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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 12:50

La politique n’a que faire des manifestations d’affection ou d’inimitié.

Elle n’est pas lieu d’amour, mais celui des idées et de leur débat - parfois rude - dans le respect des personnes. Les manifestations d’amour, d’amitié, d’affection, sont d’ordre privé et ne peuvent envahir et spolier l’espace public (surtout internétique) de la politique. Celles-ci pas plus que les manifestations de désamour, de ‘désamitié’, de désaffection n’ont droit de cité lorsqu’elles sont aigreur et fortement aigreur.

Ce n’est pas avec de tels sentiments et de telles pratiques où chacun se répand avec jouissance au regard de tous, sentiments et pratiques qui pour panser le mal fait à l’un ne craignent pas de blesser l’autre, creusent fossé au lieu de le combler, qu’on habite la maison commune et que l’on construit ensemble, malgré tout.

On doit pouvoir se trouver en camaraderie avec celui ou celle dont on ne partage pas l’analyse en ne se laissant pas submerger par les affects. C’est cette intelligence froide que l’on se doit et que l’on doit aux autres pour tenir raison.

Mais certainement faut-il être d’une génération et d’une autre éducation, où ayant dit au moment ce qu’il convenait de dire, pour que la sagesse commande de se taire.

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 08:44

Ils ont été si grands, les voilà si petits. Réduits à quelques uns et bientôt à aucun. Agités de soubresauts, ils agonisent.

Les babines durement retroussées sur leurs dents de corniauds, ils jappent, tentent de mordre aussi.

Ils n’ont plus à l’usage, ainsi que les mollusques, qu’un système nerveux, sorte d'anneau autour de l’œsophage, raison pour laquelle on les dit acéphales.

Mais s’ils persistent à vouloir vous atteindre au jarret, alors n’hésitez pas. Aux gencives donnez leur un coup de latte. C’est la seule chose qu’ils comprennent.

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 18:23

 

 

L’évidence n’est pas de faire de la politique autrement mais de casser les malfaçons dans lesquelles la politique est installée.

 

Ainsi le cumul des mandats. Ce dernier, souvent présenté comme un atout, est une plaie.

Nul cumulard, pour défendre son gras, ne sera avare d’un plaidoyer argumenté. Et le bougre a du talent pour tirer la couverture à lui.

Etre député et maire permet de traiter des affaires nationales en restant en prise avec le concret qu’offre la connaissance et l’exercice du terrain, dit-il.

Tu parles !

A l’évidence, le nombre de députés est largement inférieur à celui du nombre de maires. Pour autant les maires sans mandat national font leur boulot convenablement. Par ailleurs, tous les députés ne sont pas maires, ou n’ont pas un autre mandat associé. A suivre le raisonnement des cumulards ils devraient être disqualifiés, on devrait même exiger d’eux le cumul sous peine de ne pas valider leur députation.

Ce qui vaut pour un député, vaut pour un sénateur,…..un ministre,…

 

Le cumul est une plaie. Il concentre le pouvoir entre les mains d’un nombre restreint d’individus alors que l’exigence démocratique voudrait que celui-ci soit distribué entre un maximum d’élus. Parfois même, il le concentre entre les mains d’1 seul lorsqu’on considère un territoire local.

La concentration du pouvoir conduit au népotisme, au clientélisme.

 

Distribué entre plusieurs, le pouvoir exercé en son point final est contraint par tous ceux qui sont en capacité de décision. De la sorte le pouvoir se trouve-t-il limité de la multiplicité des pouvoirs existants. 

Davantage même, la décision prise sera alimentée d’une multiplicité de réflexions admises car seules sont autorisées les réflexions portées par les décisionnaires. Nous savons tous ce que vaut un avis (admirablement qualifié de consultatif) lorsqu’on n’a pas envie de le suivre.

Le pouvoir ainsi formulé, dans cette forme seulement d’apparence éclatée, est fortifié.

On est bien loin de la nécessité évoquée du cumul des mandats.

 

Le non cumul des mandats apparaît de la sorte comme une nécessité morale, une nécessité de gestion et de salubrité publique.

Personne ne s’y trompe, même pas les élus qui, de temps à autre, ouvrent le couvercle de la boite du cumul des mandats pour le refermer reposer aussitôt.

 

L’esprit de ce qui précède ne vaut pas que pour le politique.

Vivant à la campagne, j’observe. Chacun de nous, dans son microcosme, peut à sa guise en faire autant.

Il arrive souvent que tel président de telle structure agricole, soit maire, expert foncier, expert auprès d’un groupe d’assurance, président local du conseil d’administration de la banque du coin, membre du syndicat du cru machin, etc,…. ce qui le conduit à devenir intouchable (notable) car chacun sait qu’il peut avoir besoin de lui et donc qu’il vaut mieux être au mieux avec lui.

J’en conviens, ce n’est pas exactement du cumul, il est question là de situations, de positions incompatibles. Mais le défaut est le même. Défaut d’autant plus grand qu’à quelques uns toutes les places sont prises, que celui qui est président ici est membre du conseil d’administration là-bas, que tout s’organise comme, j’ose le dire, une tournante dont la victime est la vie publique et la démocratie. Ainsi se retrouvent aux postes de décisions une sorte de confrérie.

 

A cet instant il faut bien comprendre que nous devons être éduqués à l’engagement car on aura beau vouloir faire de la politique autrement si personne ne souhaite prendre en charge des responsabilités, contrôler ceux qui sont aux affaires, éventuellement les démettre, alors la cause est perdue et ne méritait pas d’être évoquée.

En fait ce n’est pas la politique qui est en cause mais ses mœurs et….notre engagement qui se tient au bord du trottoir.

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 05:48

 

 « En ce qui concerne les collectifs et associations, il me semble aussi que le politique - au sens large - peut en devenir prisonnier s'il n'est pas assez attentif à ce risque, c'est-à-dire s'il entretient avec eux des liens trop étroits, qui l'enfermeraient dans une vision trop étriquée par exemple ». Extrait du commentaire n°2 de Darribehaude concernant l’article : « Faire de la politique autrement ? » D’abord en faire.

 

 

Il faut donc se pencher sur les collectifs, les partis politiques, voir ce qui les différencie, mesurer les liens qu’ils peuvent entretenir.

 

Essai

 

Les collectifs fleurissent.

Leur préoccupation n’a qu’1 objet.

Ils ne revendiquent aucune appartenance politique même si on observe qu’ils sont plutôt animés par des personnes de gauche. Cela permet, sur un sujet donné, de fédérer des individus venus d’horizons différents.

Ils défendent, s’opposent, …. Tous les collectifs ont la volonté d’influencer, d’infléchir, de modifier, à l’instant, le dessein politique pour la société. Ils sont une forme de lobbying qui n’agit pas à des fins pécuniaires, économiques, personnelles mais dans le sens d’un intérêt à caractère général (parfois humanitaire, de civilisation). En cela ils se veulent altruistes, ce qui ne signifie pas que toutes les causes sont méritantes, mais ceux qui agissent dans ce cadre le pensent.

Les collectifs ont généralement une démarche pacifique, cependant certains peuvent se manifestent par la violence (anti-avortement).

Le collectif n’a pas de légitimité populaire au sens politique et organisé du terme. Il est issu d’un mouvement spontané, engagé par quelques uns. Il n’a de légitimité qu’au travers de pétitions,  de signatures, …. surtout de la place et de la résonance que lui fait la population à laquelle il s’adresse.      

Il existe le temps bref de conduire son action.

Le collectif n’entend pas gouverner.

Les personnes qui se groupent en son sein se reconnaissent dans la défense de la cause qui le fonde. Ils y entrent, en sortent à leur gré. A ma connaissance ils ne sont pas questionnés sur leur philosophie politique, pas plus qu’il ne leur est demandé d’adhérer en payant une cotisation.

Il semblerait qu’il y ait chez certains membres de collectifs une appétence pour ce type de manifestation.

Un collectif ne semble pas avoir de chef sinon celui qui prend en charge son organisation, pour le reste, tout le monde est chef. 

La politique quotidienne d’un collectif est décidée au jour le jour. En ce sens un collectif est assez proche de la manière d’être et de se comporter des alternatifs décrits par Noami Klein.  

Un collectif est,  d’une certaine manière, le signe de la faillite des partis politiques. 

 

Un parti politique est bien différent. Plus commun.

L’usage, perdu, voulait qu’on se présente, qu’on déclare la raison pour laquelle on désirait y entrer. On pouvait être accepté ou refusé, l’objectif du parti n’étant pas le désir de faire du nombre à tout prix (pour certains partis cela a bien changé) mais d’admettre des personnes assurées de leur choix plutôt que de se satisfaire d’individus de passage à l’humeur mobile qui versent au premier achoppement, en conséquence pour qui l’intérêt de l’individu prime encore sur l’intérêt du groupe.  

Un parti a une philosophie, une vision globale de la société et de ce qu’il souhaite qu’elle devienne. Celle-ci s’applique à tous les aspects de la vie, et non à un seul, car sa volonté est d’organiser la vie de la société qu’il pense dans son ensemble et à qui il donne une perspective.

Certains partis sont altruistes, la formule signifiant que d’autres ne le sont pas.

On paye pour y entrer, généralement en fonction de ses possibilités.

Un parti est structuré. Il a un « chef » élu démocratiquement.

Les militants, la décision prise en conformité avec la philosophie définie nationalement susceptible d’évoluer (toujours démocratiquement) sont tenus de la faire vivre au mieux de leurs potentialités et de leur disponibilité. Tout se discute, mais la majorité est souveraine et personne, en théorie, ne peut s’y soustraire.

Un parti est fait pour accéder au pouvoir et donc gouverner.

 

Les relations entre collectifs et partis politiques peuvent exister, un individu pouvant appartenir et militer dans un collectif et un parti.

Mais une hiérarchie semble devoir s’imposer qui donne la primeur au parti. L’individu ne pouvant être dans un collectif et conduire une action contraire à la philosophie politique du parti. Aussi parce que le global contient le singulier. Hiérarchie évidemment, à telle enseigne que ceux qui ont commencé à militer dans des collectifs (ou assimilés) ont tous finis par faire de la politique car c’est  à ce niveau que tout se joue vraiment. Ainsi Ralph Nader aux Usa, José Bové en France,…

L’honnêteté intellectuelle veut (sans nécessairement grande publicité) que le collectif soit avisé que tel de ses membres appartient à un parti de telle manière que le parti ne soit pas, au travers de ce militant, accusé de noyauter le collectif. De la même manière le militant doit informer son parti de son appartenance à un collectif afin que ce dernier apprécie la situation et éventuellement juge de la pertinence de la présence du militant dans celui-ci et cherche à savoir ce qu’il y fait.

L’avantage tant pour le parti que pour le collectif est qu’ils peuvent se nourrir l’un de l’autre de la cause du collectif par l’intermédiaire de l’individu.

Un parti peut soutenir un collectif. Cela doit s’arrêter là. Car ce n’est ni dans l’intérêt du parti ni dans celui du collectif d’être dans la confusion des genres. Le rappel suivant peut être fait : la CGT (même si ce n’est pas un collectif) a été, à une époque, accusée d’être la courroie de transmission du PC et de ce fait elle a perdu de sa crédibilité auprès de certains syndiqués.

 

Annexes : 

  • Les collectifs à fort caractère politique sont pour un militant de parti à manier avec des pincettes car on y court le risque de s’y brûler les ailes (décevoir ou se faire phagocyter).
  • Le collectif  « Pour la défense de la Poste » a à sa tête, dans l’Aude, 2 politiques, l’un appartenant au PS, l’autre au PC. On ne peut les soupçonner de ne pas croire à la cause qu’ils défendent. Mais l’un comme l’autre font la démonstration que leur parti ne les suit pas (sinon de loin), ce qui est bien un signe de faillite politique pour ces 2 partis. Pour le reste, tant mieux si ces 2 personnes assurent ainsi leur avenir politique.    

 

Les collectifs font-ils de la politique autrement ? Certainement. Est-ce suffisant ? Certainement pas. Construire suppose qu’on se tienne en permanence au travail et que l’on s’inscrive dans le cadre d’une architecture qui lie toutes les pièces de la maison entre elles.  

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 09:52

 

Faire de la politique autrement, conduit à se poser cette question : doit-on mettre fin à la professionnalisation de la politique (par extension du syndicalisme) ?

 

Je serais tenté, seulement tenté, de répondre : oui.

Une enquête conduite aux Usa (rapportée il y a peu d’années par le Monde Diplomatique) a montré qu’on devenait parlementaire parce qu’on était riche ou parce qu’on souhaitait le devenir, que les parlementaires étaient tous millionnaires ou briguaient la représentation pour l’être à la fin de leur mandat (ce qui advenait). C’est dire qu’on entre désormais en politique pour servir sa carrière (l’enrichissement personnel) et non avec le désir premier de servir le bien public.

Ce qui se passe aux Usa vaut pour la France. Chacun sait ce que gagnent les élus, les ministres, les avantages qu’ils ont et qui perdurent après qu’ils aient quitté la fonction (les informations avérées qui circulent sont éloquentes). Ainsi nombreux sont ceux qui entrent en politique pour en faire et, les premières ardeurs passées, y demeurent pour bien d’autres raisons, l’affaire étant juteuse.

Ce qui ouvre une autre question : peut-on mandater des individus qui ne sont pas socialement et financièrement représentatifs du peuple qu’ils représentent ?

Ou cette autre : si la richesse est un des accès à la représentation comment un moins argenté pourra-t-il y accéder et faire valoir les problèmes des siens sachant qu’une campagne coûte cher ?

Pour pousser le bouchon plus loin, doit-on admettre et accepter que s’installent des dynasties (Kennedy, Bush, Clinton ; peut-être un jour les Sarkozy si le 1ier arrive à la fin de son mandat) qui ne sont pas sans évoquer un désir d’hérédité contraire à un des moteurs de la révolution de 1789 ?

 

Je répondrais tout aussi volontiers : non. Cela nous aurait privé de Jean Jaurès, Léon Blum,….pour user avec les autres des personnes les plus connues, ce qui aurait été fort préjudiciable tant leurs talents étaient grands et leur générosité évidente. Mais c’était une autre époque.

 

Ainsi ce n’est pas la professionnalisation de la vie politique qui doit être l’objet de notre ressentiment mais les conditions faites à celle-ci qui doivent être revues à la baisse, encadrées, afin que l’élu ne soit rien d’autre qu’un citoyen comme les autres, un citoyen ordinaire. Un travailleur du bien public qui court les mêmes risques que n’importe quel autre travailleur ailleurs qui, lui, est licencié, mis au chômage sans que lui soient offertes les garanties princières faites aux élus.

Il n’est pas besoin de vouloir faire de la politique autrement, il faut simplement se donner les moyens de moraliser la vie politique. Bien souvent on souhaite changer de pratiques alors que le bons sens commanderait de les corriger.

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 08:11

 

J’entends dire qu’il faut faire de la politique autrement.

Rien de plus vide qu’un slogan non éclairé.

« Faire de la politique autrement », c’est quoi ? J’attends l’illustration. La démonstration pertinente. La mise sous mes yeux de cette possibilité tant réclamée.

L’expression est séduisante. Elle en ébloui plus d’un.  Est-elle suffisante ?

Seulement répétée, elle est incantation, bégaiement de l’esprit.

Je m’interroge. Faire de la politique autrement, oui ! C’est quoi ?

 

Ma première réaction est de répondre qu’avant de vouloir faire de la politique autrement il conviendrait, d’abord, d’en faire car celui qui s’agite de l’expression se désiste à l’heure du turbin.

Souvent, le même, réclame davantage de démocratie. Il voudrait être à décider directement de tout, partout. A bien le regarder, il a de la démocratie le goût de celle qu’il met à sa taille et qui n’habille pas les autres, car il porte (il est) la démocratie à lui tout seul, ce qui est bien gênant.

Mais revenons à faire de la politique autrement.

 

Si on souhaite exprimer que l’on est insatisfait de la mauvaise manière de l’homme politique, cela ne signifie pas qu’on doit faire de la politique autrement. C’est simplement observer que l’homme politique à une mauvaise manière, pour être précis, que par son comportement il dévoie à son avantage la pratique politique. En clair c’est l’homme qui est mauvais et non l’outil dont-il use. Souhaiterait-on supprimer le couteau car il sert à l’assassin ? Bien sûr que non !

 

Faut-il remettre en cause la démocratie au prétexte qu’elle ne fonctionne plus ?

D’abord cela suppose qu’on a le change. Ce qui est loin d’être assuré.

La démocratie est ce que l’on en fait. Que des procédés s’attachent à faire capoter son expression est un fait : ainsi la révision constitutionnelle en France qui permet d’écarter la voix populaire comme le « oui » irlandais à l’Europe obtenu à l’arraché. Dans ce cas, ce n’est pas la démocratie qui est à mettre à l’encan, mais l’homme politique qui devrait servir le peuple et qui ne le fait pas. S’il n’est pas dans ce service, s’il continue à ne pas s’attacher à la faire vivre, c’est alors de notre faute puisque nous le réélisons.

Faut-il dès lors rejeter la démocratie ou nous interroger sur notre responsabilité lorsque nous ne convoquons pas l’homme politique pour lui demander des comptes ?

 

Si on souhaite signifier que les forums anti Davos, anti Gênes, anti tout ce que vous voudrez….., les collectifs,… sont des contre-pouvoirs qui méritent d’être, j’y consens. Mais un contre-pouvoir n’est pas un pouvoir, il n’est pas décisionnel, il n’est pas à gouverner ou dans ce désir là, d’autant qu’il est composé d’une foule qui se désagrége aussi vite qu’elle s’est agrégée.

Toutefois il existe des contre-pouvoirs reconnus : les syndicats, qu’il nous appartient de faire vivre quitte (là encore) à destituer si nécessaire les représentants et à prendre leur place….. pour faire mieux.

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