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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 10:55


L’association Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui (http://www.citoyens-resistants.fr/), publie aux Editions La Découverte : Les jours heureux, livre écrit par Emmanuelle Heidsieck, Martine Orange, Jean-Luc Porquet, François Ruffin et Olivier Valade.

Chacun des auteurs, après qu’ait été donné l’historique, analysé le programme du Conseil de la Résistance, développe un chapitre : la sécurité sociale, les retraites, les banques, la presse, les services publics, le travail.

 

Il est ainsi montré comment ces diverses composantes du programme du CER ont été mises en œuvre après la 2ième guerre avant d’être démolies sous les coups d’un patronat qui relève la tête après avoir fait longtemps le dos rond pour cause de collaboration. C’est alors l’époque du libéralisme qui pointe son nez et qui fait des adeptes tant à droite (on s’en serait douté) qu’à gauche (ce qui est paraît particulièrement incongru).

 

Le livre est très agréable à lire, néanmoins sérieux. Il devrait entrer dans chaque famille française, pas seulement parce qu’il dit un moment de l’histoire de notre pays, surtout parce qu’il fait œuvre éducative et éclaire avec une précision foudroyante l’époque que nous vivons. Sa lecture permettrait à beaucoup parmi nous de se ressaisir lorsque leur pensée politique s’égare et se défait de l’héritage de nos aînés (qui à l’époque étaient des jeunes, on a tendance à l’oublier), elle permettrait surtout aux jeunes générations de comprendre les enjeux actuels.

 

Le Programme du Conseil National de la Résistance s’il conduit à ce qu’il est convenu d’appeler l’exception française s’inscrit dans l’histoire du monde et, j’en juge pour ma part ainsi, figure aux côtés des grands textes opérationnels tels que celui de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

 

C’est un livre essentiel. Il devrait être, je l’ai dit, en bonne place dans chaque famille, dans chaque bibliothèque publique ou scolaire. Il est notre patrimoine commun, il s’inscrit comme un phare qui donne une perspective à nos conduites.

 

Dernièrement, au cours d’un repas, il me fut demandé par un jeune - est-on encore jeune à 30 ans ?- ce que je pensais des manifestations sur les retraites. Et ce jeune, plein de sincérité, d’ajouter : « Je n’y comprends rien ». Que pouvais-je répondre qui ne lui apparut pas partisan ? Là, à l’instant, je lui conseillerais d’acheter ce livre afin que de l’effort qu’il fera à sa lecture il fonde son jugement par lui-même et qu’enfin il comprenne ce qui se passe, que le monde devient et est ce que l’on laisse faire par ignorance. Mais, je ne m’arrêterais pas à ce jeune, je ferais la même recommandation à mes enfants : lisez Les jours heureux, il y va de votre avenir, de celui de mes petits-enfants, plus largement de celui des êtres humains.

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 06:50


Ainsi répond, à la suite du ministre de l’Education nationale Luc Chatel, Eric Raoult qui n’a jamais été en peine de sottes réparties.

François Loncle, député, avait écrit au ministre pour lui faire part du langage déplorable - tant du point de vue de la syntaxe que de la grammaire - dont use le Président de la République.

Les explications fournies par l’un et l’autre des 2 sbires ne témoignent pas particulièrement d’une intelligence que l’on doit, à priori, leur accorder.

 

On est loin de l’esprit de la lettre de Jules Ferry (voir rubrique document) aux instituteurs qui invitaient ceux qui ont une responsabilité à témoigner par l’exemple offert. Les temps changent. Et, force est d’établir le constat qu’un changement n’est pas forcément une avancée.

 

Quelques observations.

-          - Ce n’est pas le désir du Président de la République Nicolas Sarkozy de se rapprocher des français qui le conduit à parler ainsi mais bien sa nature (et on opposera ici nature à culture). Par ailleurs, si tel était le désir de l’Eminent de l’Elysée il aurait pu prendre exemple sur Laurent Fabius qui, en son temps, avait décidé d’utiliser pour être accessible et compréhensible une sorte de français fondamental, soit un vocabulaire restreint, sans jamais s’égarer dans la trivialité. Tel n’est pas le cas.

-          - C’est encore porter un jugement peu valorisant sur les français que de parler ainsi que le fait le Président en prétextant de son adaptation au langage soit disant populaire. Et de ce point de vue, les français devraient être meurtris de l’absence de respect dans lequel ils sont ainsi tenus, de la manière dont ils sont estimés. Que le Président de la République puisse être un goujat, ainsi que ses défenseurs et partisans, nul n’en doutait.

 

On souhaiterait du Président qu’il participe à l’élévation du peuple comme c’est sa mission, mais pour cela faudrait-il encore qu’il ait le sens de ce qui est grand. A défaut d’avoir ce dernier, le locataire de l’Elysée n’a d’autre choix que de nous offrir ce qu’il est sans que nous ayons besoin de le préciser tout autant que pour éviter d’être redondant.

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 06:02

 

Etonnant ! Peut-être cela va-t-il venir, mais je ne lis rien (ou presque) dans la presse sur ce qui se passe ces jours derniers en Bolivie.

Remarquer un pays dans son exemplarité (notamment pour ce qui concerne la mise en place d’un système par répartition des retraites, la redistribution des terres, la nationalisation des sources énergétiques,..), c’est aussi l’observer pour éviter de faire des erreurs latentes que l’on pourrait commettre. 

 

Le propos n’est pas de discourir sur le bien fondé de la politique conduite par Evo Morales mais d’inviter, pour ici, à mettre en relation étroite, à la lumière de l’actualité bolivienne, la révolution par les urnes et la révolution citoyenne.

La première (la révolution par les urnes), après avoir convaincu (le plus souvent fragilement) lors d’une campagne électorale, permet l’accès au pouvoir, la seconde d’y rester.

La seconde est fondée sur ce que le Parti de Gauche appelle l’éducation populaire. Non endoctrinement, propagande, mais réveil des consciences politiques, des consciences politiques individuelles pour les retrouver rassemblées dans une conscience politique collective, solidaire et fraternelle.

 

Questions.

Où est-elle l’éducation populaire ? Comment est-elle organisée ? Mise en œuvre ? A partir de quoi ? D’idées ? D’une population que l’on a pris la le temps et la peine de distinguer dans ses diverses composantes? Des 2 ?

Car, lorsqu’on veut faire de l’éducation, on doit à la fois savoir le contenu que l’on veut faire passer, avoir une connaissance (quelles sont ses préoccupations ?) du public (qui n’est pas préalablement en situation captive) afin de choisir la stratégie, les moyens et les manières, … pour réussir l’entreprise d’éducation que l’on s’est proposée.

 

Le contenu. Les orientations qui animent un parti proposent des objectifs majeurs et essentiels. Pour les atteindre, il faut partir des préoccupations quotidiennes des populations. Une greffe ne prend, et la plante ne produira de fruits, que si le porte-greffe l’y autorise, si le sol fertilisé s’y prête.

Le gaspillage de l’eau, des éoliennes qui défigurent le paysage, l’écologie, la défense et la sauvegarde de la planète Terre,… pas plus que la situation palestinienne, Agrexco, rien de tout ceci ne fait sens présenté de manière générale pour des populations locales qui sont aux quotidiens de leurs difficultés.

S’il faut regarder au lointain, l’ampleur des problèmes, il convient de ne pas rester aveugle au proche, au vécu, fortement concret et précis, plein de difficultés, des populations.

 

Les individus se battent d’abord pour eux, dans l’immédiateté et la perception qu’ils ont de leur situation. Le reste, la défense de la planète,…toutes ces choses, viennent après, lorsque l’esprit est libre pour s’en préoccuper (analyse proposée selon le modèle proposé par Maslow ; voir dans la rubrique document : la pyramide de Malsow, même si elle est quelque peu contestée), ou qu’il a été montré avec évidence, en partant du terrain, que tout est lié.

Les débats à caractère généraliste qui sont proposés (qui doivent et méritent de l’être) s’adressent à des convaincus qui viennent y participer pour être davantage confortés dans leurs convictions. Est-ce vraiment ce public qui est à atteindre ? Ou, plutôt est-ce celui qui est à mille lieux du sujet du débat, débat dont on sait qu’il pourrait tirer profit s’il était averti de l’enjeu pour le sort particulier qui est le sien ?

 

Alors, je m’interroge, lorsqu’on entame et conduit une action sans avoir préalablement analysé la situation, tenu compte du public, du tissu économique, de toutes ces choses éminemment concrètes et incontournables, n’est-on pas dans la pensée individualiste tant décriée ? Serions nous si contaminés pour ne pouvoir nous défaire de l’activité de notre « je » présomptueux ? Ne serait-il pas souhaitable et plus efficace d’organiser une éducation populaire étudiée, programmée, et prise en charge conjointement ?

 

Dans la rue, Evo Morales a contre lui des organisations et des formations qui sont proches de lui, à l’instant objectivement alliées à l’opposition de droite qui profite de l’aubaine. Pas bon tout ça !  

On ne gouverne pas sans son peuple, mais en partant de lui et de ce qu’il peut accepter, après qu’on l’ait progressivement éduqué (travail qui reste à faire, qui n’est pas de l’ordre de la propagande qui n’a jamais rien fait d’autre qu’abuser).

 

 

Maintenant pour ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur la situation en Bolivie qui a servi de prétexte aux lignes qui précèdent : http://www.mediapart.fr/club/blog/marielle-billy/301210/bolivie-jeudi-30-decembre-2010-manifestations-hausse-des-prix-du-car

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 11:08


Jeudi prochain, sur la 5, à 20h 30, et dimanche à 8h45, La Grande Librairie avec la participation de Stéphane Hessel.

 

En attendant :

-          Le fabuleux destin d’une petite maison d’édition de Montpellier qui a sorti le dernier bouquin de Stéphan Hessel : Indignez-vous !

http://www.lagazettedemontpellier.fr/actualite/viewArticle.php?idArticle=1010

 

-          Stéphane Hessel poursuivi pour discrimination

http://www.collectifpaixjustepalestine.org/

 

-          Boycott (BDS : Boycott désinvestissement sanctions France) des produits israéliens : appel de Stéphane Hessel

http://www.lepost.fr/article/2010/10/13/2263356_appel-de-stephane-hessel-campagne-bds.html

 

-          Stéphane Hessel à Montpellier invité par l’Ordre des avocats. (Quelques mots sur Sarkozy et Agrexco, les droits de l’Homme)

http://culturebox.france3.fr/all/31075/l_engagement-selon-stephane-hessel#/all/31075/l_engagement-selon-stephane-hessel

http://www.avocats-montpellier.com/presse/HJE_25_12_08_hessel.pdf

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 06:02

 

Le mot n’est pas glorieux et je ne l’aime pas.

 

Bien sûr ! Il vaudrait mieux ne pas être populiste.

Mais avant il faut que le peuple retrouve sa conscience politique endormie.  Il faut que le peuple secoué, réveillé, se réapproprie son avenir collectif, ne laisse plus à d’autres le soin de le formuler.

Après tant et tant d’années de marketing politique, de parler faux, après tant et tant d’années d’une société de consommation qui a façonné à l’individualisme, anesthésié l’esprit critique, qui a donné à accepter comme allant de soi l’inacceptable, vraisemblablement est-il difficile de ne pas se couler dans la manière qui fonctionne auprès des populations afin que de cette pratique ces dernières redeviennent le peuple qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être. 

Aussi, en attendant, s’il faut bousculer ici et là, si pour donner au peuple à renaître il s’agit de parler cru, et si cela s’appelle être populiste alors acceptons le mot un moment pour bien vite s’en débarrasser.

 

Le populiste flatte. Il passe la main dans le sens du poil. Il surfe, dirait-on aujourd’hui, sur les humeurs, les griefs des uns et des autres afin de rassembler dans la réprobation commune et se servir de ce rassemblement à son profit. Le populiste n’a pas l’ambition de libérer le peuple parce qu’il n’a aucun goût pour lui. Le populiste fait croire aux populations qu’elles forment un peuple, celui-ci reconnu s’exalte, et le peuple exalté est alors un instrument dont on joue et se joue, rien de plus.

Jean-Luc Mélenchon populiste ? Je ne vais pas contester ce qu’il revendique pour les raisons citées ci-dessus : réveiller, s’inscrire dans la manière qui fonctionne. Mais le Parti de Gauche, comme Mélenchon qui le représente, à un projet, celui de contribuer à l’œuvre émancipatrice et libératrice qu’il formule ainsi : éducation populaire, projet qui consiste à prendre à contrepied le lavage de cerveau auquel nous avons été  tous soumis depuis trop longtemps. Rien de populiste en vrai. Et ceci d’autant que c’est le peuple dans le Programme partagé qui est appelé à décider de son avenir, comme c’est le peuple, et lui seul, qui au lendemain de la victoire de la gauche sera à la tâche dans la Constituante pour donner une Constitution qui lui fera sa place.

Alors pourquoi targuer de populiste ? Pour l’évidente raison qu’il s’agit de briser dès le départ la révolution par les urnes, la révolution citoyenne dont ceux qui sont au pouvoir (et ceux qui les accompagnent et en profitent) voient le danger pour eux.

 

A l’inverse, les médias, pour vendre du papier ou faire de l’audimat, par malveillance aussi, ne se privent pas de réductions pour le coup populistes. Ainsi lorsqu’elles qualifient indifféremment Marine le Pen et Mélenchon de populistes sans distinguer que la première est fasciste tandis que le second ne l’est pas. Se faisant, marquant au fer l’inconscient collectif et faisant passer Mélenchon et le Parti de Gauche pour fascistes.

Pas très propre tout ça !

 

Populiste Mélenchon, parce qu’il s’en prend aux élites ?

Alors, si tel est le motif, nous sommes nombreux à revendiquer cette référence car nous avons contre certaines d’entre elles qui n’ont d’autre objectif que d’être aux feux de la rampe des griefs justifiés. Le mot qu’il faut retenir est certaines, et c’est seulement ces certaines qui sont dénoncées et vilipendées. Si on fait d’autres lectures et d’autres écoutes, il est d’autres élites qui critiquent et dénoncent ainsi que le fait Mélenchon ces élites autoproclamées dont on nous rabat les oreilles, et de ces dernières on ne parle pas, on faire taire le propos en ne lui offrant pas tribune.

 

Et puis quoi ! Au prétexte qu’il s’agit d’élites, conviendrait-il de ne rien dire, d’acquiescer à leur boniment, de nous plier à leur désir, de nous ajuster à leur pensée, de ne point avoir de libre-arbitre, de penser autonome ?  N’aurions nous d’autre choix que de subir le joug de leur discours alors totalitaire, de nous tenir au rang subalterne. Alors, il faut rappeler à ceux qui pensent aux élites comme à des êtres suprêmes que l’histoire rappelle qu’elles n’ont pas toujours été glorieuses, et surtout parmi celles qui avaient fait le choix de paraître, de copiner (de collaborer) avec le (les) pouvoir(s). Bien au contraire.

 

Bien sûr, il convient de ne pas être populiste. Pour autant appeler un con un con n’est que faire état de la réalité. Si le con n’est guère important on dira : un petit con, réservant grand con à celui qui revendique davantage de place. Oui ! Il me plait d’entendre Mélenchon le faire. Sa voix porte plus que la mienne et porte la mienne.

Un con diplômé, un con riche, un con patenté, est un con. Le langage châtié qui voudrait qu’on ne s’égare pas en de tels qualificatifs (cependant pertinents) n’abuse que d’autres cons. Il  convient de se faire à l’idée qu’on ne gagne rien à user d’une langue policée quand les « élites » ne veulent pas entendre ce qu’on leur dit.

 

Mais, le peuple réveillé, le peuple ayant retrouvé l’usage de ses moyens, il faudra alors quitter le populisme.

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 06:26

           Source : http://info.sfr.fr/france/articles/serge-dassault-estime-qu-en-france-on-est-trop-gentils-avec-chomeurs,155361/

 

mercredi 15 DECEMBRE 2010, 10:28   France


Le sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes, invité mercredi matin d'Europe1, pense que le système français est trop peu compétitif.

"Dans d'autres pays, les chômeurs ne sont pas indemnisés à perpétuité. Ils sont indemnisés pendant six mois et après cela, c'est fini. Donc ils ont tendance à trouver du travail. En France, on est gentils (...). C'est l'Etat qui paie", a expliqué, mercredi sur Europe 1, Serge Dassault dénonçant un modèle à la française, trop peu compétitif à son goût.

Le sénateur semble avoir oublié que le système français d'assurance chômage prévoit une indemnisation maximale de 24 mois.

Le sénateur et ancien maire UMP de Corbeil-Essonnes, habitué des phrases polémiques, a par ailleurs estimé que les salariés français n'avaient "pas compris que les autres pays travaillent plus. Si on continue à faire les 35 heures et à partir en vacances toutes les cinq minutes, on n'est plus compétitifs, on a des produits trop chers et les entreprises délocalisent", a-t-il analysé.

"A force de protéger et de donner des droitsà tout le monde, on devient mauvais. La France est en déficit budgétaire, depuis 20 ans. [A ce rythme], un jour, les gens en travailleront plus, parce qu'il n'y aura plus de travail", a encore assené Serge Dassault.

Ce n'est pas la première fois que l'homme d'affaires pilonne le système français. En juin 2008, il avait déjà créé la polémique en jugeant, sur I-télé, "anormal" d'aider les chômeurs, "des gens qui ne veulent pas travailler". Il avait alors vanté les mérites du modèle chinois. (Source Europe1)

 

Commentaire rapide d'Exergue :

« En France, on est gentils (...). C'est l'Etat qui paie ».

Exact. Le sieur Dassault, Serge de son prénom, fils et héritier de son père Marcel sans lequel il ne serait rien sinon qu’un trouduc, oublie qu’il tient, via son géniteur, sa fortune de la France. A défaut de lui chanter Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira, on peut lui promettre de nationaliser son entreprise, sa fortune, ce qui ne sera pour l’Etat que récupérer ses billes. Et, parce que l’Etat n’est pas rancunier, on lui procurera un travail illico en lui faisant faire plus que les 35 heures qui, soit dit en passant, on prit un coup dans l’aile avec le gouvernement Fillon-Sarkozy (tel est le nouvel ordre de préséance).

 

« On a des produits trop chers et les entreprises délocalisent ».

Faux. On a des produits payés au juste prix (et encore !).  Et s’ils sont chers, comparés aux produits étrangers, c’est que des gugusses comme le vilain Serge s’en foutent plein les fouilles, et pour s’en foutre davantage encore délocalisent pour aller exercer leur métier de négrier ailleurs. Ne faut pas renverser les rôles.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 06:29

 

Lorsque j’étais ado, un voisin, aujourd’hui décédé, m’a montré une lettre qu’il avait en sa possession. Dans celle-ci le préfet de l’Aude du Second empire avait écrit au maire du village pour l’informer du passage de Napoléon III. Il lui demandait de dresser un arc-de-triomphe de buis pour honorer l’illustre personnage et ajoutait de garder sous les verrous le dénommé Just Delmas. 


Cette histoire est remontée à ma mémoire au regard du sort fait à Frédéric La Marrec, syndicaliste, dont on peut lire l’histoire en utilisant le lien ci-dessous.

 

Un syndicaliste détenu "préventivement" lors d'une visite de Sarkozy dans l'Allier (Le Monde, 8 décembre)

 

Seul un esprit naïf comme le mien pouvait croire cette manière révolue. Pas suffisamment naïf cependant pour ne pas faire, au travers de cet acte ajouté à tant d’autres, la lecture d’un Etat qui glisse insensiblement dans des ornières dans lesquelles on pensait qu’il ne s’abîmerait plus jamais.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 06:11

 

Les médecins ne veulent plus s’installer dans les campagnes.

Il y a des dépassements d’honoraires*.

Il faut attendre des mois pour obtenir un rendez-vous chez le dentiste, l’ophtalmo,…des mois pour être opéré,…bref des mois pour être soigné.  

La liste est longue des plaintes et jérémiades, autant celle de ceux qui se contentent de geindre et de subir, qui ne mettent jamais les pieds dans le plat.

 

Il est loin l’esprit du temps où le médecin prêtait le serment d’Hippocrate*. Son goût va davantage à soigner contre espèces fortement sonnantes, plutôt qu’à exercer un métier jadis présenté comme un sacerdoce.

 

Ainsi donc il n’y aurait plus de médecins pour accepter de s’installer dans les campagnes.

Qu’à cela ne tienne, au lieu de laisser leur installation en gérance à l’Ordre des médecins que l’Etat s’en empare, et d’abord en se défaisant de l’Ordre (de celui-ci comme de tous les autres). L’ayant fait, qu’il établisse une carte de France des cabinets médicaux et qu’il pourvoit à leur occupation. Cela se fait bien pour d’autres professions, pourquoi pas pour celle des médecins ?

A-t-on vu un poste d’enseignant inoccupé parce qu’un enseignant n’en voulait pas ? Un poste de facteur (à l’époque où dernier était fonctionnaire et non rendu précaire) non pourvu ?  Un gendarme dire, là-bas, je n’y vais pas ? Non ! Alors pour quelle raison accepterait-on qu’il y ait des « postes » de médecins vacants ? Pourquoi  les mairies devraient-elles partir à la recherche d’un médecin et, pour l’attirer à l’exercice auprès de leurs populations, lui offrir des avantages substantiels au risque cependant de le voir partir un jour.

 

Si l’on considère qu’enseigner, distribuer le courrier,…, dispenser des soins sont des missions essentielles, des missions de service public, il faut bien considérer alors que toutes doivent s’exercer maîtrisées par l’Etat dans le cadre du fonctionnariat et non, pour ce qui concerne la médecine, s’effectuer par une gestion libérale des lieux d’exercice.

 

Qu’on étatise donc la médecine. Qu’on fonctionnarise le médecin.

Dans le cadre du service public il sera payé à l’instar de n’importe quel fonctionnaire sans avoir à se préoccuper d’autre chose que de faire de la médecine, sans  se demander si sa clientèle est suffisamment importante pour subvenir à ses besoins quotidiens.

Le médecin fonctionnaire ira où il lui sera indiqué de prendre son poste comme cela se pratique avec tous les autres fonctionnaires et sans qu’il y en ait un qui regimbe.

 

Difficulté insurmontable que de passer d’une médecine libérale à une médecine fonctionnarisée ?

Certainement pas. Ne serait-ce que parce qu’elle existe déjà. Une grande partie du corps médical est fonctionnarisée. Ainsi dans les hôpitaux, même si cette fonctionnarisation devrait-être poussée plus loin encore en interdisant aux intervenants d’avoir une clientèle privée, la prise en charge de celle-ci pouvant se faire entièrement dans le cadre du fonctionnariat.

 

Si des médecins veulent s’installer en libéraux, grand bien leur fasse. Mais que cela soit en concurrence avec le service public dont on doit toile tisser pour couvrir le territoire national.

Et, puisqu’on en est à évoquer l’hôpital, à distinguer le public et le privé, poussons le raisonnement plus avant. S’il y des cliniques qu’elles prennent le risque de toute entreprise à but lucratif. La complémentarité supposée entre l’hôpital et la clinique n’est qu’une astuce pour maintenir le secteur privé (libéral) en vie. Elle permet à des patrons médecins de continuer à exister sans avoir à investir en utilisant des appareils publics et de se réserver les interventions lucratives qui se font sur le dos des citoyens et avec l’aide des deniers publics. On dira, là aussi : « Service public, argent public. Service privé, argent privé».

 

La médecine sera-t-elle moins bonne si les médecins étaient fonctionnarisés ?

Absolument pas.

Ce n’est pas le secteur qui fait la qualité et la compétence. Tout ceci est foutaise. Les enseignants ne sont pas moins bons parce qu’ils sont fonctionnaires. Pareillement pour les infirmières travaillant dans les hôpitaux, les….et les….

Il y a quelques années, habitant Bordeaux, et parce que cela m’avait été signalé par des collègues, je me suis rendu dans un centre médical dans lequel exerçaient ophtalmologistes, dentistes et autres professions médicales mises en œuvre par des fonctionnaires. Ceux qui travaillaient là - j’ai pu faire la comparaison – étaient aussi performants que leurs collègues du privé auprès desquels je me rendais précédemment.

Payés au mois (comme tout fonctionnaire) et non à l’acte ils faisaient leur travail sans autre souci que de bien le faire, offrant des prestations de qualité en tous points comparables avec celles données ailleurs. L’heure du rendez-vous était respectée…

 

Dans la même veine on pourrait proposer de « nationaliser » les officines de pharmacie.

Si on observe bien, il y a souvent dans chacune d’elles un (ou des) pharmacien salarié. Fait-il moins bien son travail ? Pas du tout.

Alors à quoi sert au pharmacien de posséder une pharmacie ? Réponse : à faire des tunes.

 

Faire des tunes !

Il faut bien lâcher l’expression.

Un médecin-fonctionnaire est là pour faire son travail. Un médecin-libéral est là pour faire son travail et, en plus, faire des tunes. Là réside la différence entre les 2. La prise de tunes par le médecin ou le pharmacien n’apporte pas un mieux être au malade, elle leur permet seulement dans une pratique libérale de gagner plus d’argent qu’ils en gagneraient en étant fonctionnaire. Est-ce cela qu’on attend de la médecine ? De qui doit-on se préoccuper ?

 

*dépassement d’honoraires. Notion difficilement compréhensible, hormis pour ceux dont l’attitude mentale est de toujours tout admettre.

En fait, tout tient à l’ambigüité du système, à la fois conventionné et libéral (on est dans le cas de la loi de l’offre et la demande : ce qui signifie qu’on ne peut interdire à un médecin de demander le prix qu’il veut, mais aussi - ce qu’on sait moins-  au « client » de démarcher préalablement les médecins et de discuter du prix de la prestation afin d’être soigné par le moins disant). On comprendra cependant que le malade étant un « client » bien particulier, il n’est pas en position de discuter d’autant qu’il a l’habitude de payer ce qu’on lui demande).

  

*Le serment d’Hippocrate. Source : Wikipédia

Voici ce qu’on peut lire du serment en France en 1996 (Ordre des médecins) :

« Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire ».

Ce qu’on peut lire du même serment pour l’Université de Montpellier 1 :

 « Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail…… ».

Et maintenant au Canada en 1982 :

 « Je prends acte de ce que la Médecine devient de plus en plus sociale à la fois parce qu'elle a pour destinataire la collectivité humaine tout entière et parce quelle peut désormais être exercée sous des formes non individuelles. Si je ne pratique pas moi-même ces formes sociales et collectives de l'exercice de mon Art, JE JURE de ne pas entrer en lutte contre ceux qui les auront choisies. Qu'à la fin de ma vie, je puisse me dire que je n'ai jamais enfreint ce serment. ».

Le serment d’Hippocrate n’a aucune valeur juridique. Quant à sa valeur éthique, il faut bien constater qu’elle est là pour amuser la galerie.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 07:38


sponsorisés par  Ca y est ! Le décret n° 2010-1402 « Relatif à la situation de réorientation professionnelle des fonctionnaires de l’Etat » (c’est ainsi qu’on l’appelle), a été signé le 12 décembre 2010, et me fout les boules. Je me dis : ils y sont arrivés.

 

Pour moi, l’affaire ne date pas d’hier. Pas dans sa forme et son insolence actuelle, mais elle ne date pas d’hier. C’est une vieille tentation le désir de museler le fonctionnaire, de le tenir à sa convenance.

 

Mon expérience date de 1975, époque à laquelle je suis mis à disposition de l’Administration pénitentiaire par l’Education nationale.

Lors de la première réunion avec le directeur de la tôle d’alors ce dernier, s’adressant aux enseignants, avait dit : « Je suis votre patron ». Piqué a vif, j’avais répondu que : « je n’étais pas son ouvrier. Mon patron (façon de parler), c’est l’Education nationale ». Les collègues, plus neutres que des suisses, avaient encaissés. Quelques années, plus tard, un autre directeur récidive arguant que sa mère était directrice d’école et avait déclaré: « J’irai voir ce que vous faites dans votre classe » ;  j’avais répondu : « A votre entrée, je sortirai. Il y en a qu’un qui rentre : mon inspecteur, et encore, si je veux ». L’affaire en était restée là.

Ce n’était là que velléités individuelles de caïds hiérarchiques dans une administration plus que particulière que je qualifiais d’Etat dans l’Etat. Puis l’air du temps a changé. Le sujet est devenu plus officiel, rampant, sournois.

Je participe à une réunion à Angoulême (ou Périgueux, je ne sais plus). Il y est question de profil de poste pour ce qui concerne la nomination des enseignants en milieu pénitentiaire. L’aréopage : quelques inspecteurs, des collègues, des représentants de l’AP (Administration pénitentiaire). Au total, une soixantaine de personnes. L’argument : on ne peut pas nommer n’importe qui dans un milieu aussi spécial. Un seul, mézigue, ouvre son claque merde et insiste pour dire qu’il n’en veut pas de leur profil à la noix à la raison qu’il est fonctionnaire, qu’il a subi pour cela une enquête de la gendarmerie, que dans les mois qui ont suivi son entrée en tôle il a été convoqué par les RG aux talons ferraillés, qu’il a la qualification et les diplômes requis pour le poste et qu’il n’est nullement question de déroger aux règles de nomination de la fonction publique pour les futurs collègues. Que croyez vous qu’il arriva ? Certains collègues étaient d’accord avec la nécessité du profil (il y a toujours des jaunes prêts à faire le coup de main), les autres, le visage lisse, l’œil glauque, faisaient les carpes. Après avoir menacé d’alerter le syndicat, être intervenu auprès de lui, après quelques mois, il était toujours question de profil mais géré par une commission tripartite dans laquelle le syndicat envoyait un représentant pour vérifier quel’élu appartenait bien à la liste des candidatures émise selon la règlementation. L’ordre d’ancienneté et le nombre de points faisant préséance n’étaient pas respectés  mais c’était mieux que ce que le système de cooptation pur et dur qu’ils souhaitaient tous pour s’offrir le docile, l’homme de paille, en somme le collabo.

 

Dans le cadre privatisation, dans celui de la défonctionnarisation, tout est insidieux. Mine de rien, on commence à enfoncer un coin en prétextant d’un bon motif qui fait appel à l’intelligence mais qui relève surtout de la saloperie afin de se payer le servile, celui qui, dépouillé de la protection de son statut protecteur, n’aura d’autre choix qu’acquiescer à ce qui lui est demandé ou de se barrer.

 

Le public ne retient du statut du fonctionnaire qu’une protection personnelle sans observer que cette protection est, dans son objectif, à son entier bénéfice. Pour comprendre l’importance d’un tel statut il convient d’évoquer la différence qu’il y a entre une justice aux ordres du politique et une justice indépendante de celui-ci.

Intouchable, le fonctionnaire, hormis le cas de faute professionnelle qui peut conduire à sa révocation, ne peut faire l’objet de pression sur lui d’une quelconque manière. Il est ainsi garant de la neutralité de l’Etat, de la prise en charge de tous les citoyens d’une manière égale.

Contrairement au secteur privé, un fonctionnaire n’a pas de patron. Il occupe une fonction et non un emploi. Il ne peut être renvoyé. Il est titulaire de son poste. Il a une mission de service public. On ne peut rien lui demander  et obtenir de lui qui déroge à son rôle de serviteur de l’Etat, qui ne relève pas de la Constitution elle-même soumise à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, qui entame sa consience de citoyen. Et tout cela est garanti par son statut. Qu’on le prive de ce dernier, il ira à l’embauche (pourra être licencié au gré). S’il s’agit d’un enseignant, on pourra lui imposer d’enseigner le créationnisme au lieu de l’évolution. S’il s’agit d’un magistrat on pourra le dessaisir d’une affaire gênante pour qui a la possibilité de peser. Chacun trouvera l’exemple convenable dans n’importe quelle administration pour que je n’établisse pas ici catalogue.

Les occasions d’ingérence sont nombreuses et seule la protection qu’offre le statut garantit que les missions du fonctionnaire pourront être conduites à bien.

 

Serviteur de l’Etat, oui ! Mais quand le cadre est rompu, on n’est plus serviteur de rien. On ne peut plus désobéir. Il ne reste alors que la fragile conscience.

Les fonctionnaires ont jusqu’ici un pouvoir de résistance. Raison pour laquelle le décret qui privatise la fonction publique est une catastrophe qui tue ce denier, qui les tue. 

 

Certains, je n’en doute pas, se réjouiront de la promulgation de la loi. A eux,  je veux dire ceci : lorsque vous aurez des fonctionnaires assujettis vous serez vous-mêmes trimbalés au gré des humeurs des puissances de tous ordres, et, si vous êtes « petit », ce qui le cas de la plupart d’entre-nous, vous subirez une loi qui ne vous protège plus, une loi (au sens large) interprétée en votre défaveur.

Voyez ce qu’il en est du pouvoir de résistance du personnel dans le secteur privé. Et de ce point de vue « les privés » devraient être prudents lorsqu’ils dénigrent la fonction publique car leur liberté, les avancées dont-ils profitent, dépend de la capacité d’agir du public seulement garantie par le statut.

 

Les réorganisations du service public ont toujours existé. Depuis que la fonction publique est, elle s’est toujours adaptée aux changements nécessaires et sans besoin de légiférer plus que cela est déjà. Cela n’a jamais posé de grande difficulté.

 

Le besoin nouveau de législation obéit à la logique de destruction du service public. A défaire et à détricoter le statut des fonctionnaires. A le rapprocher de celui de secteur privé, on amincit la frontière entre les 2 afin que le passage de l’un à l’autre soit facilité. C’est de cela qu’il est question. Le reste est enrobage qui permet de faire passer la pilule.

Le besoin nouveau de législation s’inscrit dans le basculement d’un Etat républicain à un non Etat dans lequel les relations humaines, la société, n’auront d’autre expression que le cadre libéral, commercial et rentable.

Ce n’est pas une avancée qui est proposée mais un recul. Au bout du compte, ce sont les populations qui seront pénalisées du service public qui ne sera plus rendu de manière totale et homogène. Au bout du compte c’est la qualité de la vie qui se débine.

 

On restructure, dit-on. A l’époque, un gras ministre de Jospin avait cette expression : « Il faut dégraisser le mammouth » pour le rendre plus performant (que ne s’est-il pas appliqué la consigne à lui-même, cela lui aurait donné plus de pertinence !). On établit des comparatifs. La Finlande, dit-on, est, question d’enseignement, en tête. On oublie de dire qu’il y a 1 enseignant pour 7 enfants en primaire.

 

Je ne vais pas décortiquer la loi que j’ai sous les yeux,  mais juste dire qu’elle est le coin par lequel la privatisation de la fonction publique est légalement entamée, ou plus exactement poursuivie.

Je ne vais pas la décortiquer davantage que ce que je viens de faire ci-dessus car les motifs d’une loi sont toujours présentés de manière à séduire celui qui ne veut pas regarder plus avant ou plus en profondeur.

J’en sais quelque chose pour avoir, alors que j’étais fonctionnaire, présenté des projets afin de conduire une action ou avoir des finances. Si j’indiquais simplement ce que je souhaitais faire, le projet était rejeté. Je devais obéir au convenu. J’entamais donc ainsi. Je faisais valoir, d’entrée de jeu, en quelques phrases, que conformément à la circulaire x.., n°.., en date du…. il s’agissait de développer la personne, de la conduire à l’autonomie, de…. et l’affaire était dans le sac. Le gugusse en charge de valider le projet n’allait pas plus loin et tout le monde était content. Alors ! L’exposé des motifs, vous m’avez compris. Ils sont là pour abuser.

 

La privatisation de la fonction publique qui se profile me fait froid dans le dos. Nous devrions tous avoir froid lorsque la porte de la privatisation s’ouvre et nous arquebouter pour la tenir fermée.

 

Cet article, je l’avoue, est un coup de sang. Puisse-t-il, tout de même, contribuer à la réflexion.

 

 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 05:38


« Bank run ». La mesure est radicale. De quoi s’agit-il ? Tout simplement de faire sauter les banques. Comment ? En appelant chacun de nous à aller retirer, tous le même jour, une somme d’argent (de préférence importante) afin de les assécher et de provoquer leur faillite. Les banques responsables de ce qui nous arrive doivent être anéanties. Tout ceci à un côté justicier digne d’un fanzine. Qu’adviendra-t-il des liquidités laissées par les particuliers qui n’auront pas pu ou voulu les retirer ? Seront-elles perdues dans le naufrage des banques ? …..Rien n’est dit. ….Et après ?

 

L’affaire paraît suffisamment importante pour que le sieur Sammarcelli, directeur délégué de la Société Générale déclare : "Il n’y a rien de pire dans l’histoire qu’un bank run", "Retirer son argent des banques, c’est extrêmement dangereux à la fois pour soi et ce serait aussi dramatique pour l’ensemble du système. Christine Lagarde de surenchérir, continuant avec son délire d’experts déjà sorti lors du remake du gouvernement Fillon, elle commente l’opération ainsi :  "il faut que chacun fasse son métier; que Monsieur Cantona fasse le sien, moi, je fais le mien", ou encore que "Je crois que quelqu'un qui est un grand footballeur ou un grand acteur de cinéma doit se garder d'intervenir dans le domaine financier, économique, surtout quand il n'en maîtrise pas les mécanismes (...)Je ne me risque pas à jouer au football et Eric Cantona devrait éviter de jouer à l'économiste." Parlant à Cantana, j’entends ce qu’elle dit à chacun de nous : Vous êtes nuls, nous sommes des experts, nous nous occupons de tout, passez votre chemin. Ben, voyons !

 

Attac France, dans un message du 2 /10/2010, informe des liens qu’il y aurait entre cet acte de représailles et des milieux d’extrême droite repérés sur le Web et propose à la place, sereinement et sérieusement, la mise en place d’une banque éthique. Je cite : « Il n'en demeure pas moins que la mobilisation des citoyens doit se développer pour exiger la mise au pas des banques prédatrices. Les mouvements citoyens doivent en même temps favoriser l'émergence de banques alternatives, solidaires et écologiquement responsables, comme le proposent par exemple les Amis de la Terre, l'une des associations fondatrices d'Attac  (voir http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Guide_banques_VSite.pdf): c'est alors que l'appel aux citoyens à transférer leurs comptes bancaires aura un sens. ».

 

Faire sauter la banque, comme l'usage d'un « Bank run » le propose, c’est confondre l’outil et les effets de celui-ci, accuser et punir le marteau qui écrase le doigt sans mettre en cause celui qui le tient et la manière qu’il a de s’en servir.

Les banques sont utiles, le système bancaire également. En Afrique, en Inde,  ailleurs, les tontines jouent ce rôle là de prêteur bancaire. Un groupe de personnes se forme, chaque membre apporte une contribution, et lorsqu’un des membres à un projet reconnu utile et jugé viable par le collectif, le prêt est accordé. Cette façon, cette banque coopérative, met ainsi en échec la formule ironique de Tristan Bernard selon laquelle : « On ne prête qu’aux riches. Et on a raison : les pauvres remboursent difficilement ! ». Effectivement, les banques ne prêtent qu’aux riches lorsqu’elles sont dans le créneau de l’aide à l’investissement et à l’entreprise. Mais aujourd’hui elles ne prêtent même pas dans ce cadre, elles préfèrent spéculer avec l’argent qu’elles collectent et faire de l’argent avec de l’argent. Les tontines retrouvent ainsi la fonction bancaire première.

Ce qui se passe avec les tontines à échelle locale peut-être développé une plus grande échelle. C’est ainsi que la Nef développe une banque éthique et solidaire : http://www.lanef.com/ , qu’il existe un projet de banque éthique européenne sur lequel chacun de nous peut se renseigner et participer : http://bonnenouvelle.blog.lemonde.fr/2010/03/06/creation-dune-banque-ethique-europeenne/.  

Il ne s’agit pas de laisser aux mains de nos gouvernants le soin de moraliser le système bancaire car nous savons bien qu’ils ne le font pas et ne le feront pas. Les péripéties dernières, les gesticulations auxquelles nous assistons en apportent chaque jour la preuve. Il s’agit donc de créer un système bancaire citoyen.

Cela étant dit, il faut tout de même se souvenir que les banques avant d’être privées étaient nationalisées, avant d’être laissées entre les mains de prédateurs étaient dans les mains des Etats. Elles avaient pour mission de contribuer à l’investissement, de soutenir l’esprit d’entreprise, de participer aux orientations économiques et sociales du pays, …. Tout ceci s’est perdu ces dernières années. Il convient de relire à cet effet l’article de Raoul Jennar précédemment édité dans le blog qui établit la liste des banques publiques privatisées sur les recommandations de Strauss-Kahn : le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit, le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier de France, le Groupe Caisse d’Épargne. Et Jennar de conclure : « Après le passage de Strauss-Kahn, il n’y a plus de secteur financier public ». Se souvenir de l’existence passée de banques nationalisées c’est se dire qu’elles peuvent à nouveau exister et, pour cela, se donner les moyens d’une autre politique que celle qui sévit actuellement en se réappropriant les leviers nécessaires à l’exécution de cette dernière.

 

Ceci permet, à mon sens, d’établir un distinguo entre révolution par les urnes chère au Parti de gauche et révolution citoyenne chère à la Fase, tous 2 participants au Front de gauche, non pour les opposer mais pour en dire la complémentarité. Les banques nationalisées seront le fruit d’une révolution par les urnes, les banques éthiques et solidaires celui d’une révolution citoyenne. Les premières procèderont de la volonté nouvelle du gouvernement, les secondes de celle de la seule volonté des citoyens et fonctionneront dans l’esprit des tontines, ces dernière pour appartenir aux citoyens ne seront pas privées au sens libéral du terme mais sous forme coopérative. Les unes comme les autres étant au demeurant éthiques et solidaires. La révolution par les urnes procède sur le fond également d’une révolution citoyenne car c’est à un changement de structure mentale qu’il est fait appel, à celui du collectif, de la coopération et non à celui de l’égoïsme et de la compétition qui écrase l’autre.

 

Dire davantage sur les banques solidaires et éthiques qui existent déjà et qu’il faut développer est tâche assez longue à laquelle cet article ne suffit pas. Le lecteur interessé est donc invité à utiliser les liens ci-dessus mentionnés, à parcourir le web, pour aller à plus de précisions et de détails. Mais il est possible de dire tout de même que les banques solidaires et éthiques ont ceci de particulier c’est qu’elles prêtent aux mêmes conditions à tout le monde (ce qui n’est pas le cas de la banque actuelle), qu’elles prêtent après avoir vérifié si le projet est conforme à une charte : ne pas détruire la planète, être écologique,….Les sites concernant les banques solidaires proposent également une analyse des banques actuelles : activités, nocivité,….toutes choses qu’un citoyen est en droit de savoir avant de mettre son argent en dépôt. Les banques solidaires et éthiques ne s’interessent pas au taux de rentabilité d’un produit financier proposé, mais d’abord à la composition du produit (les composants sont-ils utiles ? moraux ?…)  ce qui aurait permis d’éviter, entre autres choses, si une telle éthique avait existé, les effets dévastateurs de la titrisation, …..

 

Alors ! Faut-il faire sauter la banque ou faut-il une autre banque ? Une banque éthique, solidaire et citoyenne ?

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