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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 06:47

 

Naturellement cela ne fonctionne que le jour. Il faut encore que les conditions de faisabilité s’y prêtent. Par ailleurs, il n’y a pas d’interrupteur. Mais ce peut-être dans certains cas une solution : garage,….

Exergue.

 

http://www.julg7.com/blog/2011/07/21/de-la-lumiere-sans-electricite-avec-de-l%E2%80%99eau-et-un-peu-de-javel/

 

http://ouaii.fr/produire-de-la-lumiere-avec-2-bouteilles-deau-sans-electricite

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 17:46
 

Extraits choisis par Exergue :

 

« Une énergie durable, bon marché et ultraportable…… Le Pr Nocera annonce des progrès rapides et fait le pari de commercialiser ce procédé d’ici à quatre ou cinq ans. »

 

« VA : Votre discours de scientifique est assez inhabituel. Pourquoi tenez-vous tant à aider les pauvres, vous êtes un altruiste ?

DN : C’est égoïste en fait. La plupart des gens pensent que j’ai envie d’aider les gens pauvres parce que je suis une bonne personne, alors qu’en réalité ce sont les gens pauvres qui vont m'aider… En France, en Europe, tout comme en Amérique d’ailleurs, nous avons du mal à adopter de nouvelles technologies parce que beaucoup d'autres technologies énergétiques existent déjà et sont difficiles à remplacer pour des raisons économiques et politiques. » 

 

                                                               *******

 

Lu dans AgoraVox : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pr-daniel-nocera-la-feuille-102716

 

Pr Daniel Nocera : « La feuille artificielle ouvre la voie à une énergie durable et accessible aux pauvres »

Sourire charmeur, regard clair et pénétrant, le PrNocera affiche cette décontraction typique des professeurs d’université qui enseignent sur les grands campus nord-américains. Si le nom de Daniel Nocera n’évoque rien pour vous, c’est que vous ne lisez jamais les pages scientifiques des journaux… ou alors que vous étiez dans un coma profond. On ne parle que de sa « feuille artificielle » (« artificial leaf technology ») depuis des semaines.

 

La nature pour inspiration

 Le Pr Nocera et son équipe du MIT (Massachussetts Institute of Technology) ont développé une technologie « bio-inspirée » qui permet de reproduire artificiellement la photosynthèse naturelle[1] et de créer à faible coût une énergie durable, bon marché et ultraportable.

Jusqu’à présent, les scientifiques savaient expliquer les différentes étapes de la photosynthèse, mais ils ne savaient pas l'imiter sans recourir à l’électrolyse, un procédé qui réclame une source d'énergie extérieure importante et coûteuse. Sans éolienne, panneaux photovoltaïques, centrale (traditionnelle ou nucléaire), usine marée motrice (barrage)... pour fournir l'électricité nécessaire, impossible de reproduire la photosynthèse. Certes, il était possible de produire et de stocker l'énergie, mais seulement en employant les grands moyens… Compte tenu du coup de l’opération, le bilan est plutôt décevant finalement. La grande nouveauté apportée par le Pr Nocera est de parvenir à reproduire la photosynthèse sans recourir à l’électrolyse.

 

Une énergie durable, bon marché et ultraportable dans moins de 5 ans ?

 La solution de Daniel Nocera a toutes les chances de devenir « l’énergie du futur », car elle présente le double avantage d’être plus respectueuse de l’environnement tout en étant accessible financièrement aux populations des pays qui ne disposent pas d’énergies fossiles. Selon les concepteurs de la solution, il suffit de jeter la « feuille artificielle » composée d’une cellule solaire en silice et de matériaux catalytiques dans un récipient d'eau ordinaire (même polluée…) et de l’exposer au soleil pour séparer, selon le processus de la photosynthèse, l’oxygène de l’hydrogène (qui composent les molécules d’eau) et ainsi générer un courant électrique. Un procédé[2] qui permet donc de produire de l’hydrogène, mais aussi de le stocker (ce que permet difficilement l’électricité) avant de l’utiliser comme source d’énergie dans une pile à combustible.

La feuille de l’équipe du MIT n’a besoin que de la lumière du soleil pour créer son électricité et utilise des matériaux peu onéreux et abondants dans la nature (silice, le cobalt ou le nickel…) alors que les processus utilisés jusqu’à maintenant faisaient intervenir des solutions corrosives et des matériaux catalytiques rares et coûteux (du platine notamment). Même s’il reste à améliorer les problèmes de collecte et de stockage, cette technique très innovante pourrait fournir une énergie durable et bon marché au monde entier. De nombreux laboratoires travaillent ardemment sur ces questions aux quatre coins de la planète et le Pr Nocera annonce des progrès rapides et fait le pari de commercialiser ce procédé d’ici à quatre ou cinq ans.

« Tel un prêcheur, je parcours le globe pour diffuser la bonne parole… » se décrit lui-même le Pr Nocera, une lueur malicieuse traversant ses prunelles dorées. « J’espère convaincre les scientifiques du monde entier de s’engager sur cette voie de recherche ». Ne nous y trompons pas, « Preacher Nocera  » est tout sauf un illuminé. Ce respecté chimiste, titulaire de la chaire « Henry Dreyfus Professor of Energy » au MIT, vient en effet de publier les résultats de ses remarquables expériences dans Science magazine[3] le 29 septembre dernier. Des recherches financées en partie par le milliardaire indien, Ratan Tata, qui vient de signer un accord avec lui pour construire une petite centrale électrique (de la taille d’un réfrigérateur) dans les 18 prochains mois dans l’espoir de pouvoir ensuite commercialiser le procédé mis au point dans le laboratoire du MIT. Le propriétaire des automobiles Tata Motors partage, en effet, la même « vision » que Daniel Nocera : l’énergie du futur doit être « durable » et accessible aux plus pauvres partout dans le monde. C’est aussi en cela que les travaux du Pr Nocera sont révolutionnaires : ils sont porteurs d’espoir pour les populations des pays non producteurs d’énergies fossiles.

 

Rencontre avec un chercheur-humaniste

 Certes, les chimistes ne sont pas les alchimistes d’antan et aujourd’hui plus personne n’essaie de changer le plomb en or… Cela étant dit, les alchimistes des Temps modernes que sont les chimistes sont tout de même parvenus à transformer du pétrole en or noir ! Assurément, l’idée de fabriquer à moindre coût une énergie peu polluante et dont bénéficierait l’humanité tout entière a de quoi faire rêver. Les chimistes du XXI° siècle réussiront-ils à transformer des feuilles artificielles en énergie durable, en or « pur », les « alchimistes » qui sauront comment transformer l'eau en énergie avec un zeste de soleil... tout en faisant la fortune de leurs mécènes en même temps que le bonheur de l’humanité ?

 « Notre but est que chaque maison d’Inde ou d’Afrique possède bientôt sa propre centrale électrique.  ». Dixit le Pr Nocera. Un discours non conformiste qui semble faire des émules. Voilà en tous les cas l’immense défi que semblent prêts à relever les scientifiques de plus en plus nombreux qui marchent sur ses traces.

Le Pr Nocera était de passage à Paris la semaine dernière. Je l’ai interviewé à l’issue de sa conférence intitulée « The artificial leaf » (« La feuille artificielle »), dans le cadre du colloque sur les technologies bio-inspirées de la Fondation Ecologie d’Avenir[4] au CNAM. Entretien avec un personnage à l’enthousiasme communicatif, un chercheur-humaniste motivé par une conviction contagieuse magnifiquement résumée par Aristote : « Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous.  ». En langage « nocerien », cela signifie qu’il serait grand temps de penser différemment pour trouver des solutions originales. Temps aussi de les partager avec le monde entier afin de rétablir un certain équilibre entre populations des pays riches et celles des pays pauvres.

____________________

 

Véronique Anger : Pensez-vous avoir une chance de décrocher le prochain prix Nobel de chimie ?

Daniel Nocera : Moi ? Oh… non ! Je ne m’inquiète vraiment pas de cela, parce que la seule récompense qui me tiendrait réellement à coeur serait de réussir à aider les gens pauvres à accéder à une énergie bon marché. La science ne s’occupe pas des pauvres, alors que c'est cela qui importe vraiment pour moi : mettre la science au service des pauvres.

 

VA : Votre discours de scientifique est assez inhabituel. Pourquoi tenez-vous tant à aider les pauvres, vous êtes un altruiste ?

DN : C’est égoïste en fait. La plupart des gens pensent que j’ai envie d’aider les gens pauvres parce que je suis une bonne personne, alors qu’en réalité ce sont les gens pauvres qui vont m'aider… En France, en Europe, tout comme en Amérique d’ailleurs, nous avons du mal à adopter de nouvelles technologies parce que beaucoup d'autres technologies énergétiques existent déjà et sont difficiles à remplacer pour des raisons économiques et politiques. Nous avons déjà trop investi dans ces technologies.

Je dis seulement aux pauvres gens : aidez-moi ! Les pays pauvres peuvent aider le monde en lui montrant une nouvelle façon de travailler. Une autre raison de travailler avec les pays pauvres est qu’ils n’ont pas hérité d’une énergie imposée, il est donc plus facile de créer une technologie nouvelle. Vous n’avez pas à vous battre contre les lobbies du pétrole ou du nucléaire pour vous imposer sur le marché de l’énergie. Les pays pauvres non producteurs d’énergies fossiles ne disposent ni des infrastructures, ni d’un « passé énergétique ». Elles pourraient donc adopter de nouvelles techniques beaucoup plus facilement et beaucoup plus rapidement et, ensuite, enseigner leur savoir-faire au reste du monde. C'est un peu comme lorsque la neige tombe, que tout est pur et qu’il n'y a aucune trace. Alors vous commencez à marcher, vous tracez un chemin et, tout à coup, tout le monde emprunte à peu près le même chemin. Il n’existe pas « d’héritage » qui contraigne les pauvres à suivre les traces de qui que ce soit, et moi je veux montrer le chemin du « solaire » pour l'avenir.

 

VA : Pensez-vous que l’énergie solaire sera la principale énergie utilisée dans le futur ?

DN : Je pense que le solaire sera l’énergie de l’avenir. Je le crois vraiment. Mais le photovoltaïque ne fonctionne que lorsque le soleil brille, or vous avez besoin d’une technologie de stockage efficace pour pouvoir utiliser le photovoltaïque quand vous en avez besoin, c’est-à-dire même sans ensoleillement. En réalité, je n’ai pas besoin d’utiliser des panneaux solaires pour faire fonctionner mon procédé, car les feuilles artificielles intègrent naturellement le photovoltaïque. Vous savez pourquoi je suis sûr que l'énergie solaire ouvrira la voie ? Parce que l'énergie solaire et la photosynthèse ont commencé sur Terre il y a plus de 2 milliards d'années. Les êtres humains ont essayé quelque chose de différent depuis seulement 150 ans et il s’avère que ça ne fonctionne pas aussi bien que cela. Nous allons donc revenir à ce qui a fait ses preuves depuis deux milliards d'années… le solaire ! Tout simplement parce que la centaine d’années à utiliser du combustible fossile (polluant, cher…) n’a pas été suffisamment satisfaisante.

 

VA : Que pensez-vous de la décision du président Obama d'investir 200 milliards de dollars dans un « smart grid[5] » à l’échelle des Etats-Unis ?

DN : Cela me dérange… M. Obama veut faire un smart grid parce que l'Amérique a déjà investi beaucoup d'argent dans le réseau de distribution d’électricité. Vous savez, cette solution est très dangereuse. Le smart grid n’est pas sécurisé, il est possible de pirater les ordinateurs, de mettre les réseaux informatiques et de distribution d’énergie en panne, etc. Donc, si vous voulez préserver la sécurité énergétique et distribuer de l’électricité dans chaque maison en y installant sa propre centrale électrique, l'Amérique n’a pas besoin de smart grid pour ça. Je préférerais donc que nous n'ayons pas de smart grid, mais si nous optons malgré tout pour ce choix, je souhaiterais que ce soit un réseau vraiment « intelligent » et vraiment sûr. Or l’énergie solaire et les autres énergies renouvelables ne peuvent pas se greffer sur l'infrastructure actuelle qui est trop instable. Si le smart grid était vraiment intelligent, l’énergie serait solaire.

 

VA : Je crois que M. Ratan Tata, le milliardaire indien propriétaire de Tata Motor s’intéresse beaucoup à votre projet. A-t-il investi dans vos recherches ? Dans combien d'années pensez-vous qu’il sera possible de commercialiser votre technologie ?

DN : Je ne parle pas à la place de M. Tata qui dirige un grand conglomérat, mais vous avez lu ses déclarations dans The Economist  ? Il dit que nous devons vraiment commencer à prêter attention à la classe moyenne naissante du monde. En cela, nous avons la même vision. M. Tata partage également ma vision, selon laquelle la lumière du soleil et l'eau est un procédé simple de produire de l’énergie. C’est la voie à suivre pour l'avenir, pour pouvoir fournir de l’énergie durable et bon marché aux pauvres.

M. Tata s’est engagé à investir dans la construction d’une petite centrale électrique qui utilisera notre solution. Pour l'instant, la technologie de « la feuille artificielle » est encore au stade expérimental. Le combustible fossile reste bon marché, il est donc difficile de pénétrer le marché. En tous les cas, je travaille dur pour ça ! J’essaie d'inspirer la communauté scientifique du monde entier pour qu’elle y travaille dur elle aussi et j’espère que la production commerciale sera possible dans un délai de 4 à 5 ans.

 

VA : Vous présentez la technologie de « la feuille artificielle » partout dans le monde ?

DN : Oui, partout. Je veux partager mon travail avec les scientifiques du monde entier. Je me sens un peu comme un « prêcheur » qui essaie de faire réfléchir les gens, de les faire penser d'une manière différente. J’ai envie qu’ils se lèvent le matin en étant positifs, qu’ils soient capables de penser autrement…

 

VA : Qu’avez-vous pensé du public qui assistait à votre conférence ce matin au CNAM ?

DN : Je suis très content d’avoir participé à ce colloque. J’ai été très impressionné par les questions et par le fait que, parmi l’assistance, beaucoup de personnes travaillaient dans le secteur de l'industrie nucléaire. Que ce type de public se déplace à un colloque comme celui-ci me semble un message très positif pour la France. Je pense que c'est très bon signe pour l'avenir. Vos scientifiques font preuve de curiosité en venant m’écouter et en discutant avec moi après mon exposé. Des gens comme Martha Heitzmann[6] par exemple, de la direction de la Recherche et de l’Innovation d’Areva, sont venus me voir. C'est un très bon signe pour la France : il est toujours bon d’écouter les autres ! Ils souhaitent contribuer à l’émergence d’une nouvelle science et gardent les yeux et l’esprit grand ouverts pour trouver de nouvelles solutions.

 

Par Véronique Anger-de Friberg. Version française de l’interview réalisée le 14/10/2010.

English version

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Ce qu’il faut savoir à propos du Pr Daniel Nocera :

Le Pr Daniel Nocera est chimiste, spécialiste de la chimie inorganique, professeur de chimie au MIT, titulaire de la chaire « Henry Dreyfus Professor of Energy ». Ses travaux ont permis de développer un catalyseur pour la réduction de l'eau en hydrogène en employant des sels de cobalt et du phosphate. Il est membre de la National Academy of Sciences (Académie nationale des Sciences, USA) depuis 2009 et il a reçu (entre autres distinctions) le « MIT School of Science Prize for Excellence in Undergraduate Teaching » en 2005 et le American Chemical Society Award in Inorganic Chemistry en 2009. Il est, par ailleurs, directeur de publication de la revue scientifique ChemSusChem (publication d’articles à l'interface de la chimie et de la durabilité.

Daniel Nocera dirige également la société Sun Catalytix, une société de stockage d'énergies renouvelables créée pour commercialiser la science révolutionnaire du laboratoire de recherche du Professeur Daniel Nocera au MIT. Avec la nature comme inspiration, Sun Catalytix essaie de combiner la lumière du soleil et l'eau pour fournir à grande échelle et à un prix abordable de l'énergie renouvelableSa bio.


[1] « Processus bioénergétique qui permet aux plantes et à certaines bactéries de synthétiser de la matière organique en exploitant la lumière du soleil. Les besoins nutritifs de ces organismes sont dudioxyde de carbone, de l’eau et des sels minéraux. La photosynthèse est à la base de l'autotrophie de ces organismes. La photosynthèse est la principale voie de transformation du carbone minéral en carbone organique ». (Source : Wikipédia).

[2] Les bulles d’oxygène et d’hydrogène produites par photosynthèse sont placées dans une pile à combustible où s’effectue la réaction inverse : l’hydrogène et l’oxygène se recombinent pour produire de l’eau et de l’électricité.

[3] Wireless Solar Water Splitting Using Silicon-Based Semiconductors and Earth-Abundant Catalysts (Steven Y. Reece, Jonathan A. Hamel, Kimberly Sung, Thomas D. Jarvi, Arthur J. Esswein,Joep J. H. Pijpers and Daniel G. Nocera. Science 29 September 2011 : 1209816. Published online 29 September 2011[DOI:10.1126/science.1209816]. En ligne sur le site deScience  : http://www.sciencemag.org/content/early/2011/10/04/science.1209816.abstract?sid=09b14da0-ef9c-4c1b-9a8f-d52c7ae1e311

[4] Colloque « Technologies bio-inspirées » au Conservatoire National des Arts et Métiers le vendredi 14 octobre 2011 de 9H à 17H, sous la direction de Marc Fontecave, Claude Allègre et Christian Amatore. Conférenciers : Daniel Nocera (MIT), Vincent Artero (CEA), Yann LeCun (université de New York), Yves Bréchet (Grenoble-INP), Peter Fratzl (Max-Planck Institut) et Clément Sanchez (Collège de France). Une rediffusion en ligne est prévue sur le site de la Fondation.

[5] L’expression Smart grid s’inspire de power grid, qui désigne le réseau de distribution d'électricité en mettant l’accent sur « l’intelligence », valeur ajoutée par l’informatique au réseau de distribution d’électricité, en permettant d’optimiser la production et la distribution d’énergie et en mettant en relation producteurs et consommateurs d'électricité en fonction de l'offre et de la demande.

[6] Martha Heitzmann a quitté la direction de la Recherche et Développement du groupe Air Liquide pour rejoindre le groupe Areva, en mars 2011, en tant que directeur de la Recherche et de l’Innovation. Elle est, par ailleurs, membre des Conseils d'Administration du CNRS, d'AREVA Med et du CEA et membre du Comité Scientifique et Ethique.

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Pour aller plus loin :

- La vidéo d MIT : « The artificial leafe  » sur Youtube

- La vidéo de Daniel Nocera sur Youtube : « Dan Nocera : personalized energy  »

- Le site du Pr Daniel Nocera : Sun Catalytix

- Le laboratoire de Sun Catalytix (vidéo)

- « Une feuille artificielle reproduit la photosynthèse pour créer de l’énergie  » (dépêche AFP du 29/09/2011). Ou, en intégral à la fin de ce « Di@logue Stratégique »).

- « Tata signs up MIT energy guru for power from water  » (livemint.com. The Wall Street Journal. March 23, 2011)

- Lire l’interview de Marc Fontecave professeur au Collège de France, « Technologies bio-inspirées : quand la nature est une inépuisable source d’inspiration ».

par Véronique Anger-de Friberg (son site) mercredi 19 octobre 2011 - 9 réactions

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 04:48

Blog : « Relocalisons »

http://relocalisons.wordpress.com/2011/09/14/relocalisons-l%E2%80%99energie-par-jean-luc-pasquinet/

14/09/2011

Bernard Laponche (polytechnicien) : « Il y a eu une caste de hauts fonctionnaires, formés à Polytechnique, appartenant essentiellement aux corps des Mines et des Ponts, qui partage cette espèce de certitude, qui se répand dans la haute administration et fait que tu ne peux pas critiquer le nucléaire quand tu as un poste important en France, que ce soit dans l’administration, à l’université, dans les partis politiques dominants. C’est devenu une espèce de tradition sans que ces gens là cherchent à creuser davantage. »

Lorsqu’on parle de relocalisation, le réflexe est fréquent de ne citer que l’enjeu de la distance. On retrouve ce réflexe dans la relocalisation agricole ou industrielle où l’on a l’habitude de ne critiquer que l’oubli de la distance par le système productiviste actuel, oubli favorisé par le bas coût de l’énergie (pétrole à bon marché) et permettant de ne faire porter la baisse des coûts que sur celui du travail. Mais on retrouve ce réflexe dans la critique de la structure de l’offre d’électricité en France caractérisée par son extrême centralisation, en l’occurrence par une grande distance entre l’offre et la demande, grande distance d’autant plus condamnable qu’elle a permis l’instauration du pouvoir d’une oligarchie, celle des X-Mines et X-Ponts dans la conception et la gestion de cette offre.

Il n’est bien entendu pas question de nier cet enjeu de la « distance », mais il n’est pas le seul et parfois pas déterminant dans l’analyse et dans les solutions.

Dans les lignes qui suivent nous rappellerons que relocalisation de l’énergie ne rime pas uniquement avec décentralisation de l’offre et qu’il ne peut pas y avoir de relocalisation sans arrêt du nucléaire.

A) Est-ce que la relocalisation de l’énergie rime avec décentralisation ?

Depuis les années 70 il est fréquent dans le milieu écologiste de mettre en avant la décentralisation de l’énergie comme solution à l’impasse de l’offre actuelle caractérisée par :

- Son extrême concentration

- Sa confusion entre énergie et électricité : chaleur -> électricité -> chaleur ou électricité spécifique.

- Un aménagement du territoire déplorable favorisant l’étalement urbain, les transports automobiles, les supermarchés….

Ces caractéristiques sont la conséquence d’une organisation de l’État autour d’une oligarchie à l’origine du programme électronucléaire français,  dont le poids a obligé de favoriser le chauffage électrique, ce dernier expliquant la confusion entre énergie et électricité. (Voir en particulier le livre de Fabrice Nicolino : «Qui a tué l’écologie ?» chap. 9 p. 231)

Mais on peut aussi citer l’aménagement du territoire caractérisé par l’existence d’une mégapole tentaculaire qu’on ne retrouve qu’à Londres au Royaume-Uni ou à un moindre degré dans la Ruhr en Allemagne.

Cette extrême concentration de la demande, mais aussi l’existence d’unités de production industrielles concentrées expliquent la nécessité de développer de grosses unités de production électrique en France comme dans n’importe quel autre pays industrialisé.

La nécessité d’avoir des unités de production électrique de forte puissance (400 à 1450 GW) est commune à tous les pays industrialisés, quand à la forme de l’offre qu’elle soit centralisée comme en France et dans les mains du seul géant EDF entouré de petits satellites, ou décentralisée comme en Allemagne ou au Japon où existent des opérateurs régionaux, c’est plutôt secondaire, car elle n’a pas empêché l’existence de grosses unités de production électriques identiquement dans les trois pays. Bien entendu l’offre décentralisée organisée autour de grosses unités de production est bien mieux et plus optimale que le système centralisé français. Surtout, elle est une des causes du développement limité du nucléaire dans ces pays, à la différence de la France.

Par conséquent, si l’organisation de l’offre c’est important pour expliquer la situation française elle arrive en seconde position dans la cause de la délocalisation de notre système, ce qui est essentiel c’est la concentration et la puissance des moyens de production, et une relocalisation de l’énergie se doit de la considérer.

Mais remettre en cause l’extrême concentration de la demande reviendrait à remettre en cause l’existence de mégapoles, et la société industrielle elle-même. Ce faisant, le débat se déplace de l’énergie à l’organisation du territoire lui-même, le constat de la disparition progressive de la ville et de la campagne et l’exigence d’un retour à la ville, d’une séparation plus nette entre la ville et la campagne, le retour à la ville signifiant une remise en cause de la domination de l’automobile, au bénéfice du piéton qui a toujours été le Roi de la rue, depuis que la ville existe.

Mais pour commencer il faudrait d’abord arrêter le nucléaire, car cette destruction de la ville et de la campagne effectuée par la mégapole moderne pourrait préfigurer la destruction irrémédiable du territoire en cas de catastrophe nucléaire.

B) Il ne peut pas y avoir de politique énergétique digne de ce nom sans arrêt du nucléaire :

La relation entre nucléaire et relocalisation :

Le préalable à toute proposition énergétique en France devrait d’abord être le rejet du nucléaire, qui pourrait être cause d’accidents majeurs aux conséquences catastrophiques sur le territoire français : disparition de spécialités agricoles, obligation pour les populations de vivre dans des zones contaminées (faibles doses) etc…comme on a pu le voir après les catastrophes de Tchernobyl (4,5 millions de personnes vivent dans des zones contaminées) ou après celle de Fukushima (zone d’exclusion de 40 km et zone fortement contaminée où vivent des centaines de milliers de personnes) et donc remise en cause de la relocalisation de l’économie car on ne pourra pas conseiller de consommer des produits locaux contaminés, bien au contraire, les opposants se devront d’encourager les importations, et c’est l’État qui encouragera la relocalisation pour des raisons économiques au détriment dela santé des populations.

Par conséquent au lieu de partir de la relocalisation nécessaire de l’énergie, le débat devrait partir du rejet du nucléaire, car en cas d’accident majeur la relocalisation risque d’être rendue encore plus difficile.

L’accident majeur étant possible en permanence il faut donc définir des moyens de l’arrêter le plus vite possible et notamment en recourant au thermique classique, ou en tout cas à ce qui existe au moment de la décision politique de sortie du nucléaire.
Ensuite, une fois arrêté le nucléaire le débat sur la relocalisation de l’énergie peut être posé.

L’extrême concentration française en question :

En ce qui concerne l’extrême concentration de l’offre électrique française, et sa centralisation, il est indispensable d’analyser sa cause et notamment de l’organisation de l’État autour des grands corps (Polytechnique et ENA notamment), la forme prise par la naissance du capitalisme chez nous, la France étant le seul pays industriel ayant eu ( ?) une révolution industrielle si originale : sans révolution démographique, sans de réelle révolution agricole dominée par le poids important de l’activité viticole qui a gelé beaucoup de main-d’œuvre à la campagne, avec pour corollaire la  difficulté de voir émerger une classe d’entrepreneurs bourgeois.

N’oublions pas que c’est le rapport PEON en 1955, écrit par des X-Mines, X-Ponts qui est à l’origine du programme électronucléaire français. Bien entendu, ce programme a été adopté et validé par les représentants élus de la Nation par conséquent le peuple français a aussi sa part de responsabilité, il serait trop facile de ne critiquer qu’une caste de hauts fonctionnaires et d’oublier la part de responsabilité des citoyens dans les choix énergétiques français et dans la structure actuelle de l’État. Ils ne sont debout que parce que nous sommes à genoux, comme le disait Élysée Reclus.

En ce qui concerne la chaleur :

L’aberration française très bien connue et on peut la résumer dans le cycle :  chaleur -> électricité -> chaleur ou électricité, cad qu’avec le développement du chauffage électrique, en France on produit deux fois de la chaleur pour obtenir de la chaleur, on peut imaginer cette perte de rendement démentielle par le passage par l’électricité : une aberration ! impulsée par des mathématiciens…sensés connaître la thermodynamique sur le bout des ongles….

La conséquence du tout-nucléaire ou quasiment (76 %) et de ce chauffage électrique, c’est que la France importe de l’électricité carbonée à prix élevé aux heures de pointe (car le nucléaire est difficilement contrôlable et que sous la pression des écolo on a fermé presque toutes  les centrales thermiques au charbon …là encore précisons le les écolos aussi ont leur responsabilité pas seulement les X….) d’Allemagne notamment et exporte de l’électricité à prix très bas aux heures creuses….Donc la France est très dépendante et surtout très fragile car le nucléaire à la différence de TOUS les autres modes de production est difficilement contrôlable, il repose sur l’utilisation de la fission qui peut toujours provoquer une excursion, et c’est ce qui explique qu’un réacteur soit très long à démarrer et très long à arrêter, ou l’obligation de recourir à des centrales thermiques classiques aux heures de pointes.

« Le nucléaire est une machine instable. Les réacteurs sont basés sur des réactions en chaîne qui s’autoalimentent. On doit en permanence maintenir un équilibre. Si vous déséquilibrez le système, soit il explose en une fraction de seconde, soit il s’arrête… Et vous devez le refroidir sinon il fond et des substances radioactives s’échappent comme aujourd’hui au Japon. Il faut comprendre qu’un réacteur nucléaire a été créé à l’origine pour produire le plutonium de la bombe atomique. Les centrales sont des sous-produits de la bombe ! » Jacques Rey Physicien à la retraite ex Ingénieur chez EDF.

N’oublions pas cependant que la chaleur constitue 35 % des besoins primaires.
Chaleur 35 % des besoins primaires

Pétrole 30 %

Électricité spécifique 11 %

Total 76 %

Il est donc important dans toutes solutions alternatives au tout-nucléaire actuel de faire des propositions pour supprimer cette aberration, les réseaux de chaleur en font partie. Néanmoins il est utile d’en signaler les limites :

Notamment la géothermie : sait-on quels produits chimiques sont injectés à 2000 m de profondeur pour éviter les problèmes avec le souffre et le sel ? Récemment il est beaucoup question des gaz de schistes, mais il ne me semble pas avoir lu des questions en ce qui concerne la géothermie… Quid aussi de la « bulle froide » en général au bout de 25 à 30 ans on doit forer ailleurs car la source est refroidie ?


Quid des incinérateurs d’ordures qui génèrent de la dioxine et de nombreuses matières dangereuses à la santé humaine et ne remettent pas en cause la quantité énorme de production de déchets dans notre pays ? Or, beaucoup de réseaux de chaleur fonctionnent avec ces incinérateurs….L’enjeu là c’est d’interdire les emballages (40 % de nos déchets municipaux), de réduire la consommation de produits « inutiles » (notion à définir) afin de réduire les déchets, et de réduire voir supprimer les 105 incinérateurs présents dans notre pays….

C) Sens de la relocalisation de l’énergie :

Est-ce que la relocalisation de l’énergie c’est :

-Décentraliser l’offre : en créant des régies territoriales.

-Déconcentrer les acteurs

-Recourir à la chaleur sous diverses formes : biomasse, géothermie notamment, la cogénération.
-Recours au renouvelable

> Pour nous la relocalisation n’est pas uniquement synonyme de décentralisation, c’est un peu plus complexe.

La relocalisation est d’abord synonyme de questionnement du produit et du couple produit-déchet et donc de la domination de la société par l’économisme et le culte de la croissance du PIB.

En ce qui concerne l’énergie il s’agit de savoir de quel type d’énergie il s’agit d’abord. Dans ce sens sont condamnés irrémédiablement le nucléaire, mais aussi tout ce qui va avec, le chauffage électrique, etc.…De même sont condamnés les incinérateurs d’ordures, par exemple et est mis en avant la réduction de la production de déchets ménagers et municipaux.

Par conséquent les réseaux de chaleur ne peuvent pas fonctionner avec des incinérateurs d’ordures ménagères, mais plutôt avec de la géothermie (sous réserve qu’il soit possible de faire de la géothermie « propre »), voire de la biomasse ou du bois.

Le pétrole est utilisé essentiellement pour le transport, une politique hardie de développement du transport en commun est nécessaire pour réduire le recours au pétrole.

> Il est par ailleurs nécessaire de définir une stratégie de transition :

Une bonne stratégie menant à la relocalisation serait par exemple :

1) Arrêt immédiat du nucléaire,  en recourant à ce qui existe au moment de la décision politique : thermique fossile (augmentation du coefficient de production à 90 %), renouvelable, voir loi de réduction de consommation, etc.…dans le cadre centralisé actuel, on pourrait arrêter sans doute 70 % du nucléaire quasi immédiatement, si une loi est adoptée pour arrêter immédiatement le nucléaire et réduire la consommation d’électricité de 10 à 20 % par exemple, à l’instar de ce qu’ont fait les japonais par la loi du 1er août 2011 qui a réduit la consommation d’électricité de moins 15 %.

2) Mise en œuvre de mesures permettant d’arrêter TOUT le reste du nucléaire le plus vite possible et en tout cas en moins d’un quinquennat.

3) « Retour à la Ville ». Traditionnellement la ville était dominée par les piétons, elle était dense et bien séparée de la campagne, il faut donc revenir à la Ville et lutter contre le développement anarchique des constructions périurbaines et des zones résidentielles qui ont détruit la ville, restaurer les ceintures maraîchères, réduire drastiquement le transport automobile, favoriser les transports à bicyclette et piétons, voire à cheval. Densifier les transports en commun.

4) Repenser l’habitat : en particulier suppression du chauffage électrique, lié au tout-nucléaire français, remplacement par des réseaux de chaleur lorsque cela est possible et le chauffage au bois, ou le solaire thermique.

5) Remise en cause du cadre centralisé actuel de l’offre d’énergie : développer une réflexion sur le service public qui ne soit plus dominé uniquement par le cadre FORMEL des lois de Rolland, d’égalité, de continuité et d’adaptabilité mais avec des lois sur le CONTENU du service public sur les PRODUITS avec une intensité déchets et ressources non renouvelables la plus basse, mettre en œuvre des régies territoriales d’offre d’énergie, d’un principe de subsidiarité énergétique lorsqu’on ne peut offrir en local et seulement à cette condition on renvoie à l’offre nationale ou internationale, ce qui sous-entend une interconnexion des régies entre elles et au niveau européen.

6) Ultérieurement remise en cause de la société industrielle, car l’électricité n’étant pas stockable, si l’on veut aller vers une société du tout renouvelable, et bien il faudra accepter qu’il y ait des coupures d’électricités dans certains secteurs.

D) Indépendance énergétique, démocratie et pétrocratie :

«Il existe des connexions entre le régime énergétique des sociétés qui se conçoivent elles-mêmes comme modernes et le régime politique que nous avons pris l’habitude de nommer « démocratie ». Timothy Mitchell « Petrocratia ».

Dans cet ouvrage l’auteur montre que la démocratie a pu naître en Europe grâce au charbon. Dans les mines les ouvriers sont autonomes, ils avaient un fort pouvoir de négociation, qui a été perdu avec l’ère du pétrole, dominé par les ingénieurs, la finance internationale et où les réserves se trouvent de plus en plus dans des pays où l’Occident maintient des monarchies au pouvoir.

Il est donc important de considérer l’organisation de la fourniture énergétique permettant d’enrichir la démocratie.

De même, avec la raréfaction des matières premières et des sources d’énergies il devient impératif de réfléchir aux moyens d’être le plus indépendant possible au niveau énergétique.
A la différence de l’ère du charbon, avec le pétrole et surtout l’uranium, l’Europe est devenue très dépendante de bases mondiales d’approvisionnement. Elle se sent donc obligée d’adapter sa politique et sa diplomatie pour obtenir des sources d’énergie. Il devient donc impératif de réfléchir aux moyens d’optimiser l’utilisation de l’énergie, de façon à en utiliser le moins possible pour un résultat le plus grand possible, mais aussi au recours des sources disponibles dans nos contrées : le vent, le soleil, le bois, les marées par exemple. Par ailleurs, la seule source la plus abondamment disponible aujourd’hui dans le monde étant le charbon, l’Europe devrait aussi s’efforcer de développer des recherches de telle sorte qu’elle puisse y recourir sans générer trop de gaz à effet de serre. Le charbon est non seulement abondant mais le plus largement réparti, si bien qu’il est plus facile ne pas être lié dans sa diplomatie et sa politique pour l’obtenir.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 06:49


Après une courte introduction de Nicolas Sarkozy, Jeremy Rifkin recadre le débat sur l’énergie nucléaire et envoie notre EPR (Eminent Président de la République) en touche.
 "Je préside un groupe de 120 des plus grandes entreprises du monde dans le domaine de l'informatique, des transports, de la logistique, de l'énergie, de la distribution d'électricité, de la construction [...], ces sociétés savent que le nucléaire est mort" dit Jeremy Rifkin.

http://www.youtube.com/watch?v=j_EbrOjIGkQ


 

Témoignage et colère d’un français vivant depuis de longues années au Japon

http://videos.next-up.org/Alex/1/15062011.html

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 06:17

 

 

Energie nucléaire : un entretien donné par Bernard Laponche à Télérama, suivi d’un lien renvoyant à un article d’AgoraVox : Le Japon bientôt inhabitable ?

 

http://www.telerama.fr/monde/bernard-laponche-il-y-a-une-forte-probabilite-d-un-accident-nucleaire-majeur-en-europe,70165.php

 

 

 

 

Physicien nucléaire, polytechnicien, Bernard Laponche est formel : la France est dans l'erreur. Avec le nucléaire, elle s'obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète. Alors que d'autres solutions existent, grâce auxquelles les Allemands ont déjà commencé leur transition énergétique.

Il est des leurs. Enfin, il était des leurs. Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l'énergie atomique, à l'élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l'atome, qu'il juge moralement inacceptable. Dès les années 1980, Bernard Laponche, désormais militant au sein de la CFDT, prône la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les décennies suivantes lui ont donné raison. Mais la France, seul pays au monde à avoir choisi l'option du tout-nucléaire, s'obstine dans l'erreur, déplore-t-il, et s'aveugle : énergie du passé, sans innovation possible, le nucléaire ne représente pas seulement une menace terrifiante, pour nous et pour les générations qui suivront ; il condamne notre pays à rater le train de l'indispensable révolution énergétique.

 On présente toujours l'énergie nucléaire comme une technologie très sophistiquée. Vous dites qu'il s'agit juste du « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l'eau chaude » (1). C'est provocateur, non ?

Pas vraiment... Un réacteur nucléaire n'est qu'une chaudière : il produit de la chaleur. Mais au lieu que la chaleur, comme dans les centrales thermiques, provienne de la combustion du charbon ou du gaz, elle est le résultat de la fission de l'uranium. Cette chaleur, sous forme de vapeur d'eau, entraîne une turbine qui produit de l'électricité. L'énergie nucléaire n'est donc pas ce truc miraculeux qui verrait l'électricité « sortir » du réacteur, comme s'il y avait une production presque spontanée...

Pourquoi cette image s'est-elle imposée ?

Les promoteurs du nucléaire ne tiennent pas à mettre en avant la matière première, l'uranium. C'est lié au fait qu'à l'origine le nucléaire était militaire, donc stratégique. Et puis en laissant penser que l'électricité est produite directement, ils lui donnent un côté magique, ainsi qu'une puissance trois fois plus élevée, car c'est la chaleur produite que l'on évalue, pas l'électricité. Or les deux tiers de la chaleur sont perdus, ils réchauffent l'eau des fleuves ou de la mer qui sert à refroidir les réacteurs.

Parlons donc du combustible...

Ce sont des crayons d'uranium, de l'uranium légèrement enrichi en isotope 235, pour les réacteurs français. La fission est une découverte récente (1938) : un neutron tape un noyau d'uranium qui explose, produit des fragments, donc de l'énergie, et des neutrons, qui vont taper d'autres noyaux – c'est la réaction en chaîne. La multiplication des fissions produit de la chaleur. Or les fragments de la fission sont de nouveaux produits radioactifs, qui émettent des rayons alpha, bêta, gamma... A l'intérieur des réacteurs, vous produisez donc de la chaleur, c'est le côté positif, mais aussi des produits radioactifs, notamment du plutonium, le corps le plus dangereux qu'on puisse imaginer, qui n'existe qu'à l'état de trace dans la nature. On aurait dû s'interroger dès l'origine : ce moyen de produire de l'eau chaude est-il acceptable ?

Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l'arrêter à chaque instant, non ?

Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s'il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire ; s'il y a une fissure dans le circuit d'eau, il y a perte de refroidissement, la chaleur extrême détruit les gaines du combustible, certains produits radioactifs s'échappent, on assiste à la formation d'hydrogène, cet hydrogène entraîne des matières radioactives et peut exploser.

“Puisque le point de départ, c'est la création
de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
les moyens de sa propre destruction.”

Mais on multiplie les systèmes de protection...

Vous avez beau les multiplier, il y a toujours des situations dans lesquelles ces protections ne tiennent pas. A Tchernobyl, on a invoqué, à juste titre, un défaut du réacteur et une erreur d'expérimentation ; à Fukushima, l'inondation causée par le tsunami. Au Blayais, en Gironde, où la centrale a été inondée et où on a frôlé un accident majeur, on n'avait pas prévu la tempête de 1999. Mais on a vu des accidents sans tsunami ni inondation, comme à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. On peut aussi imaginer, dans de nombreux pays, un conflit armé, un sabotage... Puisque le point de départ, c'est la création de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique les moyens de sa propre destruction.

Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ?

Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l'enrichissement de l'uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s'aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté.

On a du mal à croire qu'il n'y ait eu aucune innovation majeure...

Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu'on l'a arrêté en 1998, car il était basé sur l'utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l'uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d'un matériau aussi dangereux le combustible d'une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ?

Nicolas Sarkozy affirme que si l'on refuse le nucléaire, on doit accepter de s'éclairer à la bougie. Qu'en pensez-vous ?

Il est lassant d'entendre des dirigeants qui n'y connaissent rien continuer à dire n'importe quoi. Nicolas Sarkozy ne croit pas si bien dire ; un jour, et pourquoi pas dès cet été, les Français s'éclaireront à la bougie : comme nous sommes le seul pays au monde à avoir choisi de produire 80 % de notre électricité avec une seule source, le nucléaire, et une seule technique, le réacteur à eau pressurisée, si nous sommes contraints d'arrêter nos réacteurs, nous retournerons à la bougie ! Pas besoin d'une catastrophe, juste un gros pépin générique, ou une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Car on ne peut pas faire bouillir l'eau des rivières. En revanche, si l'on décidait de sortir du nucléaire en vingt ans, on pourrait démultiplier notre inventivité énergétique pour justement éviter la bougie.

Les défenseurs du nucléaire disent qu'en France, avec notre nouveau réacteur, l'EPR, que l'on construit à Flamanville, on arrive à un risque quasi nul...

Chaque pays assure que ses réacteurs sont mieux que les autres. Avant Fukushima, le discours des Japonais était le même que celui des Français. On en est déjà à cinq réacteurs détruits (Three Mile Island, Tchernobyl, et trois réacteurs à Fukushima) sur quatre cent cinquante réacteurs dans le monde, des centaines de kilomètres carrés inhabitables. La probabilité théorique, selon les experts de la sûreté nucléaire, devait être de un pour cent mille « années-réacteur » [une année-réacteur, c'est un réacteur fonctionnant pendant un an, NDLR], voire un million d'années-réacteur pour un accident majeur, type Tchernobyl ! La réalité de ce qui a été constaté est trois cents fois supérieure à ces savants calculs. Il y a donc une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe.

Une innovation majeure pourrait-elle vous conduire à revoir votre jugement ?

Je ne vois pas de solution dans l'état actuel, non pas de l'ingénierie, mais de la connaissance scientifique. Je ne dis pas qu'un jour un savant ne trouvera pas un moyen d'utiliser l'énergie de liaison des noyaux de façon astucieuse, qui ne crée pas ces montagnes de produits radioactifs. Mais pour le moment, il n'y a pas !

Pourquoi vous opposez-vous à Iter, expérience sur la fusion menée à Cadarache, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ?

La fusion, c'est l'inverse de la fission. On soude deux petits noyaux, deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium (un proton et un neutron) et le tritium (un proton et deux neutrons), et cette soudure dégage de l'énergie. Mais il faut arriver à les souder, ces noyaux ! Dans le Soleil, ils se soudent du fait de la gravitation. Sur Terre, on peut utiliser une bombe atomique, ça marche très bien. L'explosion provoque la fusion des deux noyaux, qui provoque une seconde explosion beaucoup plus forte : c'est la bombe à hydrogène, la bombe H. Pour une fusion sans bombe, il faut créer des champs magnétiques colossaux afin d'atteindre des températures de cent millions de degrés. Iter, à l'origine un projet soviétique, est une expérience de laboratoire à une échelle pharaonique, des neutrons extrêmement puissants bombardent les parois en acier du réacteur, ces matériaux deviennent radioactifs et doivent d'ailleurs être remplacés très souvent. Je ne suis pas spécialiste de la fusion, mais je me souviens que nos deux derniers Prix Nobel français de physique, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, avaient dit qu'Iter n'était pas une bonne idée. Ils prônaient les recherches fondamentales avant de construire cet énorme bazar. Personne n'a tenu compte de leur avis, et nos politiques se sont précipités, sur des arguments de pure communication – on refait l'énergie du Soleil – pour qu'Iter se fasse en France.

Pourquoi ?

Parce que les Français veulent être les champions du nucléaire dans le monde. Les Japonais voulaient Iter, mais leur Prix Nobel de physique Masatoshi Koshiba a dit « pas question », à cause du risque sismique. Je pense que ce projet va s'arrêter parce que son prix augmente de façon exponentielle. Et personne ne s'est posé la question : si jamais ça marchait ? Que serait un réacteur à fusion ? Comme disent les gens de l'association négaWatt, pourquoi vouloir recréer sur Terre l'énergie du Soleil puisqu'elle nous arrive en grande quantité ?

Que répondez-vous à ceux qui pensent que l'impératif du réchauffement climatique, donc la nécessaire réduction des émissions de CO2, nous impose d'en passer par le nucléaire ?

Tout d'abord, on ne peut pas faire des émissions de CO2 le seul critère de choix entre les techniques de production d'électricité. Faut-il accepter qu'au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? Ensuite, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a montré que si l'on voulait tenir nos objectifs de réduction des émissions de CO2, la moitié de l'effort devait porter sur les économies d'énergie. Pour l'autre moitié, le recours aux énergies renouvelables est essentiel, la part du nucléaire n'en représentant que 6 %. Il faut donc relativiser l'avantage du nucléaire.

“Comme on a fait trop de centrales, il y a eu
pression pour la consommation d'électricité,
en particulier pour son usage le plus imbécile, le
chauffage, pour lequel la France est championne.”

Vous avez commencé votre carrière au CEA et avez été un artisan de cette énergie. Que s'est-il passé ?

J'ai même fait une thèse sur le plutonium, et je ne me posais aucune question. Tout est très compartimenté au CEA, je faisais mes calculs sur la centrale EDF 3 de Chinon, n'avais aucune idée des risques d'accident ni du problème des déchets. Je travaillais avec des gens brillants. Et puis j'ai commencé à militer à la CFDT, après 68, et on s'est intéressé aux conditions de travail des travailleurs de la Hague. Je me suis aperçu que, moi, ingénieur dans mon bureau, je ne connaissais rien de leurs conditions de travail, et que les gens de la Hague ne savaient pas ce qu'était un réacteur nucléaire. On a donc écrit, en 1975, un bouquin collectif qui a été un best-seller, L'Electronucléaire en France. Le patron du CEA de l'époque a d'ailleurs reconnu la qualité de ce travail. Pour cela, j'ai travaillé pendant six mois à partir de documents américains, parce qu'en France il n'y avait rien. La CFDT a alors pris position contre le programme nucléaire. J'ai commencé à travailler sur les alternatives au nucléaire et, en 1982, je suis entré à l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie.

Cela fait trente ans... Que prôniez-vous à l'époque ?

Mais la même chose qu'aujourd'hui : économies d'énergie et énergies renouvelables ! Les principes de l'électricité photovoltaïque, donc des panneaux solaires, étaient déjà connus. Aujourd'hui, on ne parle que de l'électricité, mais ce qu'il faudrait d'abord installer partout, c'est des chauffe-eau solaires ! Rien de plus simple : un fluide caloporteur circule dans un tube sous un panneau vitré, et permet d'obtenir de l'eau à 60 degrés. L'Allemagne, pays moins ensoleillé que la France, a dix fois plus de chauffe-eau solaires. Dans le Midi, il n'y en a pas, ou si peu !

Cela ne demande pas beaucoup d'innovation...

L'innovation permet avant tout de réduire les coûts. L'éolien, sa compétitivité face au nucléaire est acquise. En ce qui concerne le photovoltaïque, les Allemands anticipent des coûts en baisse de 5 % chaque année. Il y a beaucoup de recherches à faire sur les énergies marines, les courants, l'énergie des vagues, la chaleur de la terre avec la géothermie. Les énergies renouvelables, sous un mot collectif, sont très différentes, et peuvent couvrir à peu près tous les besoins énergétiques. Les Allemands estiment qu'elles couvriront 80 % des leurs d'ici à 2050. C'est plus que crédible, à condition de toujours rechercher les économies d'énergie.

Le fait qu'on ait produit de l'électricité à partir du nucléaire à un coût modique, ne prenant pas en compte les coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets radioactifs, a-t-il pénalisé les énergies renouvelables ?

Oui, et comme on a fait trop de centrales nucléaires, il y a toujours eu pression pour la consommation d'électricité, et en particulier pour son usage le plus imbécile, le chauffage électrique, pour lequel la France est championne d'Europe. On construit des logements médiocres, l'installation de convecteurs ne coûte rien, cela crée du coup un problème de puissance électrique globale : en Europe, la différence entre la consommation moyenne et la pointe hivernale est due pour moitié à la France ! Résultat, l'hiver, nous devons acheter de l'électricité à l'Allemagne, qui produit cette électricité avec du charbon… Hors chauffage, les Français consomment encore 25 % de plus d'électricité par habitant que les Allemands. Qui n'ont pas seulement des maisons mieux isolées, mais aussi des appareils électroménagers plus efficaces, et qui font plus attention, car l'électricité est un peu plus chère chez eux.

“Les Allemands étudient des réseaux
qui combinent biomasse, hydraulique, éolien,
photovoltaïque. Ils réussissent la transition
énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée.”

Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d'énergie ?

Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l'informatique, on peut optimiser la production et la distribution d'électricité. A l'échelle d'un village, d'une ville ou d'un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n'y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l'on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d'éoliennes... Mais tout change si l'on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l'éolien, la nuit, on pompe l'eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C'est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful. Les Allemands réussissent en ce moment cette transition énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée. C'est cela, le principal : il faut prendre la décision. Cela suppose une vraie prise de conscience.

Comment expliquez-vous l'inconscience française ?

Par l'arrogance du Corps des ingénieurs des Mines, d'une part, et la servilité des politiques, de l'autre. Une petite caste techno-bureaucratique a gouverné les questions énergétiques depuis toujours, puisque ce sont eux qui tenaient les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. Ils ont toujours poussé jusqu'à l'extrême, et imposé aux politiques, la manie mono-énergétique.

Cela vient de notre pouvoir centralisé ?

Complètement ! Dans les années 1970, un chercheur suédois a écrit une étude sur le fait que le nucléaire marche dans certains pays et pas dans d'autres. Et il en a conclu qu'une structure politico-administrative autoritaire et centralisée avait permis qu'il se développe dans deux pays : l'URSS et la France. Pour de fausses raisons – indépendance énergétique, puissance de la France –, on maintient le lien entre le nucléaire civil et militaire – le CEA a une branche applications militaires, Areva fournit du plutonium à l'armée. Ce complexe militaro-étatico-industriel fait qu'ici on considère madame Merkel comme une folle. Au lieu de se dire que si les Allemands font autrement, on pourrait peut-être regarder… Non, on décide que les Allemands sont des cons. Nos responsables claironnent qu'on a les réacteurs les plus sûrs, que le nucléaire c'est l'avenir, et qu'on va en vendre partout. C'est l'argument qu'on utilise depuis toujours, et on a vendu péniblement neuf réacteurs en cinquante ans, plus les deux qui sont en construction en Chine. Ce n'est pas ce qui était prévu… En dix ans, les Allemands, eux, ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables.

En dehors des écologistes, personne, y compris à gauche, ne remet en cause le nucléaire...

Les choses évoluent vite. Fukushima ébranle les pro-nucléaires honnêtes. Je pense que la décision allemande aura une influence, pas sur nos dirigeants actuels, mais sur nos industriels et aussi sur les financiers. Ils doivent se dire : vais-je continuer à mettre mes billes dans un truc comme ça ? Il y avait jadis l'alliance Areva-Siemens pour proposer des réacteurs EPR, mais Siemens en est sorti depuis des années. On peut toujours se rassurer en pensant que les Allemands se trompent, mais on peut difficilement soutenir qu'ils aient fait ces dernières décennies de mauvais choix et que leur industrie soit faiblarde...

Les écologistes peuvent-ils peser sur les socialistes ?

Bien sûr. Déjà, en 2000, tout était prêt pour l'EPR, mais Dominique Voynet, ministre de l'Environnement, a dit à Lionel Jospin : « Si tu fais l'EPR, je démissionne. » C'est la seule fois où elle a mis sa démission dans la balance et l'EPR ne s'est pas fait à l'époque. Je travaillais auprès d'elle comme conseiller sur ces questions, j'ai pondu trois cent cinquante notes. Il y avait une bagarre quotidienne entre le ministère de l'Environnement et le ministère de l'Industrie, qui se moquait complètement de la sécurité. Malheureusement, l'EPR est reparti avec Chirac en 2002. Et il va nous coûter très cher. En un demi-siècle, on a gaspillé l'énergie, on a fait n'importe quoi. Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie.

Propos recueillis par Vincent Remy

 

A suivre le lien

Le Japon bientôt inhabitable ?

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-japon-bientot-inhabitable-95792

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 11:28
http://www.lcp.fr/emissions/docs-ad-hoc/vod/6312-la-bataille-de-tchernobyl sur lcp doit être rediffusé le 1er mai dans l’après-midi mais n’apparait pas dans la grille du programme..
 
http://www.chernobyl-day.org/plus-sur-tchernobyl/audio-videos/article/la-bataille-de-tchernobyl?lang=fr  découpée en séquenses, la même émission sur le site internet
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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 11:26


Journaliste à la revue Silence, un mensuel alternatif et écologiste basé à Lyon, Michel Bernard a écrit ce texte qui connait un succès foudroyant sur le web, bien au delà des cercles écologistes habituels.

 

Michel Bernard - publié le 17/03/2011

 

Je suis en colère parce que l'accident de Tchernobyl n'a pas servi de leçon. Et que l'on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.

 

Je suis en colère quand j'entends à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu'on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n'a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n'ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal.), y-en-t-il où l'on s'éclaire à la bougie ? Il n'y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon). Dans seulement 31 pays, tous les autres pays s'en passent.

 

Je suis en colère quand en 1979, après l'accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c'était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l'accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins forts que nous. Et que je lis aujourd'hui que les Japonais sont moins forts que nous. De qui se moque-t-on ?

 

Je suis en colère quand on me dit que l'on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connaît un réacteur". Ce n'est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu'elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d'exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonctionner pour dix ans en février 2011 !).

 

Je suis en colère quand on nous dit que l'on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C'est oublier que l'électricité n'est pas la principale source d'énergie (c'est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que17 % de notre énergie. Si l'on voulait s'arrêter, on pourrait s'appuyer sur une solidarité au niveau de l'Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l'électricité et seulement 9 % de l'énergie ! Il suffirait donc d'économiser 9 % pour s'en passer !

 

Je suis en colère parce qu'au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d'énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l'énergie la plus propre reste celle que l'on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d'années.


Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu'arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l'argent gaspillé. Mais les 1000 milliards d'euros déjà dépensés en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c'est loin d'être terminé), ce n'est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d'euros, c'est sensiblement le coût qu'il a fallu dépenser pour construire l'ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.

 

Je suis en colère parce que je sais que l'on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu'il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu'on veut bien consentir).

 

Je suis en colère quand j'entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu'il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.

 

Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu'au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides.).

 

Alors j'agis, je me suis investi depuis une trentaine d'années dans les médias écologistes pour faire aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l'importance de la pollution circuler une information moins déloyale et j'incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d'eux radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flammes ?

 

Alors j'agis et je m'engage dans l'une des 875 associations (dont les Amis de la Terre) qui animent le réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l'énergie.

 

Alors j'agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. Alors j'agis car aujourd'hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c'est parce que nous ne nous indignons pas assez !


A DIFFUSER


Bonjour,

Voici une pétition POUR un référendum pour sortir du nucléaire à SIGNER et DIFFUSER massivement : http://www.referendum-nucleaire.fr "Le Japon, après l'Ukraine et les Etats-Unis, subit au plus profond de sa chair la folie nucléaire. Pour ne pas avoir cru, su ou voulu penser l'impensable, notre humanité est une fois encore confrontée à une catastrophe nucléaire.

Malgré ce constat sans appel, les responsables politiques français affirment doctement que l'option nucléaire ne peut être soumise à débat public ni validation démocratique au travers d'un référendum.

Alors que la plupart des pays européens réinterrogent dans l'urgence la pertinence de leur stratégie nucléaire, la France reste droit dans ses bottes. Tout juste le chef de l'Etat consent-il à envisager, à long terme, un débat entre experts, au niveau européen.

Le peuple est une nouvelle fois écarté des grandes décisions qui le concernent. Nous n'acceptons plus la mainmise de l'oligarchie  éco-prédatrice. Nous n'acceptons plus une technologie nucléaire dangereuse et anti-démocratique.

Nous réclamons un référendum pour sortir du nucléaire - SIGNEZ LA PETITION : http://www.referendum-nucleaire.fr

 

 

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 05:40


Parti de Gauche :


Débat à l’Assemblée : http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/3632-debat-sur-lexploitation-des-gaz-de-schiste

 

Manifestation : http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/3701-gaz-de-schiste-donzere

 

Manifestation : http://84.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=872:la-manifestation-de-coustellet-gaz-de-schiste-ni-ici-ni-ailleurs&catid=414:carnets-de-campagne-danne-marie-billiottet&Itemid=596

 

Quelques informations et observations complémentaires :

 

Rien n’est évidemment fini avec les  gaz de schistes : http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1119

 

Un texte inoubliable sur les gaz de schistes : http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1117

 

Quand on ne comprend pas tout avec les gaz de schistes : http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1114

 

Pourquoi les écolos officiels ont réagi avec retard :http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3791

 

Les gaz de schistes dans le trou noir de l’info : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3757

 

Le rapport remis à Nathalie Kosciusko-Morizet : http://www.rue89.com/planete89/2011/04/21/le-rapport-remis-a-nkm-un-plaidoyer-pour-le-gaz-de-schiste-200874

 

 

Enquête publiée par le New-York Times : http://cdurable.info/Gaz-de-schiste-Eau-radioactive-Enquete-Puits-Extraction-Etats-Unis-New-York-Times,3296.html

 

Techniques de l’ingénieur : http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/environnement-securite-energie-thematique_191/revelations-inquietantes-aux-etats-unis-sur-les-gaz-de-schiste-article_59258/

 

Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_de_schiste

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 10:10


AGENDA
MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT


Bonjour à tous


Depuis le 2 avril, 25 jours d'actions sont organisés partout en France et dans le monde à l'occasion des 25 ans de Tchernobyl, pour demander la sortie du nucléaire et pour affirmer "Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça!".


A ce jour, ce sont 320 actions, rien qu'en France, qui ont été ou vont être organisées, dans le cadre de ces 25 jours d'actions. Ce week-end, entre le 23 et le 26 avril, ce sont plus de 90 rassemblements qui vont avoir lieu, il y en forcément un près de chez vous!


Vous trouverez ci-dessous:

  • Un agenda regroupant les rassemblements et autres évènements organisés dans votre région d'ici la fin du mois.
  • Ainsi qu'un texte écrit par une lycéenne japonaise, destiné à être lu pendant les manifestations et rassemblements


Je vous invite également à télécharger le soleil antinucléaire japonais en cliquant sur le lien suivant format image jpg http://groupes.sortirdunucleaire.org/squelettes/images/nonmerci-japanese.jpg
format image pdf http://groupes.sortirdunucleaire.org/squelettes/images/nonmerci-japanese.pdf
et à l'imprimer pour vous rendre aux manifestations du week-end, afin de marquer votre soutien au peuple japonais.

Bonnes actions et bons rassemblements à tous!
Pour le Réseau "Sortir du nucléaire"
Laura Hameaux

 

 

 

AGENDA LANGUEDOC-ROUSSILLON 



expand section23 avril 2011 - Montpellier (34) : Rassemblement - Die-in

15 h à 18 h : Place de la Comédie, Montpellier

Die-in
On s’habille en blanc, on s’allonge par terre silencieusement, masque blanc souhaité.

Envois du tract et du masque à fabriquer soi-même, sur demande à l'adresse mail ci-dessus.

Contact : Didier Latorre - Sortir du Nucléaire 34
didier.latorre (a) free.fr

expand section23 avril 2011 - Perpignan (66) : Rassemblement / Visuel déambulatoire - 25 ans après Tchernobyl

14h : De la place catalogne au centre-ville

Visuel déambulatoire « statues irradiées », distribution de fleurs blanches, signe de deuil

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

expand section26 avril 2011 - Montpellier : Projection débat "Le Sacrifice"

20h : fac de sciences - Place Eugène Bataillon 34095 Montpellier Cedex 5

Projection du film de Wladimir Tchertkoff "Le sacrifice" à la maison des élèves le Mardi 26 avril 2011 suivi d'un débat sur le nucléaire et ses alternatives co-organisé avec Enercoop LR

Contact : Simon COSSUS - Collectif SDN 34
contact.sdn34 (a) yahoo.fr
Tel : 06 80 23 42 03

expand section26 avril 2011 - Carcassonne (11) : Journée ART pour la planète

De 10 h à 23 h : salle Joe Bousquet (ancienne mairie) à Carcassonne

Exposition : peinture, photo, poésie toute la journée.
à 18 h : débat, exposé sur les dangers du nucléaire, les écogestes.....
à 20 h 30 scène ouverte aux artistes : chanteurs, poètes, slameurs...

Site web :
http://www.poesie-terpsichore.eu

Contact : Marie-Andrée BALBASTRE
poesie-terpsichore (a) wanadoo.fr
Tel : 04 68 77 59 26

expand section26 avril 2011 - Prades (66) : Rassemblement / Visuel déambulatoire / Tractage

10h00

Visuel déambulatoire "statues irradiées" et information

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

expand section26 avril 2011 - Montpellier (34) : Rassemblement/Flashmob - Tchernobyl Day

17h30 - 18h30 : Place de la Comédie

Mobilisation de rue, "freezemob", arrêt des mouvements, sur un grand plateau piéton en cœur de ville. Distribution de tracts.
http://www.facebook.com/event.php?eid=109587849125038#!/event.php?eid=109587849125038

Contact : Baraize - Eelv montpellier
francois.baraize (a) gmail.com

expand section27 avril 2011 - Perpignan (66) : Réunion publique + Expo

20h : Salle des Libertés

« Nucléaire, quels risques ? » Réunion publique, conférence de J. Rey(Ancien chercheur C.E.A)
« Train d’enfer » exposition

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

expand section27 avril 2011 - Ceret (66) : Film débat

20h30 : Salle de l'union

Film débat : « R.A.S - nucléaire, rien à signaler»

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

expand section27 avril 2011 - Prades (66) : Film débat

21h : Cinéma le Lido

Film débat : « Into Eternity » en avant première
( M.Madsen. 2011)

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

expand section28 avril 2011 - Argeles (66) : Film débat + exposition

20h : Cinéma Jaurès

Film débat : "Au pays du nucléaire"
Exposition « Train d’enfer »

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

expand section30 avril 2011 - Ceret (66) : Rassemblement / Visuel déambulatoire sur la marché

10h

Visuel déambulatoire « statues irradiées » et information

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

expand section1 mai 2011 - Perpignan (66) : Manifestation

10h

Participation à la manifestation du 1er mai « Hommage aux travailleurs victimes du nucléaire »
Visuel et information
Départ Place Catalogne

Contact : Eric
e.lebalier (a) gmail.com

 

 

TEXTE D'UNE LYCÉENNE JAPONAISE

 

Aidez-moi,
je suis une élève
de Minami-Soma à Fukushima.

J’ai perdu des amis lors du Tsunami,
mes amis ont perdus leurs parents,
ma meilleure amie est restée coincée à
Minami-Soma parce la pénurie d’essence l’a
empêchée de fuir.

Pour lui remonter le moral je n’ai que le
téléphone et les emails.

Mes amis et moi nous nous battons maintenant
avec notre peur de la radioactivité.
Mais nous sommes découragés.

A l’âge de seize ans
je me prépare à la mort,
je la sens qui s’approche.
Même si je devais en sortir,
la peur de la radioactivité sera toujours à mes
côtés.

Les hommes politiques, l’État,
les mass-médias, les experts,
les "boss" de la centrale nucléaire,
tous sont nos ennemis
tous sont des menteurs.

La télévision parle de moins en moins de la
centrale nucléaire.
Toujours les mêmes photos du tsunami et les
interviews sans cœur des mass-médias,
des condoléances du bout des lèvres,
un homme politique qui qualifie l’accident
nucléaire de "catastrophe naturelle".

Messieurs les politiciens, aidez-nous avec votre
salaire et vos épargnes,
arrêtez de vivre dans le luxe et aidez les
victimes à survivre.
Arrêtez de donner uniquement des ordres,
arrêtez de nous regarder d’un endroit sûr,
venez ici vous-même et aidez-nous.

Nous ... On nous a laissé tomber
Fukushima sera sans doute isolé.
On nous laisse complètement tomber,
c’est l’État qui nous tue.
Nous, les victimes de la catastrophe
nous ne pardonnerons jamais à l’État de nous
avoir laissé tomber,
nous lui en voudrons toujours.

Voici ce que je voudrais dire à ceux qui lisent
cette lettre :
Vous ne savez jamais quand une personne que
vous chérissez disparaîtra.
Imaginez que la personne avec laquelle vous
riez maintenant, disparaît l’instant suivant.
Soyez désormais plus attentifs à votre entourage.

Maintenant, l’école où nous avons passé notre
jeunesse s’est transformée en morgue.
Des personnes qui ne bougeront plus jamais
sont allongées dans la salle où nous avons fait
du sport et pratiqué nos activités de club.
Comment puis-je faire connaitre la réalité
au plus grand nombre de personnes possible ?
Je serais heureuse si au moins une personne lit
ce message.

Après avoir réfléchi je me suis permis d’écrire ce message.
Pardonnez-moi et je vous remercie.

Cette élève habitait tout près de la centrale nucléaire de Fukushima. Publié le 30 mars 2011 sur : http://ameblo.jp/tsukiji14/entry-10844839979.html Traduit en français par Violaine Mochizuki

 

Laura Hameaux

Coordination Nationale des groupes et actions

 

Réseau Sortir du nucléaire

Maison de l'Economie Sociale et Solidaire

81 bis, rue Gantois

59000 LILLE

 

Mobile: +33 (0)685230511

Tel: +33 (0)320179491

Mail: laura.hameaux@sortirdunucleaire.fr

Web: http://www.sortirdunucleaire.org/

 


Vous pouvez également choisir de vous inscrire sur d'autres listes :
Listes de diffusion : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/Listes-Diffusion.html
Listes de discussion : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/Listes-Discussion.html

Vous pouvez aussi consulter l'agenda des actions organisées partout en France sur : http://groupes.sortirdunucleaire.org/agenda/



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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:38

Article écrit par Alain Waldman


Même s'il est admis qu'il est nécessaire de développer les énergies renouvelables, l'éolien apparaît comme le moyen le plus controversé en raison du gigantisme de ses machines et de sa difficile intégration dans le paysage. Si l'on ajoute à cela le manque de transparence et de concertation dans l'élaboration des projets, l'absence de règles, hormis celles de l'urbanisme, en ce qui concerne les lieux d'implantation des parcs éoliens, et le prix élevé (répercuté sur nos factures) que paye EDF pour l'achat de l'électricité issue des énergies renouvelables, on comprend que le sujet ait tendance déchaîner les passions.

 

Une politique d'incitation au développement des énergies renouvelables.

La plupart des Etats européens ont choisi pour accélérer le développement de la filière éolienne d'imposer un prix de rachat stable pour l'électricité issue des énergies renouvelables : biomasse (biogaz), solaire, éolien, géothermie...

En France, la "subvention" à l'éolien est financée par le consommateur qui la paye sur sa facture d'électricité. Ce mécanisme est appelé la CSPE (contribution au service public de l'énergie). Le prix de rachat subventionné oblige les opérateurs historiques comme EDF en France, a racheter pendant 15 ou 20 ans l'électricité produite par des énergies durables comme l'éolien à un tarif prédéfini. Tout producteur (professionnel ou particulier) d'électricité produite par une éolienne peut ainsi la raccorder au réseau électrique et vendre son électricité à EDF au tarif subventionné.

La loi a limité cette possibilité de rachat de l'électricité aux éoliennes installées dans une ZDE (zone de développement éolien (1)) néanmoins, le rachat  d'électricité hors ZDE reste possible (à un tarif moins avantageux que dans une ZDE) via des sociétés privées partenaires d'EDF.

 

Des règles d'implantation assez souples

Les éoliennes de plus de 12m de haut sont soumises à permis de construire.

Les projets doivent être accompagnés d'une étude d'impact et sont soumis à une enquête d'utilité publique.

Depuis le "Grenelle 2 de l'environnement", la procédure est devenue un peu plus complexe puisque la création d'un parc éolien est désormais soumise à l'obtention d'une autorisation ICPE (installation classée pour la protection de l'environnement (2)).

Il est à noter que ni les schémas régionaux éoliens (3), ni les zones de développement éolien (ZDE), ni certains classements spécifiques de protection de la nature comme les zones natura 2000 par exemple n'ont de conséquences juridiques sur la délivrance des permis de construire, l'implantation d'une éolienne industrielle n'étant régie que par la délivrance d'un permis de construire dont la légalité ne s'apprécie qu'au regard des seules règles d'urbanisme.

D'autre part, pour avoir suivi d'assez près plusieurs projets éoliens, il me semble que les études d'impact effectuées pour l'obtention du permis de construire ne donnent qu'une faible idée de la répercution effective d'un parc éolien sur le cadre de vie. Dans ces études, des simulations d'implantation sont effectuées avec des photos montage auxquelles est joint un descriptif de l'impact visuel induit depuis certaines perspectives. Or, d'une part les photos montage ne donnent qu'une vague idée du gigantisme des installations, et d'autre part, le descriptif de l'impact visuel n'est fait qu'à partir de 2 ou 3 axes et voudrait laisser penser qu'en dehors de ceux-ci les éoliennes ne se voient pas, ce qui n'est évidemment pas le cas, des machines de 100m de  haut ayant une forte incidence à des kilomètres à la ronde.

 

Les intérêts en jeu

-          les exploitants des parcs éoliens qui profitent des tarifs très attractifs d'achat de l'électricité d'origine renouvelable par EDF et mènent une campagne de promotion très offensive auprès des municipalités.

-          les municipalités, de plus en plus asphyxiées financièrement qui convoitent les importantes taxes professionnelles que représente l'éolien. Elles proposent souvent, pour ne pas indisposer leurs administrés, des lieux d'implantation en limite de commune ce qui a tendance à favoriser les antagonismes entre communes les unes recevant la manne de l'éolien et les autres en subissant les nuisances.

-           les propriétaires fonciers avoisinants qui ne sont pas insensibles au loyer qu'ils pourraient tirer de l'implantation d'une éolienne sur leurs terres.

Au milieu de tout cela, les habitants des communes concernées par les parcs éoliens ne sont pas consultés et se retrouvent le plus souvent devant le fait accompli. Quant aux habitants des communes limitrophes qui de part leur proximité subissent un préjudice équivalent, ils restent le plus souvent dans l'ignorance totale des projets en cours.  

 

Les nuisances liées à l'éolien industriel

Une des nuisances évoquée par les riverains d'éoliennes était le bruit, mais ce problème semble être réglé par une nouvelle loi qui impose une distance d'éloignement de 500m des habitations. Le problème majeur reste donc sa difficile intégration dans le paysage. En effet les engins installés actuellement atteignent ou dépassent les 100m de hauteur (le record est détenu par des machines de plus de 160m de haut), de plus l'espace occupé par les parcs éolien est très important puisque chaque générateur doit être espacé de 300m minimum. Ces implantations, en plus de porter atteinte à l'intégrité paysagère des lieux, dévalorisent fortement les biens situés à proximité.

 

Quelques pistes à explorer

-          A minima et en attendant mieux, respecter les schémas régionaux et les différents classements de protection et ne pas autoriser des implantations hors ZDE.

-          Développer un grand pole national de l'énergie seul habilité dans ce domaine, ce qui éviterait à EDF de payer le prix fort à des sociétés privées une énergie qu'elle est en mesure de fournir.

-          Promouvoir la recherche dans le domaine des énergies renouvelables.

-          Réduire la consommation d'énergie en aidant à l'autonomie énergétique des bâtiments par l'usage de moyens moins destructurants pour les paysages (éolien individuel, énergie solaire ...).

-          Essayer d'intégrer, autant que faire se peut, les éoliennes dans des zones industrielles déjà existantes.

-          Pour l'éolien en mer, qui est appelé à se développer fortement puisqu'il est prévu la construction de quelques 600 éoliennes en mer d'ici 2015 (4), il est nécessaire de fixer une distance d'implantation minimale des côtes afin que les sites soient le moins perceptibles possible.

-          Fixer des règles strictes d'implantation qui prendraient en compte la protection de l'environnement et des sites (en concertation avec les associations de défense et de protection de la nature et du patrimoine architectural), ce qui loin de défavoriser l'éolien permettraient son implantation plus rapide puisque non controversée (5).

 

Conclusion

Le ressenti occasionné par l'éolien n'est pas le même en fonction des différentes populations. Les citadins qui n'en subissent pas directement les nuisances sont souvent enclins à en être de farouches défenseurs voyant en celui-ci un moyen pour sortir du nucléaire et pour lutter contre les gaz à effet de serre.

Il en est de même de certaines personnes qui soit ne sont pas très attachés à la notion de paysage, soit trouvent que le bénéfice apporté compense largement les inconvénients engendrés. Par contre, pour les autres, le désagrément l'emporte puisqu'ils ont l'impression de subir une véritable agression, une atteinte à l'intégrité de leur cadre de vie, voir à leur patrimoine sans qu'une réelle contrepartie ne soit perceptible, l'électricité produite étant redistribuée dans le réseau.  

L'éolien ou plutôt son implantation est actuellement un véritable problème de société qui divise la population. C'est un des rares sujets qui dépasse le clivage gauche/droite et qui devrait amener, en dépassant les points de vue dogmatiques, à une véritable réflexion dans le cadre de l'aménagement du territoire.

 

Notes

1) Caractéristiques des zones de développement éolien (ZDE)

   Les ZDE sont arrêtées par le préfet sur proposition des communes. Elles doivent prendre en compte trois critères définis par la loi :

-          le potentiel éolien

-          les possibilités de raccordement au réseau électrique

-          la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés.

2) Installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) : Classement qui prévoit que les installations industrielles et agricoles d'une certaine importance doivent faire l'objet, dans un souci de protection de l'environnement et préalablement à leur mise en service, d'une autorisation prise sous la forme d'un arrêté préfectoral qui fixe les dispositions que l'exploitant devra respecter pour assurer cette protection. Le demandeur doit démontrer la conformité de son projet avec la réglementation en vigueur, sa compatibilité avec la sensibilité de l'environnement et la protection de la santé et de la sécurité publique.

3) Schéma régional éolien : la Loi Grenelle II en 2010 a stipulé qu'un Schéma régional éolien doit, pour chaque région, définir les zones favorables au développement de l'énergie éolienne. Il doit le faire en cohérence avec les objectifs européens sur l'énergie et le climat.

4) Un projet éolien offshore en Vendée entre l'île de Noirmoutier et l'Île d'Yeux est actuellement à l'étude, il s'agirait d'un parc de 100 mats couvrant  une surface de 70km². 

5) L'objectif pour 2020 est de parvenir à ce que l'énergie renouvelable représente 23% de la consommation énergétique française. Cela signifie pour la filière éolienne 8000 éoliennes en incluant les 2500 déjà installées, mais cet objectif semble difficilement atteignable en raison des multiples contentieux qu'engendrent les projets.

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