Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 19:28

Concernant les pronostics aux élections les sondages ne sont guère prédictifs, cependant qu’ils peuvent être source de renseignements dès lors qu’ils indiquent des tendances, raison pour laquelle on peut les observer.

Ci-dessous, vous sont proposés 2 articles. Pour le premier, je vous recommande la lecture du lien car il donne lecture de tableaux, de graphiques et camemberts, et qu’il vous sera possible de procéder à vos propres observations.

Il semble qu’on peut lire l’éclatement de l’électorat du PS. Les électeurs Vals-Macron étant appelés à brève échéance à rejoindre la droite. Les autres reconnaissant en Mélenchon celui qui représente désormais la gauche. Ainsi le paysage politique s’éclaircit quelque peu, ce qui n’est pas un mal.

Exergue

**

**

1ier article

http://linkis.com/www.lefigaro.fr/poli/0WScl

*

INFOGRAPHIES - Selon une enquête TNS Sofres OnePoint pour RTL, LCI et Le Figaro, seuls 19 % des sympathisants de gauche estiment que le chef de l'État serait le meilleur candidat pour affronter la droite en 2017.

Un nouveau sondage catastrophique. Pour François Hollande, chaque enquête apparaît comme un couteau remué dans la plaie. Notre enquête TNS Sofres OnePoint pour RTL, LCI et Le Figaro vient en effet doucher encore un peu plus les espoirs de réélection du président de la République, s'il lui prenait l'envie de se représenter.

Pour la gauche, déboussolée, la présence de Hollande à la présidentielle de 2017 pourrait passer par l'organisation préalable d'une primaire de la gauche dont le sort sera débattu samedi au cours d'un conseil national du PS. Une écrasante majorité des électeurs de gauche la réclament. Si à 72% les Français la souhaitent, ils sont encore bien plus nombreux chez les sympathisants de gauche (86%) et particulièrement chez ceux du PS (87%).

«L'intensité avec laquelle les électeurs de gauche réclament une primaire montre qu'ils ont besoin de se trouver un candidat, et surtout de répondre à ce que doit être vraiment la gauche», explique Emmanuel Rivière, directeur du pôle études politiques de TNS Sofres. Les Français de gauche ne considèrent pas François Hollande comme le meilleur candidat pour 2017. Auprès des sympathisants PS, c'est Manuel Valls qui fait la course en tête (36%) devançant François Hollande (30%) talonné par Emmanuel Macron (29%). Jean-Luc Mélenchon (18%), Arnaud Montebourg (15%) et Nicolas Hulot (15%) sont distancés.

Relégué en queue de liste

Plus intéressant: auprès de l'ensemble des sympathisants de gauche, c'est Mélenchon qui est considéré comme le meilleur candidat (35%), suivi de Hulot (23%), de Valls (21%) et de Macron (20%). Dans cet électorat, Hollande n'occupe que la cinquième place avec 19% des réponses.

Jean-Luc Mélenchon prouve ainsi qu'il existe désormais une vie politique hors du PS. À l'inverse, le parcours politique d'Arnaud Montebourg apparaît de façon moins évidente aux yeux des électeurs. Mais c'est auprès de l'ensemble des Français que le chef de l'État est jugé le moins bon des candidats de gauche. Il est même relégué, avec 7%, en queue de liste avec ce qui est communément appelé les «petits candidats»… là où Emmanuel Macron domine (31%).

François Hollande éprouve une vraie difficulté à s'imposer comme le candidat de la gauche, y compris chez les sympathisants PS. Il semble désormais que la gauche de gouvernement hésite entre Valls et Macron, tandis que la gauche mécontente se choisit Mélenchon.

Dans l'hypothèse où Hollande ne serait pas candidat, Macron est l'option préférée des sympathisants PS, qui le placent en tête (40%) devançant légèrement Valls (38%). Hulot (19%), Mélenchon (18%) et Montebourg (17%) sont distancés. Mais dès lors que l'ensemble de la gauche est interrogé, c'est Mélenchon qui prend nettement le dessus (36%), devant Macron (25%), Valls (24%), Hulot (23%).

«La gauche, estime Emmanuel Rivière, revisite le quinquennat à l'aune de deux éléments: la loi El Khomri, qui l'a profondément divisée et irritée, et la quasi-certitude que la victoire en 2017 n'est pas l'option la plus certaine. Du coup, une certaine radicalité devient fédératrice à gauche.»

*

*

2ième article

http://linkis.com/huffingtonpost.fr/26CzZ

Interdiction de manifester, une rupture de plus qui va doper la candidature Mélenchon

*

PRESIDENTIELLE 2017 - Le feu gagne désormais les rangs du Parti socialiste. La menace brandie par François Hollande d'interdire les manifestations anti-loi Travail faute de pouvoir éviter les débordements des casseurs aggrave encore un peu plus la fracture qui mine la gauche. Au risque d'atteindre un point de non-retour dont pourrait profiter la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la prochaine élection présidentielle.

Depuis l'avertissement du chef de l'Etat, l'aile gauche du PS, où les candidats potentiels à une hypothétique primaire de la gauche rongent leur frein, n'hésitent plus à monter au créneau. "Nous sommes en face de la politique du coup de force permanent. Vous avez un problème parlementaire, on sort le 49-3. Vous avez une motion de censure sur le point d'être déposée par des parlementaires de la majorité, fait exceptionnel, on sort la machine à sanctionner. Vous avez un problème avec les organisations syndicales, les pétitions, vous leur interdisez de manifester", s'est désolé ce jeudi l'ancien ministre Arnaud Montebourg sur France Culture.

Le chantre du Made in France, qui devrait dévoiler ses intentions présidentielles à la fin de l'été, rappelle que "le droit de manifester est un droit constitutionnel, acquis de haute lutte" par la gauche. Une manière de souligner le fossé qui oppose désormais l'exécutif et le corps social qui l'a élu en 2012.

Le flou sur la primaire paralyse les frondeurs

"La liberté de manifester n’est pas négociable. Jamais, depuis 1958, une telle menace n’a pesé sur elle", s'est alarmé la veille dans un communiqué le député frondeur Christian Paul. "Je pense que cet entêtement est mauvais pour la démocratie française", a renchéri l'ancien ministre Benoît Hamon, autre candidat potentiel à une primaire de la gauche.

Mais si la surdité du gouvernement aux exigences des adversaires de la réforme El Khomri devrait théoriquement donner des ailes aux socialistes qui rêvent de contester à François Hollande l'investiture du PS en 2017, ceux-ci se heurtent à un mur de taille: personne ne sait encore si une primaire ouverte sera bien organisée avant la fin de l'année.

Le scrutin a beau être inscrit dans les statuts du parti, les discussions entre les partis de gauche sont au point mort. D'autant que Jean-Luc Mélenchon a décrété d'office qu'il ne participerait pas à l'exercice. Pour ne rien arranger, la justice a débouté ce mercredi trois adhérents du PS qui lui demandaient de contraindre le PS à respecter ses propres règles internes.

Mélenchon fait jeu égal avec Hollande

En attendant, c'est donc le seul candidat déclaré à gauche de la gauche qui profite du désarroi provoqué par l'intransigeance du gouvernement. Premier pourfendeur de la loi Travail, Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui l'unique personnalité officiellement en campagne pour porter la lutte contre l'austérité libérale imputée au Parti socialiste. Et il mise sur la marginalisation du président de la République pour s'imposer comme la meilleure candidature alternative en 2017.

Une stratégie qui ne lui réussit pas trop mal. Selon un nouveau sondage BVA en partenariat avec Orange et la Presse Régionale publié ce mercredi, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon font désormais jeu égal au premier tour de l'élection présidentielle avec 14 à 15% d'intentions de vote. Des projections très insuffisantes pour leur permettre de se hisser au second tour mais qui témoignent de la dynamique engrangée par le cofondateur du Parti de Gauche, dont la cote de popularité repart aussi à la hausse alors que celle du président s'effondre.

Un récent sondage Ifop -Fiducial pour Paris Match et Sud Radio marquait un net recul de François Hollande, de Manuel Valls et d'Emmanuel Macron, preuve que le courant social-libéral de l'exécutif traverse une mauvaise passe. A l'inverse, Jean-Luc Mélenchon y gagnait 5 points et Arnaud Montebourg 3.

Preuve qu'au-delà de l'élection présidentielle, c'est bien le leadership de la gauche antilibérale qui se joue aujourd'hui. Chacun misant sur l'effondrement de l'exécutif pour incarner la relève.

Repost 0
10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 12:57

Les vidéos au Parlement européen sont toujours très courtes ; c’est pas le lieu où on disute.

**

**

  • Au Parlement européen sur la laïcité

http://melenchon.fr/2016/06/09/defense-de-laicite-parlement-europeen/

*

- Au Parlement européen sur la stabilité en Europe

http://melenchon.fr/2016/06/08/lotan-usa-ne-garants-de-securite-de-stabilite-europe/

*

  • Chez ‘Bourdin’ , au lendemain de Stalingrad

http://melenchon.fr/2016/06/06/hollande-valls-ministres-40-personnes-bloquent-pays/

*

  • Au Québec : accueil enthousiaste

https://www.youtube.com/watch?v=bWN6zhj7UN0&feature=youtu.be

Repost 0
10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 06:02

Les cadres du PCF n’en finissent pas d’être dans la position de l’âne de Buridan qui pour ne pas arriver à trancher entre le picotin et l’eau va mourir et de faim et de soif.

Les cadres du PCF (pas tous, fort heureusement). Mais non point les militants, encore moins l’électorat, qui majoritairement ont choisi la France Insoumise. On ne peut imaginer que le candidat Mélenchon n’engrange pas des voix communistes dans les 12% d’intentions de vote dont il est crédité, et quand bien même en aurait-il perdu quelques-unes cela signifierait (cela signifie) qu’il en est d’autres qui se rendent sur la candidature proposée par la France Insoumise, en mesurent la dynamique de la démarche, le sérieux du projet, d’autres qui entendent sortir, enfin, de la merde dans laquelle ils sont.

Qu’attendent donc les cadres du PCF ? De sauver le peu de sièges qui leur reste en s’accoquinant avec le PS - comme d’hab - lors des législatives ?

Les voici donc passés du statut de l’âne indécis à celui de turfiste et à tenir pari sur le tocard à propos duquel tout le monde s’accorde pour dire qu’il ne franchira pas l’obstacle du 1ier tour des présentielles tandis que la France Insoumise se propose en outsider de plus en plus crédible.

Les élections législatives, dans le cadre de la 5ième république, ayant toujours vérifié le résultat des présidentielles, c’est que les cadres du PCF font le pari du PS gagnant, le pari de celui dont ils disent pis que pendre - enfumage – mais avec qui ils n’ont de cesse de fricoter avec toujours de mauvaises raisons qu’ils sont les seuls à comprendre.

Finalement, on se retrouve là dans la situation de dirigeants qui, pour sauver leurs places, n’hésitent pas à brader leur entreprise et les ouvriers qui vont avec. Chapeau !

Place au Peuple ou place aux sièges ?

Suivent 2 articles intéressants :

  • Mélenchon 2017 : la grande peur du parti communiste
  • Entre le PCF et Mélenchon, la gauche radicale «entre deux chaises»

Exergue

***

***

  • 1ier article : Mélenchon 2017 : la grande peur du parti communiste, par Jérôme Sainte Marie

*

Source : http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/06/06/31001-20160606ARTFIG00232-melenchon-2017-la-grande-peur-du-parti-communiste.php

*

Cela l'appareil communiste le redoute au plus haut point, car la plupart des positions qui lui restent dans les collectivités locales, et qui conditionnent sa survie économique tout autant que politique, dépendent d'un accord avec le Parti socialiste. Il s'agit certes de «traités inégaux», mais qui lui assurent une représentation au sein des conseils régionaux, départementaux ou municipaux. Pour que ces accords tiennent, les communistes doivent contester les réformes gouvernementales et faire exister leur identité politiques, car sinon leur utilité comme force d'appoint disparaîtrait, sans pour autant gêner, au tour décisif, leur partenaire socialiste

En s'étant déclaré très tôt, Jean-Luc Mélenchon a su capter cet élan, qui prend le Parti communiste à contre-pied. Comment, pour Pierre Laurent, s'opposer à un candidat qui retrouve dans les intentions de vote quatre de ses anciens électeurs sur cinq, et qui demeure très populaire parmi les sympathisants communistes?

FIGAROVOX/CHRONIQUE/VIDÉO- Les bons sondages de Jean-Luc Mélenchon n'enthousiasment pas Pierre Laurent. Jérôme Sainte-Marie explique les divergences de stratégie entre «la France insoumise» et le PCF.

Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé ensuite BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut ISAMA en 2008.

Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. Dernier ouvrage paru: Le nouvel ordre démocratique (Editions du Moment).

La concomitance le dimanche 5 juin du congrès du Parti communiste et du rassemblement place Stalingrad met en lumière l'éloignement actuel entre Jean-Luc Mélenchon et la principale formation politique l'ayant soutenu en 2012. Ce hiatus intrigue: avec 12% des intentions de vote, le leader de la «France insoumise» est déjà au-delà des 11,1% des suffrages exprimés recueillies il y a quatre ans, voire en position de devancer l'actuel Président de la République, honni par les sympathisants communistes. Pourquoi le PCF ne saisit-il pas, ou pas encore, l'opportunité de peser au sein de la gauche comme jamais depuis 1981? Après un retour sur les déboires communistes à l'élection présidentielle, il apparaît que ce sont les chances mêmes de réussite de Jean-Luc Mélenchon qui inquiètent l'appareil de la place du Colonel Fabien, et le placent dans une situation de schizophrénie politique rarement égalée.

L'élection présidentielle, ou le cauchemar du Parti

Le 1er juin 1969, Jacques Duclos, candidat présenté par le PCF à l'élection présidentielle, rassemblait 21% des suffrages exprimés, manquant de 400 000 voix la qualification pour le second tour, cependant que Gaston Defferre, soutenu par la SFIO, se contentait d'un très modeste 5%. Ce fut la première et dernière fois que les communistes devancèrent les socialistes au scrutin décisif de la Vème République. L'ampleur du pari de Jean-Luc Mélenchon s'évalue à cette aune: prendre le pouvoir, où, du moins, recomposer l'opposition future à son profit, en brisant l'hégémonie de la social-démocratie sur la gauche, contre tous les précédents.

La singularité de sa démarche apparaît mieux si on la compare à celle du Parti communiste d'une part, des formations d'extrême-gauche d'autre part. Ces dernières, dans une logique léniniste, ont un rapport instrumental au suffrage universel, et ne se servent de l'élection présidentielle que comme une tribune au service de leur organisation et des luttes que celle-ci soutient. Tel était le sens de la présence d'Alain Krivine en 1969, comme de celles de tous les candidats trotskistes depuis. Leur résultat importe peu, et le fait que les sondages attribuent actuellement entre 2 et 3%, en score cumulé, à Lutte Ouvrière et au NPA ne les dissuadera pas de participer au scrutin. La position du Parti communiste est très différente, et, d'ailleurs, ce parti se caractérise par son absence répétée lors de l'élection présidentielle: ce fut le cas en 1965 et 1974, par un ralliement à François Mitterrand dès le premier tour, et, d'une autre manière, en 2012, avec le soutien apporté à un candidat n'ayant jamais été encarté au PCF, Jean-Luc Mélenchon précisément.

En s'étant déclaré très tôt, Jean-Luc Mélenchon a su capter cet élan, qui prend le Parti communiste à contre-pied. Comment, pour Pierre Laurent, s'opposer à un candidat qui retrouve dans les intentions de vote quatre de ses anciens électeurs sur cinq, et qui demeure très populaire parmi les sympathisants communistes ?

La raison de cette attitude a varié au fil des ans. Même à l'époque de sa splendeur, le Parti communiste n'a jamais été en position de l'emporter au second tour. Au moins pouvait-il se compter, et renforcer ainsi sa position de négociation avec ses partenaires de gauche. Depuis son effondrement électoral de 1988 - André Lajoinie réalisant moins de 7% des suffrages exprimés -, ce scrutin accélère son déclin, avec comme nadir les 1,9% de Marie-George Buffet en 2007. Aussi la candidature de Jean-Luc Mélenchon fut-elle considérée place du Colonel Fabien comme une double opportunité: au mieux, profiter de la dynamique du Front de gauche pour davantage peser face aux socialistes, au pire, ne pas associer directement le nom du parti à un mauvais score. Ce ne fut pourtant ni l'un, ni l'autre: les 11,1% de Jean-Luc Mélenchon constituèrent une réelle surprise - les sondages le mesurant à 3% lorsqu'il fut investi -, mais leur utilité politique pour le PCF fut réduite, voire nulle, puisque aux législatives de 2012 le nombre de ses élus fut divisé par deux, avec seulement sept députés communistes. Une nouvelle fois, le scrutin présidentiel s'avéra être pour le Parti un problème sans solution satisfaisante.

Le souffle déstabilisateur de la «France insoumise»

Il y a désormais bien pire, pour les dirigeants communistes. Malgré un score décevant des listes du Front de gauche aux élections européennes (6,6%), malgré l'intégration dès le premier tour des communistes aux listes conduite par les socialistes lors des élections municipales, dans de nombreuses villes dont Paris, malgré enfin le ralliement précipité et vain de Pierre Laurent à Claude Bartolone au second tour des régionales en Ile de France, les sympathisants communistes persistent dans leur espoir d'une alternative au Parti socialiste. La politique gouvernementale, avec le pacte de responsabilité, la loi Macron et la loi El Khomri, est pour beaucoup dans cette obstination.

En s'étant déclaré très tôt, Jean-Luc Mélenchon a su capter cet élan, qui prend le Parti communiste à contre-pied. Comment, pour Pierre Laurent, s'opposer à un candidat qui retrouve dans les intentions de vote quatre de ses anciens électeurs sur cinq, et qui demeure très populaire parmi les sympathisants communistes? À cela s'ajoute une popularité en forte progression, avec par exemple dans le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine, 27% des Français, et 49% des sympathisants de gauche, qui souhaitent lui voir jouer un rôle plus important à l'avenir. La possibilité qu'il dépasse au premier tour le candidat du Parti socialiste existe donc, avec des effets en chaîne tout à fait imprévisibles.

Cela l'appareil communiste le redoute au plus haut point, car la plupart des positions qui lui restent dans les collectivités locales, et qui conditionnent sa survie économique tout autant que politique, dépendent d'un accord avec le Parti socialiste. Il s'agit certes de «traités inégaux», mais qui lui assurent une représentation au sein des conseils régionaux, départementaux ou municipaux. Pour que ces accords tiennent, les communistes doivent contester les réformes gouvernementales et faire exister leur identité politiques, car sinon leur utilité comme force d'appoint disparaîtrait, sans pour autant gêner, au tour décisif, leur partenaire socialiste.

C'est précisément cela que la dynamique insufflée par Jean-Luc Mélenchon menace. En refusant de participer à de très hypothétiques primaires à gauche, il supprime un prétexte commode pour un ralliement ultérieur à François Hollande. En se proposant comme débouché politique au mouvement social, il encourage celui-ci et contribue à rendre les fractures de la gauche irréparables. En suscitant, sur la foi des sondages, un élan considérable, il mine les chances d'une qualification du candidat socialiste au second tour de la présidentielle, et rend, dans l'hypothèse où celui-ci y parviendrait, les reports de voix très aléatoires.

Pour toutes ces raisons, les dirigeants communistes, que des décennies de défaites électorales ont rendu modestes, répugnent à s'engager dans une aventure électorale aussi ambitieuse que celle que propose Jean-Luc Mélenchon. Ils savent bien à quel champ de ruines pourrait ressembler la gauche institutionnelle si elle était éliminée à l'issue du premier tour de 2017. Pourtant leurs réticences risquent de bien peu peser à l'automne prochain si persiste le souffle déstabilisateur de la «France insoumise».

**

**

**

2ième article : Entre le PCF et Mélenchon, la gauche radicale «entre deux chaises», par Marc de Boni

*

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/06/05/25001-20160605ARTFIG00131-entre-le-pcf-et-melenchon-la-gauche-radicale-entre-deux-chaises.php

*

LE SCAN POLITIQUE/REPORTAGE - Alors que le 37e congrès du PCF s'achevait ce dimanche par une reconduction de Pierre Laurent à sa tête, Jean-Luc Mélenchon tenait son propre rassemblement de la «France insoumise».

La journée de clôture du 37e congrès du Parti communiste français était soumise à rude concurrence ce dimanche. Des cris de fans retentissaient dimanche matin aux abords des Docks de Paris, à Aubervilliers. Mais c'est pour accueillir un «Youtuber» renommé reçu dans une salle voisine, et non pas pour le discours de Pierre Laurent, qu'une cohorte de jeunes déchaînés s'était rassemblée. Autre diversion pour le patron des communistes: le rassemblement de la France insoumise organisé par Jean-Luc Mélenchon, place Stalingrad. L'horaire serré entre la fin du discours du premier secrétaire du PCF et le début de celui de Jean-Luc Mélenchon laissait peu de choix aux militants: il leur fallait trancher entre le pique-nique communiste d'Aubervilliers et le défilé de «la France insoumise» organisé par les soutiens du fondateur du Parti de gauche. Une fois encore les nostalgiques des bons scores de 2012 du Front de gauche, laissé pour mort depuis les élections régionales, se trouvent écartelés.

Pierre Laurent : le refus du candidat solitaire

À la tribune d'Aubervilliers, Pierre Laurent monte cependant en triomphe. Il vient d'être reconduit dans ses fonctions de patron du PCF, et sa ligne critique à l'égard de «l'aventure personnelle» de Jean-Luc Mélenchon l'a emporté. Plus attentif à construire un «socle programmatique commun» en vue des élections législatives de juin 2017 qu'à la désignation rapide d'un champion de la gauche radicale pour la présidentielle, le PCF annonce qu'il tranchera à l'automne. «Dans les conditions actuelles, nous allons vers une multiplication des candidatures», déplore-t-il auprès des journalistes. Mélenchon et Laurent se sont rencontrés au tout début du congrès: «Pour le moment, il trace sa route et il n'y aura pas de changement, m'a-t-il dit. Mais la question unitaire est plus que jamais posée, parce que les citoyens veulent la convergence, et il faudra qu'ils le disent».

Dans la salle bien garnie de militants disciplinés, le soutien à Pierre Laurent semble unanime. Quand la langue de ce dernier fourche à la tribune, pour désigner Mélenchon comme «notre candidat pour 2017», les huées fusent. Pourtant un certain nombre de communistes hésitent, et une fois l'Internationale chantée, quelques uns filent en direction du défilé de la place Stalingrad. C'est le cas de la députée Marie-Georges Buffet, qui a quitté sous les ovations ce week-end ses fonctions de dirigeante au PCF.

C'est également le cas de Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble!, l'une des trois principales composantes du Front de gauche. Au Scan, elle confie son tiraillement: «Le cul entre deux chaises en politique, c'est l'histoire d'une vie!». «Il me faut aller aux deux événements, car nos partenaires y sont… Je vais manger le pique-nique à Aubervilliers et boire le café à Stalingrad». Elle partage ses griefs entre ses deux alliés des élections régionales, et appelle aujourd'hui à «un nouveau cadre, hors du Parti de gauche». «Je ne veux pas d'un pacte commun à minima», tranche-t-elle à destination de Pierre Laurent, désireuse de ne «pas refaire le scénario de 2012». À Mélenchon, elle reproche de ne pas jouer collectif: «rien que le nom de la campagne JLM2017, c'est une démarche totalement personnelle». À choisir, on sent bien qu'elle aimerait même faire des hommes du passé table rase. «Bien sûr qu'il faut un renouvellement. C'est un souci évident et cela va bien au-delà de la présidentielle».

À quelques centaines de mètres du siège du PCF, le «défilé de la France insoumise» est un succès. Sur le modèle d'un défilé de mode, une scène centrale accueille des incarnations des luttes sociales du moment: postiers, cheminots, étudiants, féministes, opposants à la loi travail. Dans la foule, un certain nombre de drapeaux du PCF flottent. «Il faut arrêter de perdre du temps», peste Jacques, militant de la fédération des Hauts-de-Seine. «Je reviens du congrès et ce qui nous est proposé pour 2017 est une usine à gaz. Il faut se ranger derrière le meilleur candidat dès maintenant et en finir avec les querelles d'ego, les divisions, qui nous ont plombés aux régionales. De toute façon le PCF va rallier Mélenchon dès l'automne, alors autant y aller dès maintenant».

« De toute façon, ce sera Mélenchon »

Bruno Bonin, secrétaire fédéral du Parti communiste dans les Deux-Sèvres, préfère s'en remettre à l'humour. «À Aubervilliers comme à Stalingrad, on entend exactement le même discours», se rassure-t-il. «Il n'y a aucune raison d'attendre puisque la base de programme sera la même qu'en 2012, celle que Mélenchon a portée à des scores inespérés». «Se priver de Jean-Luc Mélenchon, le seul à même d'affronter l'appareil politique et médiatique: ce serait une folie», poursuit-il. Á la tribune d'Aubervilliers, Pierre Laurent a pourtant prévenu: si le fondateur du Parti de gauche persiste dans sa démarche solitaire, le PCF se tient «prêt à engager un candidat» au service d'une démarche plus unitaire. «De toute façon, à la fin ce sera Mélenchon», balaye Bruno Bonin.

Carrément absents du congrès dimanche, certains communistes semblent avoir déjà fait leur choix. C'est le cas de Francis Parny, qui est à l'origine d'une pétition en ligne appelant les communistes à soutenir Mélenchon, après avoir quitté la direction de son parti. Il intervient à Stalingrad ce dimanche pour appeler au rejet de la ligne adoptée par Pierre Laurent. «Quand on a un bon candidat qui porte un bon projet, on le désigne sans attendre. Pierre Laurent veut un compromis avec les réformistes et cette stratégie illusoire mène le PCF dans le mur. Avec la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a tiré les enseignements des échecs du Front de gauche», juge-t-il auprès du Scan. «J'espère que l'on va se mettre rapidement d'accord», intervient peu après une militante inquiète, «parce qu'on est quand même très proches sur l'essentiel».

Repost 0
9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 04:30

Quelques jours avant le défilé des Insoumis place Stalingrad, Roger Martelli, historien, ancien dirigeant du PCF, désormais animateur du groupe Ensemble, adressait à J-L Mélenchon la lettre ci-dessous.

Au lendemain du rassemblement, il participait sur LCP à l’émission Ça vous regarde (1) en compagnie d’un membre du PG, d’un communiste, d’un socialiste.

‘Le pire serait la reproduction de ce que l’on est en train de nous construire, pierre après pierre, et qui nous conduit tout droit à la cantine du Front national, en 2022 si ce n’est pas en 2017…..En bref, nous n’avons pas besoin d’une gauche un tout peu plus à gauche, mais d’une gauche de rupture. C’est en rompant que l’on améliore les choses, même si l’on y parvient progressivement’, écrit-il.

  1. http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/274548-ca-vous-regarde

Exergue

*

*

*

Lettre de R. Martelli

Source : https://fdg-info13.com/2016/06/04/lettre-de-roger-martelli-a-jean-luc-melenchon/

*

*

Mon cher Jean-Luc,

Je serai avec toi au rassemblement du 5 juin.

Jamais je n’ai connu une situation aussi étonnante que celle que nous vivons, tant de nuages noirs et tant de lumières, éparses ou regroupées pour contredire les ténèbres. La politique telle qu’elle se pratique est bien malade. Et pourtant le désir de politique vraie est incroyablement tenace, dans les rues et sur les places, au grand jour ou dans la nuit.

Nous ne savons pas ce qu’il adviendra du mouvement en cours contre la loi Travail. Soyons seulement persuadés qu’il a besoin de s’adosser à de la perspective politique, pour que la colère ne tourne pas au ressentiment, pour que le pire toujours possible ne l’emporte pas sur le meilleur à notre portée. Le pire serait que grandisse l’image d’un espace politique anémié, occupé par les seules forces du consensus résigné. Le pire serait la reproduction de ce que l’on est en train de nous construire, pierre après pierre, et qui nous conduit tout droit à la cantine du Front national, en 2022 si ce n’est pas en 2017.

Le pire serait que l’on s’habitue doucement à ce que des femmes et des hommes se réclamant de la gauche y contribuent. Le Front national n’a jamais connu de poussée aussi grande que dans des moments, après 1984 et à la fin des années 1990, où un gouvernement réputé de gauche a tourné le dos aux attentes de ceux qui l’avaient porté au pouvoir. Voilà plus de trente ans que ces gouvernants singent la compétitivité, la flexibilité, la pseudo-modernité chères à la finance et à la droite. Aujourd’hui encore, ils veulent nous faire croire qu’il faut aller plus loin encore dans le vertige libéral. Nous serions ainsi voués à passer sans cesse de Mitterrand à Jospin, puis de Jospin à Hollande, pour en arriver à Valls et peut-être à Macron.

Il faudra bien que cela cesse, si l’on ne veut plus aller de recul en recul. On pense ce que l’on veut de la compétition présidentielle, et mieux vaut en penser du mal. Mais force est de constater qu’elle continue de passionner et de mobiliser. Que les forces critiques ratent l’échéance et il ne leur reste que les larmes pour pleurer et, au bout du compte, la gauche trinque et le peuple prend des coups. Depuis le coup d’éclat de Jacques Duclos à l’élection présidentielle de 1969, la gauche de gauche a accumulé les déboires, de reculs en débandades. Chacun, à un moment donné, a cru qu’il pourrait tirer seul son épingle du jeu, chevènementiste, communiste, trotskyste, écologiste et j’en passe. On voulait monter très haut et, chaque fois, on est descendu un peu plus bas. Une seule fois, nous avons démenti nos tristes habitudes : nous nous sommes rassemblés et nous avons marqué la donne politique. Comme nous l’avions fait en 2005, dans le combat contre le projet de traité constitutionnel européen. Cette fois dont je parle, c’était en 2012, et tu étais notre candidat.

Nous ne pouvons pas revenir en deçà. Bricoler une improbable union de la gauche, pour aller au second tour à n’importe quel prix ? Et pour faire quoi ? Revenir au discours hollandais du Bourget ? On sait où cela nous a menés. Repartir à la case Jospin ? C’est entre 1997 et 2002 que le FN a pris son envol. En fait, tout bricolage, toute stratégie des petits pas ou des petits mieux, fût-ce au nom de la nécessaire unité, est une redoutable impasse. L’échec patent de la gauche de gouvernement tient à un fait majeur : elle n’a pas voulu voir que l’efficacité démocratique et sociale suppose désormais d’agir à la racine de nos maux, dans l’économique, dans la conception du social, dans la dynamique démocratique. Ce qu’il nous faut, c’est nous reconstituer ; nous avons donc besoin de « constituant ».

Entendons bien sûr ce mot dans l’esprit de 1789 : pas seulement l’écriture d’un texte constitutionnel, mais la définition de tout ce qui le fonde, les finalités, les critères, les méthodes, le mouvement nécessaires pour construire une société qui ne soit pas une jungle. Nous devons viser un processus populaire de renversement, qui ferait passer de l’accumulation au bien vivre, de la « gouvernance » à la souveraineté du peuple, de l’appropriation privative au bien commun. En bref, nous n’avons pas besoin d’une gauche un tout peu plus à gauche, mais d’une gauche de rupture. C’est en rompant que l’on améliore les choses, même si l’on y parvient progressivement.

On nous dit qu’il ne faut pas se hâter, qu’il convient de vérifier si l’on est d’accord, de fixer d’abord un programme minimum. Mais voilà plus de 20 ans, depuis le coup de tonnerre du mouvement de novembre-décembre 1995, que nous discutons, que nous élaborons des plateformes, que nous débattons de projets. Des projets, nous en avons rédigés à la pelle et ce fut toujours passionnant. Chaque fois que nous l’avons voulu, nous nous sommes accordés sur les propositions qui illustraient notre entente. Le programme n’a jamais été un préalable : il a toujours été une conclusion. En réalité, l’entente a un seul socle possible, autour d’une seule question de fond : on rompt pour rebâtir ou on aménage à la marge ? Si notre accord porte sur la rupture – or elle est la base de toutes les convergences depuis quinze ans – il n’est pas besoin de longues semaines pour se mettre enfin en mouvement.

Car la situation exige qu’il y ait de l’alternative politique dès maintenant, et pas seulement dans un avenir indéterminé. Il n’est pas vrai que l’on a du temps, qu’il faut laisser se déployer l’action en cours, en attendant qu’en émerge l’idée politique de masse qui changera tout. Je suis certain que le mouvement critique produira sur son chemin de l’invention, de l’inédit, de l’imprévisible. Mais il y parviendra d’autant mieux qu’il pourra s’adosser sur de la proposition politique cohérente, née dans l’espace politique lui-même, fût-il moins vaillant qu’autrefois. Les grèves de juin 1936 ont suivi la victoire électorale du Front populaire, celles de 1968 se sont coulées dans un processus de forte mobilisation électorale à gauche. Dans un pays de vieille politisation démocratique, la confusion, le doute, l’incertitude politique sont autant de freins à la lutte sociale. Quand l’horizon est politiquement brumeux, la volonté d’agir reste nécessaire et possible, mais elle est en partie corsetée .

Ne nous dissimulons pas la contradiction : tant de déceptions et de désillusions font que l’on ne croit plus aux vertus de l’élection présidentielle et pourtant, confusément, on en attend encore quelque chose. On jure que l’on ne s’y laissera plus prendre… et on se résout à voter. Il faut donc que du raccord s’opère immédiatement entre le mouvement qui dit « non » et l’espace public qui veut savoir si l’on peut construire à partir de ce « non ». Il faut que l’on sache que, quoi qu’il advienne, en 2017 la gauche de gauche rassemblée sera au rendez-vous, comme la seule dépositaire d’une vieille histoire qui tourne autour de la triple passion, démocratique et populaire, de l’égalité, de la citoyenneté et de la solidarité. Et il doit être clair qu’elle n’y sera pas seulement pour témoigner, mais pour disputer l’hégémonie à un PS qui, à sa tête du moins, a tourné le dos à ses valeurs fondatrices.

Depuis des années, Jean-Luc, tu es du côté de ce qui a contribué à faire bouger les lignes à gauche, « l’appel Ramulaud », la campagne de 2005, les collectifs antilibéraux. Tu as été un des pivots du Front de gauche. Tu portes toi aussi, une part de responsabilité dans ce qui a érodé la dynamique de cette dernière expérience. Mais une part seulement. Et pour des millions de gens, tu as incarné l’esprit du Front de gauche. Si, en 2012, nous nous sommes à ce point collectivement déployés, j’attends celui qui osera dire que tu n’y étais pour rien.

On peut être d’accord ou pas avec ce que tu dis à tel ou tel moment. On peut aimer ou pas ta personnalité et ton style. On apprécie ton sens de la formule qui fait mouche, ou on peut s’en irriter. Tu as ta façon à toi de parler de ce qui nous rassemble, la République, la laïcité, la nation démocratique, l’Europe, la fraternité universelle, la gauche, le commun. C’est vrai qu’elle n’est pas toujours la mienne. Pourquoi s’en étonner et s’en offusquer ? Tu es d’une culture politique particulière, dans un espace qui en compte plusieurs. Tu ne masques rien de ce que tu es : tant mieux…

Ce qui compte est que, aujourd’hui, dans une large fraction de l’opinion que la gauche désole, mais qui se reconnaît encore dans ses valeurs, tu es entendu comme une voix alternative à celle de la capitulation officielle. Inutile de tourner autour du pot : dans le moment présent, tu es massivement perçu comme un choix utile à gauche. Pour ne pas dire la seule candidature crédible qui soit à gauche…

Le 5 juin, on verra bien que tu n’es ni un homme seul ni un sauveur suprême, ni un prophète ni un simple porte-voix. Tu vaux parce que tu es un individu, un homme libre. Mais tu ne vaux jamais autant que quand nous sommes des millions, non pas derrière toi mais à tes côtés. Tu n’as pas besoin de ralliés, mais de partenaires. C’est donc notre intérêt de nous retrouver avec toi.

À dimanche 5 juin, par conséquent.

Salut et fraternité

Roger Martelli

Repost 0
7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 07:33

Source : https://www.reporterre.net/L-urgence-ecologique-doit-etre-au-point-de-depart-de-ma-campagne

Propos recueillis par Barnabé Binctin et Hervé Kempf

On pourra compléter par cette courte vidéo d’un peu moins de 6 mn : https://www.youtube.com/watch?v=I4FfnoxY0ws

*

*

Jean-Luc Mélenchon lance par un grand meeting à Paris sa campagne pour l’élection présidentielle dimanche 5 juin. Dans cet entretien avec Reporterre, il expose sa vision de l’écologie, et donne son point de vue sur Notre-Dame-des-Landes, Nuit debout, et Nicolas Hulot.

*

*

Reporterre - Que représente l’écologie dans votre démarche ?

Jean-Luc Mélenchon - L’écologie, c’est le point de départ et le point d’arrivée. On ne peut plus faire de la politique comme avant, et comme moi-même j’en ai fait toute ma vie. Il y a un rapport au temps qui n’est plus le même. On pensait que, quoi qu’il arrive, on avait le temps. Mais la civilisation humaine est entrée dans une crise de l’écosystème et de l’augmentation vertigineuse de la dette écologique. Les événements climatiques extrêmes ne sont plus une probabilité, mais une certitude. Le changement climatique est commencé, ce n’est pas un futur.

Nous sommes dans des processus sur lesquels on ne peut pas revenir. La loi, la Constitution, sont des processus réversibles. Mais les conséquences de la dégradation des écosystèmes, elles, sont irréversibles. Cette dimension d’urgence irréversible doit être au point de départ de la campagne.

Il faut partir de ça, en tenant compte de qui nous sommes : ce n’est pas la même responsabilité quand vous êtes la sixième puissance du monde que lorsque vous êtes la cent-quarantième. Nous avons une responsabilité devant l’humanité universelle. Cela vaut pour chaque peuple, mais nous en particulier en tant que peuple éduqué, avec une capitalisation extraordinaire. L’éducation est importante, car cela veut dire que nous avons les gens pour faire la mutation de la matrice productive du pays.

*

Concrètement, qu’allez-vous proposer ?

La question, c’est comment allumer le moteur. Si on propose une réforme de la Constitution, ce n’est pas seulement pour abolir la monarchie présidentielle, mais aussi pour inscrire des droits nouveaux – qui deviennent aussitôt des devoirs pour tout le monde – avec parmi les principes fondateurs, la règle verte : la France se donne pour objectif de ne jamais prendre plus à la nature que ce qu’elle peut reconstituer. Les esprits simples et les rustres croient que cela signifie arrêter de produire pour revenir à la caverne et aux bougies. Non, c’est un défi technique et scientifique majeur. On peut y faire face si on se donne le premier des moyens : la planification.

La planification écologique, c’est l’outil de cette transition réussie. Si on se contentait de faire une politique de l’offre « écologiquement soutenable », je ne vois pas pourquoi le marché la sélectionnerait dans la mesure où la matrice productive à laquelle nous pensons est nécessairement plus consommatrice de capital et de travail que l’actuelle. La bifurcation écologique du modèle économique, dans un premier temps, consomme beaucoup de capital et de travail. Il faut donc y faire face et l’organiser. C’est-à-dire rapprocher les différents compartiments des activités qui vont y concourir : la formation, la main d’œuvre disponible, le capital à rassembler pour changer les processus de production, et la direction du travail.

Pour tout cela, il me fallait un objet d’appui, un point d’application, qui amène que l’aval justifie la réévaluation de l’amont. C’est la question de l’économie de la mer. Je pense que c’est un horizon extraordinairement stimulant pour la jeune génération technicienne. Je crois aux techniciens. Je connais la critique de Jacques Ellul : mais si je ne crois pas à la neutralité de la technique, pour autant, je ne condamne pas la technique.

Il faut transformer la matrice productive dans une dynamique créative qui se fait dans l’enthousiasme du savoir et de la recherche. Par exemple, si on fait des machines qui travaillent sur la différence entre le froid du fond des mers et le chaud de la surface. Il y a dans la mer soixante-quinze fois l’énergie nécessaire aujourd’hui.

*

Vous parlez souvent d’ « expansion », de « conquête », du potentiel des ressources naturelles, voire de « keynésianisme moderne ». N’est-ce pas contradictoire avec l’antiproductivisme que vous revendiquez ?

J’utilise les images qui me permettent de parler à l’esprit de mes contemporains. J’ai dit « keynésianisme » parce que cela renvoie à quelque chose qu’ils connaissent. J’essaye de crédibiliser une démarche, c’est pédagogiquement compliqué. C’est déjà beaucoup ce que je viens de vous dire, il y a de quoi être rangé sous l’étiquette des utopistes.

Nous y sommes habitués…

Vous, oui, vous êtes des lanceurs d’alerte, des éclaireurs, des déclencheurs. Moi, il faut que j’arrive à convaincre des gens de voter pour moi pour pouvoir le faire, et pas seulement pour le dire. Donc mon vocabulaire ne sera jamais exempt… je suis à la recherche des mots. Ce n’est pas simple : si vous dites « Entrer en mer », tout le monde trouve ça sympa mais personne n’y comprend rien. Donc je parle de conquête d’un espace nouveau, et une conquête n’est pas forcément une catastrophe.

*

Etre écologiste aujourd’hui, est-ce nécessairement une affaire de compromis avec la culture de gauche ?

Oui. Il faut la faire comprendre, la rendre intelligible, essayer de ne pas paraître fulminer des certitudes à la face du monde en attendant que tout le monde se prosterne devant. C’est un appel à réfléchir. Et moi, je me crois bien placé pour faire ça, parce que j’ai mon âge. J’ai connu un monde où respirer ne rendait pas malade, où on pouvait boire l’eau d’une rivière, où on allait d’un endroit à l’autre sans que ce soit partout pareil. Je sais que le monde dont je parle n’est pas une utopie. J’essaye de prendre toutes les images qui entraînent et qui convainquent, pas seulement la jeune génération qui est sans doute plus sensible que l’ancienne, mais aussi l’ancienne. A qui il faut dire que c’est le bon chemin, à qui cela bouscule beaucoup de certitudes et beaucoup de tranquillité – tellement qu’on ne peut pas tout passer en revue sinon on affole tout le monde.

*

Comme le nucléaire ?

C’est une question-clé, parce qu’elle engage la sécurité du pays. On ne peut pas accepter d’aller devant des événements climatiques extrêmes et faire comme si on ne savait pas que la centrale nucléaire du Blayais, à 50 km de Bordeaux, est condamnée à être noyée... On pourrait avoir le même raisonnement avec la centrale de Nogent, puisque nous sommes la seule capitale du monde qui s’offre une centrale nucléaire en amont du fleuve qui la dessert !

Je le répète, il s’agit de la sécurité du pays. Ce n’est pas une lubie qui me prend un matin, parce que je me suis réveillé en me disant que les écolos étaient sympas ou qu’il y avait des parts de marché – j’aimerais bien savoir où elles sont, d’ailleurs, ces parts de marché politique, parce qu’aux dernières élections présidentielles, ils ont fait 2 %.

Aujourd’hui, sortir des énergies carbonées, tout le monde a compris et dit oui, comme si c’était une opération dont la simplicité était telle qu’on pouvait tomber d’accord en cinq minutes. Par contre, quand on parle de sortir du nucléaire, toute la salle se partage en deux… Pourtant, ce n’est pas le plus compliqué. A condition de le vouloir. Je suis naturellement pour interrompre les grands chantiers dont celui de Flamanville et je ne suis pas d’accord pour qu’EDF s’occupe de construire une centrale de même nature en Angleterre. On a perdu un quinquennat pour rien en matière de nucléaire. Il ne faudrait pas en perdre deux, au risque de rentrer dans la zone rouge où la probabilité de l’accident augmente.

Parlez-vous de réduire les consommations d‘énergie ?

(Silence) Je fais pas comme ça.

Mais le pensez-vous ?

J’ai déjà dit qu’on adoptait le scénario Négawatt parce qu’on n’en a pas d’autre à proposer qui tienne la route. Ce qui est important, c’est de fonctionner sur des choses concrètes. La radicalité concrète, ce n’est pas de rabaisser ses rêves, au contraire, c’est les faire entrer dans le réel. Donc, OK pour Négawatt, mais ça n’interdit pas de penser quant à soi.

*

Votre grand projet écologique pour la France, c’est donc la mer ?

Je plaide une cohérence. Petit à petit, j’amène mes thèmes. Je ne parle pas que d’économie de la mer, je parle aussi de changement radical du modèle paysan. Le retour à l’agriculture paysanne est une grosse question. Mes camarades me disent qu’il faut 300.000 paysans de plus, mais où on les trouve ? Personne n’a envie de se ruer sur ces emplois, vous avez vu ce que c’est que de vivre à la terre aujourd’hui ? Un paysan se suicide tous les deux jours, il y a donc bien une raison à cela… Réfléchir à une agriculture paysanne, c’est réfléchir à l’ensemble du modèle, mais aussi à la condition du paysan et de la paysanne de demain. Tout ça, on doit y réfléchir, c’est pour ça que je parle de planification, pour organiser et trouver ces 300.000 emplois. Il y a le même ordre de grandeur pour l’économie de la mer. Ça en fait du monde.

Mais dans le même temps, la population va augmenter et, à moins que vous comptiez en exterminer la moitié ou les empêcher d’enfanter, nous allons vers dix milliards d’êtres humains sur Terre. Et c’est peut-être l’aspect le plus curieux de mon plan : la révolution citoyenne commence dans les assiettes, car nous ne pouvons pas continuer à consommer un tel niveau de protéines carnées. Il va falloir une alimentation beaucoup plus végétalisée. Et les réponses, nous les trouvons en partie dans la mer avec les protéines qu’elle peut nous amener, pas par les poissons mais par les algues.

*

Comment inscrire une telle mesure dans un programme politique ?

Eh bien on l’explique !

Mais comment faire pour que cela ne soit pas pris comme une décision autoritaire ? La nourriture, c’est intime.

La loi est la loi. Dura lex sed lex [La loi est dure, mais c’est la loi, NDLR]. A un moment donné, on discute, on convient, on s’y met et on planifie. La révolution citoyenne, ce n’est pas un processus de décret, c’est un processus politique dans lequel il faut faire reculer des habitudes pour en créer des nouvelles.

Mais vous ne pouvez pas proposer de sortir des protéines carnées si vous n’avez pas reconstitué une agriculture paysanne capable de fournir les productions vivrières que nous n’avons plus dans le pays.

*

N’y a-t-il pas une part nécessaire de protectionnisme ?

Il faut déjà sortir des traités européens ! Dans les traités européens actuels, on ne peut pas faire de protectionnisme, fusse-t-il solidaire. Je suis partisan de rétablir un protectionnisme solidaire en Europe, dont la frontière est à convenir avec les pays d’accord avec cette idée. Le protectionnisme solidaire, cela veut dire empêcher des choses de rentrer et d’autres de sortir. Par exemple, les productions agricoles à vil prix déversées sur des marchés qu’on impose d’ouvrir par la voie européenne et qui ont tué toutes les productions locales qui n’étaient pas monétisées… C’est avec ça qu’il faut rompre.

*

Que pensez-vous de la possible candidature de Nicolas Hulot ?

Je ne peux pas être quelqu’un qui dirait du mal d’un de mes électeurs de 2012. J’ai beaucoup d’estime pour lui. Je pense que c’est un homme qui réfléchit, qui a une profondeur de réflexion. La première fois que je l’ai rencontré, j’ai été sous le choc de la qualité de notre discussion. C’est quelqu’un qui a du talent.

Il est moralement responsable, il sait qu’il exerce un magistère aujourd’hui. Peut-il continuer à l’exercer dans les conditions particulières de la féroce lutte de la campagne présidentielle ? C’est à lui de l’évaluer. Ce n’est pas seulement une féroce lutte, c’est une lutte qu’il faut envisager gagnante. Je ne sais pas s’il a envie d’être président de la République, avec ce que cela implique dans un pays comme le nôtre, nous verrons. Mais je n’en dirai pas un mot de mal. Et même si l’on devait être en désaccord, ce sera dans le plus grand respect de sa personne et de son combat.

*

Que pensez-vous de la consultation lancée sur Notre-Dame-des-Landes ?

On a un dossier mené de manière absurde qui, tout le long, sent le trucage. Quand les gens observent que malgré tout, la décision va s’appliquer, ils s’interrogent sur sa légitimité. Qui a le droit de prendre une décision aussi absurde et de la maintenir dans le temps ? Pourquoi ? Au nom de quoi ?

Si cette consultation se concluait par un « Oui », qu’en diriez-vous ?

Au nom de quoi le référendum est-il réduit à la population d’une zone qui aurait à connaître très directement soit de l’aéroport soit du passage des avions ? Dans les questions écologiques, n’y a-t-il pas un intérêt général en cause ? Il s’agit non seulement des impacts locaux de cet aéroport, mais aussi de toute l’organisation des transports. La consultation locale ne donnera pas une décision légitime, dans le sens où un Français qui se trouve à Paris ou à Strasbourg peut se sentir concerné par la déformation du plan de transport que cette histoire comporte.

Nous en sommes déjà à plusieurs décisions de justice. Et on va quand même faire un référendum. Cela veut dire que les décisions de justice ne sont pas ressenties comme légitimes ni par les gens qui continuent à manifester, ni par le pouvoir qui juge important d’organiser lui-même une élection. Donc, déjà, voilà un pouvoir qui a été disqualifié en cours de route.

Dans le processus de Notre Dame des Landes, on retrouve toutes les caractéristiques de la crise structurelle en profondeur de la démocratie.

*

Reporterre - Comment analysez-vous la situation politique du moment ?

Jean-Luc Mélenchon - On peut la résumer en disant que le pays est à un point de rupture. Soit ce point de rupture se constatera dans la sphère politique par l’adoption d’une motion de censure, lorsque le texte de la loi El Khomri reviendra à l’Assemblée nationale en juillet ; soit il se constatera par l’élévation du niveau de violences qui est déjà, me semble-t-il, assez élevé ; soit il se mesurera par un nombre croissant de secteurs sociaux mobilisés entrant dans la grève et dans la lutte. Mais en toute hypothèse, la rupture est marquée dans les esprits.

On peut dire que depuis quelques mois – en gros depuis le choix politique de la déchéance de nationalité – le peuple en France est travaillé sur ses fondamentaux, sur ce qui le lie et ce qui le constitue en tant que peuple politique. La déchéance de nationalité a touché à son identité et la loi El Khomri, à son organisation sociale. Et Nuit Debout pointe en quelque sorte la forme de ces institutions.

La conclusion provisoire de la séquence El-Khomri sur un « 49-3 » a été une espèce d’apothéose de cette conjonction. On voit que les institutions ont directement à voir avec la question sociale : on ne peut pas faire passer une loi anti-sociale, qui bouleverserait toutes les relations du pays, qu’au moyen d’un argument constitutionnel – qui n’existe que dans notre pays – où l’on déclare une loi adoptée sans débat, sans amendement, sans majorité.

*

Qu’est-ce que Nuit Debout, selon vous ?

C’est une des formes d’expression de l’épuisement des institutions et de leur mise en cause sous une forme nette et populaire. D’où vient la légitimité du pouvoir ? Qui peut rendre une décision légitime dans un pays ? On ne parle que de cela.

Je pense depuis le début qu’ils ont eu raison de ne pas vouloir être représenté, parce qu’un tel mécanisme les aurait divisé, et la division aurait limité la force propulsive que contient ce mouvement.

Il ne faut pas l’idéaliser : ce n’est pas la Nuit debout qui va changer le pays, les institutions, les règles sociales. Mais c’est un formidable « cratère de volcan », du volcan insurrectionnel de notre pays.

Quelle suite voyez-vous à Nuit Debout ?

Je ne sais pas, et par définition, personne ne peut le savoir. Les mouvements révolutionnaires – et celui-ci en est un – ne sont pas définis par leur forme d’expression, ce n’est pas la taille de la place de la République qui détermine le caractère révolutionnaire de Nuit Debout. C’est ce qu’elle porte, ce qu’elle dit dans les interstices de la société où elle passe et dont elle écarte les lèvres.
Ce sont des phénomènes qui répondent à des lois d’organisation qui ne sont pas celles de la société politique traditionnelle. Ma thèse est que la révolution citoyenne est commencée en France.

C’est-à-dire ?

C’est un processus qui ne correspond pas aux formes traditionnelles des anciennes révolutions socialistes qui étaient toutes entières concentrées dans un moment, qui durait plus ou moins longtemps. Les processus de révolutions citoyennes sont plus lents, plus profonds. Ils se propagent dans toute la société et sont donc à distance des coups. Ils ont cette caractéristique de remettre en cause, en même temps, toutes les autorités.

A un moment ou à un autre, ils passent par un point que j’ai appelé « Qu’ils s’en aillent tous », d’après le mot d’ordre qui avait éclaté, pays après pays en Amérique latine, « Que se vayan todos » et qu’on a retrouvé en Tunisie sous le vocable « Dégage ».

Et ce point de « Dégagez tous », nous nous en rapprochons en France. Pas qu’en France d’ailleurs, car nos pays voisins sont, eux aussi, en proie à des remuements – comme on disait dans le passé – des commotions que la lourde et pesante machine médiacratique a le plus grand mal à contenir. Ce mouvement est d’abord le ressenti, dans une population hautement éduquée, de l’absurdité des décisions prises. Autrefois, on pouvait gruger, sidérer, abrutir le peuple. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus difficile, ne serait-ce que parce que la liberté publique est garantie par la force des réseaux sociaux.

*

Vous avez refusé de participer aux processus des primaires à gauche. Pourquoi ?

Ma candidature est un raisonnement politique, ce n’est pas le résultat d’un hubris personnel. Je refuse le mécanisme des primaires depuis longtemps, Cela ne me prend pas maintenant comme un argument de circonstance, j’ai expliqué ça longuement dès 2007 : les primaires sont un tamis social et un tamis idéologique qui se termine à la fin pour unique référence sur « Qui va être présent au deuxième tour ? » et, donc, on essaye de le savoir en lisant les sondages… Une primaire est un exercice d’amnistie pour dirigeants socialistes, cela ne peut pas être autre chose.

Ce n’est pas pour rien que j’ai dit que je proposais ma candidature, et non que je la déposais. Ceux qui ont cru habile de m’imputer une décision solitaire se retrouvent maintenant pris dans leur piège ! Parce qu’ils ont transformé en décision ce qui était une proposition. Et, volens, nolens [qu’on le veuille ou non, NDLR], ils ont accéléré la prise de conscience de tous ceux qui se sont trouvés confrontés à cette alternative : est-ce la primaire qui a raison ou est-ce Mélenchon qui a raison de la refuser ?

Je la propose aux citoyens, aux organisations. Et la réponse m’est venue de cent dix mille personnes. C’est un chiffre raisonnable. Après quoi arrivent cent cinquante maires qui – un an à l’avance – acceptent de parrainer ma candidature. Qui a décidé que j’étais seul ? Deux mille syndicalistes ne comptent-ils pour rien par rapport à quarante belles personnes qui ont signé un appel à une primaire dans laquelle il n’y en a pas deux qui ont la même idée sur ce qu’il y a lieu de faire ?

*

N’y a-t-il pas une contradiction d’applaudir la non-représentation à Nuit Debout tout en proposant sa candidature, sans vote ni discussion ?

C’est une élection présidentielle, ce n’est pas moi qui ai choisi, ce sont les institutions. De toute façon, il faudra trouver un candidat. Mais le plus difficile n’est pas de trouver un candidat pour la présidentielle, c’est d’en trouver 571 pour les législatives. Et là, curieusement, plus personne ne parle de primaires.

Une élection présidentielle est une élection globale et totale. Elle va transformer tout le monde. Il y a plusieurs manières de l’aborder. L’un est de dire qu’un certain nombre de notables et de partis font monter sur le pavois l’un d’entre eux – si possible celui qui n’ennuie personne – et la question est réglée. Les gens n’auront plus qu’à admettre que c’est une bonne candidature.

L’autre méthode consiste à dire : « Il s’agit de convaincre », et ce que nous avons à faire convaincre n’est pas simple à comprendre. On ne va pas simplement faire un catalogue para-syndical de mesures. Ma position est qu’il faut proposer – et mener, une fois élu – une politique de révolution citoyenne, qui va conduire entre autre – excusez du peu –,

  • Un, à changer toute la règle constitutionnelle,
  • Deux, à commencer, si possible de manière irréversible, le changement de la matrice productive du pays.

Je ne crois pas qu’une opération comme cela se réalise en quatre mois, dans la fureur et le fracas d’une élection où vont arriver d’un seul coup les trois pachydermes habituels – le FN, Les Républicains et le Parti socialiste – et leur énorme machinerie médiatique, dont je voudrais rappeler l’incroyable capacité à faire voler en éclats tous les débats importants… Comme lorsque, en 2012, je m’épuise à expliquer ce qui est en train de s’annoncer avec les traités budgétaires européens et que France 2 lance le débat sur la viande hallal dans les cantines. Et qu’il tient sur ce débat jusqu’à la date du vote…

Pour faire ce que nous avons à faire, il faut partir de loin. Et je suis fasciné de voir comment des gens se cristallisent sur la personne qui porte la candidature, sans dire un mot de la méthode de combat. Je finis par trouver que ce débat, peut-être, en masque un autre. C’est l’impuissance à penser comment subvertir la société pour lui faire adopter un autre projet. La résignation à avoir perdu d’avance en en cherchant des prétextes des plus divers. Excusez-moi de me sentir une certaine légitimité, parce que la dernière fois, quatre millions de personnes ont trouvé que ça valait la peine de voter pour moi, parce que j’ai un programme, qu’il y a une procédure ouverte à laquelle tout le monde peut participer et qu’enfin, il y a des gens qui m’ont rejoint.

Propos recueillis par Barnabé Binctin et Hervé Kempf

https://www.reporterre.net/L-urgence-ecologique-doit-etre-au-point-de-depart-de-ma-campagne

Repost 0
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 01:53

Avant le discours de J-L Mélenchon les insoumis ont défilé. Des cheminots aux métallos, des personnels d’éducation aux soignants, en passant par les syndicalistes (dont Mickael Wamen des Goodyear), les antifascistes, les personnels de la restauration et de l’hôtellerie, les taxis, ceux qui s’élevaient contre le délit de faciès, les intermittents, les chômeurs, …… une courte vidéo explicative accompagnant chaque groupe. Le tout scandé par des comédiens (Weber, de la Rochefoucauld, Dayan,…) venus lire un poème de Neruda, Césaire,…

Dans le rassemblement des insoumis on apercevait Clémentine Autain (porte-parole d’Ensemble), tandis qu’était signalée la présence de Marie Gorges Buffet.

Etaient espérés 6000 insoumis, ils furent 10000.

Tout ceci vous pouvez le revoir : http://melenchon.fr/direct-suivez-defile-de-france-insoumise/

Au journal de l’A2, au soir, une petite poignée de secondes étaient consacrées à l’évènement du rassemblement de la France Insoumise tandis qu’il était fait longuement étalage de la liaison Sarkozy-Baroin et de celui qu’ils exècrent : Juppé.

Repost 0
4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 19:12

Aux côtés de ceux rassemblés place Stalingrad il faudra compter les ombres nombreuses de ceux qui n’auront pu se déplacer pour cause de trains annulés, ici comme ailleurs en province.

*

Ça fait longtemps déjà ce premier meeting de Mélenchon à Montpellier où se pressaient, pour l’essentiel, femmes et hommes âgés, le visage fatigué, le cheveu filasse, le teint jaune, l’habit le plus souvent élimé. Si longtemps qu’il semble bien que c’était il y a un siècle, mais pourtant la mémoire reste là, intacte, marquée au fer.

Depuis, des plus jeunes sont venus se mêler aux anciens pour prendre la relève ; des anciens désespérés du monde qu’ils allaient laisser à leurs enfants et petits-enfants.

*

Pour ceux du Midi, il en aura fallu du temps, de la patinoire de Montpellier à la place du Capitole à Toulouse, en passant par la plage du Prado à Marseille, puis en descendant de Nation à Bastille, pour en arriver à la place de Stalingrad qui doit conduire à la 6ième république, à une société plus juste, à la préservation de la planète commune, à une France et une Europe débarrassées d’une minorité oligarque, libérale, prédatrice et cupide.

Il en aura fallu du temps et des tracasseries intestines.

La victoire à venir est le fruit d’une longue patiente, celle de la ténacité pour tenir l’essentiel.

*

Au début, il a fallu nous réveiller. Et notre cri alors a été celui de ‘Résistance’. Résister ce n’était pas encore un combat. Juste résister. Nous sommes allés plus loin. Nous avons construit et étoffé notre pensée. Nous nous sommes dotés d’un programme partagé toujours sur la table de travail. Nous avons dit : « L’humain d’abord ! », nous avons dit : « Place au Peuple ! ». Et voici maintenant le Peuple en marche.

*

Demain, c’est Paris. Place Stalingrad. Qu’on y soit ou pas est d’importance relative et personnelle. Chaque présent tiendra la main de celle et celui qui n’aura pu être là, au grand dam des médias et de l’Intérieur qui n’y verront que du feu.

Demain, c’est surtout 2017.

*

« La radicalité concrète, ce n’est pas de rabaisser ses rêves, au contraire, c’est les faire entrer dans le réel. » Mélenchon

Repost 0
4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 08:23

‘Il faut laisser le temps au temps’, disait Mitterrand qui ne disait pas que des bêtises.

Voici donc Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, favorable à un rassemblement “de toute la gauche opposée à la politique gouvernementale”, à un “rassemblement citoyen”, et estimer que la candidature de Jean-Luc Mélenchon “a un socle électoral réel” : “Il y a une logique pragmatique à sa candidature”. Bien !

Qu’EE-LV exclue la candidature Mélenchon, c’est navrant, mais compréhensible tant ce parti à les couleurs de l’arc-en-ciel politique, cependant qu’il est parmi eux des insoumis déclarés.

Les frondeurs ? Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? De toute façon quand l’heure et l’Ere du Peuple sont là qu’espérer de frondeurs dont on attend désespérément qu’ils frondent. Il suffit que leurs électeurs viennent. Et, ils viendront.

Le PC ? mais il est là et sera là, présent, au rendez-vous de l’histoire.

Et de conclure avec Clémentine Autain : “L’élection est dans un an, l’heure tourne, it’s time. A un moment donné il faut qu’on avance”. Oui ! It’s time ! It’s time (voilà que je me mets à l’anglais !), parce que les présidentielles sont jouables et gagnables.

Exergue

**

**

Source : http://www.lesinrocks.com/2016/06/02/actualite/pcf-va-t-sallier-a-jean-luc-melenchon-presidentielle-11834227/

*

Le PCF va-t-il s’allier à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle ?

*

Jean-Luc Mélenchon était invité par Pierre Laurent à l’ouverture du 37e Congrès du PCF ce 2 juin à Aubervilliers. Alors que leurs relations s’étaient distendues depuis la proposition de candidature du co-fondateur du Parti de gauche en février dernier, les communistes se rallieront-ils à lui pour 2017 ?

*

“Le temps du commun”. Le titre du texte débattu par le 37e congrès du PCF s’étend sur fond rouge aux Docks de Paris ce 2 juin à Aubervilliers, tandis que résonne La Jeune garde entonnée par les Jeunes communistes. Si sur le plan conceptuel, l’intitulé se réfère à un principe qui traverse les luttes sociales du monde entier, il peut aussi sembler ironique compte-tenu des divisions qui ont brisé l’unité du Front de gauche depuis 2012. En particulier depuis que Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature à la présidentielle à travers le mouvement La France insoumise en février dernier, alors que le PCF se disait encore intéressé par l’idée d’une primaire de toute la gauche – y compris François Hollande.

“L’accueil a été bon”

La donne a-t-elle changé depuis ? Le temps des communs est-il vraiment arrivé ? A l’annonce de la venue de Jean-Luc Mélenchon au congrès du PCF à l’invitation de Pierre Laurent, les mauvaises langues ont cru qu’il arriverait en territoire hostile. Il n’en a pourtant rien été en apparence : les deux hommes se sont même fendus d’une accolade réconciliatrice. Tandis qu’à la tribune, dans son discours d’ouverture, la maire d’Aubervilliers Meriem Berkaoui s’est adressée “aux insoumises et aux insoumis”. Ce qui n’a pas échappé au coordinateur du Parti de gauche, Eric Coquerel, également présent :

“Je note que beaucoup de médias glosaient sur l’accueil qui allait être fait à Jean-Luc Mélenchon : il a été bon, c’est le moins que l’on puisse dire, et les gestes faits à son attention ont été de sympathie”, souligne-t-il.

Est-ce à dire que les communistes finiront par se rallier à sa proposition de candidature ? Le patron du PCF et le député européen se sont entretenus pendant une heure en aparté, mais le choix officiel des communistes n’est pas encore pour maintenant : “Il ressort de cette discussion que le PCF va rester sur son calendrier, qui renvoie sa décision en octobre, rapporte Eric Coquerel, qui y a assisté. Et la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’est pas exclue”.

“Il y a une logique pragmatique à sa candidature”

De fait, certains communistes ne cachent pas leur soutien à la “France insoumise” à titre individuel. C’est le cas de Marie-George Buffet, ex-secrétaire nationale du PCF et candidate du parti en 2007, qui a appelé ses camarades à rejoindre la place de Stalingrad à Paris le 5 juin à 14h pour le meeting organisé par les troupes de Jean-Luc Mélenchon.

De même, Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, sera présente à la fois au pique-nique organisé par le PCF le 5 juin à Aubervilliers, et au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Stalingrad. Favorable à un rassemblement “de toute la gauche opposée à la politique gouvernementale”, et à un “rassemblement citoyen”, elle estime que la candidature de Jean-Luc Mélenchon “a un socle électoral réel” : “Il y a une logique pragmatique à sa candidature”.

“Dans ce rassemblement, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas à minima tous ceux qui étaient là en 2012, ajoute-t-elle. Il n’y a aucune raison pour qu’on ne les retrouve pas. Il y a eu des déceptions, on n’a pas été à la hauteur de l’espérance de 2012, mais au niveau politique nous sommes toujours d’accord, et vu la déception suscitée par la politique de François Hollande, on devrait même pouvoir élargir.”

“It’s time”

L’hypothèse d’une explosion façon puzzle de la gauche aux élections n’est cependant toujours pas écartée. Le secrétaire national d’EE-LV a fait savoir qu’il y aurait un candidat écologiste “pas forcément issu des rangs d’EE-LV” et que “ce ne sera pas Jean-Luc Mélenchon”. Les frondeurs, de leur côté, ne semblent pas décidés à quitter le PS.

Quant aux communistes, Eric Coquerel note “un progrès” : “L’idée d’une primaire à laquelle participerait François Hollande ou un de ses avatars n’est plus d’actualité pour les communistes”. Que leur décision soit remise à octobre ne change pas la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, qui a choisi de proposer sa candidature tôt, pour ne pas laisser le terrain politique déserté par la gauche radicale, alors que d’autres entraient déjà en campagne pour les primaires. “L’élection est dans un an, l’heure tourne, it’s time, conclut Clémentine Autain. A un moment donné il faut qu’on avance”.

Repost 0
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 15:09

Sauver le modèle républicain d’éducation pour un enseignement de haut niveau pour tous. Combattre la transformation des bourses en prêts (modèle américain), … Qualification plutôt que compétences. Nécessité d’un pays fortement éduqué et qualifié pour satisfaire les défis auxquels nous allons devoir faire face. Développer la recherche fondamentale. …..

*

Discours: http://melenchon.fr/2016/05/04/discours-leducation-congres-de-lunl/

*

Pour Appuyer la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, cliquez ici.

Repost 0
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 07:11

Congrès des Maires de France
Adresse de Jean-Luc Mélenchon

Chères élues,

Chers élus,

Vous tenez votre congrès cette semaine. Vous le faites, une fois encore, dans un contexte où la souveraineté communale est d'année en année mise à mal.

Les communes de France, bases historiques de notre démocratie, subissent des attaques qui visent à affaiblir leur capacité d'intervention au nom des populations dont la citoyenneté est ainsi rabougrie.

Au cœur de régions démesurées, au sein de départements en sursis, vous subissez pour les uns la mise en place des nouveaux schémas départementaux de l'intercommunalité, pour les autres la vampirisation par une métropole. Dès 2017, les centres de décisions vont être délocalisés, les maires et les conseils municipaux seront privés de leurs pouvoirs concrets, notamment en matière d'urbanisme, de gestion de l'eau, de gestion des déchets...

Le danger est réel pour les services publics que vous avez portés, développés et maintenus jusqu'ici. Ils seront confiés à des entités éloignées et, sûrement bientôt, délégués à des multinationales intéressées par la recherche de profits à court terme au détriment de la qualité du service.

Car dans le même temps, tout a été organisé pour étouffer le poumon économique que représentent nos collectivités : entre 2013 et 2015, les dotations sont passées de 41,51 milliards d'euros à 36,6 milliards ! Ces coupes amplifient la récession économique et affectent lourdement les carnets de commandes des artisans, des PME et PMI de nos villages et de nos villes.

Le gouvernement et les partis politiques du système courbent l'échine devant Monsieur Juncker, président de la Commission européenne, qui a l'arrogance de venir ouvrir votre congrès après avoir accablé notre pays de ses recommandations austéritaires. Vos concitoyen-ne-s ne sont pas dupes. Ce sont ces mêmes partis qui ont adopté main dans la main la réforme territoriale qui organise la casse de l'État républicain dont la commune est le premier échelon. La caste qui nous gouverne désintègre la démocratie dans notre État Nation.

Il faut que cela cesse !

Je propose l'abrogation de cette Réforme Territoriale. Je propose qu'à partir de mon élection à la présidence de la République, un processus constituant rende aux citoyen-ne-s le pouvoir de décider librement de l'organisation du pouvoir en France.

Une nouvelle organisation politique des communes et des départements doit rendre son souffle démocratique à notre pays. La prise de décisions doit revenir vers les citoyens et faciliter leur implication. C'est la condition pour donner les moyens politiques et financiers aux services publics locaux pour conduire des politiques sociales et écologiques que notre temps appelle.

Dès à présent, il est indispensable que le débat argumenté puisse avoir lieu pour que les idées émergent pour bâtir une Nouvelle France.
L'élection présidentielle de 2017 doit y servir. Seulement voilà : les grands partis cherchent à étouffer ce débat devant les citoyens. Une fois encore, ils sont complices pour museler le débat démocratique en durcissant les règles de parrainage pour l'élection présidentielle.

Il dépend de votre parrainage qu'une candidature puisse se présenter ou non devant les Français. Vous n'avez jamais demandé ce pouvoir exorbitant. J'en appelle à votre conscience républicaine.

Je sollicite votre parrainage (accéder au formulaire) non comme un soutien ou même une approbation. J'en appelle à votre indépendance d'esprit. En parrainant ma candidature vous rendrez possible la pleine expression du débat démocratique dans notre pays. Rien de moins, rien de plus. Au final le peuple souverain tranchera et nous nous inclinerons tous devant sa décision. Mais il faut que le vote puisse décider librement et complètement. C'est cette liberté que vous pouvez rendre possible.

Avec mes très cordiales salutations républicaines.

Jean-Luc Mélenchon BP 10031, 75462 PARIS cedex 10
parrainages@jlm2017.
fr

Repost 0

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche