Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 15:26

 

« La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » disait de Gaulle.

Qu’ont-ils gardé de l’héritage gaulliste ceux qui prétendent être ses successeurs au sein d’un parti qui n’a cessé de muter et, pour finir, s’appelle l’UMP ? Rien.

 

La France façon de Gaulle n’était pas la mienne, mais c’était une France qui se désirait libre, indépendante, qui n’appréciait pas qu’on la commande, qu’on lui indique le chemin à prendre. C’était une France qui ruait dans les brancards, qui refusait que son avenir soit soumis à des dictats. C’était une France qui entendait conserver la maîtrise de son avenir et ne pas la donner en gérance.

 

Lorsque je parle ainsi de la France, je ne signale pas celle du peuple, mais cette idée que de Gaulle s’en faisait.

Tout a bien changé.

 

Tout a changé parce que ceux qui gouvernent n’ont pas une idée de la France. Leur crédo : comment faire de l’argent ? Comment tirer profit personnel, ou de classe, du pouvoir ?

 

Il n’est aucun moment de l’histoire de France, hormis celui du passage de VGE à la tête du pays, et en cela l’olibrius est précurseur de ce qui arrive aujourd’hui, aucun moment disais-je où un dirigeant français, de droite et de gauche, n’a pas eu le souci de l’intérêt de la France (l’Etat Français étant, pour moi, une mise entre parenthèses de la France). En cela la période qui s’ouvre est inédite. La France selon Sarkozy et ceux de son genre, genre que l’on retrouve parfois chez des encartés à gauche, n’est qu’un terrain à piller sans s’encombrer de prévenance pour les uns, avec délicatesse pour les autres.

 

Concernant les retraites, je vois mal de Gaulle dire nous allons faire ceci ou cela car la France doit craindre les agences de notation, ne doit pas encourir la réprobation du FMI. Ce n’était pas dans la manière du personnage. Il ne l’aurait pas toléré.

La manière nouvelle, celle de ses « successeurs », est de copiner avec le fric afin que de leur passage en politique entre copains et coquins ils s’enrichissent.

 

Le passage en politique ne consiste plus à prendre la direction de la France pour que celle-ci prospère et soit grande. Le passage en politique n’a d’autre objectif que d’être aux manettes afin d’offrir le pays aux comparses prédateurs. L’homme politique du moment en charge de la France, je nomme Sarkozy, avec le concours de l’équipe qui l’accompagne au pouvoir, n’est rien d’autre qu’un grand liquidateur.

 

De Gaulle n’était pas un grand démocrate. Il n’était même pas un démocrate du tout. En cela seulement ses successeurs peuvent prétendre de lui. Mais les objectifs poursuivis par de Gaulle et ses « héritiers » ne sont pas comparables.

 

Je retiens de ses « héritiers », et plus largement des « élites » politiques du jour, lorsqu’ils nous donnent à entendre (ce sont arguments tenus) que la réforme des retraites doit se faire ainsi et pas autrement à cause des agences de notation et de la politique préconisée par le FMI, je retiens et je comprends cette autre chose sous-jacente : que le pouvoir du peuple, le gouvernement du peuple, la souveraineté du peuple, n’existe pas, n’existe plus. Et, à la suite, je comprends que la démocratie, même si elle partie de recette dans les discours, est un mot creux, un être mort.

 

« La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » disait de Gaulle.

C’est ce qu’ont compris des pays d’Amérique latine lorsqu’ils refusent les programmes préconisés par le FMI,….

La politique n’est pas de faire le « libre » choix de ses chaînes parmi celles qui sont proposées, conseillées, ordonnées et imposées. La politique, au contraire, consiste à se libérer des chaînes, de toutes les chaines.

C’est en ayant la volonté de refuser de subir les commandements extérieurs (de la banque mondiale, du FMI, de l’OCM), de s’y plier que le peuple brésilien, le peuple bolivien, et d’autres peuples se sont libérés économiquement, aidés en cela du concours organisateur de leurs dirigeants.

N’est-il pas remarquable que ce soit des peuples et des pays d’apparence les plus fragiles qui aient eu l’audace et le courage de donner le cap ?

 

La France a actuellement à sa tête des dirigeants qui n’ont pas le souci du pays.

La France d’aujourd’hui a à sa tête des liquidateurs qui frayent avec le pouvoir financier, le pouvoir économique en place, le capital mondialisé. Et dans la réciprocité des services rendus, les uns et les autres sont gagnants sur le dos du peuple, un peuple endormi qui a perdu le sens du combat pour la justice sociale.

 

Liberté ? Egalité ? Fraternité ?

Que reste-t-il de l’esprit de la révolution de 1789 ?

Un slogan qui s’efface peu à peu du fronton de pierre gélive des écoles et des mairies, un slogan sur lequel plus personne ne lève plus les yeux pour porter le regard haut. Un slogan qui ne vaut pas mieux qu’une publicité aperçue à la télévision. Un slogan qui ne fait plus frémir que des vieux cons comme moi. Un slogan qui s’efface sur le sable des plages sous l’effet de la vague consumériste.

 

Voilà venu le temps de l’Esprit des Ténèbres.

Repost 0
22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 06:16

Un ami m'a fait parvenir ce commentaire paru dans un forum internet de "Sud-Ouest".

J'ai jugé qu'il méritait d'être diffusé. Ce que je fais, là.

Le titre est de Exergue.

 

"N'est-il pas affligeant de voir dans les médias complaisants à l'égard du pouvoir, c'est-à-dire presque tous, une avalanche de témoignages de moutons qui, non contents d'être livrés aux prédateurs qui les dévorent et de se faire tondre par leurs bergers, ne trouvent rien de mieux que de critiquer les seuls qui ont le courage de se défendre. Après s'être fait sucrer leurs retraites sans réagir par Fillon il y a quelques années, et bien qu'ils passent leur temps à pleurnicher sur la baisse, mois après mois, de leur pouvoir d'achat, qu'ils voient l'argent de leurs impôts distribué aux contribuables les plus riches du pays, ces esclaves s'en prennent à ceux qui, au lieu de se laisser plumer comme des pigeons, ont le courage de résister. Mais où en est donc ce peuple d'avachis prêts à tout accepter pourvu qu'on leur organise une coupe du monde de temps en temps, qu'on leur laisse de quoi s'acheter un 4 d'occasion, un écran plasma fabriqué en Chine par des esclaves moins payés qu'eux, des fringues "de marque" fabriquées en Inde par des gamins qui bossent 16 heures par jour, et surtout de belles vacances organisées en troupeaux pour aller jouer les riches dans les pays pauvres ? Pendant ce temps-là, leurs parlementaires se paient des retraites de luxe où chaque année de cotisation compte double, leur président s'augmente de 206%, et leurs enfants étudiants, aussi veules et minables qu'eux, applaudissent quand les CRS chargent ceux qui bloquent les facs. Triste destin pour un peuple qui, le 4 août 1789, avait eu le courage de se débarasser de ceux qui prétendaient ne justifier leurs privilèges que par l'hérédité."

Repost 0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 16:52

 

Qui a relevé le propos de ce journaliste qui, il y a un peu plus d’une semaine, à l’émission C’Politique, s’adressant au représentant syndical, dit (cité de mémoire) : « Ca ne vous fait rien de vous accoquiner avec la CGT ? » ?  « Accoquiner » ! Rien que ça ! Qui ? Personne.

Qui observe, et dénonce, que dans de trop nombreuses émissions ne sont invités que des partisans de la pensée ayant pognon sur rue et que s’il y a parfois des invités au discours différent et contradictoire c’est pour leur poser des questions fielleuses lardées de sourires en coin. Qui ? Personne.

S’il faut être sévère, je suis prêt (pas sûr) à trouver des excuses aux journalistes des pays de l’est qui risquaient le goulag, aucune à ceux qui, chez nous, sont attachés à la crainte de perdre la saucisse qui les lie à leurs maîtres et en fait des animaux domestiques et serviles comme il est raconté dans la fable Le loup et le chien.

 

Mais revenons à Mélenchon. Non pour le défendre, il est assez grand pour ça (et je donnerai ci-dessous les renseignements utiles pour le lire) mais pour me défendre, car au travers du procès qui lui est fait le mien s’y trouve instruit (et celui de mes pareils) au fait que je me reconnais dans son propos et dans les mêmes termes. Comme je me  sentis attaqué par le questionnement, là pour le coup coquin, de Pujadas exercé contre le syndicaliste. 

Que Mélenchon dérange, c’est une évidence. Car Mélenchon dit, sans mettre la bouche en cul de poule, ce que beaucoup pensent et n’ont pas les moyens de faire valoir.

Que Mélenchon ne pratique pas la langue de bois, cela fait du bien à entendre. Qu’il appelle une fiente une fiente, me rassure quant à la santé retrouvée de l’homme politique qui consiste jusqu’ici à donner à voir la querelle à la télé pour s’en aller boire, la joute terminée, avec son pseudo adversaire au zinc de l’Assemblée.

J’attends d’un journaliste, d’un journaliste du service public, qu’il fasse son boulot de journaliste et qu’il ne se montre point partisan ; sinon, qu’il aille exercer son talent dans la presse qui convient à sa pensée. Il n’aura que l’embarras du choix.

Bien sûr, il est des belles âmes toujours prêtes à jouer les vierges effarouchées mais, par delà les bonnes manières, qu’elles s’attachent, ces belles âmes, à porter attention non à la forme mais au fond.

Oui, le questionnement du syndicaliste par Pujadas m’a écoeuré (j’ai vu l’interview à l’époque)  et j’assure que ma pensée a jailli plus violemment que celle de Mélenchon et en des termes autrement plus crus.

Et je dois dire que, lors des manifestations dernières auxquelles j’ai participé, à la faveur d’un échange, le populaire se sentait solidaire du syndicaliste agressé par Pujadas, en phase avec Mélenchon.

Populisme ? Quand on n’a rien à dire, quand on sait qu’on à tort, c’est le mot qu’on sort de la boîte. Encore une saloperie !

 

Comme promis : allez sur le lien « blog Mélenchon » et lisez à la date du 10 octobre, titre : Larbin ? Salaud ? Pujadas ?

Repost 0
17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 08:46

La question est posée.

 

A entendre les propos tenus par les manifestants ce samedi passé, telle était la question, quasiment formulée, qui était dans toutes les têtes : Sarkozy n’avait cure de l’intérêt de ses concitoyens, de celui du pays, mais n’était attentif qu’à celui du capital et de la finance, ces derniers apatrides. Ainsi Sarkozy était-il perçu et reconnu comme l’homme de paille (résidant en France) d’intérêts étrangers.

L’idée de Sarkozy homme de paille du capital et de la finance, les 2 internationaux et globalisés, fait son chemin dans des têtes qui ne manifestaient pas. Ainsi peut-on constater, pour si peu qu’on soit à l’écoute, que nombreux sont les citoyens de droite qui s’interrogent sur l’énergumène et regrettent de l’avoir porté au pouvoir.

Ceci est assez réjouissant et permet d’espérer que l’individu (ou un qui pourrait lui ressembler)  ne sera pas reconduit dans ses fonctions, y compris par les siens.

 

Dans la même veine, lors de la manifestation, des militants encartés au Parti socialiste disaient ne pas vouloir voter pour Strauss-Kahn si ce dernier était désigné comme devant être leur candidat. Le motif argumenté, exprimé sans ambages, peut-être résumé ainsi : le fait que Strauss-Kahn ait sa carte du Parti n’en fait pas un socialiste, c’est un homme de droite, et d’ajouter : comme Valls d’ailleurs.

La conversation roulant, les mêmes disaient regretter le départ (du Ps) de Mélenchon qui, d’après eux, aurait permis d’ancrer leur Parti à gauche. A cet effet, il faut leur conseiller le livre Mon devoir de rupture écrit par Mélenchon qui ne peut qu’éclairer leur lanterne.

Ce qu’il faut retenir de ce dernier échange (au cours duquel je buvais du petit lait) c’est que la gauche est toujours présente dans les cœurs et les esprits, que le fossé se creuse entre ceux qui sont restés fidèles à  l’appareil Ps et ses leaders.

 

Pour avoir distribué des autocollants du P de G aux manifestants, pour avoir constaté qu’ils le portaient sur leurs vêtements sans contrariété aucune, pour avoir appris auprès des camarades narbonnais qu’ils avaient observé dans leur ville le même comportement, on peut se risquer à dire que le P de G (plus largement le Front de Gauche) apparaît de plus en plus comme la structure politique susceptible de rassembler la gauche, ou pour reprendre la terminologie du moment : la vraie gauche.

Il convient donc de considérer dès à présent que le P de G pèse sur la scène politique et dans les consciences plus que le nombre de ses militants car il est grand d’un électorat qui lui fait confiance, à telle enseigne que dans certaines régions le Front de Gauche devance la gauche « traditionnelle ».

La perspective qui s’ouvre est simple : le Parti de Gauche et le Front de Gauche  sont appelés à remplacer le Parti Socialiste comme celui-ci naguère à remplacé le Parti Radical. Les partis sont des êtres vivants et, comme tels, naissent et meurent le moment venu s’ils ne remplissent plus la mission qui était la leur, l’important étant que demeure le socialisme le l’esprit qui l’anime.

 

Dans le cadre de la défense de l’intérêt des français et de celui de la France, il ne faut pas relâcher la pression et donc faut-il continuer à manifester et à lutter, jusqu’à la révolution citoyenne par les urnes proposée par le Parti de Gauche et les forces de gauche.

Repost 0
15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 06:37


 

L’ironie c’est que Kerviel n’est pas puni au motif qui devrait être, car Kerviel est une crapule (lâchée par les chiens, pardon les siens), une crapule qui a mis sur la paille de nombreuses personnes, une crapule qui commence à comprendre (pas sûr d’ailleurs) son sale boulot à l’instant où il est pris.

Kerviel aurait-il donné à gagner à la banque, au lieu de perde, qu’il ne serait pas au tribunal et qu’il continuerait sans état d’âme sa triste et sinistre besogne.

 

Pareillement ne m’émeut pas le sort actuel de l’Islande, celui de l’Irlande, et de quelques autres pays qui se vivaient il y a peu, avec superbe, comme des dragons. Davantage, dans ces pays, me préoccupe la situation des petites gens qui n’ont rien voulu de cela et qui subissent les effets de la politique cupide de leurs dirigeants.

Comme je ne serai pas troublé, s’ils perdent tout, par le sort de ces personnes qui, lorsqu’ils ont le choix, font celui d’une retraite par capitalisation au détriment d’une retraite par répartition, c'est-à-dire le choix de l’égoïsme au détriment de celui de la solidarité.

Il est normal, semble-t-il, de subir la conséquence de ses actes.

 

Bien sûr, concernant Kerviel, le motif de sa condamnation n’est pas celui adéquat que j’aurais souhaité, mais comme ce motif ne sera jamais pris en compte, je me contenterai de le savoir condamné.

 

Repost 0
13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 08:13

 

Lorsqu’il y a une grève, le gouvernement (de droite naturellement) crie : « Les usagers sont pris en otage », et les «usagers-otages » dans le cadre de télé-trottoir de crier dans un réflexe pavlovien : « Nous sommes pris en otage ! Nous sommes pris en otage ! ».

On observera que l’esprit de symétrie qui donne la parole à 2 otages et à 2 grévistes dans un apparent souci de neutralité relève de la télé manipulatrice de l’opinion car ce n’est pas rendre compte de la réalité. Ainsi, au regard de l’actualité, 71% des personnes sont-ils contre la réforme des retraites proposée, le pourcentage restant se partageant entre ce qui sont pour et les éternels, inévitables, incontournables : ne se prononcent pas. Il devrait donc y avoir 7 grévistes appelés par la télé et autres médias contre 2 (?) usagers.

Mais cette manipulation est plus perfide qu’il y paraît, procédant de l’amalgame, elle suggère insidieusement que les usagers-otages sont tous pour la réforme gouvernementale des retraites alors qu’ils ne sont pour certains que contre la grève qui les gêne (ou qui leur fait perdre un jour de RTT, comme je l’ai entendu….à la télé).

Cette manière fallacieuse, trompeuse, de présenter est typique du style du gouvernement (de droite naturellement). Lorsqu’il dit, par exemple, que 40% des personnes ne manifestent pas, il oublie sciemment que, parmi ces dernières, pour diverses raisons (raisons pour certaines fort compréhensibles), il en est de nombreuses qui n’arpentent pas le bitume mais qui auraient souhaité le faire.

      

Mais revenons aux usagers.

Il se trouve que des usagers le gouvernement  (de droite naturellement) s’en tape le coquillard, il en est de la sorte lorsqu’il les transforme en « clients » afin de faire disparaître le service public pour refiler cette activité au privé (c’est le cas pour la Poste, les chemins de fer,…. .). Le gouvernement (de droite naturellement) se sert de la notion d’usager lorsque ça l’arrange.

Il se trouve qu’être usager n’est qu’un rôle et que si un individu est dans celui-ci à un instant donné il est dans celui du travailleur à tel autre. Ainsi, opposer les usagers aux travailleurs (en grève) c’est opposer des rôles momentanément investis par de mêmes personnes.

Elargissons le propos.

Dans la même veine un individu est à la fois un citoyen, un travailleur, un consommateur (ou usager, ou client, selon l’angle d’attaque que l’on souhaite). Si cet individu n’arrive pas à faire la synthèse de ces divers aspects de son être pour avoir un point de vue et un comportement cohérent et ajusté il est fort possible qu’il ne soit contraint qu’à la déchirure et, surtout, à proférer des âneries. Il serait bon, de temps en temps, que l’usager/consommateur/client investisse le rôle du citoyen, celui lui éviterait de taper sur lui-même dans son rôle de travailleur.

 

Repost 0
8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 05:58

 

L’économie n’est pas une science, exacte ou naturelle, qui imposerait le projet politique. C’est de cette présentation habile (de ce leurre) que procède la justification d’une politique de « droite » au détriment d’une politique de « gauche ». C’est de cette argumentation fallacieuse que la droite donne à penser qu’on ne peut pas faire  autrement que ce qu’elle propose.

Un modèle économique ne s’impose pas naturellement. Il est consécutif au projet politique dont la formulation dépend de la volonté humaine seulement confrontée au milieu dans lequel nous évoluons.

L’utilisation d’outils mathématiques ne confère aucune légitimité et crédibilité à l’économie car cette utilisation s’applique tout autant à un modèle qu’à un autre.

Le choix d’une politique effectué, le modèle économique en découle, l’utilisation des mathématiques et autres instruments permettant seulement de travailler au plus juste et au plus près de la décision politique (le projet) prise.

La tentative de la droite, dans la présentation qu’elle fait de l’économie (science naturelle), est de donner à croire qu’il y a naturellement subordination de la philosophie politique à l’économie. Elle y trouve l’avantage de ne pas corriger les injustices de tous ordres (sociales,…), de les justifier afin d’en tirer bénéfice pour quelques uns au détriment du plus grand nombre. Les choses ainsi présentées au public, elle satisfait son propre projet sans avoir à le dire à voix haute. Cependant si l’outil économique qu’elle a mis en place ne fonctionne pas ainsi qu’elle le souhaite, sans davantage parler de projet, elle sait dans quel sens il faut l’infléchir et convaincre de la nécessité de cet infléchissement.

 

En quelque sorte une politique (et une économie) ne sera jugée bonne et utile qu’au regard du projet formulé (implicitement ou explicitement) qu’elle sert, des intérêts qu’elle satisfait. Il est évident que le projet et les intérêts de la droite ne sont pas identiques au projet et aux intérêts de la gauche, que les objectifs poursuivis ne sont pas les mêmes.

On ne jugera pas d’une politique et d’une économie, d’un projet, au discours tenu par les femmes et les hommes politiques. Personne n’a lu ou entendu de la part du personnel politique un projet qui ne se préoccupe pas du sort du peuple, qui n’exprime pas la volonté d’œuvrer pour son bien. Aussi, la droite ne peut qu’habiller son projet politique d’arguments recevables ; ne le ferait-elle pas qu’elle n’aurait aucune chance d’exister.

On jugera donc de ce que vaut la droite et ce que vaut la gauche aux résultats obtenus, notamment au travers du témoignage qu’apporte l’histoire passée et présente.

 

 

Sans remonter loin dans  le temps, la diminution du temps de travail, le droit d’association, celui de se syndiquer, le droit de grève, les congés payés,  le droit à la retraite, la sécurité sociale, le Smic  ….. sont les projets portés et aboutis par la gauche, projets toujours combattus par la droite car elle les jugeait préjudiciables à l’intérêt du pays (confondant en cela  cet intérêt et le sien). Que le temps passant apporte la démonstration que de ces progrès ne résultait aucune faillite économique nationale, cela ne l’a jamais conduit à douter de son propos, à changer d’attitude. La droite, en toutes occasions, sans relâche, opiniâtrement, s’est toujours attachée à défaire les avancées progressistes, celles citées plus haut mais encore les services publics : poste, santé, éducation, transports, … pour les donner en partage au secteur privé.    

Lorsqu’Evo Morales accède au pouvoir, il y a eu un avant lui. Cet avant lui se caractérise par une société dans laquelle une poignée de privilégiés concentrent entre leurs mains le pouvoir politique, économique, financier et écrasent de leur puissance la population du pays (notamment les indiens), la maintiennent à un rang inférieur comme il en était des serfs au moyen-âge. La venue d’Evo Morales change la donne. Ce qui semblait jusqu’alors impossible devient une réalité. La redistribution des terres s’effectue, les ressources énergétiques sont placées sous le contrôle de l’Etat afin que le pays en tire profit, les plus démunis voient ainsi leur sort s’améliorer. Cela, notons-le, dans un contexte mondial apparemment défavorable. C’est ainsi que du projet et de la volonté d’Evo Morales et de la population citoyenne les choses changent. Evo Morales conduit-il une bonne politique ? On dira oui si on admet que ce qui compte est l’émancipation du plus grand nombre. Et on observera que la « science » économique a été mise au service du projet politique, et non le contraire. De son côté, lorsque Hugo Chavez, du choix politique fait, favorise l’éducation de la population vénézuélienne, il fait la démonstration que ce qu’on disait la encore impossible ne l’était que parce qu’il n’y avait aucune volonté dans ce sens. Pareillement au Brésil, toujours du choix politique (bourses familiales) le niveau économique de la population augmente et contribue ainsi à la croissance du pays qui devient ainsi la 8ième grande puissance du monde.

Dans tous les cas la « science » économique suit en se déployant de manière différente que ne le souhaitait la droite et fait la démonstration qu’il n’y a pas de science économique naturelle qui imposerait un modèle de société.

Le choix d’un type de société est fait par les femmes et les hommes. Il n’est pas imposé par la science économique. Certes, il ne peut à la fois satisfaire le plus grand nombre et seulement quelques uns. Mais satisfaisant le plus grand nombre, il satisfait tous ceux qui soucieux d’équité estiment qu’il y a en toute chose un plafond à ne pas dépasser et un plancher sous lequel on ne doit pas se situer afin que tout le monde puisse vivre décemment.

Redisons que le travail fait par Evo Morales, par Hugo Chavez,….s’inscrit dans un monde hostile aux projets qu’ils mettent en œuvre, que leur réussite met à bas cet argument dont on nous rabat les oreilles : il est impossible d’aller à contre-courant du contexte mondial. Fort heureusement, il est toujours possible aux êtres humains de faire autrement, sinon nous serions condamnés à perpétuité au malheur et faire de la politique n’aurait aucun sens.

Lorsque l’Europe se construit il y a 2 possibilités : mettre en avant une Europe économique qui profite aux détenteurs du capital ou une Europe qui sert au mieux être de ses habitants et ne les jette pas au chômage. Du choix effectué au forceps, une minorité d’individus est désormais servie tandis que la majorité de la population subit les effets néfastes du projet politique engagé.

Prenons encore le cas des impôts. Selon la place que l’on occupe sur l’échiquier social on préfèrera voir augmenter les impôts sur le revenu, le capital,… que les taxes, et vice-versa. On constatera par la première manière touche les possédants en proportion de leur possession tandis que les taxes touchent tout le monde de manière égale et non discriminatoire ce qui ne permet pas d’atteindre cet objectif de justice sociale que l’on peut espérer dans une société qui se réclame de la fraternité et de la solidarité. Considérant toujours les impôts, il convient, dit-on, de ne pas toucher au bouclier fiscal (symbole par excellence) au prétexte que c’est se prémunir contre l’évasion fiscale. Ce disant on ne se met pas en demeure de remettre dans le chemin ceux qui font de l’évasion fiscale, on prend acte simplement de leur comportement et on juge que cela n’est pas punissable d’une quelconque manière. « Bons français » ceux qui font dans l’évasion fiscale ? On est en droit d’en douter et on devrait proposer au Président Sarkozy et à ses sbires de faire voter une loi pour les déchoir de la nationalité française en ayant pris soin préalablement de prendre possession de leurs biens et leur fortune puisqu’ils contreviennent à l’intérêt du pays comme ont contrevenus les collaborateurs pendant la 2ième guerre mondiale.

On pourrait ainsi donner des exemples à la pelle, et surtout de plus pertinents que ceux cités ci-dessus.

 

En fait, il n’est de bonne et utile politique que celle qui se charge du point de vue moral qui satisfait la justice sociale. Et il est clair que l’homme peut décider de ces choix là et qu’il n’est pas de politique assujettie à l’instrument qu’est la « science » économique.

 

Repost 0
6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 06:13

 

Kerviel condamné : 5 ans de tôle, dont 3 fermes, 4,9 milliards d’euros à rembourser.

 

-          Lorsqu’un ingénieur dans une entreprise fait une découverte, cette découverte n’appartient pas au découvreur mais a l’entreprise au motif qu’il est payé pour effectuer le travail pour lequel il a été embauché qui peut le conduire à faire une découverte ……………………..ou une ânerie.

-          Imaginons que Kerviel ait fait gagner beaucoup d’argent à la Société Générale, ceci dans les mêmes circonstances ou il lui en fait perdre, qu’aurait fait la Société Générale ? Elle aurait empoché l’argent, fermé sa gueule. Ce qu’elle a dû faire avec Kerviel avant que celui-ci lui fasse paumer énormément.

-          Pour l’économiste Marc Touati, directeur de l’entreprise d’investissement Global Equities, tout ceci est un non évènement pour le milieu financier (article de Libération), il s’étonne également (reportage du journal d’A2) que les organismes de contrôle de la Société Générale et des milieux financiers n’aient pas vu ce qu’ils ne pouvaient que voir. 

-          Mais surtout, surtout :

 

  • La condamnation de Kerviel fait porter le chapeau à un individu et non a l’employeur.
  • La condamnation de Kerviel blanchit la Société Générale.
  • La condamnation de Kerviel exonère la Société Générale de toute faute.
  • La condamnation de Kerviel dit que  la crise financière n’est pas due au système financier mais à un individu .

 

Ainsi, selon le prononcé du tribunal, la pratique financière qui a conduit à la « crise » n’a pas de raison de cesser et les banques n’ont aucune raison de s’inquiéter.

Tout peut donc continuer comme avant (ce qui se passe déjà), désormais avec la bénédiction de la justice. Il y aura toujours un kerviel pour porter le chapeau, le bonnet ou toute autre coiffe adéquate.

          

En fait, tout ceci n’est que de la poudre aux yeux à usage grand public.

Repost 0
5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 05:32

 

La question ainsi posée indique qu’il y en a un « mauvais ». Et c’est le « mauvais » que le Président Sarkozy et ses supplétifs traquent.

Si vous ne savez pas ce qu’est un « mauvais » français, ils ont la réponse.

Partiale, naturellement. Ils oublient ceux qui pratiquent l’évasion fiscale, ceux qui pour échapper à l’impôt prennent résidence en Suisse ou dans un autre paradis fiscal. Contrairement aux « mauvais » français dont l’équipe Sarkozy a tracé le profil (voir ci-dessous), leur « bon » français selon l’évangile sarkozien ne court pas le risque d’être déchu de la nationalité française, il lui est seulement demandé de bien vouloir se rapatrier.

Pour élargir le propos, les « bons » français sont encore ceux qui profitent du bouclier fiscal.

 

Un « mauvais » français est un naturalisé. Et, puisqu’il en est ainsi, la loi doit fixer une limite au-delà de laquelle il est impossible de remonter et de déchoir. Quelle est cette limite ? 5 ans ? 10 ans ? 20 ans ? Davantage ? Question angoissante.

Mais pourquoi ne pas étendre le champ de cette loi ? Faire qu’elle prenne en compte plusieurs générations. Dans ce cas, j’aurai à craindre comme des millions de français, car la France, ce finistère de l’Europe, a toujours été un pays d’immigration. Ce qui me rassure toutefois, c’est que Sarkozy sera déchu de la nationalité française car nombreux sont les français qui se demandent s’il est vraiment un « bon » français.

 

Celui qui est perspicace se rend vite compte que le profil du « mauvais » français n’a pas la peau blanche, est pauvre, n’épouse pas la religion chrétienne, est dépourvu de la possession d’un diplôme ou d’une compétence utile pour le pays.

C’est ce qu’on appelle communément du racisme et de la ségrégation.

 

Il y a désormais le « mauvais » français comme il y a eu aux Usa, à l’époque du maccartisme, le « mauvais » américain.

 

Le « mauvais » se pratique de plus en plus. Pas seulement chez nous. Ainsi la déchéance de la nationalité israélienne est-elle actuellement examinée à la demande du ministre de l’Intérieur par la Cour suprême israélienne à l’encontre de Haneen Zoabi, représentante au parlement. La raison ? Elle a participé, en mai, à la flottille de la liberté.

 

Espérons que pour les « mauvais » français on en reste à la déchéance de la nationalité, qu’on ne les balance pas en pleine mer du haut d’un avion, qu’on ne leur demande de porter sur l’habit un signe distinctif. Cela s’est fait, il n’y a pas si longtemps.

 

Cette histoire de « bon » français (et donc de mauvais) doit nous alerter sur le basculement des valeurs qui s’opère en France. Cela n’annonce rien de bon.

Il ne semble pas inutile d’appeler chacun de nous à méditer le texte ci-dessous du pasteur Martin Niemoller, président des Eglises Réformées de Hesse Nassau, interné par Hitler de 1938 à 1945.

 

 

Quand il n’y aura plus personne pour protester

 

Lorsque les nazis vinrent chercher les communistes

je me suis tu : je n’étais pas communiste.

 

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

je me suis tu : je n’étais pas social-démocrate.

 

Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs,

je me suis tu : je n’étais pas juif.

 

Lorsqu’ils ont cherché les catholiques,

je me suis tu, je n’étais pas catholique.

 

Lorsqu’ils sont venus me chercher,

il n’y avait plus personne pour protester.  

Repost 0
5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 14:57

 

 

 

Texte lu le 4 septembre lors de la manifestation de Narbonne et dont le blog « Exergue »(1) a reçu copie à sa demande auprès de la Cimade(1).

 

 

NON A LA XÉNOPHOBIE, NON AUX EXPULSIONS :

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

 

 

Le gouvernement français a fait le choix de stigmatiser des catégories entières de la population de notre pays : les Roms, les gens du voyage, les étrangers, les Français dits « pas de souche », sur qui pèserait la menace d’être déchus de la nationalité française, les parents d’enfants délinquants, les sans papiers et qui demain qui d’autres ?

 

Une fois de plus, il attaque les plus démunis d’entre nous pour les stigmatiser et contourner d’autres débats de la société.

Une fois de plus, il cherche à opposer et à diviser les habitants de notre pays.

Il assimile, ouvertement, l’immigration à la délinquance. Il met en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine en désignant des boucs émissaires.

 

Ces boucs émissaires, il les choisit en fonction de leur origine, de leur situation sociale et de leur précarité parce que ce sont des proies faciles.

 

Cela nous rappelle de sombres périodes de notre histoire.

 

On nous parle de respect de l’ordre public.

 

Mais de quel ordre parle-t-on quand plus de la moitié des communes françaises n’ont pas créé les aménagements de terrain d’accueil prévus par la loi ?

De quel ordre public parle-t-on quand on interdit à des gens de travailler, qu’on les relègue dans des lieux immondes, qu’on les humilie, qu’on sépare les mères de leurs enfants et qu’on les jette dans un avion ?

De quel ordre public parle-t-on quand l’Etat français bafoue la Convention Européenne des Droits de l’Homme qui interdit les expulsions regroupées ?

 

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteint à la paix civile.

 

Nous demandons l’arrêt immédiat des expulsions et l’égalité de droit pour tous les habitants de notre pays.

 

Signataires : AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail(CFDT), Confédération générale du travail(CGT),La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste(NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.

 

Adresses Internet de la Cimade :montpellier@lacimade.org

                            du blog Exergue : http://exergue.over-blog.com

 

Pour signer la pétition, sur Google tapez: non à la politique du pilori









Repost 0

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche