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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 16:17

Un texte d’ATTAC-France

 

Contre le « Pacte pour l'euro » et l'austérité à vie

Après le « printemps arabe », un été européen ?

Le « Pacte pour l’euro », qui durcit drastiquement le « pacte de stabilité », va sans doute être adopté au Parlement le 23 juin et au Conseil des chefs d'État et de gouvernement le 24 juin. Une adoption au pas de charge : débats court-circuités en commission parlementaire, agenda surchargé pour les négociateurs, inflexibilité du Conseil européen. Dans la continuité, le gouvernement français veut faire voter par le Parlement une réforme constitutionnelle qui exigerait de tendre vers l'équilibre budgétaire en tout temps et à tout prix.

 

Douleurs et misère pour les populations

Le silence médiatique assourdissant, et l’absence de débat public autour de ces réformes, contrastent avec leur importance décisive : les politiques d’austérité deviennent une obligation permanente, assortie de sanctions automatiques pour les « mauvais élèves » qui n’adopteraient pas la pseudo-«rigueur », à savoir la réduction des salaires, les coupes dans les services publics et les prestations sociales, la précarisation du travail, une fiscalité encore plus favorable aux grandes entreprises.

Ces mesures sont à la fois injustes et inefficaces : elles veulent faire payer aux peuples le prix de la crise en enfonçant l'économie dans la récession, cependant que la régulation du secteur bancaire et financier – responsable de la crise – piétine. L'aggravation de la crise sociale pourrait renforcer les courants xénophobes, qui ont le vent en poupe. Mais ce vent commence peut-être à tourner sous la pression des luttes populaires.

 

Agir ensemble en Europe

Des mouvements massifs de protestation et d'exigence démocratique sont apparus en Espagne, en Grèce, au Portugal, au Royaume-Uni, après le mouvement de l'an dernier en France. Ces mouvements commencent à se développer à l'échelle européenne. Les indignés espagnols appellent à se mobiliser, le 19 juin, en amont du Conseil européen, pour une véritable démocratie en Europe et contre le Pacte pour l’euro. Des indignés d'autres pays européens se joindront à cette action notamment en Grèce et en France. La Confédération européenne des syndicats organise une journée d’action le 21 juin pour s’opposer aux politiques d’austérité, avec une manifestation au Luxembourg, pays du président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker.

Mettre la (contre) révolution Barroso sous les projecteurs

Barroso se vante de mener une « révolution silencieuse » : nous voulons au contraire faire du vacarme autour de ces projets désastreux pour les peuples. Les grandes formations politiques européennes doivent entendre la voix de la contestation grandissante qui s’élève en Europe. Attac agit dans ce sens, par exemple par la pétition du réseau des Attac d’Europe (http://www.oureurope.org/). La résonance des mouvements populaires a d’ores et déjà poussé les partis socialistes et verts européens à une expression publique contre la nouvelle gouvernance économique européenne (http://www.changeforeurope.eu/fr).

 

À la veille du vote du Parlement européen sur la nouvelle gouvernance économique, Attac France interpellera de nouveau les partis politiques en organisant une réunion publique avec des responsables des formations de gauche représentées au Parlement européen : quelle critique de cette nouvelle gouvernance économique qui épargne les marchés financiers, et écrase les peuples ? Quelles alternatives pour demain ?

 

A Paris le 23 juin à 18h : Bourse du travail, rue du Château d'eau, métro République

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 20:01

Texte de la Fase (Fédération pour une alternative sociale et ecologique)

 

L’unité de l'Europe est en train de se faire dans les contestations des systèmes politiques nationaux et européens et dans les résistances convergentes des peuples aux politiques néolibérales que le Fond monétaire international (FMI), l'Union européenne (UE), la Banque Centrale Européenne (BCE) et les gouvernements leur imposent.

 

Du coup, dirigeants politiques, experts libéraux de tout poil et médias se mettent à déconstruire l'Europe qu'ils avaient hier encensée. Après nous avoir vanté les mérites de « l'esprit européen », les voilà qui recourent à l'exacerbation des différences entre nations.

 

Il y a d'abord eu la crise politique islandaise et les référendums par lesquels le peuple a refusé de payer les dettes des spéculateurs. Mais l'Islande n'est pas dans l'UE, même si elle veut y rentrer !

En Irlande, les contestations du sort imposé au pays par l'UE semblent avoir disparu avec le changement de gouvernement.

Le mouvement des précaires du Portugal a été superbement ignoré de la grande presse. Il est vrai que c'est un si petit pays et « vraiment intégré à l'Europe depuis peu » !

 

En Espagne, il était plus difficile de faire de même avec les « indignados » de la Puerta del Sol. Mais le traitement médiatique a tout fait pour minorer, occulter les contenus antilibéraux et anticapitalistes de ce mouvement. La crise politique a été ramenée aux spécificités des partis et du système politique espagnol. Du coup, ce qui se passe en Espagne est quasiment traité comme « exotique », comme si les Espagnols, à ce point marqués par leur passé, imitaient encore les Arabes.

 

En Grèce, le traitement frise le racisme. Là encore, oubliés les grands discours sur la Grèce, berceau de la démocratie qui fondait le « modèle européen » !

 

Du FMI à la Chancelière allemande poussée par une presse aux accents nationalistes, c'est le même discours : les Grecs sont des fainéants (même si Eurostat vient de montrer qu'ils travaillent plus que les salariés allemands), des fraudeurs qui ont profité de l'Europe et de ses largesses. Ils doivent payer pour les multinationales de la finance soutenues par un gouvernement corrompu mais aussi par des institutions européennes qui ont fermé les yeux.

 

Du coup, les manifestations en Grèce ne seraient que l'expression de l'odieuse défense de privilégiés qui chercheraient à garder leur rente de situation. Les médias oublient de citer les acteurs grecs de ces mouvements qui nous disent : « Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. » et qui appellent à notre solidarité, non pour les défendre mais pour nous défendre tous contre les prédateurs de la finance : « Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. ». (Lire l'appel de Théodorakis)

 

Le 15 juin, les Grecs sont à nouveau descendus massivement dans la rue pour dénoncer la politique de leur gouvernement qui n'est plus soutenu que par le quart de la population et un premier ministre « socialiste » aussi impopulaire que Sarkozy.

 

Face à ceux qui s'obstinent dans le pessimisme du « rien ne peut changer », l'exemple italien vient rappeler que souffle un « vent nouveau » sur la péninsule, comme le dit si bien Il Manifesto.

 

Là encore, les médias se livrent à une désinformation sans précédent qui ne permet pas de mesurer ce qui s'est passé ces 2 derniers jours en Italie. À la radio ou sur les télés, c'est simplement la fin de Berlusconi, personnage douteux devenu gênant pour les libéraux eux-mêmes, une caricature de ce qu'ils sont tous.

 

La presse passe sous silence les leçons essentielles des référendums soumis à l’approbation des Italiens : le refus de la privatisation de l'eau est la défaite de « l'idéologie du produit intérieur brut », du « marché » en tant que régulateur de la société, de la consommation illimitée de la nature, que les partis officiels partagent tous, sauf quelques exceptions très minoritaires. Le refus du nucléaire est aussi la victoire de la transparence démocratique contre les lobbies.

 

Enfin, les commentateurs font l'impasse sur la grande nouveauté politique de ces référendums : comme à Milan ou à Naples pour les municipales, les agents réels de la victoire ont été, non pas les partis traditionnels de l'opposition mais les associations, les réseaux et les grands groupes de la société civile en mesure de parler à tous les citoyens sans distinction, de leur offrir un autre modèle de civilisation. Plus précisément, le rôle central a été celui des citoyens qui se sont mobilisés pour recueillir les signatures nécessaires à la tenue d’un référendum. Cette campagne est sans précédent en Italie : un millier de comités, en seulement trois mois, ont été en mesure de recueillir 1,3 million de signatures. Cette vitalité démocratique est bien l'écho des mouvements qui secouent le vieux monde européen.

 

Dans le plus vieux pays de ce monde-là, berceau du capitalisme qu'est la Grande-Bretagne, les mouvements sociaux se manifestent à un niveau rarement atteint dans la tradition policée du royaume. A part les pots de peinture contre la Rolls du prince Charles, bien peu d'écho... Pourtant 200 000 à 300 000 personnes ont manifesté à Londres et une « coalition pour la résistance » appelle aujourd'hui à une conférence européenne contre l'austérité, les coupes budgétaires, les privatisations et pour la défense de l’État social.

 

Ici, en France, à nous de développer un front large contre la réforme constitutionnelle de Sarkozy qui veut faire des options libérales européennes un principe constitutionnel ce qui permettra d'opposer « l'équilibre budgétaire » à la mise en œuvre des droits sociaux (Lire ).

 

1- En avant peuple

2- Grève générale

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 04:46

 

C’est la dernière mode à la mode, par friandise nouvelle, celle-ci succédant à une autre, que d’avancer l’idée de la fin du peuple politisé, celui-ci en chacun de ses membres ayant abdiqué tout empire sur sa vie pour laisser balancer cette dernière, heureusement et enfin, en faveur de ce que l’on évite de nommer davantage par duperie que par pudeur, car qui dit ce qu’il est entame son crédit, et que l’on appelle la pensée libérale, toute chose qui se comprendra au fil du discours à l’usage des mots ; peuple dont l’annonce est faite, ainsi qu’il en a été faite une à Marie, qu’il ne se propose plus de projet, ceci le regard appuyé notamment sur le français en tenant l’argument que le temps est défunt où femmes et hommes, appelés en circonstances antérieures citoyens, maintenant on ne sait plus de quelle appellation désigner ces derniers, n’ont désormais d’autre choix que de laisser pendue à la patère cette vieille lune consistant à se donner une direction philosophique, morale, politique, et à les y tenir seules en première place, directions assujettissant l’économique et le financier, lune née au 18ième siècle, épanouie au 19ième  pour finir par mourir la décennie 80 du 20ième terminant. Il serait ainsi entre 1789 et 1989, comme entre parenthèses, une époque commencée et achevée, et nous serions en période fraîchement née à laquelle il resterait à nous adapter sans autre possibilité que de le faire, définie cependant comme une révolution, ce qui ne laisse pas sans surprendre car on en cherche vainement les acteurs, qui devraient se savoir et s’agiter, non plus de piques de fourches et de faux mais de marches silencieuses - car telle est la façon actuelle -, pour aller prendre quelque palais toujours prêt à surgir, sans laquelle elle n’est pas sauf à confondre le mouvement insurrectionnel et celui du progrès transformateur des techniques, à moins qu’on néglige de signifier que la révolution, dont il faut bien se convaincre celle-ci qu’elle existe, est celle opérée en douceur et menteries trompeuses par les oligarques, laquelle est plus sûrement vraisemblable sans pour autant que nous devions y souscrire car ne profitant qu’aux uns ce n’est pas ainsi que l’ordre humain et son règne se conçoivent. 

 

Il conviendrait donc, selon certains, sans possibilité de déroger à cette voie, de s’adapter à l’époque dont nous sommes à l’entame, en ayant au préalable fait le deuil de la possibilité donnée aux êtres humains d’agir sur le cours des évènements et de décider et de faire l’histoire à venir qui n’est cependant pas dans nos esprits renseignés celle de la fin de l’histoire.

 

Pour une si brillante apostrophe débattaient il y a peu sur France-Culture d’éminents et fameux personnages audimatiques, tous plus ou moins philosophes et, à les écouter parler à l’heure pré-apéritive, sans véritables contradicteurs, sinon à la marge l’un envers l’autre, à les entendre se répliquer onctueusement afin de leurs mignardises et de leurs flagorneries se procurer réciproquement du rehaut, ou juste l’illusion d’un échange contradictoire là où il n’était en réalité qu’ajustement permettant de dire la même chose et de la conforter. Il y avait là Finkielkraut, déglutissant lentement son propos pour y faire entendre et distinguer de la profondeur ce qui n’était pas sans rappeler Démosthène mâchouillant ses cailloux, mais lui avait quelque raison à cela, celle qu’a un bègue de se faire entendre des oreilles car pour le reste il n’avait pas besoin d’artifice l’argument étant conséquent. Il y avait là encore Vincent Paillon, lui aussi philosophe, mais qui ne l’est pas à notre époque démocratique, et un autre, sociologue je crois, dont j’ai oublié le nom. Et pour finir, moi, assis dans un vieux fauteuil rafistolé en osier, mais aussi à bouillir au fil de leurs péroraisons de ce que je ne pouvais leur dire, la radio ayant la propriété d’être univoque, jusqu’au moment où, enfin, après maintes et maintes références à la révolution française, ils lâchèrent, avec une candeur enfantine qui messied à leur grandeur, que ce qu’ils retenaient de cette dernière c’était le volet libéral. Diantre ! On s’en serait douté. Pas étonnant alors de comprendre que s’il était question pour eux, et strictement, de démocratie, concept au ventre mou, ce qui leur permettait de dire autant de billevesées, ils n évoquèrent jamais la république, pourtant elle aussi issue de la révolution, qui leur aurait permis d’accéder à cette compréhension que le peuple dépolitisé est rejeton de la démocratie dévoyée et orpheline de la République éducatrice et tutrice. 

 

A ces messieurs, réunis donc ce samedi à l’heure pré-apéritive qui si elle avait été honorée aurait permis de les excuser des fadaises alors stimulées par vapeurs éthyliques, il faut dire pour couper court, que le monde ne peut changer que si on a la volonté de le changer et que s’adapte celui qui a l’intention de le faire, ainsi il appartient aux individus de vouloir ceci ou de subir cela. S’adapter au monde du jour est, là encore, une idée à la mode, les modes se chevauchant sans prendre le temps de la saillie et d’accoucher, idée qui commence à fleurir, suspecte à maints égards, car elle est démobilisatrice des volontés qui voudraient s’exercer ou qui ne sont point sûres, à plus forte raison de celles qu’un vocabulaire plus judicieux désignerait du nom de velléités. Elle est d’autant plus suspecte cette impérieuse nécessité de devoir s’adapter au monde qu’il n’est pas interrogé sur la qualité de ce monde ; est-il juste ou non ? utile ou non ? bon ou mauvais ? efficace ou pas ? pour être bref : humain ?…. On comprend pareille proposition-présentation - s’adapter au monde - lorsqu’on observe que les discoureurs sont dans la critique d’un monde dit, selon une rhétorique qui leur appartient, ancien - celui évidemment qui n’a pas leur faveur - et partisans d’un monde à leur convenance où ils ne sont pas à marcher au ruisseau à l’instar du commun. Les cuistres ne pensent pas un instant que ceux qui n’entendent pas s’adapter au monde proposé ne sont pas pour autant à reprendre tout du monde ancien. Il y avait donc dans les propos entendus quelque esprit malin qui entendait faire prendre le monde nouveau pour inéluctable, en conséquence de quoi nous devrions nous y soumettre. Il faut faire alors état de cette allégorie tirée du Dieu manchot de Saramago dans laquelle Blimunda capture les âmes (les volontés) qui, réunies, vont permettre l’envol de la première nef à une époque où cela paraissait impensable de faire voler un plus lourd que l’air et pouvait conduire au bûcher ; car tout est affaire de volontés réunis lorsqu’on veut agir et changer ce qui est. La veille déjà, dans une autre émission radiophonique, j’avais entendu parler de cette impérieuse nécessité de s’adapter au monde, preuve, s’il le faut, que cette idée contraint plus d’un esprit.  Il était question du mouvement slow, ou plutôt de cette attitude alternative qui consiste à se dégager de la réaction imposée par les procédures et les techniques médiatiques modernes pour s’accorder le temps de la réflexion avant de se proposer l’action. Parlait ainsi une mairesse d’une ville moyenne qui, en aucune manière, ne remettait en cause la nécessité de s’adapter mais, en s’octroyant du temps, entendait seulement faire le choix de la meilleure adaptation afin de ne pas se laisser prendre au piège de la vitesse de transformation du monde dans lequel nous vivons du fait des technologies nouvelles. Là, il aurait fallu répondre que, jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas et il ne peut y avoir de dictature de la technologie (fut-elle médiatique) car cette dernière n’est que de la mise en œuvre des êtres humains lesquels ont, à chaque instant et toujours selon leur volonté, la possibilité de la maîtriser et d’en faire ce qu’ils ont le désir d’en faire. Et c’est là qu’est tout le problème. Quel est notre désir ? Et partant qu’elle est notre volonté ?

 

Mais revenons à la première émission évoquée dans laquelle il était question des peuples, dits selon les discoureurs, dépolitisés, comme si cela était de leur entière responsabilité, même si cela est aussi de leur responsabilité car on n’est que de ce qu’on s’empare ou ne s’empare pas. Les peuples rendus à cet état ne le sont que de ceux dont ils ont accepté le gouvernement. A aucun moment ne pas dire la part de responsabilité des élites dans ce qui advient c’est occulter leur rôle qui est, ou devrait être, d’émanciper et de responsabiliser ceux dont-ils ont accepté la charge après s’être présenté à leurs suffrages. Un peuple n’est dépolitisé que de l’éducation à la citoyenneté qui n’est pas, qui n’est plus. En vérité, le peuple n’est pas dépolitisé, pas plus les autres que celui-ci. S’il ne sait pas où regarder, s’il ne sait plus penser, c’est que les grands partis ne leur donnent pas où regarder et penser car eux-mêmes ne regardent plus et ne pensent plus, parce que les petits partis qui sont le creuset et le terreau d’idées d’émancipations nouvelles ont du mal à accéder à l’espace médiatique et amplificateur qui servilement mesure les idées à la taille des partis sans autre étalon que celà.

 

Le peuple, d’ici et de là, n’est pas dépolitisé, pour preuve les révolutions d’Amérique du sud comme celle du Maghreb et du Machrek, du Yémen, de la Syrie,…en Islande, les commencements de révolte en Irlande,…  les mouvements de jeunes en Grèce avec la « génération 700 euros », en Espagne avec les « Indignados » et qui, semble-t-il, peut, par contagion gagner l’Europe. Les « Indignados » dont nos discoureurs patentés disaient que cela ne suffisait pas à faire de la politique, qu’ils se rassurent, cela vient, ainsi le disent les mouvements qui, d’abord apolitiques, progressivement se transforment comme en témoigne le mouvement AAA – Association AnticapitalistA -  qui ne s’en prend plus seulement aux politiques et à leurs manières, mais également au libéralisme et au capitalisme. Quel pas reste-t-il alors à faire à tous ces mouvements ? Celui de se fédérer et d’émettre un projet construit et cohérent, un projet qui n’est pas dans l’adaptation au monde tel que nous le vivons et qu’ils ne veulent pas, une adaptation au système qui nous a été imposé en usant de dénis démocratiques comme il s’est agi lors du vote sur le TCE, un projet qui exprime la volonté des hommes et des femmes, redevenus citoyens, c’est-à-dire en capacité de choisir le monde qu’ils souhaitent et de rejeter celui qu’ils ne veulent pas.  

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 04:36

 

 « Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement),  demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.
Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes. » 

« Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel. 

« Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave. » 

« Nous nous adressons aussi aux peuples européens.Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !
« Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète ! »

« Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ? »

« Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent. »

"Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospèrerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

Le Comité Consultatif du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’Etincel » Créé à l’initiative de Mikis Theodorakis. Athènes, 26 Mai 2011.

 

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/06/15/avec-mikis-theodorakis/

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%ADkis_Theodor%C3%A1kis

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 17:45


http://www.jennar.fr/?p=2005

10 juin 2011

Pour une dynamique populaire du Front de Gauche

Pour une dynamique populaire du Front de gauche : engageons nos énergies citoyennes

 

Il faut chasser la droite du pouvoir en 2012. Massivement présente dans les mobilisations contre la réforme des retraites, cette exigence lance à la gauche un défi auquel elle ne peut se dérober : elle doit se rassembler pour lutter contre les effets de la crise dans laquelle nous plonge un capitalisme dépassé par sa propre cupidité et son aveuglement, et ouvrir une véritable alternative politique.

 

Ce ne sera pas facile. La désespérance et la colère ont creusé un fossé profond entre les couches populaires et la gauche, nourrissant l’abstention et la protestation sans perspectives politiques. Impossible de surmonter cet obstacle sans s’engager sur des mesures qui s’attaquent énergiquement à l’accumulation des richesses et des pouvoirs entre les mains de quelques uns et restaurent concrètement les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de justice sociale.

 

La création du Front de gauche a fait naître un espoir qui s’est manifesté aux élections européennes et régionales. Que cet espoir grandisse et il marquera le paysage politique. Il remettra les attentes populaires au centre d’une véritable alternative de gauche dont la construction dépasse sa forme actuelle pour mobiliser des millions de femmes et d’hommes dans la perspective d’un véritable Front citoyen et populaire.

 

C’est pourquoi, membres ou non de partis ou d’autres organisations démocratiques, nous souhaitons aller au-delà d’un soutien au Front de gauche pour en devenir pleinement parties-prenantes. Nous avons des idées, de l’énergie, des liens avec des milliers de femmes et d’hommes dans notre pays. Rassemblons nos forces avec pour projet de construire et de gagner ensemble. En nous engageant personnellement, nous pouvons donner naissance à une véritable dynamique politique et citoyenne.

 

Les responsabilités des partis constitutifs du Front de gauche sont essentielles. L’une d’elles, à notre sens, est de faire en sorte que soit créé le cadre qui nous permettra de nous lancer dans la bataille. Un cadre auquel il sera possible d’adhérer directement sans autre condition que de partager les objectifs fondamentaux du Front de gauche. Un cadre dans lequel nous pourrons faire valoir nos idées et démultiplier sur tout le territoire des milliers d’initiatives citoyennes de rassemblement pour faire vivre un nouvel espoir à gauche et l’enraciner.

 

Premiers signataires

Gérard Alezard (syndicaliste), Nils Anderson (militant associatif), Ariane Ascaride (comédienne), François Asensi (député-maire de Tremblay-en-France), Gérard Aschiéri (syndicaliste), Jacques Blin (militant associatif), Bernard Bloch (comédien, metteur en scène), Gérard Boulanger (Avocat), Magyd Cherfi (artiste), Patrice Cohen-Séat (président d’Espaces-Marx), Pierre Concialdi (économiste), Jacques Cossart (économiste), Claude Debons (syndicaliste), Bernard Defaix (militant pour les services publics), Sophie de La Rochefoucauld (comédienne), Valérie de Saint Do (journaliste), Christian Digne (journaliste), Jean-Michel Drevon (syndicaliste), Jean-Michel Ducomte (avocat), Helène Franco (magistrate), Robert Guédiguian (cinéaste), Jeannette Habel (Universitaire), Alain Hayot (sociologue, conseiller régional PACA), André Jaeglé (scientifique), Madeleine Jaeglé (cadre de soins), Gisèle Jean (syndicaliste), François Labroille (conseiller régional IdF), Richard Lagache (éditeur), Frédéric Lebaron (sociologue), Didier Le Reste (Syndicaliste), Philippe Maingault (militant associatif), Roger Martelli (historien), Anne Mesliand (syndicaliste universitaire, conseillère régionale PACA), Claude Michel (syndicaliste), Gérard Mordillat (écrivain), Dominique Noguères (militante associative), Jacques Lerichomme (syndicaliste, Conseiller régional PACA), Claude Mazauric (historien, professeur émérite), Simone Mazauric (philosophe et historienne des sciences, professeure émérite), Alain Obadia (membre du Conseil économique, social et environnemental), Laurence Paché (Conseillère régionale du Limousin), Michel Pinçon (sociologue), Monique Pinçon-Charlot (sociologue), Sophie Ponthieux (économiste), Jacques Ralite (sénateur), Jacques Rigaudiat (économiste), Michel Rousseau (militant associatif), Jean-Louis Sagot-Duvauroux philosophe, homme de théâtre), Marie-Jean Sauret (psychanaliste), Georges Séguy (syndicaliste), Jean-Christophe Sellin Conseiller municipal de Toulouse), Evelyne Sire-Marin (magistrat, militante associative), Francis Sitel (responsable de revue), Juliette Triicot (juriste), Marcel Trillat (journaliste, réalisateur), Louis Viannet (syndicaliste), Marie-Christine Vergiat (députée européenne), Marie-Pierre Vieu (éditrice), Louis Weber (syndicaliste), Serge Wolikow (historien), Francis Wurtz (député européen honoraire), Malika Zédiri (militante associative)

 

J’adhère à cet appel ; vous pouvez en faire autant :
http://www.dynamique-frontdegauche.fr/

 

Partageons cette information dans nos réseaux :

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 11:39


« La gauche n’a pas le monopole du cœur » avait lancé VGE à Mitterand, cela avait laissé des séquelles, il en sera de même avec  l’affaire DSK.

 

Dans le premier cas, il s’agissait d’une formule lapidaire et assassine, formule devant laquelle Mitterrand était resté comme un con alors qu’il aurait dû réagir afin de ne pas laisser le venin œuvrer. Pour ne pas l’avoir fait, la droite était accréditée de l’idée qu’elle aussi avait du cœur.

 

Dans le second cas, il s’agit du comportement d’un particulier dont les commentateurs font valoir, au regard de l’étiquette politique affichée, qu’il atteint la gauche celle-ci faisant de la morale son fond de commerce.

On ne peut juger d’une famille au comportement de l’un des siens, encore moins d’une philosophie politique et de la morale qui la fonde. Les idées n’ont que faire des individus et de leurs agissements privés.

 

Pour juger de la morale d’une philosophie politique on se réfèrera aux propositions qu’elle fait, aux actes qu’elle pose, avec cette précaution toutefois qu’en politique propositions et actes peuvent être dévoyés, comme l’a été le communisme par l’usage qu’en a fait l’Urss.

 

Il n’empêche, le discrédit porté à la gauche atteint tous ceux qui s’en réclament. C’est parce que l’on a voulu distinguer la « vrai »* gauche de celle qui ne l’est pas, garantissant le label à la « fausse », que l’on se retrouve ainsi éclaboussé et qu’il faut remettre les choses en bon entendement, autrement dit : les pendules à l’heure.

 

Mais déjà les commentateurs médiatiques empressés enfoncent le clou. La campagne électorale pour les présidentielles, disent-ils, ne pourra pas se faire sur l’argument moral (entendez le fond de commerce de la gauche). Qu’évoquent-ils ? Les hommes et les femmes politiques. Oui ! Les idées ? Non ! A qui pensent-ils ? Aux partis dominants. Les autres, pour eux, n’existent pas.

 

Que droite et PS se ressemblent chaque jour davantage, qu’on ait de plus en plus de mal à établir une disjonction entre eux, signifie leur rapprochement et non point que gauche et droite ne peuvent être distingués. Que les commentateurs, par facilité ou par calcul, au désir, qui n’est que le leur, de voir la gouvernance alterner entre 2 partis établis sans envisager qu’il est possible de penser et de gouverner autrement, et avec d’autres, soient satisfaits de cette réduction du champ politique, pourquoi pas. Mais la gauche existe bel et bien, sans le PS, et l’argument moral peut être tenu.

 

Par ailleurs, les commentateurs, intellectuellement fort peu honnêtes, se gardent bien d’établir la différence entre une philosophie politique, qui n’est pas assujettie à un tel en particulier, et une affaire de cul qui ne relève que de l’individu. Plaçant au même niveau ce qui ne peut l’être, ils valident dans l’esprit du public, sur le modèle la gauche n’a pas le monopole du cœur, ceci : la gauche n’a pas le monopole de la morale dans le domaine politique. De fait, il faut rafraichir la mémoire des citoyens, non celles des commentateurs qui savent ce qu’ils font et pour qui ils roulent.

 

Rappelons donc que les conquêtes sociales dont témoigne l’histoire sont dues à des luttes conduites par des femmes et des hommes de gauche. Pas de droite. Que ce soit la réduction du temps de travail, les congés payés, l’abaissement de l’âge d’accès à la retraite, l’abolition de la peine de mort, la gratuité de l’école, la sécurité sociale, …….en fait tout ce que l’on peut englober sous le titre : justice et justice sociale. La droite quant à elle n’a de cesse que de s’opposer aux améliorations de la condition humaine. Au pouvoir, la droite détricote les avancées. Ainsi elle démentelle les services publics et les privatise, vend les biens de l’Etat, met à mal le système de retraite par répartition, délocalise, dérégule, est responsable des crises financières et spéculatives qu’elle fait payer aux pauvres (profits privatisés, mais dettes socialisées), détruit le mal nommé Etat providence que Pena-Ruiz désigne plus heureusement ainsi : Etat social de droits, ……..

 

On le voit, droite et gauche ne peuvent être confondues. La gauche a le souci de l’autre, la droite n’a que celui de l’intérêt particulier. Alors oui ! La gauche peut tenir l’argument moral qui fonde sa philosophie politique. Et peut le tenir d’autant plus que, pour ce qui est du moment, la mondialisation de gauche n’est pas celle de la droite, la mondialisation proposée par la gauche se préoccupe et s’occupe de l’avenir de l’espèce humaine, de la préservation des ressources de la planète, entend établir des rapports équilibrés entre le nord et le sud,….

 

*http://exergue.over-blog.com/article-le-pg-a-l-extreme-gauche-48517670.html

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 11:31

 

Ainsi Dieu serait manchot au fait qu’il inviterait les élus à s’asseoir à sa droite, c’est du moins ce qu’affirme un protagoniste du roman de Saramago : le Dieu manchot.

 

Manchot ! Vite dit. Car si les élus sont assis à sa droite, ceux qui ne le sont pas sont assis à sa gauche pour satisfaire à la beauté de la  symétrie, à moins que tout bonnement ils ne soient pas invités à comparaître auprès de sa digne personne. La première hypothèse paraissant la plus probable, sinon il aurait demandé aux élus de se positionner face à lui ce qui lui aurait évité de se tordre le cou ou de courir le risque d’un lumbago, c’est donc pure commodité et pur calcul pour lui que de faire pareille distribution ;  s’adressant aux uns, il les a sous le regard, tandis qu’aux autres il tourne le dos, ce qui est fort impoli et signe de mépris selon le code des bonnes manières.

 

Les uns à droite, les autres à gauche, et traités de façon si différente, les uns considérés, les autres non, tout ceci n’est pas sans inquiéter. Dieu ferait-il de la politique ? Serait-il partisan d’un camp contre l’autre ? On n’ose le croire. Et pourtant ! Il n’est qu’à lire l’histoire pour s’en convaincre, écouter l’actualité aussi. Je vous laisse ce soin. De là à conclure que les gens de gauche ne sont pas élus de Dieu, la tentation est grande. En est-il également des autres dieux ? Allah, par exemple ; fait-il de la politique ? est-il de droite ? est-il de gauche ? Difficile de le dire. Mais s’il n’en fait pas, nul doute, cela viendra un jour. Vous observez : balivernes que tout ça, la gauche s’appelle la gauche parce qu’elle est située sur les bancs de gauche face au président de l’Assemblée. Taratata, il y a de quoi se poser des questions et apporter des réponses. Dieu, malin, a soufflé, naturellement de son souffle divin, au gens de droite de se mettre à droite, aussi ne restait-il plus au gens de gauche que de se mettre à gauche, là où étaient places vacantes, ce qu’ils ont fait car ils tenaient à s’asseoir fatigués qu’ils étaient de lutter pour assurer leur vie. C’est aussi simple que ça.

 

Le mot gauche qui sonne fort bien à mes oreilles, histoire d’éducation certainement, est, il faut l’avouer, depuis lors connoté. Ne dit-on pas d’un maladroit : « Mon Dieu ! qu’il est gauche ». Ce qui prouve bien que Dieu, là encore, est dans le coup. Maladroit ! dont le contraire n’est pas malagauche ; cela aurait été trop beau. Remarque-t-on aussi qu’il convient de ne pas rouler à gauche, ce que font les saxons, on se demande bien pourquoi, sinon par esprit de contradiction, à moins qu’ils ne roulent à gauche que parce jadis les chevaliers lorsqu’ils ferraillaient n’avaient pas à le faire pas dessus le col de leur monture, ce qui était judicieux et de moindre inconvénient, mais s’ils pratiquaient la route ainsi c’est parce qu’ils tenaient l’estoc de la main droite, ce qui rétablit le propos. On ne s’en sort pas. Pas plus, on ne serre la main de quelqu’un en usant de la main gauche, auquel cas on fait preuve d’impolitesse, ce que fit Dieu en premier en tournant le dos aux personnes situées à sa gauche. Ecrit-on, mange-t-on, avec la main gauche ? Que nenni ! Tout ceci est à redresser, mérite rééducation. Finalement, gauche, ça a quelque chose de pas très catholique. En remontant le temps, pour aller questionner celui où droite et gauche n’étaient pas encore usités ainsi que nous le faisons, il était dit dextre pour droite, senestre pour gauche, que l’on retrouve dans dextérité pour l’un, dans sinistre pour l’autre. Sinistre, oui oui, que l’on entend bien en langue espagnole car si gauche se dit izquierda, siniestra se dit également. Sinistre ! qui vient du latin « sinister » qui signifie, je vous le donne en mille : qui est à gauche.

 

Ainsi, Dieu serait manchot. Ce qui n’est pas son seul handicap. Il est aussi aveugle aux misères, sourd aux souffrances. Et toujours du côté du manche. Pas n’importe lequel, parce que le manche, celui de la pelle, de la pioche, de la bêche, ce sont les gens de gauche qui l’ont dans les mains, le manche de Dieu c’est celui dont se sert le pilote. Alors, il faut dire, confier le soin et la direction de sa vie à un manchot, à ses élus qui, comme on l’a vu sont de droite, ce ne serait pas grande sagesse.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 06:33


Voici voilà que l’article de Raoul Jennar, puisé dans son blog simplifie le boulot.. http://www.jennar.fr/?p=1970

Pour ce qui concerne Bildelberg cité par Jennar,…voir l’article : L’illusion démocratique - Le Groupe Bildelberg (23/05/2010 publié dans : démocratie ).

 

Ci-dessous l’article de Jennar

 

31 mai 2011

L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie

Tel est le titre du nouvel essai d’Hervé Kempf, journaliste au Monde. En 2007, il nous avait donné « Comment les riches détruisent la planète «puis en 2009 « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (au Seuil).

Voici maintenant un ouvrage qui s’attache à démontrer que le régime que les élites nous imposent n’est plus une démocratie, mais bien une oligarchie. C’est-à-dire le gouvernement par un petit nombre qui se désignent comme les meilleurs. Les meilleurs pour qui ? Pour les plus riches. Même si tout concourt à nous entretenir dans l’illusion de la démocratie, nous ne sommes plus en démocratie. Et l’auteur appuie son affirmation par une démonstration impressionnante, angoissante même tant le paysage qu’il nous fait découvrir dépasse et de loin ce qu’on pouvait raisonnablement percevoir : un monde où domine une petite classe de puissants qui discutent entre pairs et imposent ensuite leurs décisions à l’ensemble des citoyens.

Moi-même, en 2004, dans « Europe, la trahison des élites » (Fayard), je m’étais efforcé de démontrer en quoi la manière dont s’organise l’intégration européenne porte atteinte aux fondements de la démocratie. J’avais déjà, comme Hervé Kempf le signale également, souligné le rôle des lobbies comme le groupe de Bilderberg, la Trilatérale ou la Table ronde des industriels européens. Mais l’Europe n’est qu’une cible pour les prédateurs. Et Hervé nous fournit une analyse globale qui va au-delà du périmètre européen. Il puise ses exemples partout. Et nous fournit ainsi un tableau général de cette entreprise idéologique victorieuse qu’est la mondialisation néolibérale.

Mais cette mondialisation néo-libérale n’est victorieuse que parce que nous ne sommes plus en démocratie. Sortir du système oligarchique et réinventer une démocratie vivante, telle est la voie à laquelle nous invite l’auteur pour mettre fin à un système qui aujourd’hui menace gravement les humains et la planète.

Renoncer à la servitude volontaire et à  « l’obscure solidarité avec les maîtres », mettre fin à l’apathie collective à laquelle médias et publicité nous conditionnent, devenir des « démocrates vigoureux », résister, revendiquer la démocratie, telles sont les pistes que propose l’auteur. Des pistes nécessaires car, en face, la tentation totalitaire croît à mesure que s’installe le chaos créé par l’oligarchie pour préserver ses privilèges.

Un livre à lire et à faire lire.

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 05:54


La politique n’est pas un phénomène hors sol. Ce n’est pas une production générée spontanément ou qui sort du néant. Elle ne relève pas de l’intervention divine. Elle est pensée, proposée et agie par des hommes et femmes politiques, à défaut de l’être par tous les citoyens. Elle a des auteurs et des acteurs, souvent les 2 confondus. Dans nos démocraties occidentales, elle est le fait des élites. Si ces dernières s’érigent en caste, on parle alors d’oligarchie.

A moins que nous pensions que les élites développent des politiques non conformes avec leur équation personnelle, leur éthique, et fassent en cela démonstration de schizophrénie, il est possible de lire et de comprendre leur politique à l’observation de leur comportement, plus rarement de leur propos.

 

Ce qui intéresse ici est l’observation des élites dirigeantes pour s’informer de la qualité de la politique qu’ils vont mettre en œuvre, nul n’ayant jamais vu l’eau contrarier la pente. Aussi, s’il advient que les élites ne sont pas recommandables et que nous en ayons connaissance, s’ils continuent cependant à être investis par les citoyens que nous disons être, il nous appartiendra d’endosser la responsabilité des actes que nous les laissons ainsi commettre, et nous taire quant à l’absence d’éthique (ou de morale) dont ils font preuve.

 

Mais revenons au comportement des élites.

Lorsqu’au soir de l’élection présidentielle dernière le Président de la République française élu s’affiche au Fouquet’s avec ses amis de l’entreprise, de la finance, des médias,… il dit, à qui veut l’entendre, quel camp il choisit. L’éthique pour le coup en prend un coup car il n’est pas le président de tous les français comme la fonction l’y oblige. Aux aveugles, malentendants, malcomprenants, il martèle le slogan de l’ «argent décomplexé ». Plus tard, il apostrophe avec un « Casse-toi pauvre con ! », dit encore « Descends ! Si tu es un homme » (cependant entouré de gardes du corps et protégé par sa fonction), ou déclare sa volonté de « nettoyer la racaille au Karcher ». En cela, il ne fait pas démonstration d’une grande qualité humaine et ne s’inscrit pas dans l’éthique.

Lorsqu’un ministre propose l’aide de la France à un dictateur pour mater une révolution, il ne fait pas preuve d’un manque de discernement, par delà la bêtise avérée il se rend complice de la dictature à laquelle il propose soutien et témoigne d’une absence totale d’éthique.

Lorsque Karl-théodor zu Guttenberg, ministre de la défense allemand, bien placé pour succéder à Angela Merkel, est reconnu plagiaire, après avoir tenté de démentir, confondu, il reconnait son erreur (une erreur, dit-il, pas une faute ; c’est admirable !). Angela Markel lui renouvelle toutefois sa confiance, rappelant qu’elle l’a choisi comme ministre et non comme assistant de recherche universitaire. Etonnant ! Car, du coup, c’est Angela Merkel qui se discrédite. Naturellement, le lascar n’est pas unique dans son genre. Où est l’éthique ? On la cherche vainement et pour l’un et pour l’autre.

Lorsque Berlusconi, chef de l’Etat italien, dont nul n’ignore les démêlés avec la justice pour des mœurs qui en enverraient plus d’un en tôle, lorsqu’il fait ses « blagues » racistes à l’encontre d’Obama, lorsqu’il évoque le nazisme, …..et tout un chacun rit sous cape, où est l’éthique ?

Lorsque des ministres, des hauts fonctionnaires quittant leur service auprès de l’Etat sont embauchés illico, contrairement à la loi qui prévoit des années de latence, par des entreprises, des banques,…. Quand certains participent conjointement à leur fonction étatique à des cabinets d’affaires…..Où est l’éthique ?

Lorsque les banques  spéculent, titrisent, …..pour finir par faire faillite et que cette faillite est payée par les contribuables préalablement victimes et à nouveau victimes, puis que ces mêmes banques renflouées refont des gains colossaux sans changer leur comportement…..où est l’éthique ?

Lorsque les délocalisations se font pour assurer à quelques uns des profits ailleurs, en installant le chômage ici, et en exploitant ailleurs…..où est l’éthique ?

 

Certes, tous les représentants politiques ne participent pas du panier de crabes, mais les dégâts faits par les acteurs éminents de la politique sont dévastateurs. On aimerait, il faut le répéter, qu’ils soient des exemples pour tous.

Faut-il moraliser la vie politique ? interrogeait-on dernièrement lors d’une émission télévisée de grande écoute. Poser la question c’est faire le constat qu’elle n’est pas morale. Ce qui est un premier pas. Le second serait de ne pas élire ceux dont nous avons connaissance qu’ils sont pourris, ce dernier pas suppose une chose, requiert de notre part que nous possedions nous même cette qualité, pour les uns simplement nommée morale, pour les autres éthique. En fait, il suffit de peu pour moraliser la vie politique.

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 05:11


S’indigner, et il convient de s’indigner lorsqu’il y a matière, pour aussi vertueux que cela est, n’est pas un projet, encore moins une construction, pas plus une perspective. C’est une réaction individuelle, parfois collective. Souvent une sorte de prurit intellectuel, une démangeaison de l’âme. Un comportement à la mode, un acte qui nait au regard d’une conception humaniste et/ou morale, mais qui ne se propose pas en cohérence dans le cadre d’un dessein politique articulé où, chaque chose à sa place s’ordonne en hiérarchie, car il faut bien comprendre que pour autant que tout soit lié il faut bien avancer ceci avant d’avancer cela.

 

Une somme d’indignations ne propose pas un avenir, sinon confus ; indignations qui vont cahin-caha, ici animées par les uns, là par les autres, et qui souvent s’ignorent ou vivent côte à côte.

 

L’auteur d’ « Indignez-vous », Stéphan Hessel, devrait en savoir (en sait)  quelque chose, car les indignations passées ont conduit au Programme National de la Résistance, soit le projet réel et étayé, avec toutes parties liées, sur lequel s’est appuyé et bâti la France au lendemain de la guerre.

 

Disons donc que pousser des cris, s’agiter, est une condition nécessaire et insuffisante pour que le monde change d’orientation ainsi que nous le souhaitons.

 

Cela le militant politique le sait, ou devrait le savoir, qu’il n’y a d’efficacité que dans le travail qui consiste à ne pas s’éparpiller, à ne pas prendre l’épiphénomène pour l’essentiel du travail, travail qui consiste, avec méthode, à donner cette conscience que ceci appartient à cela et en est inséparable.

 

Les raisons de s’indigner sont nombreuses, tout autant que les manifestations d’indignation ; celles-ci aussitôt digérées par les structures politiques ayant pignon sur rue. Sachons, le fait nouveau des partis politiques supplétifs ou accompagnant le libéralisme n’est pas dans la capacité à lutter contre les indignations mais dans celle à s’en emparer, à les phagocyter, à les régurgiter à la sauce qui reste libérale. Et la preuve en est faite.

 

S’indigner suppose que les motifs de l’indignation, pour les reprendre à son compte, s’inscrivent dans un projet et y trouvent solutions proposées. Les motifs sont alors les exemples concrets, sortis du quotidien, qui donnent et montrent du projet la pertinence et la clairvoyance.

 

Nombreuses sont les personnes en capacité de s’indigner, qui font part de leur indignation, ce qui ne change pas pour autant le résultat des élections, ce qui signifie soit que les indignés ne sont guère nombreux, soit que l’indignation passée elles rejoignent la cohorte de ceux qui se contentent de suivre le monde tel qu’il va. Ce qui signifie encore que le travail sur et avec les indignés n’a pas été fait car des indignations qui ne se regroupent pas, des indignés qui se dispersent la manifestation de l’indignation passée ne sont que vapeurs rapidement dissoutes.

 

Aussi ne faut-il pas trop porter au pinacle les indignations successives et leurs manifestations. Elles valent ce qu’elles valent, pas plus ; ce qui est déjà pas mal.

 

Certes s’indigner de ceci ou de cela, donner à voir de la manifestation que l’on propose, alerte. C’est un pas utile à l’éveil des consciences, mais le travail demeure car les consciences ont ceci de commun avec les bougies, c’est qu’elles s’éteignent aussi facilement, aussi rapidement qu’elles se sont allumées.

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