en contradiction avec deux principes constitutionnels : la liberté de se présenter à une élection et la liberté, pour l’électeur, de choisir son représentant », ajoutant que « la durée de trois mandats parlementaires successifs – quinze ans – ne correspond pas à la durée d’une vie politique….. ». Commentaire auquel on objectera que ce n’est pas la liberté de se présenter à une élection qui est remise en cause mais la professionnalisation de la politique, que la liberté pour l’électeur de choisir son représentant est quelque peu écornée lorsqu’on sait que, dans la réalité, il est des catégories sociales qui ont plus que d’autres de difficultés à prétendre à l’élection, ce qui conduit à une sociologie parlementaire moralement discutable. Ajoutons que la limitation du nombre de mandats aurait pour effet salubre de renouveler les élus - nécessité sur laquelle tout le monde s’accorde- d’éviter l’entre-soi qui conduit à l’oligarchie, la caste, et permettrait aux élus, en les renvoyant ‘aux champs’, d’aller en éprouver les effets de leur politique.

S’agissant de la proposition sur les indemnités des parlementaires, suggérons que leur progression soit indexée sur celle du smic plutôt que de la laisser à leur libre appréciation. Suggérons également qu’elle soit un multiple raisonnable de ce dernier. Le même raisonnement pourrait être tenu pour tous les élus de la République, du plus petit au plus grand sans distinction.

Quant aux fonctions de conseil d’un parlementaire, elles devraient être interdites, sans aucune dérogation car on ne peut concourir à la fois au service public et à l’intérêt privé (3) (4) sans être dans le conflit d’intérêt.

La proposition sur la transparence imposée au Président de la République devrait être étendue à tous les élus (parlementaires et locaux) ce qui permettrait d’évaluer leur éventuel enrichissement, nul citoyen n’ignorant les faveurs que certains élus tirent de leur position (3) (4).

      1. http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/02/28/le-passe-de-gerard-longuet-peut-il-gener-le-gouvernement_1486004_823448.html

      2. http://reseauinternational.net/la-france-un-des-etats-les-plus-corrompus-deurope-constate-transparency-international/

S’il s’agit que les anciens Présidents bénéficient d’une moindre rémunération qui peut être contre, d’autant qu’ils sont membres de droit du Conseil constitutionnel et à cet effet sont rétribués en sus. Ceci sans compter les multiples avantages dont-iles profitent.

Ah ! Les emplois familiaux.  Le député Dosières suggère de laisser aux parlementaires la définition des « conditions de recrutement, de rémunération et d’exercice des fonctions de collaborateurs parlementaires, par le biais d’une négociation sociale » et propose l’interdiction de tout recrutement familial. Soyons plus incisif. Que soit créé un statut de l’assistant parlementaire, que des diplômes soient requis pour exercer ce métier, que l’assistant soit payé non à la discrétion du député mais par l’administration de l’Assemblée nationale au regard du statut. 

Dans l’émission citée plus haut, un autre crétin de journaliste, trouvait aberrante l’interdiction d’emplois familiaux et tenait l’argument que ça n’empêcherait pas le député d’employer sa maîtresse. Outre que le propos n’est pas des plus délicat : tous les députés n’ont pas de maîtresse et/ou n’ont pas envie d’en avoir, qu’il n’a même pas l’idée d’évoquer la possibilité que les femmes parlementaires aient un amant (misogyne ?), il ne se rend même pas compte que cela s’appelle du piston qui s’effectue toujours à cercle proche, au détriment de ceux qui ont vraiment besoin d’un emploi et qui éventuellement galèrent pour en trouver un.

Le député Dozières souhaite également « Des ministres à temps plein » et le non cumul des mandats. Enfin ! Il était temps que cette aspiration formulée depuis longtemps par les citoyens pénètre le cerveau de nos chers élus.

Ajoutons autre chose puisqu’on parle de ministres. Est-il normal que des non élus - la société civile – occupent des fonctions politiques ? N’est-ce pas une manière d’avoir un gouvernement d’experts ? Ou encore une façon de filer les commandes de l’Etat à des citoyens qui ont œuvré dans de grands groupes privés et donc…. ? N’avons-nous pas assez des énarques qui trustent la politique ?   

Dans le cadre de la loi sur la moralisation de la vie politique, la question du régime spécial de la retraite des députés, semble-t-il, devrait être abordée. Pourquoi ne sont-ils pas affiliés au régime général, ce qui permettrait de faire une économie de 40 millions d’euros pour les seuls députés ? Pourquoi lorsque, comme en 2015, le régime des retraites des députés a été déficitaire de 63 millions, 40 millions ont été prélevés sur le budget de l’Assemblée nationale (en plus de la cotisation patronale) ? Y-a-t-il 2 catégories de citoyens : les élus et les autres ?

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 05:16

Où il est rapidement question des législatives, puis de la pensée de J. Jaurès sur la propriété sociale

Exergue

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Source : http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/pourquoi-lemancipation-nest-plus-possible-au-sein-du-capitalisme/7400307

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La séquence électorale des législatives qui se terminera le 18 juin prochain au soir est claire pour nous. Il s’agit de transformer dans les législatives la poussée qui s’est concrétisée sur le vote Mélenchon à la présidentielle. Certains regretteront qu’il n’y ait pas de candidat unique dans chaque circonscription pour représenter le vote JLM17. Mais pouvait-il en être autrement ? Avec une exigence jacobine de la part de la France insoumise qui demande la signature d’une même charte pour tous, d’une solidarité des votes et d’une campagne nationale. Et une exigence girondine de la part du PCF qui n’arrive plus à avoir une position stratégique commune sur le territoire national en interne. Nous avons par exemple appris que dans certains départements (Landes, Jura, Somme, etc.) des alliances ont été scellées, comme aux dernières régionales, entre le Parti socialiste et le Parti communiste. A noter cependant que de nombreux communistes ont intégré la France insoumise (qui n’est pas un parti avec des adhérents) et que les élus communistes qui ont donné leur signature à Mélenchon n’auront pas de candidat de la France insoumise contre eux.

Nous ferons le point politique de cette séquence en son temps.

 

 

Ouvrir le débat sur les conditions de la Révolution citoyenne

En attendant, nous souhaitons revenir sur le débat de la ligne politique nécessaire pour mener une transformation sociale et politique. Nous avons déjà mis en avant le fait qu’il n’y aurait pas de transformation sociale sans le soutien massif des ouvriers et des employés comme à chaque moment du XXe siècle avec de grandes avancées sociales. Voir dans ReSPUBLICA nos enseignements sur le premier tour de la présidentielle puis du deuxième tour .

Nous avons aussi mis en avant le fait que l’UE et la zone euro sont des carcans visant à empêcher toute politique progressiste en France ou ailleurs. Et que changer les traités n’est plus possible avec la règle de l’unanimité lorsque de petits pays sont sous la coupe des banques.

Nous avons enfin montré l’importance d’une campagne d’éducation populaire refondée, pourtant si négligée par les militants.

Mais nous voudrions ouvrir un autre sujet : suffit-il d’avoir une ligne post-keynésienne de type économistes atterrés avec la prévision d’un Etat social fort mais sans modification du régime de propriété ou faut-il engager un processus global de République sociale avec changement progressif du régime de propriété ? Le premier choix est largement majoritaire dans les textes d’Attac, de la France insoumise, du PCF, etc. La deuxième option est présentée dans nos livres (voir http://www.gaucherepublicaine.org/librairie et plus particulièrement Penser la République sociale pour le XXIe siècle) reprenant par là des idées de Marx et de Jaurès.

Comme cela a été fait pour le compte de la bourgeoisie pendant la Révolution française mais pas à la Révolution de 1848.

Jaurès précise dans Socialisme et liberté en 1898 : « Quand le prolétariat socialiste aura été porté au pouvoir par les événements, par une crise de l’histoire, il ne commettra pas la faute des révolutionnaires de 1848 : il réalisera d’emblée la grande réforme de la propriété. »

« Laisser au patronat, […], la direction des ateliers, des manufactures et des usines, et tenir ce même patronat hors du droit politique, hors de la cité, c’est une impossibilité. Il est contradictoire de faire des bourgeois des citoyens passifs et de leur laisser encore dans une large mesure la maîtrise de la production » (Études socialistes/Introduction – Question de méthode)

« […] l’idée de propriété sociale des moyens de production, donnant un fondement réel, concret, à la liberté de tous, est le point lumineux où tous les vrais révolutionnaires se rallient. Tout socialiste qui ne l’aura pas toujours présente à la pensée ne sera qu’un empirique ou un intrigant, voué à toutes les capitulations et à toutes les défaillances. » (L’Humanité, 25 août 1912)

Et cette propriété sociale n’est en rien une fonctionnarisation de la société : « Par quelle confusion étrange dit-on que, dans la société nouvelle, tous les citoyens seront des fonctionnaires ? En fait, c’est dans la société présente que tous les citoyens ou presque tous aspirent à être “ des fonctionnaires ”. Mais il n’y aura aucun rapport entre le fonctionnarisme et l’ordre socialiste. Les fonctionnaires sont des salariés, les producteurs socialistes seront des associés. » (Socialisme et Liberté)

Jaurès critique aussi les réformes qui n’engagent pas un pied dans la transition vers le modèle politique de la République sociale :

« L’expérience montrera que les réformes les plus hardies peuvent être des palliatifs, mais tant qu’elles ne touchent pas au fond même de la propriété capitaliste, elles laissent subsister la racine amère des innombrables souffrances et des innombrables injustices qui pullulent dans notre société. » La Dépêche, le 18 décembre 1895

Voilà pourquoi nous présentons le modèle politique de la République sociale, ses principes constitutifs, ses ruptures nécessaires, ses exigences indispensables dont la socialisation progressive des entreprises et la stratégie de l’évolution révolutionnaire (cf. Marx 1850).

Contre Jules Guesde, Jaurès fustige la croyance que l’autogestion dans une seule entreprise est une bonne politique. Il considère au contraire que c’est un leurre à combattre : « Lorsque la Verrerie ouvrière fut fondée, je pris délibérément parti contre les amis de Guesde, qui, dans les réunions préparatoires tenues à Paris, voulaient la réduire à n’être qu’une verrerie aux verriers, simple contrefaçon ouvrière de l’usine capitaliste.

Je soutins de toutes mes forces ceux qui voulurent en faire et qui en ont fait la propriété commune de toutes les organisations ouvrières, créant ainsi le type de propriété qui se rapproche le plus, dans la société d’aujourd’hui, du communisme prolétarien. » (République et socialisme, dans la Petite République du 17 octobre 1901)

Revenons aux projets post-keynésiens de l’Etat social, tels que les présentent certains textes des atterrants « Atterrés », et disons pourquoi nous les critiquons. Si l’Etat social a pu s’inscrire dans le capitalisme à la Libération, c’est parce que la crise de 1929 fut soldée par la Deuxième guerre mondiale et que la masse de destruction du capital a permis la reconstruction avec des profits élevés dans l’économie réelle. Jusqu’à la crise du profit dans l’économie réelle qui entraîna l’oligarchie capitaliste dans une phase néolibérale où les taux de profit élevés dans la finance internationale obligent la dite oligarchie à des politiques d’austérité de plus en plus fortes.

Nous pensons que vouloir un Etat social fort au sein du capitalisme aujourd’hui est une lubie qui fait fi de la crise du capital et de son profit dans l’économie réelle. Ajoutons néanmoins que le programme du Conseil national de la Résistance avait placé dans le système en 1945-1946, un déjà-là du mode de production ultérieur, à savoir la Sécurité sociale gérée ni par le privé ni par l’Etat !

Jaurès avait déjà pointé la faiblesse intrinsèque de l’Etat social dans le capitalisme : « Le socialisme d’État accepte le principe même du régime capitaliste : il accepte la propriété privée des moyens de production, et, par suite, la division de la société en deux classes, celle des possédants et celle des non possédants. Il se borne à protéger la classe non possédante contre certains excès de pouvoir de la classe capitaliste, contre les conséquences outrées du système. Par exemple il intervient par la loi pour réglementer le travail des femmes, des enfants, ou même des adultes. Il les protège contre l’exagération de la durée des travaux, contre une exploitation trop visiblement épuisante. Il organise, par la loi, des institutions d’assistance et de prévoyance auxquelles les patrons sont tenus de contribuer dans l’intérêt des ouvriers. Mais il laisse subsister le patronat et le salariat. Parfois, il est vrai, et c’est une tendance croissante, il transforme en services publics, nationaux ou communaux, certains services capitalistes. Par exemple, il rachète et nationalise les chemins de fer, il municipalise l’eau, le gaz, les tramways. […] Ce qu’on appelle socialisme d’État est en fait, dans les services publics, du capitalisme d’État. » (Socialisme et Liberté)

Jaurès encore :

« Le socialisme d’État, impuissant à faire de la justice le ressort interne de la société, est obligé d’intervenir du dehors sur l’appareil capitaliste pour en corriger les pires effets. Au contraire, ce n’est pas par l’action mécanique des lois de contrainte, c’est par l’action organique d’un système nouveau de propriété que les collectivistes et communistes prétendent réaliser la justice. » (Socialisme et Liberté)

J’espère que vous avez pu voir que Jean Jaurès apparaît ici bien plus à gauche que toute l’extrême gauche réunie ! Tout cela pour dire que pour retrouver le chemin de l’émancipation, il faut engager un processus de sortie du capitalisme. Que de luttes en perspective ! Que d’initiatives d’éducation populaire refondée nécessaires !

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 18:48

Extrait :

Alors, que faire?

A très court terme, assurer au maximum la campagne des législatives autour de la France insoumise et de ses alliés et assurer le double front contre les néolibéraux du PS, de LR et de Macron d’une part et contre les néolibéraux du Front national et de ses alliés de l’autre. Il n’y a pas d’autre alternative mobilisatrice.

Après cette séquence politique qui se terminera au soir du 18 juin, c’est bien le front social qui sera au premier rang de la bataille. Et là, le mouvement syndical revendicatif et ses alliés dont nous sommes, devra être renforcé.

A moyen terme, il appartiendra aux partisans de la République sociale que nous promouvons de pousser à un diagnostic social et politique partagé dans le peuple, car dans un pays développé, on ne peut pas être majoritaire dans le peuple sans être très majoritaire dans les couches populaires qui représentent la majorité du peuple objectivement et malheureusement pas encore subjectivement.

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Tribune : Évariste

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Donnons les chiffres significatifs de ce deuxième tour. Ils sont à ajouter à notre dernière chronique sur les enseignements du premier tour. Plus de 12 millions d’abstentions, plus que d’habitude pour une élection présidentielle ; 4,2 millions de blancs ou nuls (9 % des inscrits) ce qui a une signification politique importante. Sur les votants, 20 millions pour Macron, 11 millions pour Le Pen. Il est à noter que cette dernière engrange 3,3 millions de votants supplémentaires par rapport au premier tour, provenant principalement de Dupont-Aignan et de l’extrême droite catholique (du type Sens Commun, parti créé à partir de la Manif pour tous et qui avait permis à Fillon de gagner la primaire de la droite). Bien que plus de 30 % des ouvriers n’aient voté pour aucun de ces deux candidats, il est à noter que même IPSOS a omis de comptabiliser la sociologie de ces blancs ou nuls, qui représentent malgré tout 9 % des inscrits, ce qui montre le peu de professionnalisme des instituts de sondage. Tout en sachant qu’il y a beaucoup d’ouvriers et d’employés dans ces blancs et nuls, nous ne sommes pas en mesure de les quantifier. Quant à ceux qui ont fait un choix entre Macron et Le Pen, Le Pen est légèrement majoritaire chez les ouvriers avec 56 % et obtient 46 % chez les employés. Une courte majorité des électeurs de JLM a voté Macron, 24 % se sont abstenus et 17 % ont voté blanc ou nul.

Nous avions été, dès le lendemain du premier tour, sur la ligne « Pas une voix pour le FN ». Nous avions cependant développé l’idée que la montée du Front national était essentiellement due aux politiques néolibérales et patronales menées par Sarkozy, Fillon, Hollande, Ayrault, Valls, Macron. S’il obtient une majorité parlementaire, Macron président développera les politiques d’austérité bien au-delà de ses prédécesseurs et donc fera encore augmenter le score du FN. Jusqu’à quand ? On le voit, le simple barrage électoral ne suffira pas dans la diachronie historique. Les 3,3 millions de votes supplémentaires pour Le Pen constituent un danger sans nom. Nous comprenions donc ceux qui ont voté blanc ou nul sur la base de cette analyse. Nous avions dit aussi que nous comprenions aussi ceux qui « pour gagner du temps » voteraient Macron à condition que, dès le lendemain du deuxième tour de la présidentielle, ils se décident enfin à combattre les politiques néolibérales, en empêchant le nouveau président de la République d’avoir une majorité néolibérale en votant non seulement contre le FN et ses alliés mais aussi contre Macron et ses alliés socialistes et LR.1

C’est donc maintenant, au pied du mur, que l’on verra les « donneurs de leçons médiatiques et électroniques ». Et que l’on séparera dans les votes Macron le bon grain de l’ivraie. Il n’y a pas d’autre solution que de partir au contact des couches populaires et nous invitons alors tous les « barreurs contre le FN » à nous rejoindre dans cette bataille sans attendre le prochain barrage électoral qui cette fois-là risque de ne pas suffire. S’attaquer aux causes de la montée du FN sans attendre de nouvelles élections, c’est d’ailleurs ce que plusieurs commentateurs ont déjà déclaré dans les télévisions des pays européens !

Que de discours dans la campagne du deuxième tour pour détourner la France des malheurs publics, émanant de ceux qui ne s’opposent pas à la politique qui est la source de ces mêmes malheurs. Que dis-je? Qui l’approuvent, qui y souscrivent !2

N’a-t-on donc pas tiré les enseignements des années 30 lorsque le SPD, pour faire barrage à Hitler à la présidentielle de 1932, fit le choix d’Hindenburg, pactisant ainsi avec le candidat du patronat ? Déplorer les effets d’une politique que l’on n’ose plus combattre, voilà contre quoi nous devons nous élever pour mener la bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle.

Car comme dans les années 30, il ne suffira pas d’attendre la prochaine élection pour faire barrage car cette fois-ci ce sera peut-être trop tard. C’est maintenant qu’il faut combattre les causes de la montée du FN et du populisme de droite qui finira pas s’associer au FN. Qu’on ne s’y trompe pas, les néolibéraux Sarkozy, Ayrault, Hollande, Valls, Fillon ont vu leur base sociale se restreindre ; il en sera de même pour Macron qui n’est que leur continuateur en pire.

Comme dans les années 30 avec leurs prédécesseurs, LR et le PS sont en crise majeure dont ils ne se redresseront pas de sitôt. La bataille deviendra donc une bataille entre le FN et ses alliés d’une part et, de l’autre, ce qui pourrait devenir son antidote radical, un mouvement issu de la France insoumise et de ses alliés.

Nous voyons ici et là poindre la critique que la France insoumise serait un populisme de gauche. Nous disons soit ! mais au moins cela a permis au peuple de conserver un espoir face à l’oligarchie capitaliste, alors que toutes les autres formations se coupaient petit à petit du peuple. Et l’on ne peut pas avoir raison contre le peuple. Quiconque veut connaître un phénomène ne peut y parvenir en se battant avec la peau des autres mais bien en se mettant en contact avec lui. Pour acquérir des connaissances politiques, il faut prendre part à une pratique qui transforme la réalité. Si l’on veut connaître le goût d’un fruit, il faut le goûter. Comme toutes les connaissances authentiques sont issues de l’expérience immédiate, si l’on veut connaître la théorie, les méthodes et les conditions de la révolution, il faut prendre part aux luttes sociales et politiques. Donc, œuvrer dans le peuple et non pas seulement à côté de lui en se retirant sur son Aventin.

Concernant l’imputation de « populisme de gauche », il faut d’abord comprendre pourquoi il y a ici et là des émergences qui ne sont pas des émergences en provenance des partis traditionnels. C’est en fait assez simple. Les politiques néolibérales ont accru à un niveau phénoménal la désintégration économique des couches populaires, mais également des couches moyennes intermédiaires qui se sentent de plus en plus déclassées. La non-intégration économique de ces catégories et la désindustrialisation massive de la France induisent directement la désaffiliation des partis politiques traditionnels, surtout si ceux-ci recrutent de plus en plus chez les CSP+ de la fonction publique. De plus, aujourd’hui contrairement à la période d’après-guerre, les couches populaires vivent de moins en moins là où se crée la richesse, la ségrégation sociale se double d’une ségrégation spatiale.

Dans ce contexte, attention à ne pas donner crédit aux médias néolibéraux qui ne sont là que pour gagner du temps pour le compte du patronat avant la crise paroxystique qui s’annonce sans que l’on sache quand elle arrivera.

Par contre, dans la course de vitesse qui se crée entre le FN et ses alliés et la France insoumise et ses alliés, constatons que malheureusement c’est le FN qui a une longueur d’avance dans la pénétration dans les couches populaires. Et les alliés de la France insoumise (comme le PCF par exemple) sont bien plus éloignés des couches populaires que la France insoumise, sauf chez les retraités. Là est la limite des partis traditionnels de gauche (comme le PCF par exemple mais pas seulement) mais aussi de la France insoumise. Non, une réflexion en termes de lutte de classe n’est pas obsolète et c’est même la clé du succès à moyen terme. À condition de ne pas la mener avec des catégories analytiques non conformes au monde d’aujourd’hui.

Alors, que faire?

A très court terme, assurer au maximum la campagne des législatives autour de la France insoumise et de ses alliés et assurer le double front contre les néolibéraux du PS, de LR et de Macron d’une part et contre les néolibéraux du Front national et de ses alliés de l’autre. Il n’y a pas d’autre alternative mobilisatrice.

Après cette séquence politique qui se terminera au soir du 18 juin, c’est bien le front social qui sera au premier rang de la bataille. Et là, le mouvement syndical revendicatif et ses alliés dont nous sommes, devra être renforcé.

A moyen terme, il appartiendra aux partisans de la République sociale que nous promouvons de pousser à un diagnostic social et politique partagé dans le peuple, car dans un pays développé, on ne peut pas être majoritaire dans le peuple sans être très majoritaire dans les couches populaires qui représentent la majorité du peuple objectivement et malheureusement pas encore subjectivement. L’éducation populaire refondée au sein du peuple sera notre arme. Et les questions sur les conditions de la Révolution citoyenne et sociale devront alors prendre force et vigueur. Les intervenants du Réseau Education Populaire, les films de Marie Pialat “Peuple et pouvoir”, « Peuple et profit”, “Combat laïque , combat social”, etc., les livres de la librairie militante de ReSPUBLICA (sur la colonne de droite du site), les actions des comités “La Sociale” créés à la suite des débats sur le film de Gilles Perret, les actions de la Convergence nationale Services publics et du Collectif national Poste organisé autour des syndicats CGT, FSU et Solidaires, sont là pour développer cette éducation populaire refondée.

A bientôt si vous le voulez bien ! Hasta la victoria siempre (jusqu’à la victoire finale) !

 

  1. Nous remercions les nombreux lecteurs qui ont écrit au journal à la suite du dernier éditorial, soit pour soutenir son analyse ou la développer, soit pour la récuser. Nous avons préféré ne pas alimenter entre les deux tours un débat qui est vite devenu manichéen et parfois outrancier. Parmi les textes publiés pour dénoncer le chantage du vote « anti-fasciste » et rappeler que ce sont les gouvernements de gauche et de droite qui ont trahi les classes populaires et fait monter le FN, nous signalons a posteriori deux tribunes :
    Henri Pena-Ruiz « Ne nous soumettons pas ! »
    Frédéric Lordon « De la prise d’otages ». []
  2. D’après une citation de Bossuet : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait, pour les attirer. Que dis-je ? qu’on l’approuve et qu’on y souscrit… » []
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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 19:12

Dis-moi qui ….. , je te dirai ce que tu vas faire.

Ceci en attendant que le dernier président de la 5ème, E. Macron, nous fasse part du nom de son premier ministre et de celui de ses ministres.

Vous me direz, on s’en doutait…. Oui, mais….

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Liste : https://www.legrandsoir.info/liste-des-soutiens-d-emmanuel-macron-le-candidat-du-parti-de-la-presse-et-de-l-argent-ppa.html

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:37

Extraits de la lettre :

« Votre victoire sera plus certaine, plus sûre, et le changement plus réussi et plus durable si vous prenez la mesure du temps long, parce qu’on n’éduque pas un peuple en 3 mois, on ne change pas le paradigme de pensée en 3 mois, on ne dégage pas la peur au ventre des gens en 3 mois. Cela prend du temps et beaucoup d’implication militante.

Le secret c’est

  1. L’éducation politique populaire.
  2.  Le militantisme permanent, pas que dans les épisodes électoraux
  3.  L´existence du mouvement (à la fois une coalition des partis de gauche et un mouvement indépendant de ces partis) »

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Source : https://www.legrandsoir.info/la-victoire-sera-plus-certaine-et-durable-si-vous-prenez-la-mesure-du-temps-long.html

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Connaissez-vous Pepe Mujica ? Comment est il arrivé au pouvoir ? Voici un petit récit qui pourrait vous aider en ce moment complexe de joie et désenchantement.

L’Uruguay est un petit pays, mais qui a des similitudes à la France : Un État très fort et organisé, des acquis sociaux importants, un niveau de vie plus haut que nos voisins, etc.

Malheureusement on n’a pas d’indiens, et les noirs sont moins de 10% plutôt bien intégrés.

Comme notre niveau de vie est plutôt bon par rapport à l’Amérique Latine, on est en train de recevoir beaucoup d’immigration andine et centro-américaine, mais l’énorme majorité de la population sont des petits fils d’européens. Il fait chaud en été et très froid en hiver.

Le néolibéralisme a commencé aux environs de 1970, les énormes protestations empêchaient le pouvoir de mettre en œuvre son projet. Les "Tupamaros" (du nom de Tupac Amaru, le mythique chef Inca qui se rebella en 1780 face aux colons espagnols, au Pérou) sont nés dans cette circonstance, une guérilla urbaine sans vraiment trop de support populaire. Nous sommes un peuple pacifique.

En 1971 est né le "Frente Amplio", un truc bizarre qui était à la fois une coalition de partis de gauche et un mouvement.

En 1971 on a perdu les élections. Mais la protestation continuait. Une dictature militaire a été la seule façon de nous imposer le néolibéralisme à cette époque, et les états-unis d’Amérique ont soutenu le pouvoir local pour ensemble réussir le coup. Comme quoi le fascisme et le néolibéralisme vont toujours ensemble.

La dictature a proscrit les partis politiques et emprisonné ou tué leurs leaders. La longue nuit durera jusqu’à 1984 quand le néolibéralisme était déjà bien enraciné.

Première élection après la dictature, le "Frente Amplio" était toujours la. On avait survécu, mais les gens avaient peur et ont voté à droite pensant qu’un changement moins radical serait plus calme. On a aussi 2 partis de droite, l’un plus ancré dans les villes l’autre a la campagne, mais tous les deux néo-libéraux. Après l’expérience dictatoriale les secteurs fascistes dans ces partis ont disparu.

Donc, la première élection on a montré qu’on existait.

Cinq ans après, on a réussi à gagner Montevideo, la capitale et quelques autres villes dans le pays, mais pas la présidence.

Les deux partis de droite se partageaient le pouvoir au gouvernement, mais nous étions en train de gagner petit à petit la bataille culturelle.

Par exemple, ils ont voulu privatiser presque tout. Nous avons organisé un référendum pour révoquer la loi de privatisation, avons collecté 25% des signatures des citoyens et de ce fait on a pu faire le référendum qu’on a gagné.

Cela a été notre première grande victoire. L’électricité, la téléphonie, l’eau, le pétrole (que nous achetons parce que pas de pétrole chez nous), tout est resté dans les mains de l’État.

On avait un espoir fou pour les élections qui suivaient, mais non, on est resté presque a égalité entre les 3 partis, (exactement comme vous maintenant entre quatre partis), l’écart entre le premier et le troisième était de 3 points. La droite a fait cause commune au second tour et ils ont gagné a nouveau. Désespoir complet.

Cinq ans plus tard on a gagné dès le premier tour. C’était Tabaré Vazquez notre candidat.

Cinq ans plus tard on a gagné a nouveau c’était Pepe Mujica (les "tupamaros" après la dictature ont abandonné les armes et sont rentrées au "Frente Amplio").

Cinq ans plus tard, on vient de gagner avec Vazquez à nouveau (je ne l’aime pas trop, mais c’est un autre sujet)

Depuis 1984 on a perdu 3 fois, mais après la première victoire, on n’a pas encore perdu, on fera 15 ans de gouvernement "Frente Amplio" et on a des bonnes perspectives pour gagner notre quatrième mandat.

Entre temps, l’un des partis de droite a disparu. Le pouvoir a du se concentrer en un seul parti pour pouvoir s’imposer et ils ont toujours la propriété des médias.

En Argentine et Brésil, nos énormes voisins, vous savez que c’est la pagaille maintenant, alors je voudrais vous raconter pourquoi ça ne se passe comme ça ici et comment on a fait pour arriver au pouvoir et le garder.

Pour qu’un changement dure il ne faut pas qu’il soit vertigineux, il faut qu’il soit profond, et la profondeur prend un peu plus de temps.

Le secret c’est

  1. L’éducation politique populaire.
  2.  Le militantisme permanent, pas que dans les épisodes électoraux et
  3.  L´existence du mouvement (à la fois une coalition des partis de gauche et un mouvement indépendant de ces partis)

On a crée des organes de presse indépendant, pas d’internet a l’époque (un journal et une radio). Ils étaient si bien faits que les grand public les achetaient et les écoutaient. Un jour par mois chacun d’entre nous allait aux marchés avec une petite table et du matériel pour parler de politique avec les gens (on était 3 ou 4 ensemble). D’autres allaient faire de même mais dans les petites villes rurales. Comme nous étions des milliers, on pouvait assurer notre présence dans un endroit une fois pas semaine, pas toujours les mêmes bien sur. Une fois par mois ce n’est pas trop pour chacun.

L’éducation politique va de paire avec le militantisme permanent. Ce ne sera pas la télé qui éduquera le peuple mais bien nous.

On a ouvert dans chaque quartier un petit endroit ou nous allons nous retrouver une fois par semaine. Nous les appelons "comité de base", la même chose que vos groupes d’appui, sauf que nos comités étaient ouverts au public, visibles dans la rue. Là bas on était tous du "Frente Amplio", sans étiquette de partis, même s’il y avait des communistes des socialistes, etc, mais cela ne comptait pas. On parlait de politique et on prenait des décisions sur la position du "Frente Amplio" devant une situation et aussi on imaginait des trucs locaux pour nous rapprocher des gens.

Je vous la fais courte, mais on a gagné comme ça.

Un long travail de fourmis, beaucoup de présence sur le terrain, des quartiers aux petites villes, en éduquant le peuple, et en étant visibles tout le temps.

Un mouvement puissant et profond.

En termes militaires, pendant les élections on faisait une guerre éclair, fulgurante, et on gagnait des positions, ensuite on continuait notre avancée dans une sorte de guerre de baisse intensité, et à l’élection suivante, à nouveau le mouvement fut vertigineux et c’est comme cela qu’à la troisième fois on a gagné.

Donc, s’il vous plait, ne vous plaignez pas. Vous avez fait la campagne la plus fulgurante de tous les temps, vous avez gagné d’un seul coup presque le double des voix que Mélenchon a eu en 2012. On n’a jamais autant progressé entre deux élections !

Si vous continuez comme ça vous gagnerez peut être même avant 5 ans (cela dépendra des législatives si Macron tiendra ou pas tout son mandat).

Votre victoire sera plus certaine, plus sure, et le changement plus réussi et plus durable si vous prenez la mesure du temps long, parce qu’on n’éduque pas un peuple en 3 mois, on ne change pas le paradigme de pensée en 3 mois, on ne dégage pas la peur au ventre des gens en 3 mois. Cela prend du temps et beaucoup d’implication militante.

Mais militer c’est déjà en soi une joie : être avec des copains, partager le bonheur de faire un monde meilleur, (la moitié d’entre nous a fondé son couple au comité de base) et surtout se préparer à gouverner, parce que il n’y a aucun changement qui tienne si nos gouvernement n’ont pas le peuple derrière, et pas que dans des manifs, mais un peuple vraiment organisé. Tisser des liens forts entre notre mouvement et le peuple c’est la clé de la victoire, et cela prend du temps, comme toute construction.

Cinq ans ce n’est rien du tout dans la vie politique d’un pays. Mélenchon sera en 2022 plus jeune que Mujica l’était quand il a été élu, aussi plus jeune que Sanders lorsqu’il était candidat, il aura l’âge qu’a Juppé maintenant. Gardez bien soin de lui. Parce qu’en fait, on a besoin aussi des leaders, des catalyseurs. Vous avez une chance énorme d’avoir un homme comme lui qui soit à la fois le penseur et le bâtisseur, le stratège et le leader charismatique. Je suis certaine qu’il est appelé pour l’histoire à jouer un rôle décisif dans la destinée du monde.

Une vague puissante de changement parcourt le monde, Mélenchon, Iglesias, Corbyn, Sanders (strict ordre de parution) catalysent ce mouvement. On n’a gagné nulle part du premier coup, mais on s’est suffisamment rapproché du pouvoir pour faire trembler tout le système. On continue parce que la planète toute entière nous crie à l’aide !

Depuis mon petit coin perdu du monde, ici à Montevideo, je crois que notre chéri Pepe a joué aussi son rôle lorsqu’il a eu l’opportunité de parler au monde, comme une minuscule avant-garde du changement que se dessine.

Je vous aime. La bataille ne fait que commencer et elle est joyeuse. La victoire nous attend.

Gabriela BALKEY

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 05:44

Novembre 2014, monsieur le Pape était à Strasbourg reçu devant les Institutions européennes. Mars 2017, à l’occasion du 60ème anniversaire du Traité de Rome, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se rendaient au Vatican. Décidément !

Exergue

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Source : http://www.ufal.org/laicite/a-defaut-de-ladhesion-des-peuples-lunion-europeenne-aura-la-benediction-papale/?utm_source=mailup&utm_medium=courriel&utm_campaign=flash

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On croyait l’Union européenne débarrassée de ses « racines chrétiennes » par la formule fourre-tout « héritages culturels, religieux et humanistes »(1) du Traité de Lisbonne. Quelle erreur ! Pour fêter le 60e anniversaire du Traité de Rome, les chefs d’Etats de l’UE (27 après Brexit) n’ont eu rien de plus pressé que de se rendre le 25 mars en pèlerinage au Vatican, pour entendre la bonne parole du chef de l’Église catholique, et recevoir l’onction pontificale.

Atteinte à la liberté de conscience

Au-delà du ridicule bondieusard, il s’agit d’une atteinte flagrante à la liberté de conscience – la première des libertés –, donc aux « droits inviolables et inaliénables de la personne humaine » dont se gargarise l’UE ! « Le christianisme », invoqué à tort comme racine de l’Europe, est au moins divisé en trois courants principaux (catholique, protestant, orthodoxe), lesquels se subdivisent eux-mêmes : uniates, « chrétiens d’Orient », « évangéliques », de plus en plus nombreux et inclassables ni chez les luthériens ni chez les calvinistes. Et encore, les anglicans nous quittent !

Quant aux autres religions, elles ne seraient pas incluses dans les « racines » de l’Europe ? Ce qui relève de l’ignorance la plus crasse pour le judaïsme, et l’islam (vecteur unique pendant longtemps de la pensée grecque antique en Europe !). Certes, l’hindouisme, le bouddhisme, le taoïsme, etc. sont des produits d’importation : ils n’en constituent pas moins des « religions », terme qui ne connaît aucune définition juridique, et qui inclut donc également le pastafarisme(2) ou le jediisme(3).

Et ceux qui ne se réclament d’aucune religion, ils n’existent pas ? Ils sont pourtant majoritaires en Europe ! Selon une enquête WIN/Gallup d’avril 2015, 51 % des Européens de l’Ouest sont sans religion ou athées : 78 % et 77 % pour les Suédois et les Tchèques, 66 % pour les Néerlandais, 48 % pour les Belges. En France métropolitaine, l’étude de l’INED Trajectoire et Origines dénombrait, en octobre 2015, 45 % d’incroyants, et 12 % complètement détachés des religions – soit 57 % non concernés par un culte !

…Mais à quoi bon invoquer la réalité des chiffres ? N’y aurait-il qu’un seul incroyant sur les 510 Millions d’habitants de l’Union européenne (Royaume-Uni compris), le principe de liberté de conscience imposerait toujours qu’il soit traité à égalité avec tous les autres citoyens par les pouvoirs publics européens ! Autrement dit, que les chefs d’Etat, censés représenter l’intérêt général, ne privilégient aucune conviction religieuse particulière, quelle qu’elle soit.

Le Président de la République française, quant à lui, était en état de péché mortel – plus sérieusement, d’infraction au principe constitutionnel de laïcité, qui lui interdit de « reconnaître » aucun culte !

Retour au péché originel de l’Union : le cléricalisme

Passons sur les titres de la presse (Paris-Match) évoquant le renouvellement par les chefs d’Etats de « leurs vœux de mariage, malgré le divorce » du Royaume-Uni : c’est oublier qu’en France, depuis le 20 septembre 1792, le mariage, acte civil, ne nécessite plus une bénédiction religieuse. Pourtant, ce titre niais est assez fidèle à l’initiative des dirigeants européens, qui renoue avec les origines cléricales de l’Union. Origines qu’illustre son drapeau, inspiré, selon son dessinateur lui-même, d’une médaille de la Vierge (la couronne mariale, avec 12 étoiles ne varietur, comme 12 apôtres…). Mais les vrais enjeux sont ailleurs, excellement mis en lumière par le discours prononcé à cette occasion par le pape.

Jorge Mario Bergoglio a égrené les citations de ceux qu’il appelle les « Pères fondateurs » (comme on dit « les Pères de l’Eglise »), il y a 60 ans : P.-H. Spaak, A. de Gasperi, J. Luns, K. Adenauer – la fine fleur de la démocratie chrétienne ! En effet, le baptême du Traité de Rome fut arrosé d’eau bénite. De Gasperi jurait que la Communauté Economique Européenne était fondée sur « la personne humaine avec son ferment de fraternité évangélique » (sic), ce qui permet au pape de renchérir sur « sa dignité transcendante et inaliénable ». Bref, l’évangile et la transcendance servent de suppléments d’âme à l’Europe des marchands : la finance et le goupillon ! Il faut, dit le pape, qu’en plaçant « l’homme au centre de ses préoccupations », « l’Europe retrouve l’espérance » ‑éminente vertu théologale, mais bien peu séculière (les autres sont : la foi et la charité) !

Or les faits démentent ce personnalisme chrétien de façade : 60 ans plus tard, aucune construction politique « immanente », ni aucune citoyenneté européenne n’ont encore émergé. Faute d’aimer l’Europe, certains la quittent, d’autres y songent…

Fonder ainsi le lien politique sur la religion relève de la pure régression intellectuelle. C’est ignorer volontairement ce que sont, depuis au moins Spinoza et Locke, les « bases politiques, juridiques et sociales de notre civilisation » (Joseph Luns), dont pourtant affirme se réclamer le pape ! C’est nier la sécularisation progressive et irréversible des institutions, voire la laïcité dans certains pays.

Prosélytisme et récupération

Mais non content de bénir le temple de la « concurrence libre et non faussée », l’évêque de Rome en a profité pour se livrer à un peu de prosélytisme – lui, au moins, était dans son rôle ! Il professe que « la Bible nous offre une méthode pédagogique » qui permet de comprendre le temps que nous vivons grâce au passé. Tiens ? Se fonder pour cela sur l’histoire serait donc le propre des mécréants ?

Et revoilà les « racines chrétiennes » ! Le pontife cite de Gasperi (1954) : « à l’origine de la civilisation européenne se trouve le christianisme », sans lequel, ajoute-t-il, « les valeurs occidentales (…) deviennent complètement incompréhensibles. » Suit une citation du pape Wojtyla (dit Saint Jean-Paul II) définissant « l’âme de l’Europe » par les « valeurs chrétiennes et humaines, (…) de la dignité de la personne humaine, du profond sentiment de la justice et de la liberté, du travail, de l’esprit d’initiative, de l’amour de la famille, du respect de la vie, de la tolérance, du désir de coopération et de paix ».

On sourira au dépassement de toute lutte des classes par la formule « le travail, l’esprit d’initiative » – mais l’on s’inquiètera de ce que recouvrent « l’amour de la famille », « le respect de la vie », « la dignité de la personne humaine ». Traduisons donc, pour les lecteurs angéliques qui seraient tentés de ne pas voir en quoi le pontife actuel reprend dans bien des domaines la ligne de ses prédécesseurs. « L’amour de la famille » (« première et fondamentale cellule de la société » précise Mgr Bergoglio) nous a valu en France « la manif pour tous » contre les droits des couples de même sexe (et probablement la victoire de François Fillon à la primaire de la droite). Quant au « respect de la vie », et à la « dignité de la personne humaine », ils servent d’alibis à la lutte farouche contre l’IVG et les droits des femmes que mène l’Eglise catholique, notamment au niveau de l’Union européenne, où elle a pignon sur rue. En effet, pour le Vatican, la vie commence dès la conception, et le fœtus est une personne humaine réelle…

Certes, on ne peut que saluer l’incitation papale à l’ouverture aux migrants, mais comment ne pas dénoncer, une fois de plus, la savante et impudique récupération par la hiérarchie catholique de thèmes apparemment humanistes, mais habilement détournés de leur signification historique ? La civilisation dite occidentale s’est formée de façon à peu près constante contre la domination spirituelle et temporelle de l’Eglise : humanisme, Réforme, Lumières, Révolution(s), République, socialisme : autant de moments émancipateurs pour « la personne humaine » qui se sont vus fustigés, condamnés, ou combattus par le Vatican.

L’onction pontificale ne suscitera certes pas le « désir d’Europe » des peuples de l’Union largement sécularisés, et il est douteux que la démarche cléricale de leurs dirigeants contribue à renforcer leur confiance dans leurs personnes, et dans les institutions qu’ils représentent. Aucune construction durable et démocratique ne peut se faire contre la liberté de conscience !

 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 21:03

Un parti politique est un être vivant. Comme tel, il nait, il vit, il meurt. Le parti et non pas ses idées qui trouvent toujours à s’employer. Idées souvent améliorées qui prennent en charge l’époque nouvelle qui n’est pas, il faut s’en convaincre, celle d’hier.

Un parti c’est aussi un outil qui n’a de bon usage que s’il est efficace. Qu’il vienne à ne plus servir le projet et les objectifs pour lesquels il a été conçu, qu’il vienne à n’être qu’une machine électorale au service de quelques uns, il faut alors s’en dépouiller. Sans regret. Sans amertume.

S’il faut être fidèle ce n’est pas aux murs, même s’ils ont résonné de la belle histoire (pas toujours). S’il faut être fidèle, ce n’est pas aux leaders lorsqu’ils ont oublié la raison pour laquelle ils le sont. S’il faut être fidèle c’est aux idées qui trouveront toujours à s’incarner ailleurs.

Ainsi nous progressons.

Exergue

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 Source : https://www.legrandsoir.info/parti-communiste-apres-l-explosion-l-implosion.html

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UN DECHIREMENT DU CŒUR : Quand on a adhéré à 14 ans à la J.C. et à 16 ans au Parti, quand on a, pendant tant d’années, appris à devenir communiste, car ça s’apprend, ce n’est pas une révélation, on ne peut, devant le triste spectacle, qu’avoir un déchirement du cœur.

LA SIGNIFICATION PROFONDE DE LA LUTTE DES CLASSES : Etre communiste ce n’est pas facile, c’est accepter les premières années de ne rien comprendre aux positions défendues par les responsables, c’est comprendre qu’on ne sait rien de la politique, c’est rester dans le silence pour comprendre et apprendre de ceux qui par leur histoire ont appris, par le vécu, la signification profonde ce que signifie « la lutte des classes », notamment de la part de ceux qui ont fait la Résistance.

LA MOTIVATION VIENT EN MILITANT : Vient alors ce moment où l’on commence à militer, c’est-à-dire d’être capable de parler aux autres, sans besoin d’être accompagné. Et puis il y avait ces réunions de cellule où on refaisait le monde, où la discussion ouverte permet de s’enrichir et d’agir. Et puis il y a les formations de cellule, de section, fédérales, où l’approche théorique permet de casser le sens des mots (sémantique) et de l’Histoire humaine. On ressort alors encore plus fort, encore plus motivé. A l’université d’Economie, on apprend par cœur le libéralisme, ce qui fait que, pour celui qui travaille, connaissant le raisonnement du capitalisme et ayant découvert et appréhendé le marxisme, nous avons une force d’analyse incomparable. C’est mon cas..

DES RESULTATS DEPLORABLES : Vient alors le temps des résultats, toujours décevants, et ce déclin des résultats, des défaites subies. Alors on se rassure, on explique les médias, la trahison du PS (air connu), l’URSS, la crise… Et puis on s’accroche à la moindre nouvelle adhésion, et aux discours des dirigeants qui rassurent en expliquant comme la Marquise que « tout va bien… »

LES DIRECTIONS ONT TOUJOURS RAISON : puis vient le moment où des camarades disparaissent, ceux que l’on ne voit plus, ceux qui posaient des questions, s’interrogeaient, sans jamais avoir de réponses… Alors les discussions diminuent, l’activité baisse, alors on fusionne les cellules pour les rendre « plus dynamiques » et on recommence le cycle, sans se poser la question de fond. Qu’est-ce que le communisme ? Mais à cette question les dirigeants répondent toujours par « qu’as-tu fait ? », « As-tu collé les affiches » ? et « si tu es contre les Directions tu n’es pas communiste ». Et les résultats déplorables continuent, jusqu’au jour où on se rend compte que nous partîmes 600 000 et … nous ne sommes plus que 55 000, ce qui nous oblige à louer les étages du Comité Central….

A FORCE DE PENSER AVEC SES MAINS… On écoute toujours les dirigeants qui nous disent de mettre les mains dans le cambouis, (« as-tu collé les affiches ») le problème étant toujours le même, et qui se répète, car plus tu affiches, en inondant la ville et moins tu fais un score. A croire que les gens ne lisent plus les affiches collées par les mains des travailleurs. Des anciens dirigeants se vautrent dans le système médiatique, abandonnant leur ville pour une autre et en perdant les deux [1], d’autres abandonnent tout le navire et rejoignent le « capitaine de Pédalo ». Et ce qui vaut au niveau National se retrouve au niveau local, sans doute en pire. Tout n’est plus que « jeu d’influence » offert au « mieux placé », qui par ses mains trempés à l’illusion de pouvoir encore peser.

…ON SE BRULE AU FEU DE L’HISTOIRE : Pourtant Karl Marx, à l’origine profonde de notre existence, dans un texte célèbre que l’abeille indiquait : « Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. ». De fait, désormais, on n’affiche que ce que l’on est convaincu, et pour être convaincu, il faut auparavant en avoir discuté, l’avoir conçu, voir même l’imprimer, car le communisme est une entreprise. Que de travail et d’alertes aussi de nos philosophes, de nos économistes, de nos sociologues, sur la « Révolution Informationnelle » à venir, que désormais les libéraux dénomment : « Révolution numérique », ce qui donne flexibilité et upérisation esclavagiste et pour voir l’actuelle Direction ne retenir que la « révolution numérique », concept du Patronat… Or, derrière les mots se cachent les maux du capitalisme et de ses violences (chômage de masse, précarités, pauvreté).

ELUS ET PARTI : Et puis il y a cette lente dégénérescence des élus communistes. Moins ils étaient nombreux au parlement, plus ils réclamaient de l’indépendance de pensée. Plus de discipline de vote, chacun est libre. Par contre, le militant doit continuer à coller les affiches, conçues ailleurs et ne pas discuter…. au nom du Parti. En d’autres termes, les militants n’ont qu’un droit, celui de coller sans discuter et les élus l’inverse, pouvoir discuter entre eux sans être collés et voter sans être contrôlés. Pourtant, ce rapport du Parti et de l’Etat, jamais résolu, toujours confondu, est une des causes majeures de l’effondrement de l’URSS, mais celui qui pose cette question dérangeante n’est jamais écouté. Pire : on le trouve « casse couille » et on souhaite son départ… un de plus.

Alors « maintenant qu’on est tranquille, on va pouvoir discuter avec le PS pour la répartition des sièges »… Que le communiste qui n’a jamais vu ça me lance la première pierre.

LES DIRIGEANTS SOMNIFERES : Je me souviens de ces fêtes de la Marseillaise où la J.C. servait de défricheurs (adhésions) et à la fin le meeting religieux, accueillait Paul Laurent, le père du fils. On l’appelait somnifère, car au bout de 10 minutes d’un discours à rallonge, la moitié du meeting faisait la sieste. Pour endormir la Révolution il n’y avait pas mieux. Alors désormais, c’est le fils dont la voix monocorde permet tout juste de penser que décidément les dirigeants communistes n’aiment pas les tribuns.

LE PERTURBATEUR : D’échec en échec, les dirigeants appellent un « sauveur engagé », un ex social-démocrate, ayant rompu avec le PS et comme son parti est faible (PG), pas de problème « on aura toujours la barre sur lui »…. Comme avec Mitterrand dans les années 70. Décidément, l’Histoire n’est pas une jeune fille. Mais voilà que lui, le petit, travaille énormément et ses interventions de tribun parlent au cœur. Alors de petit, il devient grand au point de menacer l’hégémonie du Parti sur la « Gauche » du PS, d’autant plus que ses qualités de tribun emportent les foules mieux qu’un orchestre de Rock, car son phrasé de guitare c’est de la philosophie. Et de 2 % il finit à 11 % de votes.

TORTILLER DU CUL POUR CHIER DROIT : Désolé d’utiliser cette terminologie, mais comment expliquer autrement la « danse du ventre » effectuée par les dirigeants communistes. De la critique déclamée du gouvernement devant les politiques désastreuses du gouvernement Hollandais, les militants passent à des alliances à la carte, selon les opportunités de conserver des sièges (Municipales, Européennes, Régionales), massacrant de fait le « Front de Gauche » et à chaque fois la déroute, réduisant d’autant la puissance de feu, puisque les militants ne comptent plus. Finissons par cette phrase admirable de Pierre Laurent, que j’ai mémorisée, pour sa perfection d’ambiguïté : « Les discussions avec le Parti Socialiste sont difficiles, du fait de la politique du gouvernement ». Alors je suis à 100 % d’accord avec la phrase, à un mot près, « difficiles », j’aurais mis « impossibles », qui me parait plus communiste. Mais, hormis pour le rock, fidèle aux militants de ma jeunesse qui m’ont appris la Résistance, je ne sais pas tortiller du cul, moi.

ON FERME LA PORTE : Alors devant ce nouveau danger, que l’on pensait pourtant « tenir », comme Mitterrand en d’autres temps, il ne faut surtout plus le présenter, d’où les critiques souterraines d’abord, puis ouvertes et dénonciatrices d’un Mélenchon qui « serait parti tout seul ». A partir de ce moment-là, les discussions devenaient impossibles. Pourtant le communisme aurait consisté à apprécier à sa juste valeur ce que nous avait amené Mélenchon et à rediscuter d’une démarche « d’insoumission communiste », car depuis Spartacus, le communisme commence par l’insoumission aux chaines de l’esclavage ou de l’affairisme financier actuel. On ferme la porte car il faut « sauver la structure », en d’autres termes, les dirigeants, quitte à perdre son âme dans un ultime accord sous-marin avec le PS.

UNE GESTION MACHIAVELIQUE : Le parti communiste ne peut pas apparaître comme diviseur, alors il crie au rassemblement de la « gôche ». En cela, il critique vertement la « démarche solitaire » de Mélenchon de se présenter seul, comme si les réunions du « Front de Gauche », n’avaient jamais eu lieu avec cette possibilité, en oubliant de plus toute les alliances à géométrie variable du PC avec le PS et ce dès le premier tour, là où la « lutte des classes » demande clarification. Alors pendant des mois Pierre Laurent va monter les communistes contre Mélenchon et puis au moment où les décisions du parlement communiste doivent être prises, il appelle la veille dans les « médias de la bourgeoisie » à ce que le parti appelle à voter Mélenchon…. Incompréhensible au commun des mortels. Mettez-vous à la place des militants du quotidien qui tous les jours en chient pour défendre des idées et analyses indéfendables et qui apprennent la veille de leur réunion que le secrétaire général propose d’appeler à voter Mélenchon. Alors qu’ils sont conditionnés depuis des mois contre Mélenchon, « celui qui est parti tout seul ». A l’assemblée délibérante des cadres, c’est le refus normal. Pierre Laurent est-il désavoué ? Non bien sûr, pas de solution de rechange et, de plus, il applique la démocratie de consulter le « peuple communiste ». Respect, Monsieur le manager.

De plus, il peut se prévaloir d’appeler à voter Mélenchon et d’avoir été battu, donc la division ultérieure ne peut lui être imputé. Du management d’entreprise pur et dur.

Les communistes consultés donnent un avis différent et soutiennent la candidature de Mélenchon, cependant ce choix est assorti par une « campagne autonome ». En d’autres termes, la direction du P.C.F soutient la candidature de Mélenchon comme la corde soutient le pendu… ce qui explique l’absence des communistes pour les Présidentielles et l’affichage pour les Législatives…. Dites-moi que j’ai tort (XIIIème circonscription des Bouches du Rhône).

Georges Marchais le stalinien, n’aurait jamais osé dire son opinion à la « presse bourgeoise », la veille du « comité central », parlement des communistes. C’est vous dire si Pierre Laurent est respectueux de la « démocratie communiste ».

FRANCE EN COMMUN OU AVENIR EN COMMUN ? Le Parti communiste a proposé « la France en commun » là où les insoumis proposent « l’avenir en commun ». Au-delà du fait que décidément « l’en commun » est le plus difficile à réaliser, un programme s’adresse donc uniquement à la France, alors que celle-ci est soumise au marché européen et mondial, l’autre a une perspective universaliste, reprenant ainsi le fil de notre histoire, celle de 1789 et de sa déclaration universelle des « droits de l’Homme ».

Sa démarche philosophique s’appuyant sur l’insoumission, fondement de l’émancipation depuis Spartacus.

L’IMPLOSION D’UNE ETOILE : La dernière initiative de communistes appelant à l’Union pour un « candidat unique », véritable appel à voter Hamon, pour « sauver » des députés communistes est annonciateur de l’implosion. Car dès lors, ce qui reste des « communistes » vont se partager en trois groupes. Les premiers, par fidélité à la direction obéiront quoiqu’ils pensent. Une grande majorité risque de retourner dans les cavernes abandonnant toute lutte militante et enfin, les plus communistes au sens de Marx, rejoindront avec enthousiasme les insoumis, quelque soient les difficultés et les défauts inhérents au mouvement, mais qui « rallume les étoiles ». Voilà pourquoi après avoir subi plusieurs explosions (Les départs massifs de militants), les élections Présidentielles, risquent de voir le PCF imploser, en cette année 2017, 100 ans après la Révolution de 1917. J’entends déjà l’argumentaire, que Mélenchon serait la cause de cette implosion, en oubliant tout le reste que j’ai ici cherché à synthétiser. Il faudrait y rajouter le positionnement actuel de Braouzec (Saint-Denis) et de Hue (ancien Secrétaire Général) qui appellent à soutenir Macron. Du communisme au Macronisme…

DECHIRURE ET COMMUNISME ? Alors, au-delà de mes déchirures internes et personnelles de mon histoire profonde et authentique, comme « communiste insoumis », fidèle à l’idée que « le communisme est le mouvement réel qui abolit l’état existant », je milite et mes bats en portant haut et fort la banderole de l’Insoumission.

Fabrice, le 20 Février 2017

Après avoir lu et relu, certifie conforme, à ce que je pense…, le 18 Mars 2017, Fabrice

 

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