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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 06:48

 

Excellente émission sur France Culture. Naturellement que je vous conseille.

 

Et vous, comment vous êtes-vous construit ?

 

A l’écoute, je me suis rassuré. Car il n’est pas bon, cela fait mauvais genre, de dire que le roi que l’on préfère c’est Louis XI, celui que l’on déteste grandement : Louis IX. Que l’on est jacobin. …… Qu’on a de l’affection pour Robespierre, Saint Just,….Alors ! Quand un autre le dit, on se sent moins seul.

Ceci, parce que l’air du temps qui change avec le temps, a fait que ces dernières années il était mal venu de tenir pareils propos.

 

Pour ma part, plus localement, je me suis construit avec la pensée de Georges Guille, député socialiste de l’Aude à l’époque de la SFIO, surnommé en son temps le Robespierre du socialisme, une sorte de Mélenchon, qui a écrit, prémonitoirement : La Gauche la plus bête et qui vient, un peu, de sortir de l’oubli avec une biographie de Jacques Fleury : Georges Guille. Georges Guille à qui on a dédié il y a quelques années un rond point qui est la seule chose qui tourne désormais à gauche dans l’Aude (hormis le Front de Gauche).

 

Exergue

 

 

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-imaginaire-historique-des-hommes-politiques-34-2012-03-07

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 06:49

1-    - Que penses-tu de la montée des partis fondamentalistes à l’issue des révolutions arabes ?

-

2-        -  Que penses-tu de la place de la laïcité dans les révolutions citoyennes d’Amérique du Sud ?

 

 http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/entretien-avec-jean-luc-melenchon-35/4250

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 05:50


 

Lu sur le blog Et pendant ce temps là, la grande crise

http://et-pendant-ce-temps-la.eklablog.com/restructuration-de-la-dette-grecque-soupcon-de-corruption-a-la-bce-a39362567

1-     

 Restructuration de la dette Grecque : soupçon de corruption à la BCE

 

Par Coma81dans Dettes : qui paiera ? le 12 Février 2012 à 15:23

Deux articles édifiants, mettant en doute la probité de la BCE et de ses dirigeants dans les négociations portant sur la restructuration de la dette grecque, viennent de paraître ces jours-ci.

Joseph Stiglitz, tout d'abord, s'est demandé pour quelle raison étrange la BCE apportait son appui à une restructuration "volontaire" de la dette grecque, comme si elle cherchait à éviter à tout prix l'officialisation du défaut partiel, lequel aurait pour effet de déclencher l'activation des CDS (assurances sur crédit). Les banques qui avaient eu la prudence de s'assurer contre risque de défaut se trouvent lésées et sont d'autant plus réticentes à céder sur les négociations avec l'Etat grec. Ecartant l'argument selon lequel le risque systémique serait plus important en cas de défaut officiel, Joseph Stiglitz tire la conclusion suivante : "En réalité la BCE fait probablement passer l'intérêt des quelques banques qui ont émis des CDS (assurance contre le risque de défaillance d'un crédit) avant celui de la Grèce, des contribuables européens et des prêteurs qui ont agi prudemment en s'assurant (...) Ainsi qu'on le voit ailleurs, les institutions qui n'ont pas à rendre des comptes de manière démocratique peuvent être la proie d'intérêts particuliers."

Le lecteur, qui vient d'apprendre que la BCE ne protégeait ni l'intérêt des Européens, ni même celui des banques en général, n'en saura pas plus quant aux "intérêts particuliers en question". Mais quelles sont donc ces mystérieuses banques, émettrices d'assurances sur défaut, qui semblent être l'objet de toutes les attentions ? "Goldman–Sachs ou Merril–Lynch" répond Arnaud Parienty, professeur d'économie. Cela lui fait se demander sans détour, sur le site d'Alternatives Economiques : "Doit-on lier son insistance étonnante à ce que la restructuration de la dette grecque soit volontaire à la carrière au sein de Goldman Sachs de Mario Draghi ( le président de la BCE) ? ".

Ce qui est troublant dans cette histoire, c'est que les accusations extrêmement graves portées par ces deux auteurs, en particulier par le prix Nobel d'économie, dont l'audience est mondiale, n'aient été relayées par aucun média (à ma connaissance) ni suscité de réactions chez leurs collègues ou dans le monde politique.

Voir les 2 articles ci dessous. 

 

 

Main basse sur la BCE ?, Joseph Stiglitz est prix Nobel d'économie - Février 2012. Extrait.

"Rien n'illustre mieux les divergences politiques, la présence d'intérêts particuliers et les considérations économiques à court terme à l'œuvre en Europe que le débat sur la restructuration de la dette souveraine de la Grèce. (...)

La position de la BCE est curieuse. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banques achètent une assurance. Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité systémique veille en principe à ce que l'assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques perdent plus de 50% sur les obligations qu'elles détiennent, sans être dédommagées. (...)

En réalité la BCE fait probablement passer l'intérêt des quelques banques qui ont émis des CDS (assurance contre le risque de défaillance d'un crédit) avant celui de la Grèce, des contribuables européens et des prêteurs qui ont agi prudemment en s'assurant.

Enfin, dernière étrangeté, l'opposition de la BCE à une gouvernance démocratique. C'est un comité secret de l'Association internationale des swaps et dérivés, une organisation professionnelle, qui décide si un incident de crédit a bien eu lieu. Or les membres de cette association ont un intérêt personnel dans ce type de décision. Selon la presse, certains d'entre eux utiliseraient leur position pour défendre une attitude plus accommodante au cours des négociations. Il paraît inconcevable que la BCE délègue à un comité secret d'acteurs du marché en situation de conflit d'intérêts le droit de décider ce qu'est une restructuration acceptable.

Le comportement de la BCE n'est pas surprenant. Ainsi qu'on le voit ailleurs, les institutions qui n'ont pas à rendre des comptes de manière démocratique peuvent être la proie d'intérêts particuliers. C'était vrai avant 2008. Malheureusement pour l'Europe et pour l'économie mondiale, le problème n'a pas été résolu depuis.

 

Pourquoi la restructuration de la dette grecque est-elle si difficile ?, Arnaud Parienty - Février 2012. Extrait.

"(...) Les banquiers qui ont prêté à la Grèce ont généralement assuré ces prêts en achetant des CDS (credit default swaps) à des assureurs ou à des banques d’investissement telles que Goldman–Sachs ou Merril–Lynch. Le paiement des acheteurs de CDS est déclenché lorsque surviennent des « événements de crédit » tels qu’une faillite. Mais une restructuration volontaire n’est pas jugée comme étant un événement de crédit, elle ne déclenche pas le paiement par les banquiers des compensations auxquelles auraient droit les acheteurs de CDS en cas de restructuration imposée. (...)

Pour comprendre l’enjeu de cette question, il faut savoir que les vendeurs de CDS, contrairement aux pratiques raisonnables d’un assureur ordinaire, ne mettent pas de côté de provisions destinées à couvrir le risque de sinistre. Ils sont censés utiliser leur capital pour cela ! C’est la raison pour laquelle la crise de 2008 a entraîné la quasi faillite du plus gros assureur américain, AIG, sauvé par le gouvernement fédéral pour un prix astronomique (probablement de l’ordre de 200 milliards de dollars). (...)

La BCE pèse évidemment d’un poids considérable dans les négociations. Doit-on lier son insistance étonnante à ce que la restructuration de la dette grecque soit volontaire à la carrière au sein de Goldman Sachs de Mario Draghi ? En tout cas, la position de la BCE est difficilement acceptable.

                                                        ***********

 

2-      France Inter : Le téléphone sonne 

L'Europe, le Grèce, L'euro et "les marchés" dans la campagne présidentielle:

Acculée à une austérité encore accrue après le nouveau plan de sauvetage européen, la Grèce va devoir céder une partie de son autonomie. Un débat s'est ouvert sur le "MES", mécanisme européen de stabilité. Comment l'Union européennes résistera-t-elle à l'épreuve ? Et la crise pèsera-t-elle sur le vote des Français ?

Invités : 

Alexis Corbière, Conseiller de Paris, Secrétaire national du Front de Gauche, qui a publié "Le parti de l'étrangère : Marine Le Pen contre l'histoire républicaine de la France" aux Editions Tribord

Bertrand Dutheil de la Rochere, porte-parole de la campagne de Marie Le Pen, qui a publié "Les civilisations occidentales" aux Editions Economica

 

Réécouter sous le lien  http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone-sonne-l-europe-la-grece-l-euro-et-les-marches-dans-la-campagne-presidentielle

 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 08:44

 

Conseil de l’Europe

 

http://www.consilium.europa.eu/homepage/showfocus?lang=fr&focusID=79757

 

Le texte intégral du MSE est en bas du contenu du lien : pour en savoir plus.

Vous observerez que de nombreux textes ne sont pas accessibles en français, ce qui déroge à l’esprit de l’Edit de Villers-Cotterêts de François 1ier. Le français devient langue officielle de la France afin que nul ne soit sensé ignorer la loi. En la circonstance le MES ne nous est pas accessible dans certains de ses documents annexes, commentaires,… ce qui n’empêchera pas qu’il nous soit appliqué.

Curieux !

 

 

Tribune de J-L Mélenchon dans le journal Libération, sur les nouveaux traités européens

 

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/02/20/tribune-parue-dans-liberation-sur-les-nouveaux-traites-europeens/

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 06:04

 

Telle a été l’expression employée lors d’une émission Tv concernant l’Espagne franquiste, en réponse à l’interrogation : pour quelle raison de nombreux espagnols n’avaient-ils pas eu le sentiment de vivre en dictature ?

Dépolitisation de la société.

Dépolitisation de la société parce qu’au lendemain de la guerre civile espagnole, la dictature, durant des décennies, avait fait le ménage en éliminant, y compris physiquement, ce qui restait de l’opposition (structures et personnes). De fait, l’esprit « critique » ne pouvant s’exercer, pas plus qu’une autre force politique que celle qui était imposée ne pouvant prétendre à l’exercice du pouvoir, les esprits s’étaient progressivement assoupis, aidés en cela par un système éducatif à la solde du franquisme.

Désormais, il y a bien des manières de dépolitiser une société, d’entrer en dictature.

L’époque actuelle, plus sophistiquée que naguère, n’a que l’embarras du choix pour parvenir en douceur à ces fins.

Le mode électoral majoritaire, peu démocratique, n’y est pas pour rien qui produit l’alternance entre 2 partis au détriment ce qui pourrait changer la donne. Les médias également dont la veulerie n’est plus à démontrer et qui n’ont de contentement que d’être au service du pouvoir politico-économique et financier. L’école dont les contenus éducatifs sont vidés progressivement de tout ce qui conduit à la construction de la réflexion critique. Le dressage quotidien au consumérisme au travers de la publicité qui appelle à se comparer au travers du paraître, développe le culte de l’individualisme et cependant introduit à la normalité sociale La télévision qui se donne pour ambition première de vider esprits. Etc., etc. Toutes choses auxquelles il faut ajouter le temps qui passe et qui nous laisse sans la proximité des ainés qui disparaissent et témoignaient d’une autre époque à l’engagement collectif.

 

Aussi, lorsqu’on avertit du danger de la dictature rampante, sournoise, nombreux sont ceux qui haussent les épaules, engourdis qu’ils sont dans un monde qui leur donne à penser qu’ils sont libres tandis qu’ils sont manipulés.

Alors, le travail est grand et fastidieux qui consiste à réveiller les citoyens, non pour leur dire que nous en savons plus qu’eux, mais seulement pour leur signaler qu’ils sont endormis tandis qu’ils devraient se tenir éveillés s’ils entendent vraiment demeurer libres.

Parce que libres, les citoyens pensent qu’ils le sont, et que si les choses sont ainsi c’est qu’il ne peut en être autrement.

Mais libres ils ne le sont pas comme en témoigne également le marasme qu’est le d’engagement politique et syndical. Engagement politique et syndical qui sont réflexion, proposition, si nécessaire opposition dans l’objectif d’améliorer le sort commun et de libérer toujours davantage les êtres humains.

Comment dès lors se confronter au présent, préparer le futur ?

 

C’est toute la proposition du Parti de Gauche que d’appeler les citoyens à l’examen de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Et, de l’éveil des consciences, d’engager une réflexion permanente, une éducation permanente, afin que, de la participation de tous, l’avenir procède d’un choix libre et que ne nous soient plus imposées des politiques qui ne satisfont pas.

C’est toute la proposition du Parti de Gauche que de re-politiser la société.

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 04:17

 

Qui n’a pas salué la révolution tunisienne, égyptienne, yéménite (où en est-elle celle-là ?), syrienne,…. ? Au point que nos gouvernements occidentaux, après une valse hésitation, sont allés, aux divers motifs et aux diverses manières, se mêler de ces affaires. Qui ?

Mais les révolutions n’ont d’intérêt, pour les uns que pour leur caractère exotique (ce qui est loin est beau et on n’y court aucun risque), pour les autres par pragmatisme (on se serait satisfaisait de, mais vu le cours des évènements).

Ainsi tout le monde s’est affairé. Des citoyens du monde aux états. Il n’est pas jusqu’aux médias écrits et télévisuels qui chaque jour, à satiété, nous ont abreuvé de leurs flatulences verbales et imagées.

Surtout être du bon côté plutôt que ne pas être.

Ainsi ce sont-ils (les peuples) débarrassés de leurs dictateurs.

Dans la foulée, s’installaient en Europe des dictatures financières. Avec le concours des mêmes chefs d’état qui, en la circonstance, n’ont pas hésité à fomenter plans et complots libéraux pour installer la Grèce, l’Italie sous tutelle quand ils n’avaient pas de solution plus souple comme au Portugal, en Espagne,….

Les mêmes médias qui nous montraient ce qui se passait là-bas, désormais plus discrets, évoquent à l’occasion (quand ils ne peuvent faire autrement) la rue grecque, oubliant au passage la rue italienne ou portugaise ou….

Quand au peuples européens, formatés comme oies gavées, oublieux de ce qu’ils ont applaudit il y a peu, ils hésitent entre l’acceptation de la rigueur et soutenir le peuple grec, italien, portugais,… qui la subissent.

Ils hésitent. Ainsi attendent-ils, passivement, de se retrouver dans la même situation.  

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 05:30

Terrain d’expérimentation, pour l’Europe, de la politique néolibérale décrite par Noami Klein dans son livre « La stratégie du chaos », la Grèce sombre.

Pour rappel la stratégie du chaos a été formalisée lors du Consensus de Washington. Son principe : frapper d’autant plus fort (mesures d’austérité, privatisations du secteur public,…) les états et les peuples qu’ils sont en situation de faiblesse et dans l’impossibilité de réagir.

Certains se souviennent peut-être du sort qui a été celui de l’Argentine, pays qui a été en son temps le champ d’expérimentation pour l’Amérique du Sud.   

Le peuple grec va-t-il se soumettre ? Ce n’est pas si sûr. Peut-être peut-on parler de période insurrectionnelle. Et nul ne peut dire comment elle va se développer et en faveur de qui.  

Il est temps pour les peuples européens de regarder ce qui se passe en Grèce pour en tirer les conclusions utiles.

Pour suivre l’actualité grecque un lien avec le journal « Okeanews » en langue française : link

Manifestations anti-austérité, principal syndicat de police menace d’arrêter les fonctionnaires de FMI, de la BCE, de l’UE,….

Puis :link Un hôpital grec sous contrôle ouvrier 

(un problème technique - que je ne sais résoudre- me contraint à vous proposer des articles sous un aspect inhabituel. Je vous prie de m'en excuser)

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 06:47


Aux sarkozys, guéants et autres sbires, partisans du choc des civilisations, un chiite irakien répond en s’adressant aux siens.

 

Vu sur Agoravox : Un érudit chiite irakien exige la laïcité : link

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 05:45


Réflexions …..

 

C’est certainement à mon âge avancé que je dois les larmes d’émotion qui ont coulé de mes yeux, les sphincters des canaux lacrymaux ne m’obéissant plus autant que je le souhaiterais.  Et j’ai eu du mal également à m’empêcher de renifler.

 

Le film retrace l’épopée de la résistance des paysans du Larzac -plus d’une décennie de lutte- face au gouvernement qui entendait étendre le camp militaire en procédant à des expropriations.

 

Les « résistants » ont-ils gagné ? J’aimerais le penser. Mais il faut bien constater que leur victoire tient à l’élection de F. Mitterrand. VGE aurait été élu que leur sort aurait été différent.

 

Sont ainsi posées les limites de la lutte et de la résistance lorsque ces dernières ne sont pas relayées et/ou prises en compte dans un projet politique global. 

 

Résister, lutter est louable.
Mais lutter et résister ne peuvent être une fin.
Résister, c’est aussi s’engager à effectuer un choix politique.

 

On pourrait croire, puisque cela n’est pas explicitement dit dans le film, que les paysans du Larzac ne se sont pas engagés. A regarder de plus près, entre le moment où ils se déclarent (début du document) « bons cathos, allant à l’église, ne se préoccupant pas du monde, votant à droite par tradition,…. » et celui de leur joie lorsqu’ils peuvent mettre un nom sur le front de l’élu, on comprend, par delà la lutte qui leur a permis de faire leur éducation politique, qu’ils ont identifié le candidat qui porte leur espoir (leur projet).

En élargissant le propos, ce document montre qu’on ne peut se résigner à piétiner le pavé, sauf à vouloir établir la fortune des cordonniers. Comme on ne peut passer son temps à occuper une place publique. Il faut bien accéder au pouvoir pour ne pas s’épuiser en lutte et à résistance.
C’est l’accès à la gouvernance qui autorise le débouché de la lutte, soit qu’on fait plier le pouvoir en place (ce qui est une prise de pouvoir momentanée), soit qu’on le possède au travers des représentants politiques.

Il est donc essentiel pour « un résistant », un manifestant de se reconnaître le moment venu dans un parti.
Lutter, résister, s’indigner ne sont que de peu d’espoir lorsqu’on ne choisit son camp. Et c’est bien l’erreur (sinon la faute) illustrée par l’attitude des indignés espagnols lors des législatives. Au prétexte qu’ils ne voulaient pas s’engager davantage par crainte de se disjoindre ils ont permis à la droite de passer, ils ont été dans l’impossibilité de peser sur l’orientation du PSOE, ils ont privé la Izquierda de la possibilité de faire valoir leur proposition. Ne se contraignant pas au choix, à rester dans le non-choix, ils ont annulé la portée de leur acte, ils se sont stérilisés.

Les résistances multiples et diverses ont souvent ce défaut de ne pas s’organiser en cohérence, de ne pas se lier les unes aux autres. En fait, elles ne formulent jamais explicitement un projet global intelligible pouvant être porté devant l’opinion publique. Noami Klein parle de cela  dans « Le journal d’une combattante ». Elle montre (au Canada) comment les citoyens-individus s’agrègent autour d’une cause pour se défaire l’instant d’après et se réagréger (les uns étant partis, d’autres apparaissant) à la faveur d’un autre motif. Et cela, juste pour porter revendication devant le politique, mais sans jamais vouloir accéder à la prise en charge politique. Cependant porter revendication devant le politique, est un aveu de la réalité et de l’incontournable du politique institutionnalisé.

 

 « Tous au Larzac » n’est pas une condamnation de la politique, comme j’ai pu l’entendre dire. Bien au contraire. C’est une reconnaissance de la nécessité politique.

Ce qui c’est passé au Larzac est un moment vivant de démocratie en terme de réflexion et d’action ; toutefois appliqué à un seul objet (ici la lutte contre l’expropriation), en conséquence pas à tous.

On aurait tort de penser que les citoyens par généralisation de cette manière de procéder peuvent se prendre en main, régler le gouvernement complexe du pays.
Pour certains, le pas est vite franchi qui voudrait qu’on peut s’affranchir de la représentation et de la gouvernance politique instituées aux prétextes joints d’une part qu’on peut la remplacer par l’action directe et quasi spontanée, à l’instar du Larzac, et qu’en politique ils sont « tous pourris ».

Ce qui s’est passé au Larzac est du même tonneau qu’une manifestation  habituelle. C’est l’exercice d’un pouvoir désigné sous l’appellation de contre-pouvoir. Sauf, qu’à cet instant, émergeaient un petit effectif de personnes « singulières » sur un motif « singulier », et qu’elles s’opposaient à l’armée. On avait l’impression d’être en présence de David luttant contre Goliath. Il n’était pas là une cause générale à défendre, puisqu’il était question d’un intérêt particulier. Mais il était cependant question, par identification, de s’opposer à l’ogre militaire.

Par contre, ce qui s’est passé au Larzac, c’est l’apparition d’une forme de lutte nouvelle, spontanée on l’a dit, née en dehors du cadre institutionnel et organisé (syndicats,…), qui n’obéit pas à un mot d’ordre, et qui allait essaimer, et dont on voit, aujourd’hui, des aboutissements tant dans la multiplication des collectifs que dans celui du développement de la désobéissance civile.

 

Partant de là, on pourrait être tenté de penser, qu’actuellement, une conscience citoyenne collective s’est levée, si on n’observait pas parallèlement que cette conscience est le fait de quelques uns, le plus souvent rares, tandis que la majorité de la population demeure indifférente aux problèmes soulevés par les collectifs et les désobéisseurs. C’est que le monde a changé.
 
Je m’interroge. Serait-il possible, aujourd’hui, de réunir au Larzac 300 000 personnes venues de toutes la France ? Serait-il possible de faire la une des journaux étrangers, comme cela a été le cas ?

 

Les rassemblements des indignés français n’ont pas totalisés tant de personnes que cela. Les manifestations contre l’huile de palme, l’extraction des gaz de schistes ne font pas autant recette qu’on le souhaiterait.
C’est que les « valeurs » que nous portons témoignent surtout d’une société aux membres disjoints du fait de l’éducation à l’individualisme qui conduit à ce que J. Généreux appelle la dissocialité.
C’est aussi que les individus, potentiellement citoyens, déséduqués politiquement, ne perçoivent pas la liaison qui existe entre le problème posé par l’huile de palme, l’extraction du gaz de schistes,….  et leur quotidien et leur avenir.

Les paysans du Larzac ont vécu un moment de démocratie. Ils n’ont jamais prétendu nier la nécessité et l’utilité de la démocratie qui sort des urnes et qui donne à certains à exercer le pouvoir en notre nom. Cela s’observe parfaitement. Toutes leurs actions sont faites en fonction du droit. Et c’est en usant du droit, en restant dans la légalité (sauf quand ils pénètrent par effraction dans le camp militaire) qu’ils se confrontent au gouvernement. Et si VGE avait été élu, il y a fort à parier qu’ils ne seraient pas allés plus loin, ayant tout épuisé, dans leur démarche.

Des imperfections dénoncées de la démocratie qui procèdent de l’élection et qui consiste à dire « Tous pourris », Pierre Mendes-France a répondu dans « La vérité guidait leurs pas », l’activité citoyenne ne pouvant se résumer à mettre un bulletin dans l’urne et à se désintéresser de la vie publique le reste du temps. On ne peut ignorer la politique. On ne peut à la fois se réclamer adulte et se conduire comme un enfant dont on tient la main.
Le film montre comment peut s’effectuer l’éducation citoyenne. Dans la lutte. Mais aussi à partir du moment où nous nous sentons concernés non seulement par le proche mais également par l’apparent lointain. Egalement à partir du moment où il reste quelque désir de solidarité en nous qui rejette loin l’individualisme qui professe : « ce n’est pas mon problème ».

La démocratie ne se réduit pas au modèle proposé au Larzac.  Elle est, aussi, affaire de majorité. VGE aurait-il été élu que la démocratie l’emportait tout autant. A moins de nier la volonté populaire majoritaire exprimée par le pays.

Dans « Tous au Larzac » on voit bien encore le chemin politique parcouru par des paysans engoncés dans leurs traditions qui ne les invitaient guère à se mêler du reste du monde. Comme on voit bien le trésor d’imagination qu’ils ont déployé pour à chaque avatar proposer une parade.

 

« Tous au Larzac » est plus qu’un témoignage, c’est une invitation à la réflexion.

 

Le document pose le problème de la nécessité et l’urgence de l’éducation populaire avec d’autant plus d’acuité que notre société est individualiste. Il pose le problème de la responsabilité et de l’engagement. Il pointe, sans explicitement le formuler, et au regard de ce que nous savons de la situation actuelle du pays, les conséquences de la désyndicalisation et de l’absence de militance partisane.

 

La beauté du film ne saurait masquer que ce fut une rude entreprise conduite par ces paysans. Et qu’il n’est pas dit que nous, qui avons été les spectateurs de « Tous au Larzac », ayons eu leur courage et leur ténacité.
Plus de 10 ans sur la brèche pour les paysans du Larzac ! Combien de temps durent les collectifs ? Le temps de la photo ?

 

Résister, s’engager, n’a rien de romantique, le document pourrait nous le faire oublier. Mais c’est une nécessité.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 04:48


Lu sur l’Indépendant : link

 

Castelnaudary
Le 3/02/2012 à 06h00 par J.Y.
 
Un parcours mouvementé, mais assumé pour le suppléant de Marie-Ange Larruy, candidate Front de Gauche aux législatives.  © Photo Rumeau

 

"Nous avons dû nous réfugier dans la jungle, ou les Contras nous ont mitraillés pendant 20 minutes. Je n'ai pas été blessé, j'y ai juste laissé mes lunettes, mais il y a eu des morts dans cette embuscade" : Pierre Thiollière, suppléant de Marie-Ange Larruy, candidate aux élections législatives pour le Front de Gauche, a un profil "d'engagé". Que ce soit au sein des Brigades de Solidarité en 1984 avec lesquelles il aide à construire des lignes téléphoniques dans la jungle du Nicaragua sandiniste au péril de sa vie, au sein de la coopération à Madagascar, où il prend le parti des Malgaches et se fait "retirer par la France", ou encore, pris dans les manifestations violentes contre le nucléaire sur le site de Creys-Malville, ce militant du Parti de Gauche, qui a rejoint l'Aude il y a un an et demi, sait ce que militer veut dire.

 

Universitaire à Besançon et désormais à la retraite, Pierre Thiollière affirme "vouloir reprendre du service" après une période plus calme consacrée à ses enfants, à sa famille et son métier. "Le cadre unitaire du Front de Gauche me plaît beaucoup, il est plus à même d'apporter une véritable alternative de gauche", analyse le colistier de la communiste Marie-Ange Larruy, particulièrement locace et enthousiaste dès qu'on engage le débat d'idées. Très critique envers François Hollande et le Parti socialiste qu'il accuse d'avoir "accepté la politique d'austérité" et les réformes, de la retraite notamment. "Nous pensons qu'il faut mieux redistribuer la richesse. La richesse de Mme Bettencourt, ce n'est pas elle-même qui l'a accumulée en travaillant 24 heures sur 24, c'est toute son entreprise...On veut des revenus de maximum 360 000 euros par an... je pense que vous et mois ne serions pas contre...et tout cela pour l'intérêt collectif".

 

commentaire de P. Thollières: "

Merci à J.Y. pour avoir rendu compte de mon existence militante et de mon appartenance au Parti de Gauche. Je signale cependant quelques inexactitudes. Dans l'embuscade de 1984 il n'y a pas eu de morts de notre côté, seulement des blessés: une jeune camarade avec une balle dans le bras et l'autre dans la main, et chez les camarades nicaraguayen des télécoms, une fille avec la figure blessée par le choc lorsque notre véhicule est allé au fossé suite à l'explosion d'une mine, un homme à l'épaule ouverte et un autre à la fesse ouverte par des éclats de mine. Par contre les camarades armés qui assuraient notre protection ont vraisemblablement tué le chef contra qui menait l'attaque, ce qui explique leur repli final.
A Creys Malville la manifestation n'était pas violente, contrairement à la réaction policière qui s'est soldée par la mort de Vital Michalon."

 

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