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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 14:53

Ainsi sont les ‘vœux’ de nouvel an faits aux viticulteurs par le gouvernement français qui a traduit (29 décembre 2015) dans la législation une directive bruxelloise de 2007.

La directive de Bruxelles de libéraliser la culture du vin et d’augmenter de 1% l’an la surface viticole en vin sans indication géographique protégée dans le cadre, après une baisse, d’une stabilisation mondiale de la consommation, est l’assurance d’une nouvelle crise viticole prochaine.

La consommation de vin par habitant diminue. Dans les pays à forte tradition vinique la part des consommateurs réguliers est passée de 51% en 1980 à 13% en 2015, celle des consommateurs occasionnels de 30% à 43%, celle des non consommateurs de 19% à 43%. Augmenter la surface cultivée c’est augmenter le volume de vin produit, par contrecoup mettre les viticulteurs en position de faiblesse face aux 3 ou 4 metteurs en marché européens qui auront toute facilité pour faire jouer la concurrence et faire baisser les cours, et avec pour autres conséquences : une attaque des AOP, des faillites nouvelles les revenus n’étant pas là et la concentration des exploitations entre les mains de quelques uns,…

Il resterait donc à exporter la production plus que cela est fait actuellement (notamment vers les pays d’Europe du nord). Problème : la production des vins dans le monde augmente (La Chine est en passe de devenir le 1ierproducteur mondial), de fait l’exportation des vins français ne peut se faire qu’avec des vins de qualité, ce que ne sont pas des vins sans indication géographique protégée qui sont des vins de table.

Cette mesure est un nouveau coup dur porté contre les viticulteurs au nom de la dérégulation. On doit se rappeler que l’Onivins (Office national des vins) avait été créé sur le modèle de l’Office national du blé afin de réguler le marché en contingentant la production, ainsi d’éviter les crises de toutes sortes. La régulation se faisait par la contrainte qu’imposaient certaines règles dont celle-ci, de loin la plus importante, la maîtrise de la surface viticole. De cela, il n’en est plus question avec le nouvel organisme qui a remplacé l’Onivins. La petite viticulture, faite de milliers de viticulteurs, est donc appelée à disparaître après avoir été réduite lors de la dernière crise, disparaître lentement et sûrement avec l’assentiment tranquille des gouvernements français qui se sont succédés.

Il est vrai qu’il est des viticulteurs, notamment dans le nord de la France, pour se réjouir de la décision de Bruxelles. Réjouissance de courte durée à coup sûr, car, après qu’ils auront agrandi leurs surfaces, ils se retrouveront rapidement à éprouver les difficultés des autres viticulteurs.

Qu’il soit possible de produire des vins en d’autres régions que celles qui sont à cette heure productrices est une évidence, cela sera d’autant plus une évidence que le changement climatique contribuera à déplacer vers le nord les cépages, et les viticulteurs heureux à cette heure vont pouvoir se préparer à recevoir ce déplacement du vignoble. Cependant ils doivent le faire avec des vins de qualité et non des vins sans indication géographique protégée.

Restent les viticulteurs du bordelais, de l’arc méditerranéen, … D’ores et déjà ils doivent se poser, et rapidement, la question de la recomposition variétale de leur encépagement s’ils n’entendent pas disparaître du fait du climat. Selon l’article, tous les viticulteurs ne pourront pas bénéficier également sur tout le territoire de cette augmentation des terres viticoles de 1%. Cela signifie-t-il que FranceAgriMer (qui arbitrera la distribution des 1%) anticipe le déplacement du vignoble vers le nord ? Si tel est le cas et si les viticulteurs du sud ne se remuent pas pour repenser leur vignoble, il est à craindre que cette économie (la 1ier du Languedoc-Roussilon) ne disparaisse pour laisser place à une misère plus grande encore en région. A cet effet il serait temps que les politiques se bougent et se préoccupent des difficultés concrètes.

‘Décision de Bruxelles qui fait hurler les puristes’ est-il écrit dans l’article. Faut-il être imbécile pour laisser entendre que ce serait là affaire de puristes ! Mais tout aussi imbéciles les viticulteurs et leurs organismes représentatifs qui ont laissé se développer sans réagir une mesure dans les tiroirs depuis 2007.

***

L’article auquel répondent les lignes ci-dessus.

http://www.leparisien.fr/economie/fin-de-l-indication-geographique-avis-de-tempete-dans-les-verres-de-vin-29-12-2015-5407583.php#xtref=http%3A%2F%2Flimportant.fr%2Finfos-regions%2F4%2F266276

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