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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 05:38


« Bank run ». La mesure est radicale. De quoi s’agit-il ? Tout simplement de faire sauter les banques. Comment ? En appelant chacun de nous à aller retirer, tous le même jour, une somme d’argent (de préférence importante) afin de les assécher et de provoquer leur faillite. Les banques responsables de ce qui nous arrive doivent être anéanties. Tout ceci à un côté justicier digne d’un fanzine. Qu’adviendra-t-il des liquidités laissées par les particuliers qui n’auront pas pu ou voulu les retirer ? Seront-elles perdues dans le naufrage des banques ? …..Rien n’est dit. ….Et après ?

 

L’affaire paraît suffisamment importante pour que le sieur Sammarcelli, directeur délégué de la Société Générale déclare : "Il n’y a rien de pire dans l’histoire qu’un bank run", "Retirer son argent des banques, c’est extrêmement dangereux à la fois pour soi et ce serait aussi dramatique pour l’ensemble du système. Christine Lagarde de surenchérir, continuant avec son délire d’experts déjà sorti lors du remake du gouvernement Fillon, elle commente l’opération ainsi :  "il faut que chacun fasse son métier; que Monsieur Cantona fasse le sien, moi, je fais le mien", ou encore que "Je crois que quelqu'un qui est un grand footballeur ou un grand acteur de cinéma doit se garder d'intervenir dans le domaine financier, économique, surtout quand il n'en maîtrise pas les mécanismes (...)Je ne me risque pas à jouer au football et Eric Cantona devrait éviter de jouer à l'économiste." Parlant à Cantana, j’entends ce qu’elle dit à chacun de nous : Vous êtes nuls, nous sommes des experts, nous nous occupons de tout, passez votre chemin. Ben, voyons !

 

Attac France, dans un message du 2 /10/2010, informe des liens qu’il y aurait entre cet acte de représailles et des milieux d’extrême droite repérés sur le Web et propose à la place, sereinement et sérieusement, la mise en place d’une banque éthique. Je cite : « Il n'en demeure pas moins que la mobilisation des citoyens doit se développer pour exiger la mise au pas des banques prédatrices. Les mouvements citoyens doivent en même temps favoriser l'émergence de banques alternatives, solidaires et écologiquement responsables, comme le proposent par exemple les Amis de la Terre, l'une des associations fondatrices d'Attac  (voir http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Guide_banques_VSite.pdf): c'est alors que l'appel aux citoyens à transférer leurs comptes bancaires aura un sens. ».

 

Faire sauter la banque, comme l'usage d'un « Bank run » le propose, c’est confondre l’outil et les effets de celui-ci, accuser et punir le marteau qui écrase le doigt sans mettre en cause celui qui le tient et la manière qu’il a de s’en servir.

Les banques sont utiles, le système bancaire également. En Afrique, en Inde,  ailleurs, les tontines jouent ce rôle là de prêteur bancaire. Un groupe de personnes se forme, chaque membre apporte une contribution, et lorsqu’un des membres à un projet reconnu utile et jugé viable par le collectif, le prêt est accordé. Cette façon, cette banque coopérative, met ainsi en échec la formule ironique de Tristan Bernard selon laquelle : « On ne prête qu’aux riches. Et on a raison : les pauvres remboursent difficilement ! ». Effectivement, les banques ne prêtent qu’aux riches lorsqu’elles sont dans le créneau de l’aide à l’investissement et à l’entreprise. Mais aujourd’hui elles ne prêtent même pas dans ce cadre, elles préfèrent spéculer avec l’argent qu’elles collectent et faire de l’argent avec de l’argent. Les tontines retrouvent ainsi la fonction bancaire première.

Ce qui se passe avec les tontines à échelle locale peut-être développé une plus grande échelle. C’est ainsi que la Nef développe une banque éthique et solidaire : http://www.lanef.com/ , qu’il existe un projet de banque éthique européenne sur lequel chacun de nous peut se renseigner et participer : http://bonnenouvelle.blog.lemonde.fr/2010/03/06/creation-dune-banque-ethique-europeenne/.  

Il ne s’agit pas de laisser aux mains de nos gouvernants le soin de moraliser le système bancaire car nous savons bien qu’ils ne le font pas et ne le feront pas. Les péripéties dernières, les gesticulations auxquelles nous assistons en apportent chaque jour la preuve. Il s’agit donc de créer un système bancaire citoyen.

Cela étant dit, il faut tout de même se souvenir que les banques avant d’être privées étaient nationalisées, avant d’être laissées entre les mains de prédateurs étaient dans les mains des Etats. Elles avaient pour mission de contribuer à l’investissement, de soutenir l’esprit d’entreprise, de participer aux orientations économiques et sociales du pays, …. Tout ceci s’est perdu ces dernières années. Il convient de relire à cet effet l’article de Raoul Jennar précédemment édité dans le blog qui établit la liste des banques publiques privatisées sur les recommandations de Strauss-Kahn : le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit, le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier de France, le Groupe Caisse d’Épargne. Et Jennar de conclure : « Après le passage de Strauss-Kahn, il n’y a plus de secteur financier public ». Se souvenir de l’existence passée de banques nationalisées c’est se dire qu’elles peuvent à nouveau exister et, pour cela, se donner les moyens d’une autre politique que celle qui sévit actuellement en se réappropriant les leviers nécessaires à l’exécution de cette dernière.

 

Ceci permet, à mon sens, d’établir un distinguo entre révolution par les urnes chère au Parti de gauche et révolution citoyenne chère à la Fase, tous 2 participants au Front de gauche, non pour les opposer mais pour en dire la complémentarité. Les banques nationalisées seront le fruit d’une révolution par les urnes, les banques éthiques et solidaires celui d’une révolution citoyenne. Les premières procèderont de la volonté nouvelle du gouvernement, les secondes de celle de la seule volonté des citoyens et fonctionneront dans l’esprit des tontines, ces dernière pour appartenir aux citoyens ne seront pas privées au sens libéral du terme mais sous forme coopérative. Les unes comme les autres étant au demeurant éthiques et solidaires. La révolution par les urnes procède sur le fond également d’une révolution citoyenne car c’est à un changement de structure mentale qu’il est fait appel, à celui du collectif, de la coopération et non à celui de l’égoïsme et de la compétition qui écrase l’autre.

 

Dire davantage sur les banques solidaires et éthiques qui existent déjà et qu’il faut développer est tâche assez longue à laquelle cet article ne suffit pas. Le lecteur interessé est donc invité à utiliser les liens ci-dessus mentionnés, à parcourir le web, pour aller à plus de précisions et de détails. Mais il est possible de dire tout de même que les banques solidaires et éthiques ont ceci de particulier c’est qu’elles prêtent aux mêmes conditions à tout le monde (ce qui n’est pas le cas de la banque actuelle), qu’elles prêtent après avoir vérifié si le projet est conforme à une charte : ne pas détruire la planète, être écologique,….Les sites concernant les banques solidaires proposent également une analyse des banques actuelles : activités, nocivité,….toutes choses qu’un citoyen est en droit de savoir avant de mettre son argent en dépôt. Les banques solidaires et éthiques ne s’interessent pas au taux de rentabilité d’un produit financier proposé, mais d’abord à la composition du produit (les composants sont-ils utiles ? moraux ?…)  ce qui aurait permis d’éviter, entre autres choses, si une telle éthique avait existé, les effets dévastateurs de la titrisation, …..

 

Alors ! Faut-il faire sauter la banque ou faut-il une autre banque ? Une banque éthique, solidaire et citoyenne ?

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 09:50

C’était dans les tuyaux. On en parlait. Ce n’est plus une menace. Cela devient progressivement réalité.

 

« …Le Conseil européen et la Commission européenne ont décidé de mettre sous tutelle les budgets des Etats de l’Union européenne. Dorénavant les budgets des États seront examinés en amont dans le cadre d'une procédure dénommée "semestre européen de coordination des politiques économiques et  devront intégrer les injonctions du Conseil européen » écrit Martine Billard dans son blog.  Et de continuer : « Une première directive (E 5695) allant en ce sens a déjà été déposée sur le bureau de l'Assemblée Nationale et étudiée par la commission des affaires européennes du Sénat le 29 septembre 2010. Une "modification limitée" du traité de Lisbonne est prévue. L'avantage de la déclarer limitée (il ne s'agit "que" de la mise sous tutelle des budgets nationaux, excusez du peu) est que cela n'oblige pas à organiser de référendum de ratification».

A la suite de quoi, les parlementaires du PG et du PC ont déposé une proposition de loi pour refuser la possibilité de cette mise sous tutelle. Télécharger le texte de la proposition de loi et le rapport qui l'accompagne.

 

L’affaire a commencé le 12 mai. Bruxelles propose d’imposer dès 2011 un examen des budgets nationaux par la Commission, puis examinés par les ministres européens des finances qui donneraient leur avis. Ceci avant même d'être soumis aux Parlements dans les Etats.

 

Cette proposition a soulevé de nombreuses critiques tant à l’étranger qu’en France.

En France Pierre Laurent (PCF) déclare : "Non contents d'imposer l'orthodoxie budgétaire, les marchés financiers veulent maintenant cadenasser la démocratie". Quant au Parti de Gauche (vous avez pu lire ci-dessus la réaction de Martine Billard et vous pourrez lire ci-après un extrait de l’analyse faite par de J.L Mélenchon dans son blog) les choses sont claires : il s’agit ni plus ni moins que d’assujettir davantage encore les pays européens aux politiques néo-ultra-libérales et ceci sans consultation populaire.

A droite, les positions sont confuses. En voici quelques unes glanées au hasard. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) indique : "la proposition de la Commission européenne de s'arroger le droit de vérifier en amont les budgets des Parlements est inacceptable car cela porterait atteinte à notre démocratie". Gérard Larcher (UMP), président du Sénat estime que le contrôle du budget relève de la «souveraineté nationale», cette mesure est «inapplicable constitutionnellement». Pour Alain Lamassoure (député européen UMP) : «Personne ne peut accepter l’idée de soumettre son projet de budget à une autorité extérieure avant de le soumettre à son Parlement.». Luc Chatel rappelle que "c'est le Parlement [français]qui vote le budget de la nation’. Christine Lagarde, juge "utile" de "croiser les documents" budgétaires des pays européens, soutenue par Manuel Valls (PS) qui indiquait le 15/7/2009  comme « incontestablement » nécessaire un contrôle des budgets nationaux des pays de l'Union européenne par Bruxelles si on veut doter l'Europe "d'un véritable gouvernement politique, économique et monétaire". "Il faut être cohérent, si nous souhaitons un gouvernement politique, économique et monétaire, si nous souhaitons redonner un nouveau rôle à la Banque centrale européenne, qu'elle puisse agir comme la banque centrale américaine, si nous voulons des investissements vers les infrastructures, vers les énergies renouvelables, vers l'économie de la connaissance, il faut évidemment une politique de contrôle budgétaire" déclarait-il lors du Forum Radio J de l'Essonne. Gageons que l’Elysée (et l’Allemagne) étant d’accord avec Bruxelles, tout ce petit monde va rentrer dans le rang, mettre la main sur la couture du pantalon et recevra le concours du Parti socialiste qui a fait savoir qu’il voterait contre la proposition de Martine Billard.

 

Qu’est-ce qu’en pense Strauss-Kahn ?

 

Ci-dessous, extrait de l’analyse de Jean-Luc Mélenchon qui reprend les propos de l'artiste du FMI:

 

Sur ce sujet, DSK enterre sans hésitation la souveraineté budgétaire des peuples. Pour mettre en œuvre le "programme de réforme" qu’il estime nécessaire….  DSK imagine de dessaisir complètement les Etats de leur politique budgétaire. Il imagine de renforcer encore les pouvoirs de la Commission européenne. Il ne dit pas un mot du problème démocratique que cela poserait. ……Pour aller dans ce sens, il présente l'expérience du "marché unique" et de l'"Union monétaire" comme des modèles : "Quand l'agenda est conduit par le centre, les choses avancent. Voyez le programme du marché unique ou l'union monétaire. Mais quand l'agenda est laissé aux nations, les choses n'avancent pas. Voyez les réformes du marché du travail et des services, en particulier via l'agenda de Lisbonne." Et il en conclut : "Le centre doit prendre l'initiative dans tous les domaines clés pour assumer l'avenir commun de l'union, en particulier en matière de politique financière, économique et sociale. Les Etats doivent être prêts à céder plus d'autorité au centre. » Le centre ! Quel mot pour décrire le pouvoir de la Commission ! ….. Une entité sans nom et sans visage qui déciderait ce qui est bien. « Les mécanismes doivent être redéfinis pour leur donner des motivations pour la réforme. Beaucoup d'enjeux tournent autour des budgets. »

Et pour qu’il n’y ait aucun doute sur le caractère autoritaire de la conception Strauss-Kahnienne du pouvoir, voici la phrase exacte de sa proposition : « La solution la plus ambitieuse serait de créer une autorité budgétaire centralisée, dotée d'une indépendance politique comparable à celle de la BCE. Cette autorité établirait le cadre budgétaire de chaque Etat et allouerait les ressources depuis un budget central pour atteindre au mieux la double cible de la stabilité et de la croissance." Je vous invite à lire plusieurs fois la phrase pour bien la comprendre et l’assimiler. Cet homme propose tranquillement qu’un centre « indépendant » comme la BCE, hors de tout contrôle politique décide « centralement de la répartition des sommes dans les budgets nationaux. C’est cela sa proposition. ……

Rassurons-nous. Strauss Kahn lui-même ne  croit pas son rêve totalitaire à portée de main. Pour autant ce qu’il propose pour le court terme ne vaut guère mieux. Pour l’instant, faute de mieux, il appelle à renforcer les pouvoirs de la Commission. Dans le but assumé de rester « dans la même direction » autoritaire.  "Un tel bon dans l'intégration politique européenne semble improbable dans un futur proche, mais nous devrions explorer d'autres voies d'aller dans cette direction. Il y a au moins deux voies. » Accrochez vous. « L'une est d'enlever au Conseil la responsabilité principale du maintien de la discipline budgétaire et des réformes structurelles fondamentales. [...] Dans le contexte institutionnel existant, la Commission – en tant que gardienne des traités – pourrait jouer ce rôle. » Ce qui est déjà un déni monstrueux de démocratie puisque les gouvernements sont la seule instance représentative des peuples en Europe et que de toute façon Strauss Kahn ne propose pas que ce soit le parlement européen (quelle horreur) qui reçoive ce pouvoir.  Et même la commission ce serait encore peut-être trop proche des gouvernements. C’est pourquoi il propose froidement : «Une institution séparée, indépendante, pourrait aussi fonctionner. » C'est-à-dire à peu près la même chose que cette « autorité indépendante » déjà mentionnée.  

J’entends déjà les grands esprits socialistes et notamment ses concurrents aux grand prix des primaires, nous expliquer que tout ceci est bien loin d’eux et que pour leur part, ici, … (ils restent) de parfaits amis de la démocratie en matière de vote des budgets. ….Ils mentent une fois de plus. Car que font-ils face à la décision européenne d’installer un système de contrôle « a priori » sur les budgets nationaux ? En parlent-ils seulement ? Non. Motus et bouche cousue. Ils soutiennent ! La preuve ils ont annoncé qu’ils voteraient tous mardi prochain contre la proposition de loi du PG et du PCF qui vise à maintenir la souveraineté complète du parlement français sur le contenu du budget. …..

« Nous faisons face aujourd'hui à une absence complète de volonté politique des États membres sur les besoins d'une unification et d'une coordination en matière fiscale. Cela serait pourtant possible en renforçant les pouvoirs du Parlement européen, qui n'a aujourd'hui aucune des prérogatives budgétaires nécessaires. Or, ce qui nous est proposé n'a rien à voir et fait fi de toute coordination fiscale. La réforme en cours doit être étudiée avec la plus grande attention car elle nous semble relever d'une procédure en opposition avec les principes de souveraineté du peuple en matière budgétaire. La Commission européenne a formulé des propositions pour élargir la surveillance économique, accroître la discipline budgétaire et mettre en place un cadre renouvelé pour la gestion des crises. Sur sa proposition, le Conseil Ecofin du 7 septembre 2010 a d’ores et déjà modifié les lignes directrices encadrant les règles de préparation et de transmission des programmes de stabilité ou de convergence des États membres, pour instituer une procédure désignée par les termes de « semestre européen de coordination des politiques économiques ». Il s’agit, par le biais d’un calendrier modifié, d’assurer une intervention des institutions communautaires, avant même la transmission par les États de leurs programmes de stabilité ou de convergence. Le Conseil émettrait des recommandations horizontales, que les États devraient prendre en compte pour élaborer leurs programmes de stabilité ou de convergence ; puis le programme transmis ferait l’objet de recommandations à prendre en compte pour l’élaboration du budget national de l’année à venir. 

Plus encore, le Conseil européen des 28 et 29 octobre 2010 a avalisé le fait que la législation communautaire doit être modifiée rapidement et que le président du Conseil doit engager des consultations sur une modification limitée du traité de Lisbonne afin d’établir un mécanisme permanent de gestion de crise. En la qualifiant de limitée, le Conseil européen veut ainsi éviter l'obligation d'examen et de ratification par chaque pays membre. Vous avez bien lu. Le traité de Lisbonne, soi-disant intouchable en raison de la complexité des procédures prévue pour sa réforme, va être amendé, vite fait bien fait, pour permettre une nouvelle violation des droits démocratiques des peuples. Il faut que la cause le mérite, non ? C’est pourquoi les importants de « l’Europe qui nous protège » se prennent les pieds dans le tapis de leurs explications, comme le pointe le rapport de Martine Billard. «D'un côté le président du Conseil Herman Von Rompuy affirme qu'il s'agit « de la plus grande innovation » et de l'autre, qualifie le processus de modification de « limité ». Sans attendre cette modification prévue par la directive et qui suppose donc une transposition dans notre législation, ce contrôle a priori du budget s'exercera dès 2011. La crise financière que l'Europe a traversée sert ainsi de prétexte facile pour instaurer de manière subreptice un contrôle a priori sur l’élaboration des budgets nationaux. Aussi, la présente proposition de loi constitutionnelle a pour objet de réaffirmer, dans le titre de la Constitution consacré à l’Union européenne, le fait que les transferts de compétences consentis au profit de l’Union européenne ne doivent pas mettre en cause l’exercice de la souveraineté budgétaire par le Parlement français, principe constitutionnel dont l’origine remonte à la Révolution française. Les socialistes ont annoncé qu’ils vont voter contre cette proposition de loi.

 

Pour Exergue la question qui se pose est simple : à qui faire confiance ? La droite ? La pseudo Gauche ? Aucun des 2. Au Front de Gauche composé du PCF, du PG, du GU, partis qui viennent d’être rejoints par la FASE (Fédération pour une alternative sociale er écologique) et le M’PEP (Mouvement politique d’éducation populaire). De fait, chaque élection à venir compte et tous ceux qui veulent s’opposer au déni de démocratie permanent (au coup d’état permanent), tous ceux qui veulent une autre société que celle qui nous est imposée  doivent se mobiliser et aller voter, mais, pour ce faire, encore faut-il être inscrit sur les listes électorales (fin des inscriptions au mois de décembre). La révolution par les urnes, larévolution citoyenne est possible. Elle n’aura lieu que si chacun de nous s’attèle à la tâche, elle n’aura lieu que si chacun de nous prend conscience des enjeux et se donne comme travail de les partager avec son voisin, d’n discuter avec ses collègues et ses amis.

 

Ne nous contentons pas de nous indigner, résistons.

 

Liens :

Parti de Gauche : http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/3178-sarkozy-diktats-liberaux-europeens

Le blog de Mélenchon : http://www.jean-luc-melenchon.com/

Le blog de Martine Billard : http://www.martine-billard.fr/post/2010/11/29/L-UE-et-le-contr%C3%B4le-des-budgets-nationaux

Politis : http://www.politis.fr/Sainte-alliance-au-Parlement,12020.html

La Tribune : http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20101202trib000578836/les-anti-maastricht-de-gauche-tentent-en-vain-de-sauvegarder-la-souverainete-budgetaire.html

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 06:30

 

Voici une petite liste :

Christine Ockrent et Bernard Kouchner, Béatrice Schönberg et Jean-Louis Borloo, Anne Sinclair et Strauss-Kahn, Valérie Trierweiler et François Hollande, Audray Pulvar et Montebourg.

On passera sur les compagnonnages défaits : Marie Drucker et Barouin.

Tout ceci n’est vraisemblablement que la partie émergée de l’iceberg.

 

Soyez rassurés, la connaissance affichée des duettistes n’est pas le fruit d’une investigation. Ce n’est que le relevé de ce que la presse donne à voir sans avoir besoin de la démarcher.

 

Vous direz : « Chacun fait sa vie avec qui il l’entend, copule avec qui il veut ». Exact ! Mais, observez tout de même que tout ceci ne peut laisser indifférent, ne peut manquer de susciter des interrogations, donner à émettre des suppositions.

 

Faire le relevé auquel il a été procédé plus haut, c’est déjà lire ce qui nous est donné à voir, lui donner un sens. Refuser ce travail, c’est s’exposer par une complaisance de l’esprit à ne rien comprendre à ce que nous avons sous les yeux et qui, peut-être, explique bien des choses.

 

Remarquer que le pouvoir médiatique et le pouvoir politique paraissent avoir des atomes crochus n’est pas sans conséquence. Que notre attention soit attirée par l’existence d’un microcosme dans lequel médias et politique font bon ménage  au point, parfois, de se mettre en ménage, doit nous alerter sur une éventuelle connivence. Entendre du discours médiatique sans avoir à l’esprit la relation qu’il y a entre personnel médiatique et personnel politique c’est certainement faire preuve d’une grande naïveté.

Les sociologues Pinçon relèveraient là un réseau. Un réseau dont ils disent que l’existence permet de se rendre de menus services dans le cadre d’un même intérêt de classe.

 


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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 05:32

 

Par Raoul Marc JENNAR militant et chercheur altermondialiste.

 

L’actualité abonde de sujets. Les acteurs politiques et les évènements défilent. Un clou chasse l’autre, comme dit le proverbe. On oublie vite. Et les médias en tous genres en font chaque jour l’illustration. Or, depuis quelques temps, ces médias nous abreuvent d’articles et de sondages de nature à nous convaincre que Dominique Strauss-Kahn, s’il est candidat aux présidentielles, a toutes les chances de battre Sarkozy. Sans jamais nous rappeler ce qu’il a fait quand il était ministre de Jospin et ce qu’il fait à la tête du FMI. Bien entendu.

 

Qui sont ces médias ? Pour l’essentiel, les grands hebdomadaires de droite (L’Express, Le Point, Paris-Match, le Journal du Dimanche) et de la gauche libérale (Le Nouvel Observateur) et des quotidiens de droite comme Le Figaro ou La Tribune. Les sondages qui nous désignent déjà le prochain président sont commandés par des journaux de droite.

 

Il semble que les patrons de ces organes de presse (Lagardère, Dassault,… ), déçus par l’actuel occupant de l’Elysée, préfèrent quelqu’un qui leur épargnera, espèrent-ils, grèves et manifestations. D’où la nécessité de nous présenter un candidat de la gauche dite moderne, dite réaliste, dite responsable.

 

Il me semble donc important de rappeler qui est celui qu’on invite avec tant d’insistance à soutenir, avant même que le PS ait choisi son candidat. Sans doute pour que ce choix soit celui du patronat. Pour ce faire, cinq sources utiles : le numéro du 24 avril 2010 de l’hebdomadaire Marianne avec un dossier intitulé « DSK mis à nu », l’article de Jean-Jacques Chavigné consacré au FMI de DSK dans le numéro 176 de juin-juillet-août du mensuel Démocratie et Socialisme, l’organe du courant du même nom au sein du PS, le livre de Vincent Giret et Véronique Le Billon, Les Vices cachés de DSK (Seuil, 2000), quelques chroniques que j’ai publiées en son temps dans un hebdomadaire belge ou sur ce blogue et, enfin et surtout, l’excellent dossier de François Ruffin paru dans le numéro 47 (automne 2010) de Fakir (encore en vente actuellement : contact@fakirpresse.info).

 

Il me paraît indispensable de rappeler les choix qui furent ceux de Strauss-Kahn quand il était ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de Jospin:

* la privatisation des banques publiques : le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit, le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier de France, le Groupe Caisse d’Épargne. Après le passage de Strauss-Kahn, il n’y a plus de secteur financier public.

Les autres privatisations. Sous l’impulsion de Strauss-Kahn, le gouvernement Jospin a davantage privatisé que les gouvernements de droite présidés par Balladur et Juppé : Airbus, France Télécom, Thomson-CSF, Thomson MultiMedia, Air France, ..

* la libéralisation du secteur de l’énergie : Strauss-Kahn, qui défend les négociations de l’OMC, soutient l’adhésion du gouvernement Jospin aux propositions européennes (Barcelone) qui vont permettre ensuite à la droite de privatiser EDF-GDF.

* c’est lui qui met en place le régime des stocks options avec plusieurs mesures favorables à cette manière de rémunérer les hauts-dirigeants d’entreprises

* c’est lui qui lance l’idée de fonds de pension « à la française »

* c’est lui qui pousse Jospin à renier les engagements pris par le PS devant les électeurs, en 1997 : défendre et renforcer les services publics, défendre Renault-Vilvoorde, poser quatre conditions pour le passage à l’euro.

 

C’est Strauss-Kahn qui, en 1999, a proposé Pascal Lamy pour que celui-ci devienne le Commissaire européen au commerce international (avant de devenir, ensuite, directeur général de l’OMC).

 

En 2005, Strauss-Kahn fait campagne pour le « oui » au TCE.

 

Le directeur général du FMI est fidèle à l’ancien ministre de Jospin. Sous son impulsion, le FMI instrumentalise la dette publique des pays du Nord comme du Sud.

 

Sous la pression du monde des affaires et de la finance, les gouvernements ont décidé de ne plus permettre aux pouvoirs publics d’emprunter auprès d’organes publics de crédit, à des taux nettement avantageux. En Europe, c’est devenu la règle depuis le traité de Maastricht. Les États sont tenus d’emprunter auprès des banques privées. C’est la principale cause de leur endettement, vu les taux pratiqués.

 

La seconde cause d’endettement, c’est le renflouement des banquiers et des spéculateurs suite à la crise de 2008.

 

Pour combattre la dette, on ne pose pas de questions sur les causes de celle-ci. On affirme que le seul remède, ce sont des réformes dites « structurelles ».

 

Le FMI de Strauss-Kahn poursuit ainsi 4 objectifs : diminuer les salaires des fonctionnaires, remplacer les retraites par répartition par un recours aux assurances privées, réduire les investissements dans la santé, l’éducation, la culture vendre les services publics aux firmes transnationales flexibiliser le marché du travail en démantelant le droit du travail, en favorisant les délocalisations et en rendant les licenciements plus faciles augmenter les profits des firmes privées en multipliant les exonérations de cotisations sociales ou d’impôts et en gelant ou en réduisant les salaires.

 

Ce sont ces politiques que le FMI de Strauss-Kahn impose aux pays du Sud.

Avec la complicité de la Commission européenne, il fait de même avec les États de l’Union européenne.

 

Nul ne s’étonnera dès lors qu’il ait très officiellement exprimé son soutien aux « Réformes » entamées par Sarkozy.

 

« On vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans » déclarait Strauss-Kahn au journal Le Figaro, le 20 mai 2010.

 

Quelle différence entre Sarkozy et Strauss-Kahn ? Celle qu’on peut trouver entre un Sarkobrun et un Sarkorose. C’est toujours du Sarko.

 

Il me semble urgent que, dès à présent, les partis à la gauche du PS fassent savoir qu’en tout état de cause, il leur sera impossible de soutenir Strauss-Kahn en 2012. Il ne suffit pas de changer une personne. Il faut changer de politique. Cela va sans dire, me dira-t-on. Mais cela va encore mieux en le disant.

 

 

Compléments de « Exergue »

*http://www.mediapart.fr/club/blog/raoul-marc-jennar/101110/qui-est-strauss-kahn

*http://www.jennar.fr/index.php/page/2/  billet initialement publié le 10/11/2010 dans le blog de R. Jennar

Pour des informations sur R. Jennar : http://www.jennar.fr/index.php/page/2/

 

    Il ne suffit pas de changer une personne. Il faut changer de politique.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 06:32


J’ai commencé à dire quelques mots sur le Grand Marché Transatlantique (GMT) à l’occasion des réunions de campagne pour les élections européennes, indiquant qu’à la suite de l’adoption du TCE, et contenu en lui, cet autre péril se profilait, raison pour laquelle, il convenait de voter pour le candidat du Front de Gauche, seule entité politique du moment, acceptant de gouverner, capable de s’y opposer.

 

Je n’étais pas assez armé pour discourir dessus - je ne le suis guère davantage aujourd’hui -, suffisamment toutefois pour attirer l’attention sur lui. A l’époque, la campagne du TCE encore fraîche, celle de l’élection au parlement européen en cours, l’un et l’autre occupant entièrement les esprits jusqu’à saturation, le GMT paraissait relever de l’anecdote dont on se préoccuperait, peut-être, plus tard. Mes camarades du PCF, avec qui je menais des réunions au nom du PG, étaient, eux également, dans l’immédiateté de la campagne et ne firent guère écho à cet argument. C’est ainsi que nous nous retrouvons  piégés du discours convenu, de ce à quoi on n’a pas su s’intéresser à temps et pourtant préparé de longue date et en catimini par ceux qui nous gouvernent.

 

Le GMT, qu’est-ce que c’est ?

 

C’est un marché de libre-échange (entendez concurrence libre et non faussée, selon l’expression trompeuse et bien connue) entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Mais pas que cela.

En 2015, il est prévu que l’Europe devra former un bloc avec les USA, au niveau militaire, politique, économique et social. Rien que ça !

A cet effet, des représentants américains et européens se rencontrent, travaillent de concert pour préparer cet avenir commun et funeste qui conduit à vassaliser l’Europe à la politique des Etats-Unis.

Ainsi, ce que nous connaissons au niveau européen nous allons désormais le vivre à un niveau élargi avec pour conséquence de perdre davantage de notre liberté.

 

Cet accord de libre-échange a été voté par le Parlement européen en 2009 sans que les peuples en soient informés et consultés. Les citoyens européens sont (seront en 2015) de la sorte mis devant le fait accompli.

Coup dur pour la démocratie.

 

Au passage on notera le peu d’informations en provenance de la presse. Mais surtout, on notera que nos représentants, la quasi-totalité des partis politiques*, sont, sur ce sujet capital, d’un silence complice.

*Voir la position du Parti de Gauche ci-dessous en lien (Atelier de lecture).

 

3 étapes sont datées pour l’intégration au Grand marché transatlantique, elles concernent :

·         En 2010 : les services financiers,  le marché des capitaux, la vie privée, les  droits de propriété intellectuelle, la concurrence….

·         En 2014 : la coopération en matière de sécurité de manière à favoriser la remise de données administratives et judiciaires aux autorités américaines….

·         En 2015 : l’officialisation et l’entrée en vigueur du GMT.

Ce Grand marché transatlantique est un transfert de la souveraineté de l’Europe qui va se retrouvé placée sous l’influence (et parfois la tutelle) des Etats-Unis.

Parler des Etats-Unis est un euphémisme car, en fait, ce pays comme son gouvernement doivent être définis de la sorte : aux ordres du néo-libéralisme, n’en déplaise au obamanes qui ont vu (et voient encore) en Obama le messie d’une ère nouvelle du XXI siècle naissant.

Ce désir des Etats-Unis de vassaliser ne date pas d’hier. Au lendemain de la 2ième guerre mondiale, les USA émettent la doctrine suivante : le monde se hiérarchise en 3 parties. En 1, les Etats-Unis dans le rôle de nation leader. En 2, les pays européens dans celui de nations vassales. En 3, les nations asservies : toutes les autres sont considérées comme devant être exploitées tant du point de vue de leurs ressources que de leurs moyens de production. La montée en puissance de la Chine, de l’Inde,… ne modifie pas pour autant, fondamentalement, cette vision américaine de l’organisation du monde.   

Pour mesurer les dégâts en terme commercial de ce qui va se passer  il faut avoir en mémoire l’accord Aléna passé entre le Mexique, le Canada et les Etats-Unis et voir comment, de cet accord qui était présenté comme bénéfique à toutes les parties, le Mexique (et surtout ses petits agriculteurs) s’est retrouvé ruiné.

 

Concrètement, quelques exemples pour illustrer.

L’élimination des barrières au commerce, la libéralisation des marchés publics, celle de la propriété intellectuelle, des investissements doivent se faire en harmonie avec la règlementation américaine. Oui ! Oui !

Le contrôle des populations se fera par transfert d’informations privées aux autorités américaines (numéro de la carte de crédit, détails des comptes bancaires, des investissements réalisés, des itinéraires de voyage, des connexions internet, informations liées à la personne telle la « race », les opinions politiques, les mœurs, la religion...). Ce qui permet de mieux comprendre, pour ceux qui en ont le souvenir, le plan Edwige voulu par Sarkozy, apparemment retiré mais mis en œuvre de manière clandestine. Ce transfert de données sera effectué également à l’attention du secteur privé afin de mieux investir les marchés et d’assurer une meilleure rentabilité économique.

Comme on comprend mieux pourquoi a été effectuée la réintégration de la France dans le cadre de l’Otan.   

On comprend mieux, aussi, l’importance de la révision constitutionnelle qui a permis de mettre hors-jeu la volonté du peuple. Car, si la volonté populaire avait été observée, il n’y avait pas de TCE, et, en l’absence de TCE, le processus engagé pour le Grand marché européen ne pouvait être mis en œuvre. La droite et les élus du Parti socialiste qui par leur abstention ont autorisé la révision constitutionnelle sont responsables, car les uns et les autres connaissaient les conséquences de leur forfait en la matière.

Ce qui est écrit ci-dessus offre à qui le souhaite une grille de lecture bien différente  que celle qui est utilisée habituellement. La politique de l’Europe comme la politique du gouvernement de la France conduite par Sarkozy se déchiffrent à l’évidence sous un autre jour.

 

 


Pour plus de renseignements, voir les liens suivants :

Un article du réseau Voltaire

http://www.voltairenet.org/article159047.html

Un article d’AgoraVox

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/grand-marche-transatlantique-55004

Un article de Le Post

http://www.lepost.fr/article/2009/06/04/1564363_le-grand-marche-transatlantique-l-apocalypse-economique-et-sociale-commence-en-2010-en-france-merci-tf1-france-tv-canal-m6-merci-l-ump-le-ps-le-modem-et-les-verts-merci-sarkozy-barroso-et-obama.html

Un article du Front de Gauche

http://www.frontdegauche.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=402:le-grand-marche-transatlantique&catid=83:notes-de-campagne&Itemid=120

Une vidéo de Mélenchon

http://www.dailymotion.com/video/x9203t_jean-luc-melenchon-le-futur-grand-m_news

Une autre vidéo de Mélenchon

http://www.dailymotion.com/video/x9f19k_questions-d-europe-le-grand-marche_news

L’Atelier de lecture du Parti de gauche

http://www.lepartidegauche.fr/images/stories/adl/ADL-GMT-PG.pdf

 

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 06:19

 

C’est sous ce titre que vous trouverez dans le dernier Politis *(n°1118) un excellent portrait (à mon goût) de Mélenchon.

* Politis, hebdomadaire en vente au prix de 3 euros, ce qui n’est pas cher payer pour faire vivre une presse, libre et indépendante des financiers et des pressions politiques, dont nous avons grand besoin pour assurer la démocratie. 

 

 

Dans l’article :

-          Cette remarque de l’éditorialiste de Marianne, Jacques Julliard : « Il dit les choses comme il les sent et sent les choses comme beaucoup de gens ».

-          Ou encore, ce passage : « Ceux qui le côtoient au sein du Front de gauche lui reconnaissent une capacité réelle à expliquer des choses compliquées avec des mots pas forcément simples mais qui les rendent compréhensibles par le peuple. Une qualité qui n’est pas donnée à tous les hommes politiques……Son intuition politique est aussi louée : « Elle le met en alerte sur le mouvement du monde…. » ».  

-          Et ceci : « …si ce portrait avait été écrit il y a 3 ans, on aurait nettement porté le chapitre écologie au passif…..Il (Mélenchon) a su s’entourer de militants compétents comme, en premier lieu, Martine Billard…..Mélenchon sait bouger ».

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 06:33

 

D’abord la Grèce.

Ces jours-ci l’Irlande, marquée de près à la culotte par le Portugal.

Zapatero en Espagne, les godasses rafistolées en avant, freine des fers pour ne pas se trouver hors-jeu malgré son plan de rigueur.

En France, le non-remaniement gouvernemental effectué, Fillon s’empresse d’annoncer la rigueur qui, il y a peu de mois, n’avait pas lieu d’être aux dires du gouvernement.

 

La crise financière n’en finit pas de faire des dégâts.

 

Tous, gouvernements de droite pur jus (Irlande, France,..) ou gouvernements socialistes de droite (Grèce, Portugal et Espagne) adoptent la même politique… de droite.

Le Portugal afin de ne pas montrer que cette politique lui est imposée prend les devants en installant de son propre chef un plan drastique afin, dit-il, de ne pas être contraint à toucher de l’argent du FMI et de l’Europe (ce qu’il va finir par faire).

L’Irlande, jadis un tigre, aujourd’hui seulement un tigre en papier, a fait, l’espace de quelques jours, semblant de résister avant de céder. 

 

Ces pays, au bord du gouffre, font, l’un après l’autre, un grand pas en avant.

Ils s’effondrent les uns après les autres comme jetons du jeu de dominos et la finance rafle la mise.

 

Les victimes collatérales de la crise financière sont, dans tous les cas, les populations.

L’argent va aux banques en faillite (qui continuent cependant à faire des tunes).

Les peuples sont tous logés à la même enseigne : hausse de la Tva, coupes dans l’éducation, la santé, hausse des impôts, allocations sociales de tous ordres réduites fortement ou supprimées, retraites gelées ou diminuées, salaire minimum gelé ou diminué,… immigration irlandaise comme au temps de la grande famine.

C’est lui, le peuple, qui paye la facture d’un plan théorisé par l’école de Chicago sur une idée de Milton Friedman et mis au point définitivement par la Consensus de Washington* avec l’aide des économistes appelés les chicago’boys.

*Lire à cet effet l’édifiant bouquin de Noami Klein : La stratégie du choc. Ca vaut un bon polar.

 

En quoi consiste Consensus de Washington ?

Brièvement : on laisse faire les catastrophes de tous ordres (s’il le faut on les provoque même), la catastrophe arrivée on la laisse se développer jusqu’au bout (au besoin on donne un coup de pouce) et lorsque les pays sont K.O, financièrement et économiquement acculés, le FMI, la Banque Mondiale*, pour les pays européens : l’Europe, proposent des prêts sous conditions : réduction des dépenses de l’Etat (on comprend tout de suite ce que cela signifie : plus d’Etat providence). L’objectif est de réduire l’Etat à la portion congrue, d’installer le néo-libéralisme tous azimuts en lui donnant les coudées franches pour continuer son œuvre prédatrice.

C’est ainsi qu’à été ruinée l’Argentine. C’est ainsi que les digues protégeant la Nouvelle-Orléans n’ont pas été entretenues en attendant un ouragan qui a fini par arriver (Katarina). Alors les politiques d’obédience néo-ultralibérale ont-ils pu restructurer la ville débarrassée des populations pauvres, remplacer les écoles publiques par des privées auxquelles étaient réservées les financements, pareillement pour la santé… Et, de la sorte, bien d’autres pays en difficulté dans le monde.

*Sur la Banque mondiale, dont il a été vice-président, et sur le rôle du FMI lire entre autres livres : Le triomphe de la cupidité de Joseph Stiglitz (prix Nobel d’économie) où il explique comment sont saignés les pays, de préférence pauvres (mais pas qu’eux).

 

Oui, mais voilà.

Partout les peuples commencent à se rebeller.

Manifestations en Grèce. Manifestations en Espagne. Manifestations en France. Manifestations en Irlande. Manifestations en Grande-Bretagne avec des anglais pourtant réputés flegmatiques. Manifestations au Portugal qui vient d’avoir sa première grève générale depuis 20 ans. Le mouvement, la colère va aller en s’amplifiant.

(Il va y avoir, annonce-t-on, une journée de manifestation européenne).

Lors des manifestions contre le projet régressif sur les retraites des messages venus de l’étranger (Allemagne,..) ont apporté leur soutien aux manifestants. Des journaux du monde entier ont suivi ce qui se passait dans notre pays.

 

Le syndicalisme français décrié en France fait un triomphe à l’étranger. Curieux !

Politiquement, le Front de Gauche ne fait pas la Une des médias français mais attire les regards des peuples proches ou lointains. Curieux !

En Allemagne, en Grèce, en Espagne, au Portugal, dans d’autres pays européens, dans d’autres pays du monde se lèvent des Front de Gauche, qu’ils s’appellent Izquierda, Die Linke, ou d’un autre nom.

 

Quelque chose change.

On est à un tournant. Il faut le prendre. 

Chaque jour il faut le prendre, jusqu’à ce que le peuple reprenne le pouvoir.

C’est une longue marche à laquelle nous devons nous inviter pour la raccourcir.

 

http://www.youtube.com/watch?v=6pkxj378FLg&NR=1

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:08

Article de Alain Waldman


Les principales mesures 

  • Les conseillers généraux et régionaux disparaissent au profit des conseillers territoriaux qui remplissent les deux fonctions. Il y aura 3471 conseillers territoriaux (6000 conseillers généraux et régionaux aujourd’hui) élus à partir de 2014 au scrutin uninominal à deux tours dans des cantons élargis.
  • Limitation des financements croisés. Aucun projet ne pourra bénéficier d’un cumul de subventions du département et de la région sauf pour les communes de moins de 3500 habitants. De plus, le maître d’ouvrage devra assurer un financement minimal de 20%.
  • Les compétences attribuées par la loi aux collectivités territoriales le seront à titre exclusif (c’est à dire que ces compétences ne pourront être exercées par une autre collectivité) sauf en matière de tourisme, de culture et de sport qui demeurent partagées entre les communes les départements et les régions.
  • Le département et la région ne disposeront plus de la clause générale de compétence*.

*(Clause générale de compétence : indépendamment des compétences qu'elles tiennent par la loi les collectivités territoriales peuvent agir et prendre des décisions sur le fondement de l’intérêt public local). 

  • La possibilité de créer des pays sera supprimée et le rapprochement avec des EPCI (établissement public de coopération intercommunal) sera recherché.
  • Des représentants des communes dans les EPCI seront désignés au suffrage universel lors des municipales.
  • Trois nouveaux échelons territoriaux :

- La métropole : Volontariat (l’initiative revient aux communes pas au préfet)

  • Regroupement de communes formant un ensemble d'au moins 500000 habitants.
  • Pas d’obligation de continuité spatiale.
  • Se substitue aux EPCI inclus dans son périmètre.

- Le pôle métropolitain : Sa création peut être décidée par arrêté préfectoral.

  • Regroupement d’EPCI à fiscalité propre formant un ensemble de 300000 habitants dont le plus gros élément doit avoir plus de 150000 habitants.
  • Pas d’obligation de continuité spatiale.

- La commune nouvelle : Consultation populaire commune par commune, aucune commune ne peut être intégrée contre son gré.

  • Les anciennes communes deviennent des communes déléguées (type arrondissements Paris Lyon Marseille).

Mise en place de la carte intercommunale

D'ici au 31 décembre 2011, les préfets seront chargés de réaliser des schémas départementaux de coopération intercommunale (SDCDI)* en association avec des commissions départementales de coopération intercommunale

*(SCDCI composées de maires de conseillers municipaux, de représentants d’EPCI, de conseillers régionaux et généraux). 

En 2012/2013, validation de ces schémas par le préfet. Celui-ci pourra créer, modifier ou fusionner des communautés.

Au 1er juin 2013 : achèvement de la carte communale (le préfet pourra alors rattacher une commune isolée même si celle-ci ne souhaite pas son rattachement).


                                                                                  *********

 

Une nouvelle architecture est donc en train de se mettre en place. Les collectivités actuelles, vidées de leur contenu et asphyxiées financièrement par le transfert de la fiscalité vers les EPCI et par la suppression de la taxe professionnelle sont appelées à disparaître remplacées par les nouvelles collectivités.

Cela va entraîner une régression démocratique avec l'affaiblissement de la démocratie locale et l'éloignement des centres de décisions. De plus, la suppression de la clause générale de compétence et l'assèchement des ressources financières des collectivités territoriales aura pour conséquence de réduire les services publics et d'ouvrir largement le champ au secteur privé.

Même s'il est vrai qu'un clientélisme et un manque de démocratie et de transparence règnent actuellement dans nombre de nos communes (conseils municipaux ruraux qui, dans le cadre d'un PLU (plan local d'urbanisation) octroient à chacun de leur membre des parcelles constructibles, implantation d'éoliennes industrielles sans consultation préalable des habitants etc.) il n'en est pas moins vrai que la commune, parce qu'elle privilégie les rapports de proximité avec les citoyens, doit rester l'échelon de base de l'action publique et ne doit pas être mis sous tutelle par une autre communauté.

En ce qui concerne notre département, je crois que les communes notamment en milieux rural ont su mettre en place les structures qui leur convenaient tout en gardant leur autonomie. Les obliger à intégrer des structures plus importantes et composées d’intérêts antagonistes serait une grave erreur.

En attendant un futur gouvernement Front de Gauche et le retrait de la loi, il convient d'être très vigilant en ce qui concerne l'élaboration de la carte communale. Il faut qu'il y ait de la part des candidats à la future élection cantonale du printemps prochain un engagement de transparence sur l'avancement et l'orientation des SDCDI.


 

Vous pouvez également consulter cet article sur le site : Parti de Gauche Aude. http://11.lepartidegauche.fr/ 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 04:55



 

http://venezuelatina.files.wordpress.com/2008/05/orquesta_simon_bolivar1.jpg   Et si la politique c’était s’intéresser aux autres pour en changer le sort !

 

L’existence du Simon Bolivar Youth Orchestra est due au vénézuélien Jose Antonio Abreu, compositeur, chef d'orchestre, économiste, député, ministre de la culture.

Abreu, sensibilisé à la misère sociale et culturelle de la jeunesse, a lancé en 1975 un programme éducatif public, "Sistema" ("Le Système").

L’orchestre démarre avec onze musiciens qui répètent dans un garage de Caracas.

Aujourd'hui le programme "Sistema" compte cinq conservatoires nationaux et une centaine de conservatoires locaux.

250.000 jeunes issus de milieux défavorisés, certains en prison, sont ainsi venus de s'initier à la musique au plus haut niveau.

 

"Ils sont ainsi entrés non seulement en musique, mais aussi dans la société et dans la vie", dit Jose Antonio Abreu. "Dans la misère, le plus terrible, ce n'est pas d'avoir faim ou pas de logement, c'est l'absence d'identité, de respect pour soi-même, le sentiment que l'on n'est rien, que l'on n'est personne".

 

Des dizaines de musiciens issus du Simon Bolivar Youth Orchestra jouent aujourd'hui dans de grandes formations dans le monde.

 

Vous allez pouvoir écouter l’orchestre avec les liens ci-dessous, orchestre placé sous la direction de Gustavo Dudamel, lui-même né d'une famille vivant dans un bidonville.

 

http://www.youtube.com/watch?v=vtkCvgWdRcM&feature=related 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Oqv0KIWekb4&feature=related

 

http://www.youtube.com/watch?v=I2PtLBYMo68 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 05:22

 

Christine Lagarde commentant la composition du dernier gouvernement déclarait que c’était désormais un gouvernement d’experts, un retour à la professionnalisation et qu’ainsi il était mis fin à l’amateurisme. D’autres signalaient que les zozos avaient été évincés. Bien entendu les uns et les autres des déclarants étant conservés.

L’émission C’dans l’air est présentée avec  la participation d’experts.

Il en est pareillement de nombreuses séries télé ; évoquons notamment : Les experts.

 

L’époque est aux experts.

Circulez, il n’y a rien à voir. Il n’y a rien à voir et surtout il n’y a rien dont vous puissiez vous emparer, concevoir, penser, réfléchir et administrer. Il en va ainsi de votre vie même, ne vous occupez pas de la direction à lui donner, nous en faisons notre affaire. 

 

Le terme d’expert est de plus en plus fréquent.

L’usage des mots, l’usage de celui-ci : expert, n’est pas anodin.

En politique il a pour fonction d’évacuer de l’expertise : le citoyen, de la représentation et de la gouvernance tous ceux qui n’ont pas le niveau requis : les ouvriers, les salariés,…

Mais qui détermine ce qu’est le niveau requis ?

Certainement pas ceux qui sont évacués, écartés. Alors ! Qui ?

 

Le terme d’expert paraît si pertinent qu’il abuse la plupart d’entre nous, nous donne à admettre que nous ne pouvons prétendre à la politique.

Le terme d’expert est un attrape-couillons.

 

Faire un gouvernement d’experts c’est aussi penser chaque discipline, chaque ministère de manière séparé, ne pas concevoir la politique comme une globalité dans laquelle tout doit trouver sa place dans l’équilibre, cependant être hiérarchisé.

 

Les ministres ont besoin d’experts dans l’administration de leur ministère, ils n’ont pas être experts.

Il n’est pas inutile de rappeler cette anecdote rapportée par Jacques Fleury dans le livre Georges Guille, Le socialisme au cœur, le député de l’Aude étant devenu ministre.

« Il racontait en riant sa première rencontre avec les grands savants de l’atome dont il était devenu ainsi le ministre, les Guillaumat, Perrin, Leprince-Ringuet,…qui tous s’étaient présentés en lui déclinant leur curriculum vitae, agrégé de ceci, agrégé de cela,…Et moi, avait-il répondu, je ne suis qu’un petit instituteur. L’atome je n’y connais rien. Mais je suis votre ministre ».

Ce n’est pas en tant qu’expert que G. Guille a été ministre mais en tant que politique en charge de mettre en œuvre un projet. Et, ma foi, l’instituteur a été un bon ministre.

 

Maintenant, entamons l’inventaire des ministres-experts. 

Mattei, médecin, ministre de la santé, ne paraît pas avoir été d’une très grande efficacité lors de l’été caniculaire.

Raymond Barre, professeur d’économie, 1ier ministre, n’a guère été pertinent pour faire régresser le chômage.

Et, si nous élargissons le champ, peut-on dire que ce n’est pas aux experts financiers, aux experts en économie, que l’on doit la crise ?

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