Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 14:52

Les 3 questions de l'hebdo39

http://www.gabrielamard.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=579:a-lecole-de-syriza-ne-nous-abstenons-pas-de-faire-majorite-citoyenne&catid=38:notescat&Itemid=53

***

Gabriel Amard, après la Victoire historique de Syriza en Grèce, qui, semble-t-il, annonce la fin du règne de l'austérité en Europe, pensez-vous qu'un effet domino se poursuivant probablement par l'Espagne en mai prochain, puis le Portugal, l'Italie et... la France est à prévoir dans les années qui viennent sur tout le continent ?

"Il n'y a rien d'automatique vous savez. Tout dépendra des choix de la Commission européenne. Va-t-elle mettre fin à l'austérité budgétaire, à la baisse des salaires et des pensions ? Les citoyens grecs par leur vote majoritaire proposent d'autres solutions que l'appauvrissement des peuples pour avancer. Si l'oligarchie en Europe avec madame Merkel à sa tête continue de favoriser la rente de quelques-uns, il faut espérer cet effet domino parce que la politique d'austérité ne marche pas.

Depuis 5 ans la Grèce est soumise à une thérapie de choc de la part de la Troïka : La Grèce a dû engager des mesures extrêmement violentes : suppression de 150 000 emplois de fonctionnaires, baisse du salaire minimum à 580 €, recul de l’âge de la retraite à 67 ans, privatisation des ports, aéroports, de la Poste et de nombreuses entreprises publiques.

Malgré tout ça, les déficits publics augmentent, le chômage galope, un tiers des PME ont fermé et l'économie ne repart pas. Sans parler de la crise humanitaire que ces 9 plans d'austérité ont provoqué".

****

Selon vous, de quelle manière les Etats peuvent renégocier leurs dettes et libérer enfin de l'argent frais afin que leur économie ne tourne plus au ralenti ?

"Tout d'abord il faut arrêter de mentir aux gens, les politiques menées jusqu'à présent par Bruxelles, Madame et Messieurs Merkel, Sarkozy et Hollande ne relèvent pas de la ''bonne gestion''.

Une bonne gestion commence par mettre fin aux privilèges des banques privées qui empruntent à moins de 1% à la Banque Centrale Européenne et qui vont ensuite prêter aux États à 4, 9 ou 18% comme en Grèce. Pour redonner de l’oxygène à la population, aux entreprises et aux Etats, il faut commencer par faire un moratoire et refinancer les dettes publiques directement par la BCE à 1% et mettre fin aux taux exorbitants qui viennent charger les comptes publics et nos impôts. Syriza en Grèce ne demande rien d'autre que de pouvoir financer ce qui est dû en étant débarrassé des profits qui sont réalisés sur sa dette depuis des années. C'est ce que nous appelons la dette illégitime.

Quand on pense qu'en 1953 nous avons été capables d'annuler toute la dette de l'Allemagne ou plus récemment la dette de l'Irak... Et maintenant nous ne pourrions pas remettre à plat les choses en Grèce et en Europe pour que le capital de la dette soit payé progressivement à sa valeur et que nul ne puisse faire à l'avenir de profits sur la misère du peuple ?

C'est ainsi que nous redonnerons les marges de manœuvre aux pays pour à la fois investir, payer leurs emprunts sur plusieurs générations de contribuables, développer des secteurs prioritaires : au plan écologique et énergétique, au plan des services de santé et d'aides à la personne, au plan de la culture et de l'éducation et créer des emplois utiles".

****

Dans le Jura, la Majorité Citoyenne, dont vous êtes l'un des initiateurs, a réussi à fédérer toutes les forces de la gauche alternative (Parti de Gauche, Europe Écologie-Les Verts, Nouvelle Donne, PCF, NPA et les Objecteurs de Croissance). Comptez-vous, si vous l'emportez en mars prochain, appliquer la même démarche que Syriza à l'Hôtel du département ?

"Si ces forces se retrouvent ce n'est pas pour de petits accords de boutiques mais parce qu'elles ont, depuis l'automne, décidé de travailler à une dynamique ouverte qui remette le citoyen au cœur des décisions et des priorités politiques. Alors en effet, avec une Majorité Citoyenne à la tête du département, les Jurassiens sont certains de mettre la culture budgétaire des agences de notation à distance des finances du département, de refuser des privatisations de services publics départementaux, de débarrasser le département des multinationales et des aménageurs qui pompent l'argent public pour des projets qui ne répondent pas à des besoins indispensables à la vie et qui mettent à mal la biosphère...
Les citoyens qui participent à la démarche ont inscrit dans la Charte pour le Jura qui sera signée par nos candidats l'engagement de ne pas signer d'emprunts toxiques et de ne pas travailler avec des banques qui ont des succursales dans les paradis fiscaux.

Nous préférons les Indices de Développement Humain plutôt que les indicateurs financiers pour guider les choix publics. Les contribuables doivent pouvoir supporter le budget du département et dans le même temps mesurer à quel point les choix sont guidés par l'intérêt général humain et jamais par des intérêts particuliers.
Enfin nous défendons pour ne jamais nous écarter de l'intérêt général la co-gestion des services publics et des projets publics, en confiance avec les usagers et les agents du département.

Majorité Citoyenne comme Syriza le fait en Grèce, propose aux citoyen(ne)s d’agir pour ne plus subir, et d'inventer ensemble des jours heureux".

Repost 0
1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 11:37

Que dire à nos enfants ? C’est le dossier de l’hebdomadaire Le UN, confectionné à la suite de la tuerie de Charles-Hebdo, dossier dans lequel figure le poème ci-dessous, poème dont les parents devraient s’emparer pour d’abord le comprendre, puis pour le lire avec leurs enfants, en parler avec eux, enfin pour les plus hardis des mères et des pères souhaiter qu’ils osent demander à leur progéniture de l’apprendre après qu’eux-mêmes l’aient appris.

S’il est des articles au contenu qui ne souffrent pas l’ambigüité quant à la laïcité, tel celui d’Elizabeth Badinter, de Danièle Sallenave,…. Il en est d’autres - celui de Jean-Marie Le Clézio, de Guy Gilbert,….- qui sont moins clairs ; le premier, évoquant que de son temps il était dans les établissements scolaires des aumôniers, visiblement ne sait pas ce qu’est l’enseignement du fait religieux, quand au second, à laisser à l’amour au prochain plutôt qu’à la raison le soin de régler les difficultés du vivre ensemble, il invite à une transcendance pas nécessairement partagée et opérante.

A lire

Exergue

****

****

Ecrit après la visite d’un bagne

Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.

Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le cœur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.

La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.

Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.
Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme :
Et la société leur a volé leur âme.

Poème récité en chanson : https://www.youtube.com/watch?v=VO8ezwbBGhc

Repost 0
1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 08:35

Vous allez voir, nous allons finir par jacter dans la langue de Cervantes.

A part ça, des articles et des analyses sur la composition du gouvernement grec, d’autres analyses sur la marche de Podemos à Madrid à propos de laquelle vous constaterez dans les titres le manque d’imagination des journaleux. Et, 3ième acte, où il est question de Merkel.

Bonne lecture. C’est dimanche, il pleut, toute la journée pour lire.

Exergue

****

****

****

Grèce

Pourquoi Alexis Tsipras s'est-il allié avec un parti souverainiste?

http://www.lesinrocks.com/2015/01/29/actualite/pourquoi-alexis-tsipras-sest-il-allie-avec-un-parti-de-droite-souverainiste-11552614/

Grecs indépendants : l'allié contre-natrure de Syriza

http://www.mediapart.fr/article/offert/8d165592a4903a05ed11e7fabb2f1534

L’épreuve de la constitution du gouvernement réussie par Syriza http://ephemeron.eu/1521

La Grèce peut forcer l'Europe à changer

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20150120trib9ab84d48e/la-grece-peut-forcer-l-europe-a-changer.html

La leçon de responsabilité des grecs à l'Europe

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150125trib38639e184/la-lecon-de-responsabilite-des-grecs-a-l-europe.html

****

****

****

Espagne

Madrid: Podemos, allié de Syriza, rassemble au moins 100.000 personnes

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20150131.AFP7242/espagne-premier-test-grandeur-nature-dans-la-rue-pour-podemos-l-allie-de-syriza.html

Non ! La photo en bas à droite n’est pas celle de Serge Dassault

http://www.photosdufront.fr/marcha-del-cambio-madrid-31-janvier-2015/

Podemos a rassemblé des dizaines de milliers d'espagnols à Madrid

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/31/la-gauche-radicale-espagnole-rassemble-des-dizaines-de-milliers-de-sympathisants_4567405_3214.html

Podemos mobilise au moins 100.000 personnes

http://www.leparisien.fr/international/espagne-podemos-mobilise-des-dizaines-de-milliers-de-manifestants-a-madrid-31-01-2015-4495317.php

Podemos marche à Madrid, dans le sillage de Syriza

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150131tribe7cb9c8c4/podemos-marche-a-madrid-dans-le-sillage-de-syriza.html

****

****

****

Berlin joue la discrétion après la victoire de Syriza en Grèce

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/27/berlin-joue-la-discretion-apres-la-victoire-de-la-syriza_4564480_3214.html

Victoire de Syriza en Grèce: les internautes s'amusent d'Angela Merkel

http://www.lalibre.be/light/societe/victoire-de-syriza-en-grece-les-internautes-s-amusent-d-angela-merkel-54c563273570af82d511ed32

Parti Podemos: les grecs n'auront plus un délégué de Merkel

http://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/parti-podemos-les-grecs-nauront-plus-un-d%C3%A9l%C3%A9gu%C3%A9-de-merkel/vp-AA8BBnD

Repost 0
31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 19:11

Cet après midi avait lieu à Madrid, Puerta del Sol, la marche del cambio (la marche du changement). Pour ceux qui souhaiteraient la voir en différé -https://www.youtube.com/watch?v=M4gdeJm67jw

Quelques repères :

4’ 17 Soyez attentifs et ne boudez pas notre plaisir !

4’ 28 Pablo Iglesias (à ne pas confondre avec Julio)

1h24 Début des discours

2h Discours de Pablo Iglesias

Evoquant la Grèce : « Quién decia que un gobierno no se puede cambiar cosas ? », « Quién decia que no se puede ? », « Si se puede ! El viento del cambio empieza a soplar en Europa ».

En bonus, à la fin, 2 chansons, dont Cambia todo cambia de Mercedes Sosa https://www.youtube.com/watch?v=0khKL3tTOTs

****

Vous ne comprenez pas l’espagnol, vous allez comprendre, n’ayez aucune crainte.

****

A les voir tous si jeunes, ça réchauffe le cœur.

Hasta luego, companeras, companeros ! Hasta luego!

Repost 0
31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 12:43
Repost 0
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 18:48

La lecture du blog a explosé dès lors que le titre de l’article comportait la mention Charlie-hebdo. Qu’on en juge : le nombre des pages vues comme celui des lecteurs s’est trouvé décuplé. Puis, progressivement, tout est revenu à l’étiage. Je récidive donc pour assurer la pérennité du blog d’une part, d’autre part pour continuer à apporter ma maigre contribution à votre entendement.

Je sais bien que l’émotion était sincère à la suite du drame. Mais à voir l’intérêt suscité par les articles suivants, pourtant en corrélation étroite avec les questions conséquentielles à l’affaire Charlie-hebdo : la laïcité, le droit à la libre expression, à qui appartient au premier chef la responsabilité de ces crimes ……, il faut bien convenir que vous vous en foutez. L’important, c’est l’émotion.

L’émotion est jouissance et non point raison. Et non point raison à voir comment notre Président de la République remonte dans les sondages alors que la France, dans sa situation économique, sociale et démocratique, n’a pas changé, que les français sont toujours dans la merde. Oui, je vous le dis mes sœurs et mes frères, en vérité je vous le dis, l’important c’est de jouir. Jouissez donc du drame, il vous grandit. Il vous grandit telle que grandit la bulle avant d’exploser.

Pour jouir, vous êtes servis : de la commémoration dernière qui a eue lieu à Auschwitz et qui, au passage a négligé (souvenez vous de ce geste ancien de la main de Fabius à l’attention de Chirac) les gitans, les homos, et autres invités obligés des camps de la mort, et où naturellement notre Président s’est rendu en toute légitimé, à l’accession de Syriza au pouvoir en Grèce qui nous fait tous Syriza, vous voici voila gâtés.

Voilà à quoi se résume l’analyse (l’analyse ? le ressenti) politique des citoyens : au sensationnel. Tout le reste : oublié. Le pourquoi : oublié. De Gaulle, qui n’était pas particulièrement de mes amis, même si j’aimerais que nombre de nos politiciens aient hérité de quelques traits de son caractère et de quelques éléments de sa politique, disait : « Les français sont des veaux ». Je ne me hisserai pas à la hauteur de vue du grand homme mais tout de même, je crois comprendre ce qu’il voulait dire.

Allez ! Encore quelques attentats et voici voilà notre Président de la République réélu. Dans ces conditions, à quoi bon se casser le cul, s’il suffit de quelques saloperies telles que les attentats, quelques guerres ici ou là, pour exister politiquement !

Mes biens chères sœurs, mes biens chers frères, en vérité, je vous le dis, quand l’émotion vous envahit au point de vous faire perdre l’entendement, tirez un coup, ça fait baisser la tension, ça dégage la cervelle pour en faire un cerveau.

Repost 0
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 19:47

A la lecture du programme de Syriza, le travail est immense. Refondation d’un état démocratique, reconstruction de l’économie, justice sociale, etc., etc.…. Ce qui frappe surtout, c’est le volontarisme, la reprise en main par un peuple de son devenir, la mise au centre du projet l’être humain,…..tout ceci bien loin de l’économisme.

Bien sûr les temps vont être durs pour les grecs, mais ils se sont donné la possibilité de changer la distribution des cartes ; ils ont pris la main ; ils se sont pris en main.

L’étonnant dans tout ça, c’est que c’est « un petit pays » qui ouvre la voie, la voie d’un autre contenu politique pour un pays, la voie pour une autre Europe. Reste à savoir si, nous, la 2ième puissance d’Europe, la 5 ou 6ième puissance du monde, saurons être à la hauteur de l’exemple que la Grèce nous propose, aurons le courage de nous engager dans la même direction et ceci tandis que l’Espagne avec Podemos s’apprête, elle aussi, à se défaire de l’étau dans lequel elle se trouve contrainte.

L’étonnant encore c’est qu’on parlait de 2 Europes, celle du nord et celle du sud, louant la 1ier, méprisant la seconde. Se pourrait-il en effet qu’il y ait une partition entre une Europe démocratique au sud et une Europe au nord qui ne le serait pas, avec cette audace que le développement économique au sud s’effectuerait dans un cadre éthique et bien contraire aux objectifs du capitalisme et du libéralisme.

Bonne lecture du programme ci-dessous.

Exergue

****

****

L’ESPOIR EST EN ROUTE

LA GRECE AVANCE L’EUROPE CHANGE

SYRIZA

http://www.syriza.gr

CADRE DU PROGRAMME GOUVERNEMENTAL

Nous ne promettons pas.

Nous nous engageons.

Et nous n’avons ni l’intention ni la possibilité de vous tromper.

De soustraire aujourd’hui votre vote et l’utiliser après les élections comme chèque en blanc. Et nous n’avons pas la possibilité de vous tromper parce que SYRIZA c’est vous.

Et vous êtes notre unique soutien.

Nous ne nous appuyons ni sur des entrepreneurs ni sur des banquiers ni sur des propriétaires de médias.

Nous nous appuyons sur vous.

Ni sur l’oligarchie, ni sur les grandes familles.

Sur le peuple souverain.

Sur votre confiance.

Sur votre appui quotidien et constant.

Sur l’appui de votre gouvernement.

Du gouvernement de SYRIZA.

C’est pourquoi, pour nous, la majorité parlementaire ne signifie ni irresponsabilité ni arrogance, comme c’était, par le passé, la pratique des gouvernements de la Nouvelle Démocratie et du PASOK. Cela signifie encore plus d’engagement. Cela signifie responsabilité.

Alexis Tsipras. Agrinio 17/01/2015

1. RENEGOCIATION DES CONTRATS DE PRETS ET DE LA DETTE

Avec pour objectifs :

L’annulation de la majeure partie de la valeur nominale de la dette publique, de sorte qu’elle devienne viable, dans le contexte d’une « Conférence sur la Dette Européenne ». Cela s’est produit pour l’Allemagne à 1953. Que cela se répète pour la Grèce, en 2015.

L’instauration d’une « clause de croissance » dans le remboursement de la part restante de la dette, de façon à ce qu’il soit financé par la croissance et non par le budget.

Que soit accordé un délai de grâce, c’est-à-dire un «moratorium» pour son paiement et ainsi économiser des ressources pour la croissance et la relance de l’Economie.

L’exclusion de l’investissement public des restrictions prévues par le Pacte de Croissance et de Stabilité pour une période précise.

L’accord pour un « New Deal Européen » d’investissements publics pour la croissance.

L’obtention d’un assouplissement quantitatif de la part de la Banque Centrale Européenne.

2. PLAN NATIONAL DE RECONSTRUCTION IMMEDIATE

A. Lutte immédiate contre la crise humanitaire et soutien des petits retraités

1. Electricité gratuite pour au moins 300.000 foyers pauvres.

2. Tickets-repas pour celles et ceux qui en ont besoin.

3. Programme d’accès au logement.

4. Prime de Noël en tant que 13ème mois, à des retraités de moins de 700 euros.

5. Soins médicaux et pharmaceutiques gratuits – Diminution de la participation de l’assuré au prix du médicament.

6. Carte spéciale de transport.

7. Annulation de l’impôt spécial sur le fuel domestique.

B. Des mesures immédiates pour le redémarrage de l’économie et la reconquête de l’emploi.

(But : le soutien des petites et des moyennes entreprises, ainsi que l’accroissement des recettes publiques).

1. Réglementation favorable aux citoyens pour le remboursement de leurs dettes envers l’Etat.

- Institution de commissions régionales spéciales de règlement extrajudiciaire des dettes, en faveur des citoyens, qui faciliterait les recettes publiques et celles des caisses d’assurance.

- Les versements ne dépasseront pas le 30% du revenu annuel du débiteur.

- A tous ceux qui seront admis au programme, sera accordé automatiquement, par les services fiscaux et les assurances sociales, licence pour l’exercice de leurs activités professionnelles.

- Il sera donné immédiatement fin aux saisies-confiscations et aux poursuites pénales pour tous ceux qui s’intégreront au programme et suspension de paiement pour ceux qui n’ont aucun revenu.

- Est abrogé le flagrant délit pour dettes à l’état.

2. Régulation des créances bancaires précaires par l’application du programme de «ΝΕΑ ΣΕΙΣΑΧΘΕΙΑ»*

- Institution d’un organisme public de gestion de la dette privée, gestionnaire de tous types d’arriérés auprès des banques et contrôleur de celles-ci en ce qui concerne l’application des modalités adoptées. Nous l’instituons pour assurer un traitement égal et juste de tous les emprunteurs.

- Pour les entreprises surendettées nous matérialisons une solution d’application urgente qui sauvegardera l’emploi et visera à la continuité de leur fonctionnement, pour éviter la concentration oligopolistique du marché.

- Nous interdisons les rachats des créances en souffrance par des fonds internationaux qui ont pour but la spéculation sur le dos des citoyens grecs et de l’Economie grecque.

3. Sera aboli l’impôt-guillotine, l’ENFIA (Impôt Unifié sur la Propriété Immobilière). Et sera institué l’impôt, socialement équitable, sur la grande fortune immobilière.

Cet impôt aura un échelonnement progressif et son seuil d’exception sera élevé. Il ne concernera pas la résidence principale à l’exception des résidences de très grand luxe. Il ne concernera pas la petite et moyenne propriété.

4. Nous protégeons la résidence principale des saisies-ventes aux enchères.

5. Seuil de revenu annuel non imposé : 12.000 euros pour tous/toutes.

6. Reconquête de l’emploi, ayant pour but le soutien des travailleurs et le renforcement de leur pouvoir de négociation.

a. Rétablissement du salaire mensuel minimum à 751 euros, pour tous/toutes.

b. Réinstauration des conventions collectives du travail et rétablissement de la prolongation de validité de celles-ci, validité face à tous les employeurs, validité des avantages salariaux acquis et retour de l’arbitrage.

c. Abolition de la réglementation autorisant les licenciements collectifs.

d. Programme National, biennal, pour la création de 300.000 emplois dans tous les secteurs le l’Economie, privé, public et social.

C. Reconstruction institutionnelle et démocratique de l’Etat.

SYRIZA n’est pas responsable du népotisme et du clientélisme d’Etat qui ont été installés par les partis qui ont gouverné et détruit le pays. Nous avons connaissance des pathogénies de l’administration publique ! Mais nous insistons sur le fait que les gouvernements des mémorandums n’ont en rien entrepris de les éliminer. Au contraire, l’administration publique grecque est au seuil de l’effondrement. Nous appliquons un plan achevé de reformes démocratiques et de rationalisation de l’administration publique, de l’Etat et du système politique.

1. Nous changeons la structure du Gouvernement.

- Nous changeons la structure du Gouvernement pour une meilleure planification, coordination et matérialisation de la restructuration du pays.

- Au gouvernement de SYRIZA le conseil des ministres ne sera pas décoratif mais un puissant instrument collectif de planification politique et de coordination.

- Nous supprimons les nombreuses institutions gouvernementales qui agissent en pépinières de corruption et de dilution de la responsabilité politique.

- Nous décongestionnons le secteur public des armées de conseillers et de fonctionnaires révocables. Nous encadrons les cabinets des ministres, secrétaires généraux et administrateurs avec des employés actuels de la fonction publique.

2. Nous promouvons la notation objective de la valeur des fonctionnaires.

- Nous annulons la législation des mémorandums et le droit disciplinaire pour les fonctionnaires.

- Nous abolissons l’institution de disponibilité dans le cadre de la mobilité pour la rationalisation de la répartition du personnel entre les services et les ministères.

- Nous réhabilitons les, inconstitutionnellement licenciés, fonctionnaires.

- Nous annulons la loi anticonstitutionnelle pour la notation des fonctionnaires. La notation des employés et des services se fera sur la base d’indications objectives.

3. Nous affrontons avec détermination la bureaucratie et la plaie que constitue la multitude de lois et décrets.

- Nous limitons le contact direct entre administration et administré pour combattre la petite corruption.

- Nous améliorons les ΚΕΠ (Centres au Service des Citoyens) et nous les connectons avec les bureaux respectifs de tout le secteur public.

- Nous introduisons la carte électronique pour chaque citoyen qui contient toutes les informations nécessaires pour ses relations avec l’Administration.

- Nous simplifions la délivrance des permis de construire et des autorisations d’exercer des activités commerciales, par la diminution drastique des pièces justificatives et le renforcement substantiel des contrôles durant la réalisation.

- Nous constituons un bureau spécial de codification de la législation sous la responsabilité du Parlement grec.

4. Nous détruisons le triangle d’interdépendance entre partis politiques-oligarchie économique-banques.

Partis politiques

- Nous reformons le cadre des emprunts bancaires des partis, par l’instauration d’un plafond d’emprunt, interdiction d’emprunts à long terme et interdiction générale d’emprunter plus d’une petite partie de la dotation de l’Etat.

- Nous assurons le contrôle total et la transparence des comptabilités des partis.

Médias

- Nous activons sur le champ les ordonnances des lois, lesquelles :

a) Permettent à la Banque de Grèce et aux autorités judiciaires (procureurs) compétentes d’effectuer les contrôles sur le financement des entreprises de médias.

b) Sont valables pour toutes les Sociétés Anonymes et prévoient qu’une entreprise ne peut fonctionner indéfiniment à perte, sans être recapitalisée.

Nous lançons un appel d’offre public à base zéro pour les fréquences de radiotélévision.

Marchés publics

- Nous revoyons le cadre juridique qui régit les marchés publics, sur la base de la législation européenne correspondante.

- Nous renforçons les institutions de contrôle social, de transparence et de publication à tous les stades.

- Nous rendons plus rigoureuses les clauses de planifications et d’exécution des marchés publiques.

- Nous établissons un cadre institutionnel objectif et transparent pour les appels d’offre publics.

- Nous mettons un terme aux appels d’offre publics photographiques.

Rendre justice

- Nous systématisons le rassemblement de données et informations qui concernent des marchés publics obscurs, en cours de réalisation, ou qui ont été exécutés les cinq dernières années.

- Nous assurons la réparation immédiate des préjudices ou autres dommages aux biens et effets publics, dans les cas de conventions scandaleuses.

- Nous abolissons les ordonnances anticonstitutionnelles et offensantes pour la démocratie qui accordent l’immunité aux conseils d’administration du ΤΧΣ (Fonds Européen de Stabilité Financière) et du ΤΑΙΠΕΔ (caisse de mise en valeur et d’exploitation des biens publics grecs).

5. Nous assurons la légitimité et l’Etat de droit partout. Nous réunissons tous les mécanismes de contrôle, en un corps unifié, qui relève directement du Premier ministre. Dans cette orientation, les premières mesures concernent :

- Le renforcement et le soutien au ΣΔΟΕ (section fiscale pour la poursuite judiciaire des crimes économiques) et du Corps des Inspecteurs du Travail, de sorte que soit observée la loi au sein de l’économie privée et l’administration publique, mais aussi, que soit assaini le marche du travail, loin des pratiques d’exploitation sauvage des travailleurs et du travail au noir.

- Le soutien de la très réussie Autorité pour la lutte contre le blanchiment de revenus provenant d’activités criminelles.

- La remise en action de la commission de recherche de la provenance des revenus.

LE FINANCEMENT DU PLAN NATIONAL DE RECONSTRUCTION IMMEDIATE

1. Les 4 ressources principales pour l’augmentation des recettes publiques

a) Lutte contre l’interdépendance argent-politique et la fraude fiscale.

- Contrôle immédiat et résolu des sociétés off-shore et de tous ceux qui se trouvent cités sur «la liste Lagarde»*.

- Mesures efficaces contre la contrebande de produits pétroliers, produits du tabac et autres.

b) Stimulation de la demande

Les mesures contre la crise humanitaire et le rétablissement du salaire minimum garanti, stimuleront l’activité économique et renforceront les recettes publiques.

c) Liquidations et réglementation des arriérés auprès du fisc et des caisses d’assurance en prenant en compte les revenus des citoyens.

d) Accroissement et valorisation du patrimoine national, au lieu des privatisations des mémorandums et des cessions pour un plat de lentilles.

2. Redistribution des dépenses publiques

Nous aspirons au soutien des efforts de croissance et de l’Etat social. Ainsi, nous planifions des interventions, tel un nouveau système objectif et transparent pour les marchés publics et les travaux publics.

3. CONSTRUCTION D’UN ETAT SOCIAL MODERNE

Nous lançons progressivement la construction d’un Etat social moderne qui garantira l’accès de tous les citoyens à un niveau de revenus, de biens et de services, qui s’appuiera sur les piliers principaux :

· UN SYSTEME D’EDUCATION NATIONALE, PUBLIQUE ET GRATUITE, organisé démocratiquement qui cultive la pensée critique et instruit tous les citoyens.

· UN SYSTEME UNIVERSEL ET ACHEVE DE SANTE PUBLIQUE dont nous commençons l’édification par les soins de santé fondamentaux, administrés par des médecins de famille et des centres de santé urbains et ruraux.

· SOUTIEN AUX CATEGORIES SOCIALES LES PLUS VULNERABLES comme les familles nombreuses, les handicapés ou ceux qui souffrent d’affections chroniques, les victimes d’abus divers, etc.

· UN SYSTEME ACHEVE D’ASSURANCES PUBLIQUES que nous commençons à édifier en affrontant progressivement les problèmes énormes que les mémorandums ont créés au système actuel.

4. S’OUVRE LA VOIE POUR LA RECONSTRUCTION PRODUCTIVE

SECTEURS-CLES

· Production agricole

· Energie

· Nouvelles technologies

· Tourisme

· Transport maritime

· Construction

CHANGEMENT DU MODELE DE DEVELOPPEMENT

· Participation du peuple

· Défense de l’emploi

· Réforme de l’Etat

· Soutien à la science et la recherche scientifique

· Protection et mise en valeur du patrimoine public

OBJECTIFS

· Couverture sociale

· Industrialisation

· Protection de l’environnement

· Equilibrage de la balance des transactions courantes

Par des moyens immédiats pour relancer l’Economie nous ouvrons la route pour la reconstruction productive du pays.

Au moyen de la reconstruction productive nous recherchons :

- La garantie des besoins sociaux de base :

- Par la production de produits agricoles, d’élevage, alimentaires et industriels à haute valeur ajoutée de savoir et de main d’œuvre.

- Par la production de biens et de services pour le logement, le vêtement, les transports et la santé

- Par l’amélioration de la qualité de standardisation, de la compétence technologique et de l’innovation.

- L’équilibrage viable de la balance des transactions courantes par la permutation dans la gamme des denrées produites en Grèce, mettant en avant les possibilités de bien de secteurs de l’Economie grecque qui sont orientés vers l’exportation.

- L’industrialisation par le biais d’une politique industrielle démocratiquement décidée, globale et à long terme.

- Le développement multidimensionnel du pays mettant en avant les avantages spécifiques de chaque région.

-La protection de l’environnement et la transformation de l’Economie par des critères sociaux et écologiques. L’environnement constitue un avantage fondamental pour des secteurs comme l’agriculture, l’élevage et la nourriture, la production d’énergie, le tourisme etc.

La reconstruction productive exige un nouveau modèle de croissance et de productivité. Où dominent :

- La participation et l’initiative populaires

- La revalorisation du travail humain

- Le savoir et la recherche scientifiques, la technologie et l’innovation

- La protection et la mise en valeur du patrimoine public et non sa liquidation.

- Un Etat institutionnellement reconstruit, favorable au développement, au moyen d’une forte majoration des investissements publics.

- Un système économique mis en place conjointement par un secteur public restructuré et un secteur privé régi par des réglementations transparentes, les petites et moyennes entreprises et un nouveau secteur social sain, orienté vers les principes de solidarité et de coopération.

La restructuration productive exige des changements des structures de l’Etat.

Une profonde reforme démocratique qui inversera les rôles entre l’Etat central et les institutions régionales et locales où :

-L’Administration centrale définira les directives en matière d’Economie et de croissance, d’environnement, de politique sociale, etc.

-Les Régions se transformeront en institutions prioritaires du développement. Leur objectif sera d’assumer une responsabilité accrue au Plan d’Investissements Publics.

-Les nouvelles institutions d’inspection sociale et de participation populaire rendront les citoyens facteurs actifs de la restructuration productive, sociale et environnementale de notre partie.

La reconstruction productive se concentre principalement aux domaines suivants :

1. Production agricole – Industries des aliments et des boissons. Assurance de suffisance nutritionnelle et accès de tous aux aliments de haute qualité à des prix abordables.

2. Système énergétique productif.

Suffisance énergétique pour la production et la consommation et affranchissement progressif des combustibles fossiles.

3. Nouvelles technologies et matériaux nouveaux.

Développement de la recherche et de la production nationale pour la modernisation de l’industrie et production de produits de haute valeur ajoutée et de moindre empreinte environnementale.

4. Tourisme.

Développement touristique viable dans et par de nouvelles formes de tourisme alternatif. Diffusion du bénéfice à toute la société.

5. Transport maritime

Couverture complète de la desserte par la voie maritime de toutes les iles grecques. Un organisme industriel pour la construction et la réparation navale. Renforcement de l’emploi des ouvriers de la mer aux droits de travail établis. Augmentation des recettes provenant des transports maritimes.

6. Constructions et matériaux de construction

Orientation vers des interventions de qualité à des bâtiments déjà existants. Habitations et bâtiments publics antisismiques et favorables à l’environnement. Fin aux privatisations des infrastructures et relèvement du Programme d’Investissement Public. Développement de l’industrie des matériaux de construction mettant l’accent sur l’innovation.

LE FINANCEMENT DE LA RECONSTRUCTION PRODUCTIVE

1) L’Etat exercera pleinement ses droits de propriété et nommera des conseils d’administrations aux banques qui ont été recapitalisées avec l’argent de l’Etat.

2) Nous créons une banque publique de développement, laquelle se changera du financement de la reconstruction de la production.

3) Nous créons des banques spécialement pour les petites et moyennes entreprises et la production agricole.

4) Nous soutenons le développement de banques coopératives locales, qui auront un rôle particulier au développement régional.

5) Nous créons une Caisse des Avoirs de l’Etat, dont le capital initial sera constitué de ces mêmes biens publics.

6) Nous retraçons le nouvel ΕΣΠΑ (Cadre de Référence Stratégique Nationale), de sorte que ses interventions servent à promouvoir le plan de reconstruction productive.

7) Négociation décisive avec nos associes européens pour :

- La diminution de la dette publique et du coût lié à son service.

- L’existence d’un plan de développement européen du type plan Marshall, duquel la Grèce tirera bénéfice.

8) Nous explorons les possibilités de développer des rapports paritaires avec des pays autres que ceux de l’Union Européenne (Chine, Russie, pays du monde arabe et de l’Amérique latine), qui conduiraient à d’éventuels accords interétatiques, conventions entre organismes publics et contrats entre entreprises publiques, dans la perspective d’un essor commun de croissance.

La peur a changé de camp

Les lèvres serrées se sont transformées en poings serrés.

Et c’est un sentiment unique

quand le peuple se met debout.

C’est un sentiment unique

quand la peur s’en va et vient l’espoir.

Vient la dignité, la justice, la démocratie.

La Grèce est enfin prête

pour le grand pas vers le lendemain.

La Grèce, tourmentée et humiliée

par les mémorandums, lève la tête

et se tient à nouveau sur ses jambes.

La Grèce avance.

Et avec elle, l’Europe change.

Alexis Tsipras

Traduction de l’original:

Marina Moutafidou, Section de Politique Européenne de Syriza

http://syriza-fr.org/2015/01/28/le-cadre-de-programme-gouvernemental-de-syriza/

*****

*****

*****

Suit un article de Vangelis

«La Grèce se relève» a déclaré A. Tsipras lors du premier Conseil Ministériel.

Vangelis / Il y a 17 heures

«Nous sommes le gouvernement de tous les grecs, un gouvernement de large consensus qui rendra des comptes directement aux citoyens à chaque étape de son action», a déclaré le Premier ministre Al. Tsipras, lors du premier conseil ministériel. Fixant comme premiers objectifs de son gouvernement, le renforcement de la justice sociale, la restauration de la souveraineté populaire et de la dignité de la Grèce et de son peuple, A. Tsipras a exposé encore une fois les quatre axes de l’action gouvernementale en déclarant: «La Grèce se relève».

Les priorités du nouveau gouvernement

Le peuple grec attend du nouveau gouvernement la démonstration d’un changement d’éthique et de ton, a souligné Al. Tsipras, avant d’exposer ses priorités:

  • Faire face à la crise humanitaire.

« Aucun de nos concitoyens à partir de maintenant ne doit être seul, sans défense face à la crise », a t-il précisé, fixant comme premier devoir l’ assistance à ceux qui sont privés des produits et des services de première nécessité, comme la nourriture, le chauffage et les soins médicaux. «Notre premier affrontement sera avec cette intolérable réalité, et nous ferons tout notre possible pour la changer».

  • Soutenir l’économie afin d’assurer sa reprise. Nous soutiendrons surtout les petites entreprises qui s’enfoncent sous le poids de leurs dettes et sont prêtes à disparaître. Une politique globale et intégrée permettra aussi de traiter efficacement l’énorme problème du chômage.
  • Une nouvelle négociation avec nos partenaires européens sera menée afin d’aboutir à une solution juste, mutuellement bénéfique et viable, pour sortir du cercle vicieux de la dette. « Nous sommes prêts pour cette négociation, ayant préparé un plan budgétaire de quatre ans qui vise des budgets équilibrés; notre objectif est en effet, de ne pas créer de nouveaux déficits, sans pour autant rechercher des excédents exténuants et inaccessibles » – a déclaré le Premier ministre, en ajoutant: « Nous sommes prêts [pour la nouvelle négociation] avec des propositions réalistes concernant le problème de la dette, avec la présentation d’une politique d’investissements globale et intégrée et d’un plan du redressement productif du pays qui lui permettront de respecter ses obligations. A. Tsipras a répété son engagement du 25 Janvier, en réaffirmant: « Nous démentirons les Cassandre. Nous n’avons pas l’intention de procéder à une rupture mutuellement catastrophique, mais nous ne continuerons pas non plus la catastrophe amorcée et la politique d’assujettissement.
  • Nous combattrons les mœurs et les habitudes installées abusivement depuis des décennies dans tous les domaines: Des réformes radicales seront appliquées dans l’administration publique, la transparence sera protégée et consolidée, la corruption et l’enchevêtrement des intérêts privés seront combattus, ainsi que la fraude fiscale des grandes fortunes. En même temps les institutions démocratiques seront renforcées et élargies.

Un nouveau modèle de gouvernance

Ces priorités, comme le Premier ministre l’a souligné convergent vers le rétablissement de la souveraineté populaire, le renforcement de la justice sociale, la restauration de la dignité de la Grèce et de son peuple.

« Ces élections, le verdict populaire et la formation d’un nouveau gouvernement dans notre pays ont eu un fort impact international », a noté A. Tsipras, en ajoutant: «Le pays se relève, il est en train d’acquérir une stature internationale, il attire l’attention mondiale, la Grèce retrouve sa confiance et construit des alliances». D’autre part, il a répété avec insistance que « nous sommes ouverts aux discussions de bonne foi avec tout le monde ».

Se référant à la visite du président du Parlement Européen, Martin Schulz, le jeudi 29 janvier et du Président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, le vendredi 30 janvier, le Premier ministre a déclaré que les discussions avec eux seront extrêmement utiles et productives.

«Notre gouvernement est le gouvernement d’une nouvelle ère. Nous procéderons avec fermeté et assurance, nous privilégierons le dialogue et le consensus social, mais sans aucune compromission » a-t-il précisé, en soulignant que la situation actuelle n’autorise ni erreurs, ni échecs, ni omissions.

Alexis Tsipras a mis l’accent sur le caractère particulier d’un gouvernement de salut social qui doit faire face à une réalité singulièrement difficile qui l’oblige à ne pas décevoir les attentes de la société grecque.

« La responsabilité est lourde, mais nous allons procéder méthodiquement, avec une véritable volonté politique et l’énergie puissante d’un mandat fort et frais que nous n’ avons pas le droit de trahir […] Nous avancerons en construisant un nouveau modèle de gouvernance et en bâtissant une relation de confiance avec la société grecque. »

Source: avgi.

Traduction:Vassiliki Papadaki

http://syriza-fr.org/2015/01/28/la-grece-se-releve-a-declare-a-tsipras-lors-du-premier-conseil-ministeriel/

Repost 0
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 15:30

….qui propose une analyse de l’accession de Syriza au pouvoir (voir l’article ci-dessous ou en utilisant le lien), fait état également du parcours de Podemos, et compare avec celui de la gauche de la gauche française que pour notre part nous appelons tout simplement la gauche.

Une comparaison ne vaut qu’à situation comparable et celle de la France n’est pas aussi catastrophique pour la population que celle de la Grèce et de l’Espagne, à la raison que l’Etat de droit social a servi d’amortisseur (pour combien de temps ?), ceci n’étant pas indifférent à la manière dont les peuples réagissent.

***

Je retiendrai du 1ier paragraphe : Bousculée, la gauche de la gauche française n’a plus de force propulsive, cette assertion : « Ils (Syriza et Podemos) pilotent le rassemblement par la stratégie alors que la gauche de la gauche française pilote par la ligne », et de développer en 6 points.

Le 1ier, faisant état de l’alliance électorale du PC avec le PS, montre bien qu’on ne peut être à la fois à la gamelle et à servir le peuple sinon au prix de la confusion auprès des électeurs en jetant le discrédit sur le cartel qu’est le F de G – de ce point de vue le PC est appelé soit à disparaître selon la loi de la sélection naturelle qui ne retient pas les structures archaïques ou à s’adapter à l’époque ;

le 3ième mettant l’accent sur la nécessité de faire de l’éducation populaire que chacun appelle de ses vœux mais que personne ne pratique, éducation populaire sur des bases que l’on énoncera ainsi : les individus s’intéressent d’abord à leur sort avant de s’intéresser aux affaires extérieures, les grands défis qui se proposent à la planète ne pouvant être relevés qu’en montrant la liaison qu’il y a entre eux et la situation particulière de chacun ;

le 4ième, le 5ième et le 6ième est que le rassemblement citoyen est restreint à la portion congrue, donc inopérant sur les masses, dès lors que les organisations partisanes, pour leur confort personnel, n’entendent pas faire un « congrès commun » qui mettrait fin à la notion de cartel et d’où émergerait une seule stratégie audible par tous. Syriza, pour sa part, s’est constitué en parti au travers d’un « congrès commun » ; quant à Podemos il a pris consistance lorsque les différentes composantes du mouvement des Indignés ont décidé de ne faire qu’un seul corps ; c’est dire qu’à chaque fois, il s’est agit d’élargir la base (Syriza), de se donner une base citoyenne (Podemos), ce à quoi pourrait arriver le F de G au travers d’un congrès commun et des assemblées citoyennes à la parole vive et rassemblant par delà les partis.

***

On en restera à ces quelques mots, en invitant toutefois le lecteur à être attentif aux autres paragraphes de l’article de Respublica.

Exergue

***

***

http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/premiers-enseignements-de-la-victoire-de-syriza-en-grece-pour-la-situation-francaise/7394448

Mardi 27 janvier 2015

Par Évariste

Après la crise de 2007-2008 qui a envoyé une onde de choc sur le néolibéralisme mondial, la victoire des amis d’Alexis Tsipras est la première secousse importante pour l’ordolibéralisme européen. L’agenda européen est bouleversé. C’est un tournant historique puisque les deux forces néolibérales (droite et parti socialiste) qui ont gouverné la Grèce depuis 40 ans, ensemble ou séparées, sortent éliminées à court terme de la course au pouvoir.
Qui a gagné ? Une coalition de gauche anti-austérité demandant une relance économique, une relance des bas salaires, une lutte efficace contre le chômage, la restructuration forte de la dette.

Un nouveau rapport des forces est constitué qui permet au moins un espoir que ne permettaient pas les politiques néolibérales.

Le peuple grec a fait le constat que les politiques d’austérité augmentaient la dette, le chômage, la misère, la pauvreté.

Cette victoire ne règle pas la situation mais ouvre un processus bloqué par les néolibéraux de droite et de gauche. Il est à noter que comme les premières « aides » ont surtout permis le remboursement aux banques privées à but lucratif pour les actionnaires, aujourd’hui la grande majorité des créances grecques sont auprès des institutions européennes, ce qui va rendre le rapport de forces d’autant plus violent.

Notre agenda est tourné aussi vers l’Espagne avec la marche organisée par Podemos le 31 janvier, puis avec les élections municipales et régionales de mai 2015 et des élections législatives probablement en novembre 2015.

Bousculée, la gauche de la gauche française n’a plus de force propulsive

Syriza et Podemos avancent avec une ligne politique commune : refus des politiques d’austérité, volonté d’une forte restructuration de la dette avec effacement d’une partie de celle-ci, lutte contre le chômage, augmentation des bas salaires.
Mais surtout, ils ont une stratégie alternative à celle de la gauche de la gauche française. Ils pilotent le rassemblement par la stratégie alors que la gauche de la gauche française pilote par la ligne.

1) D’abord, ils ne souhaitent pas faire d’alliance avec les partis austéritaires comme le PS. En France, le PC s’est allié avec le PS dans de nombreuses élections municipales en mars 2014 et s’apprête à faire de même aux élections cantonales de mars 2015 et peut-être même aux régionales de la fin de l’année 2015.

2) Ensuite, ils répondent à certains besoins immédiats : par exemple, dispensaires et crèches autogérés pour répondre aux insuffisances de la politique officielle en matière de santé ou de politique familiale. Aucune organisation de la gauche de la gauche française n’est sur cette stratégie.

3) Syriza et Podemos font de gros efforts en éducation populaire (partir de la réalité subjective des salariés et des citoyens pour aller vers les causes objectives et les solutions) contrairement aux partis de la gauche de la gauche française qui ne pratiquent pas l’éducation populaire.

4) Puis, ils ont une politique de rassemblement par la stratégie (pas d’alliance avec les responsables du mémorandum) avec plusieurs lignes dans le parti. C’est tout le contraire du Front de gauche par exemple. Syriza a un ratio adhérents/population qui est plus du double de celui du Front de gauche. En France, de nombreux groupuscules croient pouvoir engager un processus de transformation sociale et politique à partir d’organisations de quelques centaines ou quelques milliers d’adhérents. Le rassemblement du Front de gauche est limité, alors qu’il est beaucoup plus large en Grèce puisque des partisans de la sortie de l’euro ont été intégrés dans Syriza

5) L’ancienne coalition s’est transformée en 2013 en parti unique avec un congrès commun aux différentes composantes, alors qu’il n’y a pas de congrès commun du Front de gauche – qui n’est qu’un cartel permettant à chacune des organisations d’avoir une stratégie différente.

6) Par ailleurs, ils mettent en avant les réalités subjectives (la souffrance des politiques austéritaires) et non les réalités objectives (les classes sociales, etc.), de façon à prioriser la prise des pouvoirs. Ils refusent totalement d’être un pôle de radicalité pour faire pression sur le parti socialiste, ce qui est encore la position de nombreux responsables du PCF.

Jean-Luc Mélenchon avec le M6R souhaite emboîter le pas à Syriza et à Podemos. Y aura-t-il un démarrage fin mars 2015 du M6R, après les cantonales ?
L’histoire future n’est pas écrite et nous ne pouvons prévoir l’avenir mais nous sommes persuadés que leur stratégie est meilleure que celle de la gauche de la gauche française, tant associative que politique, qui a aujourd’hui perdu sa force propulsive. Et que l’alternative de la gauche de gauche n’est pas encore programmée pour demain matin 8h30 !

Quant à la ligne politique tant de Syriza que de Podemos, elle est encore bien floue sur de nombreux points. Ce n’est pas trop grave quand on est dans l’opposition. Ce sera difficilement tenable longtemps au pouvoir.

La gauche de la gauche française s’éloigne encore un peu plus du rapport au peuple : jusqu’à quand ?

A la suite des deux élections de 2014, nous avons réalisé plusieurs chroniques sur l’analyse concrète de la situation concrète montrant les raisons pour lesquelles, après les espoirs de la présidentielle de 2012, l’ensemble des gauches avait subi un désastre électoral1. Dans cette analyse, nous avons montré quelques causes quant au fait que la gauche de la gauche n’était pas à la hauteur des enjeux pour susciter l’espoir populaire, notamment dans la classe populaire ouvrière et employée, majoritaire dans notre pays, qui s’est très majoritairement abstenu.

Les derniers événements tragiques qui ont vu la mort de 17 personnes parce qu’elles étaient des athées attachés à la liberté d’expression, des juifs ou des policiers, ont suscité une vague de réprobation en des rassemblements de plusieurs millions de personnes le 11 janvier. Bien sûr, ceux-ci ont été instrumentalisés par le spectacle médiatique autour des dirigeants nationaux néolibéraux, véritables pompiers pyromanes, qui ont marché quelques centaines de mètres dans les rues de Paris en monopolisant les retransmissions télévisées. Mais cette instrumentalisation médiatique de la société du spectacle ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt : des millions de personnes ont bravé le froid sans tenir compte de ces pompiers pyromanes, d’abord en province mais également à Paris pour dire non à ce carnage. Jean-Luc Mélenchon, les directions du PC et du PG l’ont bien compris et ont agi en conséquence.

La prise de conscience qu’il était désormais nécessaire en France de reprendre le combat pour la liberté d’expression, et donc pour la liberté de conscience, et donc pour la laïcité, s’est développé. Sauf à l’extrême droite qui continue à promouvoir contre le principe de laïcité une harangue uniquement tournée contre les musulmans. Mais malheureusement aussi dans une partie de la gauche de la gauche où une radicalisation communautariste anti-laïque principalement associative (avec des ramifications syndicales et politiques) est à l’œuvre suite au Collectif provisoire du 13 décembre 2014. Au moment où l’idée de laïcité progresse dans le peuple, où une demande sociale et politique est visible, le développement de cette radicalisation communautariste devrait entraîner sa marginalisation. Et si l’autre partie de la gauche de la gauche n’engage pas une clarification vis-à-vis de cette radicalisation communautariste, elle n’aura aucune chance de se transformer en gauche de gauche et alors elle se marginalisera à son tour.

D’autant que l’alliance planétaire entre le mouvement réformateur néolibéral et les communautaristes et intégrismes est l’alliance dominante du néolibéralisme.

Devant cette réalité, nous n’avons pas d’autre choix que de dire haut et fort notre volonté de mener la bataille politique sur un double front : d’une part contre le néolibéralisme et d’autre part contre le communautarisme et l’intégrisme. Toute autre stratégie conduira soit à l’impasse, soit à être un idiot utile à nos adversaires néolibéraux. Les alliances molles, avec des consensus sans contenus clairs et propulsifs sont aujourd’hui des impasses politiques. Le peuple ne les suit plus.

En France, et quelles que soient les divergences politiques que nous pouvions avoir2, ce sont des laïques qui ont été exécutés lors de l’attaque contre Charlie Hebdo. En Tunisie, après le déclenchement du Printemps arabe, ce sont des laïques du Front populaire, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, qui ont été exécutés par l’extrême droite islamiste. Comme dans l’assassinat de Jean Jaurès en 1914 par l’extrême droite catholique.

La gauche de la gauche : excellente dans le contre, médiocre dans le pour

La poussée de la gauche de la gauche – qui est intervenue dans la période allant de la chute du communisme soviétique fin des années 80 à la victoire du non au traité constitutionnel européen le 29 mai 2005 (le non de gauche a fait 31,3 %, c’est-à-dire plus que le oui de gauche et le non de droite et d’extrême droite) et au retrait du contrat première embauche (CPE) en 2006 – s’est fracassée dès que la demande sociale et politique est passée naturellement du simple refus des politiques néolibérales à la volonté d’un avenir meilleur concret demandant en plus une clarification quant au modèle politique alternatif au néolibéralisme ((Vous trouverez dans la librairie de Respublica des mises en débat qui vont dans ce sens.)). Un nouvel espoir est né avec la création du Parti de gauche, beaucoup plus laïque et républicain social que les autres organisations de la gauche de la gauche. Cela a permis le développement de la stratégie du Front de gauche avec le PC et de réussir l’étape de la présidentielle de 2012. Nous avons déjà relaté dans ces colonnes (voir note 1), les raisons politiques et stratégiques qui ont ensuite amené au nouveau désastre de 2014.

Aujourd’hui, l’alternative à l’alternance néolibérale entre l’UMP et le PS est de nouveau le FN. Enfer et damnation, 2002 n’a pas suffi ! Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir dit et redit que les vociférations autour des mots comme « antifascisme », « écosocialisme » n’ont manifestement pas été considérées par le peuple comme pouvant par enchantement résoudre les difficultés qu’il rencontrait.

Après les tueries des 7, 8 et 9 janvier 2015, les discours antisémites ont repris de plus belle y compris chez les élèves dans les écoles, les discriminations contre les musulmans aussi. Et une nouvelle demande laïque et sociale se fait jour.

La gauche de la gauche est-elle capable d’apprendre des grands événements ?

Les équipes militantes devraient constamment avoir une pratique de même nature que les scientifiques qui essayent toujours de vérifier par l’expérimentation si leurs théories sont toujours valables. Et si ce n’est pas le cas, eh bien il faut changer tout ou partie de la théorie. (Albert Einstein disait : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».) Après le désastre de 2014, après les attentats des 7, 8, 9 janvier, est-ce que la gauche de la gauche est capable de changer son logiciel ? Ou est-ce que les militants enfants de chœur vont continuer à écouter leurs grands prêtres ?

– Croire qu’en ne menant que le combat social sans le combat laïque et républicain, on rassemble plus : quelle erreur ! Jaurès expliquait que la loi de séparation des églises et de l’Etat allait rassembler la classe ouvrière et que sans celle-ci, les ouvriers seraient divisés entre catholiques et non croyants. Car c’est bien la laïcité et elle seule qui, en renvoyant les convictions religieuses dans la sphère de la société civile, pouvait créer un espace commun pour les luttes sociales et politiques.

– Croire que l’on peut mener le combat laïque et républicain sans le combat social et politique : nouvelle erreur ! Toutes les avancées laïques et républicaines ont eu lieu lors des grands événements et jamais en dehors: Révolution française, révolution de 1848, Commune de Paris, affermissement de la république (1880-1914), Front populaire, Résistance et Conseil national de la Résistance avec son programme « Les jours heureux ».

– Croire que Tariq Ramadan et les Frères musulmans sont pour l’islam l’équivalent de la théologie de la libération en Amérique latine pour les catholiques est un non-sens historique. C’est pourtant la croyance des communautaristes de la gauche de la gauche et de nombreux dirigeants d’Attac.

N’est-il pas temps de se poser la question suivante : est-il possible de promouvoir à court terme une gauche de gauche propulsive, laïque et antiraciste en France ? la question est posée !

  1. Chroniques d’Evariste parues depuis le 25 mai 2014 qui ont trait à l’analyse concrète de la situation concrète :


http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-766.htm#titre-1
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-760.htm#titre-1
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-758.htm#titre-1
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-757.htm#titre-1
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-756.htm#titre-1
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-753.htm#titre-1
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-752.htm#titre-1 []

  1. Certains pouvaient reprocher à Charlie Hebdo des positions majoritairement européistes, les politiques austéritaires et anti-sociales étant rarement caricaturées. Mais ils utilisaient leur droit à la critique des religions ce qui est un droit imprescriptible pour nous. D’autant que la ligne Charb allait bien au-delà d’une simple critique des religions. []
Repost 0
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 18:33

Une excellente émission télé, consacrée à l’après 7 janvier (Charlie-hebdo), que l’on peut qualifier d’éducative, raison pour laquelle elle est proposée ici. Le pédigrée de chaque intervenant est donné en dessous.

Pour favoriser la compréhension, quelques notes

Galehb Beincheck (1)

Dans le peuple français, il y a des ressorts, il est temps que nous fassions nation, je ne veux plus de ces mots hochet type vivre ensemble….Comment faire pour que la nation française puisse faire modèle pour les autres nations y compris pour les sociétés musulmanes…..Nous devons nous soumettre à la loi qui est une émanation rationnelle des hommes et qui s’applique aux hommes , on ne peut pas se prévaloir d’une quelconque loi céleste pour l’imposer à autrui,…..Il faut sortir de la raison religieuse…de la pensée magique,….Il y a un énorme travail à faire pour désacraliser la violence……Toute religion, toute idéologie,…qui fuit le choc des idées, qui esquive la critique,…qui ne s’affirme pas dans le débat et la contradiction finissent par s’atrophier,…si on ne s’affirme pas dans le débat et la critique, c’est la mort assurée,…

Alexandre del Valle (2)

Il y a un travail à faire avec l’islam de France, appliquer les lois de la République …. Le totalitarisme est quand on a une vision totale de l’individu, de la société, de l’humanité, on a un projet total, de conquête totale….Un intégriste peut rester dans le domaine purement privé …Le totalitaire n’est pas intègre, il est le contraire car il se sert du mensonge,…il utilise la règle quand sa l’arrange. Géostratégie occident et pays arabes.

J-L Mélenchon (3)

L’affrontement a été dur entre l’Eglise comme institution et la République française. L’Eglise n’a reconnu la République qu’en 1920, en 1906 elle condamnait le suffrage universel, et elle condamnait la liberté de la presse, et elle condamnait surtout la liberté de conscience…. tandis qu’il est un autre courant catholique.. pour Lamennais la foi n’a de valeur que si elle est libre C’est aux religions de s’autodéterminer en respectant la loi Le régime républicain n’est pas un régime neutre le République met au centre la liberté de conscience individuelle…. La République ne poursuit pas pour des idées, elle poursuit pour des actes…. Ce serait une erreur terrible pour la République d’aller se mêler de la religion… Les intégrismes religieux sont tous équivalents…. je ne veux pas trier entre eux….mon rôle n’est pas de participer à un fanatisme contre un autre, il est de donner à voir la lumière républicaine ….qui permet d’intégrer tous nos compatriotes…. La laïcité est un mode opératoire, c’est la séparation entre la société politique er la société religieuse ; liberté, égalité, fraternité ce sont des valeurs qui forment le contrat entre des français…

*******

*******

Emission : Les grandes questions :

http://www.dailymotion.com/video/x2fho3m_melenchon-les-athees-en-ont-par-dessus-la-tete-des-querelles-religieuses_tv

*******

*******

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ghaleb_Bencheikh
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_del_Valle
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_M%C3%A9lenchon
Repost 0
26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 15:27

………c’est ainsi que commençait un article de France-soir en date du 21 mai 2012, titré : « Le PS refuse de recevoir le Mélenchon grec », article qu’un besoin irrépressible m’oblige à vous donner en lecture à cette heure où il n’en manque pas un, de la droite de la gauche à la droite et même jusqu’à l’extrême-droite, pour se porter au secours de la victoire de la gauche.

Exergue

http://archive.francesoir.fr/actualite/politique/le-ps-refuse-de-recevoir-le-melenchon-grec-228619.html

Encart : Le chef du parti grec de gauche Syriza, Alexis Tsipras, de passage à Paris, n'a pas été reçu par le PS mais a tenu conférence de presse commune avec son homologue Jean-Luc Mélenchon.

***

Son nom ne vous dit certainement rien. Mais à la tête du parti grec de gauche Syriza, Alexis Tsipras a réussi l'exploit de décrocher la seconde place aux élections législatives du 6 mai, dépassant les socialistes du Pasok. De passage à Paris avant Berlin dans l'espoir de rencontrer des dirigeants européens, celui qu'on surnomme le « Mélenchon grec », en référence au leader du Front de gauche, n'a pourtant trouvé oreille attentive ni auprès du nouveau gouvernement français ni même au Parti socialiste.

"Le Parti socialiste est le parti de Papandreou"

Outré que ses anciens camarades n'aient pas dénié rencontrer son homologue grec, Jean-Luc Mélenchon a tiré lundi après-midi à boulets rouge sur le PS. « Les dirigeants socialistes ont commencé une ardente carrière de godillot : le président ne reçoit pas, donc eux non plus. C'est lamentable », a-t-il déploré près de l'Assemblée nationale en marge d'une conférence de presse commune avec Alexis Tsipras. « Nous comprenons le message : le Parti socialiste est le parti du mémorandum et de l'alliance avec le Pasok, le parti de Papandreou, le parti qui s'accroche au passé », a fustigé l'ex-candidat du Front de gauche à l'Elysée.

« Je déplore de voir Laurent Fabius, qui a été engagé avec moi pour la bataille du non (au référendum européen en 2005, NDLR) parler sur ce ton aux Grecs en leur disant maintenant il va falloir vous soumettre au mémorandum », a-t-il ajouté, faisant allusion aux propos tenus par le nouveau ministre des Affaires étrangères sur les nouvelles élections législatives qui doivent se tenir le 17 juin en Grèce. Lundi, Laurent Fabius a affirmé que les Grecs, s'ils veulent rester dans la zone euro, « ne peuvent pas se prononcer pour des formations qui les feraient sortir de l'euro », tout en soulignant que la France « n'a pas de leçons à leur donner ».

Se disant au passage « interloqué » par la déclaration finale du G8, qui, selon lui, est « contraire » à « ce qui était écrit » dans le programme de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon ne s'est donc pas privé d'une petite pique à l'intention du nouveau Président. « Mais une semaine après son élection, on ne va pas commencer à le charger. Nous ne sommes pas impatients, mais nous ne sommes pas naïfs », a-t-il toutefois tempéré.

"Hollande deviendra Hollandreou"

Evoquant le fait qu'il n'avait pas été reçu par des membres du gouvernement français, Alexis Stipras a estimé que François Hollande devrait « comprendre qu'il lui faudra répondre à des questions cruciales. Si le peuple français a voté pour lui, c'est pour faire une autre politique que celle de Nicolas Sarkozy », a-t-il lancé. Plus tôt, il avait même ironisé en rapprochant le président français de l'ex-Premier ministre socialiste grec : « François Hollande ne pourra renier facilement ses promesses sinon il deviendra Hollandreou ».

Fort de son exploit électoral du 6 mai, Alexis Stipras s'était vu confier - sans succès - la lourde tâche de former un gouvernement. Pour peser lors des nouvelles élections du 17 juin et battre Antonis Samaras, chef du parti conservateur (Nouvelle Démocratie) arrivé devant lui, le « Mélenchon grec » défend une ligne offensive vis-à-vis de Berlin. Lors de cette conférence de presse commune avec Jean-Luc Mélenchon, il a notamment fait valoir que « Mme Merkel doit comprendre qu'elle est un partenaire comme les autres (...) dans une eurozone sans locataire ni propriétaire ».

Par C.D. (avec AFP)

Et pour la belle photo Tsipras-Mélenchon, ouvrir le lien.

Repost 0

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche