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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 14:53

Ainsi sont les ‘vœux’ de nouvel an faits aux viticulteurs par le gouvernement français qui a traduit (29 décembre 2015) dans la législation une directive bruxelloise de 2007.

La directive de Bruxelles de libéraliser la culture du vin et d’augmenter de 1% l’an la surface viticole en vin sans indication géographique protégée dans le cadre, après une baisse, d’une stabilisation mondiale de la consommation, est l’assurance d’une nouvelle crise viticole prochaine.

La consommation de vin par habitant diminue. Dans les pays à forte tradition vinique la part des consommateurs réguliers est passée de 51% en 1980 à 13% en 2015, celle des consommateurs occasionnels de 30% à 43%, celle des non consommateurs de 19% à 43%. Augmenter la surface cultivée c’est augmenter le volume de vin produit, par contrecoup mettre les viticulteurs en position de faiblesse face aux 3 ou 4 metteurs en marché européens qui auront toute facilité pour faire jouer la concurrence et faire baisser les cours, et avec pour autres conséquences : une attaque des AOP, des faillites nouvelles les revenus n’étant pas là et la concentration des exploitations entre les mains de quelques uns,…

Il resterait donc à exporter la production plus que cela est fait actuellement (notamment vers les pays d’Europe du nord). Problème : la production des vins dans le monde augmente (La Chine est en passe de devenir le 1ierproducteur mondial), de fait l’exportation des vins français ne peut se faire qu’avec des vins de qualité, ce que ne sont pas des vins sans indication géographique protégée qui sont des vins de table.

Cette mesure est un nouveau coup dur porté contre les viticulteurs au nom de la dérégulation. On doit se rappeler que l’Onivins (Office national des vins) avait été créé sur le modèle de l’Office national du blé afin de réguler le marché en contingentant la production, ainsi d’éviter les crises de toutes sortes. La régulation se faisait par la contrainte qu’imposaient certaines règles dont celle-ci, de loin la plus importante, la maîtrise de la surface viticole. De cela, il n’en est plus question avec le nouvel organisme qui a remplacé l’Onivins. La petite viticulture, faite de milliers de viticulteurs, est donc appelée à disparaître après avoir été réduite lors de la dernière crise, disparaître lentement et sûrement avec l’assentiment tranquille des gouvernements français qui se sont succédés.

Il est vrai qu’il est des viticulteurs, notamment dans le nord de la France, pour se réjouir de la décision de Bruxelles. Réjouissance de courte durée à coup sûr, car, après qu’ils auront agrandi leurs surfaces, ils se retrouveront rapidement à éprouver les difficultés des autres viticulteurs.

Qu’il soit possible de produire des vins en d’autres régions que celles qui sont à cette heure productrices est une évidence, cela sera d’autant plus une évidence que le changement climatique contribuera à déplacer vers le nord les cépages, et les viticulteurs heureux à cette heure vont pouvoir se préparer à recevoir ce déplacement du vignoble. Cependant ils doivent le faire avec des vins de qualité et non des vins sans indication géographique protégée.

Restent les viticulteurs du bordelais, de l’arc méditerranéen, … D’ores et déjà ils doivent se poser, et rapidement, la question de la recomposition variétale de leur encépagement s’ils n’entendent pas disparaître du fait du climat. Selon l’article, tous les viticulteurs ne pourront pas bénéficier également sur tout le territoire de cette augmentation des terres viticoles de 1%. Cela signifie-t-il que FranceAgriMer (qui arbitrera la distribution des 1%) anticipe le déplacement du vignoble vers le nord ? Si tel est le cas et si les viticulteurs du sud ne se remuent pas pour repenser leur vignoble, il est à craindre que cette économie (la 1ier du Languedoc-Roussilon) ne disparaisse pour laisser place à une misère plus grande encore en région. A cet effet il serait temps que les politiques se bougent et se préoccupent des difficultés concrètes.

‘Décision de Bruxelles qui fait hurler les puristes’ est-il écrit dans l’article. Faut-il être imbécile pour laisser entendre que ce serait là affaire de puristes ! Mais tout aussi imbéciles les viticulteurs et leurs organismes représentatifs qui ont laissé se développer sans réagir une mesure dans les tiroirs depuis 2007.

***

L’article auquel répondent les lignes ci-dessus.

http://www.leparisien.fr/economie/fin-de-l-indication-geographique-avis-de-tempete-dans-les-verres-de-vin-29-12-2015-5407583.php#xtref=http%3A%2F%2Flimportant.fr%2Finfos-regions%2F4%2F266276

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 18:17

Un document assez court qui s’adresse à tous, tout autant aux viticulteurs (ou à certains d’entre eux) qui devraient trouver là matière à réflexion. Voici ce qui en est dit :

« Dans cette vidéo, le vin est abordé en tant qu'objet de civilisation. Jean-Luc Mélenchon et les différents intervenants expliquent en quoi l’élaboration des normes viticoles a fait l’objet d’une lutte sociale. Le film montre ensuite que ces normes sont aujourd’hui menacées par le projet de Grand Marché Transatlantique. Enfin, la nécessaire transition écologique de l’agriculture est défendue à travers l’exemple de vignerons bio.


Vous trouverez dans cette vidéos des interventions (par ordre d’apparition) de :
- Jean-Luc Mélenchon, député europé
en

- Serge Azaïs, viticuteur coopérateur à Montagnac (Languedoc)

- René Morenao, Président de la cave coopérative de Montagnac (Languedoc)

- Jonathan Nossiter, cinéaste artisan

- Jean-Pierre Frick, vigneron bio (Alsace)

- Claude Buchot, vigneron bio (Jura)- Valentin Morel, vigneron bio (Jura) »

https://www.youtube.com/watch?v=pBNu5uHLGdg

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 06:11

20 janvier 2014 (explication de vote)

Le Parlement européen vote la régression dans la protection du vin

Le rapport Bartolozzi voté mardi dernier au Parlement européen permet une nouvelle réglementation assouplie des « produits vinicoles aromatisés ». Cette libéralisation s’inscrit dans le cadre de la réforme de la PAC qui allège les réglementations pour soumettre tous les produits agricoles à la concurrence libre et non faussée. La proposition aggrave encore le règlement de 1991 qui accordait à des préparations alcooliques aromatisées la qualification de « produit vinicole », en cohérence avec la libéralisation commerciale mondiale ayant affecté l’Organisation Internationale du Vin. Or historiquement ne pouvait être appelé vin que le produit exclusif de la fermentation alcoolique du raisin. En donnant le qualificatif « vinicole » à toutes sortes de produits qui n’ont rien à voir avec le vin, cette « simplification » a marqué une régression pour la protection du vin.

Le règlement européen proposé aggrave cette banalisation. Il étend aux produits aromatisés, édulcorés, colorés des qualifications qui étaient jusqu’ici réservées au seul vin, comme la mention du cépage ou de l’origine géographique. Cette évolution, favorable aux produits alcooliques industriels standardisés, va se faire au détriment des producteurs de vin de qualité, qui perdent progressivement leurs protections spécifiques. C’est une très mauvaise nouvelle pour l’avenir et la diversité des vins européens. Et c'est un signe supplémentaire de l'absence de bon goût de la technostructure arrogante et vulgaire qui invente un tel crime contre la civilisation européenne. J'ai voté contre sans pouvoir l'empêcher.

******

15 avril 2014 (question à la Commission)

L’impasse écologique et productive des politiques d’arrachage de vignes

L’Union européenne impulse depuis plusieurs années des politiques d’arrachage de vignes, au nom de la régulation de la production. Cette politique a consisté à des campagnes massives d’arrachages de 2008 à 2011, grâce à des primes dépassant les 6 000 euros à l’hectare. 160 000 hectares ont ainsi été arrachés en Europe, dont 22 000 en France. Cette politique est très coûteuse puisque près d’un milliard d’euros ont été dépensés pour cela depuis 2008, dont 135 millions rien qu’en France. Malgré l’abandon des grandes campagnes d’arrachage, cette politique se poursuit de manière larvée avec la nouvelle PAC sous forme d’aides à la reconversion et à la restructuration des exploitations, qui comportent souvent des arrachages.

Comment la Commission peut-elle défendre ainsi une régulation à la baisse de la production viticole alors qu’on assiste à une augmentation rapide de la demande mondiale de vin ? Le rôle de la PAC ne devrait-il pas plutôt être de conforter le potentiel productif viticole européen ?

Les arrachages massifs ont ainsi amputé le potentiel productif du vignoble français alors qu’il faudrait le renforcer. Loin de permettre une réorientation qualitative du vignoble, les politiques d’arrachage sont largement aveugles et indifférentes aux enjeux écologiques, commerciaux et culturels de la viticulture. Ainsi, 40 % des vignes arrachées en France étaient classées en Appellation d’origine contrôlée. Elles représentaient un potentiel de 20 000 emplois perdus.

La moitié des surfaces arrachées sont restées en friche, au détriment de l’aménagement du territoire, ou ont été rendues constructibles, contribuant ainsi à la logique nuisible d’étalement urbain. Ces arrachages ont ainsi conduit à une baisse de la valeur ajoutée des territoires concernés. Ils ont fragilisé les outils collectifs de production (coopératives viticoles) et de gestion des sols (SAFER).

Quel bilan raisonné la Commission européenne tire-t-elle de cette politique ?
Va-t-elle continuer à soutenir des mesures d’arrachage dans le cadre des politiques de restructurations d’exploitati
ons ?

Comment compte-t-elle empêcher que les terres arrachées tombent en friche ?
Entend-elle conditionner toute mesure d’arrachage à une reconstitution qualitative et écologique des vignobles arrac
hés ?

Alors que le productivisme agricole est néfaste pour l’environnement comme pour la qualité des produits et des emplois agricoles, compte-t-elle intégrer plus largement la nécessité d’une agriculture paysanne et biologique dans sa politique viticole ?

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 06:31

 

ou réflexions succinctes à partir de l’entente Uccoar/Val d’orbieu

 

« L’entente entre l’Uccoar et Val d’Orbieu inquiète les salariés », pouvait-on lire dans un article de L’Indépendant (28/6/2012). Ils ont bien raison. Cela se traduit toujours en jargon par des économies d’échelle (contractions en tous genres) et, pour ce qui concerne les salariés, par une diminution du nombre des personnels priés d’aller se faire visiter ailleurs.

On lit, dans ce même article, que sont ainsi fédérés 2500 viticulteurs pour une production de 3 000 000 d’hectolitres de vin.

Mon observation est sur ce point. Mes interrogations aussi.

 

2500 viticulteurs dans un cadre coopératif cela n’est rien d’autre que de la galéjade. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a de coopération qu’à taille humaine, que lorsqu’on se connait, que l’on peut échanger, que l’on garde la maîtrise directe de son devenir. Le viticulteur Nestor de la Malepère, cet autre François des Corbières où Fernand de la basse-plaine de l’Aude, tous personnages inventés cependant bien réels, se rencontrent-ils ? Se connaissent-ils ? Non ! Ils s’ignorent.

 

Par ailleurs, plus le nombre des viticulteurs augmente dans une structure coopérative plus le poids de chacun d’eux diminue et devient négligeable dans la décision tandis que monte en parallèle la puissance administrative, celle du management,…. On se retrouve alors, comme dans L’Odyssée de l’espace (l’ordi prend le contrôle du vaisseau spatial) avec une prise de pouvoir par ceux-là même qui, primitivement, avaient été embauchés pour servir et éclairer les coopérateurs.

 

On se retrouve également, sans qu’il soit besoin de remettre en cause et l’esprit et les statuts dans un tout autre système plus proche d’une société que de celui de la coopération.

 

La coopération ayant échappée subrepticement, de manière indolore, aux viticulteurs-coopérateurs, l’outil dont ils s’étaient dotés pour s’assurer de leur liberté et de leur existence dans le cadre collectif devient celui de leur asservissement.  

 

Le coopérateur est de la sorte devenu un pourvoyeur de raisin. A quel prix ce dernier lui sera payé ? Au prix qu’ « on » consentira à lui verser, ceci pour diverses raisons. Celle-ci par exemple : il faut payer les investissements. Décidés par qui ? La technostructure qui, en AG, a fait passer le projet dont elle a eu l’idée, qu’elle a instruit et dont elle seule possède les tenants et aboutissants. N’imaginez surtout pas que les coopérateurs aient été sollicités en amont sur sa pertinence ou ne serait-ce que pour information, l’AG est juste là pour validation (droit contraint).

 

Mon observation (et interrogation) tient également sur les 3 000 000 d’hectolitres de vin.

 

Un tel volume indique bien qu’il s’agit d’une production de vin industriel. Certes toujours meilleur qu’il ne l’était à l’époque de nos parents mais un vin de masse qui correspond à une politique dont la valorisation du produit n’est pas l’objet et la préoccupation essentielle, ceci à un moment où de moins en moins de personnes boivent du vin et il y a de plus en plus de producteurs (et donc de concurrents) dans le monde. C’est dire que les leçons de l’histoire (crises dues à une production massive) ne servent pas à grand-chose.

 

L’objection qui peut être faite est que « l’entente » entre diverses structures correspond à une force de frappe commerciale nécessaire. L’objection serait pertinente si cela ne conduisait pas à l’autonomie de celles-ci qui piège le coopérateur et dont il a été question plus haut.

 

Tout ceci correspond à une évolution de la coopération (jusqu’à sa perte) dans la logique de marché de type libéral. Le salut du viticulteur et du coopérateur est conçu dans une fuite en avant. Toujours plus de concentration et d’absorption semble être la panacée. Le temps est proche où le viticulteur coopérateur, cependant propriétaire de ses vignes, se verra contraint d’obéir aux décideurs commerciaux et sera dans la position d’un sous-traitant.

N’y-a-t-il pas autre chose à faire ?

 

Dernier point et pas le moins important.

On entend souvent dire qu’il convient de développer le système coopératif. Il y a dans cette pétition quelque chose de naïf : du prononcé du mot, la coopération existerait. Belle idée en fait qui n’a guère de sens si on n’éduque pas à l’esprit coopératif, si on n’a pas pour objectif de l’entretenir, si à l’occasion de concentrations ne sont pas prises les mesures nécessaires à son maintien.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 05:48

 

L’idée que tout doit se payer n’est pas neuve.

Voici un texte -amusant ?-  de Jean-Pierre Berlan paru sur Kokopelli

Exergue

 

http://www.kokopelli.asso.fr/articles/en-finir-avec-gratuite.html

 

En finir avec la gratuité

En 1845, le lobby des Fabricants de Chandelles, Bougies, Lampes, Chandeliers, Réverbères, Mouchettes, Éteignoirs, et des Producteurs de Suif, Huile, Résine, Alcool, et généralement de tout ce qui concerne l'Éclairage avaient pétitionné les députés dans les termes suivants :

… Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui, et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n'est autre que le soleil, nous fait une guerre (si) acharnée …

Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, oeils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si inégale.

… Et d'abord, si vous fermez, autant que possible tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l'industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée ? "


Le lecteur aura reconnu des extraits du pamphlet célèbre de Frédéric Bastiat, qui ferraillait contre les protectionnistes de son temps. Ce libéral conséquent avait pressenti le principe économique de notre modernité néo-libérale, la croissance illimitée, quelqu’en soit le coût :
toute activité gratuite, parce qu'elle lèse le secteur marchand correspondant, devra être soit interdite soit taxée à son profit.

Les êtres vivants commettent un crime impardonnable: ils se reproduisent et se multiplient gratuitement. Certains en éprouvent même du plaisir. Depuis plus de deux siècles, notre société livre à cette gratuité une guerre longtemps secrète dont la dernière bataille est en cours.

 En 1961, la convention de l’Union pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV) signée par les six pays fondateurs du Marché Commun cherche à stimuler la sélection clonale (le remplacement de variétés par un modèle ou génotype unique produit en autant de copies que nécessaire, un clone par conséquent) de plantes conservant leurs caractères héréditaires individuels d’une génération à la suivante (blé, orge, etc.). Dans ce cas, le facteur génétique n’a pas de prix au double sens paradoxal que sa valeur marchande est nulle car l’agriculteur le multiplie à satiété dans son champ, alors que sa valeur sociale est inestimable. Par exemple, le blé Etoile de Choisy, un clone de l’Inra, a, après la guerre, révolutionné la culture du blé en France. Cette convention laisse l’agriculteur libre de semer le grain récolté et tout clone (appelé à tort “ variété ”) reste une ressource génétique disponible pour poursuivre le travail de sélection.

La version originale de l’UPOV satisfaisait les sélectionneurs de l’époque, de grands agronomes agriculteurs passionnés par la plante et travaillant avec les généticiens/sélectionneurs de l’Inra. Ce système fonctionnait bien. L’Inra pouvait faire respecter ce qu’il jugeait être l’intérêt public. Mais maintenant qu’un cartel de fabricants d’agrotoxiques contrôle les semences, l'Inra ne pèse pas lourd. De plus, les gouvernements successifs ont mis directement les chercheurs au service de transnationales qui n’entendent pas se contenter des profits, somme toute modestes, que la redevance UPOV et la règlementation administrative offrait aux agronomes-sélectionneurs. Le cartel exige maintenant d’en finir avec cette injustice de la reproduction gratuite des êtres vivants d’autant plus vite qu’il se heurte à une résistance populaire mondiale. Son but est de les stériliser par un moyen quelconque, administratif, règlementaire, biologique, ou légal.

En 2001, le gouvernement Jospin a pris une mesure inédite de lutte contre la gratuité de la nature, la "Cotisation Volontaire Obligatoire" (George Orwell aurait aimé cette expression) pour les semences de blé tendre. Que l’agriculteur sème le grain qu’il récolte ou qu’il achète des semences, il doit payer une redevance à l’obtenteur ! Ce dispositif sera étendu à d’autres espèces. Une commission estimera le prix de cette marchandise nouvelle, le “droit à semer". Comment, puisqu’il y a pléthore et donc pas de marché ? Pourquoi pas un “ droit à respirer ” ? On ne pourra plus dire comme Mme du Deffants au temps de Louis XV : “ On taxe tout, hormis l’air que nous respirons ”.

On connaît la technique emblématique des industriels des “sciences de la vie”, Terminator, la production de semences transgéniques dont la descendance est stérile - le triomphe de la loi du profit sur la loi de la vie. En 1998, Terminator avait soulevé une vague d'indignation telle que Monsanto avait dû annoncer qu'il abandonnait cette technique de stérilisation. En octobre 2005, l'Office Européen du Brevet a accordé le brevet Terminator dans l’indifférence. Monsanto et ses concurrents/alliés travaillent d'arrache-pied à cette méthode jamais abandonnée – c’est l’arme absolu contre la Vie - qui cible en priorité les paysans du Tiers-Monde – pour les soulager de la faim, nous affirment le cartel et ses affidés.

En novembre 2004, l’Assemblée Nationale unanime (sauf le groupe communiste) avait transposé la Directive Européenne 98/44 de soi disant “brevetabilité des inventions biotechnologiques”. Tout ce qui transgénique est brevetable (article 4), ce qui, comme le montre l’exemple nord-américain mettra fin à la pratique fondatrice de l’agriculture, semer le grain récolté. Il est piquant que les communistes défendent maintenant les valeurs libérales – et significatif qu’ils soient seuls à le faire.

La version 1991 du traité de l’UPOV confère à l’obtenteur le “ droit exclusif de produire, reproduire, conditionner au fins de la reproduction ou de la multiplication, offrir à la vente sous toute autre forme, exporter, importer, détenir à une des fins ci-dessus mentionnées du matériel de reproduction et de multiplication de la variété protégée. ” Par dérogation accordée par le Conseil d’Etat, l’agriculteur pourra semer le grain récolté.

L’Assemblée Nationale discutera prochainement de la ratification de l’UPOV 1991 adoptée le 23 février par le Sénat. L’Union Européenne, le lobby des agrotoxiques et le gouvernement font passer pour une opération de routine technique la stérilisation légale et gratuite du vivant au profit d’un cartel de fabricants d’agrotoxiques exemptés dans les pays industriels des coûts de la mise au point de techniques biologiques aléatoires de stérilisation comme Terminator ou les Gurts - les méthodes de restriction de l’utilisation des gènes, la fabrication non pas de plantes stériles mais des plantes handicapées.

En somme, le gouvernement demande au législateur de créer un privilège sur la reproduction des êtres vivants. Contre l’intérêt public. Contre celui des agriculteurs Au profit de producteurs de poisons. Au nom du libéralisme!
Un privilège incite ceux qu’il lèse à tricher. La prochaine étape sera donc de créer une police génétique pour le faire respecter. En Amérique du Nord, Monsanto engage des entreprises de détectives privés pour débusquer les éventuels “pirates” et offre aux agriculteurs qui voudraient dénoncer leurs voisins une ligne téléphonique gratuite ( !). En Europe, la police génétique sera-t-elle privée ou publique ? C’est le choix que la Commission Européenne et le gouvernement imposeront au législateur. Est-ce un choix honorable ?

Dans le même temps, la création d’un catalogue alternatif pour les variétés paysannes dites " de conservation " qui les protégerait de l’expropriation par le cartel, est au point mort.

Dernière pierre du dispositif gouvernemental, le projet de loi sur la coexistence entre clones chimériques brevetés et clones traditionnels organise la pollution génétique. Il s’agit de créer le fait accompli en accélérant encore la destruction déjà catastrophique de la biodiversité. Il s’agit d’euthanasier l’agriculture biologique dont le seul tort est d’utiliser la gratuité de la Nature plutôt que des pétro-intrants marchands ruineux pour les humains, les sols, l’eau, bref, notre milieu de vie, au moment même où se ferme la parenthèse d’une pétro-agriculture industrielle obsolète fondée sur la thermodynamique du XIXè siècle !

Une société totalitaire de délation est en gestation. De vote en vote, de règlement en règlement, de mesure en mesure, insensiblement, le législateur est aspiré dans une spirale funeste et détestable dont il ne voudrait à aucun prix si la propagande du cartel des chandelles transgénique ne le trompait pas.

Messieurs les Députés, ouvrez les yeux ! Nos libertés sont en danger. Ne confiez pas l’avenir biologique de nos enfants et de notre planète aux fabricants d’agrotoxiques !

Jean-Pierre Berlan, Directeur de Recherche Inra.

jpe.berlan@wanadoo.frJean-Pierre Berlan

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 06:14

 

 

Sur la propriété intellectuelle, ci-dessous : 5 courts résumés d’un bouquin traitant du sujet.

http://exergue.over-blog.com/article-la-propriete-intellectuelle-1-77239864.html

 

http://exergue.over-blog.com/article-la-propriete-intellectuelle-2-77436070.html

 

http://exergue.over-blog.com/article-la-propriete-intellectuelle-3-77536894.html

 

http://exergue.over-blog.com/article-la-propriete-intellectuelle-et-le-parti-de-gauche-4-77637017.html

 

http://exergue.over-blog.com/article-propriete-intellectuelle-5-77812208.html

 

 

 

 

 

 

 

Le 28 novembre dernier le Parlement a voté une loi interdisant aux agriculteurs de réutiliser leurs propres semences sous peine de sanctions. Désormais, ces derniers devront payer des droits de copie privée sur ce qui leur appartient.

 

Voir l’excellente vidéo, très pédagogique, de l’interview de Jean-Pierre Berlan. À faire circuler.

 http://vimeo.com/33274313 

 

Qui est Jean-Pierre Berlan : http://blogs.mediapart.fr/edition/ogm/article/161211/jean-pierre-berlan-reagit-sur-les-certificats-dobtention-vegetale 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 09:17

 

(Re)développer l’esprit coopératif

 

Le monde rural n’échappe pas à l’humeur ambiante, résultat d’une longue imprégnation à l’individualisme libéral, consumériste, compétitif ; véhiculé par les médias (Tv, films, livres, journaux…),…. L’absence d’éducation au vivre ensemble, à la solidarité, nous expose. Ainsi nous périssons.

 

Résumons. « Pour arriver », il faut ignorer l’autre, s’il est à terre : surtout ne pas l’aider à se relever.

Désormais, dans le monde agricole, il ne s’agit plus de se développer (voire de survivre) avec mais sans les autres. On se veut seul. Se sent bien, seul. Quelle fierté d’être celui qui reste ; sans avoir cette conscience qu’il en est toujours un plus fort, dans le même esprit que celui que l’on a, par qui nous subirons la chute. Car, dans le monde que nous vivons, nous sommes, les uns après les autres, aujourd’hui ou demain, appelés à être terrassés.

Faisons-nous l’effort de comprendre que ce n’est pas l’autre l’adversaire, le proche ou le lointain, le semblable, l’égal, l’identique, mais le néolibéralisme et son cortège de dérégulations, de dérèglementations, de délocalisations, … tout entier au service des géants, de la banque, de la finance, ailleurs de  l’agroalimentaire, des metteurs en marché, des grandes enseignes commerciales, toutes choses auxquelles nous n’appartenons pas et n’appartiendrons jamais.

 

Revenons au terrain.

La perte de l’esprit coopératif est naturelle. Plus on s’éloigne de l’époque des pères fondateurs qui ont voulu et mis en place la coopération plus on perd l’idée de son impérieuse nécessité.

-          Cette perte est le résultat de la délégation faite à des administrateurs. On n’a plus l’intention de s’emmerder. On fait confiance aux élus. Sans jamais demander d’explications. Sans jamais exercer de contrôle. Ainsi quitte-t-on peu à peu la vie coopérative, de responsabilité partagée, à laquelle pour finir, pour ne pas avoir suivi de près et au quotidien le mouvement, on ne comprend plus rien.

-          Cette perte est le fait d’une plus grande technicité, complexité. Pour y faire face, on embauche fort justement des personnels compétents entre les mains desquels on (administrateurs compris) se remet. La dérive est grande alors de voir les coopérateurs pressurés, liquidés au nom de politiques gestionnaires auxquelles ils ne peuvent souscrire.

-           Cette perte est le fait de nouvelles et necessaires structures (fusion de coopératives). Mais plus on est éloigné physiquement du bâti coopératif, plus on devient étranger à la coopération.

-          Cette perte est le fait que le nombre de viticulteurs diminuant, les plus « importants » en imposent aux « petits », font la pluie et le beau temps. On ne mesure pas assez le poids des notables devant lesquels les coopérateurs restent baba. Et s’il advient un jour qu’on s’adresse à un Président pour lui demander pour quelles raisons il a fait ceci ou cela, par delà le crime de lèse-majesté qui l’agresse, il répond parce qu’il a été élu, comme si le fait d’être élu déchargeait jusqu’à la prochaine élection de devoir s’expliquer et informer, de solliciter les coopérateurs.

-          Cette perte est le fait de nouveaux adhérents, la plupart jeunes, qui n’ont pas été éduqués à l’esprit de coopération mais bien à celui du chacun pour soi, et qui sont dans le cadre coopératif parce qu’ils n’ont pas les moyens de se payer une cave particulière.

Ainsi perd-on pied. Tous.

…..

On peut multiplier à l’infini les raisons de la perte de l’esprit coopératif. Dire, par exemple, que la gestion de l’aspect commercial qui n’était pas à l’origine de la coopération viticole cantonne le viticulteur à s’exprimer dans ce pour quoi il se sent le plus capable : la culture de la vigne. De fait le viticulteur cultive sa vigne, ramasse le raisin, l’apporte à la cave coopérative qu’il considère dès lors comme une banque qui lui verse acomptes à un rythme régulier. Ce qui se passe en termes de vinification, de vente, …. ce n’est pas son problème. Mais l’intéresse-t-on à cela ?

 

Interrogés sur la coopération, les administrateurs en déplorent l’inexistence. Leur dit-on qu’ils devraient, ayant fait le constat, se donner mission d’y porter remède, ils répondent que ce n’est pas leur rôle. Ils ne se sentent pas investis de cela, quelques uns étant là davantage pour surveiller leur intérêt que pour veiller véritablement à l’intérêt collectif. On se console en pensant que veillant au leur ils ne peuvent faire autrement que d’être attentif au bien commun auquel ils participent.

Les administrateurs disent encore : si les coopérateurs veulent s’informer, ils en ont la possibilité. Mais, comme partout, faisons le constat qu’on gouverne plus facilement des personnes non averties, en conséquence moins promptes à la critique, même si elle est constructive. Ainsi est-on est moins dérangé.

Pas de quoi s’étonner, après, que lorsque advient une crise, qu’on ne trouve plus personne sur les barricades, plus personne en état de faire des propositions pour s’en sortir, plus personne pour émettre des projets innovants,…. Tout cela témoigne de l’incurie, de l’absence d’audace, du manque de vision des administrateurs.

Il est vrai aussi que maintenir à distance les coopérateurs c’est s’assurer de se refiler les postes entre pairs car tel est aujourd’hui président ici et administrateur ailleurs dans une autre structure (syndicale, mutualiste,….), sera demain dans une autre configuration par un simple échange de rôles.

 

Il faudrait donc éduquer à la coopération, informer le coopérateurs, se donner les moyens d’aller puiser dans ces compétences enfouies. Mais personne ne le veut. Et surtout pas ceux qui sont aux commandes de la coopération. Quant aux autres, les coopérateurs, ils ne savent même plus à quoi ils peuvent prétendre.

 

Eduquer, informer. C’est le problème ici. C’est le problème ailleurs C’est le problème partout, dans tous les domaines de la vie citoyenne.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 03:59

 

Répéter les choses pour qu’elles finissent par pénétrer les esprits.

 

Avoir des outils en commun

 

Il est des outils nécessaires, qui servent peu dans l’année, dont on use individuellement de manière discontinue et que n’utilisent pas en même temps les viticulteurs. Ainsi : broyeur à sarments, gyrobroyeur, mangouste, ….

Chaque viticulteur essaye, autant qu’il en a la possibilité, d’en devenir propriétaire. Se faisant, il met à mal l’équilibre financier de l’exploitation par une charge qui pourrait être partagée et qui, ne l’étant pas, le rend vulnérable.

La « crise » dernière, dont il faut être naïf pour croire que c’est la dernière « crise », aurait dû conduire à la réflexion. Mais non ! Chacun continue dans ce système individualiste, cependant suicidaire.

 

Pour avoir parlé alentours de cette nécessité d’acheter du matériel en commun, la réponse a été celle-ci : « Il y en a qui ne font pas attention au matériel qui n’est pas à eux ».

Qu’à cela ne tienne ! Faisons comme les entreprises de location de matériel.  Tout rentrera vite dans l’ordre. Achetons en commun et louons-nous ce matériel aux conditions des entreprises de location (frais de dégradations payés par ceux ont dégradé), il n’y a pas de meilleure éducation.

 

Acheter le matériel individuel ensemble

 

Un exemple. Chaque année des viticulteurs font le choix d’investir, les uns dans un tracteur, les autres dans un appareil à sulfater, ... . Pour ce faire, ils se présentent individuellement devant les concessionnaires.

Imaginons un instant que ces mêmes viticulteurs se concertent sur le choix d’un matériel. Ils peuvent alors présenter une commande groupée et faire baisser les prix davantage qu’ils peuvent prétendre le faire s’ils s’en vont seuls à l’abattoir.

La démarche vaut aussi pour d’autres achats : piquets, produits, gazole,…..

 

 

Il faut bien comprendre que la part de dépense dont on a pris la peine de se dispenser donne de l’oxygène et permet un meilleur équilibre financier.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 16:30

 

 

Serge MARTY ancien du CANVS; Elu local ; Comité Consultatif Citoyen du Département de l’Aude                                  

             

              A

 

             Monsieur le Président de la République:

 

    En 2007, lors de l’action « A PARIS EN TRACTEURS», nous avons rencontré  des députés, des sénateurs, des groupes parlementaires à l’Assemblée Nationale, au Sénat.

Des  candidats à la Présidentielle de 2007, nous ont reçu ou ont accepté de dialoguer avec nous : F BAYROU, O BESANCENOT, M G BUFFET, A LAGUILLER, J M LE PEN. J BOVE nous a soutenu en cours de campagne. 

     Les élus des groupes parlementaires rencontrés toutes tendances politiques confondues, bien que partageant souvent notre analyse, se sont dits impuissants à faire avancer le dossier «viticulture» face à la puissante influence du lobby anti-vin à l’Elysée, à Matignon, dans les Ministères, dans les Assemblées.

    Deux candidats à la Présidentielle de 2007, S. ROYAL et  vous-même ont évité ou refusé de nous rencontrer et de répondre à notre lettre ouverte.

   En 2007, vous avez été élu, Président de la République. Rien n’a évolué depuis.  La situation de la viticulture familiale et la situation économique des viticulteurs se sont même aggravées dans l’Aude, de nombreux exploitants survivent par  le RSA.

  C’est pourquoi, 5 ans après,  à l’occasion de votre visite dans notre beau Département de l’Aude, mais à la viticulture sinistrée, je me permets de vous soumettre les mêmes 5 questions qui n’ont rien perdu de leur actualité et de leur pertinence et qui attendent  vos réponses:

 

1- En France, la politique de lutte contre l’alcoolisme a dévié vers une campagne anti-vin et vers une communication officielle à sens unique et incomplète dans le domaine « vin et santé »,  occultant  les bienfaits du vin sur la santé.

VOUS ENGAGEZ-VOUS A METTRE UN TERME A CETTE SITUATION PARTISANE ?

 

2- La loi Evin est utilisée contre le vin. Le Vin, en France, est considéré seulement comme un alcool, voire une «drogue» ! Les bienfaits du vin (consommation raisonnable et régulière) démontrés et confirmés scientifiquement par plusieurs études sont totalement occultés.

VOUS ENGAGEZ-VOUS A UNE COMMUNICATION EQUILIBREE ET HONNETE SUR LE VIN ?

 

3- Le Vin, produit issu de la fermentation du raisin devrait être distingué de l’Alcool (issu de la distillation).

VOUS ENGAGEZ-VOUS A DIFFERENCIER PAR LA LOI LE VIN DE L’ALCOOL ?

 

4- Le vin est une boisson appartenant au Patrimoine Culturel et Gastronomique de l’Humanité.

VOUS ENGAGEZ-VOUS A FAIRE RECONNAITRE LE VIN COMME UNE BOISSON ALIMENTAIRE EN FRANCE ?

 

5- Le vin produit cher pour le consommateur, n’est pas rémunérateur pour 8 viticulteurs familiaux sur 10. La dérèglementation du commerce, permet aux metteurs en marché de spolier légalement les producteurs familiaux de  leur «part» de la plus value du vin.

VOUS ENGAGEZ-VOUS A REGULER LE MARCHE, AFIN QU’UN JUSTE RETOUR D’UNE PARTIE DE LA PLUS VALUE DU VIN, PERMETTE AUX VITICULTEURS FAMILIAUX DE VIVRE DE LEUR TRAVAIL ?

 

     Comptant sur  votre écoute, je vous serais reconnaissant si vous  vouliez bien  faire connaître aux audois, votre analyse et votre position sur le VIN et sur la situation dramatique des viticulteurs familiaux audois.  Avec mes remerciements, veuillez accepter mes salutations respectueuses.

Durban Corbières, le 22 octobre 2011.

Serge MARTY :   0468458312; 0673658160 ; serge.marty@gmail.com; 5 rue de la Garrigue 11360 DURBAN CORBIERES.

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 15:07

 

Répéter les choses pour qu’elles finissent par pénétrer les esprits.

 

 

Irrigation

 

Un peu partout, de plus en plus dans le département, les vignes sont irriguées. Il est des viticulteurs qui se préoccupent du sort de leurs vignes, de la permanence et de la qualité et de la production. On se demande bien pourquoi, il est des secteurs où ce dessein, l’irrigation, n’a pas encore irrigué les esprits.

 

Les bénéfices tirés de l’irrigation permettent d’assurer une régularité de la production ainsi qu’une meilleure qualité du raisin, en conséquence du vin. Cela a été dit. La plante ne subissant pas le stress hydrique, elle n’est plus bloquée dans l’évolution des sucres ce qui autorise un bon murissement du raisin.

Les viticulteurs ont tout à gagner dans cette opération si elle est bien conduite.

 

Irriguer ne signifie pas gaspiller l’eau. Le goutte-à-goutte est de ce point de vue, une bonne technique qui consomme fort peu d’eau.

 

Le coût de l’installation de l’irrigation est important. Cela devrait inciter les viticulteurs à acquérir les matériels en commun afin de réduire l’impact financier difficilement supportable individuellement, également afin que ne s’installent pas de manière désordonnée des stations de pompage.

Ainsi, en toute logique, un projet d’irrigation devrait être pensé dans un cadre coopératif et non pas laissé au bon vouloir de chacun.

 

Un projet collectif d’irrigation permettrait d’acheter quelques grosses pompes performantes au lieu d’une multitude de pompes à usage individuel. Pareil pour les filtres. Il y aurait là, à disposition de tous, un matériel de qualité.

Un projet collectif d’irrigation permettrait à tous de s’inscrire dans cette démarche, alors que l’initiative individuelle est le plus souvent freinée ou bloquée par la disponibilité financière ce qui fait que, comme d’habitude, les moins argentés restent sur la touche.

Un projet collectif d’irrigation permettrait de positionner un réseau réfléchi au lieu de voir se développer des réalisations individuelles sans cohérence. Pour comprendre, il faut imaginer ce que serait la situation s’il n’y avait pas un réseau d’adduction d’eau courante pour alimenter les maisons et si chacun tirait sa propre ligne

Etc.,….

 

Qui peut avoir l’initiative et être maître d’œuvre de ceci ?

A l’évidence les caves coopératives.

Pourquoi ?

Parce que c’est là que, normalement, doit se trouver l’esprit de coopération. Et, s’il n’existe plus, c’est une bonne manière de lui redonner vie.

Mais surtout parce qu’une cave coopérative (son conseil d’administration) est d’emblée au contact des viticulteurs. Parce qu’une cave coopérative est une « autorité » qui peut plus facilement fédérer autour d’un projet que ne peut le faire un individu. Parce qu’une cave coopérative à cette capacité de mener un projet cohérent couvrant un territoire.

Que la cave coopérative, au regard de ses statuts ne puisse pas réaliser un tel projet, on peut l’admettre, mais qu’elle n’est pas l’initiative d’une telle démarche paraît être un non sens, son avenir dépendant de l’amont.

 

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