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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 06:11

20 janvier 2014 (explication de vote)

Le Parlement européen vote la régression dans la protection du vin

Le rapport Bartolozzi voté mardi dernier au Parlement européen permet une nouvelle réglementation assouplie des « produits vinicoles aromatisés ». Cette libéralisation s’inscrit dans le cadre de la réforme de la PAC qui allège les réglementations pour soumettre tous les produits agricoles à la concurrence libre et non faussée. La proposition aggrave encore le règlement de 1991 qui accordait à des préparations alcooliques aromatisées la qualification de « produit vinicole », en cohérence avec la libéralisation commerciale mondiale ayant affecté l’Organisation Internationale du Vin. Or historiquement ne pouvait être appelé vin que le produit exclusif de la fermentation alcoolique du raisin. En donnant le qualificatif « vinicole » à toutes sortes de produits qui n’ont rien à voir avec le vin, cette « simplification » a marqué une régression pour la protection du vin.

Le règlement européen proposé aggrave cette banalisation. Il étend aux produits aromatisés, édulcorés, colorés des qualifications qui étaient jusqu’ici réservées au seul vin, comme la mention du cépage ou de l’origine géographique. Cette évolution, favorable aux produits alcooliques industriels standardisés, va se faire au détriment des producteurs de vin de qualité, qui perdent progressivement leurs protections spécifiques. C’est une très mauvaise nouvelle pour l’avenir et la diversité des vins européens. Et c'est un signe supplémentaire de l'absence de bon goût de la technostructure arrogante et vulgaire qui invente un tel crime contre la civilisation européenne. J'ai voté contre sans pouvoir l'empêcher.

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15 avril 2014 (question à la Commission)

L’impasse écologique et productive des politiques d’arrachage de vignes

L’Union européenne impulse depuis plusieurs années des politiques d’arrachage de vignes, au nom de la régulation de la production. Cette politique a consisté à des campagnes massives d’arrachages de 2008 à 2011, grâce à des primes dépassant les 6 000 euros à l’hectare. 160 000 hectares ont ainsi été arrachés en Europe, dont 22 000 en France. Cette politique est très coûteuse puisque près d’un milliard d’euros ont été dépensés pour cela depuis 2008, dont 135 millions rien qu’en France. Malgré l’abandon des grandes campagnes d’arrachage, cette politique se poursuit de manière larvée avec la nouvelle PAC sous forme d’aides à la reconversion et à la restructuration des exploitations, qui comportent souvent des arrachages.

Comment la Commission peut-elle défendre ainsi une régulation à la baisse de la production viticole alors qu’on assiste à une augmentation rapide de la demande mondiale de vin ? Le rôle de la PAC ne devrait-il pas plutôt être de conforter le potentiel productif viticole européen ?

Les arrachages massifs ont ainsi amputé le potentiel productif du vignoble français alors qu’il faudrait le renforcer. Loin de permettre une réorientation qualitative du vignoble, les politiques d’arrachage sont largement aveugles et indifférentes aux enjeux écologiques, commerciaux et culturels de la viticulture. Ainsi, 40 % des vignes arrachées en France étaient classées en Appellation d’origine contrôlée. Elles représentaient un potentiel de 20 000 emplois perdus.

La moitié des surfaces arrachées sont restées en friche, au détriment de l’aménagement du territoire, ou ont été rendues constructibles, contribuant ainsi à la logique nuisible d’étalement urbain. Ces arrachages ont ainsi conduit à une baisse de la valeur ajoutée des territoires concernés. Ils ont fragilisé les outils collectifs de production (coopératives viticoles) et de gestion des sols (SAFER).

Quel bilan raisonné la Commission européenne tire-t-elle de cette politique ?
Va-t-elle continuer à soutenir des mesures d’arrachage dans le cadre des politiques de restructurations d’exploitati
ons ?

Comment compte-t-elle empêcher que les terres arrachées tombent en friche ?
Entend-elle conditionner toute mesure d’arrachage à une reconstitution qualitative et écologique des vignobles arrac
hés ?

Alors que le productivisme agricole est néfaste pour l’environnement comme pour la qualité des produits et des emplois agricoles, compte-t-elle intégrer plus largement la nécessité d’une agriculture paysanne et biologique dans sa politique viticole ?

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