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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 14:44

 

Du groupe des caves coopératives de Capendu, Douzens, Marseillette, Moux, dans l’Aude, connu sous le nom l’Union, 2 d’entre elles (Capendu et Douzens) viennent de fusionner pour ne plus en former qu’une sous la dénomination : Les Terrasses de l’Alaric.

L’Union, qui continue à exister, correspond à la mise en commun du service commercial. Les caves (désormais au nombre de 3) restent indépendantes pour ce qui est de la collecte de leur récolte, de la vinification, des investissements. De ce point de vue, rien ne change.

 

La fusion, depuis longtemps nécessaire, s’est enfin imposée en vertu du principe de réalité. Les caves de Capendu et Douzens, sensiblement d’égale importance, ont produit à elles 2, en 2008, ce qu’1 seule produisait en 2004, ceci étant dû tant à l’arrachage qu’à la sècheresse qui sévit depuis plusieurs années.  Les caves de Marseillette et Moux, même si elles n’échappent pas à ces phénomènes, ont jugé que la fusion n’était pas de leur intérêt.

 

Il était urgent de procéder à la fusion.

Celle-ci permet d’éviter des investissements en double qui n’ont pas de sens au profit d’investissements concertés, cohérents, judicieux, plus performants et pouvant être supportés plus aisément par les coopérateurs. La fusion permet en outre à la nouvelle entité (Les Terrasses de l’Alaric) de maîtriser les coûts de vinification qui s’envolent avec pour conséquence essentielle d’entamer le gain des coopérateurs, gain qui s’érode chaque jour davantage au point de mettre des propriétés en faillite. Des économies d’échelle seront également effectuées dans divers secteurs.

Pour parler net, la fusion permet de résister à la mort programmée de l’économie viticole. 

 

Le projet de fusion des 4 caves qui avait été présenté, et qui aurait dû être adopté si le bon sens avait prévalu, n’a pas abouti pour des questions superfétatoires. L’esprit de clocher, la personnalité des individus, l’intérêt particulier prévalant sur l’intérêt général. Une cave voulant sauvegarder son site contre toute logique économique, une autre - qui n’avait vraiment pas envie de la fusion (pourquoi ?) - indiquant qu’elle participerait à la fusion à la condition qu’il ne manque aucune cave à l’appel (faute d’arguments de bon sens, elle savait détenir là le motif de son refus). La cave de Douzens quant à elle, réaliste, consentait à être absorbée par celle de Capendu (ce dernier terme n’étant que pur juridisme), la nouvelle structure étant en réalité le fruit d’une fusion.

 

Il est bien évident que si les caves de Marseillette et de Moux avaient consenti dès maintenant à la fusion les conséquences en auraient été encore plus bénéfiques pour l’ensemble des coopérateurs. Et il y a fort à parier qu’elles viendront à la fusion que sous la pression de la contrainte économique, ce qui n’est jamais bon tant il est vrai qu’il vaut mieux maîtriser ses choix que de subir ceux qui sont imposés, tôt ou tard, par l’environnement commercial qui ne fait pas de cadeau et n’a pas d’état d’âme.    

 

Pour résumer, on peut écrire que la faillite de l’outil que représentent les caves coopératives induit la faillite des coopérateurs. Les restructurer c’est donc sauver les viticulteurs.

 

La fusion ainsi faite entre les caves de Douzens et Capendu (en attendant Moux et Marseillette), il faudra maintenant, toujours dans un souci de rentabilité et afin de ne pas voir l’économie viticole disparaître et avec elle l’emploi (car le combat n’est pas gagné), mettre à l’étude d’autres projets dont l’urgence n’est pas à démontrer. Il s’agit de l’irrigation concertée, de l’achat de matériel en commun, de l’information nécessaire,… toutes choses qui vont de pair avec une éducation à la coopération qui s’est perdue. Ce sera l’objet d’autres articles.

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 18:17

 

Il y a une cinquantaine d’années la surface de l’entreprise viticole (vocabulaire actuel) considérée, créée sur 3 générations, aurait autorisé l’emploi de 5 laboureurs à l’année auxquels on doit ajouter des brassiers. Actuellement, selon la terminologie en cours, 2 UH (unités humaines) sont nécessaires.

Si on considère que sur les 2 UH 1 seule est rémunérée et que l’entreprise viticole est en déficit pour éviter ce dernier en quelque sorte pour avoir un bilan à l’équilibre il conviendrait de ne payer personne. On est loin de travailler plus pour gagner plus.

 

Toutes les entreprises viticoles ne peuvent pas se payer le « luxe » d’1 UH non rémunérée, comme elles ne peuvent éponger le déficit en ponctionnant sur des liquidités extra viticoles  (pension civile). Comment font-elles ?

  • Celles qui arrivent à survivre le font par un surcroît de travail non rémunéré. C’est devenu une habitude ces dernières années de voir les viticulteurs travailler plus que le quota d’heures journalier, samedi et dimanche compris, car de nombreux petits propriétaires sont dans l’impossibilité financière de procéder à des embauches. Celles qui sont dans l’obligation de personnel font appel à des intérimaires et participent donc, le plus souvent contre leur gré, au développement du travail précaire.
  • Celles qui survivent le font aussi, lorsqu’elles ont épuisé les fonds propres, en s’autofinançant par arrachage de parcelles. On doit comprendre que ceci n’a qu’un temps.
  • D’autres le font parce que le conjoint apporte un salaire d’appoint qui permet à la marmite de bouillir, voire parce que le viticulteur, lorsque la SAU (surface agricole utile) est devenue trop petite, offre ses services (pas nécessairement dans son domaine) à qui les veut (pour autant qu’il y ait du travail).
  • …….

 

  • Pourquoi, dès lors continuer ?

Diverses raisons :

On ne change pas aussi facilement de production. Il faut un financement (ce qui fait défaut en période de « crise ». Cela suppose également que les conditions climatiques soient propices à des cultures nouvelles, cela suppose encore un sol adapté à ce qu’on se propose de conduire. Cela suppose bien souvent de l’eau. Toutes choses que l’on trouve aisément sous la plume des « réfléchisseurs » patentés mais pas nécessairement dans la réalité.

Il serait possible de produire dans le cadre d’Amap. Tout le monde pense Amap. Pourquoi pas ! Imaginons un peu que tout le monde se lance dans ce type d’affaire. Les Amap n’y résisteraient pas car pour qu’elles fonctionnent il ne faut pas qu’elles soient en trop grand nombre (en concurrence). J’entendais dernièrement, lors d’un atelier où chacun proposait sa réflexion, un président d’Amap (président de producteurs ou d’usagers d’Amap, je ne sais pas) dire que le développement des Amap avait une limite ; cela qui l’entend ?

On n’envisage pas aisément d’arracher et de dire à la personne que l’on emploie : «  Pour vous c’est terminé, je vous licencie. Le sort de votre famille, écoutez, je n’y peux rien ». Lorsqu’on connaît la situation économique du département de l’Aude, le taux de chômage,  ……

Mais il est une autre raison incompréhensible à beaucoup. D’ordre psychologique. Imaginez un peu que vous êtes enfant de paysan. Vous savez que ce que vous êtes vous le devez à cette terre qui vous a nourri, vous le devez à vos parents qui à force de labeur ont construit l’outil que vous avez en responsabilité et en transmission, que faites-vous ? Allez-vous dire, après moi le déluge ! J’en ai rien à foutre de tout ça ! Ou allez-vous faire front ?

 

  • Pourquoi cet article ?

Il semblerait que j’ai été excessif dans « La vigne monoculture et diversification » au point que certains se dont demandés si j’avais de quoi mettre dans mon assiette. Je les rassure. J’ai de quoi. Et j’aurai toujours de quoi. Je ne suis pas à la rue. Les temps sont simplement durs, plus durs pour d’autres que pour moi. Bien plus durs.

Maintenant, si je peux me faire porte-plume, je n’ai pas l’intention de me gêner, d’échapper à cette forme de devoir. Surtout parce que la viticulture est un des principaux et derniers moteurs économiques du département.

J’ai personnifié. Effet réfléchi. Souvent le lecteur, l’interlocuteur, ne comprend pas réellement une situation décrite d’une manière générale et standardisée. Il l’apprécie encore moins pace que la pensée se « citadinisant » les difficultés de la campagne lui sont devenues largement étrangères, d’autant plus étrangères que le quidam se trimballe avec « son » image de la paysannerie ce qui lui donne à concevoir des solutions qui ne sont aisées que sur le papier.  

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 05:13

 

Tout le monde le sait, la monoculture est une calamité. C’est avoir tous les œufs dans le même panier.

Tout le monde le sait aussi, la vigne est une monoculture. Qui plus est pérenne.

Pour échapper au danger qu’elle représente, il convient de se diversifier. A cet effet sont proposés des stages par les organismes agréés. Je me jette sur l’un comme la vermine sur la misère.

Ca commence comme ça : « Pourquoi souhaitez-vous vous diversifier ? ». J’ai envie de répondre : « Pour le fun ». Je joue le jeu. Dans ma vie antérieure, j’en ai connu des stages et des animateurs de stages. Je connais le rituel.

« A cause de la crise », dit l’un. « A cause de la crise », enchaîne l’autre. Pour tous, c’est à cause de la crise. Et ils ont raison.

Personne ne précise les conditions de la diversification qu’il entend entreprendre. Les conditions dans lesquelles il se trouve. Pour ma part, j’insiste sur ces points :

ne pas emprunter à la banque.

faire avec les moyens du bord quant aux outils, au personnel et aux terres disponibles.

Difficile, me répond-on.

Emprunter ! Et si je me casse la gueule qu’est-ce que je fais ? Parce que vous ne garantissez pas la réussite, pas vrai ?

Exact.

Donc j’emprunte et si l’opération échoue il ne me reste plus que la corde pour me prendre, c’est ça ?

Je n’obtiens pas de réponse. Il fallait s’y attendre.

Je fais tout de même le stage, histoire de voir si je ne peux pas gratter une idée.

Pour faire court, pour la plupart des céréales (luzerne,…) il faut irriguer sinon ce n’est pas la peine (rendement trop bas), et l’installation de l’irrigation ce n’est pas donné ; encore faut-il avoir de l’eau à proximité. Et acheter des outils nouveaux. Planter des oliviers, idem ; mais là on s’interroge aussi : à force de planter des oliviers la crise ne va-t-elle pas aussi advenir dans ce secteur ? Des fruitiers ? C’est très technique, très pointu, et les années ne se ressemblent pas…et il vaut mieux avoir de l’eau.

Combien ça coûte la mise en place d’un verger ?

Ca dépend.

Mais combien ? J’insiste : « A peu près ».

Entre 10 et 15000 euros. Plus.

Et le temps de latence entre la plantation et la production ?

Plusieurs années.

Bien ! Et entre temps, je croûte avec quoi ?

Sur 2 petites parcelles impropres à toute culture je vais donc installer des arbres truffiers. Ils donneront peut-être un jour. Sur une autre parcelle, de petite taille, je choisis de planter des figuiers.

Comment, je fais pour trouver les marchés ?

Il faut vous débrouiller, prospecter.

D’accord et pendant ce temps, la vigne, qui la travaille ?

 

J’ai planté truffiers et figuiers. En petite quantité. Là où j’ai pu le faire. J’attends de voir ce que cela va donner.

Je cherche toujours des cultures autres que celles qui sont proposées par les organismes officiels ronronnants. J’ai été voir du côté de l’huile d’argan. Je pense (quand j’ai le temps) au figuier de barbarie. Tout est bon dans le figuier de barbarie (pour l’homme et l’animal), la palette et le fruit. On dit même que c’est une culture qui doit contribuer à nourrir la planète (études et plans internationaux à l’appui, visibles sur Internet). Et guère de traitements phytos ; de quoi ravir les écolos intégristes. Il y en a là aussi. La palette du figuier a goût entre l’asperge et le haricot vert. Et il y a mille recettes pour la préparer.

 

Pourquoi tout ce baratin ?

Pour donner à comprendre le problème de la viticulture, celui que vivent les viticulteurs avant de disparaître.

Pour donner matière à réfléchir à ceux qui ont des solutions sur tout, qui balayent les difficultés aussi facilement qu’on nettoie la table après le repas (il m’arrive d’être de ceux là). Ceux qui ne mesurent pas toujours l’ampleur du problème et les drames qui se cachent.

En situation, j’essaye de changer les choses. J’essaye de bosser. Pas seulement sur des idées. Sur du concret. En ayant à l’esprit que l’avenir de la planète est pour partie entre mes mains. Egalement en ayant la responsabilité de l’avenir de la famille de la personne que j’emploie sur l’exploitation.

Sinon ?

Sinon, je licencie.

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 05:40

 

Il y a de lointaines années, lorsque je faisais mes humanités (expression désuète qui signe le temps qui change), nous avions servi sur la table un infâme picrate. Une bouteille ¾ pour 8, pas de quoi faire des folies. Une bouteille culottée qui repartait aussi enceinte qu’elle était arrivée, nul ne se précipitant pour l’accoucher du liquide violacé et acide droit sorti d’un encrier. Quel mécréant approvisionnait le lycée et retournait se cacher en sa tanière et qui, s’il avait rencontré Jésus, aurait dégoûté ce dernier de la transmutation de l’eau en vin ? Aussi n’ai-je entamé ma carrière de buveur de vin que du bout des lèvres, à 14 ans, l’expérience recueillie m’ayant détournée un temps du breuvage mieux qu’une campagne anti-alcoolique.

Je me suis renseigné. On ne sert plus de vin dans les établissements scolaires, pays de vin ou pas. Nos adolescents sont au régime javellisé. J’imagine que ce n’est point parce que le corps médical a découvert qu’il était cause de perforation stomacale mais parce que les hygiénistes, vraisemblablement apparentés à ceux que Fernando Savater appelle les théocons, ont fourbi longuement et patiemment leur mauvais coup.

Le nombre d’alcooliques en pays viticole a toujours était dérisoire, largement inférieur à celui qui sévissait en d’autres régions non productrices de la boisson divine. C’est dire que ce n’est pas le vin qui fait mal mais sa méconnaissance, sa mauvaise fréquentation liée à l’absence d’éducation car pour assimiler avec bonheur il faut être préparé.

Ainsi, depuis que le vin a été délogé des tables scolaires, interdit d’avoir pignon sur rue, la nature humaine ayant horreur du vide, la jeunesse achète de la bière en pack au magasin du coin.

Puisque j’en suis aux souvenirs, les fêtes de village auxquelles je participais proposaient elles aussi de boire du jus de treille. Il s’appelait muscat. Mon appétence à son égard n’était pas au rendez-vous. Trop sucré. Mais j’y sacrifiais volontiers à la buvette avec mes compagnons. Désormais c’est à la bière que la jeunesse carbure en boite, et au ouisqui, en quantité fort déraisonnable. Les faces de mi-carême ont de la sorte, dans leur zèle infini, précipités à l’abîme ceux qu’ils voulaient sauver.

Pour tout vous dire j’ai horreur d’un monde lisse et je défends quiconque de m’y contraindre. Je bois. Ma dose quotidienne. Et plus, les jours de fête. Si je suis alcoolique, je le suis à l’ancienne. Je célèbre Dionysos, Bacchus. Dieux méritants et gais. Il m’est arrivé d’être saoul. Je le suis moins aujourd’hui car mes cheveux vieillissants ne supportent plus la charge alcoolique. Je bois par goût des terroirs et m’évertue à les distinguer. Je bois pour célébrer l’amitié en levant le calice. Chez tel, le ouisqui (pourquoi pas !) parce que c’est sa boisson apéritive, chez tel autre le pastis, toujours parce que c’est sa préférence et que c’est l’été. Cependant, je préfère le vin, y compris en entrée au moment où se consomment olives, anchois ou autres amuse-gueules ; ceci depuis que les parents ont désertés la planète et ne contribuent plus, vendanges passées, à l’élaboration de la carthagène douce et du quinquina amer.

Un de mes beaux-fils, de ce point de vue longtemps en manque d’éducation, s’est mis au vin. Il y trouve son content. Cela n’en fait un ivrongne (ancien mot de ivrogne), dont l’anagramme comme l’observe Oberlé est celui de vigneron. Il a découvert en Gironde la coutume d’apporter, lorsqu’on est invité au repas, à l’hôtesse un bouquet de fleurs, à l’hôte une bouteille. Car ce n’est point parce qu’on est en pays de vin qu’on doit s’exempter de partager la connaissance ; coutume qui fait défaut en notre région et des vignerons des viticulteurs peu curieux du vin. Cela change.

Oui ! Tout est affaire d'apprentissage. Il est fort probable que nous aurions moins de problèmes si notre jeunesse était éduquée à boire du vin. Le vin est notre culture. Donnons aux jeunes à l’ignorer, à la mépriser, ils en prendront une autre. Il n’est pas sûr que les résultats soient meilleurs. Aussi, préconiserais-je de redonner à boire du vin dans les établissements scolaires, et du bon, plutôt que de le prohiber. Tout le monde aurait à y gagner. Il n’est jamais bon d’interdire ; ici, comme dans d’autres domaines, la meilleure des préventions est l’éducation.

 

Pour votre usage personnel, si vous le permettez, avec le fromage préférez un blanc sec au rouge, hormis peut-être sur le Roquefort, le goût de l’un et de l’autre en seront rehaussés. Sur une pâtisserie jamais de sucré, c’est une hérésie qui surcharge les papilles. Avec une salade nette, jamais de vin, l’acidité du vinaigre de la première gâche le second, à moins qu’il n’y ait quelques gésiers auquel cas le vin aura l’effet d’heurter heureusement les graisses et vous aidera à digérer. En montagne, le rouge s’impose ; je ne sais pourquoi il prend de l’âge avec l’altitude.

Naturellement, tout ceci avec discernement.

 

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 05:36
 

Tout le monde en parle. Des consommateurs aux producteurs.

L’Union des caves à laquelle j’appartiens a organisé la réunion. Nous sommes une trentaine à nous presser dans la salle. Un ingénieur agronome spécialiste du bio et un technicien agricole vont délivrer leur connaissance.

Je suis venu pour les écouter. Les autres aussi.

Il y a des aides. On comprend vite que ces aides ne sont pas d’un réel secours. Parce que, ne l’oublions pas, les entreprises viticoles (comme on dit maintenant) sont en situation de faillite. Que ceux qui n’en sont pas convaincus viennent voir le mitage du territoire. Lorsqu’une fumée s’élève, ce n’est pas un indien qui envoie un signal mais bien une vigne arrachée qui brûle.

Tout le monde pense bio. Surtout ceux qui n’ont rien d’autre à faire que de penser.

Donc je suis là. Et j’écoute.

D’abord, il faut savoir que le surcoût de la culture bio est de 5 à 20%. Plus près de 20%, est-il précisé. Difficulté à résoudre : comment peut-on assurer un surcoût lorsqu’on travaille à perte, que le coût de production est plus élevé que le prix de vente ?

Ce n’est pas tout. Il va falloir investir dans des appareils pour effectuer du travail mécanique. Investir ! Avec quoi ?

Pour ma part, j’ai bien une vigne isolée, encaissée entre 2 collines où je pourrais tenter le coup. Niet ! C’est toute la propriété ou rien. A la limite toute la production de blanc ou celle du rouge. Comme la plupart des proprios je ne fais que du rouge.

Bon ! Imaginons que je passe toute la propriété. Il ne faut pas que je sois contaminé par les traitements des voisins autrement la production est déclassée, à moins que je traite gratos 6 rangs qui ne m’appartiennent pas de chaque côté de chaque parcelle (si le voisin y consent). Le déclassement est pour 3 ans car la certification bio par organisme certificateur approprié et onéreux  n’arrive qu’au pour de 3 ans de bons et loyaux usages.

Ce n’est pas tout. Comment je fais avec l’ochratoxisne demande quelqu’un ? L’ochratoxisne est une saloperie liée à l’oïdium (qu’il ne faut pas laisser se développer car on y perd la récolte) qui, à dose plus qu’infinitésimale, rend le vin invendable dans de nombreux pays et, comme on ne peut pas (je ne peux pas) boire tout le pif produit (sinon  impossible de conduire) nous sommes bien obligés de lutter contre, ce qui n’est pas bio, mais pas bio du tout.

Un doigt se lève. Moi, j’ai une partie de la propriété dans un autre village des Corbières, est-ce que je peux cultiver ici « normalement » et là-bas « bio » ? Non ! Répond l’ingénieur qui possède ses réponses sur le bout de la langue, la loi précise que c’est l’entité juridique entière qui doit être cultivée en bio. Mais ! Il n’y a pas de mais, c’est tout ou rien, la loi, c’est la loi.

Et pour les machines à vendanger ? Il faut les laver pour ramasser une vigne bio. Ca demande 2 heures pour laver l’engin, s’insurge quelqu’un. C’est comme ça, répond l’ingénieur. Et pour la cave de vinification au moment de la récolte et après ? Il faut laver les appareils dont on se sert où en acheter d’autres.

On comprend vite qu’avec autant de contraintes c’est pas demain qu’on va passer au bio, d’autant qu’il faut engager des tunes qu’il n’y pas en période de crise.

Voilà !

Bio ou pas bio ?

Bio, on voudrait bien !

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