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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:21

Dans le monde feutré de la cogestion PPE-PSE des institutions européennes, les négociations sur le grand marché transatlantique ne devaient surtout pas être rendues publiques. Les souvenirs cuisants du rejet de l'AMI (octobre 1998) et de l'ACTA (juillet 2012) sous la pression de mobilisations sont encore présents dans la mémoire des eurocrates. Sans parler évidemment du rejet du TCE en 2005 par un vote populaire ensuite bafoué. Tout a donc été fait pour maintenir le secret : refus non seulement de publier le mandat de négociation donné au niveau européen, mais aussi d'organiser le débat au parlement français : la séance prévue le 12 juin 2013 a été supprimée. Malgré cela, le mandat a fuité. Le Front de Gauche a donc décidé de transformer le vote pour l'élection européenne en référendum anti GMT.

Grâce à notre mobilisation, aux actions d'agit-prop comme la brigade des poulets anti GMT, aux vœux déposés dans les assemblées délibérantes (conseils régionaux, conseils municipaux...) demandant la suspension des négociations, à la dénonciation de ces négociations par tous nos candidats, nous avons réussi à briser le mur de silence que droite et PS voulaient imposer. Aussi aujourd'hui c'est panique et cacophonie au PS. Tous les arguments pour essayer d'éviter la sanction du suffrage universel sont employés, y compris la mauvaise foi. La ministre Fleur Pellerin dit ne pas avoir de problème avec le principe de tribunaux privés d'arbitrage pendant que d'autres dirigeants du PS jurent qu'il n'en sera pas question ! En dénonçant le poulet au chlore, les OGM, le bœuf aux hormones, nous agiterions des peurs irraisonnées. Mais qui a dit : « On a la naïveté de croire que les Américains vont adapter leurs normes. Il n'y a qu'en Europe que l'on pense cela. Le nivellement se fait toujours par le bas » ? C'est le président de la Fédération nationale bovine, adepte du FdG bien connu !

Le PS ne pouvant plus se contenter de nier la réalité, essaie maintenant de détourner le débat avec un degré d'hypocrisie incroyable. Pour éviter d'avoir à se positionner sur la résolution déposée par les députés du FdG, il l'a vidé de son sens en commission de l'assemblée nationale, en supprimant la demande de suspension des négociations. La justification est significative : « Nous préférons à l’idée de suspension des négociations la nécessité d’une plus grande vigilance, d’une meilleure information des parlements sur la question. Nous insistons également sur l’importance du rôle de la Cour de justice de l’Union Européenne. » Pour rappel, cette dernière vient de condamner le statut d'EPIC, qui concerne de très nombreux établissements publics (SNCF, RATP, Office National des Forêts...), comme garantie d'état incompatible avec le droit européen de la libre concurrence. Son rôle est effectivement important dans l'acharnement ultra-libéral, ce qui n'a pas l'air de gêner le PS.

De son côté, EELV veut faire oublier que la présidente EELV de la commission des Affaires étrangères a soutenu le mandat de négociation en commission en juin. Le FN, quant à lui, étale son inconséquence sur le dossier : contre à la télé, pour ou abstention lorsqu'il doit voter sur le sujet.

Aussi le 25 mai, il ne faut pas se tromper de vote : pour être sur d'avoir des députés qui voteront clairement contre le GMT, il faut voter Front de Gauche.

Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche

*L’UMP appartient au PPE (parti populaire européen), le PS au PSE (parti socialiste européen)

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 10:40

Faut-il quitter l’Euro ou pas ? L’Europe ou pas ? Ces questions maintes fois entendues ces derniers mois, prononcées par des militants ou des citoyens non encartés, surgissent dans le débat. Les réponses apportées par les intervenants dépendent de la position qu’ils occupent, les uns observateurs de la vie politique, les autres acteurs. Les réponses ne sont pas également pertinentes, car il y a une différence entre l’analyse théorique d’une question puis sa solution dans le monde réel plein de contraintes. Tandis qu’Emmanuel Todd affirme l’objectif, Jacques Généreux décrit aussi le cheminement. Au final, ils sont d’accord. Aux militants toujours en procès d’intention, qui après avoir lu tel journal ou tel autre, il faut dire qu’il ne suffit pas de connaître l’objectif, encore faut-il se préoccuper du chemin pour l’atteindre, ajouter que, comme en montagne, la sente la plus raide n’est ni la plus sûre ni la plus efficace. Ou encore, dire qu’il est plus difficile de construire que de casser, et ceci tandis qu’il s’agit toujours de construire.

Il est aussi question dans le débat des hommes politiques du jour, et de ceux d’hier, qui nous gouvernent, qui sont, comme le dit Emmanuel Todd « des gens épuisés » qui n’ont « pas de projet ». Il est question, en autre versant, des « populations qui ont encore le droit de vote (et) qui ne sont pas à un niveau de militantisme et de révolte élevé ». Observations quotidiennes alors que nous souhaiterions « le surgissement des peuples sur la scène de l’histoire ». Là encore il est question de militantisme, activité éminemment et étymologiquement militaire, qui consiste en divers actes et réflexions, mais surtout qui consiste à bouger le cul du fauteuil au lieu de se gargariser de commentaires sur le dernier article paru.

Faut-il voter ou pas ? Emmanuel Todd répond : non ! Il prône l’abstention. Il est dans cette attitude « des gens épuisés » qu’il dénonce, et attend, assis au bord du chemin, comme le dit Jacques Généreux, que l’Histoire passe, ce qui est une bien curieuse attitude lorsqu’on entend être maître de son avenir, ceci d’autant qu’il en sera toujours à la manœuvre pour nous contraindre à celui qu’ils envisagent pour nous. François Ruffin, quoique plein d’incertitude, votera car voter c’est ne pas laisser aux autres la possibilité de choisir pour nous. Certes, voter ce n’est pas être assuré de la victoire, mais c’est s’engager à changer progressivement le rapport des forces pour rapprocher au plus vite un demain victorieux. Si le peuple de gauche s’était abstenu tout au long de l’Histoire que les conditions de sa victoire soient remplies, il attendrait encore.

http://www.dailymotion.com/video/x1uf0pk_faut-il-faire-sauter-bruxelles_webcam

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 06:52
  • Le mercredi 14 mai 2014 à 20h30. En direct sur Médiapart "Les européennes après les municipales : la fin de la gauche ?" Débat animé par Frédéric Bonnaud et Edwy Plenel avec Jean-Christophe Cambadelis (PS), Emmanuelle Cosse (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche, Parti de gauche).
  • Le 15 à 19 h Meeting départemental Aude : foyer de Maquens avec Martine Gayraud, secrétaire fédérale du PCF du Gard, David Hermet, candidat Ensemble! dans le Sud Ouest, pour les Européennes, Manuel Bompard, secrétaire national au développement du parti PG
  • Meetings régionaux Mélenchon :
  • Bordeaux le 16
  • Toulouse le 20
  • Montpellier le 21
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 06:10

Texte à faire circuler.

Exergue

***

http://www.jennar.fr/?p=3640

***

Il en est qui font campagne pour l’abstention lors du scrutin européen du 25 mai. Examinons leurs raisons.

Certains disent : « pourquoi voter pour un Parlement européen (P.E.) qui n’a aucun pouvoir ?» Ce n’est pas exact ; ils devraient s’informer et lire les traités actuellement en vigueur. Ils devraient lire cet excellent petit livre « Le Parlement européen, pour faire quoi ? » dont les auteurs qui ne peuvent être qualifiés d’européistes (B. Cassen, H.Michel, L. Weber). On n’argumente pas en travestissant la réalité. Reprenons leurs principales critiques :

- le P.E. n’a pas le pouvoir de proposer. C’est vrai. Mais qu’en est-il de ce pouvoir dans les parlements nationaux ? Quelle est la part réelle de l’initiative parlementaire dans le travail législatif national ? Dérisoire. Depuis le début de l’actuelle législature (depuis le 20 juin 2012), 125 des 157 lois adoptés étaient d’origine gouvernementale, soit près de 80% des textes votés.

- le P.E . n’est que co-législateur puisque tous les textes législatifs qu’il adopte doivent avoir l’agrément du Conseil des Ministres et de la Commission. C’est vrai. Mais encore une fois qu’en est-il au Parlement français ? Les textes adoptés ne doivent-ils pas, dans les faits, avoir l’accord du gouvernement ?

Par contre, ce qu’on passe trop souvent sous silence, c’est que le Parlement européen dispose du pouvoir de rejeter les textes proposés. Mais la majorité droite-pseudo gauche de ce Parlement préfère les approuver. Il est extrêmement rare qu’un texte législatif soit rejeté: au cours des trois dernières législatures (en quinze ans donc), seule la directive sur la libéralisation des services portuaires a été rejetée suite à l’intense mobilisation des dockers. Dans tous les autres cas, la majorité droite-PS a accepté les textes proposés.

Il ne fait aucun doute qu’au regard de l’idéal démocratique qui demeure à appliquer en France, le PE pourrait disposer de pouvoirs plus larges. Mais nous savons que ce sont les gouvernements des Etats qui limitent ces pouvoirs. C’est d’abord aux gouvernements successifs de la France qu’il faut s’en prendre si on veut changer d’Europe.

Ils affirment que « ce PE soutient les politiques néo-libérales proposées par la Commission européenne et adoptées par les 28 gouvernements réunis en Conseil des Ministres. » C’est vrai. Et cela prouve que le PE a du pouvoir. Puisqu’il pourrait ne pas les soutenir. Mais à qui la faute si les choix sont de droite ? Pas à l’institution qu’est le PE ! Mais bien aux partis politiques de droite et de la pseudo-gauche qui votent ensemble l’écrasante majorité des textes. Comme l’écrivent très justement les auteurs de cet excellent petit livre intitulé « Le Parlement européen, pour faire quoi ? » c’est à l’alliance des chrétiens-démocrates et des sociaux-démocrates qu’il faut attribuer le caractère néo-libéral des textes adoptés. Et les auteurs de conclure « si le Parlement veut, il peut ». Cette orientation dépend donc avant tout du vote des électeurs.

Enfin, ils proclament « il faut s’abstenir pour manifester notre rejet de cette Union européenne qui nie la démocratie et la justice sociale parce qu’elle nie la souveraineté des peuples ». Je suis d’accord sur le constat, mais je ne considère pas que ce soit la bonne méthode pour changer d’Europe, ni même pour changer l’UE. En effet, lors du précédent scrutin européen, en 2009, il y a eu, votes blancs et nuls compris, 62, 12% d’abstentions en France. En quoi cela a-t-il changé les choix politiques de l’UMP puis du PS ? En quoi cela a-t-il empêché la majorité PS – EELV de ratifier tel quel le pacte budgétaire Merkel-Sarkozy ? En quoi cela a-t-il modifié les orientations de l’UE ? Quelle révolution cela aurait été si seulement la moitié de ces abstentionnistes en 2009 avait soutenu l’une ou l’autre des listes de la gauche de gauche !

Quant à affirmer qu’en délégitimant le Parlement européen par un boycott massif de l’élection « les décisions européennes n’auront plus aucune portée en France », c’est oublier que les décisions européennes sont pour l’essentiel prises avec l’accord des 28 Etats, c’est-à-dire des 28 gouvernements et que ce sont donc aussi des décisions qui engagent le gouvernement français et qui s’appliquent en France.

De plus, cette année, alors que se négocie le grand marché transatlantique (GMT), nous allons élire les députés européens qui auront à le ratifier, si la négociation aboutit. Puisque, désormais, le Parlement européen a le pouvoir d’adopter ou de rejeter de tels traités. Il a usé de ce nouveau pouvoir le 4 juillet 2012 en refusant l’ACTA, un traité au contenu liberticide négocié par l’UE dans le plus grand secret. Affirmer, comme les partisans du boycott le prétendent que « le résultat du scrutin n’aura aucun impact » sur l’avenir du GMT, c’est tout simplement se faire les complices des partisans du GMT.

Il nous est donc possible de choisir des candidats qui sont radicalement et sincèrement opposés à ce projet funeste pour les peuples d’Europe. Et de faire de cette élection un référendum pour ou contre le GMT.

Je veux ajouter ceci. A côté de ceux qui s’abstiennent, il y a ceux qui ne s’abstiennent pas : les électeurs du FN. Et ce parti, on l’a vu aux récentes municipales, profite des abstentions pour gagner plus de sièges qu’il en obtiendrait s’il y avait moins d’abstentions. S’abstenir aux européennes, cela équivaudra à donner plus encore de députés européens au FN. Et ce choix discréditera la France et n’aura aucune influence sur la nécessité de faire rupture avec les orientations politiques de l’UE et les institutions qui les portent. Parce que ce sera un choix d’extrême-droite.

S’abstenir est une grave erreur. Une faute politique majeure. Il faut au contraire se mobiliser massivement pour ceux qui ont combattu le traité constitutionnel européen en 2005 au nom des valeurs de gauche et qui sont restés fidèles à ce choix, pour ceux qui au Parlement européen n’ont jamais mêlé leurs voix à la sainte alliance de la droite et des sociaux-démocrates, pour ceux qui rejettent le capitalisme rose comme le capitalisme vert.

S’abstenir, c’est faire du score du FN l’événement médiatique majeur du scrutin ; voter massivement Front de Gauche, c’est créer l’événement politique et annoncer aux peuples d’Europe, et en particulier au peuple grec martyr de l’UE, qu’un espoir est né en France de remplacer l’UE par une union des peuples d’Europe fondée sur la démocratie, la justice sociale, l’exigence écologique et le respect absolu de la souveraineté populaire.

Raoul M. Jennar

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 09:31

Certainement pensiez-vous qu’ils avaient encore un peu d’orgueil, un peu de vergogne comme on dit ici, qu’après la déculottée qu’ils se sont prise aux municipales, ils allaient ruer dans les brancards. Et bien, non ! Leur spécialité c’est d’être des godillots, les pourvoyeurs en voix du FN. L’un, à Carcassonne, a perdu la mairie, l’autre, à Limoux, a failli la perdre, qu’importe ! Ils continuent dans leur marche : « A droite toute ! ». Leur comparse, Eric Andrieu, député européen, qui ne vaut pas mieux qu’eux, avait voté quelques jours plus tôt le mécanisme d’arbitrage contenu dans le GMT. C’est dire que c’est toute la baronnie socialiste audoise qui est gangréné, pourri jusqu’à la moelle.

Hier à l’Assemblée nationale 41 députés « socialistes » se sont abstenus, 3 ont votés contre. La majorité absolue obtenue par Valls de 265 députés (qui aurait dû être de 282) ne tient qu’au fait que les abstentions ne sont pas des exprimés. Cette situation constitue, sauf erreur, une 1ier dans l’histoire de cette 5ième République à bout de souffle. Ainsi, une victoire en trompe-l’œil, une victoire qui a le goût et la vérité de la défiance.

L’abstention, comme on le voit dans l’exemple ci-dessus, n’est pas toujours la solution. Une majorité de gauche existe en France et dans notre département. Elle peut et doit voir le jour. Pour cela, il faut que ceux qui se reconnaissent comme appartenant à la gauche aillent voter aux 1iers élections qui se présentent : celle des élections européennes. Voter pour le Front de Gauche c’est faire que celui-ci passe devant le parti solférinien.

En Europe, comme en France, le parti solférinien conduit une politique libérale qui sert les intérêts des marchés, celui des multinationales, qui saccage les services publics, qui fait payer les pauvres.

Nous pouvons et devons nous engager dans une autre voie. En votant pour le Front de Gauche vous proposez Alexis Tsipras à la présidence du conseil européen en remplacement de Barroso, Alexis Tsipras en passe, avec ses 28% d’intention de votes, de prendre le pouvoir en Grèce.

L’Europe des peuples est à notre portée pour autant que nous le voulions. Un renversement de la politique libérale européenne est possible ; l’arme : le bulletin de vote, l’expression d’un choix pas celui de l’abstention.

Notre salut est entre nos mains. Saisissons nous de nous !

***

Hier, à Narbonne, 500, 600 personnes au meeting du Front de Gauche (Mélenchon, Vieu, Jennar, Hermet, Bompart,…). Dans la salle : des socialistes, des écolos, tant sont grandes leurs interrogations.

http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0786.asp

http://exergue.over-blog.com/2014/04/gmt-eric-andrieu-ps-parlementaire-europeen-audois-vote-pour-le-mecanisme-d-arbitrage.html

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 06:20

Meeting pour les élections européennes. Mardi 29 avril à 20h30, J-L Mélenchon sera au Palais du Travail à Narbonne, salle des fêtes.

Autres intervenants : Marie-Pierre Vieux pour le PC et David Hermet pour Ensemble. Présence de Raoul Jennar.

Faire circuler l’information.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 06:33

« Le meilleur choix pour manifester son mécontentement à l’égard de l’U.E serait, selon le M’Pep, de boycotter activement l’élection européenne ! ». Aussi appellent-ils à une grève du vote. Sur la position du M’Pep le POI dont les membres, que l’on compte dans le département sur les doigts d’une main, sont suffisamment actifs (activistes ?) pour tenter de venir casser, chaque fois que l’occasion se présente (n’ont-ils pas autre chose de constructif à faire ?), la gauche renaissante lorsqu’elle ne se plie pas à leurs injonctions. 2 mouvements qui pourraient être « sympathiques » s’ils mettaient autant d’ardeur à pourfendre le libéralisme et le capitalisme qu’ils en mettent à descendre ceux qui sont au plus près de leurs idées.

Ils ne sont pas très nombreux, cependant toujours trop car ce sont autant de voix qui manquent à l’appel lorsqu’il s’agit de combattre l’adversaire dont la M’Pep et le POI se font par cet appel les alliés objectifs. Ne pas voter c’est aider la droite à passer, c’est la laisser durer. C’est aussi simple que ça.

Les rouages institutionnels font que ce qui compte c’est que se dégage une majorité, ceci peu importe le nombre de votants. Ceux qui s’exprimeront par leur vote détermineront l’orientation politique du Parlement européen.

On n’entend jamais des personnes de droite appeler à un tel comportement. C’est toujours à gauche que s’effectuent les défections au nom d’un puritanisme qui s’avère suicidaire. « Chui mécontent ! Chui mécontent ! ». Ils viennent témoigner et passent leur tour. Ce faisant, ils baisent la gauche à laquelle ils appartiennent car le juge c’est le verdict des urnes.

Ils font penser à ceux avec qui, il y a quelques années, étaient dans la rue à faire la fortune des cordonniers pour, le moment venu de tenter de prendre le pouvoir, se débiner en appelant à la prochaine manif. Beaucoup de ces derniers se sont ressaisis, sans perdre leurs convictions, sont venus sur cette position qu’il faut tout faire, et d’abord se rassembler, pour accéder aux commandes.

La grève du vote n’a d’efficacité que pour autant que pas un électeur ne se rende aux urnes. Pas un. Et comme il y aura toujours quelqu’un pour aller aux urnes, une telle attitude, concernant les élections des députés européens, est d’une inconséquence folle.

Il faut appeler à voter. Il faut voter pour le F de G et ses alliés. L’abstention est toujours préjudiciable à la gauche. La droite gagne du fait de nos états d’âme. Il n’y a pas d’autre choix. A moins de prendre les fourches et de faire la révolution. Qui est prêt ?

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 06:39

Les 2 grandes villes du département, Carcassonne et Narbonne, ont été perdues par les barons solfériniens, avec des écarts au dessus de 10 points entre 2008 et 2014. Idem pour Quillan. Ils l’emportent de justesse à Castelnaudary (8 voix d’avance) et à Limoux avec des pertes allant toutefois de 17 à 48 points. Lézignan-Corbières se maintien avec 56,25% (coalition PS/PC) contre 79,78 (les 2 listes séparées) en 2008. Partout c’est la déroute.

Hollande était élu du rejet de Sarkozy, l’UMP gagne de celui de la politique libérale de Hollande. C’est dire que ni l’un ni les autres ne peuvent revendiquer une victoire qui serait due à l’adhésion à leur politique.

Tout ceci c’est sans compter sur l’émergence du FN (10,98 à Narbonne, 20,33 à Carcassonne) dont le lit a été fait par l’incurie de l’UMP d’abord, du PS-parents et alliés ensuite.

Cette grande lessive traduit le refus d’un socialisme de clientèle, celui de barons sans autre projet qu’eux-mêmes, qui ont oublié les fondamentaux du socialisme pour adhérer au libéralisme, qui ont contribué à faire de l’Aude un des départements qui pointe dans les 6 plus pauvres de France rongé par le chômage.

Le Parti solférinien, progressivement réduit à un parti d’élus, vivant de sa rente historique, n’est plus. Ceux qui s’y sont ralliés, soit par conviction de se voir attribuer strapontins et miettes, soit pour lui porter secours en catimini entre les 2 tours, sont battus avec lui. Il est bon et juste qu’il en soit ainsi pour reconstruire le socialisme dans l’Aude sur des bases saines. Faire le ménage était devenu incontournable.

Les abstentionnistes constituent un réservoir de voix important, une force majeure, cependant inerte pour permettre l’émergence d’une alternative authentiquement de gauche qui aurait pu voir le jour. Malgré cela, malgré une presse acquise aux solfériniens, le PG pour sa première participation aux élections municipales s’implante dans des villages et compte des élus dont 1 à Limoux où le F de G (dans lequel étaient présents des communistes qui avaient refusé de se vendre à Dupré) a fait plus de 11% des voix.

Les élections européennes proches peuvent selon les résultats être la promesse de la renaissance de la gauche audoise, d’autant qu’il est là une situation favorable. Pour cela le PG et le F de G ont du pain sur la planche.

On sait l’UMP et le PS favorables au GMT qui consacre l’Europe libérale. Le Parti de Gauche, dans le cadre des élections européennes, militera pour l’arrêt définitif des négociations du GMT, pour une Union Européenne en rupture avec les traités libéraux, pour la sauvegarde de la souveraineté populaire réduite par l’UMPS à néant. L’écosocialisme, dont il est porteur, occupera toute sa place dans son projet alternatif européen.

Avec vous, le Parti de Gauche veut redonner vie au socialisme dans l’Aude. Rejoignez-nous, comme militants, sympathisants, dans les urnes, nous avons besoin de vous. La Gauche, le socialisme, a besoin de vous.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 16:56

par Raoul Marc JENNAR

http://www.jennar.fr/?p=3367

Depuis de nombreuses années, j’observe et j’analyse le processus d’intégration des Etats dans ce qui s’appelle aujourd’hui l’Union européenne. J’ai publié un grand nombre d’articles et plusieurs livres.

En partisan convaincu de la nécessité d’unir des peuples victimes, pendant des siècles, des guerres qui leur ont été imposées par leurs dirigeants, j’ai souligné les faiblesses et les carences d’un processus auquel j’adhérais dans son principe. Jusqu’au jour où sa véritable finalité s’est confirmée avec force dans l’Acte unique européen de Jacques Delors : instaurer un espace ouvert où la loi du marché, libérée de toute contrainte démocratique, sociale et écologique, pourra s’affirmer dans sa pureté doctrinale, fut-ce au mépris des intérêts des peuples. Les traités qui suivirent (Maastricht, Amsterdam, Nice, Lisbonne) ont confirmé et aggravé ce dévoiement de la belle idée d’Europe. J’ai pourtant cru que cette UE était réformable. Les traités de 2012 (MES, TSCG) et le projet de grand marché transatlantique ont tué cette illusion. Nous sommes proches de l’inéluctable.

Par mes écrits, mes conférences et quelques interviews, je m’adresse à des milliers de personnes à l’égard desquelles je me sens comptable de mes prises de position. J’estime le moment venu de partager l’état présent de mes réflexions.

Dans 100 jours auront lieu les élections européennes. La gauche éco-socialiste, celle qui remet radicalement en question un système où le chaos économique et financier permet l’exploitation la plus sauvage des humains et de la planète, doit présenter une alternative claire au principal instrument de l’asservissement au marché qu’est l’Union européenne.

Les peuples, dépouillés de leur droit fondamental à décider de leur destin, souffrent trop pour se satisfaire du flou de propositions ambiguës et de promesses de réformes qui ne se réalisent jamais.

Le bilan de l’Union européenne s’impose : c’est un échec.

La démocratie et la justice sociale sont les grandes oubliées de cette construction européenne qui, pour paraphraser Pierre Bourdieu, est bien davantage une destruction démocratique et sociale. Mais il ne s’agit pas d’un oubli. Il s’agit d’une volonté. Au départ d’un processus baptisé « méthode Monnet », un système oligarchique a progressivement été mis en place au mépris de la souveraineté des peuples.

La Cour de Justice de l’UE, s’appuyant sur une interprétation extensive des traités, a construit un ordre juridique imposé aux Etats et à leurs ressortissants qui comporte des choix de société sur lesquels jamais personne ne s’est prononcé et qui bafoue les droits humains fondamentaux tels qu’ils sont énumérés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, en particulier ces droits déclinés aux articles 22 à 27 : droit à la sécurité et à la protection sociales, au travail, à un niveau de vie suffisant, au logement, à la santé, à l’éducation, à la vie culturelle…

Le libre-échange érigé en dogme est devenu l’instrument non pas de la prospérité des peuples, mais de leur asservissement. Ceux-ci sont livrés à la concurrence débridée à laquelle se livrent les firmes à la recherche du moins disant social, fiscal et écologique, dressant les salariés d’Europe les uns contre les autres et faisant renaître, de ce fait, les formes les plus dangereuses de nationalisme.

La pauvreté, la précarité et le chômage ont atteint des sommets inconnus depuis un siècle. Les politiques de l’UE ont ressuscité une catégorie que les luttes sociales avaient fait disparaître : le travailleur pauvre. Elles ont amplifié un phénomène autrefois marginal : le travailleur détaché.

Cette Union européenne est inféodée aux USA et, comme je l’ai démontré dans mon analyse du mandat conféré par les gouvernements de l’UE à la Commission européenne pour négocier le grand marché transatlantique UE-USA, elle se prépare à faire de ses 28 Etats membres 28 colonies américaines.

Cette Union européenne est la négation de l’idéal d’union démocratique et solidaire des peuples d’Europe. Son échec doit être acté.

Une rupture indispensable

La nécessité d’une rupture avec l’ordre néo-libéral qui sévit et fait souffrir les peuples d’Europe n’est plus à démontrer. Nous subissons le joug d’une idéologie appliquée avec le dogmatisme le plus implacable, qui n’a d’égal dans l’histoire de l’humanité que la dictature de l’Eglise catholique pendant des siècles et les totalitarismes qui ont sévi au XXe siècle.

Les institutions européennes infligent un monothéisme de marché dont les peuples souffrent et ne veulent plus. Il s’en suit que la rupture avec l’ordre libéral réclame nécessairement une rupture avec les institutions qui en sont les instruments.

La nécessité de rendre aux peuples la souveraineté dont ils sont les uniques dépositaires s’impose de la même manière si on veut mettre fin à une construction européenne oligarchique qui, en vertu de la « méthode Monnet » de transfert d’attributions politiques à des instances technocratiques, a peu à peu dépouillé les peuples de la maîtrise de leur destin.

Il s’agit donc, très clairement, de rompre avec les orientations politiques et les institutions de l’Union européenne sans pour autant renoncer à unir les peuples d’Europe.

Se pose dès lors la double question : comment procéder à cette rupture et sur quelles bases nouvelles construire cette union ?

Comment organiser la rupture ?

La rupture est un acte de volonté. Une volonté, cela réclame une détermination. Or, quand donc la France, dans le concert européen, s’est-elle assignée un objectif et a-t-elle manifesté une détermination qui auraient témoigné de sa volonté de respecter les attentes du peuple français ? La dernière fois, ce fut en 1966. Mais depuis ?

Quand la Grande-Bretagne exige qu’on lui rende le montant de sa contribution à l’UE, elle l’obtient. Quand l’Allemagne exige une BCE indépendante uniquement en charge de lutter contre l’inflation, elle l’obtient. Quand elle impose sa conception de la politique budgétaire que doivent appliquer les Etats membres de la zone euro, elle l’obtient. Quand le petit Luxembourg et l’Autriche s’opposent à toute harmonisation fiscale, ils l’obtiennent. Mais quand donc, la France gouvernée par le PS a-t-elle manifesté une quelconque volonté qu’il s’agisse de l’Europe sociale, des services publics ou de la démocratisation des institutions européennes ? Poser la question, c’est y répondre.

Il n’y a pas, chez ceux qui se prétendent de gauche, de volonté de s’opposer aux avancées néo-libérales et encore moins d’imposer des politiques sociales. Au contraire, c’est Jacques Delors qui, en 1986, a amené la concurrence de tous contre tous et doté pour ce faire la Commission européenne de pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. Que la droite acquiesce aux orientations néo-libérales, nul ne doit s’en étonner. Mais que ceux qui se sont jusqu’ici présentés comme des socialistes se fassent les promoteurs de ces orientations, comme on ne cesse de le vérifier, montre que la volonté de pratiquer une autre politique n’existe pas au PS.

Pourtant, si la France seule ne peut inverser le cours des politiques voulues par le patronat en Europe, elle pourrait, parce qu’elle est la France, provoquer la rupture. Et entraîner dans cette rupture d’autres Etats trop petits ou trop faibles ou trop nouveaux pour prendre une telle initiative.

Il y a donc sur la question de la rupture avec les politiques et les institutions de l’UE une nécessité impérieuse de reconstruire avec le peuple un lien de confiance tel qu’il a pu naître du formidable débat de 2005 entre les animateurs de la campagne contre le TCE et le peuple de gauche. L’engagement de rompre avec les politiques et les institutions de l’UE doit être un engagement solennel, sans équivoque, sans faux-fuyants, sans délais.

Comment doit se manifester cette rupture ? Il revient aux élus qui prendront cet engagement devant le corps électoral de n’accorder leur confiance à un gouvernement qu’à la condition que celui-ci prenne trois décisions :

a) demander aux autres Etats membres de l’Union européenne une refondation complète du projet européen ;

b) si la réponse est négative, soumettre au peuple français par voie de référendum :

1. la suspension de la France aux activités de l’Union européenne jusqu’à la conclusion d’un nouveau traité consacrant une Europe démocratique, sociale et écologique ;

2. l’abrogation du titre de la Constitution de la République relatif à l’Union européenne afin de rétablir la primauté du droit national hors duquel aucune politique de gauche n’est possible;

3. l’inscription dans la Constitution de la République d’une disposition en vertu de laquelle tout transfert futur de souveraineté ne peut s’effectuer qu’au terme d’une procédure référendaire ;

c) proposer à l’Assemblée nationale une loi-programme de réparation des politiques mises à mal par les règles européennes du primat de la concurrence et du marché.

La France est un Etat souverain et le peuple français est un peuple souverain. Cette souveraineté ne sera en rien utilisée contre les autres peuples. Mais elle devra se manifester dans toute sa légitimité et toute sa force pour mettre fin à une entreprise d’asservissement des peuples. Ainsi expliquée, elle ralliera le soutien d’autres peuples dont certains souffrent encore davantage que le peuple français des politiques mises en œuvre par les institutions européennes.

La confiance aux élus peut-elle suffire ? Je ne le pense pas. D’abord, parce que la démocratie représentative est en panne, vidée de son sens par la professionnalisation du mandat, la faiblesse de l’institution parlementaire et l’hypertrophie du pouvoir exécutif. Cette prétendue démocratie est devenue une caricature odieuse de l’idéal démocratique au point d’engendrer elle-même l’oligarchie qui domine les peuples d’Europe.

La garantie que les élus respectent l’engagement qu’ils auront pris, c’est que le peuple lui-même se dote de la capacité de limiter dans le temps la validité du parlement et du gouvernement chargés du triple mandat par lequel il aura obtenu la confiance. Comment se doter d’une telle capacité ? Les moyens non violents ne manquent pas depuis la pétition soutenue par des millions de signatures jusqu’à la grève générale. C’est de la seule volonté du peuple que dépend la fin de la servitude.

Ne pas renoncer pourtant à unir les peuples

Dénoncer l’échec de l’Union européenne ne peut toutefois signifier que l’on doive renoncer à unir les peuples d’Europe. Cette union est d’ailleurs indispensable. Pour cinq raisons, au moins.

Il s’agit de préserver la paix. Pendant des siècles, les peuples de l’Europe ont été engagés par leurs dirigeants dans des guerres incessantes, religieuses ou nationalistes. Et ce ne sont pas les 69 ans de paix depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale – dont cinquante ans de guerre froide – qui suffisent pour balayer la question de la paix comme un argument dérisoire. N’oublions pas les comportements dignes d’avant 1914 de l’Allemagne et de la France au moment où la Yougoslavie vole en éclats. N’oublions pas que le XXe siècle a commencé et s’est achevé à Sarajevo. D’autant qu’à la violence guerrière a succédé aujourd’hui, sous l’égide de l’Union européenne, une violence économique qui dresse dangereusement les peuples d’Europe les uns contre les autres au nom d’une conception de la concurrence qui réveille les chauvinismes exacerbés et les nationalismes.

Il s’agit de protéger des valeurs qui nous sont communes et qui, au regard du reste du monde, nous sont propres. Héritées des philosophes du très européen Siècle des Lumières, ces valeurs consacrent non seulement les libertés individuelles, mais elles inspirent également des droits collectifs comme ceux déjà énumérés de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Dans le monde multipolaire qui a succédé à la division du monde en deux blocs rivaux, protéger et promouvoir ces valeurs et rendre possible leur application nécessite aujourd’hui des moyens que seule peut procurer une taille géographique et démographique suffisante, hors de laquelle aucun des Etats européens pris isolément ne pourra éviter la servitude économique, financière et culturelle.

Aucun Etat européen, même pas l’Allemagne n’est en capacité d’imposer, seul, des règles à la finance mondiale et aux firmes multinationales. Une union des peuples d’Europe se donnant, à l’inverse de l’Union européenne, la mission de veiller au bien-être des peuples serait, elle, en capacité de le faire.

Aucun Etat européen, même pas la France, n’offre le cadre pertinent pour s’opposer, à lui seul, au démantèlement des politiques sociales voulu par un patronat puissamment organisé non seulement au niveau européen, mais surtout au niveau atlantique. Il en va de même pour imposer à ce patronat les indispensables mesures qu’impose le réchauffement climatique.

Refuser d’unir les peuples d’Europe, c’est décider la servitude, aux multinationales d’abord, aux grandes puissances de la planète ensuite. Il nous faut chasser de nos esprits la fausse espérance du réflexe Maginot.

Pour ces raisons, il faut élaborer et faire avancer le projet d’une Europe européenne fondée sur des peuples souverains forts de leurs valeurs propres et d’un modèle social commun, maîtresse de ses choix et en solidarité avec le reste du monde.

Les bases de la reconstruction

Sur quelles bases nouvelles construire une union des peuples d’Europe ? Sur la seule base qui compte en démocratie, celle de la souveraineté populaire.

L’article 3 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 affirme que « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

Quand les sans-culottes se préparent à défendre la Révolution qui venait de briser les chaînes de la tyrannie multiséculaire du trône et de l’autel, c’est au cri de « Vive la Nation » qu’ils se lancent à l’assaut de l’ennemi. Ce cri proclamait à la face de l’Europe que, désormais, tous les pouvoirs émanent non plus de dieu ou du roi, mais du peuple rassemblé. Goethe, présent à Valmy, avait bien compris la portée historique de ce cri, lui qui écrira : « De ce lieu et de ce jour, date une ère nouvelle dans l’histoire du monde ».

La Nation, c’est nous. Ce ne sont pas les héritiers des ligues factieuses des années 30 et du régime de Vichy dont la droite sarkozyste a libéré la parole et les comportements. La Nation, ce sont ceux qui se rassemblent place de la Bastille et non ceux qui défilent, le bras tendu, la haine aux lèvres, sur les Champs-Elysées.

La Nation, c’est le peuple souverain. Le seul détenteur de la légitimité et de la légalité. La Nation, ce n’est pas le chauvinisme, c’est encore moins le nationalisme, cet intégrisme du sentiment national qui n’est qu’un appel à l’égoïsme, au repli sur soi, aux réflexes identitaires, à la haine de l’autre. Je fais résolument mien ce propos d’Amin Maaluf « la vertu première du nationalisme, c’est de trouver pour chaque problème un coupable plutôt qu’une solution. »

Il y a un lien naturel, profond, entre l’affirmation de la souveraineté populaire et la solidarité entre les peuples qui se reconnaissent dans cette valeur commune. C’est sur ce lien et sur lui seul que peut se construire une nouvelle union des peuples d’Europe. Dès lors, c’est sur le libre consentement de chaque peuple que doit se bâtir cette union. Un consentement exprimé par les peuples directement et non pas seulement par ceux qui les représentent ou les dirigent.

Et l’euro ?

On ne joue pas avec le sort des peuples comme on joue à la roulette. Un examen attentif à la fois des politiques actuelles de gestion de l’euro comme des contraintes d’un passage d’une monnaie unique à une monnaie commune fait apparaître que dans les deux cas, le coût social est très élevé. Il l’est encore plus dans l’hypothèse d’un retour à une monnaie nationale totalement indépendante.

Face aux irresponsables du « il n’y a qu’à sortir de l’euro » qui refusent d’expliquer le coût et les dangers d’une telle sortie comme le coût et les dangers du passage à une monnaie commune, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que nous sommes piégés. Et raison garder.

Le statu quo n’est pas une option. Mais toute réforme de l’actuelle union économique et monétaire doit être marquée du sceau de la volonté prioritaire d’éviter de nouvelles souffrances aux peuples victimes de la finance internationale.

Nul ne peut cacher au peuple français la difficulté et les risques d’une sortie du piège dans lequel les libéraux de droite comme ceux réputés de gauche nous ont plongés.

En tout état de cause, comme pour les traités européens, la question d’une révision des statuts (pour remettre en question son autonomie totale) et des missions (pour lui imposer d’avoir à tenir compte des conséquences de ses décisions sur le développement économique et sur la situation sociale) de la Banque centrale européenne devra être posée aux partenaires au sein de l’UE et leur refus devra faire l’objet d’une question supplémentaire dans le référendum déjà évoqué.

Réaliser le rêve de Jaurès

Il nous faut tirer profit des tragédies du XXe siècle. Car, aujourd’hui, le rêve de Jaurès est possible. L’espace européen n’est plus le théâtre d’affrontements militaires. Mais il est devenu, comme jamais, celui de la lutte des classes. Les moyens que Jaurès voulait utiliser pour empêcher la guerre, il est possible aujourd’hui de les utiliser pour refonder l’Europe : la solidarité de tous les salariés d’Europe. Car l’ennemi n’est plus l’Allemagne. Et le nationalisme militarisé n’est plus le danger.

Il n’y a pas d’opposition entre le peuple allemand et le peuple français, ni entre les autres peuples d’Europe. Ce qui demeure du XXe siècle dans l’Europe d’aujourd’hui, c’est ce qu’exprimait la droite française avant 1940 : « plutôt Hitler que le Front populaire », c’est, aujourd’hui, la solidarité des libéraux de droite et de ceux qui se prétendent de gauche, au service du patronat. Et le patronat européen a, bien mieux que les forces politiques et syndicales de gauche, tiré les leçons de la vanité des nationalismes. Il a fait la CECA, puis le Marché commun et aujourd’hui l’Union européenne. Ce qui lui a permis, en invoquant la nécessité de dépasser les nationalismes, de contourner par le haut les obstacles démocratiques et sociaux nationaux et de partir à la reconquête d’un pouvoir perdu par sa collaboration avec le fascisme vaincu. Au nom de la nécessité de construire l’Europe, les droites européennes au service des patrons, ont réussi à obtenir, y compris des sociaux-démocrates, des transferts de pouvoir de plus en plus importants vers des organes supranationaux échappant à tout contrôle démocratique et chargés d’initier des politiques de démantèlement social.

Unir par delà les frontières intra-européennes les salariés de toute l’Europe contre cette UE, n’est-ce pas, dans les termes de 2014, réaliser le rêve de Jaurès, non plus aujourd’hui pour empêcher la violence militaire nationaliste, mais pour mettre fin à la violence économique ? Car cette violence trouve sa force immense parce qu’elle s’est inscrite dans le cadre de l’Union européenne et de ses politiques, parce que le MEDEF n’est qu’une composante locale d’un puissant patronat euro-atlantique qui ne trouve rien en face de lui pour s’opposer avec efficacité, puisque la social-démocratie a renoncé au socialisme, puisque que la Confédération des Syndicats Européens est devenue « la courroie de transmission du patronat », comme le déclarait en 2005 un de ses fondateurs, Georges Debunne.

Aujourd’hui, les propos prémonitoires de Jaurès, en 1894, nous semblent d’une extraordinaire actualité et signent la trahison et l’échec de ceux qui se sont réclamés de lui : « ce que nous ne voulons pas, c’est que le capitalisme international aille chercher la main d’œuvre sur les marchés où elle est la plus avilie, humiliée, dépréciée pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français et pour amener partout dans le monde, des salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas. » (Assemblée nationale, 17 février 1894). Pas plus qu’hier, ceux qui aujourd’hui sont restés socialistes ne veulent cela qui est pourtant la réalité de l’Union européenne et la réalité d’un monde sous la coupe de l’Organisation Mondiale du Commerce ; une réalité que va aggraver encore le grand marché transatlantique si on ne le torpille pas.

Nous n’arrêterons cette machine à broyer les humains et à épuiser la planète que si nous sommes unis, salariés, chômeurs, précaires, femmes et hommes de toute l’Europe qui ne vivent que du travail qu’ils trouvent. Rassemblés par delà nos frontières, nos langues, nos spécificités, en s’appuyant sur ce trésor commun qu’est la souveraineté populaire, nous pouvons provoquer la rupture avec cette Union européenne et construire sur des bases nouvelles l’union des peuples d’Europe.

Partout les peuples souffrent, partout ils se sentent impuissants, dépossédés de leur vie, de leur futur. Partout, et en multitudes de plus nombreuses, ils manifestent et protestent. Ce n’est pas sans raison que nos médias asservis passent quasiment sous silence l’ampleur de cette protestation sociale qui s’exprime dans de nombreux pays de l’UE.

Faisons nôtre le rêve de Jaurès et employons pour nous opposer à la violence économique, l’outil qu’il voulait utiliser pour s’opposer à la violence militaire : la grève générale européenne.

Cela signifie qu’une stratégie politique doit se construire sur la création d’un large rassemblement politique porteur de la volonté de rupture avec l’Union européenne et de fondation d’une union des peuples d’Europe, mais également porteur de la volonté de mobiliser les peuples pour l’inévitable épreuve de force.

Peuples de toute l’Europe, unissons-nous pour mettre fin à l’Union européenne et la remplacer par une union respectueuse de nos souverainetés populaires et soucieuse de nos solidarités entre nous et avec les autres peuples du monde !

rmj

14 février 2014

Commentaires d’Exergue

Comment ne pas être à l’unisson de Jennar dans cet hymne renouvelé à l’Union des peuples! Qui n’a pas le désir obstiné de lui donner corps. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, du souhait à la réalisation. Par quel enchantement arrivera-t-elle ? Les peuples européens ont-ils cette volonté, même si leur Union est urgente, nécessaire et vitale ?

A cette heure chacun défend son bifteck, car chacun veut croire qu’il en a un encore à mettre dans l’assiette. Constatons aussi, pour le déplorer, que les peuples du nord n’ont que faire de ceux du sud. Le contraire se saurait, et Angela Merkel n’aurait pas été reconduite au gouvernement de l’Allemagne. On aurait dû, ou on devrait voir se lever dans toute l’Europe une grève générale ainsi que l’appelle de ses vœux Jennar. Quelqu’un l’aperçoit-il arriver au faubourg ? Quant aux syndicats, Jennar lui-même remarque que « la Confédération des syndicats européens est devenue la courroie de transmission du patronat », tandis que nous vivons le syndicalisme français partagé entre réformistes (dont les leaders sont avantageusement reclassés politiquement comme ceux de la FNSEA le sont en ministres de l’agriculture) et révolutionnaires, cette mésentente -pour ne pas dire pis- augurant mal d’une possible réussite de cette union.

L’Union des peuples, à laquelle nous aspirons tous, ne semble pas réunir les conditions nécessaires à sa réalisation. Les peuples - grec, espagnol, portugais- crèvent à deux pas. Qui s’en soucie ?

Alors, prenons en compte cette réalité incontournable plutôt que de « rêver un impossible rêve », et pourtant nécessaire.

Le rappel fait à la Révolution française, pour justifier la possibilité de renverser la table libérale européenne, néglige le fait que la France et le peuple français existaient, alors que l’Europe et le peuple européen n’existent pas. Ce que Jennar appelle l’Europe est une structure technocratico-politico-économique qui offre ses services au libéralisme. Rien de plus. Et l’histoire à laquelle il aime faire référence n’a pas toujours été au rendez-vous heureux ; souvenons-nous de la 1ière guerre mondiale.

Il n’y a donc pas à attendre un improbable soulèvement européen. Nous sommes devenus abominablement civilisés.

Mais il est vrai que l’objectif demeure d’une Europe des peuples. Comment ?

Jennar répond : « Il revient aux élus qui prendront cet engagement devant le corps électoral (de la rupture avec l’ordre libéral) de n’accorder leur confiance à un gouvernement qu’à la condition que celui-ci prenne trois décisions :

a) demander aux autres Etats membres de l’Union européenne une refondation complète du projet européen ;

b) si la réponse est négative, soumettre au peuple français par voie de référendum :

1. la suspension de la France aux activités de l’Union européenne jusqu’à la conclusion d’un nouveau traité consacrant une Europe démocratique, sociale et écologique ;

2. l’abrogation du titre de la Constitution de la République relatif à l’Union européenne afin de rétablir la primauté du droit national hors duquel aucune politique de gauche n’est possible;

3. l’inscription dans la Constitution de la République d’une disposition en vertu de laquelle tout transfert futur de souveraineté ne peut s’effectuer qu’au terme d’une procédure référendaire ;

c) proposer à l’Assemblée nationale une loi-programme de réparation des politiques mises à mal par les règles européennes du primat de la concurrence et du marché.

Il s’agit donc d’une révolution par les urnes.

Elle ne peut se faire qu’au rythme des élections qui se présentent. Et chaque élection (municipale, européenne) doit l’asseoir et l’amplifier, étant entendu que seule la victoire aux présidentielles peut donner vie à ce que propose Jennar à savoir : être en capacité de « demander aux autres Etats membres de l’Union européenne une refondation complète du projet européen ». Alors seulement pourra-t-on passer aux paragraphes b) et c).

Demander ! Cette demande ne peut-être qu’une contrainte faite aux autres gouvernements européens. Ce n’est pas un exercice de politesse qui accepterait le refus. Il faut que nous en soyons assurés pour assurer les autres gouvernements européens de notre détermination, tout autant que les électeurs qui ne se contenteront pas d’un « oui, peut-être ».

Jennar dit encore : « Mais toute réforme de l’actuelle union économique et monétaire doit être marquée du sceau de la volonté prioritaire d’éviter de nouvelles souffrances aux peuples victimes de la finance internationale ». Certes ! Certes ! Mais le peuple peut-il descendre plus bas ? Ne paient-ils pas déjà assez le coût de l’Euro. Les grecs risquent-ils davantage que ce qu’ils payent déjà ? Et avec eux, les espagnols, les portugais, et tant d’autres à venir, pour lesquels, compassion faite, nous ne nous montrons guère solidaires ? Aussi, la sortie de l’euro doit-elle faire partie de l’arsenal de pression pour contraindre à la négociation en faveur de l’Europe telle que nous la souhaitons, étant entendu que les gouvernements libéraux qui sévissent sur notre continent savent pertinemment que cela ne serait pas sans conséquences pour eux.

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 05:20

Conformément au traité de Lisbonne, les électeurs ont, lors des élections européennes prochaines, la possibilité de désigner le futur Président de la Commission européenne, soit le successeur de l’ultralibéral Barroso.

*****

Jusqu’ici ce dernier est désigné d’un commun accord par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en Conseil européen, le Parlement devant ensuite approuver.

Dorénavant, la nouvelle procédure prévoit que le Conseil européen propose au Parlement européen un candidat à la présidence de la Commission, mais "en tenant compte des élections au Parlement européen".

Le candidat devra ensuite être élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent (soit 376 députés sur 751).

Ainsi les électeurs, en votant pour le parti de leur choix, feront valoir du même coup le candidat qui a leur préférence à la présidence de la commission.

*****

La droite européenne ne méconnait pas l’importance de ces élections et tente de les minimiser.

  • Angela Merkel estime qu’il n’y a pas de « lien automatique » entre le parti qui remporte les élections et la désignation du Président de la Commission.
  • Quant à Herman Van Rompuy qui a la direction du Conseil européen et dont le travail a débouché sur le MES (Mécanisme européen de stabilité) et le FES (Fond européen de stabilité financière) dont on connait les effets en matière de rigueur budgétaire et d’austérité imposée aux états européens, il s’est prononcé « contre » la politisation de l’élection du Président de la commission européenne.

*****

Ne nous y trompons pas, les partis de la droite européenne et les socio- démocrates-libéraux se coaliseront pour se donner au final un candidat commun.

Il reste donc aux électeurs de gauche à se mobiliser massivement pour y faire échec.

Il ne peut être question de s’abstenir sauf à laisser l’espace largement ouvert à la droite européenne et à ses alliés pour continuer son œuvre destructrice. Ceci pour 2 raisons :

  • La première tient au rôle du Président de la commission dont le choix n’est pas anodin car ce dernier impulse des dossiers (Delors/Acte unique ; Barroso/GMT).
  • La 2ième est que si le Parlement européen n’a pas compétence sur les traités, est mis à l’écart dans leur élaboration, ne peut pas les dénoncer, qu’il s’agisse de ceux de l’Union européenne ou des accords internationaux, comme ceux engageant l’Union en matière de commerce, il peut ne pas les voter. De la sorte, du choix des députés que nous ferons dépendra donc la ratification du GMT ou Partenariat transatlantique de libre échange.

*****

La prudence recommande aux électeurs, avant de se prononcer pour un candidat à la députation, d’observer le comportement du parti auquel il appartient.

Rappelons à ceux qui se réclament de gauche que lors de la dernière mandature, sur tous les grands dossiers, les députés du Parti socialiste français ont voté avec la droite.

Ajoutons que le candidat du PS à la Présidence de la commission est Martin Schulz du SPD et allié au gouvernement à la libérale Angela Merkel.

Répétons à ceux qui ne les auraient pas entendues les orientations libérales affirmées lors de sa dernière conférence du Président Hollande, et sa demande récente d’accélération des négociations du partenariat transatlantique de libre échange (GMT) et qui consiste à prendre le peuple à la gorge.

Il n’y a pas de mystère sur la manière dont voteront au Parlement européen les députés du PS, il faut en être convaincu.

*****

Allié à la Gauche verte nordique (GVN), la Gauche unitaire européenne (GUE) - dont est membre le Front de Gauche, le candidat est Alexis Tsipras, leader de Syrisa, en tête des sondages en Grèce pour gouverner.

Pour en savoir plus sur ce dernier : http://geopolis.francetvinfo.fr/grece-syriza-la-gauche-de-la-gauche-premier-parti-du-pays-29971

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