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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 06:31

 

ou réflexions succinctes à partir de l’entente Uccoar/Val d’orbieu

 

« L’entente entre l’Uccoar et Val d’Orbieu inquiète les salariés », pouvait-on lire dans un article de L’Indépendant (28/6/2012). Ils ont bien raison. Cela se traduit toujours en jargon par des économies d’échelle (contractions en tous genres) et, pour ce qui concerne les salariés, par une diminution du nombre des personnels priés d’aller se faire visiter ailleurs.

On lit, dans ce même article, que sont ainsi fédérés 2500 viticulteurs pour une production de 3 000 000 d’hectolitres de vin.

Mon observation est sur ce point. Mes interrogations aussi.

 

2500 viticulteurs dans un cadre coopératif cela n’est rien d’autre que de la galéjade. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a de coopération qu’à taille humaine, que lorsqu’on se connait, que l’on peut échanger, que l’on garde la maîtrise directe de son devenir. Le viticulteur Nestor de la Malepère, cet autre François des Corbières où Fernand de la basse-plaine de l’Aude, tous personnages inventés cependant bien réels, se rencontrent-ils ? Se connaissent-ils ? Non ! Ils s’ignorent.

 

Par ailleurs, plus le nombre des viticulteurs augmente dans une structure coopérative plus le poids de chacun d’eux diminue et devient négligeable dans la décision tandis que monte en parallèle la puissance administrative, celle du management,…. On se retrouve alors, comme dans L’Odyssée de l’espace (l’ordi prend le contrôle du vaisseau spatial) avec une prise de pouvoir par ceux-là même qui, primitivement, avaient été embauchés pour servir et éclairer les coopérateurs.

 

On se retrouve également, sans qu’il soit besoin de remettre en cause et l’esprit et les statuts dans un tout autre système plus proche d’une société que de celui de la coopération.

 

La coopération ayant échappée subrepticement, de manière indolore, aux viticulteurs-coopérateurs, l’outil dont ils s’étaient dotés pour s’assurer de leur liberté et de leur existence dans le cadre collectif devient celui de leur asservissement.  

 

Le coopérateur est de la sorte devenu un pourvoyeur de raisin. A quel prix ce dernier lui sera payé ? Au prix qu’ « on » consentira à lui verser, ceci pour diverses raisons. Celle-ci par exemple : il faut payer les investissements. Décidés par qui ? La technostructure qui, en AG, a fait passer le projet dont elle a eu l’idée, qu’elle a instruit et dont elle seule possède les tenants et aboutissants. N’imaginez surtout pas que les coopérateurs aient été sollicités en amont sur sa pertinence ou ne serait-ce que pour information, l’AG est juste là pour validation (droit contraint).

 

Mon observation (et interrogation) tient également sur les 3 000 000 d’hectolitres de vin.

 

Un tel volume indique bien qu’il s’agit d’une production de vin industriel. Certes toujours meilleur qu’il ne l’était à l’époque de nos parents mais un vin de masse qui correspond à une politique dont la valorisation du produit n’est pas l’objet et la préoccupation essentielle, ceci à un moment où de moins en moins de personnes boivent du vin et il y a de plus en plus de producteurs (et donc de concurrents) dans le monde. C’est dire que les leçons de l’histoire (crises dues à une production massive) ne servent pas à grand-chose.

 

L’objection qui peut être faite est que « l’entente » entre diverses structures correspond à une force de frappe commerciale nécessaire. L’objection serait pertinente si cela ne conduisait pas à l’autonomie de celles-ci qui piège le coopérateur et dont il a été question plus haut.

 

Tout ceci correspond à une évolution de la coopération (jusqu’à sa perte) dans la logique de marché de type libéral. Le salut du viticulteur et du coopérateur est conçu dans une fuite en avant. Toujours plus de concentration et d’absorption semble être la panacée. Le temps est proche où le viticulteur coopérateur, cependant propriétaire de ses vignes, se verra contraint d’obéir aux décideurs commerciaux et sera dans la position d’un sous-traitant.

N’y-a-t-il pas autre chose à faire ?

 

Dernier point et pas le moins important.

On entend souvent dire qu’il convient de développer le système coopératif. Il y a dans cette pétition quelque chose de naïf : du prononcé du mot, la coopération existerait. Belle idée en fait qui n’a guère de sens si on n’éduque pas à l’esprit coopératif, si on n’a pas pour objectif de l’entretenir, si à l’occasion de concentrations ne sont pas prises les mesures nécessaires à son maintien.

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