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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 07:59

Examinant tour à tour Le Pen, Fillon, Macron, Hamon, Mélenchon, H. Pena-Ruiz et J-P Scot font le point.

L’article ci-dessous compare le programme des 5 principaux candidats à l’aune de la laïcité. Il est vrai que chacun d’eux s’empare du ‘mot’ cependant qu’aucun n’y donne le même contenu, si bien que l’usage verbal de ‘laïcité’ fonctionne essentiellement comme un attrape-nigaud dans le but de se faire élire.

En 2012, F. Hollande déclarait : ‘Mon ennemi, c’est la finance’, on a vu ce que cela a donné dans les faits. En 2017, tout le monde se déclare partisan de la laïcité, est-ce si vrai ? Les croyez-vous ? A vous de juger !  

Exergue

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Source : http://www.gaucherepublicaine.org/combat-laique/laicite-une-raison-de-plus-de-voter-melenchon-le-23-avril/7400176

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La laïcité est un principe de droit politique qui assure indissociablement la liberté de conscience, l’égalité de traitement des convictions spirituelles, et l’orientation de la puissance publique vers le seul intérêt général. En phase avec le triptyque républicain, elle garantit la liberté de culte, mais aussi la liberté de pensée de tous les êtres humains, égaux en droits. Surtout elle fonde une émancipation individuelle et collective universelle en découplant la loi civile et la loi religieuse. Une loi religieuse trop souvent solidaire du patriarcat qui opprime les femmes et de traditions rétrogrades qui réduisent la sexualité à la procréation, véhiculent l’homophobie et stigmatisent l’ humanisme athée ou maçonnique. La défense et la promotion de la laïcité doivent donc prendre toute leur place dans les choix déterminants que nous avons à faire dès le 23 avril.

Charlie Hebdo a demandé à tous les candidats de s’engager par écrit à « ne pas modifier la loi du 9 décembre 1905 sur la laïcité », à ne pas introduire des « aménagements particuliers à l’égard d’une communauté religieuse » et à ne pas tenter de rétablir le « délit de blasphème » aboli en France depuis 1789. Tous ceux qui ont répondu ont promis de défendre la laïcité. Mais nous ne sommes pas tenus de les croire sur parole car parfois leurs programmes et leurs actes contredisent leurs engagements écrits, que nous saurons rappeler à l’occasion.

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◊ Marine Le Pen, qui n’a eu la révélation laïque qu’en 2011, prétend non seulement défendre mais encore « promouvoir la laïcité … et l’étendre à l’ensemble de l’espace public ». Méfions-nous des ouvriers de la vingt-cinquième heure ! Que dit le programme du Front National ? « Laïque, la République n’accepte aucune religion ni aucune idéologie d’Etat dans l’espace public. » Marine Le Pen est-elle donc prête à interdire les messes en plein air, les processions catholiques et les manifestations des intégristes chers à sa nièce qui ne se prive jamais d’affirmer en public ses convictions religieuses ? Non, car le programme du FN précise : « Laïque, la République […] reconnait le rôle du christianisme en général et du catholicisme en particulier dans l’histoire de France et la construction de la civilisation française ». La contradiction est ici flagrante. Au passage une confusion de taille semble faite entre l’espace public civil et la sphère publique officielle de l’Etat. En réalité sous le nom de laïcité, idéal universaliste qui ne saurait privilégier une civilisation et une religion en les opposant aux autres, le FN cultive l’opposition entre le « eux » et le « nous » chère à Carl Schmitt, penseur d’un nationalisme d’exclusion que cultiva l’extrême droite allemande en 1930. Il reprend aussi à son compte le thème du prétendu « choc des civilisations » dont le penseur américain Samuel Huntington affirme la fatalité. Deux sources idéologiques hélas banalisées et totalement contradictoires avec l’universalisme laïque. Oublier les bûchers de l’Inquisition et la chasse aux sorcières pour ne s’en prendre qu’à un islamisme politique mal distingué de la religion musulmane ce n’est pas être laïque mais pratiquer l’histoire et la politique de façon discriminatoire. Une discrimination érigée en idéologie compensatoire qui flatte le peuple plutôt qu’il ne le défend. C’est tourner le dos à l’émancipation laïque et à la paix qu’elle rend possible. Champion des « racines chrétiennes de la France » le FN est si peu laïque qu’il réunit encore des intégristes hostiles au Concile Vatican II. Marine Le Pen a justifié sur France 2 l’installation d’une crèche chrétienne dans la mairie de Béziers par son ami Robert Ménard, qui simultanément interdit les paraboles sur les balcons! Privilège d’un côté, discrimination de l’autre ! Voilà bien l’usurpation que constitue l’invocation purement verbale de la laïcité ! Marine Le Pen prétend garantir la laïcité en faisant inscrire dans la Constitution la formule : « la République ne reconnait aucune communauté ». Ici l’ignorance le dispute à l’imposture ! En droit français, ne sont reconnus que des individus libres pouvant former des associations, y adhérer ou s’en retirer : en France, aucune « communauté », aucun corps intermédiaire, n’a d’existence légale depuis… 1789 ! Le paradoxe est que le FN dénonce sans cesse « toute forme de communautarisme qui favorise l’extension de modes de vie étrangers à la civilisation française » alors que lui-même entend imposer un modèle communautariste pour la France. Il dit rejeter « toutes les formes de discrimination positive » en faveur des « minorités » ; mais est-il prêt à abolir les subventions publiques aux écoles privées confessionnelles ? Il prône ouvertement l’« assimilation », et la « préférence nationale » en condamnant « la diversité, nouveau nom de la préférence immigrée ». Contradiction à nouveau. La laïcité dite « identitaire » du FN est le contraire de l’authentique laïcité fondée sur l’universalisme égalitaire des pères de la Loi de 1905. A force d’exalter un nationalisme d’exclusion, ne risque-t-on pas de nourrir le racisme et la xénophobie ? Jean Marie Le Pen a d’ailleurs vendu la mèche en indiquant que selon lui l’invocation de la laïcité par sa fille était purement « contingente », donc sans nécessité pour l’idéologie du FN. Il est grand temps de dire haut et fort qu’il n’y a pas parti plus antilaïque que le Front National !

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◊ François Fillon admet que la loi de 1905 est « une loi de liberté » et qu’elle fonde la neutralité de l’Etat. Mais pour lui, le principe de laïcité « s’est forgé tout au long du XXe siècle » : pas question donc de remettre en cause le Concordat d’Alsace-Moselle, ni la loi Debré de 1959 qui seraient le fruit d’un « consensus au bénéfice de tous » ! Bigre ! A croire que pour lui la « protection apportée aux religions par la République » est plus importante que la liberté de conscience des agnostiques et des athées. L’égalité n’est pas respectée! Drôle de conception de la laïcité pour un candidat soutenu sans gêne par « Sens commun » et affichant sans retenue sa catholicité érigée en référence identitaire ! Il n’est pas sûr qu’il accorde les mêmes égards aux citoyens de confession musulmane. Il a beau jeu de dénoncer aujourd’hui, autant que Marine Le Pen, un « fondamentalisme musulman particulièrement préoccupant »! Mais dans cet esprit ses excellentes relations de naguère avec les Frères musulmans, l’UOIF, et les monarchies du Golfe paraissent bien paradoxales. Il est vrai que le néolibéralisme peut oublier les droits humains lorsque des marchés juteux se présentent. Soucieux de marquer son ancrage chrétien, François Fillon aspire à une démarche concordataire de collaboration entre l’Etat et les « religions reconnues », comme sous Napoléon, car supposées d’utilité publique pour leur contribution à l’éducation, à l’intégration, à l’assistance, voire au maintien de l’ordre moral et politique. Tout le contraire de la laïcité, incompatible avec l’octroi de privilèges aux croyants.

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◊ Emmanuel Macron, dans sa réponse à Charlie, reconnaît que le principe de laïcité « a offert à notre société jusqu’à aujourd’hui 110 ans d’apaisement » grâce à la séparation des Eglises et de l’Etat. Son programme prétend l’appliquer strictement. Cela reste à voir ! Pour lui, une laïcité bien comprise suppose de développer « la connaissance des différentes religions à l’école en prévoyant un enseignement spécifique du fait religieux ». Un tel projet traite la spiritualité de façon discriminatoire, car il laisse de côté la connaissance des humanismes athée et agnostique, qui concernent aujourd’hui un Français sur deux. Mais surtout cet homme qui se dit nouveau et prétend moraliser le capitalisme renoue par son néolibéralisme avec le capitalisme débridé des origines, en faisant de la religion le supplément d’âme d’un monde sans âme. Ministre des finances attentif aux intérêts des capitalistes, cet ancien banquier ne proposa pas d’autre idéal à la jeunesse que celui de « devenir milliardaire ». Farouche partisan de la Loi El Khomri qui rature le Code du travail, il veut d’ailleurs l’aggraver par ordonnance. Dans cet esprit il nie la lutte des classes, jugée stérile et dépassée, pour favoriser les religions qui seraient seules capables de ré-enchanter le monde et de donner une espérance! Il affirmait en quittant son poste de ministre : « Les religions, notamment l’islam, offrent un accès à l’absolu ; elles proposent du sens … ». Libre au croyant d’affirmer ainsi sa foi, mais il est abusif de suggérer que sans la vertu théologale de l’espérance en l’au-delà le monde perd son sens. Un peu de considération pour celui qui ne croit pas au ciel et cultive l’espoir d’être heureux sur terre grâce à la justice sociale ! La maxime d’Emmanuel Macron, en somme, est typique du couplage propre au dix-neuvième siècle français : exploitation libre et charité ici-bas, compensation dans l’au-delà. Messieurs Rothschild et ses amis de la finance peuvent dormir tranquilles !

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◊ Benoit Hamon, curieusement, est optimiste : « je ne crois pas que la laïcité soit en danger ». Mais il fait fausse route dès lors qu’il veut voir dans la loi de 1905 un « riche compromis » entre les religions et l’Etat et non un principe de séparation et de neutralité. Aussi peut-on lui demander à quoi il s’engage quand il dit refuser « tout accommodement avec les pratiques culturelles ou cultuelles qui supposeraient de modifier la loi de 1905 ». Le fait est qu’il n’a pas dénoncé deux propositions antilaïques du groupe de travail « Cohésion républicaine » validées par le parti socialiste le 30 janvier 2015 : « recenser les besoins en lieux de culte et examiner les moyens de répondre aux manques dans certaines parties du territoire » et, « développer les établissements scolaires privés sous contrat. L’enseignement privé confessionnel musulman doit pouvoir se développer dans le respect des principes républicains ». Ce n’est pas le rôle de la République laïque de financer des lieux de culte, ni d’encourager le développement de l’enseignement privé sous contrat alors que l’Ecole publique manque de moyens pour assurer sa mission d’intérêt général. IL ne remet pas en cause les privilèges financiers de l’école privée confessionnelle, financée sur fonds publics alors que les religions n’engagent que les croyants. Il va même jusqu’à introniser l’enseignement privé comme partie prenante reconnue du service public d’éducation en prônant un partenariat privé-public ! Et il ne trouve pas grave l’interdiction de la présence féminine dans certains bars de Seine Saint-Denis ! Benoit Hamon serait-il un adepte inavoué d’une curieuse « laïcité multiculturelle » ?

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Jean-Luc Mélenchon n’a pas de brevet de laïcité à présenter, mais c’est pourtant lui qui répond avec le plus de clarté et de précision à Charlie Hebdo. Pour lui la loi de séparation des Eglises et de l’Etat doit être appliquée sur tout le territoire, en Alsace-Moselle comme Outre-mer. Puisque tous les citoyens sont égaux devant la loi, « il ne peut être question d’aménagement particulier pour telle ou telle religion ». Ce serait créer des discriminations entre croyants et non croyants et même entre croyants eux-mêmes. « Je m’engage donc, déclare Jean-Luc Mélenchon, à refuser les financements publics pour la construction des édifices religieux, des activités cultuelles et des établissements confessionnels. » Un engagement net, conforme à l’idéal républicain. Le principe laïque est clairement réaffirmé : consacrer l’argent public aux services publics de portée universelle. A notre sens cela implique de réserver l’effort de la nation à l’école publique. Ce qui suppose une remise en cause progressive de la loi Debré, non pour nuire à la liberté d’enseignement, mais pour réaffecter l’argent public à sa destination légitime : l’intérêt général, commun aux croyants et aux athées. Par ailleurs le candidat de la France Insoumise est le seul qui fasse ouvertement le lien entre la laïcité et les droits des femmes victimes des « prescriptions à caractère sexuel » de toutes les religions. Il considère donc à juste titre la laïcité comme un principe d’émancipation » et pas seulement comme une simple sécularisation. « Aucune prescription religieuse, écrit-il, ne doit être imposée par la loi ». La religion relève de la sphère privée : elle ne doit donc engager que les croyants et eux seuls. La laïcité leur permet au demeurant de vivre librement leur éthique de vie dans le respect du droit commun. Voila pourquoi il entend « combattre tous les communautarismes et l’usage politique des religions ». Emancipatrice, la laïcité l’est à plusieurs titres. A chaque personne humaine, elle assure la liberté de conscience qui englobe entre autres la liberté de culte, la liberté d’avoir une religion et d’en changer, ou de choisir un humanisme athée, et la liberté de pensée. Plus radicalement, elle permet à chacun la libre disposition de son corps et de ses actes, de son style de vie et de son être même. Comme elle lui assure le droit de mourir dans la dignité. Ainsi le cadre laïque rend possible la libre construction de l’identité individuelle. En fondant l’ordre public sur les droits humains et non sur les particularismes coutumiers et religieux la laïcité vaut principe de paix, d’intérêt général et d’émancipation.

Dès le 23 avril, pour défendre la laïcité en même temps que la justice sociale et la refondation écologique, votons Jean-Luc Mélenchon !

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Henri PENA-RUIZ, philosophe, auteur du Dictionnaire amoureux de la laïcité, Plon, 2014 et 2017 pour la dernière édition revue et augmentée.

Jean-Paul SCOT, historien, auteur de « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle ». Comprendre la loi de 1905, Points Histoire, Seuil, 2005 et 2015, et de Jaurès et le réformisme révolutionnaire, Le Seuil, 2014.

 

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 07:08

Extrait

‘A l’heure où le néolibéralisme triomphant était censé tout écraser sur son passage (en portant au pouvoir Emmanuel Macron ou François Fillon), s’est levée dans notre pays une formidable espérance. La candidature portée par la France insoumise et par son candidat Jean-Luc Mélenchon ouvre un espace politique à nos idées, celles de la gauche radicale comme ils l’appellent en haut lieu.’

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Source : https://marwen-belkaid.com/2017/04/20/pourquoi-je-voterai-pour-le-programme-lavenir-en-commun/

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Pourquoi je voterai pour le programme L’Avenir en commun

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Il paraît que cette élection est spéciale, que l’incertitude n’a jamais été aussi grande à quelques jours du premier tour, que l’atmosphère est très particulière, en bref que l’on n’a jamais vécu cela sous la Vème République. Du haut de mes presque 24 ans je n’ai vécu qu’une seule élection en tant qu’électeur, celle de 2012. J’ai également des souvenirs de celle de 2007 mais il me serait bien difficile de me rappeler de l’atmosphère des scrutins précédents. En tant que passionné de politique je me rends évidemment compte que cette élection a quelque chose de spécial sans pour autant être capable de ressentir ce caractère spécial.

Pour ma part, il est évident que cette campagne – et a fortiori l’élection à venir – est radicalement différente de la première fois où j’ai voté. En 2012, la France sortait d’un quinquennat sarkozyste marqué avant tout par les questions identitaires et la victoire de François Hollande (pour qui j’avais voté dès le premier tour) s’apparentait à un triomphe. Déjà à ce moment-là nous étions heureux d’avoir dégagé le locataire de l’Elysée et de l’avoir renvoyé à ses études. Mon parcours d’électeur est, finalement, très commun il me semble : jeune électeur de François Hollande en 2012, j’ai rapidement été trahi comme l’ensemble de ceux qui l’avaient porté au pouvoir. Du discours du Bourget et de l’engagement de réorienter l’Union Européenne, le nouveau président ne garda rien ou presque. De trahisons en reniements, ce quinquennat fut, pour moi comme pour tant d’autres, l’apparition d’un fossé chaque jour plus grand, d’une faille toujours plus béante, d’un divorce déjà consommé avec la caste politicienne qui nous gouverne depuis tant d’année.

L’enchaînement apocalyptique déchéance de nationalité/loi El Khomri scella de manière que je croyais alors péremptoire mon rejet des élections. Il est vrai qu’une bonne part du chemin avait été effectuée lors des régionales de 2015 lorsqu’au deuxième tour Marion Maréchal Le Pen était opposée à Christian Estrosi. En ce froid mois de décembre, je tournai définitivement le dos au front républicain et, quelques semaines plus tard, je me résolus à l’abstention après l’avoir critiquée à de nombreuses reprises. Après la primaire du Parti Socialiste et de ses satellites l’idée d’une alliance entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon m’intéressait et je me disais que si alliance il devait y avoir alors j’irai voter. Mais d’alliance il n’y eut point et je me dis que cette fois-ci l’abstention serait mon choix.

Pourtant, après une longue réflexion j’ai finalement décidé de voter pour le programme L’Avenir en commun. Dimanche prochain et, je l’espère, le 7 mai je glisserai (ou plutôt ma mère glissera pour moi) donc un bulletin Jean-Luc Mélenchon dans l’urne. Il n’a pas été facile de trancher entre l’abstention, le vote Philippe Poutou et celui de Jean-Luc Mélenchon mais après une longue maturation intellectuelle est venu le moment de « cristallisation » si cher aux analystes politiques et autres sondeurs. Il m’a fallu, comme le dit en substance Albert Camus dans ses Lettres à un ami allemand, me mettre au clair avec moi-même et savoir jusqu’à quel point j’étais prêt à faire des compromis avec moi-même au moment de glisser un bulletin dans l’urne.

 

L’Avenir en commun n’est pas parfait, il ne s’agit pas de défendre cela. Toutefois, il me semble être le programme à la fois le plus proche de mes idées et le plus porteur d’une justice sociale. A l’heure où le néolibéralisme triomphant était censé tout écraser sur son passage (en portant au pouvoir Emmanuel Macron ou François Fillon), s’est levée dans notre pays une formidable espérance. La candidature portée par la France insoumise et par son candidat Jean-Luc Mélenchon ouvre un espace politique à nos idées, celles de la gauche radicale comme ils l’appellent en haut lieu. Je considère que sur certains points L’Avenir en commun ne va pas assez loin mais finalement je ne trouve pas que ce soit une raison suffisante pour ne pas tenter de saisir l’opportunité historique qui se présente à nous.

Ce vote n’est ni un chèque en blanc donné à Monsieur Mélenchon ni une adhésion pleine et entière au programme et aux prises de position du candidat qui le porte. Par le passé j’ai émis des réserves à la fois sur le programme et sur l’homme et pour certaines d’entre elles je les conserve. Je suis de ceux qui ne croit pas que les urnes règlent tout et comme le défend le programme L’Avenir en commun, je suis intimement persuadé que c’est par une participation citoyenne accrue tout au long du mandat que celui-ci pourra être une réussite. Dans ce Zeitgeist qui semble être présent depuis quelques mois en Europe, je pense à mon philosophe favori que j’ai déjà cité plus haut. Dans Le Mythe de Sisyphe il écrit : « Il arrive que les décors s’écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d’usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le ‘pourquoi’ s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement. ‘Commence’, ceci est important. La lassitude est à la fin des actes d’une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l’éveille et elle provoque la suite. La suite, c’est le retour inconscient dans la chaîne, ou c’est l’éveil définitif. Au bout de l’éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d’écœurant. Ici, je dois conclure qu’elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n’ont rien d’original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l’occasion d’une reconnaissance sommaire dans les origines de l’absurde. Le simple « souci » est à l’origine de tout ». Mes amis, dès dimanche écroulons leurs décors.

Je fais donc parti de ces abstentionnistes déterminés qui finissent par finalement choisir un candidat. En temps normal je serais sans doute resté sur ma position et dimanche tout comme le 7 mai je serais allé pêcher ou bien jouer au foot. Mais, qu’y a-t-il de normal dans l’époque que nous vivons ? Et je ne veux pas parler du chiffon rouge Front National qu’on nous agite sous les yeux pour mieux nous faire peur et nous faire docilement rentrer dans le rang en votant pour un candidat du système politico-économique en place. Non, je veux bien plus assurément parler de la question environnementale. Si rien n’est fait dans les quelques années qui arrivent les dégâts deviendront irrémédiables. Il nous faut urgemment changer de manière de produire et de consommer sous peine de condamner l’humanité. J’ai, d’ailleurs, énormément de mal à comprendre les personnes qui choisissent de voter pour une personne qui n’a pas un mot pour l’écologie dans son programme ou, pire, considère que c’est une question de bobos situés en dehors des réalités.

Voilà les quelques mots que je voulais dire pour expliquer mon vote. Pour terminer j’aimerais ajouter à l’insoumission portée par le programme la révolte qu’oppose Camus à l’absurde dans son cheminement philosophique. Il me semble en effet que la notion éclaire de manière éclatante le combat qui est le nôtre, à gauche. Dans L’Homme révolté, le philosophe la définit comme tel : « Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le « cogito » dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. je me révolte, donc nous sommes ». Puisse notre révolte être féconde dans quelques jours mais également après. Rappelons-nous que quoiqu’il arrive ça ne sera pas la fin, ni même le début de la fin, peut-être seulement la fin du début.

 

PS : D’aucuns se demanderont sans doute pourquoi je publie un texte aussi long pour expliquer les raisons de mon vote. Je vous rassure je n’ai pas pris la grosse tête au point de croire que mon choix mérite des explications tant il est important. Simplement, étant donné que j’essaye, sur ce blog, de mener une réflexion que j’espère cohérente et que je ne me suis pas privé de critiquer tel ou tel candidat depuis le début de la campagne, il me semble normal d’exprimer mon choix et d’en expliciter les raisons. En outre, même si comme je l’ai dit les réserves que j’ai ne manqueront pas d’être à nouveau évoquées (pour la simple et bonne raison qu’il me semble que c’est dans la discussion qu’on peut améliorer réflexions et programmes), dire pour qui je vais voter évitera les procès d’intention et autres accusations fallacieuses qui pourraient surgir ci et là.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:03

Source : https://blogs.mediapart.fr/louisa-benzaid/blog/160417/c-est-bien-le-projet-de-jean-luc-melenchon-qui-va-sauver-l-europe

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Face à ceux qui n’en finissent plus de chercher la sortie de secours, Mélenchon va faire de la renégociation des Traités Européens, un véritable plan de sauvetage pour une Europe en mal d’idéal. Car voilà bien le mal qui nous frappe : De cette union sincère formée par Schuman et Adenauer, est né un mutant gigantesque qui nourrit toutes les injustices et n’inspire que méfiance. Il faut rendre à l’Europe son rôle et le sens 1er que voulaient ses bâtisseurs : la coopération pour la paix des peuples.

Quel abstrait concept désormais que celui de la paix en Europe, à l’heure où ses Etats ne sont plus qu’un champ de ruines, empêtrés dans une guerre sociale et financière qui ne dit pas son nom. La Grèce est ruinée, l’Italie et l’Espagne sont entrées en récession, l’Irlande ne s’en sort guère mieux. Pendant ce temps-là, la France, forte de ses 9 millions pauvres, dont le président se persuade que la crise est derrière nous, s’astreint docilement aux lois édictées par Bruxelles, en bon petit soldat, à respecter la règle d’Or !

Si l’Europe mérite son prix Nobel de la Paix, c’est pour avoir su désarmer son peuple !
Ne s’est-elle pas, plus d’une fois, moquée de cette souveraineté populaire ? Transformé le « NON » des Français, au projet de constitution européenne en 2005 & celui des irlandais en 2008 au traité de Lisbonne. Avorté, l’espoir de référendum des grecs, de décider librement de rester ou de partir.

Le 1 er ministre Grec Papandréou a été débarqué le lendemain de sa proposition de soumettre un référendum à son peuple.

Sans oublier les pressions qu’a subi le gouvernement Tchèque pour assurer le feu vert au traité de Lisbonne, en zappant la case référendum, lui substituant une validation par la cour constitutionnelle.

Mais entendons-nous bien, quand les Français votent « NON » en 2005 ils ne disent pas « NON » à l’Europe, ils disent « NON » à la dérive libérale qui les frappe et à la directive Bolkestein concernant les travailleurs détachés. Aujourd’hui encore ce dumping social des travailleurs détachés, illustre la dérive contre laquelle Jean-Luc Mélenchon nous met en garde et veut mettre un terme en l’abrogeant.

OUI c’est bien la promesse d’un autre destin pour la politique européenne que nous laisse entrevoir Jean-Luc Mélenchon. L’offre d’une Europe enfin réorientée vers l’humain et arrachée à l’emprise des magnas du capital.

Jean-Luc Mélenchon mène une campagne intelligente, avec des propositions claires : Un projet ambitieux, précis dans sa construction et réaliste dans son financement. Ce projet européen emportera dans son sillage l’adhésion des Français mais aussi des autres nations européennes.

La solution voulue par Jean-Luc Mélenchon nous la connaissons toutes et tous, les grandes puissances en usent depuis toujours pour maintenir leur économie à flot, amortir le choc des crises, relancer l’innovation et poursuivre le progrès social : Une banque centrale au service des politiques publiques.

Cette solution ne relève pas d’un miracle, il s’agit d’un instrument économique puissant, que les états forts ont toujours pris soin de garder à disposition. Les Etats Unis, le Japon et même la Grande Bretagne par ailleurs, ont largement sollicité leur banque centrale pour soutenir leurs investissements publics et privés.

Seulement voilà, la condition du financement passe par un bras de fer avec Angela Merkel et l’armée de spéculateurs qui l’entoure. Taper du poing, David Cameron s’y est déjà employé avant tout le monde et avec succès. Bien avant la question du Bréxit, David Cameroun avait menacé de ne pas voter le budget, s’il n’obtenait pas de rabais substantiel sur sa contribution financière à l’union européenne.

Voilà l’illustration qu’il faut un rapport de force pour réussir une négociation et c’est clairement le projet de Jean-Luc Mélenchon : mettre en balance quelque chose de très fort, pour obliger Angela Merkel à changer ses positions.
Cette simple politique du stylo fermé employée à l’époque par David Cameron, a suffi pour faire céder Angela Merkel.

Or si Tsípras a échoué, c’est tout simplement parce qu’il a démarré les négociations en posant le préalable que quoi qu’il arrive, il ne quitterait pas l’Europe.

Voulant rassurer, il commet une erreur monumentale, en n’ayant plus aucune prise sur la négociation. Tsipras n’a pas compris que le plan qu’il négociait, ne servait qu’à rembourser les banques européennes : il n’y avait pas d’aide, dans le plan d’aide !

Qui peut sérieusement envisager un instant l’Europe sans la France ?
Jean-Luc Mélenchon l’explique clairement : La France est un pilier indispensable à l’Europe, avec près de 20% du PIB Européen, nous sommes et avons toujours été la locomotive dans la construction européenne. La menace de la sortie d’une Europe aujourd’hui dévoyée, est un préalable incontournable, pour poser les bases d’une renégociation en profondeur.

Désormais la vision de Mélenchon est tellement claire et pertinente que ses adversaires se sont alignés sur ses positions au fil de la campagne :
- Marine Lepen, après avoir déclaré bêtement, tout comme messieurs Asselineau et Dupont- Aignan, qu’elle sortirait de l’Europe, évoque maintenant un maintien avec renégociation.

- François Fillon dont l’idée même de toucher à l’Europe était pour lui suicidaire, rétropédale et parle à son tour, de la nécessité de « changer une Europe qui ne fonctionne plus », dit-il.

Si Jean-Luc Mélenchon a mis d’accord Marine Lepen & François Fillon autour de sa vision européenne c’est que cette vision est devenue une évidence.

Dans ce combat pour refaçonner la coopération, le candidat Mélenchon n’est pas seul, nombre d’experts et d’économistes se rallient à lui en publiant des tribunes éloquentes.
 

On a même entendu sur BFM le journaliste Thierry Fabre, du magazine Challenges, résumer cette idée, par la nécessité de « renouer avec une Europe qui marche et qui protège ».


Jean-Luc Mélenchon ne ratera pas cette occasion de porter ce changement, il mènera ce combat à l’échelle Européenne car la promesse est belle pour tous ses membres, sa main ne tremblera pas.

 

 

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 05:38

A l’étranger, l’élection présidentielle française ne laisse pas indifférent, bien au contraire.

Si la France insoumise et son candidat J-L Mélenchon sont copieusement étrillés par les libéraux, parallèlement et à contrario, les mêmes sont perçus favorablement par les progressistes. C’est dire que l’accession possible de J-L Mélenchon au pouvoir est reconnue par les uns et les autres, et pour des raisons différentes, comme un changement politique majeur susceptible de perturber profondément l’ordre actuel de l’Europe, en conséquence celui du monde.

La pétition : https://petitions.moveon.org/sign/france-please-dont-repeat qui avait recueilli hier (selon l’article ci-dessous) 4000 signatures venues du Canada, des USA, de Belgique, d’Australie,…., n’en finit pas de grossir.

Exergue

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Présidentielle : quand Mark Ruffalo, Danny Glover et Noam Chomsky appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon

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Source : http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/presidentielle-quand-mark-ruffalo-danny-glover-et-noam-chomsky-appellent-a-voter-pour-jean-luc-melenchon_2152863.html

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Les deux acteurs et le professeur américain appellent à s'unir derrière, selon eux, le candidat de gauche le mieux placé pour l'élection présidentielle française.

La dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon prend une ampleur internationale. Aux Etats-Unis, les acteurs Mark Ruffalo, Danny Glover et le professeur de linguistique Noam Chomsky ont lancé une pétition pour appeler à voter en faveur du candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle. L'objectif ? Ne pas répéter la "tragédie" du choix Clinton/Trump.

L'acteur qui interprète Hulk dans Avengers et celui qui incarne Roger Murtaugh dans L'Arme fatale refusent que l'élection présidentielle française ne se limite à un choix entre le candidat "de l'establishment libéral" et "le populisme de la droite xénophobe". Une critique à peine voilée d'Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen. "C'est le scénario qui a entraîné l'élection du président Donald Trump aux Etats-Unis", expliquent les célébrités américaines. Elles appellent donc à soutenir le candidat de gauche le mieux placé dans les sondages : Jean-Luc Mélenchon.

"Les soutiens de Bernie Sanders veulent la victoire cette fois"

L'initiative a récolté plus de 4 000 signatures, mercredi 19 avril, en début d'après-midi. De quoi ravir le candidat de la France insoumise, qui a remercié Danny Glover dans un tweet bilingue : "Merci pour votre soutien !". Même enthousiasme de la part de sa porte-parole Raquel Garrido, qui salue "une initiative très heureuse".

Je confirme qu'il y a un fort intérêt et enthousiasme pro-Mélenchon aux USA. Les soutiens de Bernie Sanders veulent la victoire cette fois.

Pour sa porte-parole, Jean-Luc Mélenchon peut gagner, car il n'a pas été "englué dans le piège des primaires", comme Bernie Sanders aux Etats-Unis. Une vision que semblent partager certains observateurs de la vie politique internationale, comme l'explique cet article du magazine anglophone The Intercept.

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Suppléments :

 

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:42

Dimanche, l’enjeu est de taille. Ou on continue la politique de ces dernières années dont on connait les résultats, ou on change d’orientation. Dans l’un et l’autre cas on en prend pour 5 ans. D’un côté des politiques austéritaires et régressives faisant la part toujours plus belle à ceux qui en ont déjà le plus, de l’autre une politique progressiste de développement et de redistribution.  

Dimanche, pour faire court, 3 blocs : les libéraux (Le Pen, Fillon, Macron), Les Insoumis, les indécis auxquels il convient d’ajouter les abstentionnistes,... Qu’il le veuille ou non, ce dernier groupe d’indécis et d’abstentionnistes, pour n’avoir pu ou voulu se déterminer participera au vote en laissant le champ libre aux libéraux.

Ces jours derniers, mais déjà bien avant pour ne pas dire depuis longtemps, les ‘experts’ ayant patente libérale disent dans les médias pis que pendre du programme de la France insoumise sans que soient convoqués d’autres experts pour contredire leurs expertises, ce qui a pour effet de ne pas éclairer l’opinion des citoyens mais de la formater. Aussi la tribune ci-dessous, écrite par d’autres experts, pour permettre a chacun de former plus judicieusement son jugement, l’expertise n’étant pas réservée aux tenants du libéralisme qui ont pignon dans les médias.

Exergue

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Source : http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/04/18/pour-une-politique-economique-serieuse-et-a-la-hauteur-des-enjeux-votons-melenchon_1563456

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Tribune : Pour une politique économique sérieuse et à la hauteur des enjeux, votons Mélenchon, par un collectif d’universitaires

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Alors que la France n’est toujours pas sortie de la stagnation économique qui fait suite à la crise de 2007-2008, Emmanuel Macron et François Fillon veulent poursuivre et intensifier les politiques de coupes dans les dépenses publiques, de démantèlement de l’Etat social et du droit du travail,  menées sans relâche par les gouvernements précédents. Ces politiques ne servent que les plus riches. Elles ne conduisent qu’à plonger le pays dans le cercle vicieux du chômage et de la précarité, terreau de la montée du FN dont le faux vernis social peine à cacher la nature profondément raciste et xénophobe et l’incohérence des propositions économiques.

 

A l’inverse, les solutions proposées par Jean-Luc Mélenchon sont, à nos yeux, les seules capables de répondre aux cinq urgences majeures de notre temps. Elles forment un cadre cohérent et rigoureusement chiffré qui tient compte des équilibres budgétaires, non pas en se lançant dans une course à l’austérité, mais en proposant un programme économique précis et ambitieux reposant sur une plus grande justice fiscale, une politique d’investissement et une émancipation vis-à-vis des marchés financiers.

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Correctement proportionné

La première urgence consiste à faire baisser le chômage, qui s’élève aujourd’hui à 10% de la population active et à 25% chez les jeunes actifs. A cet égard, il faut dégager des marges de manœuvre en mettant fin à une dépense inutile et préjudiciable pour la collectivité : la dépense fiscale. Le pacte de responsabilité et le CICE, qui coûteront 41 milliards d’euros aux contribuables en 2017, sont totalement inefficaces en matière d’emploi. En situation d’insuffisance de la demande en France et en Europe, et face au sous-investissement chronique pendant le quinquennat Hollande, l’urgence est à une ambitieuse politique de relance pour stimuler l’activité. Sur ce point, le plan d’investissement de 100 milliards d’euros sur cinq ans proposé par Jean-Luc Mélenchon est correctement proportionné. Il focalise à raison la dépense sur des secteurs essentiels à fort coefficient multiplicateur (transition énergétique, infrastructures scolaires, transports publics, santé, etc.) et qui ne sont pas ou peu soumis à la concurrence internationale ; ces critères garantissent son efficacité comme son financement, conformément aux préconisations d’un récent rapport sur ce thème (Xavier Ragot et Francesco Saraceno dir., «Investissement public, capital public et croissance», 2016, OFCE).

Pour sortir de l’austérité budgétaire et salariale, des mesures comme la revalorisation du Smic, des retraites ou des minima sociaux, ainsi qu’une véritable politique d’égalité salariale femmes-hommes, sont également plus que nécessaires. Combinée à un ambitieux plan de réduction du temps de travail (sixième semaine de congés payés, application effective des 35 heures, limitation du temps partiel imposé…), la politique d’employeur en dernier ressort de l’Etat et des collectivités publiques proposera une formation et un emploi de qualité à haute valeur ajoutée sociale (construction d’infrastructures, travail avec les associations à but non lucratif, contribution à la transition écologique…) à toute personne voulant et étant capable de travailler : les chômeurs, les personnes qui ont abandonné la recherche d’emploi, les personnes insatisfaites de leur activité à temps partiel, etc.

En agitant le chiffon rouge de l’augmentation des dépenses, les détracteurs de Jean-Luc Mélenchon omettent de nous dire que les nouvelles coupes qu’ils entendent effectuer se traduiront par une nouvelle hausse du chômage et une dégradation des services publics. En engageant un plan de relance que la France et l’UE auraient dû initier depuis longtemps, les rentrées fiscales générées feront au contraire baisser l’endettement public, nous permettant ainsi sortir du piège mortifère de la dette engendrée par les politiques d’austérité.

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Révolution fiscale précise et cohérente

La deuxième urgence à laquelle la France doit répondre consiste à enrayer le creusement des inégalités qui intervient depuis les années 90, à mettre fin à l’augmentation vertigineuse des patrimoines des plus riches et à remédier à l’injustice de notre système fiscal. Les inégalités affectent les ménages aussi bien que les entreprises, dont la taxation effective est beaucoup plus élevée pour les PME que pour les grands groupes. Une société plus égalitaire est plus heureuse et plus démocratique. A ce sujet, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon prévoit une révolution fiscale précise et cohérente, tant pour les ménages (meilleure progressivité de l’impôt sur le revenu grâce à l’augmentation du nombre de tranches, de cinq à quatorze) que pour les entreprises (baisse de l’impôt sur les sociétés à 25% pour toutes les entreprises, couplée à l’abrogation de nombreuses niches fiscales), ainsi qu’un relèvement de l’imposition du capital. Seule une telle refonte du système fiscal corrigera les phénomènes de rente et la captation des richesses par une minorité, toujours plus restreinte, de privilégiés.

La troisième urgence est industrielle. Il s’agit de combattre la financiarisation de l’économie qui a causé des dommages importants à notre tissu productif et, partant, au secteur tertiaire, souvent dépendant des industries. Pour que nos industries puissent monter en gamme, la dotation et les missions de la Banque publique d’investissement devront être étendues. L’octroi des crédits et les prises de participation doivent sortir de la stricte logique de la rentabilité financière pour privilégier une vision à long terme. Le contrôle du système bancaire français par la Banque de France doit être renforcé et la séparation des banques d’affaires et de dépôt doit être appliquée sans tarder. Les mouvements de capitaux spéculatifs doivent être contrôlés pour que la spéculation cesse de nuire à l’investissement.

L’entreprise doit être refondée et doit avoir comme finalité de produire des biens et des services dans l’intérêt commun de l’ensemble des parties prenantes et non des seuls actionnaires et propriétaires. Le fait de donner à l’entreprise un autre objectif que le seul profit permet de remettre en question la notion, non fondée en droit, de «propriété de l’entreprise», et de faire en sorte que le pouvoir d’entreprendre ne provienne plus de la seule propriété des capitaux. Dans un premier temps, cela passera par l’extension des droits des salariés : droit de veto suspensif du comité d’entreprise sur les procédures de réorganisation et de restructuration ; véritable droit de préemption des salariés en cas de fermeture ou de vente de l’entreprise par les actionnaires.

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Convaincante stratégie de désobéissance

Face à l’urgence environnementale et climatique (voir le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de novembre 2014), notre pays doit se donner les moyens de mener une transition écologique crédible et de grande envergure. Une telle bifurcation de notre modèle de production doit nécessairement être amorcée par l’investissement public et requiert une consommation de meilleure qualité. Elle implique de rompre avec la logique financière court-termiste des trois dernières décennies, qui détruit des emplois, brise des millions de vies et contribue à détériorer l’environnement. A cet égard, la planification écologique proposée par Jean-Luc Mélenchon, adossée à la réorientation du crédit et à la constitution d’un pôle public bancaire, est essentielle. Elle améliorera la santé de l’ensemble de la population en augmentant la qualité des biens nécessaires. Dans cette optique, des mesures comme le 100% bio dans les cantines ou la priorité accordée au local sont emblématiques.

Enfin, il est urgent de transformer en profondeur l’absurde édifice des traités européens, qui dépossède les Etats de leurs leviers de politique macroéconomique, les accule à une course au moins-disant social et écologique et à une régression sans fin. Le carcan des traités actuels interdit toute politique de relance et toute politique industrielle, pourtant plus indispensables que jamais pour faire face aux urgences économique, sociale et écologique. La monnaie unique, incomplète, impose aux Etats des ajustements de compétitivité très douloureux sur les plans social et économique.

En Europe, seul l’établissement d’un rapport de force crédible peut permettre d’obtenir une réforme d’ampleur de l’Union économique et monétaire qui garantisse enfin le progrès social et la convergence par le haut pour les peuples européens. Jean-Luc Mélenchon assume sur ce point une convaincante stratégie de désobéissance et de dissuasion. En France, son gouvernement prendra toutes les mesures unilatérales nécessaires à la mise en œuvre de son programme, en s’affranchissant autant que nécessaire de l’application stricte des traités. L’édifice institutionnel européen pourra alors être refondé, et l’euro complété afin de garantir une convergence réelle entre les économies. A défaut, et pour éviter un effondrement à venir, il faudra oser sortir de l’euro pour mieux sauver l’Europe.

En répondant aux cinq urgences économiques majeures de notre temps, le programme économique de Jean-Luc Mélenchon nous donne aujourd’hui l’occasion historique de prouver qu’il y a des alternatives sérieuses, crédibles et désirables aux politiques absurdes menées avec acharnement lors des dernières décennies. Ce programme se réalisera dans le cadre d’une révolution démocratique, soutenue par la mise en place d’une assemblée constituante. Notre pays a aujourd’hui l’opportunité unique de renverser la logique mortifère qui mène l’Europe à l’implosion et de redonner un sens et du souffle au projet européen. Saisissons-la !

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Parmi les premiers signataires :

 

Abecassis Philippe (Université Paris-XIII)

Alary Pierre (Université Lille-I)

Aldred Jonathan (University of Cambridge)

Alonso Gallo Nuria (Universidad Rey-Juan-Carlos, Madrid)

Altzinger Wilfried (University of Economics and Business, Vienna)

Amable Bruno (Université Paris-I)

Appelqvist Orjan (University of Stockholm)

Assous Michael (Université Paris-I)

Auvray Tristan (Université Paris-XIII)

Bachet Daniel (Université d’Evry)

Baron Olivier (Université de Bordeaux)

Bastos Pedro Paulo Zahluth (Universidade de Campinas)

Batifoulier Philippe (Université Paris-XIII)

Bédu Nicolas (Université d’Artois)

Bénicourt Emmanuelle (Université de Picardie)

Berr Eric (Université de Bordeaux)

Berrou Jean-Philippe (Sciences-Po Bordeaux)

Bhaduri Amit (Università di Pavia)

Bousseyrol Marc (Sciences-Po)

Bruyère Mireille (Université Toulouse-II)

Carvalho Laura (Université de São Paulo)

Cayla David (Université d’Angers)

Chang Ha-Joon (University of Cambridge)

Clévenot Mickaël (Université de Bourgogne)

Concialdi Pierre

Cordonnier Laurent (Université Lille-I)

Coris Marie (Université de Bordeaux)

Da Silva Nicolas (Université Paris-XIII)

Dallery Thomas (Université du Littoral)

De Conti Bruno (Universidade de Campinas)

Dellemotte Jean (Université Paris-I)

Demirovic Alex (Goethe University, Frankfurt am Main)

Dimsky Gary (Leeds University Business School)

Diop Amadou Makhourédia (Université de Thiès, Sénégal)

Domin Jean-Paul (Université de Reims)

Dörre Klaus (Friedrich Schiller University, Iéna)

Douai Ali (Université de Nice)

Durand Cédric (Université Paris-XIII)

Dutt Amitava (University of Notre Dame, USA et FLACSO, Equateur)

 

Ehnts Dirk (Technical University Chemnitz)

Elsner Wolfram (University of Bremen)

Etievant Guillaume (expert auprès des CE)

Evans Trevor (Berlin School of Economics and Law)

Eydoux Anne (CEET, CNAM)

Fall François (Université de Toulouse)

Fine Ben (School of Oriental and African Studies (SOAS) Londres)

Fontana Giuseppe (University of Leeds)

Friedman Gerald (University of Massachusetts, Amherst)

Gadreau Maryse (Université de Bourgogne)

Généreux Jacques (Sciences-Po Paris)

Ghirardello Ariane (Université Paris-XIII)

Gillig Philippe (Université de Strasbourg)

Guerrien Bernard (Université Paris-I)

Gun Ozgur (Université de Reims)

Guy Yann (Université Rennes-II)

Harari-Kermadec Hugo (ENS Paris-Saclay)

Harnay Pétronille (Ifsttar)

Harribey Jean-Marie (Université de Bordeaux)

Hoang Ngoc Liem (Université Paris-I)

Husson Michel

Isla Anne (Université de Toulouse)

Issehnane Sabina (Université Rennes-II)

Jäger Johannes (University of Applied Sciences BFI Vienna)

Jespersen Jesper (Roskilde University)

Kapeller Jakob (University of Duisburg-Essen)

Keen Steve (Kingston University)

Khalfa Pierre (ancien membre du Conseil économique, social et environnemental)

Kinsella Stephen (University of Limerick)

Konzelmann Suzanne (London Centre for Corporate Governance and Ethics)

Lahille Eric (Université Paris-Est)

Lang Dany (Université Paris-XIII)

Lapavitsas Costas (London School of Economics)

Lavoie Marc (Université Paris-XIII)

Légé Philippe (Université de Picardie)

Lizé Laurence (Université Paris-I)

Longuet Stéphane (Université de Picardie)

Luengo Fernando (Universidad Complutense, Madrid)

Marie Jonathan (Université Paris-XIII)

Marques Pereira Jaime (Université de Picardie)

Mason Paul (Auteur de Postcapitalism, a Guide to Our Future)

Math Antoine

Mattei Clara Elisabetta (New School for Social Research, New York)

Maucourant Jérôme (Université Jean-Monnet, Saint-Etienne)

Mello Guilherme Santos (Université Campinas)

Montalban Matthieu (Université de Bordeaux)

Morin François (Sciences-Po Toulouse)

Olguin Alfredo (Universidad Nacional Autónoma de México)

Ötsch Walter (Cusanus Hochschule, Institut of Economics)

Palloix Christian (Université de Picardie)

Palombarini Stefano (Université Paris-VIII Saint Denis)

Parel Véronique (Université Paris-I)

Pessa Gonçalo (Banco de Portugal)

Pignol Claire (Université Paris-I)

Piluso Nicolas (Université Toulouse-III)

Poinsot Philippe (Université Paris-I)

Pollin Robert (University of Massachusetts, Amherst)

Ponsot Jean-François (Université de Grenoble)

Prates Daniela Magalhães (Université Campinas)

Raghavendran Srinivasan (National University of Ireland Galway)

Ramaux Christophe (Université Paris-I)

Rigaudiat Jacques (Ex-conseiller de Rocard et de Jospin)

Rísquez Ramos Mario (Economistas sin Fronteras Foundation)

Rocha Marco Antonio M. (Université Campinas, Brésil)

Rochon Louis-Philippe (Université de Sudbury, Canada)

Rossi Pedro (Université Campinas, Brésil)

Rossi Sergio (Université de Fribourg, Suisse)

Salais Robert (Ecole normale supérieure, Paris-Saclay)

Saludjian Alexis (Université de Rio de Janeiro)

Sawyer Malcolm (University of Leeds)

Scholz-Wäckerle Manuel (University of Economics and Business, Vienna)

Seppecher Pascal (Université Paris-XIII)

Setterfield Mark (New School for Social Research, New York)

Shaikh Anwar (New School for Social Research, New York)

Skidelsky Robert (Warwick University)

Solipa Carvalho Izaura (Portuguese Association of Political Economy, Apep)

Steinhardt Paul (Editor Makroskop, Wiesbaden, Germany)

Stockhammer Engelbert (Kingston University, Kingston Upon Thames) UK

Treillet Stéphanie (Université Paris-Est Créteil)

Tridico Pasquale (University Roma-III)

Trillo David (Universidad Rey Juan Carlos, Madrid)

Tymoigne Eric (Lewis and Clark College, Portland)

Vakulabharanam Vamsi (University of Massachusetts, Amherst)

Vallageas Bernard (Université Paris-Sud)

Veronese Passarella Marco (University of Leeds)

Vicent Valverde Lucía (Universidad Complutense, Madrid)

Vilariño Ángel (Universidad Complutense, Madrid)

Villemot Sébastien

Vivien Franck-Dominique (Université de Reims)

Zezza Gennaro (University of Cassino)

Zinn Karl Georg (RWTH Aachen)

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 10:25

G. de Lagasnerie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Geoffroy_de_Lagasnerie

E. Louis : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Louis

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 Source : https://blogs.mediapart.fr/geoffroy-de-lagasnerie/blog/160417/pourquoi-il-faut-voter-melenchon-texte-ecrit-avec-edouard-louis

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Pourquoi il faut voter Mélenchon

- Nous comprenons bien sûr les réticences à l’égard de Mélenchon, sa personnalité, sa rhétorique, et certains aspects de son programme. Mais voter pour Mélenchon ce n’est pas voter pour un individu, c’est voter pour une équipe, un collectif, et peut-être avant tout, c’est voter pour qu’une dynamique de gauche se mette en place dans l’espace politique. C’est l’une des rares occasions historiques pour que gagne un véritable candidat de gauche - et ce serait tellement dommage de passer à côté. C’est justement à condition qu’une telle dynamique s’installe que nous pourrons reposer d’un point de vue de gauche toutes les questions si importantes sur lesquelles nous pouvons avoir des désaccords.

- Il n’y a plus beaucoup de sens à voter Hamon aujourd’hui. C’est triste, mais désormais c’est un vote perdu pour la gauche (c’est la même chose en ce qui concerne le vote pour Philippe Poutou, ce qui est encore plus triste). Il n’y a rien à gagner à voter pour lui. Personne à gauche ne gagne quoi que ce soit si Mélenchon perd, alors que si Mélenchon perd, toute la gauche perd. Evidemment, on peut préférer le programme d’Hamon qui est sur certains points plus novateur. Mais voter pour Mélenchon aux présidentielles n’est pas incompatible avec le fait de voter pour d’autres candidats aux législatives. D’ailleurs, si la gauche remporte les présidentielles, cela créera un mouvement qui sera favorable à toutes les gauches.

- Nous entendons beaucoup l’argument de l’abstention, de celles et ceux qui ne veulent plus voter ou qui n’y croient plus. Mais honnêtement, l’abstention dans le contexte de cette élection serait une attitude vide et petite-bourgeoise. C’est le contraire d’un geste radical. Il faut utiliser le vote comme un geste tactique, ne pas voter d’abord pour soi. Il faut aussi se méfier de tout raisonnement politique qui conduit à mesurer sa radicalité au fait de ne rien faire. Voter, ce n’est pas adhérer à tout dans le programme de celui pour qui on vote, c’est utiliser à un moment précis un pouvoir qui nous est donné pour rendre le monde un peu moins mauvais. Il faut voter pour le chômeur qui sera la cible de la brigade de surveillance des chômeurs et qui perdra ses droits en cas de victoire de Macron, pour le migrant qui sera expulsé et remis à la mer en cas de victoire de Fillon, pour le manifestant, qui, si Mélenchon passe, ne se retrouvera plus face à des policiers armés de Flash-ball ou de taser - puisqu’il est pour l’interdiction immédiate de ces armes.

- Combattre les violences policières, le racisme policier et la répression, qui sont pour nous des questions si centrales, passe aujourd’hui aussi par un vote pour Mélenchon

- On sait que n’importe quel candidat gagnerait au second tour contre Marine Le Pen. L’idée selon laquelle voter Macron serait un vote utile pour faire barrage à l’extrême-droite n’a donc aucun sens. Puisque nous savons que Le Pen a perdu, il faut poser la question autrement : Comment faire barrage à Fillon et Macron et à leur programme autoritaire et destructeur ?

- Un point essentiel nous a frappé : un nombre si impressionnant d’associations qui luttent pour les libertés, l’écologie, les droits des animaux, la justice, les migrants, les droits des prisonniers (parmi lesquels : Amnesty International, Action contre la faim, le Barreau de Paris, Greenpeace, Acat, Politique et animaux), montrent que Mélenchon est le candidat dont le programme est de loin le plus favorable à des avancées juridiques et politiques importantes. C’est aussi une preuve que Melenchon, en construisant son programme, a été le candidat le plus à l’écoute des exigences démocratiques.

- Quant à la question de l’Europe et de l’euro, en quoi combattre ce qui s’est passé en Grèce serait-il anti-européen ? Au contraire, critiquer la commission européenne telle qu’elle est aujourd'hui est la meilleure manière de lutter pour l’esprit de solidarité qui était à la base de la construction de l’Europe. Il nous semble aussi que l’on aura le temps de poser toutes ces questions et de continuer ces débats plus tard, par exemple au moment des législatives ou s’il y a un referendum. Elles seront posées de manière d’autant plus démocratique si la gauche est au pouvoir.

- Surtout, l’essentiel pour nous est peut-être ceci : Si Mélenchon gagne, l’atmosphère change. L’espace public change. L’humeur change. C’est exactement ce dont nous avons besoin aujourd’hui, contre l’humeur réactionnaire et nauséabonde qui règne en France, en Europe et à l’échelle internationale.

Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie

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Pourquoi Emmanuel Macron est un personnage inquiétant, par G. de Lagasnerie

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Source : https://blogs.mediapart.fr/geoffroy-de-lagasnerie/blog/240317/pourquoi-emmanuel-macron-est-un-personnage-inquietant

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Je ne peux plus supporter que les médias présentent Emmanuel Macron comme un candidat "progressiste", "libéral", qui se situerait au delà du clivage droite /gauche. Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est libéral je regarde ses propositions sur la prison, la drogue ou les droits des minorités - puisque normalement le libéralisme contient une critique de la répression, de la pénalisation des drogues et est favorable aux droits individuels. Mais Macron développe un programme répressif·: il veut construire plus de prisons, il veut donner plus de pouvoirs à la police, il est pour le maintien de l’interdiction des drogues, même du cannabis. Ce n’est pas un libéral. C’est un conservateur, un homme d’ordre….

C’est aussi un insulteur. Certaines scènes sont célèbres, comme lorsque, il y a quelques mois, alors qu’il était encore ministre de l'Economie, il a reproché à un ouvrier de le tutoyer parce que, pour lui « un ouvrier ne tutoie pas un ministre ». Macron est un homme de la hiérarchie et de l'obéissance.

Récemment, dans Têtu, il s'est opposé à l'avancée des droits des transgenres en disant que cela choquait la "psyché collective française" ! Comme si les transgenres n'appartenaient pas à la psyché collective, comme s'ils étaient un corps étranger à la France...

Macron est un personnage inquiétant.

Economiquement, son programme consiste à démanteler le droit du travail qui protège les salariés, et donc, là encore, à renforcer l'ordre - l'ordre des classes sociales, l'ordre de la soumission aux patrons et des hiérarchies dans l'entreprise.

Il veut appliquer les recommandations les plus néolibérales de la Commission Européenne pour démanteler l’assurance chômage, l’assurance santé, l’assurance retraite (https://www.mediapart.fr/…/programme-macron-un-copier-colle…)

Macron n'est pas progressiste mais un réactionnaire. C’est un technocrate nourri au spiritualisme chrétien, et c’est le pire des mélanges.

Dans son livre, il dit que le problème actuel de la France est l'égalitarisme... Comme si le problème en France est qu'il y a trop d'égalité… C’est obscène

Cet éloge de l'ordre, de la hiérarchie, et de l’obéissance, cette figure de l'homme providentiel qui communie avec le peuple, cette haine de l'égalité, tout cela forme une configuration inquiétante qui est, selon moi, tangente au fascisme.

Macron n'est pas une alternative à Le Pen. Ils sont tous les deux les produits d'une même configuration et d'un même climat.

 

Le reste du journal dont cet extrait est tiré est disponible ici, où je parle aussi de l'acte de voter, d'Efriede Jelinek, de l'Université américaine et du rôle des intellectuels, ou encore de ce que voudrait dire adopter un point de vue mondial sur le monde: http://journal.fft-duesseldorf.de/chronicle/lagasnerie_fr.html

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:29

 Source : https://cocq.wordpress.com/2017/04/17/hollande-ou-le-spectre-de-2005/

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Invité de l’émission C dans l’air sur France 5 ce dimanche 16 avril, François Hollande a cru bon de profiter de cette tribune pour une fois encore s’en prendre à Jean-Luc Mélenchon. Face à la vague populaire qui monte, le chef de l’état se pose une fois encore en rempart du système qui vacille. C’est Pâques et le chef de bande du Oui de 2005 est ressuscité.

« Jean-Luc Mélenchon, il ne représente pas la gauche que je considère comme celle qui permet de gouverner, et il a des facilités qui quelquefois tombent dans le simplisme. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de responsabilité dans les massacres chimiques en Syrie. On ne peut pas considérer que Poutine peut faire n’importe quoi. On ne peut pas sortir de l’OTAN sans que ça ait des conséquences, on ne peut pas mettre en cause ce qui a été la grande construction européenne et surtout quand on se réclame de François Mitterrand ». La sortie présidentielle de ce dimanche est aussi virulente qu’elle est grotesque par sa caricature. Arrêtons-nous une seconde sur le fond.

Passés les jugements de valeur qui renvoient à la sienne propre et qui sont donc de peu de poids, M. Hollande cherche à effectuer une démonstration par l’exemple au prix de mensonges, falsifications et caricatures : « On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de responsabilité dans les massacres chimiques en Syrie », ben non, Jean-Luc mélenchon ne l’a jamais dit, il a au contraire précisé que les responsables, quels qu’ils soient, devraient être traduits devant le tribunal pénal international. Quels qu’ils soient ! Est-ce cela qui dérange M. Hollande, lui qui, dans les pas de M. Trump, a choisi tout de go et avant toute enquête de l’ONU le coupable idéal comme si nous n’étions pas instruits depuis 2003 et la guerre d’Irak, des manipulations qui peuvent, ou non, exister en de telles circonstances ? « On ne peut pas considérer que Poutine peut faire n’importe quoi ». Effectivement non. C’est pourquoi Jean-Luc mélenchon prône une France souveraine et indépendante. In-dé-pen-dan-te. « On ne peut pas sortir de l’OTAN sans que ça ait des conséquences ». Et bien oui cela en aura. C’est le but d’ailleurs, que la politique internationale se fasse à nouveau sous l’égide de l’ONU qui regroupe tous les pays de la planète et non sous direction étatsunienne ! Et c’est pour cela que cela se prépare, avec un retrait immédiat du commandement intégré de l’OTAN puis une sortie progressive à l’horizon 2022. « On ne peut pas mettre en cause ce qui a été la grande construction européenne », nous y voilà !

Que Jean-Luc Mélenchon ne soit pas un béni oui-oui de l’Europe bruxelloise et qu’il veuille établir un rapport de force sur la base d’une stratégie plan A / plan B, voilà qui chatouille M. Hollande. Et ce n’est pas d’aujourd’hui. Souvenez-vous : en 2005, celui qui était alors 1er secrétaire du PS était aussi le chef de file du OUI au Traité Constitutionnel Européen (TCE). A l’époque, après avoir cherché à museler son propre parti et menacé d’excommunication les partisans du NON, il allait jusqu’à poser en Une de Paris-Match avec M. Sarkozy pour opposer au peuple ce qu’il considérait à bon compte être la légitimité de la Caste. Déjà les caricatures fleurissaient : on nous promettait qu’en cas de victoire du NON ce serait le chaos. Et bien non ! Le pays a continué à fonctionner, les trains à rouler, l’eau à couler du robinet, les lettres à être distribuées, car ce ne sont pas ces gens là qui font fonctionner le pays mais celles et ceux qui veulent mettre bon ordre là où réside réellement le chaos, dans la démocratie qui elle ne fonctionne plus.

Douze ans et un quinquennat gâché plus tard, voilà donc François Hollande qui remonte au créneau contre Jean-Luc Mélenchon pour chercher à contraindre le peuple et tenter de dégager la route à l’européiste béat M. Macron. Il sait que pour cela il doit endiguer la dynamique populaire qui fédère autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Quitte à ménager le chien de garde du système que représente Mme le Pen comme il le faisait déjà en 2005 en déclarant : « Si Le Pen se fait discret, c’est que d’autres font le travail à leur place » et quand bien même pour la première fois depuis des années Jean-Luc Mélenchon réussit-il à faire reculer les idées et la base électorale du FN. Quitte à accepter le risque d’un pis-aller que serait M. Fillon comme l’était M. Sarkozy en 2005 qui avait ensuite pu remporter la présidentielle deux ans plus tard…et refaire passer en s’affranchissant cette fois du peuple le Traité constitutionnel européen déguisé sous les habits du Traité de Lisbonne avec la complicité de M. Hollande (mais aussi notamment de MM Fillon ou encore Hamon…). Ce sont donc les mêmes méthodes que celles de 2005 qui sont déployées.

Comme en 2005, le scénario était cette fois encore écrit à l’avance : l’alternance du vieux monde devait veiller au grain et prévoyait de se déguiser sous les habits d’un jeune premier docile si les choses tournaient mal. Mais cela c’était avant. Avant l’irruption populaire qui bouscule la donne. En 2005, les enquêtes d’opinion donnaient la partie pliée avant qu’en mars un déversement populaire ne vienne changer le cours des choses. C’est aussi en mars que la force magmatique du peuple a commencé à se déverser cette année par la brèche ouverte par Jean-Luc Mélenchon. A quelques jours du scrutin, en 2005, ils ont voulu nous faire croire à un sursaut du OUI et un tassement du NON. Nous savons donc à quoi nous aurons droit cette semaine. Mais comme en 2005, dans les urnes, le résultat sera plus puissant que jamais, la force du peuple aura trouvé son chemin, par delà tous les Hollande, Macron, Fillon, Le Pen et autres tenants du système. La victoire volée de 2005, nous ne la laisserons pas cette fois galvaudée car il est l’heure d’écrire enfin un Avenir en commun.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 10:01

20 ONG et experts se sont penchés sur les programmes des principaux candidats et ont délivré leurs conclusions (1).

A l’heure de bientôt faire le choix de l’un plutôt que de l’autre, le document ci-dessous est certainement très utile.

Les sujets ‘expertisés’ : libertés, sécurité-justice, numérique, justice, égalité, écologie, énergie et ressources, santé publique et sécurité routière, développement et solidarité internationale, culture, animaux.  

Exergue

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(1) https://blogs.mediapart.fr/georges-ledoux-lanvin/blog/160417/presidentielles-2017-revue-des-etudes-de-20-ong-et-experts-les-avis-sont-unanimes

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Extrait- introduction de l’article que vous allez lire en lien (1)

 

Les partis pris foisonnent à l'approche du premier tour, et il est difficile d'y voir clair tant chacun défend son intérêt personnel. Nous avons passé en revue l'ensemble des avis de 20 ONG, experts et journaux non-partisans, qui ont présenté des comparatifs détaillés des programmes de candidats sur les questions cruciales de notre époque.   

Les ONG (Organisations Non Gouvernementales) agissent au quotidien pour que les êtres humains vivent dans la dignité et puissent subvenir à leurs besoins vitaux, que l'environnement et les écosystèmes soient préservés, que nos libertés et nos droits ne soient pas bafoués, et que certains statuts sociaux ne soient pas dénigrés.

Leur action matérialise également l'essence de la devise nationale de la France, et ce quels que soient les intérêts des grands acteurs politiques et économiques.

Un combat constant pour la liberté, l'égalité, et la fraternité.

Nous pensons qu'aujourd'hui, plus que jamais, l'environnement doit être préservé car sa dégradation menace l'équilibre de la planète, notre santé, notre alimentation, notre survie et celles de nos enfants. C'est pourquoi l'avis des ONG nous semble important.

Nous nous devons d'être conscients du respect que chacun des candidats à la présidentielle accorde aux êtres humains, à leurs droits et à l'environnement.

Notre contribution

Nous sommes un petit groupe de chercheurs et de créatifs, de sensibilités politiques variées.

Lassés de voir fuser les propos aberrants de certains médias qui versent dans la propagande, fatigués que ceux qui sont censés nous donner accès à l'information multiplient les prises de position personnelles et irrationnelles, enferment les débats politiques dans des jeux superficiels sur des questions anecdotiques, et refusent d'aborder les sujets cruciaux de notre époque qui requièrent certains changements d'urgence, nous avons cherché tous les avis d'ONG et d'experts non-partisans, que nous présentons en intégralité dans cet article.

Etant donnée la charge de travail que cet inventaire représente, nous avons malheureusement dû nous restreindre à l'étude des 5 candidats qui recueillent le plus d'intentions de vote, nous nous en excusons.

Nous vous fournissons les liens vers chacune des études que nous citons, pour que vous puissiez aller consulter les avis sur les autres candidats.

Sur trois points qui nous semblaient importants (féminisme, culture et numérique), nous n'avons pas trouvé d'étude comparative d'ONG, et nous vous proposons les contributions d'association et de médias non-partisans, qui ont eu le mérite de proposer une étude comparative, même si elle ne présente pas la même rigueur que celles des ONG.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 08:41

Est-il de droite ? Est-il de gauche ? Chacun de s’interroger sur E. Macron, expert en bonneteau, et de prendre dans le discours de ce dernier ce qui lui convient afin de s’engager derrière lui. Je parle là des citoyens de ‘base’, non des barons venus de toutes parts qui, eux, savent quelle est la perspective que propose le candidat de En Marche. Alors voici de quoi éclairer la lanterne si, la distance aidant, on a une représentation politique de W. Schaüble et de Guy Verhofstadt.

Extrait de l’article ci-dessous :

« …. le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a cru bon de faire savoir qu’il votait pour Emmanuel Macron. Y aurait-il donc des ingérences qui sont condamnables et d’autres qui sont acceptables ? »….

….. « Certes, il est devenu banal de voir certains des candidats à la présidentielle faire le voyage de Berlin pour obtenir l’onction d’Angela Merkel ou de l’un des dirigeants de la coalition au pouvoir en Allemagne. C’est ce qu’ont fait avec ferveur Emmanuel Macron et Benoît Hamon, comme s’il était conseillé d’obtenir l’imprimatur du grand frère (ou de la grande sœur) avant de se lancer dans la bataille, actant ainsi un abandon de la souveraineté entré dans les mœurs. »

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Source : https://www.marianne.net/debattons/editos/l-oeil-de-berlin-surveille-la-presidentielle

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Pendant qu’on amuse la galerie avec les rumeurs d’ingérence russe dans la présidentielle, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a cru bon de faire savoir qu’il votait pour Emmanuel Macron. Y aurait-il donc des ingérences qui sont condamnables et d’autres qui sont acceptables ?

On nous a longtemps affirmé que Vladimir Poutine voulait « pirater » la présidentielle et que la Russie allait s’ingérer grossièrement dans le processus électoral français. On a même affirmé que les sbires du Kremlin avaient organisé des fuites sur la vie privée d’Emmanuel Macron, afin de le déstabiliser au profit des deux poulains supposés de la Russie que sont Marine Le Pen et, à un degré moindre, François Fillon. On attend encore les preuves concrètes de ces diverses accusations, mais peu importe, elles ont circulé, alimentant les pires rumeurs sur les agissements de Poutine.

Entre temps, via une interview au Spiegel, on a appris que le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, avait pris fait et cause pour Emmanuel Macron. Quant au belge Guy Verhofstadt, Président du groupe des Libéraux au Parlement européen, il a rédigé un tweet enthousiaste à la gloire de l’ex ministre des Finances. Or, jusqu’à preuve du contraire, nul ne s’est offusqué de ces interventions directes dans la vie politique française, comme si Wolfgang Schaüble et Guy Verhofstadt étaient fondé à expliciter le bon choix aux citoyens d’un pays ami, mais indépendant.

A moins que ces deux personnages n'aient tous les deux obtenu la nationalité française en catimini, on ne voit pas au nom de quel droit à l'ingérence ils viennent ainsi donner leur avis. Certes, il est devenu banal de voir certains des candidats à la présidentielle faire le voyage de Berlin pour obtenir l’onction d’Angela Merkel ou de l’un des dirigeants de la coalition au pouvoir en Allemagne. C’est ce qu’ont fait avec ferveur Emmanuel Macron et Benoît Hamon, comme s’il était conseillé d’obtenir l’imprimatur du grand frère (ou de la grande sœur) avant de se lancer dans la bataille, actant ainsi un abandon de la souveraineté entré dans les mœurs. D’ailleurs, personne n'a jugé bon de rappeler à Wolfgang Schaüble ou à Guy Verhofstadt qu'ils devraient tous les deux commencer par éviter de se mêler de ce qui ne les regarde pas. En serait-il de même si, par hypothèse funeste, un dirigeant Russe avait la mauvaise idée de faire connaître sa préférence?

Oui mais, nous dira-t-on, l’Allemagne et la Russie, ce n’est pas la même chose, vu que la première appartient à l’Union Européenne, et la seconde non. Et alors ? En quoi l’appartenance à l’UE remettrait-elle en cause l’indépendance de la France ? Il est vrai que depuis une vingtaine d’années, les traités adoptés (ou imposés) ont substitué à la souveraineté nationale une souveraineté supérieure, symbolisée par l’Union Européenne, à laquelle les Etats ont transféré des prérogatives relevant en principe de leurs compétences. Pour faire cohabiter ces entorses à répétition, il a fallu retravailler le texte fondateur de la Vème République à un point tel qu’il a perdu toute cohérence.

En contradiction avec l’esprit de la constitution, le traité de Maastricht (1992) a donné naissance à la « citoyenneté européenne » censée s’ajouter aux différentes citoyennetés nationales. Tous les traités postérieurs, qu’il s’agisse d’Amsterdam (1997), de Nice (2001) et de Lisbonne (2007), ont adopté des dispositions supplémentaires inspirées de la même démarche. Le cas du Traité de Lisbonne est le plus cocasse puisque ce dernier a été adopté envers et contre l’avis des peuples français et néerlandais, consultés par référendum en 2005.

Mais, de même que l’on ne transforme pas le plomb en or par l’opération du Saint Esprit, on ne crée pas un peuple ex nihilo, par simple mention sur un parchemin. Le peuple européen dont certains se gargarisent n’est qu’une fiction, un tour de passe-passe, une illusion. Ce qui fait peuple, c’est un passé, une culture, une histoire, une langue, un destin, un ensemble de valeurs, et une volonté commune. Autant il existe des peuples européens qui peuvent coopérer et créer une nouvelle histoire - voire une identité partagée - à partir de leurs nations et de leurs Etats respectifs, autant il est abusif – et même dangereux – de prétendre en conclure qu’il existe un « citoyen européen » au sens plein et entier du terme.

A la vérité, la notion de « citoyenneté européenne » n’est que l’aboutissement ultime d’un ovni bureaucratique – l’Union Européenne et ses différents pouvoirs – utilisé pour enlever encore un peu plus de droits à des citoyens qui en étaient déjà privés dans leurs pays concernés. Faute de construire « l’Europe des peuples » dont rêvait Fernand Braudel, auteur de « L’Identité de la France », on a bâti l’Europe contre les peuples, en instaurant le pouvoir conjoint des oligarques et des Eurocrates. A la longue, on a fini par s’habituer à déléguer ailleurs – à Bruxelles ou à Berlin – des éléments constitutifs de la souveraineté nationale, ouvrant ainsi la porte aux ingérences diverses et variées.

Dans ces conditions, avec tout le respect que l’on doit à un ministre allemand, on est droit de dire à Wolfgang Schaüble qu’il n’a pas à se mêler des enjeux politiques propres à la France. Violer ce principe de base de la démocratie, c’est laisse croire que notre pays est devenu une simple région d’un ensemble supranational. Libre à chacun de rêver d’une telle perspective. Mais pour l’heure, il serait bien que chacun des candidats à la présidence de la République s’en souvienne et soit aussi intransigeant avec toute forme d’ingérence, d’où qu’elle vienne.

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 20:38

Extrait :

« Cet épisode aura au moins permis de mesurer la nature de la grande peur qui saisit les partisans de la continuité libérale lorsque celle-ci est menacée …. »

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Source : http://www.regards.fr/web/article/melenchon-peril-rouge-en-la-demeure

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La hausse des intentions de vote en faveur du candidat de la France insoumise a suscité une vague de discours annonçant l’apocalypse bolchevique. Ils expriment surtout la panique de ceux craignent tout réel bouleversement politique.

  •  

La médiatisation d’une campagne présidentielle étant largement déterminée par l’évolution des "cotes" des candidats telles que définies par la vérité sondagière du moment, elle implique que toute tendance vers le haut pour l’un d’eux l’expose soudainement à un feu nourri – un peu comme au stand de tir quand le lapin dépasse. Cette modalité nuit évidemment à la construction d’un débat de fond sur leurs propositions, débat susceptible d’alimenter une réflexion rationnelle des électeurs, mais elle a le mérite de mettre en exergue ce qui motive le peloton.

"Maximilien Ilitch Mélenchon"

Dans le cas de Jean-Luc Mélenchon, que les enquêtes placent désormais en position de troisième homme – et de véritable "vote utile" pour la gauche –, et dont les vertus d’homme politique semblent tout à coup frapper les esprits, on ne s’étonne pas que le chiffon rouge soit agité. Avec plus ou moins de véhémence et de ridicule. La palme revient en la matière au Figaro qui, dans son édition de mercredi 12 avril, a retrouvé des accents de mai 1981. L’éditorial involontairement comique de Paul-Henri du Limbert s’intitule ainsi "Maximilien Ilitch Mélenchon", et convoque les figures de Lénine, Trotski, Robespierre, Castro, Chavez et même Georges Marchais pour effrayer le bourgeois (le bourgeois est impressionnable). Il consiste à essentialiser le candidat de la France insoumise, « apôtre des dictateurs révolutionnaires », comme ataviquement bolchevique, le couteau forcément entre les dents.

Le dossier tout entier empile les menaces : « big bang social » pour raviver la vieille peur révolutionnaire, « explosion des impôts, des dépenses publiques et de la dette » pour exciter la raison boutiquière, « confiscation de tous les revenus supérieurs à 400.000 euros annuels » et « coup de massue fiscal sans précédent » pour consterner la clientèle. Le « délirant projet du Chavez français » porterait un « coup fatal à l’économie nationale » selon le quotidien, qui ne mesure pas le coût fatal des politiques économiques actuelles pour une majorité de la population. En revanche, il invoque la Pythie boursière : « Les marchés financiers s’en inquiètent et les taux d’intérêt sur la dette française ont commencé à se tendre ». Pire, sur l’immigration, JLM prônerait « des mesures à la gauche de la gauche » : droit du sol intégral et refus des quotas. Voilà qui donne une idée de l’extrême droitisation des repères.

"Cataclysme" économique

Si c’est l’angle de "l’utopisme" de son programme qui avait été servi contre Benoît Hamon par le Parti pragmatique, on monte d’un cran pour son rival à gauche. « Les banquiers prédisent un cataclysme », titre Le Parisien. Les banquiers ont pourtant plus fait la démonstration de leur capacité à déclencher des cataclysmes que de leur capacité à les prévoir. Pour cerner la menace, l’article recueille l’expertise de membres de sociétés de gestion d’actifs. « Les investisseurs commencent à intégrer le "risque Mélenchon" », avertit pour sa part le quotidien de Bernard Arnault, Les Échos.

Dans Le Monde, si Yves Bordenave moque ceux qui brandissent l’épouvantail rouge, la correspondante auprès de l’U, probablement atteinte du syndrome de Bruxelles, y va d’un article dont le titre résume l’intention : "Le Pen, Mélenchon : un même danger pour l’Europe". L’amalgame avec le FN présente l’avantage d’être plus contemporain que la référence aux chars soviétiques. « Ces programmes n’ont rien de libérateurs : ils sont trompeurs et dangereux », affirme la journaliste. Son texte mériterait à lui seul un commentaire composé, tant il illustre une défense doctrinaire de l’Union européenne, dont JLM menace le si vertueux pacte de stabilité [1]. « L’UE dans sa configuration actuelle ne se remettrait pas » d’un Frexit, se désole-t-elle sans comprendre que l’UE est d’abord victime d’elle-même [2].

Surtout pas de "révolution"

Les autres candidats sont aussi de la partie. François Fillon retrouve un certain sens de la formule, estimant qu’avec son « programme communiste », Mélenchon « se rêve en capitaine du cuirassé Potemkine, mais négociera la ferraille du Titanic ». Macron, dont l’imagination n’est pas le fort, le rejoint en fustigeant le « révolutionnaire communiste » (l’épithète est probablement là pour ne pas discréditer la "révolution" dont l’ancien ministre des Finances a fait le titre de son livre). François Hollande lui-même sort de sa réserve pour agiter le « péril » – dont la couleur n’est pas précisée, et regretter la « mode » Mélenchon. Sur ce point, l’intéressé semble pourtant en accord avec lui, dans sa dernière note de blog : « Me voici à la mode dans certains salons. Et cela me vaut, ou bien des compliments parfois excessifs, ou bien des imprécations sidérées et furieuses ».

Une inversion de la courbe dans les jours qui viennent mettrait un terme à cette séquence, peut-être comme un effet des imprécations lancées sur le candidat. Mais comme elle survient très près du scrutin, à un moment où le candidat du consensus Emmanuel Macron semble faiblir, la panique est palpable et le tir de barrage nourri. Cet épisode aura au moins permis de mesurer la nature de la grande peur qui saisit les partisans de la continuité libérale lorsque celle-ci est menacée : pas celle du rouge, plutôt celle d’un changement radical de la vie politique, dont l’aspiration ne pourra être ignorée beaucoup plus longtemps.

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Notes

[1] Sans savoir gré à l’Allemagne, l’ingrat, d’avoir abandonné le mark pour l’euro (en assurant que ce soit à son profit, mais on ne va pas s’arrêter à si peu).

[2] « Ne se serait-il pas plus sage de continuer à réformer l’UE ? », s’interroge notre candide, qui estime même que « Jean-Claude Juncker déroule un agenda quasiment social-démocrate » (rires). Là encore, la perte des repères politiques des partisans de l’UE actuelle laisse songeur – au moins autant que leur déni du désastre politique et économique dans lequel elle s’est précipitée toute seule.

 

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Compléments :

Ceci : http://www.bfmtv.com/politique/sondage-macron-le-pen-melenchon-et-fillon-dans-un-mouchoir-de-poche-1142646.html
explique cela : http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/en-images-peril-desolation-ruine-jean-luc-melenchon-cible-de-toutes-les-attaques_2144422.html
Ce qui permet en même temps d’avoir la liste des coquins.

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