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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 06:57

Le Monde : Chefs d’état, sportifs, milliardaires,….

http://www.lemonde.fr/panama-papers/article/2016/04/03/chefs-d-etat-sportifs-milliardaires-premieres-revelations-des-panama-papers-sur-le-systeme-offshore-mondial_4894816_4890278.html

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Télérama

http://www.telerama.fr/medias/panama-papers-cash-investigation-1-platini-0,140503.php

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Le Monde : Evasion fiscale,…

http://www.lemonde.fr/evasion-fiscale/article/2013/04/04/les-investissements-aux-caimans-du-tresorier-de-campagne-de-francois-hollande_3153282_4862750.html

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Alterecoplus : Panama au service de l’opacité financière

http://www.alterecoplus.fr/finance/panama-papers-un-pays-au-service-de-lopacite-financiere-201604032146-00003281.html

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Altarecoplus : le gouvernement bloque un outil anti-paradis fiscaux

http://www.alterecoplus.fr/economie/le-gouvernement-bloque-en-pleine-nuit-un-outil-antiparadis-fiscaux-201512161612-00002776.html

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Mélenchon : http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/en-direct-panama-papers-revelations-sur-un-gigantesque-scandale-d-evasion-fiscale_1779123.html

Extraits :

Jean-Luc Mélenchon a estimé que "la liste des États mentionnés est tout à fait politiquement correcte". Il a jugé qu'il était "curieux" qu'il n'y figure "pas un seul nord américain puissant".

"On voit bien qu'il n'y a pas de voyous dans certains pays. Est-ce crédible? La presse libre est-elle si indépendante ? Après Snowden et Assange, c'est la troisième fois que nous avons le plaisir d'avoir des listes expurgées par les journaux", a commenté Mélenchon.

Il a déclaré, au passage, que "la fraude fiscale mine le monde et met les États en péril, si les impôts et cotisations sociales étaient payés par tous, il n'y aurait plus aucun déficit des budgets des États ni des comptes sociaux".

Ce qui est curieux c'est de voir qu'il n'y a pas un seul nord américain puissant dans la liste donnée par les journaux.

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 19:46

Comme l’araignée tisse sa toile pour y prendre ses proies, les partis dits de gouvernement, PS et LR en tête, tissent la leur pour étouffer l’expression démocratique, au final tuer la démocratie.

Ces dernières décennies sont calamiteuses. Dans tous les domaines, que ce soit au niveau social, économique, politique, toutes les magouilles, toutes les turpitudes, toutes les saloperies sont bonnes pour assurer la main mise de l’oligarchie libérale sur notre avenir, sur l’avenir du peuple progressivement, lentement rendu à l’état d’esclave.

Extrait de la pétition :

« Depuis novembre, sans aucun débat public ni consensus politique, le Parti socialiste, avec la complicité dissimulée des Républicains, cherche à imposer une réforme en profondeur de l’élection présidentielle. En réalité, médias audiovisuels, sondeurs et « grands partis » se sont entendus pour réduire à 12 jours le temps du débat présidentiel. ……

Le pire, c’est que pendant ces douze jours, la répartition du temps de parole des candidats serait fondée sur les précédents résultats aux élections, ….. »

Exergue

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Pétition : https://www.change.org/p/les-parlementaires-dire-non-au-verrouillage-de-la-d%C3%A9mocratie

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Paroles et traduction de la chanson «L'estaca» de Lluis Llach

L'estaca (Le Pieu (1))

L'avi Siset em parlava
Grand-père Siset me parlait ainsi
De bon mati al portal
De bon matin sous le porche
Mentre el sol esperavem
Tandis qu'en attendant le soleil
I els carros veiem passar
Nous regardions passer les charettes

Siset, que no veus l'estaca
Siset, ne vois-tu pas le pieu
On estem tots lligats ?
Où nous sommes tous attachés ?
Si no podem desfer-nos-en
Si nous ne pouvons nous en défaire
Mai no podrem caminar !
Jamais nous ne pourrons nous échapper !

[Refrany]
[Refrain]
Si estirem tots, ella caurà
Si nous tirons tous, il tombera
I molt de temps no pot durar
Cela ne peut durer plus longtemps
Segur que tomba, tomba, tomba
C'est sûr il tombera, tombera, tombera
Ben corcada deu ser ja.
Bien vermoulu il doît être déjà.
Si tu l'estires fort per acqui
Si tu le tires fort par ici
I jo l'estiro fort per alla
Et que je le tire fort par là
Segur que tomba, tomba, tomba,
C'est sûr, il tombera, tombera, tombera,
I ens podrem alliberar.
Et nous pourrons nous libérer.

Pero Siset fa molt temps ja
Mais Siset, ça fait déjà bien longtemps
Les mans se'm van escorxant !
Mes mains à vif sont écorchées !
I quan la força se me'n va
Et alors que les forces me quittent
Ella és més ample i més gran.
Il est plus large et plus haut.

Ben cert sé que està podrida,
Bien sûr, je sais qu'il est pourri,
Pero és que, Siset, costa tant !
Mais, aussi, Siset, il est si lourd !
Que a cops la força m'oblida
Que parfois les forcent me manquent
Tornem a dir el teu cant :
Reprenons donc ton chant :

[Refrany]
[Refrain]

L'avi Siset ja no diu res
Grand-père Siset ne dit plus rien
Mal vent que se'l va emportar
Un mauvais vent l'a emporté
Ell qui sap cap a quin indret
Lui seul sait vers quel lieu
I jo a sota el portal
Et moi, je reste sous le porche

I quan passem els nous vailets
Et quand passent d'autres gens
Estiro el col per cantar
Je lève la tête pour chanter
El darrer cant d'en Siset,
Le dernier chant de Siset,
Lo darrer que em va ensenyar
Le dernier qu'il m'a appris :


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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 06:29

3 articles importants publiés dans Les Crises :

  • Le néolibéralisme est un fascisme de Manuela Cadelli
  • Austérité, néo-libéralisme et hiérarchie: des magistrats en souffrance de Manuela Cadelli
  • Le néolibéralisme, un fascisme ? Oui, certainement ! de Pierre Verhas

Un peu long, mais cela mérite qu’on s’y arrête.

Source : http://www.les-crises.fr/le-neoliberalisme-est-un-fascisme-par-manuela-cadelli/

Exergue

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Le néolibéralisme est un fascisme, par Manuela Cadelli

Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.

Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.

Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des Etats. La notion de service public est ridiculisée.

Le nihilisme qui s’en déduit a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. Même la théorie économique classique n’y trouve plus son compte : le travail était auparavant un élément de la demande, et les travailleurs étaient respectés dans cette mesure ; la finance internationale en a fait une simple variable d’ajustement.

Tout totalitarisme est d’abord un dévoiement du langage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale.

Le darwinisme social domine et assigne à tous et à chacun les plus strictes prescriptions de performance : faiblir c’est faillir. Nos fondements culturels sont renversés : tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : « There is no alternative ». Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité.

Cette sous-culture recèle une menace existentielle qui lui est propre : l’absence de performance condamne à la disparition et dans le même temps, chacun est inculpé d’inefficacité et contraint de se justifier de tout. La confiance est rompue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureaucratie qui impose la définition et la recherche de pléthore d’objectifs et d’indicateurs auxquels il convient de se conformer. La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable.

L’idéologie néolibérale engendre une normativité qui concurrence les lois du parlement. La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles.

De même le pouvoir judiciaire susceptible de contrarier les dominants doit-il être maté. La justice belge est d’ailleurs sous-financée ; en 2015, elle était la dernière d’un classement européen qui inclut tous les états situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique.

La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son étude des inégalités et du capitalisme au XXIe siècle (Seuil 2013).

Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi.

Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches.Ceci dans un Etat où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.

Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité.

Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ?

Certainement pas. Voici 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tomber la plupart des Etats italiens en leur imposant une occupation étrangère de plus de trois siècles, Nicolas Machiavel exhortait les hommes vertueux à tenir tête au destin et, face à l’adversité des temps, à préférer l’action et l’audace à la prudence. Car plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, chapitres XXV et XXVI).

Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités.

Le néolibéralisme est un fascisme. Il doit être combattu et un humanisme total doit être rétabli.

Source : Le Soir, Manuela Cadelli, 03-03-2016

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Manuela Cadelli : Austérité, néo-libéralisme et hiérarchie: des magistrats en souffrance

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Le syndicat de magistrats français USM a rendu public récemment un Livre blanc qui fait le dramatique bilan de la souffrance des magistrats au sein des palais de justice et lance l’alerte à ce niveau. Je vois dans la catastrophe que dénoncent les magistrats français le résultat de trois facteurs également à l’oeuvre en Belgique:

1. Les déviances d’un néo-libéralisme triomphant appliqué au secteur de la justice – qui est chez nous un des trois pouvoirs constitués et qui dénature la fonction de juger.

Antoine Garapon indique à cet égard: «Le tournant de ces dernières années a consisté à faire de la performance, objectivement mesurée, la seule politique en matière de justice », (Recherche Droit et Justice, mai 2011, p. 2) et «La question n’est pas de savoir si la justice a bien jugé mais si elle a effectivement évacué les flux d’affaires qui lui étaient soumis (…). L’acte de justice devient un produit dans cette immense entreprise de services à laquelle est désormais assimilé l’Etat (…)».

Ces objectifs deviennent la priorité, voire l’obsession de toute l’institution. Au-delà d’un discours technocratique, l’on se situe bien dans le cadre d’une redéfinition de l’institution dont le terme même devient synonyme de lourdeur et de sclérose: «Toute garantie a vite fait de paraître comme une externalité négative, tout scepticisme de la part des professionnels comme du corporatisme, toute préoccupation déontologique comme un obstacle à la concurrence» (A. Garapon, La raison du moindre Etat, Paris, Odile Jacob, 2010, p. 73 et 74).

La justice est désormais régie par des normes économiques qui forment en réalité un contre-droit.

Ce livre blanc vient après que 700 magistrats hollandais aient signé en décembre 2012, une pétition qui dénonce les dérives du management appliqué sans nuance depuis 2002 au pouvoir judiciaire et la dénaturation complète de leur office (la loi LOLF française qui instaure le néo-management dans les structures judiciaires françaises est de 2001; la pétition des magistrats hollandais peut être consultée sur http://juridischdagblad.nl/content/view/12123/80/).

Il doit évidemment être mis en lien avec l’alerte que le pouvoir judiciaire belge a solennellement lancée le 20 mars 2015 pour dénoncer le désastre sur son office des effets conjugués du néolibéralisme et de l’austérité.

2. L’austérité aveugle qui frappe les secteurs publics sans considération pour les intérêts collectifs qu’ils poursuivent, vient aggraver les effets du néo-libéralisme.

Et les lois de gestion ou de «management» qui sont appliquées en France, aux Pays-Bas (depuis plus de 10 ans) et désormais en Belgique (si la Cour constitutionnelle n’annule pas la loi du 18 février 2014) aggravent encore cette situation en permettant à l’Exécutif de conditionner l’octroi de budgets objectivement insuffisants, et encore drastiquement réduits à l’avenir, à des objectifs et résultats exclusivement chiffrés, qu’il définira sans aucun contrôle du parlement. Il est clair que faute des moyens nécessaires, les «résultats» de la justice seront toujours considérés comme insuffisants. La pression sur les entités judiciaires est donc automatique et énorme.

3. Les structures judiciaires continuent de fonctionner sous l’empire archaïque d’un système purement hiérarchique. Il est temps d’y inscrire la possibilité d’un fonctionnement concerté et d’y inclure des contre-pouvoirs. Il est impérieux que l’esprit d’équipe s’y substitue à l’esprit de corps et que soient mis en place les outils d’une intelligence collective, seule à même de relever les défis de l’époque.

Actuellement, faute de tout recours à l’encontre des mesures et décisions prises à leur endroit, les magistrats sont livrés au pouvoir objectivement absolu de leur chef. Tant la vie quotidienne que la gestion des projets de multiples organisations judiciaires relèvent ainsi du bon vouloir de leurs responsables et les magistrats dépendent de leur chef de corps en tout point de leur vie professionnelle: attribution de leurs tâches, des locaux et du matériel, octroi et répartition des congés, évaluation lors des postulations, remplacement des collègues, gestion de leur dossier professionnel et maîtrise du lancement d’une procédure disciplinaire (désormais en outre, affectation dans divers endroits du ressort ou de l’arrondissement).

Aucune procédure de concertation n’est prévue légalement qui permettrait à la base de s’exprimer par des propositions, interpellations ou critiques. Aucun réel contre-pouvoir n’est institué et souvent l’assemblée générale est un lieu de pur entérinement. Il n’est pas rare de relever des exemples de carence de gestion, d’intimidation, de mesures absurdes, de représailles ou de complaisances injustifiées. Aussi, le découragement ou le sentiment d’injustice marquent-t-ils ici et là les propos de certains magistrats lambda.

Pourtant, l’importance politique et la hauteur des missions du judiciaire – pouvoir constitué qui participe et contribue à l’équilibre des institutions – justifient que tous ceux qui les accomplissent soient associés au processus organisationnel des juridictions. A tout le moins justifie-t-elle qu’ils y soient représentés, et qu’ils puissent actionner des mécanismes de contrôle et de contre-pouvoir durant le mandat des responsables accrédités.

L’évaluation de la qualité et de la légitimité des décisions de justice doit ainsi avoir égard à l’organisation même de l’institution et des structures qui la composent et, en réalité, à leur mode de gouvernance. L’idée se réfère au pari qui doit être fait de la maturité, de l’intelligence et de la créativité des membres d’une institution, a fortiori s’il s’agit de magistrats!

4. Dans un contexte de pression néolibérale et d’austérité, la hiérarchie judiciaire se trouve en réalité renforcée.

Je prétends que les effets sur la motivation et la qualité du travail des juges en sont désastreux, mais aussi que le fonctionnement démocratique et le respect de l’Etat de droit en est compromis (car les juges doivent être tout à fait sereins et respectés au sein de leur structure pour contrarier librement les autres pouvoirs et faire respecter les principes démocratiques). C’est là la leçon que nous enseigne le cri de détresse lancé par les magistrats français.

Manuela Cadelli est Juge au tribunal de première instance de Namur et Présidente de l’Association syndicale des magistrats.

Source : Legal World, Manuela Cadelli, 16-04-2015

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Le néolibéralisme, un fascisme ? Oui, certainement ! Pierre VERHAS

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Dans Le Soir du jeudi 3 mars 2016, Madame Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats en Belgique, a fait paraître une tribune intitulée « le néolibéralisme est un fascisme ! ». Madame Cadelli est en effet connue pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. L’année dernière, par exemple, elle a dénoncé avec vigueur la politisation du Conseil supérieur de la Justice, alors qu’il a été créé pour éviter cette fameuse politisation. Aujourd’hui, elle s’attaque au néolibéralisme bien présent dans le gouvernement de Charles Michel.

Ses propos, on s’y attendait, ont provoqué une levée de boucliers chez les tenants du libéralisme pur et dur en Belgique francophone. Henri Miller, Louis Michel, Corentin de Salle y sont allés de leurs dénonciations indignées ! Oser les traiter de fascistes, eux, les libéraux purs et durs, tenants d’une pensée inaliénable issue des Lumières ! Horresco referens ! Louis Michel est allé jusqu’à dire : « Je ne voudrais pas être jugé par cette magistrate ! » Tiens ! Ce serait instructif de voir cela, s’il échait…

Outre le titre « provocateur », qu’écrit donc Madame Cadelli ? Elle commence par distinguer clairement libéralisme, doctrine « déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales. » et le néolibéralisme qui est « cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme. »

Elle définit ensuite le fascisme comme étant « l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste. » Le néolibéralisme est donc un fascisme « car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. »

Manuela Cadelli passe ensuite en revue les différentes mesures néolibérales imposées par la finance.

Tout d’abord, l’austérité est désormais « une valeur supérieure qui remplace le politique. » Elle s’inscrit même dans les Constitutions des Etats et « ridiculise » les services publics. L’austérité a des graves conséquences sur la base philosophique de notre vie sociale, car elle génère en outre un « nihilisme » qui « a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. » Même la pensée économique en est ébranlée. Autrefois, le travail était un élément de la demande, aujourd’hui il n’est plus qu’une « simple variable d’ajustement. »

La novlangue orwellienne

La magistrate dénonce ensuite l’évolution orwellienne de notre société. Elle énumère une série de mots dont la définition académique est transformée « … comme dans le roman de George Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale. »

Un autre aspect est le « culte de l’évaluation ». On applique le darwinisme social qui invite à tout le temps faire des performances et estime que « faiblir c’est faillir ». C’est aussi un totalitarisme de la pensée : « tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : « There is no alternative » (le célèbre TINA). Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité. »

L’efficacité est la maîtresse absolue. L’évaluation permanente détruit la confiance et les relations sociales. « La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable. »

Comme magistrate, Madame Cadelli se penche sur la Justice en Belgique qui, d’après elle, est la dernière de tous les Etats de l’Atlantique à l’Oural !

Le néolibéralisme engendre des normes qui concurrencent les lois votées au Parlement. « La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles. »

D’autre part, les restrictions budgétaires, la Justice n’est plus ce contre pouvoir prévu par la Constitution. « En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique. »

Et elle constate : « Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches. »

Ensuite, l’auteure dénonce une classe dominante bien décrite par Thomas Piketty dans son livre Le capital au XXIe siècle. Cette classe ne se soucie ni d’éthique, ni de l’intérêt général. Elle s’impose par sa brutalité.

Enfin, Manuela Cadelli dénonce « l’idéal sécuritaire » issu du terrorisme : « Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité. »

Après ces terribles constats, il reste cependant un espoir comme cela s’est passé à plusieurs reprises tout au long de l’histoire : reprenant Machiavel, la juge écrit « plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (…). Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités. »

Le salut est donc dans l’engagement. Mais, sans doute est-ce quelque peu optimiste étant donné que l’engagement ne peut se concevoir uniquement de manière individuelle sans qu’il y ait une organisation pour les coordonner.

La riposte

Bien entendu, ce langage n’a pas du tout été apprécié par les libéraux au pouvoir en Belgique et même en France. Epinglons la réplique de Corentin de Salle parue dans Le Soir du 4 mars. Il est directeur scientifique du Centre Gol, le bureau d’études du MR (Mouvement Réformateur, le parti libéral francophone belge avec à sa tête Charles Michel, l’actuel Premier ministre, allié aux nationalistes flamands de la NV-A). Corentin de Salle, universitaire né en 1972, appuyé à ses débuts par Hervé Hasquin, a fondé l’institut Hayek, il est directeur de l’institut Atlantis qui prône les idées néoconservatrices – tout un programme ! Il est un grand admirateur de Friedrich von Hayek, l’économiste ultralibéral de la période de la guerre auteur de la « Route de la servitude » – en quelque sorte le manifeste de l’ultralibéralisme – où il dénonçait avec force le socialisme et le keynésianisme tout en prônant une société où l’Etat serait réduit à sa plus simple expression au plus grand profit des entreprises privées. De Salle a été chroniqueur au quotidien catholique La Libre Belgique qui s’est séparée de lui suite à une tribune aux relents xénophobes.

Dans sa réplique à la tribune de Madame Cadelli, de Salle commence par s’indigner de ses propos qu’il considère comme insultants. Pensez : assimiler la pensée dominante au fascisme ! Quel sacrilège !

Ensuite, le sophisme : le néolibéralisme n’existe pas. Dès lors, s’il n’existe pas, il ne peut être fasciste. « Certes, Manuela Cadelli prend grand soin de distinguer le « libéralisme » du « néolibéralisme ». C’est là une stratégie oratoire classique. Comme personne ne peut contester l’apport considérable de la tradition libérale à notre société, les détracteurs du libéralisme ont inventé ce concept factice de « néolibéralisme ». En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » M. de Salle devrait pourtant savoir que les politologues distinguent bien le libéralisme politique issu des lumières, considéré comme à gauche jusqu’à la deuxième guerre mondiale, du libéralisme économique qui est devenu le néolibéralisme.

La réalité du néolibéralisme

Ensuite, c’est du délire : « Il est vrai qu’au siècle passé, peu avant la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs penseurs libéraux ou socio-démocrates (Jacques Rueff, Maurice Allais, John Maynard Keynes, etc.), principalement de gauche, se sont revendiqués comme étant « néolibéraux ». Mais, pris au sens qu’on lui donne la plupart du temps, le terme « néolibéralisme » est une mystification intellectuelle : c’est une théorie inventée de toutes pièces par des intellectuels antilibéraux et qui est présentée comme un catalogue de dogmes et d’articles de foi de la communauté libérale dans le but de discréditer le libéralisme. »… Jacques Rueff, John Maynard Keynes et Maurice Allais de gauche ! Non, libéraux reconnaissant le rôle régulateur de l’Etat. Mais c’est déjà trop pour le directeur scientifique du Centre Jean Gol !

Alors, rafraichissons la mémoire de ce cher Corentin. Il affirme qu’il n’y a aucun auteur qui se réclame du néolibéralisme. Encore un sophisme. C’est vrai et faux à la fois. L’expression « néolibéralisme » apparaît dans les années 1930. En réalité, il s’agissait d’une mode. Tout était « néo » : il y avait le « néo marxisme », le « néo socialisme », le « néo saintsimonisme », etc. Il s’agissait, à l’époque, on était en pleine crise économico-financière et le fascisme commençait à s’imposer, de refonder les anciennes doctrines du XIXe siècle et de les adapter aux critères de l’époque.

Contrairement à ce qu’il se passe aujourd’hui, le libéralisme, à l’époque, était remis en question suite à la crise de 1929. Il fallait dépasser les vieux modèles de l’individualisme économique et opter pour une économie plus collective. Keynes n’était pas loin ! Il se développe également un « planisme néolibéral » en réponse au planisme socialiste du Belge Henri de Man. Aussi, on peut dire que Corentin de Salle avait raison en écrivant que John Maynard Keynes était néolibéral (mais ne s’en revendiquait pas). Oui, mais dans le sens du « néolibéralisme » de l’époque qui tentait de répondre à la critique radicale faite au libéralisme suite à la crise.

Aussi, le cher Corentin trompe son monde. Le néolibéralisme des années 1930 n’a rien à voir avec le néolibéralisme contemporain qui comprend la nouvelle économie, ou économie de l’offre qui sévit actuellement comme pensée dominante.

Aussi, cette pensée dominante, selon le directeur de l’institut Atlantis, ne peut s’appeler « néolibérale ». Aussi conclut-il, péremptoire : « En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » Il est bien le seul à le dire !

Les sophismes de Corentin

Il y a une autre tromperie de notre grand universitaire libéral. Il accuse ! « …les intellectuels antilibéraux en sont venus à considérer de bonne foi que les amalgames, simplismes, mensonges et calomnies de leurs prédécesseurs sur le libéralisme constituaient réellement le corpus du libéralisme. Beaucoup pensent sincèrement que cette idéologie repoussoir a réellement été construite par des penseurs libéraux au cours du dernier siècle. Ces derniers sont qualifiés de « néolibéraux ». Qu’est-ce que cela signifie ? Rien. »

Nouvelle malhonnêteté intellectuelle : tous les politologues distinguent la pensée libérale politique de la pensée économique qui est celle du néolibéralisme, à savoir cette pensée dont les principaux fondateurs sont Friedrich von Hayek, Ludwig Von Mises et Milton Friedman. Et on a appelé cela « néolibéralisme » pour le distinguer du libéralisme politique. Mais de Salle persiste. Il écrit plus loin : « il [l’ultralibéralisme] véhicule l’idée que, certes, dans le domaine des idées politiques, le libéralisme a apporté une contribution qui n’est pas dénuée de valeur (les libertés fondamentales, la première génération des droits de l’homme, plusieurs principes démocratiques, etc.) mais que, sous peine de se contredire et de s’annihiler, il doit être absolument tempéré, canalisé, contrebalancé, régulé, etc. par des considérations sociales, humanistes, etc. »

Un exemple tragique : le néolibéralisme n’a rien à voir avec le libéralisme politique qui est un des piliers de la démocratie. En effet, en 1973 au Chili, les néolibéraux américains de l’école de Chicago dirigée par Milton Friedman ont participé au renversement du président élu Salvador Allende et à l’installation de la sanglante dictature du général Pinochet. Et il existe d’autres exemples aussi tragiques dans différentes parties du monde. Mais, pour de Salle, les adversaires du néolibéralisme confondent libéralisme et néolibéralisme.

En réalité, c’est Corentin de Salle qui considère que libéralisme et néolibéralisme sont une seule et même pensée. Tout cela pour fustiger Madame Cadelli : « Manuela Cadelli s’attaque en réalité, quoi qu’elle en pense, au « libéralisme ». Le libéralisme est-il un fascisme ? Je n’ai guère coutume de citer cet individu de noire mémoire mais je pense que Benito Mussolini, le premier grand théoricien du fascisme, a dit une chose significative : « Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique ». » Donc, en considérant que le néolibéralisme est un fascisme, Manuela Cadelli attaque en réalité le libéralisme !

Alors, si on suit bien le raisonnement du directeur scientifique du Centre Jean Gol, les libéraux sont complices du coup d’Etat de Pinochet. Cela n’a évidemment aucun sens. Le plus inquiétant est que le MR qui se « droitise » de plus en plus, ait confié son « think tank » à ce personnage.

Et Corentin de Salle insiste et c’est l’aveu : « Une économie est libérale, nous dit Milton Friedman, quand l’Etat prélève environ 30 % des richesses produite. Au-delà, elle devient socio-démocrate. Nous sommes aujourd’hui à 60 % de prélèvements ! Depuis plusieurs années, les divers gouvernements en Belgique votent des budgets en déficit. Les gouvernements s’endettent. En 2014, à l’issue du gouvernement Di Rupo, l’endettement représentait plus de 106 % du PIB. En Allemagne et aux Pays-Bas, ce taux oscille autour de 70 % seulement. Mais le réel n’entame en rien les convictions idéologiques des antilibéraux qui mobilisent constamment toute une rhétorique religieuse (l’« orthodoxie budgétaire », le « respect inconditionnel des sacro saints principes néolibéraux », le « dogmatisme de la rigueur ») visant à ridiculiser ceux qui appellent simplement non pas à diminuer l’endettement, non pas à diminuer l’accroissement de l’endettement mais tout simplement à freiner la vitesse de l’accroissement de l’endettement. Les Français sont généralement les plus imaginatifs pour fustiger ces principes « intangibles » d’équilibre budgétaire. Tellement « intangibles » que la France n’a pas voté un budget en équilibre depuis… 1975. »

Donc, Friedman est un économiste libéral et l’Etat ne devrait relever que 30 % des richesses produites. Autrement dit, plus de sécurité sociale, plus de services publics ; seules l’armée et la police – et encore – resteront sous le giron de l’Etat. Quant à la démonstration archiconnue sur la dette, on peut opposer le sous-investissement public qui pose le problème de l’avenir d’activités essentielles comme l’enseignement, la culture, la recherche scientifique et surtout la structure de la dette publique qui génère le surendettement public et qui est au seul avantage des banques ! Et le contradicteur de Madame Cadelli termine en démontrant l’efficacité de la politique actuelle du gouvernement belge.

Notons que, curieusement, il ne parle pas de l’état lamentable dans lequel se trouve la Justice dénoncé par Manuela Cadelli. Enfin ! Cela fait partie de la réduction des dépenses… Pour Corentin de Salle, « Le libéralisme n’est pas un fascisme. Le libéralisme est un humanisme. » Personne ne dit le contraire, mais le néolibéralisme, lui, est un fascisme. Oui, certainement !

Source : Le Grand Soir, Pierre Verhas, 08-03-2016

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 06:41
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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 16:03

JUAN BRANCO, 26 ans, Juan Branco parle 5 langues. Journaliste, juriste droit international, professeur à Sciences Po. Conseiller de Julian Assange, il incarne pour certains la figure du nouveau militant globalisé et sans frontière. Portrait et rencontre avec un infatigable défenseur des libertés publiques.

Juan Branco : http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-le-supplement/pid6586-l-emission.html?vid=1376107

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Alexandra Ranz .Journaliste trentenaire urbaine et connectée, Alexandra Ranz se livre, pendant six mois, à une expérience sociale et citoyenne : tenter de se soustraire à la surveillance étatique et commerciale d'Internet. Car toutes les données produites lors de l'utilisation d'un appareil connecté sont récupérées par des sociétés ou des organisations. De Boston à Beauvais, elle part à la rencontre de spécialistes qui tentent de préserver la vie privée des citoyens.

Comment je suis devenue invisible :

http://www.france4.fr/emissions/comment-je-suis-devenue-invisible

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 06:28

Source : https://blogs.mediapart.fr/liem-hoang-ngoc/blog/180316/la-loi-travail-stabilisera-les-profits-mais-ne-creera-pas-d-emplois?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

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Certains auditeurs ont été frustrés de la tournure prise par le débat sur la loi Travail auquel j’ai participé le 10 mars dernier en direct face à Philippe Aghion, défenseur de la ligne gouvernementale. Au cours de ce face à face, je n’ai pu (ou su) exprimer clairement ma pensée… Je la leur livre donc par écrit.

Ce que j’ai voulu dire En direct de Mediapart le 10 mars dernier...

Par Liêm Hoang Ngoc (Economiste, fondateur de la Nouvelle Gauche Socialiste)

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La loi travail est un nouveau coup de marteau sur le clou planté par François Hollande dans le chantier de la politique de l’offre inaugurée dès la publication du rapport Gallois.

La politique de l’offre a pour but principal de déplacer le partage du gâteau en faveur des profits. Elle est incarnée par les pactes de compétitivité (Crédit d’impôt Emploi Compétitivité de 20 milliards) et de responsabilité (nouvelle baisse de cotisations sociales de 20 milliards), ainsi que par l’Accord National Interprofessionnel (ANI) impulsé par le gouvernement dans le but de promouvoir la « flexicurité ». Cette politique met à l’évidence en œuvre l’agenda du MEDEF. Elle évite cependant de heurter frontalement les salariés français, attachés à une certaine protection de l’emploi. C’est pourquoi lors de la négociation précédant la conclusion de l’ANI, le MEDEF n’a tant mis l’accent sur la mise en cause du CDI, que monnayé sa signature contre la garantie d’un pacte de compétitivité sans conditionnalité, dont on connaît le coût pour les finances publiques. Il s’est contenté de planter quelques clous, dans le chantier de la flexibilité de l’emploi, qu’il resterait à enfoncer peu à peu – ce que fera la loi travail -, en ne concédant rien en matière de financement de la sécurisation des parcours professionnels, ce qui explique que le volet « sécurité » reste si pauvre. Celui-ci est tellement coûteux au Danemark - où le taux de prélèvements obligatoires est de 49% et où l’indemnisation des chômeurs envoyés en formation était jusque 2010 de 90% du salaire antérieur pendant quatre ans -, que le pays a réduit à deux ans la durée d’indemnisation des chômeurs. Au Danemark même, placer les chômeurs en formation ne leur garantit aucunement un emploi et s’avère d’autant plus coûteux pour les finances publiques, dès lors que l’économie n’engendre ni la croissance, ni les emplois, ni les recettes fiscales induites annoncés par les promoteurs de la flexicurité…

En France, la loi Travail détricote donc le CDI, au prétexte fallacieux de le préserver en le rendant accessible aux jeunes. Elle ne produira pas d’effet bénéfique sur l’emploi. Il n’y a pas de relation avérée entre la législation protectrice de l’emploi et les performances macroéconomiques. Les pays où la législation protectrice de l’emploi est la plus faible en Europe (Espagne, Irlande) sont d’ailleurs ceux où l’emploi s’est le plus dégradé lors de la crise de 2008. Le chômage s’est accru de 150% en Irlande et de 130 % en Espagne, où le déficit d’emplois par rapport au niveau de l’emploi avant la crise est encore de trois millions de postes ! L’Allemagne elle-même n’a pas répondu à la crise par la flexibilité externe, mais a tout fait pour conserver les compétences au sein des entreprises en promouvant massivement le chômage partiel.

Le véritable « mobile du crime », le véritable objectif de la loi Travail est en réalité de maintenir constant le taux de profit des entreprises en toute circonstance, qui s’était réduit de 3 points en France après la crise de 2008. Cette baisse n’est en aucun cas liée à une quelconque tension sur les salaires, gelés dans le secteur public comme dans le secteur privé, ni dans un relèvement intempestif des cotisations patronales. Elle est liée à… une chute de la demande, entraînant une baisse du chiffre d’affaire des entreprises. A masse salariale inchangée, le taux de marge baisse dans ce cas mécaniquement parce que la productivité se détériore à court terme. Il se redresse automatiquement lorsque l’activité des entreprises redémarre. Ce phénomène est désigné en macroéconomie par le terme de cycle de productivité. Il est possible de réduire, voire de supprimer ce cycle au cours duquel le taux de marge fluctue, en « adaptant la main d’œuvre effective à la main d’œuvre désirée », dit-on, autrement dit en favorisant le divorce lorsque l’argent ne rentre plus, en bas du cycle économique. Tel est le véritable mobile des mesures réclamées par le MEDEF : maintenir constante, en toute circonstance, la part des profits dans la valeur ajoutée. Comme si le CICE, grâce auquel la part des profits a retrouvé son niveau d’avant la crise, ne suffisait pas…

La nouvelle définition du licenciement économique que devront prendre en compte les juges en cas de « baisse durable de l’activité de l’entreprise », illustre ce motif de la loi Travail. Le plafonnement des indemnités prud’homales avait pour but de décomplexer les employeurs de se séparer de leurs « moutons noirs » en période de mauvaise conjoncture. Enfin, la baisse de la majoration des heures supplémentaires (de 25 à 10%), rendue possible par la négociation d’entreprise, réduira le coût du travail au-delà de 35 heures. La loi Travail confirme la volonté de l’exécutif de saper le principe de faveur hiérarchique, pilier de notre système de relations professionnelles, par lequel un accord d’entreprise doit nécessairement être plus favorable au salarié que la norme fixée par la loi ou à l’échelon supérieur.

Le seul résultat tangible de la politique de l’offre est la baisse de la part affectée à la rémunération de la force de travail. Rien ne dit qu’elle engendrera une reprise dans le cycle et l’inversion attendue de la courbe du chômage... Il faudrait pour cela que « les profits d’aujourd’hui soient les investissements de demain et les emplois d’après-demain » !

Le théorème Schmidt se heurte malheureusement à un paradoxe redoutable en France : en longue période, le redressement tendanciel du taux de profit observé depuis 1983 s’est accompagné d’une baisse du taux d’accumulation du capital et d’une augmentation de la part des bénéfices consacrés aux dividendes…

Les chiffres sont définitivement têtus !

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 06:04

Excellente émission, à voir.

Un scandale ?

Ça a en serait un si le fondement de la société dans laquelle on vit était moral (éthique ?), or il ne l’est pas.

Ça en serait un au regard de l’Humain d’abord, or c’est l’économie d’abord ; à telle enseigne qu’un ‘patron’ peut développer cet argument qui consiste à faire valoir l’exploitation des travailleurs comme condition nécessaire à la survie de l’entreprise.

Lorsque les êtres humains ont perdu la connaissance de l’essentiel, lorsqu’on admet que les individus sont au service de l’économie et non l’économie au service des individus, lorsqu’a été renversé l’ordre des priorités, ce qui se passe n’a rien d’étonnant et de scandaleux, c’est même logique.

On est en plein dans ce que Jacques Généreux expose dans La grande régression, et dont Karl Polanyi avait déjà fait état dans La grande transformation, aux origines politiques et économiques de notre temps.

*

Le document a ceci de particulier, par delà l’exploitation des travailleurs qui en est le sujet essentiel, c’est qu’il montre qu’il n’y aurait pas de ‘trou de la sécu’, pas plus qu’il que les caisses de retraite ne serait en déficit, etc.…

si la « classe politique » dite de gouvernement faisait son boulot, au lieu de quoi, ne touchant à rien, elle ampute et détruit tous les acquis (les conquis) et est donc complice du système dans lequel nous sommes de plus en plus installés,

si les citoyens-travailleurs-électeurs réagissaient.

En fait, disons le, nous n’avons que ce que nous méritons. Et continuons à voter comme des veaux.

Exergue

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http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-22-mars-2016_1361051.html

Avec la directive "détachement des travailleurs", l’Europe a inventé la délocalisation près de chez soi. Un travailleur détaché, c’est un Européen qui vient exercer son métier en France. Les conditions ? Le patron doit lui payer un salaire français et prévoir de quoi le nourrir et le loger. L’avantage ? Les cotisations sociales sont payées dans le pays d’origine. En France, c’est 38% en moyenne de cotisations patronales, alors qu’en Roumanie, c’est 27%, au Portugal 23%, et en Pologne tout juste 18%... Ce "dumping social" est une aubaine totalement légale pour les employeurs.

Aujourd’hui, on compte officiellement 230 000 travailleurs détachés en France, 30 fois plus qu’il y a quinze ans. Et certains patrons n’hésitent pas à frauder ce système déjà avantageux : ils imposent des salaires au rabais et des horaires de forçat à cette main-d’œuvre docile, qui n’est parfois même pas déclarée. La perte sèche de cotisations pour le système de protection sociale est estimée à 400 millions d’euros. "Cash Investigation" dévoile les méthodes des entreprises pour casser le prix du travail.

Un Meccano à échelle européenne

L’enquête démarre à Dunkerque, sur le chantier d’un terminal méthanier piloté par EDF. Sophie Le Gall a découvert que des ouvriers roumains trimaient jusqu'à 55 heures par semaine, pour moins que le Smic. Certains mois, ils ne sont même pas payés… Des entreprises pourvoyeuses de main-d’œuvre se sont fait une spécialité de ce "détachement frauduleux". La championne européenne toutes catégories s’appelle Atlanco, une entreprise irlandaise d’intérim qui fournit des travailleurs low cost à toute l’Europe, notamment dans l’agroalimentaire ou le BTP. Parmi ses clients, on retrouve des mastodontes comme Bouygues. L’entreprise irlandaise a fait signer des contrats de travail chypriotes écrits en grec à des ouvriers polonais pour travailler en France… Un jeu de Meccano social dans lequel des milliers de salariés ont été bernés et des millions d'euros de cotisations sociales sont partis en fumée.

Fraude sociale et travail dissimulé

Le chantier de l’EPR de Flamanville, le plus grand chantier français de Bouygues, est un exemple emblématique de cette fraude à grande échelle. Une partie des salariés fournis par Atlanco n'étaient pas déclarés. Le préjudice s’élève à de plus de 2,5 millions d’euros pour l’Urssaf. Autant de moins pour les retraites, les allocs, la sécu ou le chômage… Condamné en première instance pour "travail dissimulé", le groupe Bouygues a écopé d’une amende de… 25 000 euros. Un montant 100 fois moins important que les cotisations non versées ! En France, l'ardoise d’Atlanco s’élève à 23 millions d’euros en cotisations et impôts impayés.

Les forçats de la route

Pour le dernier volet de l’enquête, il faut prendre la route. Avec l’ouverture du marché européen, une entreprise française peut sous-traiter le transport d’une cargaison allemande à une firme italienne avec un camion belge conduit par un chauffeur polonais… Dans cet imbroglio de nationalités et de réglementations, les contrôles sont peu efficaces et les chauffeurs européens sont devenus des forçats de la route. Des "esclaves modernes", selon ce chauffeur roumain "détaché" en France qui touche un salaire de 237 euros brut par mois, vit dans son camion et passe ses week-ends sur le parking de son entreprise, faute de pouvoir rentrer chez lui. Son employeur ? Geodis, une entreprise française filiale de la SNCF… Le grand scandale des salariés à prix cassé touche aussi les fleurons du secteur public.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 07:39

http://www.ariegenews.com/ariege/actualites_economie/2016/100228/reforme-du-droit-du-travail-pour-carole-delga-la-formation-des-demande.html

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Après la manif, aux urnes ! http://www.jlm2017.fr/

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:42

L’émission : https://www.youtube.com/watch?v=kGUODXVF-Sw

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et après, après la manif,…. après …..

…… si on veut que ça change, que ça change vraiment, il faut une constituante pour une 6ième république, et ça….. ça passe par les élections 2017 qui doivent renverser la table, sinon……apprêtez-nous à rebattre des records de pétitionnaires et à aller dans la rue faire la fortune des cordonniers.

La politique si tu ne veux pas en faire ton affaire, si tu ne veux pas t’en occuper elle va s’occuper de toi ; tu vois bien !

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 07:06

COMMUNIQUE :

Les organisations politiques et associatives (Attac, Collectif Roosevelt, FDG : Ensemble!, PCF, Parti de Gauche ) réunies le 4 mars 2016 appellent à manifester pour le retrait du projet de loi de réforme du code du travail El Khomri, le mercredi 9 mars à 12 heures devant la permanence du député Jean-Claude Perez, 2 rue Barbes à Carcassonne.

Dans sa volonté de soumettre les salariés aux exigences du patronat, le gouvernement après la loi Macron imposée à coups de 49-3, veut ajouter de nouvelles aggravations.

La mobilisation nationale a obtenu le report du passage de la loi en conseil des ministres. C'est maintenant une marée citoyenne qui doit contraindre le gouvernement à retirer son projet de loi.

Pour mieux comprendre les enjeux, une assemblée-débat aura lieu le même jour à 20h30 en présence de deux juristes spécialistes du Droit du travail.

Non au choc de précarité, Oui au retrait définitif du projet.

On vaut mieux que ça : tous dans la rue le 9 mars !

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Commentaire

Signé d’Attac, du Collectif Roosevelt, d’Ensemble!, du PCF, du Parti de Gauche, ce communiqué se lit aussi ‘par soustraction’. N’en sont pas signataires : le PS,…..

Il reste que tout citoyen-travailleur-consommateur peut user de son libre arbitre pour participer à la manifestation.

A bon entendeur, salut !

Exergue

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