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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 05:37


Chaque foyer a reçu le canard de la Région : L’accent du Sud (n°2) de janvier 2011 et a pu lire la double page qui affiche ce titre : Pourquoi la Région s’engage pour l’irrigation de la vigne ?

 

J’y lis : 3 projets d’irrigation soutenus par la Région. Celui des vignerons du Pays d’Ensérune pour 1250 hectares, celui du Territoire de Roquebrun pour 200 hectares, celui du territoire de l’Occitane (où c’est ce truc là, je ne l’ai pas trouvé sur Internet ?) pour 1400 hectares, et, je vous le donne en mille, tous situés dans l’Hérault. Projets, bien entendu, argumentés. Le 1ier pour conquérir des parts de marché à l’international, le 2ième  pour obtenir la qualité pour des vins haut de gamme, le 3ième pour fidéliser les acheteurs du marché de vrac ; motifs qui, s’ils s’appliquent là, peuvent l’être partout ailleurs en région.

 

Donc, tous situés dans l’Hérault ; les départements du Gard, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, tous fortement producteurs de vin, et ne subissant pas moins que l’élu (si c’était une famille on dirait le préféré) les effets néfastes du commerce international et de la sècheresse, sont passés à la trappe. Certainement y-a-t-il des raisons techniques (c’est du moins ce qui sera avancé) mais il y a surtout l’effet métropole. L’Hérault profite de Montpellier qui en est la capitale avant d’être la capitale régionale. L’Hérault, au banquet, est servi prioritairement, comme dans une famille est servi du meilleur morceau le préféré. Aux autres, les miettes, ce que ramasse l’éponge à la desserte de la table.

 

J’avais dénoncé dans un autre article (ce blog ou un autre ?) les effets d’une politique régionale dans laquelle la métropole (et le département dont elles est préfecture) drainerait à son profit le sang vif de l’économie régionale, installant le désert partout où le centre n’est pas. Voilà qui confirme le pronostic, au demeurant facile à établir. Les citoyens, ici citoyens-viticulteurs du Gard, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, devraient être vigilants (voire faire entendre leur mécontentement) s’ils entendent rester à égalité avec les héraultais et non devenir des citoyens de 2ième zone, ce qui leur pend au nez (et au mien par la même occasion). Ce faisant, je ne m’adresse pas seulement aux viticulteurs car le sort réservé à la viticulture l’est pareillement aux autres secteurs de l’économie régionale.

 

Maintenant, il y a moyen de réagir. Et d’abord, se prendre par la main, sans attendre que la politique de G. Frèche (qui a l’évidence a trouvé des successeurs) nous laisse tous sur le carreau. Les départements viticoles cités sont tous maillés de coopératives, de coopératives ayant fusionnées, d’unions, c'est-à-dire de structures ayant capacité de penser et de mettre en œuvre par elles-mêmes des projets d’irrigation de telle sorte que l’initiative individuelle et onéreuse (en conséquence le plus souvent impossible à conduire) soit remplacée par une initiative collective et opérante. La réalisation tient à quoi ? A la volonté des élus des coopératives qui doivent s’emparer du problème, et, si ceux-ci renâclent, à la volonté des coopérateurs qui doivent les pousser au cul. Maintenant, si les coopérateurs préfèrent bavasser en y-a qu’à et faut qu’on plutôt que de dire fermement ce qu’ils veulent, ils n’auront à sa prendre qu’à eux-mêmes et périr en silence. Quand il n’y a rien à attendre d’une politique régionale qui ne vient pas, il faut attendre de soi-même.   

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 07:21


 

En France, pour la campagne 2010-11, 2688 dossiers d’arrachage définitif ont été déposés pour une superficie de 10810 hectares.

 

Régions                                 Nb de dossiers           Superficie en hect              % en superficie

Languedoc-Roussillon               1916                           7626,5                                     70,56

Pays de Loire                                  87                                821                                           7,6

Aquitaine                                         172                              692,6                                       6,41

Rhône-Alpes                                   211                             581,1                                       5,38

PACA                                                124                             469,5                                       4,35

Midi-Pyrénées                                126                             425,1                                       3,93

Centre                                              30                                109,3                                       1,01

Poitou-Charentes                         16                                  51,1                                        0,47

Corse                                                1                                   17,2                                        0,16

Bourgogne                                      5                                    10,2                                       0,09

Lorraine                                           1                                    4,3                                         0,04

Total                                              2688                              10807,9                                   100

 

Naturellement la région Languedoc-Roussillon est la plus touchée, ne serait-ce que parce que c’est (c’était ?) en superficie la première région viticole française.

 

Derrière chaque dossier, il faut lire qu’il y a une famille et une exploitation. Traduit d’une autre manière : des personnes qui vont partir au chômage car il n’y a pas de boulot.

 

Si on considère qu’un emploi perdu dans le domaine viticole correspond à la perte de 4 emplois induits, il y a du souci à se faire en sachant qu’une exploitation correspond souvent à plusieurs emplois, en sachant également que la situation exposée pour cette campagne n’est que la suite à de nombreuses autres campagnes semblables. Une rapide projection fait apparaître pour cette seule campagne 2010-11 la disparition de 12000 emplois.

 

Le Languedoc-Roussillon est donc, chaque année passant ajoutant au désastre, appelé à devenir un désert économique, une région de chômeurs.

 

L’augmentation de la population (la plus forte progression française) en région se fait essentiellement par la venue de personnes âgées et à la retraite à la recherche du soleil. Ce qui n’est pas une preuve de grand dynamisme mais au contraire le signe d’une régression. Personne ne semble véritablement s’en émouvoir.

 

Sur le dossier viticole, l’absence de combativité réelle des partis politiques n’est plus à démontrer, tout comme le défaitisme consommé des viticulteurs qui, de guerre lasse, ont baissé les bras.

 

Les propositions faites, ici et là (production pour vente en circuits courts,…) pour si intéressantes qu’elles puissent-être, sont loin de pouvoir apporter une solution efficace et complète.

 

Concernant la viticulture ou plus largement l’agriculture, il est souvent à déplorer que le discours politique « des locaux » reprenne les importants et utiles débats nationaux, voire internationaux, sans se préoccuper vraiment, sans attention particulière au terrain sur lequel s’exerce la parole. Pourquoi ? J’émets l’hypothèse que ceux qui s’activent en politique sont pour l’essentiel des citadins et/ou des individus ayant de la ruralité et de ses difficultés une vision éloignée et bucolique, des personnes dont le parcours professionnel n’a guère eu à voir (sinon de manière lointaine ou oubliée) avec l’économie rurale. Et s’il advient, un instant, qu’il y ait un intérêt pour les difficultés rurales les perspectives proposées ne font guère preuve de pragmatisme, c'est-à-dire, en partant du réel, en sachant dans quelle direction il faut aller, tenter de trouver les chemins qui y conduisent en préservant l’essentiel du potentiel économique. Si le constat fait ci-dessus est exact, dans une région à économie fortement agricole se préoccuper si peu de l’économie agricole (viticole) est, au mieux une une erreur, au pire un non sens politique.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:04

 


Le Caveau est situé à Capendu, à l’embranchement de la RN 113 (Carcassonne-Narbonne) et de la route qui conduit à Marseillette.

Tel : 04 68 79 80 32.

 

Vous y trouverez de nombreux rouges, des blancs, des rosés, présentés en bouteille ou en fontaine à vin de 5 et 10 litres), ainsi que du vin à la tirette ; tous vins de « l’Union » mais également des domaines alentours.

 

Le terroir de l’Union coopérative et viticole des Côteaux de l’Alaric (Ucavca) ce sont sensiblement 1800 hectares cultivés par 500 viticulteurs-coopérateurs répartis sur les caves de Capendu (Douzens, Capendu et Comigne formant une seule entité), Moux et Marseillette, pour une production de 120000 hectolitres cette année.

 

Ce sont encore 2 appellations : Corbières et Minervois exportés dans toute l’Europe, au Japon, au Canada,....

 

Au cours du mois de décembre le Caveau  « Le Terroir » vous propose comme d’habitude un grand choix de produits régionaux (vins, blanquette de Limoux, huiles d’olive et de pépins de raisin, apéritifs, conserves, ….) mais souhaite  également vous faire profiter des promotions suivantes :

·         Pour 3 cartons de vin achetés, un 4ième offert.

·         20% sur tous les autres produits.

Offres non cumulables avec des promotions existantes.

 

Ouvert tous les jours de décembre du lundi au vendredi, de 10h à 12h et de 15h à 19h. Le reste de l’année du mardi au samedi.

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 05:24

 

Concernant l’article : Le volet commercial de la coopération paru sur Exergue, j’ai reçu un commentaire, plutôt une réaction, qui prenait comme support la 1ière phrase: "Il ne suffit pas de cultiver la vigne, de faire du vin, encore faut-il se mettre en position de vendre le produit".

Il était dit ceci : « Vendre le produit? Encore faudrait-il que l'Union ait un véritable service commercial, avec une stratégie, des objectifs, un contrôle des résultats mais surtout des moyens. Dernier exemple en date; le primeur 2010, un bon produit, qui trouve partout sa clientèle... mais chez nous, le produit reste confidentiel, épuisé au caveau au bout d'une semaine! Sommes-nous là pour vendre ? La question est posée.

En réponse, j’ai fait un commentaire sur le commentaire, qu’on peut lire à la suite.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:46

 

Une coopération réelle et efficace suppose qu’on y cultive la pratique de l’information, qu’on s’attache à la faire vivre de mille sortes et, de cet entretien elle s’enracinera et se développera. Ainsi fera-t-on aussi appel à l’initiative individuelle appelée à concourir au bien de tous, à la discussion, à la responsabilité partagée.

Dans le cas contraire, la coopération est destinée à dépérir pour finalement sombrer entre les mains de quelques uns.

La coopération ne se résume pas - ne peut se résumer - à la mise en commun d’outils, chose nécessaire cependant insuffisante. Elle est aussi et avant tout la mise en commun des idées « coopérantes » (opérant ensemble). C’est d’ailleurs ainsi qu’à commencé la coopération, par la mise en commun et en partage de cette idée même : la coopération, ceci pour affronter la difficulté et la résoudre et satisfaire au désir de vivre ensemble.

La coopération est par essence démocratique ou n’est pas. 1 personne 1 voix, et non 1 voix par action car la coopération n’est pas de forme sociétaire. Le « petit » vaut le « gros », ce que l’on a tendance à oublier au point que ce sont souvent les  « gros » qui dirigent les coopératives, arrivant de la sorte à peser d’un poids que la philosophie même de la forme coopérative ne retient pas, un poids qui tient de l’habitude que le « petit » consent à sa petitesse devant le notable.

 

Une tâche essentielle « des responsables élus » de la coopération est d’informer les coopérants, de les tenir toujours dans cet esprit de coopération. Pour cela, il leur appartient de trouver les moyens d’y réussir, tout autant qu’ils font le nécessaire pour réussir aux autres tâches.

Mais il est jugé souvent que c’est perte de temps, jusqu’à ce qu’on se plaigne que l’esprit coopératif a disparu, sans autre mouvement pour le retrouver. Il faut dire que l’absence d’esprit de coopération parmi les coopérateurs, qui se sont laissés aller à n’être plus rien, à être vassalissés, est facilitateur d’initiatives personnelles des dirigeants élus qui pourraient être discutées et qui ne le sont pas ce qui, tout compte fait, est d’un grand confort pour eux.

 

Il est dit souvent parmi ceux qui dirigent la coopération : on a essayé, ou bien encore : les gens peuvent s’informer s’ils le désirent.

Le on a essayé, témoigne de l’échec, mais aussi de l’absence de volonté de poursuivre. Le  on a essayé ne peut conduire à ne pas continuer à essayer, tenir d’excuse à l’immobilisme. De ce point de vue, le travail des responsables coopératifs serait de persévérer. Quant au : les gens peuvent s’informer s’ils le désirent, c’est d’un revers de main se débarrasser d’une mission fondamentale.

Certes, la mission d’information n’est pas inscrite dans les statuts de la coopération, ni celle du maintien et du développement de l’esprit coopératif, et cela est bien dommage. Mais ce travail s’impose comme une évidence.

 

Il est des moments où cet esprit de coopération fait cruellement défaut. Alors, les coopérateurs élus se lamentent. Ils se plaignent de quoi ? 

 

Quelques pistes pour rémédier à ceci, sans dire qu’elles sont les seules ou qu’elles sont pertinentes.

-          Les réunions des conseils d’administration devraient pouvoir être ouvertes aux coopérateurs non élus comme il se pratique avec les séances d’un conseil municipal.

-          Une « feuille » devrait pouvoir être envoyée à un rythme régulier aux adhérents les informant des discussions, des projets,….

-          Des ateliers de réflexion pourraient être créés et ouverts à des non élus.

-          Des initiatives et des propositions individuelles devraient pouvoir être faites par des coopérants non élus et mises à l’étude à l’occasion des conseils d’administration.

-          …..

 

L’information conduit ainsi à la coopération active et non passive comme elle est vécue intimement par chacun. Et, de cela, il faut sortir.

 

 

Pour anecdotes, ceci, qui vaut son pesant d’or.

Alors que j’étais membre d’un conseil d’administration et que je demandais des renseignements sur la structure commerciale appartenant à la coopération, un coopérateur me fait cette observation, pour le moins cocasse : « En quoi, ça vous intéresse ce qui se passe au niveau commercial ? ». Lui faire observer que tout comme lui j’étais coopérateur et « propriétaire » du secteur commercial ne l’a pas convaincu car seul lui suffisait de cultiver son vignoble, d’apporter la vendange, pour le reste, il déléguait entièrement.

Pareillement, un an après une assemblée générale dans laquelle j’avais émis l’hypothèse d’étudier la faisabilité d’une fusion entre des caves appartenant à une « union » afin qu’elles n’en forment plus qu’une et de restreindre ainsi les frais des coopérateurs, et avoir reçu du Président en chef une fin de non recevoir à la proposition, je suis abordé par un coopérateur qui me dit : « Vous savez, concernant la fusion, vous aviez raison ». Que ne l’avait-il pas dit alors !  Il s’était tu comme les autres.

De cette disposition d’esprit d’une personne non entretenue dans l’esprit coopératif viennent souvent les maux dont on prend conscience souvent trop tard.

C’est cela qu’il faut changer.

Mais comment le changer quand le conseil d’administration n’a pas conscience de cette nécessité, quand il fait meilleur rester entre soi que s’ouvrir aux autres ?

Administrateur, j’ai fait cette proposition plusieurs fois de se mettre dans la position d’informer, proposition étayée, en obtenant seulement une écoute polie. L’exposé fini, il était passé à un autre sujet. Jusqu’au jour où le Président, devant mon obstination, a fini par dire quelque chose qui ressemblait à ceci : Bien ! On va s’y atteler, je serai responsable de la feuille d’information. J’ai attendu. J’attends encore son passage à l’acte.

 

Les administrateurs sont-ils personnes de bonne volonté ? Sans nul doute. Mais ils sont au creux des habitudes qui ne portent guère l’avenir. Ils gèrent mieux que je ne saurais le faire, cependant se comportent le plus souvent en mandarins. Il leur reste à s’interroger sur ces choses essentielles : qu’est-ce que la coopération ? qu’est-ce que la démocratie ? n’aurions nous pas intérêt à ce que tout le monde soit impliqué dans le travail commun ?  

Il n’y a de réponses qu’aux questions que l’on se pose.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 06:58

 

Il ne suffit pas de cultiver la vigne, de faire du vin, encore faut-il se mettre en position de vendre le produit obtenu afin d’en obtenir un juste prix, ce qui ces dernières années s’avère être une difficulté majeure du fait de la pseudo concurrence libre et non faussée.

 

La notion de juste rémunération signifie 3 choses.

L’une qu’il est juste de travailler lorsque le coût du travail n’est pas supérieur au prix de vente, en clair qu’on ne travaille pas à perte.

L’autre qu’il est juste que le prix de vente permette d’être rémunéré du fruit du travail afin que celui-ci autorise de se nourrir et de nourrir sa famille.

La dernière, qu’il est juste qu’il y ait un profit afin de maintenir en état l’outil de travail et de l’améliorer.

 

La loi, dite de l’offre et de la demande, doit, en principe, permettre de trouver cet équilibre supposé naturel, afin d’obtenir le juste prix. Sauf que les dés sont pipés. Le prix est fixé dans un rapport de forces asymétriques dont tire avantage le metteur en marché (négoces, grosses enseignes commerciales,..) qui, en situation d’être seul à assurer la commercialisation, fait la pluie et le beau temps, met en concurrence les producteurs locaux entre eux comme avec des producteurs lointains qui pratiquent un prix de vente inférieur, ceci à diverses raisons : coût de main d’œuvre moindre, protections sociales inexistantes,...

Rapport de forces asymétriques car, insistons la dessus,  les producteurs, quelle que soit la manière dont-ils se présentent, en indépendant ou en coopérative de vinification (vocation première des coopératives) sont trop nombreux devant des acheteurs, eux, fort peu nombreux (5 ou 6 en France actuellement) le plus souvent en situation d’entente implicite. Producteurs d’autant plus vulnérables (et cela le négoce le sait) qu’ils sont en situation financière délicate et qu’ils sont prêts, pour affronter les échéances de trésorerie immédiates qui sont les leurs, à accepter le prix qui leur est proposé, reculant ainsi, et seulement reculant, l’instant où ils sauteront définitivement.

Ainsi les producteurs, pieds et poings liés, s’adressent aux aux metteurs en marché, à la grande distribution qui a beau jeu pour imposer les prix à l’achat, obtenir des marges arrières, ….. , sans se préoccuper d’un prix plancher qui autoriserait la rentabilité à la production. Peu importe si les producteurs et la région sont mis en faillite, les agents du négoce trouveront ailleurs ce qu’ils cherchent, ce qui est, à l’analyse, une contribution à la délocalisation.

Le metteur en marché, que l’on peut désigner également sous le terme d’intermédiaire, n’est donc pas celui qui participe au fonctionnement de l’économie, mais celui qui dans le fonctionnement de l’économie s’assure seulement d’effectuer le meilleur profit sans souci de ce qui se passe à l’aval.

 

De cet équilibre rompu, inexistant, entre les acteurs économiques, le viticulteur doit en faire l’analyse et investir un champ auquel il ne s’est jamais intéressé, celui du commerce, pensant jusqu’ici, et fort naïvement, qu’il avait avantage à laisser faire dans le cadre de la distribution des rôles formulée ainsi : à chacun son métier.

De cette analyse, il doit tirer cette conclusion qu’il lui revient de prendre en charge aussi la distribution qu’il a négligée, en l’exprimant dans le cadre de la coopération, l’union, comme chacun le sait, faisant la force et libérant de l’assujettissement.

 

Parlant de productions agricoles, pour lutter contre les difficultés signalées ci-dessus (mais aussi contre le réchauffement de la planète, le gaspillage des ressources : utilisation d’énergie pour le transport), il est souvent mis en avant le modèle de la distribution en circuit-court effectuée par les producteurs. Celui-ci a pour objectif le maintien d’une agriculture vivrière, sa protection et son développement, fortement endommagées par les méthodes du négoce  national ou international.

La pertinence réelle d’un tel système trouve cependant ses limites.

 

Parlant du vin, comment écouler une production qui dépasse la capacité d’absorption de sa zone de chalandise ? Doit-on continuer à arracher le vignoble (14000 hectares ces dernières années en Languedoc-Roussillon) au risque de transformer une région en désert et en désert économique avec toutes les conséquences que cela suppose ? Si tous les agriculteurs se mettent à faire des cultures maraichères ne doit-on pas craindre à terme une asphyxie de ce type d’économie du fait d’un trop plein ?

Mais aussi : doit-on se passer de boire du café au prétexte qu’il n’est pas produit localement, qu’il est transporté de loin ? Ainsi doit sont se priver de consommer des agrumes ? En fait, sommes nous condamnés à tuer (une idéologie en remplaçant une autre), l’échange avec le lointain ou doit-on apprendre à le maîtriser en en définissant les pratiques ? Car, en élargissant le champ de cette manière de concevoir, si tout échange avec le lointain est interdit, alors il faut proposer de « consommer » strictement notre propre production artistique, de n’user des progrès médicaux et des inventions que françaises. Il nous faudra admettre que nous ne pouvons plus exporter les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité,… Comme il nous faudra admettre et nous faire à cette raison que tout un pan de l’économie agricole française doit disparaître et ne plus être proposée au reste du monde. Ceci étant écrit bien entendu, on le comprendra, à l’attention des ayatollahs du circuit-court qui pensent avoir trouvé la solution miracle applicable en toutes circonstances.

Naturellement, il faut bien être d’accord avec ceci, s’il s’agit de protéger nos cultures locales, ceci ne peut conduire à nier la nécessité de l’échange au profit du repliement sur soi, voire de l’enfermement.

 

On prendra donc la vente d’un autre point de vue : en réintroduisant la notion de coopération afin d’échapper au modèle dominant actuel, avec ce souci essentiel de redonner à l’acteur économique qu’est le viticulteur la part qui lui revient dans la maîtrise de son produit.

Certains diront : ceci n’est pas nouveau. Effectivement, l’idée n’est pas nouvelle. Mais ceci est nouveau dans la mesure où la coopération à la vente ne se pratique pas car ce qui se pratique n’est autre qu’une discussion périodique et à la marge avec la distribution et surtout en ne touchant pas au modèle de distribution, ce qui fait qu’on obtient toujours qu’un emplâtre sur une jambe de bois.

 

Et d’abord en circuit court. On peut fort bien imaginer que s’ouvrent dans les grandes villes d’un département viticole des commerces, « propriétés » de la coopération où tout le vin local est proposé aux clients. On peut même, pour être plus performant, imaginer que toutes les formes de productions agricoles puissent être proposées à la population dans ces commerces en coopérative.

Ainsi, par la proposition coopérative faite aux consommateurs, s’installera une véritable concurrence avec les enseignes de la grande distribution dont le chiffre d’affaire se trouvera réduit de cette quantité d e production qu’elle n’aura plus la possibilité de commercialiser. Concurrence car les prix de vente pratiqués par le commerce coopératif pourront-être tels qu’ils satisferont à la fois le producteur et le consommateur, en effaçant la marge bénéficiaire hors de toute raison que la distribution pratique. La coopération permettra ainsi et également d’échapper à la mise en concurrence des producteurs pratiquée par les enseignes, à la pratique des marges arrières et autres avatars.

Pour aller plus loin, on peut imaginer que le système proposé ici puisse être étendu à toute la région, sinon à toute la France. Ce qui revient à dire que la production agricole française, dans toutes ses formes, peut-être soustraite aux géants de la distribution qui, au prétexte de proposer aux consommateurs des prix abordables, participent à la mort de l’agriculture locale et nationale, les propositions préférentielles de distribution de produits locaux (on voit souvent cela à l’été avec les fruits et légumes) n’étant que du marketing pour ne pas dire de la poudre de perlimpinpin pour calmer les esprits un moment échauffés des agriculteurs lorsqu’ils sont trop fortement concurrencés par les produits étrangers.

 

Un autre aspect est la vente à l’export. Celle-ci peut être pensée dans un cadre coopératif élargi, avec des règles du commerce international différentes que celles en cours actuellement et qu’il est possible de changer.

 

Cette présentation volontairement simplifiée avait pour objectif de montrer qu’il est une autre manière de procéder que celle de rester dans les griffes de la distribution car bien entendu, il conviendrait aussi d’étudier comment faire avec les vins étrangers vendus en France, ce qui, là encore, ne pose pas de difficultés majeures si on la volonté de mettre un cadre différent que celui dans lequel le commerce évolue actuellement.  

L’idée essentielle était aussi de souligner que rien ne changera si on continue à penser dans le cadre qui est imposé et si on n’a pas la volonté (et tout est une affaire de volonté) de le changer. En fait ce qui est d’abord à changer ce sont les structures mentales des producteurs afin qu’ils arrivent à penser en dehors du cadre qui leur est proposé, qu’ils arrivent à en formuler un autre plus approprié et qui satisfait leur avenir.

 

Mais comme cela a été déjà dit dans un article précédant, on gardera à l’esprit qu’il ne s’agit pas de développer un système coopératif qui échappe à ses adhérents.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 05:58

 

1-Le matériel.

 

Une exploitation viticole nécessite du matériel. Une part non négligeable de celui-ci est utilisée quelques jours l’an sans que cela soit au même moment par les  viticulteurs. Le reste du temps, il est remisé.

Sa possession nécessite un engagement financier, ce qui a pour conséquence de ponctionner le budget et de mettre à mal, plus qu’il n’est utile, une trésorerie guère florissante. Là encore, la coopération devrait se développer, pour le moins en ce qui concerne l’utilisation de certains outils : épampreuses, prétailleuses, broyeurs à sarments, engins de terrassement,….

 

Pour comprendre. 

A 2 hommes, il a fallu 1 mois pour épamprer et nettoyer de remontants 3 hectares. Le coût : 2 mois de salaire, mais pas seulement, a été perdu le temps passé à ce travail qui aurait pu être affecté à un autre. Au regard de cette situation, le choix effectué de l’achat d’une épampreuse a fait qu’1 seul homme a épampré un peu plus de 5 hectares en 3 jours. Calculs effectués, l’amortissement de l’épampreuse a été réalisé en un peu moins de 3 ans (coût de la main d’œuvre du travail manuel) avec cet autre bénéfice (non comptabilisé ici) de dégager quasiment la valeur de 4 mois qui ont été accordés à d’autres travaux.

Si ce matériel avait été acheté dans le cadre d’une coopérative, non seulement cet achat aurait été amorti plus rapidement, aurait eu un moindre impact sur le budget, mais aussi aurait servi à d’autres viticulteurs dans l’impossibilité de financer seuls cette dépense.

 

L’objection récurrente faite à la possession de matériels en commun, car il ya une objection, est que des viticulteurs ne font guère attention au matériel dont ils ne sont pas propriétaires. Objection vite levée car il suffit d’éduquer les viticulteurs peu précautionneux en leur accordant l’utilisation du matériel selon les mêmes règles que celles usitées par les entreprises privées de prêt de matériel, à savoir : le matériel est inspecté au départ, au retour, et, en plus de la location, les dégâts occasionnés par une mauvaise utilisation sont à la charge de celui qui a bénéficié du prêt. Rien de compliqué, en somme. On comprend mal pourquoi ce qui est possible et admis lorsqu’on s’adresse à une entreprise privée ne le serait pas lorsqu’on s’adresse à une entreprise en coopérative.

 

La coopération aurait d’autres avantages non négligeables : avoir du matériel toujours performant, économiser la rémunération que s’accorde l’entreprise privée, éventuellement louer le matériel aux non-coopérateurs et donc accélérer l’amortissement, avoir une source de bénéfice développant le parc de matériel de la coopération,….et ainsi développer le secteur coopératif.

 

En fait, la difficulté réelle de se doter de matériel en commun provient pour l’essentiel de la persistance de l’esprit individualiste. Tout se passe comme si le viticulteur faisait le choix de crever seul au lieu de rester vivant en groupe ; ceci parce qu’il est fier de posséder (lorsqu’il le peut) l’outil que l’autre ne possède pas (question de prestance), même si cela lui coûte plus d’argent qu’il n’en aurait dépensé en partageant l’achat avec les autres. 

Une autre difficulté réside dans le fait que des viticulteurs sont suffisamment « importants » (du moins le pensent-ils) pour se passer de la coopération, viticulteurs dont il faut bien constater qu’ils sont souvent aux « commandes » d’autres types de coopération (caves) et qui, alors qu’ils devraient être les locomotives efficaces d’une coopération toujours plus large,  de par leur position, en sont les freins.

 

J’ai parlé dans un article précédant de la coopération en vue de récolter la vendange et du matériel nécessaire à cette action : la machine à vendanger. Il s’agit d’un matériel particulièrement onéreux. On pourrait également parler des tracteurs. Il n’est pas rare qu’une exploitation possède 2 tracteurs (cas le plus fréquent) car parfois l’utilisation de 2 tracteurs en même temps, durant une courte période, s’avère nécessaire. En fait, une exploitation a besoin d’un tracteur « à plein temps » et d’un autre occasionnellement. On peut donc imaginer que le second tracteur pourrait être loué dans le cadre de la coopération celle-ci ayant investi dans l’achat de plusieurs de ces engins pour les mettre à disposition.

 

On le voit les occasions de réduire les coûts d’une exploitation de manière conséquente sont nombreuses et non utilisées.

Il appartient au viticulteur de choisir avec clairvoyance le chemin s’il veut s’en sortir.

Il peut toujours ergoter sur l’état du marché du vin, sur la mondialisation, la dérégulation, critiquer la pseudo concurrence libre et non faussée, et cela avec juste raison, mais qu’il se saisisse de ce qu’il pourrait faire, qu’il mette en œuvre sa volonté de changer les choses dans les domaines où il peut exercer sa maîtrise, ce sera déjà ça.

 

 2 La manière d’effectuer les achats.

  • Pour ce qui concerne l’achat de matières actives les viticulteurs s’adressent à des commerces privés ou à des coopératives d’approvisionnement.

Faisons le constat que les commerces privés comme les coopératives d’approvisionnement pratiquent des prix quasiment identiques et sans qu’il soit possible de dire laquelle de ses 2 sources d’approvisionnement et de vente est la plus avantageuse.  

Primitivement les coopératives d’approvisionnement, à l’initiative d’agriculteurs solidaires, permettaient de faire valoir et de traiter des volumes importants et d’avoir, auprès des fabricants, des produits à meilleur coût que ceux qu’ils auraient obtenus individuellement. Sur le long terme, le développement de la taille des coopératives a eu cet effet pervers : l’accroissement d’un service administratif qui absorbe les gains qui auraient dû profiter à l’agriculteur. C’est un peu comme si la coopération avait créé un intermédiaire, ce qui nous prévient de ceci : la coopération ne doit jamais échapper au contrôle direct des coopérateurs, son agrandissement doit être maîtrisé. Ce qui n’est pas le cas actuellement car on assiste à une absorption des coopératives d’approvisionnement, les unes par les autres, absorption qui donne naissance à une entité de plus en plus gigantesque, sur un modèle capitaliste qui n’a plus rien de coopératif, à la tête de laquelle des administrateurs et pire, des directeurs « hors sol », sont complètement déconnectés de ceux auprès desquels ils sont en service, les objectifs de la coopérative n’étant plus les mêmes que ceux pour laquelle elle a été fondée, la coopérative ayant au fil du temps acquis une existence propre et autonome. La coopérative d’approvisionnement, même lorsqu’elle se présente sous cette appellation, même si son discours use de la philosophie de la coopération, n’est plus : elle est à refonder.

 

Actuellement, profitent au mieux de la coopération ceux des viticulteurs qui passent commande de volumes importants et à qui sont consentis de meilleurs rabais, ce qui est contraire à l’esprit coopératif dont il faut rappeler le principe : chaque coopérateur possède une voix quelle que soit son « envergure » en conséquence de quoi chacun devrait (doit) être traité de la même manière.

Pourquoi ces rabais sont-ils consentis à quelques uns ? Parce que si des agriculteurs arrivent à s’entendre (et les « importants » souvent y arrivent)  ils traitent directement avec les fabricants et ne paient pas la marge nécessaire que prend la coopérative pour continuer à exister. En conséquence de quoi, même auprès d’une prétendue coopérative d’approvisionnement, ayant fait le constat de la manière qu’elle a de vendre aux coopérateurs) il faudrait penser à acheter groupé et cela ne peut se faire que par une entente de viticulteurs (lorsqu’il s’agit de ce métier) appartenant à une cave.

 

  • Pour ce qui concerne l’achat de matériel agricole la même démarche solidaire pourrait être entreprise.

S’agissant de tracteurs, si l’on admet que les tracteurs se valent (et ils doivent bien se valoir car une année telle marque a le vent en poupe, l’année suivante telle autre,.. sans qu’on sache vraiment pourquoi, sinon à supposer l’engouement) dans le cadre d’une coopération de démarchage il serait assurément possible de faire baisser les prix en agissant en groupe mieux que si l’on s’adresse individuellement à un concessionnaire. Il faut bien se rendre compte que le concessionnaire pour obtenir un marché de plusieurs tracteurs au détriment d’un concurrent fera le nécessaire.

Ainsi pourrait-on procéder pour tous les matériels.

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 13:47

 

Septembre. Le mois magnifique. Le temps idéal. La vendange saine aurait demandé d’attendre pour la cueillette de certains cépages.

Lorsque la cave ouvre, tout se précipite. La meute vendangeuse est lâchée. Personne ne sait d’avance quel temps il va faire.  Mais tout le monde s’accorde pour comprendre et dire qu’il vaut mieux avoir la récolte dedans que dehors. Aussi, tant pis si la qualité est moindre que celle qu’on aurait eu si on avait su patienter.

Le calendrier de rentrée des cépages fixé par la cave donné, rendez-vous est pris auprès des entreprises qui attendent, leurs grosses machines dans les starting-blocks, l’instant d’envahir les vignes. Pas question pour le viticulteur de tergiverser, de supputer le moment d’effectuer judicieusement la récolte. Différer l’acte de récolter sur une autre période, pourtant inscrite au calendrier, est un risque que peu de viticulteurs se hasardent à prendre. Ainsi, sans guère se poser de question, tel rentre, en une paire de jours, des centaines de tonnes de raisin comme si, sur toute la propriété, le raisin était mûr en même temps. Mais il faut savoir que le degré recherché ne dit pas tout car le degré d’acidité, peu pris en compte, n’est pas partout nécessairement réduit. Mais les centaines de tonnes sont là, à la satisfaction du viticulteur qui, du volume rentré, mesure fièrement, à la manière de Tartarin de Tarascon, d’un coup, son importance.

Jadis les vendanges manuelles s’effectuaient au long de 3 semaines à un mois. Au début le raisin n’était pas tout à fait à point. A la fin, il l’était trop. Difficile de faire autrement par manque de souplesse. Aujourd’hui, le machinisme qui pourrait permettre une gestion raisonnée de la rentrée de la récolte n’est guère utilisé car les impératifs des entrepreneurs de la vendange sont de vendanger chaque jour une quantité maximale sans se poser la question de la maturité qui n’est pas de leur ressort, ceux des viticulteurs d’avoir l’entreprise à la date fixée.

Lorsqu’une cave absorbe une trop grande quantité de vendange, elle ne peut travailler le raisin dans des conditions optimum. Aussi pare-t-elle au plus pressé. Il faut faire de la place, accueillir la vendange au fur et à mesure des apports qu’elle ne contrôle pas. Un jour trop de raisin, l’autre pas assez. C’est que la préoccupation du viticulteur est de rentrer la récolte, pas du vin qui s’élabore à partir de celle-ci, pas de la qualité dont pourtant son sort financier dépend. Devrait-il vendanger seulement le matin, les températures de l’après-midi étant trop élevées pour maîtriser la vinification dans de bonnes et moins coûteuses conditions, cela n’est pas fait. Tout se passe comme s’il y avait 2 mondes ignorants l’un de l’autre. La coopération du viticulteur, inscrite au fronton des caves, s’arrête, dans la pratique, au quai où il lève la benne et où le raisin bascule pour aller rejoindre la cuve. Dans son incapacité à comprendre que sa coopération est engagée dans la vinification, se poursuit dans la commercialisation, le viticulteur anéantit en un instant l’attention réelle qu’il a porté à la vigne tout au long de l’an.

 

On peut imaginer davantage de maîtrise dans la gestion de leurs affaires de la part des viticulteurs supposés coopérateurs. On pourrait souhaiter qu’ils s’organisent pour entrer au mieux le raisin afin que d’un ramassage réfléchi du raisin le vin s’élabore ainsi que cela est convenable. Pour cela point de révolution, juste un peu de raison.

Oui, on peut imaginer que la coopération s’engage sur des voies qui jusqu’ici n’avaient pas lieu d’être car c’était d’autres temps. C’est aussi cela progresser.

Mais imaginer quoi ?

Le but fixé étant de récolter et de vinifier dans les meilleures conditions, il faut bien comprendre que la coopération, à moins d’admettre qu’elle est un vain mot et qu’elle est contrainte de supporter tous les comportements jusqu’aux moins coopératifs, ne peut se satisfaire de subir les inconséquences (volontaires ou non) des adhérents, les impératifs des entreprises. Cela suppose que la coopération maîtrise tous les aspects la rentrée de la vendange afin que tout le monde en tire bénéfice.

Pour cela il conviendrait de faire que la décision du moment de la cueillette soit confiée à un conseil de coopérateurs. Cela se pratique ailleurs lorsque l’esprit coopératif est présent dans les têtes, que l’individualisme - sachant authentiquement où est son intérêt- s’efface.

Il conviendrait encore que la coopération investisse dans des machines à vendanger afin d’être indépendant des entreprises. Le coût d’un tel investissement est moins conséquent qu’on l’imagine, ceci pour diverses raisons. L’une est que le viticulteur au lieu de payer l’entreprise participe de cette somme à l’investissement coopératif, au point que, frais (d’entretien, de réparations, de conducteurs) déduits, le coût de la récolte au final est moins important qu’il ne l’est actuellement (aspect que j’ai vérifié). Ce qui n’est pas négligeable en temps de « crise ». Par ailleurs, il convient de tirer profit des politiques européennes (qu’on les apprécie ou pas) dès que celles-ci, au travers de subventions non négligeables, aident financièrement au développement de la coopération pour l’achat de matériel.  

Reste que les propositions ci-dessus supposent qu’elles soient prises en charge. Par qui ? Par les conseils d’administration des caves dans le cadre de l’Union. Ne sont-ils pas élus pour cela, pour avoir des initiatives. Lorsqu’on sait le poids de certains présidents auprès des adhérents et des conseils qu’ils sont sensés animer (quand le président a parlé, la messe est dite, disais-je dans un article précédent) on peut craindre qu’un tel projet ne soit même pas mis à l’étude dès lors qu’ils n’y perçoivent pas leur intérêt particulier. Ainsi donc faut-il continuer à enfoncer le clou : la coopération doit vivre car chacun en dépend, elle suppose information, communication, transparence, en fait tous les ingrédients nécessaires à la démocratie. Et c’est là encore un projet à développer que doivent porter les adhérents-coopérateurs auprès de leurs conseils et de leurs présidents et, s’il le faut, jusqu’à les y contraindre.     

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 16:01


 

Le monde agricole (dont viticole) est singulièrement absent des manifestations contre le projet gouvernemental sur la « réforme » des retraites. Il n’y a pas vraiment de quoi s’en étonner si on se réfère à son habitude de vivre en vase clos, davantage si on considère que le sujet devrait l’intéresser tout autant qu’il intéresse toutes les autres catégories de travailleurs.

Ce samedi on aurait souhaité le voir, d’autant que les vendanges sont terminées dans l’est audois. Hormis quelques pancartes signalant la présence la Confédération paysanne, rien, silence total.

 

C’est que le monde agricole, essentiellement représenté par la Fnsea, malgré les coups durs qu’il subit de la part de la politique et de la mondialisation libérales, a un goût prononcé pour la droite à laquelle il a fourni des ministres de l’agriculture (Debatisse et Guillaume ayant été présidents de cette fédération avant de se mettre l’un au service de VGE, l’autre à celui de Chirac).

Ainsi Jean-Michel Lemétayer (président actuel de la Fnsea) indique sur la question de l'âge légal de départ à la retraite, qu'«il (était) difficile de parler de recul de l'âge de la retraite quand en ce moment les paysans souffrent autant et que les plus proches de la retraite n'aspirent qu'à une chose c'est partir !» (lu dans pleinchamp.com du dimanche 3 octobre). Difficile ! Pauvre biquet ! « Il était difficile de parler de recul de l’âge de la retraite ». Ca ! c’est de l’opposition au gouvernement et à la « réforme » des retraites. Ca ! c’est défendre avec force ceux que l’on représente. Et pour clore, il souhaite voir la retraite passer à 75% du smic (lu dans senioractu.com). Quelle audace ! Sûr que monsieur Lemétayer est en passe de gagner ses galons de ministre, succédant ainsi à ses prédécesseurs.

 

En contre-point, voici en lecture la position de la Confédération paysanne et celle du Modef (voir les sites respectifs).

 

 

                Confédération Paysanne :

Réforme des retraites : tous les revenus doivent participer !

Communiqué de presse - 1 juin 2010.

La Confédération paysanne tient à réaffirmer à cette occasion les principes qu’elle défend depuis des années sur ce sujet : le financement du régime des retraites ne relève pas d’abord d’un problème démographique mais d’un problème de répartition de la contribution de l’ensemble des revenus à ce financement.

En effet ces dernières années, la richesse créée en France s’est déplacée des revenus du travail vers les revenus du capital. Or ces derniers ne contribuent que très marginalement à la protection sociale.

C’est pourquoi la Confédération paysanne :

  • est opposée au recul de l’âge de départ en retraite (60 ans),
  • est opposée à l’allongement de la durée de cotisation (41 ans),
  • revendique de faire contribuer davantage les revenus du capital et produits financiers au financement des retraites et de supprimer certaines niches fiscales et sociales injustifiées.

Toute autre solution pénaliserait les personnes ayant commencé à travailler jeunes (comme les paysans), ayant des carrières incomplètes (femmes, précaires), ayant des métiers pénibles.

La déconnection entre revenus du travail et financement des retraites justifierait par ailleurs que les nouvelles ressources ainsi obtenues servent spécifiquement au relèvement des petites retraites et ce, dans une optique de solidarité entre générations et entre retraités.

Actuellement, le seul régime qui n’est pas concerné par la Réforme est celui des revenus financiers et du capital. Tous les régimes (spéciaux ou non) sont concernés à terme par l’objectif du Gouvernement de faire porter sur les seuls travailleurs le financement des retraites et nous devons donc rester unis pour défendre un régime de retraite par répartition solidaire et équitablement financé.

C’est ce que la Confédération paysanne défendra le 3 juin 2010 au Ministère du Travail.

 

Communiqué de presse - 2 sept 2010

La Confédération paysanne réaffirme que le financement du régime des retraites ne relève pas d’abord d’un problème démographique mais d’un problème politique.

….

Le gouvernement a opté pour la protection des détenteurs du capital en organisant le démantèlement de la protection sociale notamment des retraites au bénéfice des groupes privés.

En effet, il a choisi de protéger de contribution les plus favorisés alors que c’est là-même que réside la manne financière de redistribution vers les plus défavorisés.

Il fait payer les plus fragiles et les plus faibles financièrement, parmi lesquels la majorité des paysans, afin de préserver les catégories les plus aisées. Les mesures spécifiques annoncées pour les paysans ne sont qu’effet d’annonce et n’améliorent aucunement les petites retraites.

La Confédération paysanne est opposée au recul de l’âge de la retraite, à l’allongement de la durée de cotisation. La Confédération paysanne demande :

  •  une vraie prise en compte de la pénibilité du travail,
  •  un minimum de 85 % du SMIC pour les paysan(ne)s comme pour les autres catégories socioprofessionnelles,
  •  l’utilisation des ressources obtenues par la taxation des revenus financiers spécifiquement pour relever les plus petites retraites.

                                Modef

REFORME RETRAITE AGRICOLE

Mesures pouvant être proposées sur la réforme des retraites
pour une retraite minimum à 1000 € par mois

I – Le MODEF conteste avec fermeté la proposition de réforme des retraites présentée par le gouvernement
Le MODEF refuse tout allongement tant de l’âge légal de départ en retraite que celui du nombre de trimestres cotisés.

Il refuse que les retraités soient mis à contribution pour financer la caisse autonomie. De même, il est opposé à l’obligation de contracter une assurance privée autonomie à 50 ans comme annoncée par la secrétaire d’Etat.

Le MODEF se bat pour maintenir la retraite à 60 ans.

II - Le MODEF fait des propositions pour une retraite minimum à 1000€/mois (filet de sécurité).
1. Retraite forfaitaire
Doubler la retraite forfaitaire 3153 X 2 = 6306 € supprimer le plafonnement de la cotisation vieillesse individuelle.

2. Retraite proportionnelle
Garantir 30 points par an pour la 1ère tranche de revenu (au plus égal à 5226 €/an) et 10 points supplémentaires pour la 2ème et 3ème tranche.
Avec 30 points minimum par an soit minimum 1200 points sur une carrière cela permettrait de garantir un retraite proportionnelle minimum de 4 431 €.

3. RCO
Maintien de la RCO avec extension aux aides familiaux et conjoints. Ce qui aurait pour effet de garantir au vu de l’assiette minimum et du montant du point.
4000 points X 0,3159 = 1263 €
Reste posé le problème du montant des cotisations des exploitants à pouvoir faire face à cette cotisation.
Nécessité de faire jouer la solidarité avec progressivité des taux.

4. Récapitulatif
6 306 + 4 431 + 1263 = 12 000 €/an

III – Comment faire pour que le stock (ceux qui sont déjà en retraite) et le flux (ceux qui prendront leur retraite d’ici 2050)

1.Stock
Mettre en place une allocation différentielle de complément retraite de sorte que tous ceux qui ont eu une carrière complète bénéficient d’un minimum garanti de 1000 € par mois (sans retour sur succession).

2. Flux d’ici 2050
Pour la retraite forfaitaire, ils bénéficient de fait du doublement du montant.
Pour la retraite proportionnelle nécessité d’accorder un complément de points gratuits pour atteindre 1200 points (30 points X 40 années).
Pour la RCO aux conjoints et aides familiaux, accorder 100 points par année d’activité antérieure à 2011.

IV – Financement
Nouvelle solidarité entre agriculteurs ainsi qu’avec l’amont et l’aval de l’agriculture

1. Justification
  Les écarts de revenu entre agriculteurs se sont creusés nécessitant plus de solidarité au bénéfice des exploitants familiaux qui tout en travaillant de plus en plus dégagent des revenus inférieurs au SMIC (plus d’un agriculteur sur deux).
  Depuis la réforme de la PAC 1992, les prix agricoles ont baissé en moyenne de 30% sans que cela soit répercuté sur les prix à la consommation. Ainsi l’agro alimentaire et la grande distribution détournent environ 15 milliards d’euros par an.
  La crise de 2008 a démontré le rôle néfaste des fonds financiers spéculatifs sur les marchés à terme des matières premières agricoles. Ces fonds engrangent des plus values énormes, ils doivent être mis à contribution par une taxation visant à exclure ces fonds de ces marchés.

2. Proposition de financement
  Supprimer le plafonnement des cotisations vieillesses agricoles.
  Mise en place de taux de cotisations progressives pour que les "gros" aident au financement des cotisations des petits.
  Mise en place d’une cotisation de solidarité sur les bénéfices de l’agroalimentaire, la grande distribution et les banques agricoles.
  Taxer les bénéfices financiers au-dessus d’un seuil à définir.
  Instituer une taxe sur le foncier agricole qui pourrait s’appliquer au-delà d’une surface ou équivalent surface de 200 ha par actif familial ou associé d’exploitation.
  Instituer une taxe solidarité vieillesse agricole sur les terres retirées de l’agriculture avec exonération du premier hectare.

MOTION

De toutes parts on nous présente la réforme des retraites comme une nécessité pour "sauver le système", en réalité qu’en est-il ? Les prétextes invoqués par tous les gouvernements relèvent du mensonge et de la falsification.

Non, le déficit des retraites ne vient pas de l’augmentation de l’espérance de vie. Et de plus, si l’on ne peut plus se soigner allons nous vivre plus vieux ? Si l’on travaille plus tard allons nous vivre plus vieux ? L’allongement de la durée de vie s’est brusquement ralenti et même inversé !

Non il n’y aurait pas de problème de financement de la sécurité sociale, s’il n’y avait pas 30 milliards d’exonération de cotisations sociales patronales par an et si une véritable politique sociale et d’emploi était mise en œuvre.

Non, les agriculteurs ne sont pas responsables du manque à gagner de la MSA. La PAC, sous l’égide de l’UE et de l’OMC a réduit dramatiquement le nombre d’agriculteurs, le ramenant de plus de 2 millions à moins de 500 000 aujourd’hui, et 200 000 agriculteurs d’ici 10 ans.

La libéralisation des prix imposée par l’UE a abouti au résultat que les agriculteurs n’ont plus de revenu, le négoce, la transformation, la grande distribution imposant des prix toujours à la baisse. Comment payer nos cotisations sociales sans revenu ?

Oui, la réforme que veut imposer le gouvernement est dictée uniquement par les marchés financiers. Que disent les journaux patronaux à propos de la réforme des retraites ? "Il faut donner un signal au marché pour ne pas perdre la note de cotation AAA dont bénéficie encore la France ".

En Grèce comme dans toute l’Europe les plans d’austérité n’ont qu’un but : faire payer aux peuples les déficits organisés par les spéculateurs.

Le MODEF réaffirme les revendications avec lesquelles il s’est présenté aux élections de la MSA.
  Retraite à taux plein à 60 ans pour tous,
  Retour aux 37,5 annuités,
  1000 euros minimum pour tous, hommes ou femmes (pour stock et flux). Le seuil de pauvreté est à 910€, nous, nous revendiquons 1000 €/personne.
  Abrogation de la loi BACHELOT et réouverture des hôpitaux, maternités fermés au cours de ces nombreuses dernières années.
  Non au forfait hospitalier,
  Les réformes successives organisées par tous les gouvernements depuis 30 ans font que les plannings familiaux ferment les uns après les autres. Il n’y a plus de gynécologue en formation et donc suivi médical des femmes et accès à la contraception de plus en plus difficile. Dans les campagnes ou quartiers défavorisés ce sera un retour aux méthodes moyenâgeuses.
  Solidarité avec tous les autres régimes de retraite,
  Taxation des profits de l’agroalimentaire, grande distribution, banques et assurance.
  Déplafonnement des cotisations vieillesses

Toutes nos revendications sont liées à la garantie par le gouvernement de prix rémunérateurs et la mise en place effective du coefficient multiplicateur et une véritable politique d’installation.

Il nous faut à tout pris maintenir le système de retraite par répartition et l’améliorer sur la base des valeurs qui ont prévalu à la naissance du régime de sécurité sociale en 1945.

Le MODEF appelle les exploitants familiaux à se joindre à toute action unitaire

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 12:13

 

Même si la nécessité de la fusion était dans l’esprit de la majorité des administrateurs et des coopérateurs des caves de Capendu, Douzens, Marseillette, Moux, le projet présenté était pour l’essentiel le fruit de la réflexion d’un seul. A tort ou à raison, il ne pouvait être que suspect et n’avait guère de chance d’aboutir. Ainsi la manière dont il a été conduit explique pour une part l’échec de la fusion.

Il aurait été judicieux, d’en confier l’étude à une commission composée d’administrés choisis dans les différents conseils d’administration. Cela n’a pas été fait. On aurait pu solliciter la collaboration d’adhérents sans mandat. Cela n’a pas été fait. A la rigueur, on aurait pu demander à un organisme indépendant d’en étudier la crédibilité et de proposer un projet de restructuration. Cela n’a été fait.

Il aurait été également judicieux de tenir des assemblées générales au cours desquelles partisans de la fusion ou pas, administrateurs et administrés, auraient exposés leurs arguments dans un sens ou dans l’autre. Cela s’appelle l’exercice de la démocratie dont tout le monde parle, que l’on se garde bien de faire vivre, à la suite de quoi l’argument est tenu que les adhérents n’ont plus l’esprit coopérateur.  Cela n’a été fait.

C’est qu’il y a souvent à la tête des caves coopératives des mandarins. Ils en imposent du fait de leur mandat,  de leur personnalité, de leur position sociale et économique locale. Au final, ils ont toute facilité pour infliger leur point de vue à une assemblée guère informée qui ne sait de quel côté balancer. Quand un Président a parlé, la plupart du temps la messe est dite.

Ainsi les conseils d’administration des 4 caves ont observé le projet, l’ont rejeté sans consulter les coopérateurs, et cela, alors même qu’il y allait de la survie économique de ces derniers.

 

A la suite de l’échec de la fusion des 4 caves, les conseils d’administration des caves de Capendu et de Douzens ont décidé de proposer la fusion à leurs adhérents respectifs, fusion qui a été acceptée. Mais la démarche, même si elle a abouti ne vaut pas mieux car les assemblées générales ont été appelées à se prononcer pour ou contre un choix de fusion préalablement voulu et décidé par leurs conseils, ce qui signifie que c’est une fusion qui n’aurait pas eu lieu si les conseils de ces 2 caves ne l’avaient pas jugée opportune, avaient été contre et donc ne l’avaient pas proposée.

 

Tout ceci est navrant.

Dans les 2 cas, les coopérateurs ont perdu la maîtrise de leur avenir, n’assurent plus leur responsabilité sur les grandes décisions.

La faute leur en incombe car ils ne se saisissent pas de leur droit de parole, mais elle revient aussi à ceux qui, élus, ne se donnent pas la mission de faire vivre la coopération et d’organiser le débat.

 

Faire vivre l’esprit de la coopération chez les adhérents suppose qu’ils soient informés, appelés à la réflexion, que leur responsabilité soit sollicitée. Tout ceci suppose surtout qu’on ne les infantilise, qu’on ne les tienne pas à l’écart. Un conseil d’administration a une mission pédagogique qu’il ne met jamais en œuvre.  

Faire vivre la coopération est une tâche à part entière, rude. Une tâche nécessaire. Il est évident qu’il est plus facile de venir devant une salle et de dire : « Voilà ce que le conseil d’administration a décidé ». On n’y court pas l’objection (qui pourrait être constructive).  Cette facilité a un coût : la disparition de l’esprit coopérateur.

                                   

Il est grand temps de retrouver l’esprit de la démocratie et de la coopération. Cela même si l’on sait que les présidents sont gens compétents qui ne lésinent pas sur le temps qu’ils consacrent à leur présidence.

Quant aux conseils d’administrations, peu au fait de ce qui se passe réellement, ils ressemblent souvent à des chambres d’enregistrement du propos du président qui est souvent le seul à posséder la connaissance du sujet. Et ne sont pas rares les administrateurs qui se font élire pour veiller au plus près à leurs intérêts particuliers et momentané et ne possèdent guère ou ont perdu le goût de l’intérêt général et collectif.

 

A la lecture de ce propos, ceux qui ont l’esprit assez hardi, constateront que ce qui est dit ici vaut bien souvent pour ailleurs.

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