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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 20:24

« Nous sommes en train de vivre un moment d’histoire, la lente agonie et la mort quasi certaine du Parti socialiste, plus vieux mouvement politique français. Cela ouvre la voie à une recomposition de grande ampleur à la gauche de l’échiquier politique. Ne ratons pas cette chance, l’exigence est chaque jour plus pressante. Cessons de sacrifier l’essentiel à l’urgence et occupons-nous de l’urgence de l’essentiel ».

Extrait de l’article

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7/12/2016

 Source : https://marwen-belkaid.com/2016/12/07/le-mythe-de-lunion-des-gauches/

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Au cours des semaines précédentes, avant le renoncement de François Hollande, Libération avait ressorti les violons pour nous rejouer l’air de l’union de toutes les gauches. De Macron à Mélenchon en passant par Hollande et Valls, le journal fondé par Jean-Paul Sartre, dressait un réquisitoire contre tous ces responsables de gauche qui n’en font qu’à leur tête et qui sabotent le rassemblement vital à gauche si l’on en croit le quotidien. L’ensemble des articles reprenait une même antienne et un même appel : celui qui enjoignait l’ensemble des personnes citées plus haut à participer à ce qui est pompeusement appelée la « primaire de gauche ». Rappelons, en effet, que ce que Libé appelle primaire de gauche est en réalité la primaire du seul Parti Socialiste, qui est d’ailleurs en train de se transformer en congrès mortuaire. François Rebsamen a d’ailleurs renouvelé l’appel hier au micro de RMC.

Lundi dernier, l’ex-Premier ministre et désormais « candidat à la présidence de la République » selon ses propres mots, s’est lancé depuis la mairie d’Evry son fief électoral, la ville même où il demandait, il y a quelques années, qu’on mette plus de « white, de blancos » pour lui en donner une bonne image. Le slogan de Manuel Valls est d’ailleurs assez risible quand on se rappelle de ses méthodes et de son parcours. « Faire gagner ce qui nous rassemble ». Il est toujours risible de voir les termes rassembler ou rassemblement accolés au nom de Valls tant celui-ci demeure le diviseur en chef, l’homme de la fracture forcenée. La décision de Hollande « oblige » la gauche à se rassembler selon lui. Pourtant, il me paraît plus qu’évident que LA gauche n’existe plus, cela fait un moment qu’elle a péri. Il est bien plus pertinent de parler des gauches aujourd’hui et, n’en déplaise à Valls, leur union relève bien plus du mythe que de toute autre chose.

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A gauche, la défaite de la pensée

 

Que Libération puis Manuel Valls se lance dans une ode au rassemblement « le plus large possible » qui embrasserait à la fois Macron et Mélenchon en dit long sur l’état de délabrement intellectuel dans lequel a sombré le Parti Socialiste et ses satellites. Après le mythe du vote utile qui ne fonctionne plus et risque de ne plus jamais fonctionner, voilà le PS qui tente un dernier coup de prestidigitateur pour tenter de sortir de l’agonie mortifère dans lequel il se retrouve plongé. C’est bel et bien l’histoire d’une déroute intellectuelle que l’Histoire risque fort de retenir de ce quinquennat qui s’achève dans une atmosphère crépusculaire. Alors que les dirigeants du PS avaient argué une conjoncture défavorable pour justifier leurs multiples reniements et trahisons par le passé, cette fois-ci François Hollande et Manuel Valls ont assumé pleinement leur néolibéralisme et leur crachat à la figure de ceux qui les avaient portés au pouvoir.

Non contents d’avoir humiliés les plus faibles, de s’être alliée à la finance – leur supposé adversaire – pour taper sur les ouvriers et les travailleurs, voilà les caciques du PS, Manuel Valls en tête, qui nous expliquent qu’unie la gauche peut l’emporter en 2017. Il faut reconnaître à Jean-Luc Mélenchon sa constance et sa pertinence dans son refus d’aller concourir dans la primaire du PS. Vouloir réunir le néolibéralisme forcené de Macron, la ligne libéral-sécuritaire de Valls et celle de Mélenchon est une aberration intellectuelle en même temps qu’une escroquerie politique de grande ampleur. Macron et Valls auraient bien plus leur place du côté de Les Républicains que dans une primaire à laquelle participerait Jean-Luc Mélenchon. La pensée a totalement disparu dans les hautes sphères du PS pour laisser place à une forme de cynisme crétin qui voudrait que l’on puisse réunir le charcutier et l’animal, le bûcheron et l’arbre, la gauche et la droite dans un seul et même élan pour mieux duper les électeurs.

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Le diviseur en chef qui se voulait rassembleur

 

Au cours de son discours de candidature, Manuel Valls a eu de nombreuses phrases qui feraient sourire si elles n’étaient pas si tragiques. La plus emblématique d’entre elles est sans doute celle qu’il a eu sur les discours qui divisent. « J’en ai assez de ces discours qui nous divisent » a affirmé avec aplomb le désormais candidat. Tout au fil de son intervention il n’a cessé de prôner l’unité et le rassemblement en se fondant sur des valeurs bien ancrées à gauche. Défense du dialogue social, exaltation de la démocratie, discours de défense envers les minorités, les oubliés, les humiliés ou autant de marqueurs qu’il a voulu placer au cœur de son discours. En somme Manuel Valls a fait un discours de parfait opposant à la politique qu’il mène depuis qu’il est à Matignon et à ce qu’il défend depuis son entrée en politique. En écoutant le discours du nouveau candidat j’ai hésité entre la débilité profonde et la morgue la plus extrême.

Quelle personne sensée peut-elle croire à ces flagorneries de Valls ? Nous n’avons pas oublié que l’homme qui se présente comme le rassembleur est celui qui a théorisé « les gauches irréconciliables ». Nous n’oublions pas non plus que le nouveau héraut de la démocratie sociale est celui qui a imposé une loi travail par le 49-3. Nous n’oublierons pas enfin, mais la liste n’est pas exhaustive, que celui qui dit en avoir assez des discours qui stigmatisent «  les réfugiés fuyant la guerre » est le même que celui qui est allé  fustiger la politique d’accueil d’une chancelière conservatrice à Munich. Il y a quelque chose de proprement incroyable à voir cet homme être aussi indécent et plonger dans une incurie aussi profonde. Ci et là nous entendons certains expliquer que Manuel Valls est le Brutus des temps modernes. C’est lui faire bien trop d’honneur. Il a certes tué Hollande comme Brutus avait tué César. Toutefois, Brutus était devenu empereur quand Valls n’est que le roi de la tartufferie et de l’hypocrisie. Si Valls est le Brutus des temps modernes alors Brutus est devenu bien minable. Valls l’agent de la division qui se présente en homme du rassemblement rappelle furieusement les Charlie qui s’opposaient aux spectacles de Dieudonné. Ça tombe bien, le matamore d’Evry était en première ligne de ce combat là également.

 

Nous l’avons bien compris, il n’est ni pertinent ni honnête intellectuellement de parler d’union des gauches pour la simple et bonne raison que la gauche représentée par Messieurs Valls et Macron est de droite. La deuxième gauche est en réalité bien plus une deuxième droite et les quelques années qui nous séparent de 2012 nous l’ont démontré avec force et vigueur. Manuel Valls, le pompier pyromane, aura beau se débattre tant qu’il le souhaite, il n’arrivera pas à nous faire oublier qui il est. J’attends avec impatience le moment où Cambadélis nous demandera de retenir nos coups contre Valls pour ne pas faire le jeu du FN. Comme si Valls n’avait pas fait le jeu du FN, mené la politique du FN, singé les thèmes du FN depuis qu’il est à Matignon. Nous n’oublierons pas que celui qui se présente aujourd’hui comme le rassembleur des gauches considère que la question identitaire supplante la question économique et sociale. Nous sommes en train de vivre un moment d’histoire, la lente agonie et la mort quasi certaine du Parti socialiste, plus vieux mouvement politique français. Cela ouvre la voie à une recomposition de grande ampleur à la gauche de l’échiquier politique. Ne ratons pas cette chance, l’exigence est chaque jour plus pressante. Cessons de sacrifier l’essentiel à l’urgence et occupons-nous de l’urgence de l’essentiel.

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 11:46

Un billet bienvenu qui devrait permettre de comprendre que le comportement tant décrié de Mélenchon correspond à une analyse suivie d’une stratégie qui s’avère gagnante. Sitôt que l’on a compris ceci, le bon sens voudrait qu’on s’attache davantage au contenu (le fond) qu’à la forme qui, d’ailleurs, n’est plus présentement la même dès lors qu’elle n’a plus autant de raison d’être qu’elle avait précédemment.  

Il faut arrêter d’entrer et de faire le jeu de la droite si on entend gagner à gauche. Pour résumer : regardons plus loin que le bout de notre nez, un nez qui ne renifle pas - allez savoir pourquoi ?- les puanteurs de la droite.

Exergue

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 Source : https://blogs.mediapart.fr/olivier-tonneau/blog/051216/melenchon-star-de-youtube-moment-cle-dune-strategie-gagnante?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

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Mélenchon, star de youtube: moment clé d'une stratégie gagnante

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Mélenchon et les médias – d’accord, c’est un sujet rabâché jusqu’à susciter une certaine lassitude. J’y reviens pourtant, d’abord parce que je continue ainsi une conversation avec un ami – mais j’en profite pour vous faire une proposition, comme vous le verrez à la fin de ce billet. Ensuite parce que si rabâché soit-il, il n’est pas épuisé, ne serait-ce que parce que l’état des choses évolue, ce qui nous permet de revenir sur les étapes précédentes et de tirer des conclusions, d’ailleurs très positives.

Vous avez peut-être entendu parler du succès de la chaîne youtube de Jean-Luc Mélenchon, première chaîne politique de France sur ce médium, dont l’audience en augmentation constante avoisine déjà celle des chaînes d’info en continu. Le plus important dans ce succès, c’est que Mélenchon est parvenu à percer dans un milieu généralement inaccessible aux politiques : les réseaux sociaux. Ce faisant, il s’est enfin rendu visible à toute une frange de la population, notamment les jeunes, qui ont totalement déserté les médias traditionnels et dont il semble être devenu la personnalité politique préférée. Pour prendre la mesure de cette désertion, il faut lire La Démocratie de l’abstention, où l’on apprend qu’en 2002 beaucoup de gens ne savaient même pas qu’une élection présidentielle était sur le point d’avoir lieu ! Ce succès de Mélenchon est l’occasion de revenir sur sa stratégie de communication depuis 2009 et d’en souligner le bien fondé.

L’un des premiers problèmes que se sont posés Mélenchon et ses camarades du Parti de Gauche a été celui des médias. Premier constat : ils défendaient les mêmes idées depuis vingt ans sans trouver la moindre audience. Comment faire ? Pour s’imposer aux médias, il fallait leur donner ce qu’ils voulaient : du buzz, de l’audience. Ainsi fut mise en place la personnalité de Mélenchon parlant « dru et cru » qui continue à déranger beaucoup de gens. Parmi eux, j’en connais qui ont fini par se rallier aux idées de Mélenchon, mais continuent de déplorer la façon dont il s’exprime. Pourtant c’est uniquement cette façon de faire qui lui a permis d’exister, ce qui leur a permis de le connaître et finalement de s’y rallier, fusse en faisant la fine bouche ! En Novembre 2013, j’avais écrit un billet comparant Nouvelle Donne au Parti de Gauche, où je disais que la principale différence entre les deux partis était leur rapport aux médias : un miroir selon Larrouturou, une arène selon Mélenchon. Je disais que le destin de Nouvelle Donne permettrait de vérifier le bien-fondé des analyses de Mélenchon : on ne peut pas se faire entendre en parlant posément. Trois ans plus tard, je crois que le résultat des courses ne laisse guère place au doute. Mais peu importe que l’on prenne conscience ou non que le trait qui fâche est précisément le trait qui porte – du moment qu’il porte.

Deuxième constat : les médias font obstacle à un discours de gauche. J’en connais qui restent sceptiques sur ce point, ce qui ne laisse pas de m’étonner. Sans faire une analyse exhaustive de la façon dont Mélenchon est traité par les médias, je leur propose un seul critère de jugement. Prenons pour cas d’école une interview récente sur TF1 où le journaliste assimile Le Pen à Mélenchon : leurs programmes se ressembleraient très fortement. La question devient donc : « qui a copié qui ? » Arrêtons-nous sur cette séquence. D’une part, il ne peut faire aucun doute que c’est Le Pen qui, dans sa stratégie de conquête des classes populaires, a gauchisé le programme du Front national, parti historiquement ultra-libéral. Quel intérêt pour le journaliste de suggérer que ce serait la gauche qui copierait l’extrême-droite ? Quel effet cela peut-il avoir, sinon de légitimer l’extrême-droite et délégitimer la gauche ?

D’autre part, s’il est vrai (comme le répètent à l’envi les journalistes) que l’extrême-droite avance justement parce qu’elle séduit les classes populaires, quel intérêt, lorsqu’on interview Mélenchon, de souligner que Le Pen offre le même produit que lui ? Quand Mélenchon s’échine à montrer que l’ennemi n’est pas l’immigré mais le banquier, le journaliste prend soin d’informer le peuple que Marine Le Pen, qui combat l’immigré, combat aussi le banquier. Deux en un, pourquoi pas ?

Enfin, pour des classes moyennes pour qui le FN reste tabou, quel effet cela peut-il faire de voir Mélenchon comparé à Le Pen, sinon d’étendre à lui l’opprobre qui pèse sur cette dernière ? Ainsi la comparaison Mélenchon/Le Pen a deux conséquences : elle dit aux classes populaires « inutile de voter Mélenchon, vous pouvez aussi voter Le Pen » et aux classes moyennes « ne votez pas Mélenchon, ce serait comme voter Le Pen ». Double discrédit, que rien ne justifie puisque, comme Mélenchon tente ensuite de le démontrer, le programme de Le Pen n’a, malgré la gauchisation verbale de cette dernière, aucun rapport avec celui de Mélenchon sur aucun point, ni les salaires, ni la sécu, ni l’Europe, ni l’immigration, ni la nation. N’importe quel journaliste qui a travaillé le sujet ne serait-ce qu’une heure ne peut pas l’ignorer.

La comparaison avec Le Pen peut-elle être autre chose qu'une technique délibérée pour discréditer Mélenchon ? Si nous en tombons d’accord, alors il suffit pour faire l’analyse du traitement de Mélenchon par les médias de regarder toutes ses interviews et de recenser la fréquence avec laquelle cette technique est utilisée. C’est à peu près systématique.

Le problème médiatique se posait donc sous deux aspects. Premièrement, s’y faire voir et connaître, ce qui fut fait par la stratégie de l’esclandre – esclandre qui n’était pas gratuit puisqu’il devait également permettre de dénoncer le biais des intervieweurs. S’il y a des gens pour se scandaliser que Mélenchon ait l’outrecuidance de s’en prendre à ces vaches sacrées que sont les journalistes, il y en a aussi, comme moi, pour trouver un immense plaisir à voir enfin les ignorants gardiens du temple remis à leur place. Mais la stratégie de l’esclandre a sa limite puisqu’il est structurellement impossible de développer un discours de gauche dans les médias. D’où le deuxième aspect du problème : ayant acquis par les médias visibilité et notoriété, il fallait créer hors les médias un espace où ce discours puisse s’exprimer. C’est ce qui est en passe d’être réussi grâce à la chaîne youtube.

Or le tout forme un cercle vertueux. Les youtubeurs qui découvrent Mélenchon regardent, du même coup, ses interviews. Et là, faut-il s’en étonner ? Ce qui leur plaît, ce sont précisément ces moments chauds qui font frémir les honnêtes gens. Aussi, sous le tag « Can’t Stenchon the Mélenchon », vois-je fleurir de petites vidéos, l’une où Mélenchon se moque de Marine Le Pen, l’autre où il répond à un journaliste selon qui l’exploitation du gaz de schiste créerait de l’emploi que si l’emploi justifie tout, on pourrait aussi employer des gens à lui donner des gifles. C’est la culture de la vanne, ça défoule, et moi aussi j’avoue que j’avais bien ri à l’époque. Et à côté de ça apparaissent d’autres vidéos qui compilent de fort beaux extraits de discours où s’exprime une vision politique riche et enthousiasmante. Quel candidat à la présidentielle voit-il ses discours remixés (fort bien) façon hip hop?

Tout ça fonctionne ensemble et ça pourrait bien marquer un tournant décisif : si la France Insoumise parvient à attirer les jeunes, qui sont le groupe social qui s’abstient le plus, tout devient possible et l’élection devient gagnable. Pour de vrai ! Déjà, les sondages sont bons ; mais les sondages, on le sait, se trompent ; or s’ils se trompent, je gagerais volontiers que c’est en sous-estimant Mélenchon comme ils sous-estimaient Corbyn en Angleterre et Sanders aux Etats-Unis. Dans les deux cas, l’un des facteurs sous-estimés fut l’implication des jeunes. Plus ça va, plus j’y crois : nous pouvons gagner ! Ce qui est une excellente nouvelle car nous devons gagner.

Reste, enfin, le dernier étage de la fusée. Dans le contexte médiatique actuel, il est impossible d’échapper à la personnalisation. Il fallait une tête d’affiche, c’est Mélenchon qui s’y colle. On ne cesse d’ailleurs de le blâmer pour son égo démesuré, sa posture de chef ou d’homme providentiel et autres choses du genre. Ceux qui lui tapent dessus devraient peut-être plutôt se demander ce qu’ils feront quand il se retirera. Je ne vois personne aujourd’hui qui puisse assumer comme il le fait la « fonction tribunicienne ». Cette fonction est importante, et la personne qui la remplit doit savoir attirer, fusse en clivant. Il ne faut pas avoir peur de le dire et je sais que j’ai été sensible dès le début à ce que je ressentais chez Mélenchon : son enthousiasme dès qu’il rencontrait un interlocuteur ouvert, sa gravité lorsqu’il parle d’histoire, son évident désir d’expliquer, sa curiosité apparemment illimitée… et son impatience face aux crétins prétentieux qui nous ont si bien pourri la vie qu’on ne s’en rend même plus compte. J’ai envers toute personne qui m’apprend quelque chose une gratitude éternelle : or Mélenchon a ouvert une brèche dans mes croyances par lesquelles tant d’idées sont entrées que rien que pour ça, je ne risque pas de lui cracher dessus

Mais une autre façon de voir les choses, c’est que nous n’aurons plus besoin d’une telle personnalité. En réalité, il suffit d’écouter les discours de Mélenchon depuis 2012 pour voir qu’il a toujours été pris soin de faire passer les idées avant la personne, ou plutôt de faire porter par la personne des idées qui vivront leur vie par la suite. Contrairement à ce qu’on s’imagine, les meetings de Mélenchon ont toujours rassemblé des esprits forts et avides d’apprendre. Il ne s’agissait que d’élargir le cercle. C’est ce qui est en train de se faire. De même qu’il nous faut gagner les élections sous le régime de la cinquième république pour en changer, il faut gagner une bataille de personnes pour sortir de l’ère de la personnalisation. C’est ce que nous sommes en train de faire.

La France Insoumise est, à cet égard, un bel outil qui fonctionne bien. Encore faut-il nous en emparer. Dans sa neuvième revue de la semaine, Mélenchon annonce la sortie du programme L’Avenir en commun, disponible en librairie (quoique déjà souvent en rupture de stock) et dit que la FI va tenter d’organiser mille points de vente. Puis il prévient : « Ne me demandez pas où ils sont ! Allez voir sur le site. Et s’il n’y en a pas près de chez vous, allez à la librairie, achetez des exemplaires, prenez votre table de camping, une cafetière et des gobelets en plastique et faites votre point de vente vous-mêmes ! ». Voilà un conseil à suivre, si nous ne voulons pas nous contenter de nous lamenter de l’état de l’offre politique actuelle, mais bien contribuer à la changer. Ce conseil, je vais le suivre. Je serai à Paris du 13 décembre au 1er janvier et l’un de ces jours, j’irai acheter mon petit stock et me poster quelque part, disons au Marché de l’Olive dans le XIXe, le Samedi 17. Ça vous dit ? Chiche - allons-y ensemble !

 

 

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 17:38

Qui parle de la dette nucléaire que nous allons laisser à nos enfants? Celle du risque que nous courront avec des centrales dont l'Autorité de sécurité nucléaire dit qu'elles sont peu fiables, celle du risque que nous ne pouvons assumer au moment de les démonter parce que nous ne savons pas le faire.

Exergue

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Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20161123.OBS1620/pourquoi-le-gendarme-du-nucleaire-a-decide-de-faire-du-bruit.html

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 "La situation est devenue très préoccupante". Quand ces propos s'appliquent aux centrales nucléaires françaises et qu'ils sont tenus par Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme de l'atome, il  y a de quoi éprouver quelques sueurs froides !

Dans une interview donnée ce mercredi 23 novembre au "Figaro", Chevet n'y va pas avec de dos de la cuillère, en racontant comment depuis 2015, l'Autorité a découvert que certaines pièces fabriquées par Areva pour les réacteurs nucléaires étaient d'une qualité médiocre, dissimulée par des dossiers falsifiés (voir notre enquête détaillée à ce sujet)

Comment on nous a dissimulé les dangers du nucléaire

Le 6 novembre dernier, déjà, le même Pierre-Franck Chevet déplorait dans une interview aux "Echos" :

"Nous n'avons jamais connu un tel cumul de problèmes."

Et il y a fort à parier que dans les semaines et mois qui viennent, le président de l'ASN continuera sa campagne d'alerte médiatique. Pourquoi ? Parce qu'il a tout intérêt à prendre à témoin l'opinion publique des problèmes que connaît la filière nucléaire tricolore.

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On ne le sait pas forcément, mais le monde feutré de l'atome vit actuellement une guerre. Et cette guerre, Pierre-Franck Chevet n'est pas du tout certain de la remporter. Depuis sa nomination à la tête de l'ASN en 2012, ce polytechnicien et ingénieur des Mines (autant dire issu du sérail 100% pro-nucléaire) a en effet montré une sévérité inattendue vis-à-vis des géants du nucléaire.

Une sévérité qui a surpris jusqu'aux ONG antinucléaires, peu habituées à tresser les louanges d'une Autorité de l'atome longtemps regardée comme mangeant dans la main d'EDF et d'Areva.

Mais les plus stupéfaits ont été... les acteurs du nucléaire eux-mêmes, habitués jusqu'ici à un entre-soi compréhensif, comme l'explique un bon connaisseur de cet univers :

"Le monde nucléaire vit sur un mode paranoïaque. Donc, Chevet est à leurs yeux le traître, le type qui veut les poignarder dans le dos, l'homme à abattre. Il veut empêcher l'EPR de Flamanville de se construire à cause d'une défaillance de la cuve – ce qu'ils considèrent comme un élément négligeable. Or, si Flamanville capote, ce sont des milliards d'euros de pertes et peut-être l'avenir du nucléaire français qui chavire."

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Dans les palais du pouvoir et dans les ministères, les protestations et coups de fil rageurs se multiplient. Est-ce que l'ASN entend provoquer la mort d'une filière d'excellence de l'industrie française et des 125.000 emplois directs qui vont avec ?

Indépendant du pouvoir politique et donc non-virable, Pierre-Franck Chevet n'en est pas moins soumis à une pression énorme. Il en est, d'après ses familiers, très éprouvé. D'autant que depuis 2012, il réclame au gouvernement un accroissement de ses moyens financiers et de ses troupes, trop maigres pour les chantiers considérables dont il a la charge (en plus du flicage des pièces des centrales, de la vérification du respect des standards post-Fukushima, des travaux pour l'allongement de la durée de vie des centrales...) Or, ces moyens lui ont été refusés, ce qui l'a beaucoup atteint.

Cet homme austère, au sourire rare, a donc compris que les bonnes manières ne servaient à rien pour faire valoir son point de vue. Surtout que, dans la bataille qui se joue autour de Flamanville, l'opinion publique est sa meilleure alliée. Selon notre source :

"Plus le public sera informé des malfaçons et dysfonctionnements du nucléaire français, plus Chevet sera légitime pour faire les gros yeux. Et plus les moyens qu'il réclame auront des chances de lui être accordés."

Son mandat (non renouvelable) arrivera à échéance en novembre 2018. Son successeur nommé par l'Etat sera-t-il plus "coulant" pour complaire aux acteurs du nucléaire, comme le redoutent les ONG ? Nul ne le sait. Mais il reste deux ans au président de l'ASN pour continuer à marquer ses positions et les esprits. Et possiblement, à faire entrer le nucléaire français dans une ère nouvelle : celle de l'exigence

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 09:42

Que n’a-t-on dit sur les auteurs des attentats ! Et souvent, justement. Pour autant qu’on nous ayons à leur accorder le libre-arbitre, ce faisant la responsabilité de leurs actes, il convient aussi de s’interroger sur la responsabilité des gouvernements français successifs pour s’apercevoir qu’il arrive de récolter ce qu’ils ont semé. L’article ci-dessous invite à méditer sur les liaisons dangereuses que nous entretenons avec les pétromonarchies dont l’Humain n’est pas la tasse de thé.

Exergue

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Source : https://www.letemps.ch/monde/2015/12/03/jean-francois-bayart-france-droguee-argent-petromonarchies

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Pour le professeur à l'Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, la France a fait preuve d’aveuglement en concluant des accords de défense avec les pays du Golfe.

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Les attentats de Paris ont braqué les projecteurs sur les liens qu’entretient la diplomatie française avec l’Arabie saoudite, épicentre de l’idéologie salafiste. Professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID), Jean-François Bayart s’est notamment intéressé aux conditions qui ont amené la France à se rapprocher des monarchies pétrolières du Golfe et, au-delà, des régimes arabes sunnites.

Le Temps: L’Arabie saoudite, le meilleur ennemi de la France?

Jean-François Bayart: C’est en tout cas le résultat d’une alliance avec les pétromonarchies dont nous recevons aujourd’hui l’effet de boomerang. A partir des années 1970 ont été signés toute une série d’accords de défense entre la France et les Emirats arabes unis, puis le Qatar et dans une moindre mesure le Koweït, auxquels s’ajoute en outre un partenariat très développé avec l’Arabie saoudite de même qu’avec le Pakistan. Le propos des Français était avant tout commercial. Nous sommes alors dans le contexte des chocs pétroliers et d’un grave déficit de la balance commerciale de la France. Le premier objectif concernait ce que l’on appelle «les grands marchés», dont l’exportation française est très tributaire, à l’inverse par exemple de l’Allemagne dont les exportations reposent davantage sur un tissu de petites et moyennes entreprises beaucoup plus dense et performant.

Dans ces accords de défense, certaines clauses secrètes et différées dans le temps. Ces clauses étaient «très engageantes» comme on dit dans le vocabulaire militaire français, c’est-à-dire qu’elles impliquent l’automaticité. Très concrètement, si demain il y a un conflit entre l’Iran et le Qatar, ces accords de défense stipulent l’intervention militaire automatique de la France.

Les Français en sont-ils conscients?

Ces accords, signés par le gouvernement, ont reçu une approbation parlementaire, mais en l’absence de tout débat public. La France à cette époque s’est un peu droguée aux «grands marchés». Mais c’était une drogue douce, progressive, qui n’a déployé ses effets dramatiques que vingt ou trente ans plus tard. Ce sont par exemple ces installations militaires, que Nicolas Sarkozy inaugure en grande pompe aux Emirats arabes unis ou au Qatar, mais en se gardant bien de faire référence à la chronologie. Or il s’agit bien du résultat d’une politique bipartisane qui s’est nouée dans les années 1970. Par la suite, Sarkozy a joué la surenchère, en faisant du Qatar notre principal partenaire dans le Golfe, avec de toute évidence l’existence de contreparties, sur lesquelles nous n’avons pas d’information.

Le vrai problème c’est que la France a progressivement confondu ses intérêts avec ceux des pays du Golfe, Irak compris. En 1979, lorsque arrive la révolution iranienne, la France voit la région à travers les yeux du camp sunnite. Et lorsque l’Irak de Saddam Hussein, derrière lequel sont alignées les pétromonarchies, lancera une guerre d’agression contre l’Iran, Paris le soutiendra ainsi très activement. Aujourd’hui encore, nous payons le prix de cette aliénation de l’Iran.

Et l’expansion de l’idéologie salafiste?

Idéologiquement et politiquement, nous n’avons pas vu que nos alliés du Golfe, et le Pakistan, contribuaient à diffuser, à l’échelle régionale, voire mondiale, une forme d’islam qui était loin d’être sympathique pour nos intérêts. Cet effet a été particulièrement désastreux en Afrique de l’Ouest parce que les années 1980 et 1990 sont des années d’ajustement structurel où nous-mêmes, comme bailleurs de fonds, nous détruisons systématiquement les capacités de l’Etat séculariste hérité de l’indépendance. Nous détruisons l’hôpital public, l’éducation publique, et nous affaiblissons les capacités administratives de ces Etats. Or, la nature ayant horreur du vide, le manque a été comblé par les organisations islamiques financées par l’Arabie saoudite et les pétromonarchies. On a parlé à tort d’une «réislamisation» de ces sociétés. En vérité, ces sociétés n’ont jamais cessé d’être musulmanes. Mais dans un contexte de paupérisation qu’accéléraient les programmes d’ajustement structurel ces sociétés ont cessé d’être séculières, avec la destruction de l’Etat sécularisé. La propagation d’un islam salafiste, qui n’est pas forcément djihadiste, c’est le fruit direct de notre politique.

Et aujourd’hui?

Nous continuons d’être drogués, nous ne sommes pas du tout sur la voie du sevrage. La seule inflexion de François Hollande, c’est qu’il a pris ses distances vis-à-vis du Qatar pour se jeter dans les bras de l’Arabie saoudite. Mais, concrètement, le président socialiste réitère cette politique pour les mêmes raisons mercantiles que dans les années 1970. C’est ainsi qu’il demande à l’Arabie saoudite de financer le réarmement de l’armée libanaise, si possible avec des armes françaises, ou que, par Egypte interposée, cette même Arabie saoudite nous signe un chèque pour les frégates Mistral en nous sortant ainsi du mauvais pas où nous avait mis Sarkozy avec la Russie.

Or ces régimes sur lesquels compte la France sont complètement opaques, et ils ne se contrôlent pas eux-mêmes. L’Etat saoudien lui-même, où ce qui en tient lieu, est incapable de vérifier ce que font les princes saoudiens en matière de financement, par exemple. Dans la région, ce n’est pas le seul Etat qui laisse une grande place à la famille, à être lignager. Mais ici, ce serait plutôt une famille sans Etat. En Arabie saoudite, il n’y a que le lignage et les mercenaires.

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:35

Ah ! Ma bonne dame, mon bon monsieur, la politique n’est plus ce qu’elle était. C’est à ne plus rien y comprendre. Les électeurs sont imprévisibles. Ils ont perdu tout sens commun. Voyez ce qui se passe dans le monde, en Europe. En France, je vous le dis, sont capables d’envoyer Mélenchon à la présidence, pourtant c’est pas faute d’essayer de le faire rentrer dans la cage des primaires, mais il veut pas le bougre, dit que ce serait pas honnête, qu’il veut pas mentir aux électeurs. Qu’est-ce que c’est cette histoire d’honnêteté, hein ! Qu’est-ce que c’est ? Qui lui demande d’être honnête ? De ne pas faire le contraire de ce qu’il annonce ? On l’a pas toujours fait ? Les traditions se perdent, je vous le dis.

Exergue

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Source : https://blogs.mediapart.fr/boudinovitch/blog/021216/encore-un-pti-coup-dprimaire-pour-la-route?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

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Les questions essentielles restent : qui, pour s'opposer à la droite extrême et à l'extrême droite dans l'élection présidentielle ? Manuel Valls, le coauteur d'une politique si désastreuse et si honteuse qu'elle a conduit le chef de l'état à prendre une décision qu'aucun président de la Vième République n'avait jamais été contraint de prendre : s'éclipser tête basse ?

Arnault Montebourg, si vaillant dans la primaire de 2012, si progressiste, si "à gauche" quand il a soutenu au second tour de cette primaire le plus à droite, Hollande (oui, celui-là qui vient de se coucher sur le trottoir de l'Elysée), Arnaud, si heureux jeune quinqua, avec ses potes Valls et Hamon, si fier : ministre, hé ! T'as vu ? Et qui maintenant nous la joue : "Quelle vilaine politique c'était !" ? Truqueur !

Ou Mélenchon, qui a patiemment construit son projet de politique progressiste en multipliant les consultations d'experts et qui a su s'entourer d'une pléiade de femmes et d'hommes clairement engagés dans les combats des salariés ?

Au delà de 2017, qui peut reconstruire un puissant courant populaire progressiste intégrant des socialistes, des communistes, des écologistes, mais les dépassant largement, sinon la France Insoumise ?

Les problèmes demeurent et particulièrement celui posé par Henri Weber : "Nous pouvons perdre l'élection, et même ne pas être au second tour. Ce qui serait réellement grave, ce serait que notre candidat soit dépassé par la candidature JL Mélenchon".

"Tu peux gagner la primaire, Jean-Luc !" lance le célèbre progressiste libéral-verdâtre Daniel Cohn-Bendit, sur toutes les radios, télés et feuilles de choux. Et comme souvent, il lance ce qui doit être l'axe central des propagandes dans les sept semaines à venir : Mélenchon doit participer à la primaire, et il peut la gagner. S'il ne pense pas pouvoir la gagner, comment pourrait-il battre Juppé ou le Pen ?

On est triste d'entendre un garçon aussi intelligent que Thomas Piketty reprendre un raisonnement aussi bête et aussi malhonnête. Mais cela prouve qu'on peut être un économiste compétent et se montrer aveugle à la dimension qui doit être essentielle en politique, la droiture.

Un : une primaire serait le moyen (contestable) de désigner le meilleur candidat au sein d'une même famille. Que Mélenchon et Valls participent à la même primaire serait un mensonge fait aux électeurs. Les politiques qu'ils défendent ne relèvent en aucun cas d'une même famille de pensée. JLM peut-il s'engager à soutenir Manuel Valls en cas de succès de ce dernier à la primaire ? On ne se débarrasse pas de ce fait en déclarant : "Mais Valls ne va pas gagner !" : la valeur morale d'un engagement ne dépend pas d'une prédiction de résultat. La preuve : qui imagine Manuel Valls s'engager à soutenir Jean-Luc Mélenchon ? Ce serait un mensonge ! De tels comportements prostituent la politique.

Deux : la primaire est le lieu qui convient à toutes les magouilles. Arnaud Montebourg n'a-t-il pas publiquement appelé les électeurs de droites à venir voter à la primaire des gauches pour le soutenir de manière à "torpiller" Hollande ? En dehors de l'inconscience et de l'abjection d'un tel «appel", il est de fait que rien n'empêche les électeurs de droite de CHOISIR dans la primaire leur adversaire "de gauche" ! Ceci d'autant plus que les électeurs proches du PS sont maintenant en petit nombre et que ce sera un jeu d'enfant pour tel ou tel mouvement de droite de "se farcir" tel ou tel concurrent de la "primaire" de la "Belle Alliance" (un nom vraiment superbement choisi...).

Un seul candidat à gauche, oui, ce sera le cas : Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le PG, le PCF, Ensemble, NGS et déjà bien plus de cent soixante mille citoyens.

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 07:42

Quelques uns s’étonneront de la parution dans ce blog de la prestation de F. Fillon devant les patrons. Je répondrai qu’il convient de connaître, pour mieux le combattre, de la bouche même de l’adversaire, son programme car on est là en circuit court et que nul ne peut tenir l’argument, l’ayant écouté, qu’il n’a pas dit ceci et qu’on le lui impute. C’est donc du première main qui vous est proposé, du sans intermédiaire.

L’écoute suppose tout de même un minimum d’esprit critique afin de ne pas succomber à la belle présentation, à la rhétorique, à l’ensorcellement de belles phrases creuses, ainsi lorsqu’il y a usurpation de mots et qu’il vous est vendu, par exemple, comme propositions progressistes ce qui n’est que du conservatisme et du réactionnaire, du 19ième siècle, du thatchérisme sur lequel tout le monde s’accorde, sauf la droite française, pour dire qu’il a échoué.

J’ajouterai que s’il est nécessaire d’être attentif pour distinguer ce qui est dit de manière floutée, à demi-mot, on est cependant tout de même servi et de belle manière directe car F. Fillon l’austère, se lâche devant ce parterre libéral acquis (qui n’est pas le plus large électorat de la primaire) avec qui il fait copain-coquin, au point qu’il en arrive même à faire tenir sur son visage cette rareté chez lui : un sourire de connivence destiné à l’aréopage.

Je vous laisse découvrir son programme, apprécier comment il étaye la nécessité, selon lui, de retraites par capitalisation, comment il aime celles par points, points qui peuvent toujours augmenter dès lors qu’on peut abaisser la valeur de ces derniers ; comment il va payer moins les apprentis (dont ses enfants bien évidemment ne seront pas) ; comment il va restreindre les prestations faites aux plus démunis tout en préservant les largesses faites aux nantis ; comment il va ‘libérer’ les patrons des ‘charges’ (contributions sociales) dont il faut rappeler qu’elles sont du salaire différé ;  etc., etc. ; comment il va prendre rapidement à la gorge, avec tout l’arsenal législatif dont il dispose, les travailleurs-citoyens pour mettre en œuvre son ‘coup d’état social’ selon la méthode analysée et décrite par Noémi Klein et dite ‘stratégie du chaos’. Enfin, les plus pertinents n’auront pas manqué d’observer aussi le programme par omission : rien sur l’écologie, rien sur le climat, rien sur l’énergie, rien sur la faillite productiviste,…. Rien, rien, rien sur la catastrophe qui s’annonce.

Ajoutons qu’il n’est pas encore président sauf, bien entendu, pour les siens et les médias ; et qu’il ne tient qu’à nous qu’il ne le soit pas.

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Fillon : https://www.youtube.com/watch?v=iaaEICTmebs

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 05:58

Réaction de Clémentine Autain après l’annonce de F. Hollande dans laquelle il déclare ne pas se représenter aux élections présidentielles à la raison de ne pas être en capacité de rassembler. Il est vrai que les candidats sont nombreux à droite ce qui conduit à une dispersion des voix qui n’est guère soulignée.

Dans le même entretien elle dénonce, point par point, le bilan de F. Hollande et met en garde contre les politiques conservatrices proposées par F. Fillon et l’extrême-droite.

Enfin, elle appelle à se retrouver sous la candidature de J-L Mélenchon et à mener une campagne dynamique.

Exergue

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Clémentine Autain : https://www.youtube.com/watch?v=eT-P4EGk2DE

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 17:33

Panique chez les oligarques. Chacun se souvient de Junker remettant en cause le référendum grec avec cette formule : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » Voici qu’il récidive en demandant de suspendre tout référendum en Europe….parce que les peuples pourraient mal voter (1). Vous avez bien lu : parce que nous pourrions mal voter.

Lors du Brexit, c’est le même discours que tenait Ségolène Royal en déclarant : «  Nous ne ferons pas l’erreur de David Cameron, rassurez-vous. Nous n’allons pas faire de référendum pour la sortie de la France de l’Union européenne, ça, je puis vous l’affirmer » (2). Pourquoi ? Parce que nous sommes trop nazes ?

Trop nazes, souvenez-vous de 2005, du TCE, c’est ce qu’on disait déjà de nous. Puis, vous connaissez la suite. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça ne passe toujours pas. Pour vous rafraichir la mémoire, je vous propose cet excellent article : Le référendum volé (3). Je vous en livre un passage : « Les Français n'ont pourtant été ni les seuls ni les premiers faire l'amère expérience que leur voix comptait désormais pour presque rien dans l'inexorable déploiement de l'a-démocratie européenne. D'autres peuples se sont vus rabroués par leurs propres mandataires au motif que, décidément, ils n'y comprenaient rien. Le tout généralement enveloppé dans le discours infantilisant d'usage : si les électeurs votent de travers c'est parce que le sujet est « trop compliqué » et qu'on n'a pas suffisamment mis l’accent sur « la pédagogie ». A la bêtise fondamentale de citoyens peu avertis, mieux vaudrait donc opposer la compétence et l'acuité lucide des élites « éclairées », les seules, d'ailleurs, à bénéficier d'une véritable « expérience européenne ». Dormez, braves gens, ou zonez devant des talk-shows. On s'occupe à votre place de concevoir votre Bien. ».

Alors ! Votons! Votons pour les dégager. Tous. Du P(s) à l’extrême-droite. Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre.

Exergue

 

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(1) Au fond du trou : Juncker demande de suspendre tout référendum sur l'UE... parce que les citoyens pourraient mal voter !

Par Pierrick Tillet le 30 novembre 2016 - Le monde du Yéti http://yetiblog.org/index.php?post%2F2094

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Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, vient de lancer un cri d’alarme : les États devraient cesser de consulter leurs peuples sur la question de l’UE, car cela « rajouterait de la défiance à l’énorme défiance déjà présente au cœur de l’UE ».

Et notre oligarque en chef de s’expliquer :

« Concernant les référendums sur l’adhésion à l’UE, je pense qu’il n’est pas sage d’organiser ce type de débat, non seulement parce que je pourrais être préoccupé par le résultat final, mais parce que cela renforcera le nombre considérable de controverses déjà présentes au cœur de l’UE. »

Même l’abus d’alcool (dont, paraît-il, notre notable est coutumier) ne justifie certainement pas à lui seul cet excès soudain de panique. En réalité, après le Brexit, deux nouvelles dates fatidiques menacent pour le week-end prochain :

  • la présidentielle-bis en Autriche du 4 décembre qui pourrait voir la confirmation de l’élection d’un président d’extrême-droite profondément eurosceptique ;

  • le référendum lancé par le Premier ministre italien Renzi, toujours le 4 décembre, qui pourrait entraîner la démission du gouvernement en place et ouvrir les portes au Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, lui aussi plus que dubitatif sur l’UE et sa monnaie unique, l’euro.

Reconnaissons toutefois à Jan-Claude  Juncker, sans que cela vaille excuse, une certaine franchise très brut de décoffrage (par ailleurs assimilable à de la pure connerie). On se rappelle sa désormais fameuse sentence :

« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

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  1. « Nous ne ferons pas l’erreur de Camerone »

https://www.les-crises.fr/royal-nous-ne-ferons-pas-l-erreur-de-cameron/

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    (3) 10 ans : le référendum volé de 2005 ou le passé qui ne passe pas

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http://l-arene-nue.blogspot.fr/2015/05/10-ans-le-referendum-vole-de-2005ou-le.html

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Et oui, cela fera dix ans demain 29 mai 2015. J'espère qu'on me pardonnera cet accès de feignasserie mais je me contente de reproduire pour l'occasion un morceau du chapitre six de Europe, les Etats désunis. Joyeux anniversaire à tous les démocrates ! 

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Le « référendum volé » de 2005 ou le passé qui ne passe pas

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Le pessimisme hexagonal est partagé, on le sait, par d'autres peuples d'Europe. En France, il existe toutefois une circonstance aggravante. Elle relève de ces événements qui, si on parvient à les mettre entre parenthèse suffisamment longtemps pour les croire oubliés, finissent par se rappeler à notre souvenir faute d'avoir été jamais digérés. Le « référendum volé » de 2005 relatif au projet de traité constitutionnel européen est assurément de cet ordre. Il appartient à ce passé qui ne passe pas car il n'est ni du registre de l'erreur, ni du registre de l'échec, mais de celui de la tromperie. En choisissant d'ignorer le choix fait par le peuple le 29 mai 2005, les dirigeants français ont tout révélé de cette Europe-là. D'abord qu'elle était l'antithèse-même de la démocratie. Ensuite que cela leur convenait et qu'ils étaient décidés à consentir à tout dans le but de préserver cet objet désincarné.

Les Français n'ont pourtant été ni les seuls ni les premiers faire l'amère expérience que leur voix comptait désormais pour presque rien dans l'inexorable déploiement de l'a-démocratie européenne. D'autres peuples se sont vus rabroués par leurs propres mandataires au motif que, décidément, ils n'y comprenaient rien. Le tout généralement enveloppé dans le discours infantilisant d'usage : si les électeurs votent de travers c'est parce que le sujet est « trop compliqué » et qu'on n'a pas suffisamment mis l’accent sur « la pédagogie ». A la bêtise fondamentale de citoyens peu avertis, mieux vaudrait donc opposer la compétence et l'acuité lucide des élites « éclairées », les seules, d'ailleurs, à bénéficier d'une véritable « expérience européenne ». Dormez, braves gens, ou zonez devant des talk-shows. On s'occupe à votre place de concevoir votre Bien.

Chez certains de nos voisins, on a au moins tenté de préserver les apparences. On y a rappelé aux urnes les « mal-votant », comme on appelle les pêcheurs à confesse. A grand peine parfois. En Irlande, par exemple, il a fallu pas moins de quatre votes pour avaliser deux traités. Celui de Nice, d'abord, avait été rejeté par 54 % des électeurs irlandais en juin 2001 avant d'être accepté un an et demi plus tard, à l'occasion d'un second vote. Celui de Lisbonne, ensuite, a également nécessité deux votes. Le premier, en 2008, ayant concentré plus de 53 % de « non », on revota, très favorablement cette fois (67%), en 2009.

A l'encontre des récalcitrants de 2005, on fut moins scrupuleux. Aux Pays-Bas, on n'osa pas plus qu'en France redonner la parole à des électeurs a priori peu enclins à en faire bon usage. Les Néerlandais subirent à peu près le même traitement que les Français. On s'en souvient, eux aussi avaient vivement rejeté le projet de traité en 2005. A la question « Etes-vous pour ou contre l'approbation par les Pays-Bas du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? », plus de 61 % des électeurs avaient répondu par la négative. En 2008, c'est donc au Parlement du pays, bien plus docile, qu'il fut demandé de ratifier Lisbonne.

Lisbonne

Lisbonne : la copie, ou presque, du projet de traité constitutionnel. Un jumeau auquel il ne manque que quelques grains de beauté discrets pour être un clone parfait. Grosso modo, on s'est contenté de gommer le mot « Constitution » pour le remplacer par « traité » et par ôter les éléments à caractère symbolique qui visaient à simuler la création d'un pseudo-Etat. Comme l'hymne, par exemple, ou le drapeau étoilé, ce qui n'empêche nullement ce dernier de flotter partout, puisqu'il est l'emblème des Communautés européennes depuis 1985. Comble de la mièvrerie, la devise « unie dans la diversité » fut évacuée également. La voilà donc à nouveau disponible pour servir de slogan à une future publicité pour les vêtements Benetton. Enfin, le personnage qui devait porter le titre de « Ministre des affaires étrangères » écope de celui de « Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères », avec le succès que l'on sait : il n'y a pas plus erratique - plus inexistant, même - que la diplomatie européenne.

Outre cela, le contenu est le même. Il est simplement éclaté dans les traités préexistants qu'il amende, de sorte que l'Union est désormais régie par deux textes : le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), c'est à dire le traité de Rome modifié, et le traité sur l'Union européenne (TUE), soit Maastricht adapté. Une simple réorganisation, donc, mais pas une réécriture. Un juriste, Jean-Luc Sauron, auteur d'un livre intitulé Comprendre le traité de Lisbonne1 expliquait d'ailleurs la chose très simplement. Interrogé sur la question de savoir s'il existait une différence entre le projet constitutionnel et le nouveau traité, il répondait : « Faut-il en chercher une ? Le TCE a été ratifié par une majorité d’États membres représentant 56 % de la population européenne. Pouvait-on, dans ces conditions, gommer ce texte ? »2. C'est vrai, ça ! On avait suffisamment travaillé sur ce projet en 2005, on n'allait tout de même pas, au motif de deux référendums négatifs et France et aux Pays-Bas, s'amuser à tout reprendre. L’Europe, c'est du sérieux ! Elle n'a pas que ça à faire ! Quant à ceux qui réclamaient que le nouveau texte soit à son tour soumis à référendum, le juriste leur répondait : « le référendum, c’est la négation du destin commun. Ce n’est pas Lisbonne que refusent les tenants du référendum, c’est une plaisanterie. Ils refusent l’Union européenne comme elle est, le monde comme il est, le marché comme il fonctionne ». Et refuser le marché comme il fonctionne, ça, vraiment, c’est impardonnable...

Il n'était pas dans les usages de la droite sarkozyste de refuser le marché tel qu'il fonctionne. Le traité de Lisbonne, proposé à la ratification du Parlement, n'avait certainement pas cette ambition. Durant la campagne présidentielle de 2007, la candidate socialiste, elle, avait appelé de ses vœux un texte plus « social ». Surtout, Ségolène Royal avait suggéré que ce nouveau texte soit soumis, comme son prédécesseur de 2005, à un nouveau référendum. Il était en effet de bon aloi de considérer à gauche qu'un traité rejeté par le peuple devait être représenté au peuple même s’il avait changé de contenu. C'est en tout cas ce que défendra longuement le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, dans un fort beau discours prononcé dans l’hémicycle le 6 février 2008. Il y expliquera notamment combien lui semble mortifère la substitution, pour la première fois dans l'histoire de la République, du Parlement au peuple à la suite d'un échec référendaire. Combien l'Europe, parce qu'elle lui est chère, lui semble mériter une appropriation populaire et combien il lui paraît urgent de l'extirper du giron des spécialistes pour la confier aux soins des citoyens.

 

Au moment de voter la révision constitutionnelle préalable à la ratification de Lisbonne, la gauche française, pourtant, reniera sa parole. Au sein du Parlement réuni en Congrès, 142 députés et sénateurs socialistes s'abstiendront. Pis, plus d'une trentaine d'entre eux votera favorablement. C'est cela, ce consentement muet de certains, cette complicité explicite de quelques autres, qui permettra à Nicolas Sarkozy d'obtenir la majorité des trois cinquièmes nécessaire à la ratification du texte – le même texte – rejeté trois ans plus tôt.

Pourquoi est-il utile de revenir sur cet événement aujourd'hui vieux de plusieurs années et qui fut largement commenté en son temps ? Simplement parce qu'il s'agit d'un séisme antidémocratique qui connaît aujourd'hui des répliques. Parce que cette maladie du politique qui consiste à ne jouer la comédie d'une démocratie strictement procédurale que pour mieux vider de sa substance la démocratie réelle, produit aujourd'hui des symptômes.

« L'épisode Lisbonne », qui a consisté, pour la première fois, à transformer les représentants du peuple en censeurs de celui-ci était appelé à avoir des répercutions de long terme. Il a révélé un large consensus dans la classe politique, non plus seulement pour fabriquer une Europe techno-libérale mais également pour transformer les Assemblées en instances de reformulation d'une parole populaire dont on admettait clairement, désormais, qu'on la trouvait impropre. On est au-delà de l’œcuménisme pro-européen décrit supra3. Ici, le consensus ne se fait plus sur la physionomie et sur l’orientation que l’on souhaite donner à l’Union européenne. Il se fait sur les moyens qu'on est prêt à employer pour parvenir à poursuivre l’intégration. Ces moyens sont lourds puisqu'ils consistent à transformer le statut-même du Parlement. Celui-ci cesse d'être le lieu privilégié d'expression de la volonté populaire, pour devenir, purement et simplement, le lieu de son invalidation.

A cet égard, « l'épisode TSCG » n'est que la toute petite réplique d'un séisme antérieur. Le retournement de point de vue d'un seul est même homme, François Hollande, en l'espace de quelques semaines et l’enterrement rapide d’une promesse de campagne paraît presque véniel. Le candidat Hollande avait assuré, lors de la campagne présidentielle de 2012, qu'il renégocierait, sitôt élu, le « traité Merkozy » hérité de son prédécesseur. Il n’avait pas dû lui échapper que le TSCG et sa règle d’or constituaient des dispositions supplémentaires en faveur d’une austérité dont on peine toujours à comprendre que la gauche puisse s’en accommoder. Le président Hollande a choisi de répudier son engagement et d’opter, à la place, pour un colifichet - la négociation d'un « Pacte de croissance » dont on n'a plus, depuis, aucune nouvelle -. Ce faisant, il a confirmé une chose à laquelle, cette fois-ci, beaucoup le monde s'attendait : il n'existe, concernant ce qu'il est convenu d'appeler « la réorientation de l'Europe », pas l'ombre d'un projet véritable. Surtout, il n’existe pas l'ombre d'une volonté solide.

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1 Jean-Luc Sauron, Comprendre le traité de Lisbonne, Gualino éditeur, décembre 2007.

2 Jean-Luc Sauron, « le traité de Lisbonne est un simple aménagement du règlement intérieur de l’Union », interview publié sur le blog Coulisses de Bruxelles, 25 février 2008.

3 Va falloir acheter le livre !    

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 06:03

La politique c’est la capacité d’articuler un projet qui ne va pas sans cette autre qui est de le porter et de tout faire pour lui donner à exister.

Se rassembler ne signifie pas être semblable, mais partager suffisamment de points communs et d’affinités pour pouvoir faire route ensemble. Ne ferait-on pas le choix du rassemblement alors que nous nous accordons sur l’essentiel qu’on laisserait la voie libre aux idées et à ceux que l’on prétend combattre, se faisant, dans le même temps, on laisserait aux vents mauvais ceux que l’on prétend défendre.

On peut toujours décider de témoigner de sa singularité ; alors il faudra avoir le courage de regarder, plus tard, au bas côté du chemin ceux pour qui on ne s’est pas entièrement donné par un trop grand souci de virginité. Consciente de cela, la Coopérative écologie sociale, tout en affirmant son identité, a fait le choix du rassemblement qui peut nous apporter la victoire sur le conservatisme et la régression.

Exergue

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Source : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/021216/le-choix-de-l-insoumission

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A la veille de la réunion du Front commun à Montreuil, la Coopérative écologie sociale (dont sont notamment membres Francine Bavay, conseillère fédérale EELV, Sergio Coronado, député EELV des Français de l'étranger, Patrick Farbiaz, conseiller fédéral EELV, Bénédicte Monville-De Cecco, conseillère régionale d’Île de France EELV), profite de l’occasion pour «reposer au sein d’EELV, la question de l’opportunité d’une candidature écologiste à la présidentielle».

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La situation nouvelle dans laquelle nous nous trouvons depuis l’élection de Donald Trump et la désignation de François Fillon comme candidat de la droite et du centre nous oblige à réaffirmer les choix, finalement minoritaires, que nous avions portés lors du dernier Congrès d’EELV et alors même que les primaires de l’écologie viennent de s’achever. La victoire sans appel de deux réactionnaires sur les bases d’une révolution ultralibérale, conservatrice, et souverainiste dans deux des six plus grandes puissances du monde conjuguée avec le poutinisme et le renforcement de la prédominance de Xi Jinping en Chine, ou encore d’Erdogan en Turquie change la donne. Le monde dans lequel nous entrons rompt non seulement avec les Trente glorieuses mais aussi, en Occident, avec la promesse de progrès social et démocratique. Le chaos géopolitique se double maintenant d’une hypothèse autoritaire. Le capitalisme n’a plus besoin de la démocratie, nulle part.

Dès lors, l’enjeu de l’élection présidentielle se modifie. Ce n’est plus seulement la défaite de la gauche qui se profile mais la nécessité d’entamer une recomposition politique pour organiser la résistance de celles et ceux qui veulent s’opposer au tsunami réactionnaire et ordo-libéral qui vient. Nous savions déjà, avant la victoire de François Fillon, que le vote à gauche se départagera entre celles et ceux qui, dans la peur d’un 21 avril annoncé, vont nous expliquer que le danger immédiat est celui de la droite et de l’extrême droite et celles et ceux qui estiment, comme en 1969, que l’enjeu est de montrer qu’il est possible d’en finir avec l’hégémonie d’une gauche néoconservatrice sur la gauche sociale, écologique et morale qui se bat depuis quatre ans contre ce gouvernement qui dévoie toutes nos valeurs. Mais si la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis démontre, s’il le fallait encore, que la première réponse est parfaitement inutile à long terme, celle de François Fillon renforce l’idée que la politique de la gauche de gouvernement depuis 2011 dans tous les domaines a encouragé cette révolution conservatrice. Il faut tout faire pour mettre en minorité le Parti Socialiste, responsable au premier chef de cette situation.

Vouloir porter un discours de changement positif est dans ce cadre une illusion et ne débouchera que sur une nouvelle déception. Faire 2, 3 voire 4 % reviendra à enfoncer un clou supplémentaire sur le cercueil de l’écologie politique alors qu’elle est la seule idée propulsive de l’avenir. Dans ces conditions, une candidature EELV que notre candidat a qualifiée lui-même de candidature de témoignage à l’élection présidentielle n’est pas souhaitable. Yannick Jadot a assurément des qualités pour être le candidat d’EELV mais à quoi sert un candidat de témoignage dans la période inédite que nous traversons ? Pourquoi prétendre que l’enjeu se situe encore dans la diffusion des idées écologistes alors qu’il s’agit de manière urgente de se demander comment créer les conditions qui permette de sortir l’écologie politique de la situation de marginalité où depuis la fin du XIXème siècle les forces conservatrices travaillent à la maintenir ? Yannick Jadot ne répond pas à ces questions. A quoi sert dans une période d’exaspération des national-populismes, de mensonges et de négation du dérèglement climatique et de ses conséquences de continuer à prétendre qu’il existe un peuple de l’écologie ? Quelle est la pertinence d’une candidature qui veut faire la synthèse entre une écologie bourgeoise, soucieuse de santé et de préservation de la nature, mais qui pourtant refuse de poser la question des rapports de production et de la prédominance du capital, et une écologie politique, au sens plein du terme, qui affronte la relation fondamentale entre capitalisme et destruction de la nature ? Avons-nous besoin d’une énième candidature de témoignage ? Sans un processus de rassemblement des forces du champ de l’émancipation sociale et écologiste quel sens cette candidature peut avoir ?

Ces dernières années, l’écologie politique a encore souffert du louvoiement, du renoncement, de l’accaparement par une « firme » d’un espace qui pourtant avait réuni plus de 16 % de l’électorat aux élections européennes de 2009. Ce formidable élan a été détruit par les petits marquis qui sont allés sans vergogne rejoindre la cohorte des soldats perdus du gouvernement Hollande-Valls. Notre parti a choisi d’y mettre un terme et c’est tant mieux mais pour quoi faire ?

L’élection présidentielle n’a jamais été le tremplin des candidat-es écologistes aux élections législatives. Ils ont toujours réalisé de meilleurs scores que le candidat parce que les électeurs votent utile en mai et reviennent en partie à un vote de conviction en juin. Cette fois-ci pourtant la revendication d’autonomie intransigeante dont se revendique le candidat EELV à la présidentielle comme d’ailleurs la majorité issue du Congrès de Pantin obère cette possibilité. Sur le terrain, les militant-es écologistes savent bien que l’heure est au désarroi et qu’il s’agit d’abord de regrouper des forces citoyennes en rupture avec le hollandisme pour rebâtir à partir du bas sur une plate forme partagée par l’ensemble des forces de la gauche de transformation sociale et écologique. Crier autonomie, autonomie, autonomie, n’a donc aucun sens sinon conforter celles et ceux qui se fourvoient et travaillent en réalité au maintien de la marginalité écologique. C’est-à-dire les tenants d’une écologie qui doute d’elle-même et de son potentiel de transformation radicale de nos sociétés. SI nous voulons comme certains le prétendent « déminoriser » l’écologie, il faut maintenant prendre nos responsabilités en devenant une des forces motrices d’une recomposition qui commencera sur le terrain dès les prochaines législatives.

La prochaine élection présidentielle consacrera la défaite de la gauche sociale libérale qui durant cinq ans aura trahi toutes nos aspirations, tous les engagements signés, toutes les promesses faites à des partenaires vassalisés et réduits à jouer les utilités. Et ce ne sont pas les dernières gesticulations d’une aile « gauche » du PS étrangement silencieuse en dehors des périodes électorales qui y changeront quoique ce soit, même si elles pourront duper certain-es électeurs/électrices. De ce fait, les électrices et électeurs de gauche n’auront que le choix entre des solutions par défaut : soit s’abstenir, soit témoigner, soit désobéir. Comme nous estimons que le vote est un acte politique de citoyenneté minimum, nous ne nous abstiendrons pas. Comme nous considérons que les candidatures de témoignage sont inutiles dans une période où l’écologie politique est dévoyée par le capitalisme vert, nous choisirons la désobéissance, car l’insoumission est le seul vote utile dans une période où le chaos est la règle et la cohérence dans la conviction, l’exception.

  • Désobéir à la Vème République et à son système présidentialiste qui, avec les primaires, a transformé notre pays en hippodrome de courses de chevaux entrainés par des écuries où suiveurs, courtisans et sponsors cherchent à miser sur le meilleur canasson pour l’emporter tous les cinq ans.
  • Désobéir à un système partidaire qui s’est coupé du peuple en choisissant la voie de l’oligarchie, de la soumission au gouvernement invisible des lobbies et des multinationales.
  • Désobéir à son parti politique, défait et laminé par les petites ambitions d’une partie de ses cadres et inviter ses militant-es à considérer avec nous la gravité de la situation et à en tirer toutes les conséquences.

C’est pourquoi nous faisons le choix de participer au front commun qui se dessine. Nous ne ne le faisons ni en fan, ni en groupie, ni en supporter de Jean-Luc Mélenchon. Nous avons des désaccords avec lui : son tropisme jacobin et centralisateur, sa vision géopolitique «campiste » datant de l’affrontement Est/Ouest, ses déclarations à l’emporte pièce, notamment sur l’immigration ou le « récit national » qu’il faudrait adopter « à partir du moment où on est français » … et nous comptons bien le dire haut et fort. Mais il a au moins trois qualités essentielles à nos yeux :

1) Il a réconcilié une partie de la gauche profonde avec l’écologie en faisant la jonction entre justice sociale et justice écologique. En prônant l’éco socialisme, la règle verte, la lutte déterminée contre les Grands projets inutiles et Imposés, la sortie claire et sans ambigüité du nucléaire, il permet à une partie des syndicalistes, de la gauche sociale, de converger avec l’écologie politique. En rompant notamment sur le nucléaire avec l’immobilisme du PCF et du PS, il écologise en profondeur la gauche et prépare l’étape suivante, celle où l’écologie politique sera le moteur de la gauche.

2) Il a le rôle de voiture bélier dans cette présidentielle où il s’agit  enfin de rompre avec une sociale-démocratie qui a rejoint le camp de la droite avec sa politique économique et sociale de régression (CICE, politique de l’offre, lois Macron, loi travail, répression antisyndicale, anti-jeunes, en particulier quand ils ou elles sont issu-es des milieux populaires, anti-militant-es, en particulier quand ils ou elles sont écologistes … ), sa politique  productiviste anti écologiste (Notre Dame des Landes, Sivens, Fessenheim, boues rouges, algues vertes, diésel, …) sa politique sociétale (déchéance de nationalité, expulsions des Rom, enterrement du droit de vote des étrangers et du contrôle au faciès, Etat d’urgence permanent, méga fichage TES, …), sa politique étrangère (logique de guerre en Afrique et au Moyen Orient, soutien aux dictatures, …). Il faut «hacker» cette présidentielle pour en finir avec le cycle d’Epinay sur lequel a prospéré un PS qui a renié un par un tous ses engagements de départ. Jean-Luc Mélenchon, parce qu’il a toujours dénoncé depuis le début du quinquennat, la présidence et la majorité autour de François Hollande a pour des millions de français cette crédibilité là. Nous devons empêcher non seulement le face-à-face entre les deux derniers présidents complices de la même politique d’austérité mais plus largement faire exploser définitivement le champ politique français constitué depuis des décennies et oeuvrer à sa recomposition. Comme en Espagne, au Portugal, aux Etats Unis avec Bernie Sanders et Jill Stein, il faut pirater le système électoral en vigueur.

3) Jean-Luc Mélenchon par son combat permanent pour la VIème République, pour des mandats révocables, pour la proportionnelle, pour une Constituante, pour une majorité rose rouge verte peut enfin être l’occasion de la recomposition du paysage politique à gauche et au delà des partis constitués. Nuit Debout et le mouvement contre la loi Travail, les zadistes, les initiatives citoyennes et écologistes montrent que la recomposition se fera par le bas, qu’elle s’ancrera localement comme à Barcelone et à Madrid dans le communalisme libertaire. Mais l’implosion de ce système doit aussi venir par en haut. Le PS comme le PC (qui vient d’ailleurs de faire le choix de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon) et à certains égards ce qui reste d’EELV sont des freins qui bloquent cette recomposition par le bas. Si Jean-Luc Mélenchon dépasse ne serait-ce que d’une voix François Hollande ou n’importe quel représentant du social libéralisme, la crise sera telle au PS que nous pourrons nous engager enfin dans une autre voie, celle de la construction d’un mouvement de type nouveau, un bloc social et écologiste où pourront s’agréger les forces motrices du changement issues des mouvements de la protestation sociale, de l’écologie, du féminisme, de l’antiracisme, du pacifisme. La recomposition est à ce prix. Elle ne dépendra pas du Parti de Gauche ou de la France Insoumise car il ne peut y avoir de recomposition par le haut, par le fait du prince. Un présidentiable ne peut jouer le rôle fédérateur d’une force politique au XXIème siècle et c’est une bonne chose. Et ce même si « La France Insoumise » en expérimentant des moyens d’organisation horizontaux où la liberté de chacun de faire campagne, est un mode d’organisation qui pourrait être utile comme on l’a vu avec Momentum, le mouvement pro Corbyn ou avec la campagne de Bernie Sanders.

Nous espérons que notre choix sera l’occasion de reposer au sein d’EELV, la question de l’opportunité d’une candidature écologiste à la présidentielle dans les conditions que nous avons à nouveau spécifiées ici. Si tel n’était pas le cas, celles et ceux qui parmi nous sont à EELV, utiliseront leur droit de retrait durant la campagne des présidentielles en même temps que nous nous battrons pour des candidatures les plus unitaires sur la base de plate–formes citoyennes, de gauche et écologistes aux élections législatives. Nous avons toujours décidé de notre orientation, sans a priori et en fonction de l’analyse d’une situation donnée. Aujourd’hui, au moment où les périls se rapprochent, si nous voulons une recomposition dont l’axe soit la convergence entre le social et l’écologie, il faut savoir rompre avec les attitudes boutiquières et faire le choix d’un front commun.

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 08:40

Fier de la politique qu’il a conduite (n’en dresse-t-il pas un bilan relativement positif ?) il décide de ne pas se représenter anticipant la sanction populaire de la  primaire contre laquelle il a compris qu’il ne peut rien. Ainsi, à l’écouter en filigrane, le peuple, pour lequel il semble dire qu’il a tant fait, serait ingrat à son encontre.

Certains saluent son courage. Quel courage y-t-il a préférer la moins pire des humiliations, partir avant d’être éjecté manu-militari ? D’autres sa lucidité qui ne porte pas sur son bilan mais sur le sort qui lui aurait été fait s’il s’était présenté.

Non ! Cet homme n’a pas reconnu son échec d’une politique socialiste car il ne l’a pas conduite et qu’il n’est pas socialiste pas plus que ne l’est son gouvernement. Il a seulement prévenu l’affront qu’il allait subir en étant battu aux élections, et déjà aux primaires solfériniènes, désavoué par les siens comme candidat légitime et Président de la République sortant, une première dans l’histoire de la 5ième République agonisante qui ne retiendra de lui que sa sortie péteuse et piteuse, et rien d’autre.

L’homme, hier au soir, n’était pas à faire ses plaisanteries-pirouettes dont il est coutumier pour brocarder l’un ou l’autre car fâcheuse était sa position, bien moins fâcheuse toutefois que celle de tous ceux qu’il a laissé sur le carreau économiquement et socialement, dans le dénouement, et contre lesquels, entre autres choses, il a détricoté minutieusement et opiniâtrement tous les textes les protégeant, textes sur lesquels il faudra revenir.

Non cet homme, Hollande, ne m’émeut pas car si tel devait être mon sentiment il ne me resterait rien à offrir aux autres qui méritent, eux,  qu’on leur porte attention.

Passons à autre chose.

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