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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:16

On l’oublie trop souvent : le Pape est un chef d’Etat. L’étrangeté est que le Vatican est reconnu par l’Onu comme non membre, cependant avec statut d’observateur au même titre que la Palestine.

Ce chef d’Etat, ou plutôt ce chef religieux conduit une politique. Pour les besoins de sa cause il n’hésite pas à interférer dans les « affaires » du monde comme on a vu lors de l’élaboration du TCE. Une politique d’alliance et de soutien à la droite.

Concernant le Pape Benoit XVI, on peut lire dans Investig’action l’article suivant : Comment Ratzinger a anéanti l’église du peuple en Amérique latine. Ce n’est pas tant qu’il ait anéanti l’église (c’est un problème interne à cette dernière) mais que, l’anéantissant, il ait brisé tout ce qui était progressiste, porteur d’émancipation, de liberté, d’égalité et de fraternité, pour se ranger du côté conservateur et capitaliste. 

Lisant l’article d’Investg’action, je me suis souvenu de ce livre d’Eugen Drewermann (1) : Fonctionnaires de Dieu. Ce qu’on peut dire c’est que Drewermann - théologien, philosophe, psychanalyste – n’y va pas de main morte avec sa maison, au point que celle-ci a fini par le virer des fonctions qu’il occupait.

Qui est Drevermann ?

Extraits de Wikipédia (2):

·        « En 1956, à la création de la conscription, il entre pour la première fois en conflit avec l'Église catholique romaine, du fait de ses convictions pacifistes : il se déclare objecteur de conscience. Or, l'Eglise catholique défend le point de vue qu'un catholique n'a pas le droit de refuser le service militaire. »

·        « Drewermann est porteur de positions politiques tranchées. Il est contre le capitalisme, contre la croissance économique et l'intérêt, pour l'euthanasie, contre les guerres du Golfe et les attaques aériennes israéliennes pendant la guerre du Liban. Drewermann est l'auteur de textes de soutien au parti postcommuniste Die Linke et participe par des conférences à des manifestations de la Gauche.

4ième de couverture de Fonctionnaires de Dieu (Albin Michel)

« Jamais peut-être, depuis Luther, la parole d’un théologien n’avait soulevé autant de passions. En décidant de passer au crible de la psychanalyse la vocation et la condition cléricale, Eugen Drewermann s’est attaqué au tabou le plus terrible de l’Eglise catholique. Et son diagnostic, étayé par une extraordinaire érudition littéraire, philosophique, théologique, et par vingt ans de pratique thérapeutique, est vraiment implacable ; aliénation de l’esprit évangélique, fonctionnarisation de la foi, oubli des acquis fondamentaux de la Réforme, des Lumières, de la modernité… D’où les sanctions canoniques qui ont frappé l’auteur et n’ont fait qu’accroître l’immense succès que connaît en Allemagne son œuvre iconoclaste. D’où, aussi, les pressions insidieuses qui tentèrent en France d’étouffer ce livre brûlant.  …. »

 

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Eugen_Drewermann

 

Complément : http://www.monde-diplomatique.fr/1993/05/PATZOLD/45271

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 16:16

C’est bien par hasard que j’ai découvert Arvo Part. J’entendais dernièrement une actrice de théâtre et de cinéma signifier qu’elle ne distinguait pas le hasard du destin. Dommage ! Encore que ce ne soit point par hasard que j’ai ouvert mon poste tv pour écouter l’émission de musique distribuée à 19 heures le dimanche soir sur Arte.

 

J’aime la musique sans rien connaître d’elle. J’aime la musique comme j’aime le vin, sans être capable de débusquer son goût de cannelle, de banane ou de baies rouges.

Je l’apprécie. Presque toute. Presque parce que j’ai quelque mal à tout tenir pour de la musique.

J’ai le souvenir d’avoir fait écouter à des jeunes un morceau de rap composé par Bernard Lubat. Ils ont convenu que ce n’étaient pas ….tout à fait pareil.

 

Concernant ce que j’ai entendu ce fameux dimanche de 1999 ou 2000 - un orchestre et des chœurs- j’ai été subjugué. Scotché, si vous préférez. Bien plus tard, j’ai cherché à retrouver le morceau sans arriver à le dénicher, aussi me suis rabattu sur ce qui m’était proposé dans les bacs.

 

Ecoute faisant, il est venu à l’esprit de l’athée que je suis cette question tordue. Si la musique est le produit d’un milieu : la musique religieuse existe de cela, et si le monde n’avait pas été religieux (et d’une certaine sensibilité religieuse), cette musique n’aurait pas existé, ce qui m’aurait privé de cette merveille. Certes on ne peut être privé de ce qui n’aurait pas été.

Tout ceci me chagrine.

 

Passons à Arvo Part. On est surtout là pour ça.

 

Ecoute :

Stabat Mater : http://www.youtube.com/watch?v=QWIXbzssPRI

Tabula rasa : http://www.youtube.com/watch?v=-7slKVCqN4E

Créator Spiritus :http://www.youtube.com/watch?v=EDBAxQA-nxc

 

Je vous invite à aller plus loin avec ces textes :

http://jmomusique.skynetblogs.be/archive/2009/05/13/arvo-part.html

ftp://trf.education.gouv.fr/pub/educnet/musique/neo/04infos/formations/concours/baccalaureat/bac2004/fichiers/part/part-temps.htm

 

Arvo Part sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Arvo_P%C3%A4rt

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:59

 

Michel Portal : musicien de jazz, c’est sûr. Musicien classique ? Ben oui, aussi. Il l’est de formation. Lauréat du Conservatoire de Paris en 1959, de concours internationaux : Genève 1963, Budapest 1965. C’est, contrairement à l’idée reçue, le lot de musiciens de jazz, de plus de plus nombreux, que d’avoir une formation classique.


Dans  de rares esprits persiste encore une différence nobiliaire entre les 2 genres -classique et jazz-. Il n’est pas pour déplaire que la révolution du temps ait aidé à faire céder la barrière qui distingue ici la belle chose de celle qui ne le serait pas. Le racisme s’estompe. Pour le moins en musique. Jadis, il se disait : « Le jazz, c’est de la musique de nègres ». Mais jadis toujours, la musique des Strauss animait les bals populos. Les nègres, le populo, c’est jamais à la hauteur ; jusqu’au jour où….  


Vous trouverez dans un coffret de 4 Cd* - Michel Portal/classique -, l’intégrale des concerts que le musicien a donné au fil de plusieurs années en compagnie d’instrumentistes classiques. Mozart, Brahms, Schumann, Poulenc, Prokofiev, Bach, ….. y sont servis et non interprétés.

C’est pas dégueu.

 

Un article sur Portal (sur le Cd en question et sa biographie) :

 http://www.franceinter.fr/emission-carrefour-de-lodeon-avec-michel-portal-07-decembre-2011 

Pour l’écoute :

-         Schumann : http://www.youtube.com/watch?v=OJRVZfMLoT8 

-         Mozart : http://www.youtube.com/watch?v=kdtoIUqZuC8

-         Mozart:  http://www.youtube.com/watch?v=xkFAn_aI2J0

-         Poullenc : http://www.youtube.com/watch?v=Dq-x9EgFKxg

 

* En solde (17 euros-70% à la caisse). Il y avait aussi : Messa da Requiem de Verdi (Chicago Symphony Orchestra dirigé par Riccardo Muti), toujours en solde : 5 euros. Il y a des choses que je ne m’explique pas.

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 07:02

Musicien de jazz américain actuel, compositeur, musicologue, journaliste, docteur en philo, homme de radio et de télé,  Ben Sidran a sorti un cd (Dylan different) dans lequel il reprend les chansons de Bob Dylan, dernièrement Dont’t cry for no Hipster.

 

Je vous propose cet article : http://www.franceinter.fr/emission-encore-un-matin-ben-sidran ...et

 

puis de l’écouter:

 

Cd : Dylan different

Highway 61: http://www.youtube.com/watch?v=KFTbqz_6pGI 

Tangled up in blue : http://www.youtube.com/watch?v=dURkGycRGzM 

 

Cd: Don’t Cry for no hipster

 Don’t Cry for no hipster: http://www.youtube.com/watch?v=MPwr7YHVRos 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 05:23

Le hasard consiste parfois à roder autour des bacs à cd, de choisir quelques cd au flair – certes un cd n’a pas d’odeur, mais c’est comme-, de demander à écouter, et le tour est occasionnellement joué.

 

Voici ce qu’on peut lire dans Qobuz : http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/SUR-SCENE/Anouar-Brahem-envoute-Pleyel35771 

 

« Les musiciens comme Anouar Brahem sont rares. Le terme a beau être galvaudé mais, en l’espèce, colle à merveille à ce maître du oud ayant su faire évoluer son instrument de prédilection vers des contrées inattendues, originales et juste majestueuses. Sans qu’on puisse savoir s’il s’agit de jazz, de musique du monde ou d’autre chose – mais qu’importe finalement – le chant instrumental de ce natif de Tunis enivre et hypnotise qu’elle que soit la configuration dans laquelle il évolue.

……

Loin des clichés de la fusion world artificielle et hâtive, la musique d’Anouar Brahem est un oasis de spiritualité. Une sublime tenture poétique dont les reflets oscillent entre musique orientale traditionnelle, savante ou populaire, jazz atmosphérique et harmonies impressionnistes. « Maître enchanteur » venu de Tunisie, Anouar Brahem donne depuis plus de deux décennies une dimension aussi inattendue qu’exceptionnelle au oud, ce luth traditionnel oriental aux sonorités ciselées. Au sein d’ECM, le quinquagénaire Tunisien a conversé avec quelques empêcheurs de tourner en rond nommés Jan Garbarek, Dave Holland, John Surman, François Couturier ou Richard Galliano. Dans ces rencontres d’écoute totale, l’introspection valse avec la révolte, la poésie se love dans une rare méditation, et la paix intérieure apparait, envoûtante, comme le fruit mûr d’un partage de toute beauté entre Orient et Occident.

La subtilité de la musique d’Anouar Brahem, qui ne semble jamais hausser le ton, est un archipel délectable que le jazz n’avait jamais vraiment traversé. Aucun vainqueur aucun vaincu, juste un corps à corps intense et sensible entre ce oud magicien et les instruments rencontrés, qu’il s’agisse d’un accordéon, d’un saxophone, d’un piano ou d’une contrebasse. Musique des plus lumineuses, la partition d’Anouar Brahem prend racine dans la tradition orientale mais tend ses branches vers un ailleurs indescriptible. Ni vraiment world, ni vraiment jazz, elle est juste libre. »

 

Je vous propose la seule écoute de : Le pas du chat noir  du cd éponyme  (mais il n’est pas un cd d’Anouar Brahem à écarter) http://www.youtube.com/watch?v=0NR1uFQ-kx8 ,

puis d’avoir la curiosité de poursuivre avez Gnosienne n°1 d’Erik Satie : http://www.youtube.com/watch?v=PLFVGwGQcB0 

 

Pour en savoir plus:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anouar_Brahem 

http://www.anouarbrahem.com/ 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:45

d’Henri Pena-Ruiz, chez Gallimard Folio actuel

 

Faut vous dire que j’ai bu du petit lait à la lecture (non terminée) du bouquin. Comme si je l’avais écrit. Je vous accorde volontiers que j’aurais été moins savant, pas du tout brillant, mais sur le fond…

 

Ce qu’ils ont pu m’emmerder ceux qui voulaient des apprenants à la place d’élèves, ceux qui disaient partir de la demande des susdits comme si l’école était le lieu du marché et qu’il ne restait à l’enseignant qu’à répondre par une offre. Ce qu’ils ont pu m’emmerder, à ne jamais s’interroger sur le sens, le rôle, la place de l’école, questions essentielles auxquelles il faut savoir répondre avant de s’embarquer dans la réflexion sur le choix de l’outil pédagogique. Ce qu’ils ont pu m’emmerder ceux qui se pensaient (se pensent encore) au cœur de la problématique scolaire alors qu’ils n’étaient qu’au cœur de l’air du temps et en représentation sociale. Ce qu’ils ont pu m’emmerder à confondre massification et démocratisation du système scolaire, à se contenter de la quantité, oubliant la qualité qui doit aller de pair.

Un disait : « C’est bien beau ce que tu racontes, mais les temps sont durs, le chômage, trouver du boulot,… ». Je répondais : « Contribue à former un être humain, un citoyen, il sera en capacité de s’adapter à toutes les situations qui s’offriront à lui. Ce que tu fais, à coller à la réalité de la demande économique du moment, c’est rien que fabriquer un esclave, un kleenex, … ». L’autre silencieux, hochait la tête: « Cause toujours mon coco ».

Rien n’y a fait.

Bon ! C’est pas leur faute. Font que reproduire la manière dont ils ont été usinés. Mais qu’en même !

Leur parler musique, littérature, philo, peinture, histoire, géo, économie, de la couleur des champs de blé, de celle de l’herbe, du goût de la lambrusque, de celui de la femme si t’es un homme, de celui de l’homme si t’es une femme, ils n’entravent que dalle, mais ils savent tout sur le dernier match entre le Bayern et le Réal, du coup de pied arrêté donné à la 17ième minute… Et avec ça, on voudrait que…

Lorsque Condorcet écrit : « Il faut rendre la raison populaire », on se dit immédiatement qu’il faudrait au préalable que ceux qui pensent( !) l’école, ceux qui l’activent, aient un minimum de raison car on ne dispense que ce que l’on a.

 

Qu’est-ce que l’école ?

C’est, Pena-Ruiz l’écrit, un espace/temps particulier et singulier dans lequel les contraintes ordinaires de la vie sont suspendues pour cultiver sa propre humanité et citoyenneté et dans lequel les inégalités sociales doivent reculer. Gaston Bachelard, rêvait d’une « société faite pour l’école » - non d’une école faite pour la société, signale l’auteur.

 

4ième de couverture : « Pourquoi exposer le sens de l’école et remonter aux principes fondateurs d’une telle institution ? A l’origine, il y a, bien au-delà du suffrage universel et du principe juridique de la souveraineté populaire, une certaine idée de l’homme citoyen : Il ne s’agit pas de transmettre à tous les enfants les savoirs et les savoir-faire nécessaires à la production des biens requis pour vivre ; il faut aussi, en cultivant l’autonomie du jugement, faire du citoyen le maître de ses pensées.

En raison de son exigence, cet idéal ne peut se réaliser aisément. Une société ne se met pas spontanément à distance d’elle-même, surtout lorsqu’elle est dominée par des puissances médiatiques, désireuses de « faire l’opinion », et déchirée par un chômage structurel. Dans un tel contexte, l’existence de l’institution scolaire n’est-elle pas en péril ?

Telle est la singularité du présent ouvrage : à la fois présentation raisonnée de l’idéal fondateur de l’école et mise en œuvre de cet idéal au regard d’une réalité qui en contrarie la réalisation, il donne des repères conceptuels propres à affranchir le jugement des malentendus polémiques. »

 

Qui devrait intéressé par ce livre ?

Tout le monde naturellement. Les enseignants, les parents, mais je pense particulièrement aux élus, non qu’ils soient plus citoyens que d’autres mais parce qu’ils sont en charge de… (Tiens ! Je pense que je vais peut-être offrir ce bouquin à mon maire).

Je pense également à ceux qui désirent, dans un contexte de résistance politique, pour contribuer à l’émancipation citoyenne, faire de l’éducation populaire et qui, à ne pas être assez attentif, risquent de s’embarquer dans une opération de stricte propagande.

 

 

 

 

 

 



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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 17:33

de François de Richaud, chez Grasset, collection : Les Cahiers Rouges.

 

Lisant ce livre, Camus a, dit-on, décidé de devenir écrivain.

 

Magnifique !  Une écriture qui se perd.

 

Pour en savoir plus sur le contenu : http://calounet.pagesperso-orange.fr/resumes_livres/richaud_resume/richaud_douleur.htm

Mais aussi sur l’auteur : http://actualitte.com/blog/hervebel/2011/11/la-douleur-dandre-de-richaud-un-livre-a-lire-un-jour-dautomne/

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 09:07

de Daniel Cohen, chez Albin Michel

 

Agréable à lire, fourmillant de renseignements, tel est le livre.

 

Il s’agit de la crise. Nous savons tout d’elle n’est-ce pas ! Alors pourquoi encore un livre ?

Parce que pour la subir nous en sommes aussi les acteurs « inconscients ». Surprenant ? Pas si sûr ! Par exemple, le divorce d’aujourd’hui ne serait-il pas dans la veine de la recherche du profit maximum ? L’affirmation de l’individualisme ? Le refus de la frustration ? Ne signifierait-il pas que désormais le mariage est devenu un bien de consommation semblable à un autre ?

D’autres choses encore. Propos variés.

Au cours des pages le livre établit également un parallèle entre la chute de l’empire romain et notre époque qui serait celle de la chute du monde occidental (américain et de ce qui va avec). Les remarques sont de poids. Il n’est pas inintéressant alors d’observer le passé - cela peut-être de quelque utilité, les mêmes causes produisant à ce qu’il semble les mêmes effets - pour éviter une erreur fatale, du même coup funeste.

 

Le bon sens nous conduit à penser que le développement économique  s’effectue dans un cadre démocratique et non sous une dictature. Rien de moins vrai.

Le bonheur dépend selon les économistes libéraux de l’enrichissement sonnant et trébuchant, de la comparaison aux autres afin de leur passer devant. Alors, pourquoi tant de suicides ? L’homo economicus que nous sommes devenu n’a-t-il pas oublié que le bonheur se trouve tout aussi bien dans l’altruisme, la générosité, la coopération ?

De fait, il y aurait en chacun de nous 2 individus contradictoires : l’homo economicus et l’homme social ; aujourd’hui le premier prenant le dessus sur l’autre, nous en payons le prix fort, il conviendrait donc de revenir à l’équilibre salutaire entre les 2. 

 

La recommandation que l’on peut faire de la lecture du livre vaut pour autant qu’on s’attache à contrarier Daniel Cohen car ce qu’il appelle du nom de démocratie porterait aussi bien, et avec plus de pertinence, celui d’oligarchie ; ou encore en remarquant que l’éducation (sens large) ne conduit pas nécessairement à un monde altruiste car éduquer c’est également donner à faire l’apprentissage des valeurs morales (ce que n’a pas le désir de faire une société libérale et individualiste).  

Ce livre n’est pas politique au sens partisan du terme, et ceux qui seraient tentés de venir y faire des emplettes pour être confortés dans leurs convictions un peu trop partisanes en seront pour leurs frais. Mais, il peut convenir à ceux qui ont l’humeur de vouloir comprendre pour mieux se saisir de ce qui les entoure et de leur propre sort, puis, affiner leurs résolutions….et leur combat.

 

 

http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/Daniel-Cohen-Dans-quel-monde-allons-nous-vivre-550224 

http://www.ens.fr/spip.php?article1502 

vidéo : http://www.france24.com/fr/20120914-daniel-cohen-auteur-de-homo-economicus

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 03:31

 

Tous de lecture aisée.

 

Edgar Faure (ex-président de l’Assemblée Nationale) disait (je cite de mémoire et dans l’esprit) : « J’écris des romans policiers car le genre permet de faire passer auprès de certaines personnes des idées qu’un tout autre moyen ne satisferait pas ». Tel est le cas avec Mapuche et Nuit, romans bien évidemment, qui racontent l’Histoire avec un réalisme (une vérité ?) qui peut faire défaut à l’historien.

Le restitué de l’Histoire dépend de l’instrument utilisé. Mais la même Histoire n’est pas de même relief selon le point de vue où on se place pour la retracer. Il en est qui la font, d’autres qui la subissent, on a tendance à oublier ce distinguo.  Elle est aussi faite de chair humaine passée au hachoir ; il est juste et nécessaire de le rappeler à l’esprit. Le roman se prête à cela. Il met en scène les « acteurs » qui subissent en nous donnant en lecture leur vie. C’est une autre objectivité qui en vaut bien une autre.

 

Les autres livres proposés sous la rubrique politique devraient intéresser ceux qui prétendent avoir l’intention de dépasser l’état de nature pour aller vers celui de culture. De ce chemin emprunté qui va de l’un à l’autre de ces états, l’individu se révèle en tant qu’être humain, l’état de culture n’étant pas le fait d’être cultivé mais bien celui d’avoir quitté l’animalité première. Ainsi on passe de la droite à la gauche, avec seulement un peu de réflexion et d’estime pour soi qui s’accompagne de la reconnaissance de l’autre comme son semblable (son égal).

 

Romans

Mapuchede Caryl Férey Série noire Gallimard

http://www.lexpress.fr/culture/livre/mapuche-par-caryl-ferey_1120804.html 

http://leblogdupolar.blogspot.fr/2012/05/avec-mapuche-caryl-ferey-revient-en.html 

http://quebec.huffingtonpost.ca/daniel-marois/mapuche_b_1649018.html

 

Nuit de Edgard Hilsenrath, éditions Attila

http://laccoudoir.com/romans/nuit-edgar-hilsenrath-attila-2312/

http://www.liberation.fr/livres/01012390207-hilsenrath-la-nuit-des-camps

http://laquinzaine.wordpress.com/2012/04/10/edgar-hilsenrath-nuit-par-hugo-pradelle/

 

Politique

Pour être socialiste de Léon Blum, éditions Albin Michel

http://www.youtube.com/watch?v=K4pEYTVIfk0

http://partidegauchelimoux.centerblog.net/160-pour-etre-socialiste-de-leon-blum

 

Rêverie de gauche de Régis Debray, chez Flammarion

http://davidm.blog.lemonde.fr/2012/03/26/reverie-s-de-gauche/

http://blogs.mediapart.fr/blog/david-medioni/260312/reverie-s-de-gauche-0

 

et, toujours d’actualité :

Le Programme du Front de Gauche/L’humain d’abord

http://www.placeaupeuple2012.fr/wp-content/uploads/humain_dabord.pdf

http://www.placeaupeuple2012.fr/lhumain-dabord-programme-qui-vaut-le-cout/

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 17:48

sous titre : L’invention de l’éthique personnelle

aux éditions Mille et une nuits.

prix 3,60 euros.

 

Euthyphron et Socrate dialoguent. L’un l’autre se rendent auprès des juges, le premier pour porter accusation contre son père au nom de la piété*, le second pour comparaître au chef d’accusation de corruption de la jeunesse (entendons que, de son incitation au raisonnement critique, il détourne cette dernière de l’ordre établi et donc qu’il ébranle l’Etat). « En envisageant la piété indépendamment du service divin, Platon invente l’éthique personnelle…. », ainsi est-il dit en 4ième de couverture.

 

L’intérêt de ce petit livre, lecture faite du dialogue de Platon, réside aussi dans les commentaires de Yannis Constantinidès dont je tente ici de faire un résumé.

 

Pour Socrate, « L’homme pieux n’est plus celui qui obéit aveuglément aux préceptes divins, mais celui qui suit sa propre conscience » car « C’est seul, et généralement pour plaider coupable, que l’on comparait devant le tribunal de sa conscience ».

Pour Eutriphron (qui est un devin) : « La justice doit rester aveugle pour ne pas s’engager dans la pente qui conduit aux compromis et arrangements douteux ». « Le moindre assouplissement des lois divines pourrait signifier leur perte parce qu’on transigerait alors avec ses devoirs en fonction de ses intérêts ».

 « Tout en reconnaissant pleinement l’utilité sociale de cette conception rigoriste de la piété » pour « Platon,….l’homme véritablement pieux est celui qui agit comme il faut non par obligation ni par crainte des sanctions, mais librement et parce qu’il y souscrit entièrement ».

 

« Il faut, dit Yannis Constantinidès, mesurer l’ampleur de la révolution spirituelle que représente l’invention par Socrate de la conscience morale » (le tribunal de la conscience). « Il signe bien plutôt le glas de la piété traditionnelle et, avec elle, de la moralité publique ». « En niant ainsi à l’Etat toute possibilité d’aspirer au sacré pour mieux en réserver le primat à la croyance individuelle, on préparait ainsi la ruine du monde antique ». « L’empereur Julien, dit l’apostat, pourtant platonicien, à tenté en vain de s’opposer à cette involution….. Il avait parfaitement compris que le rejet des traditions ancestrales….et le repli sur l’intériorité était un ferment puissant de dissolution de l’empire ».

 

Fort heureusement avec Euthyphron et Socrate nous avons là des personnes peu suspectes de complaisance envers elles-mêmes, qu’elles obéissent aux lois ou à la loi de la conscience.

 

Maintenant rapportons à notre époque, individualiste et égoïste. Qu’en est-il de « l’éthique personnelle ». Elle vacille. Le goût immodéré que l’on a de soi, l’estime mal établie, la faiblesse aussi qui est notre lot, autorise qu’on transige volontiers « avec ses devoirs en fonction de ses intérêts ». En ce sens, la position puriste d’Euthyphron garantit la permanence du sacré (l’Etat). Tout autant, il est vrai que la position de Socrate, parce qu’elle fait appel « au tribunal de sa conscience » donne naissance à l’individu, jusqu’ici absent de la société, et de l’existence de ce dernier, exigeant envers lui-même, l’Etat se trouve pareillement garanti, la loi étant alors ce à quoi on se soumet parce qu’on y souscrit entièrement. On voit bien que l’acceptation de la servitude proposée par Euthyphron est une facilité tandis que la libération et l’émergence de l’individu n’est pas sans danger si ce dernier n’est pas éduqué au dépassement de lui-même.

 

Questions. L’individualisme (et son prolongement l’égoïsme) étant le lot commun, existe-t-il une éthique personnelle à notre époque ? Si non, l’Etat n’est-il pas appelé à dépérir comme le craignait justement l’empereur Julien (destruction des services publics,….) ?  Comment donner le goût de l’éthique personnelle ? Où cela doit-il se passer et comment s’y prendre ? Le libéralisme a-t-il intérêt à l’émergence de l’éthique personnelle ?   


* piété : ce qui est « établi, ordonné ou permis par la loi divine ».

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