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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 08:03

Éditions Plon

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Pamphlet contre l’Allemagne ? L’auteur ne s’en cache pas.

L’Allemagne mérite-t-elle pareille charge ? Sans doute, car il est juste et urgent de remettre à sa place ce pays qui entend dicter leur conduite aux autres pays européens quand ce n’est pas leur imposer ‘sa loi’, et tandis que sa situation dans de nombreux domaines, gratté le vernis, est loin d’être reluisante.

Urgent aussi, car l’Allemagne est proposée comme un modèle économique par nos ‘élites’ en panne de réflexion et de courage politique, un modèle qui, si nous y souscrivions, nous conduirait droit à l’abime social et économique. A cet égard, il est assez curieux que ces ‘élites’, le plus souvent autoproclamées, individus qui se prétendent sensés, n’aient d’autre ambition que d’être en voulant ressembler aux autres et n’éprouvent pour leur pays que dégoût.

La force du livre de Mélenchon tient dans les arguments dont il use : statistiques dont raffolent ordinairement les ‘experts’ mais qu’ils se gardent bien de produire dès lors qu’elles ne concourent pas à établir leur vision, mais encore analyses d’économistes et sociologues allemands dont nul ne se fait l’écho en France car il est bien connu qu’on ne saurait divulguer ce qui ne soutient pas la cause devant laquelle on se pâme.

En ce sens le travail de Mélenchon est salutaire et le serait davantage encore si chacun s’emparait du livre pour fonder une opinion plus équilibrée que celle que la médiacratie – médiocratie ? - nous propose.

Le livre, creusant l’histoire, à cet autre avantage de nous donner à comprendre les tendances lourdes de l’Allemagne, ces permanences qui façonnent la politique d’un pays, ceci quels que soient les gouvernements en place. Cette Allemagne ‘exemplaire’ pour les uns, arrogante et expansionniste pour les autres pour cause d’espace vital, brutale encore, nous avons eu l’occasion de la voir à l’œuvre par 3 fois depuis Bismarck. Aujourd’hui sa manière n’est pas la même, mais son rêve d’une Europe allemande demeure.

À lire, pour se décrasser l’esprit.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 07:09

chez Grasset

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Cet ouvrage était en cours d’écriture lorsque Bernard Maris a été assassiné à Charlie Hebdo.

Ce serait donc là hommage rendu à son auteur que d’écrire ces quelques lignes. Certes ! C’est aussi le désir de lire encore ses dernières pertinences.

Ouvrage inachevé, certainement, mais il n’y parait pas.

Hymne à la France, assurément. Il n’est pas mauvais qu’il en soit ainsi par ces temps-ci, empreints de morosité et de ‘déclinisme’.

Le pays est passé en revue dans son histoire comme dans sa géographie, dans son économie aussi. Dans sa sociologie. Les épreuves qu’il traverse vont-elles le faire sombrer ? Il n’est pas dit. Car la France, pour être un pays, semble bien, avec sa République à nulle autre pareille, ne pas être un pays tout à fait comme les autres.

Les sujets abordés, nombreux, sont tout autant le modèle d’intégration à la française que l’éducation, le monde rural et urbain, l’écologie, la démographie,…. , toutes choses traitées comme un peintre ferait d’un tableau pour le composer dans son architecture colorée, par petites touches, mais avec les références utiles puisées auprès des spécialistes sérieux qui ne s’en laissent pas compter par l’humeur ambiante de la mondialisation, le néolibéralisme dans lequel quelques-uns voudraient nous dissoudre.

La dent est parfois ironiquement cruelle contre les ‘têtes d’œufs’ qui nous gouvernent, ainsi : « Interrogée sur Patrick Modiano, la ministre de la Culture Fleur Pellerin,…., dit qu’elle ne l’avait pas lu et qu’elle ne lisait pas de livres. Elle n’avait pas le temps, trop occupée – à la culture sans doute ». Il est bon qu’il en soit de la sorte.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 09:47

Editions : Enquêtes de Perspectives

Ce n’est pas un roman, mais cela se lit (presque) comme un roman. Un roman historique qui traiterait celle-ci du point de vue économique. Un roman de géopolitique. Le roman des USA, celui du capitalisme et du néo-libéralisme.

Quelques 350 pages qui se lisent bien, qu’on ne quitte pas, ou juste le temps de vaquer au nécessaire quotidien.

Yanis Varoufakis, pédagogue, a cet art qui consiste à exposer clairement un contenu qui ne nous est guère familier, réputé rébarbatif ; et qui fait en cela de l’éducation populaire puisqu’il entend mettre à la portée de tous la connaissance utile à la compréhension de la marche du monde.

Romaric Godin*, journaliste économique à la Tribune de Genève écrit : « Pénétrant, percutant, à lire d’urgence ».

De quoi s’agit-il ?

Du déroulé de l’histoire économique et financière mondiale qui part du krach de 1929 à nos jours en passant par les accords de Bretton Woods de 1944, à 1971 où l’étalon or est abandonné à l’initiative de Nixon, ceci pour arriver à la dernière crise de 2008, étant entendu qu’il y a entre tous ces évènements une continuité logique.

Tentative de résumé.

Afin que la crise de 1929 ne se reproduise pas, durant 13 ans, ont lieu à Bretton Woods des négociations pour encadrer le commerce international et la finance. Keynes propose la création d’une monnaie internationale dont tout le monde sait qu’elle est seule susceptible de donner efficacité aux règles communes et de prévenir un nouveau krach, monnaie qui sera refusée par les USA, ces derniers entendant assurer leur hégémonie mondiale en faisant du dollar la monnaie de référence appuyée sur une réserve d’or et de ce pays le lieu où affluent les capitaux.

Au sortir de la 2ième guerre mondiale, les USA craignent que leur développement lié à l’économie de guerre disparaisse, aussi vont-ils aider 2 zones (l’Europe et le Japon)* à se relever (plan Marshall) pour assurer leurs exportations. En se développant celles-ci vont dégager des excédents commerciaux financiers qui seront dirigés vers les USA, ce pays, du fait de sa position, les utilisant pour augmenter son développement intérieur et combler le double déficit de sa balance commerciale et de son budget.

En 1971, les USA sont en récession. De fait, ils exportent et achètent moins. Les pays qui envoyaient leurs excédents financiers à Wall-Street perdent confiance dans le dollar et demandent à être payés en or. Refus de Nixon qui décrète l’inconvertibilité du dollar en or et laisse les marchés financiers libres de faire ce qu’ils veulent. Il en est fini des accords de Bretton-Wood. Commence alors la financiarisation, Wall-Street (Le Minotaure) continue à recevoir les capitaux étrangers (excédents qui demandent à se placer) et imagine toutes sortes de montages financiers déconnectés de l’économie réelle dès lors qu’ils permettent de faire de l’argent. La machine ne manquera pas de s’emballer, ce que tout le monde sait ; mais tant qu’il est possible de faire de l’argent on laisse faire. Au diable le mur dans lequel on sait foncer ! C’est le temps de la mondialisation, des délocalisations pour rechercher les salaires les plus bas et faire des profits de plus en plus grands sans se préoccuper du sort des individus, c’est le temps de l’augmentation du chômage dans les pays développés et donc des montages financiers (titrisation) permettant à des individus non-solvables d’acheter pour faire tourner non l’économie réelle mais l’économie financière. C’est le temps des fusions-acquisitions. Le temps de la dérégulation tous azimuts. Celui du libéralisme débridé, on pense alors aux accords ALENA, GMT,…. C’est ainsi qu’on arrive à l’explosion du système en 2008.

Voilà pour les grandes lignes qui ne peuvent suffirent à dire tout le livre, aussi faut-il aller au détail que propose ce dernier.

Mais il est également question de diverses autres considérations, notamment sur la politique européenne en continuité de celle qui a précédé la crise de 2008, avec le risque quasi certain d’une désagrégation de l’Europe sous la houlette de l’Allemagne et la complicité timorée des autres pays européens. Comme il est question de l’avenir mondial….incertain.

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*Les 2 zones : Europe et Japon.

Pour installer leur hégémonie, les USA ont besoin de 2 relais. Le Japon en charge d’ouvrir le marché asiatique, et l’Europe à la création de laquelle ils vont pousser. Pour ce faire ils vont s’opposer au démantèlement prévu des industries des pays vaincus (Allemagne et Japon) et, concernant l’Europe, ils vont choisir l’Allemagne comme pilier de la construction européenne dont ils savent le besoin d’espace vital et l’inimitié qui est la sienne pour l’URSS puis la Russie qui lui succède. Dans cette entreprise le Japon se heurtera à la Chine naissante de Mao et de ses successeurs, tandis que l’Allemagne prospèrera d’autant que la désagrégation de l’Europe de l’est viendra lui fournir de la main d’œuvre à bon marché nécessaire à son développement. On sait aujourd’hui ce qu’il en est de l’Europe, produit tant de la volonté des USA que du désir ancien des germains qui n’entendent pas qu’elle ne soit pas autre chose qu’allemande et en conformité avec le projet libéral.

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*Romaric Godin : « De notre côté de l’Atlantique, la création de l’euro fut pour Bonn (puis Berlin) l’occasion rêvée de s’approprier un ‘Minotaure’ européen et de réduire, enfin, à sa merci, le grand rival français. La mort du Minotaure planétaire en 2008 marquera une des crises les plus dévastatrices qui se soit jamais abattue sur l’humanité.

Et les responsables politiques ont abdiqué au grand bénéfice de la ‘faillitocratie’, bradant leur pouvoir à vil prix face aux banques par qui le malheur était venu.

Pour sa part l’ersatz de Minotaure imaginé par l’Allemagne a fait long feu, rongé par les égoïsmes nationaux de ses ordonnateurs et l’ineptie de sa construction, mais non sans entraîner l’Europe vers l’abîme ni sans jeter des millions de nouveaux pauvres à la rue. L’issue n’est pas sans espoir ».

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 07:54

A défaut de pouvoir vous proposer l’écoute du dernier album From Darkness d’Avishai Cohen, impossible de trouver sur le net sinon sur Deezer pour juste quelques mesures de chaque morceau , cependant magnifique et qui ne me laisse pas sur la faim quoiqu’en dise Citizen Jazz, vous est proposée ici une compilation de ce contrebassiste de talent.

https://www.youtube.com/watch?v=wQ2UnOVRFgE&index=2&list=RDE4kc0Aby2vA

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CitizenJazz

Avishai Cohen signe ici son treizième album en tant que leader. From Darkness fait suite à Almah (2013), pour lequel son trio s’était étoffé d’un quatuor à cordes et d’un hautbois. Un an auparavant, Duende se déployait dans un cadre plus intime, celui d’un duo avec Nitai Hershkovits, jeune pianiste qui signait alors son entrée dans l’univers du contrebassiste. Mais surtout, depuis Aurora (2009) puis Seven Seas (2010), il chante, et on observe un phénomène Avishai Cohen. Sa renommée ne cesse de croître, au point qu’il remplit désormais les salles longtemps à l’avance et fait rayonner son art bien au-delà du cercle du jazz.

Sa musique est immédiatement identifiable : voyageuse dans l’âme, elle se nourrit d’influences méditerranéennes et moyen-orientales, parfois relevées d’une pointe latino qui peut surgir à tout moment (probables réminiscences des clubs new-yorkais qu’il a fréquentés durant les années 90). Et même s’il dit vouloir avec ce disque, « tracer un chemin qui s’extrait des ténèbres pour prendre de la hauteur et gagner la lumière », on ne peut échapper à un sentiment de ce que nous désignions il y a quelque temps déjà sous le nom d’« harmonie inquiète ». Mais quoi d’étonnant, après tout, quand « Abie » évoque l’agression à l’arme à feu d’un ami ou « Ballad For An Unborn » (déjà présent sur Duende) la perte d’un enfant ? A. Cohen peut bien célébrer la beauté, il sait que la vie est un combat permanent et que tout être humain se doit de trouver l’équilibre – toujours instable – entre force et vulnérabilité.

From Darkness est l’œuvre d’un musicien accompli, internationalement reconnu et sûr de son fait. Le contrebassiste montre ici, comme il nous y a habitués, beaucoup de brillance et de cohésion, dans une formation renouvelée par l’arrivée d’un nouveau batteur, Daniel Dor. Au long de ces onze instrumentaux, brefs pour la plupart [1], dont une reprise de « Smile », thème des Temps modernes signé Charlie Chaplin, on reste néanmoins partagé entre une forme d’admiration proche du respect envers la justesse de cette musique qui s’exprime avec tant de virtuosité et concision, et une pointe de regret : celui de se retrouver en terrain connu sans surprise ni incertitude. From Darkness n’est pas à proprement parler une redite, mais il y flotte un petit air de déjà entendu. Sans doute s’agit-il d’une pause avant de nouvelles explorations, qu’on espère moins prévisibles. En d’autres termes, au-delà de ses qualités intrinsèques, le disque nous laisse un peu sur notre faim.

En attendant, on peut penser que ce répertoire fournira à Avishai Cohen, Nitai Hershkovits et Daniel Dor matière à de beaux moments de scène, d’autant qu’on sent entre eux un véritable équilibre ; la fièvre ici très (trop ?) contenue dans sa version studio, « sur papier glacé », pourra vite gagner le trio. Et le public ne manquera pas de s’embraser.

http://www.citizenjazz.com/Avishai-Cohen-Trio-3471382.html

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 11:18

tel est le titre de la biographie, dite encore aujourd’hui de référence, proposée par Paul Murray Kendal aux éditions Pluriel, parue après 13 ans de travaux en 1971.

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Mon premier souvenir de Louis XI est lié à l’image qu’en donnait le livre d’histoire de la primaire. Un personnage tout de noir vêtu, avare, œuvrant derrière d’épais murs contre Charles le Téméraire. Au plafond de la pièce d’où il ne semblait guère sortir pendaient des fillettes, dont il était dit qu’elles étaient de son invention - ce qui est faux -, contenant comme oiseaux en cage ses ennemis.

Louis XI était la proposition inversée, dans la proximité des pages du livre qui réduisait la distance temporelle, de cet autre roi, Louis IX, dit saint Louis, rendant en plein air la justice sous un chêne en se tenant dans la proximité des pauvres.

Il était donc un roi bon et juste et un autre cruel et fourbe.

Mais il était raconté que tandis que l’un allait à la croisade comme on va en cure, l’autre avait inventé la poste, ce qui n’est pas peu. Il n’en fallait pas davantage pour que l’intérêt se porte sur celui qui semblait tant méprisé puisque qu’existait toujours (pour combien de temps ?), le village en témoignait, un service postal.

Je n’eus pas de mal à me séparer de Saint Louis tant il rôde malencontreusement dans l’histoire du midi, et l’ai tenu rapidement pour un fieffé salopard pour avoir imposé le port de la rouelle au juif, brûlé les cathares au bûcher de Monségur, et d’autres choses encore, en fait s’être comporté comme un parfait intégriste, un fascho avant que l’heure sonne du fascisme.

De Louis XI je faisais rapidement, au gré de lectures fragmentées, le grand roi de France, celui qui avait posé les fondations d’un état moderne et structuré, et qui s’était coltiné avec les rivalités guerrières des seigneurs féodaux plus enclins à porter en bandoulière leur égocentrisme que l’intérêt général.

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La biographie de Kendal donne à connaître un Louis XI méconnu.

Casanier, il ne l’était point. S’il est un roi qui a parcouru les territoires, c’est bien lui.

Mauvais ? Mais alors comment expliquer qu’il avait la reconnaissance de son peuple tant il préférait négocier ou payer que faire la guerre, épargnant en cela nombre de vies humaines dont il considérait le passage à trépas comme un gâchis.

Rancunier ? Non point. Il prenait avec habileté à son service ceux qui l’avaient combattu. Mais également, sans distinguer l’origine sociale, ceux dont ils jugeaient les capacités utiles à la construction du royaume, ainsi devinrent ses conseillers de forts humbles individus au grand dam des seigneurs. Les uns et les autres lui restant fidèles, certes parce qu’ils étaient pourvus en espèces sonnantes mais encore parce qu’ils avaient le sentiment qu’ils participaient à la création d’un monde plus juste et plus prospère.

Mettant au pas les seigneurs, de l’espace féodal réuni en un seul pays il fit un Etat, celui-là même que le goût du jour sous les coups du libéralisme tend à disloquer et à offrir à de nouveaux barons.

Il s’attacha à la prospérité du pays comme il a été dit, développant l’industrie – la région lyonnaise lui doit l’élevage du ver à soie et la fabrication du tissu du même nom, le commerce qu’il ne manquait pas d’étudier partout où il passait l’incita à promouvoir de grandes foires concurrençant les plus grandes d’Europe, notamment celles de Flandres. L’imprimerie l’autorisa à faire en sorte que la loi se diffuse pareillement sur tout le territoire. La diplomatie qui lui était naturelle, il la peaufina au contact de Laurent le Magnifique duc de Milan dont il fut l’ami. Et s’il levait des impôts, auquel le peuple consentait plus qu’il n’est généralement le cas, il fit en sorte de ne point le dilapider. Bref ce fut un roi qui contribua à la sortie du Moyen âge en détruisant la féodalité et en créant un Etat moderne et en ayant le souci de l’intérêt du peuple. Et, ravissement, il mit les religieux au pas faisant en sorte que ce qui était de ce domaine n’interfère pas avec le pouvoir civil – en quelque sorte il avait découvert la laïcité.

Bref il avait des qualités d’intelligence et une attention pour le pays bien précieuses pour son temps et qui manquent bien au nôtre.

En somme, vous prenez cette biographie et ne la quittez qu’avec ce sentiment que l’on éprouve à se séparer d’un homme de talent et de bien, et, paradoxe puisqu’il est là question d’un roi, si cela est nécessaire en ayant le goût plus assuré pour la République.

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 08:30
  • Petits classiques philosophiques (3 euros). Facile d’accès, qui plus est commenté.
  • Flammarion (5,90 euros)

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Extraits

« Si deux, si trois, si quatre cèdent à un seul ; c’est étrange, mais toutefois possible ;……..Mais si cent, si mille se laissent opprimer par un seul…… »

« Pauvres et misérables, peuples insensés, nations opiniâtres en votre mal et aveugles en votre bien…….vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous…. Ces malheurs…vous viennent non pas des ennemis,….mais de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est…..ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps et rien de plus que n’a le derniers des habitants du nombre infini de nos villes…..ce qu’il a de plus que vous ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire….soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres…..je ne veux pas que vous le heurtiez….mais seulement que vous ne le soutenez plus »

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Pour compléter :

(Voir le paragraphe consacré au discours de la servitude volontaire)

  • Le texte du discours :

http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire/%C3%89dition_1922/Discours

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Faut-il que nous soyons aliénés pour continuer de transférer à un autre, vote après vote et malgré tout ce que nous savons de la politique conduite, cédant aux arguties et aux sirènes, et après qu’il ait promis et renié sa parole, ce bien inaliénable qu’est notre liberté et qui, se faisant, devrait nous faire perdre l’estime de nous-mêmes.

Faut-il que nous soyons aliénés pour que puisse ressurgir cet autre dont on a pu mesurer l’ouvrage dans un proche passé, promettant aujourd’hui de faire ce qu’il n’a su ou voulu faire alors.

Faut-il que nous soyons aliénés pour nous jeter délibérément dans les bras de la bête immonde et sans considérer que nous serons comptables de ce qu’il adviendra car le libre-arbitre s’accompagne nécessairement de la responsabilité.

Faut-il que nous soyons aliénés au point de méconnaître qu’il n’est d’autre gouvernement que celui qui procède de la volonté du peuple auquel nous participons, que nous ne le disions pas plus fort, cela même qu’on le trahisse ou qu’on ne veuille plus ou pas l’entendre.

Exergue

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:29

Collection : Points-économie-n°E57

On appelle ça : un pamphlet. Que ça fait du bien !

Je vous invite de bon cœur à la compagnie de Maris, l’essentiel étant dans ce qu’il raconte, que je vous dirais pareillement ou presque, mais que vous ne prendriez pas au sérieux car on n’écoute pas ce qui est dit mais celui qui dit, le diplôme comme la notoriété faisant l’autorité.

Il s’en prend aux économistes qui font croire que l’économie est une science dure alors que ce n’est qu’une science humaine qui, parce qu’elle développe des modèles mathématiques, fait fi des comportements humains par nature imprévisibles.

Il s’en prend aux experts - sorte de sous-économistes - qui habitent les plateaux Tv, dont tout l’art et de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ; experts soigneusement sélectionnés pour développer le crédo de l’église libérale et nulle autre ; experts sans contradicteurs, parfaitement crédibles pour autant que vous admettiez leur système.

L’emmerdant, à tenir pour argent comptant le discours des économistes, celui des experts, qui ne cessent pourtant pas de se tromper – on en sait quelque chose, on fout en l’air la démocratie. Plus la peine de penser politique ; si on les reconnait comme experts c’est qu’on n’y comprend rien, alors on leur laisse les rênes du pouvoir et de la décision.

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Pour vous mettre en appétit

p11 « le cœur du problème économique, comme disait Keynes ‘devra un jour être ramené à la place qui est la sienne : l’arrière-plan’ ».

p15 « un économiste est ‘celui qui est capable d’expliquer le lendemain pourquoi la veille il disait le contraire de ce qui s’est produit aujourd’hui’ ». Attali, caricature d’expert.

p30 « un système de marché parfait et un système planifié parfait sont équivalents. En voulant toujours plus de socialisme, les ‘planificateurs’ socialistes qui appliquaient aussi le théorème de l’optimum ont assassiné leur pays. Les libéraux font aujourd’hui de même ».

p31 « L’équilibre de Nash….. Voilà donc que le marché, s’il donne l’équilibre, donne assurément la plus mauvaise solution ! Celle où la richesse et le bonheur des individus est moindre qu’ailleurs ! Entre parenthèses, cela veut dire que la coopération, l’alliance, le collectif, sont meilleurs que la concurrence, mais passons ! »

p35 Stigler (prix Nobel 1982) « Ce n’est pas la science économique qui est fausse, c’est la réalité ».

p92 « La statistique euphémise le discours politique. La ‘neutralité’ du chiffre renvoie à l’autorité scientifique, au discours ‘autorisé’. Le discours d’autorité n’est pas fait pour être compris, mais pour être reconnu. Pour faire peur ».

et, je ne vous dis pas le nombre de notes laissées en route, comme celle-ci : « Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles et Mexico. Il faut encourager une migration des industries polluantes vers les pays moins avancés. Une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversés là où les salaires sont les plus bas est imparable » dixit : Summers *(p10), note qui pose le rapport économie-éthique, mais ça, après tout, c’est superflu.

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Et tout ça pour le prix de 2 bières ou d’un paquet de clopes, au choix. Avouez que ça vaut le coup. Et en prime, comme tout bon camelot, je vous file : http://exergue.over-blog.com/article-les-experts-61469702.html

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Histoire de voir ce que sont certains économistes et la place qu’ils occupent allez au lien suivant concernant Summers : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lawrence_Summers. Édifiant!

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Et si nous étions des imbéciles?

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 16:16

Editions du Seuil

Pour que la République ne soit pas un mantra, il est là un texte simple qui la donne à comprendre, à s’en emparer.

Expliquée à ma fille ? Vite dit. La fille de Régis Debray a, est-il indiqué, 18 ans à l’époque de l’écriture de cet opuscule. Une fille certes, mais pas une enfant. Aussi à défaut d’abandonner ces derniers à la lecture de ces quelques soixante pages, les parents peuvent s’approprier ce texte pour proposer, au gré des conversations qui ne manquent pas de surgir inopinément, des explications claires, ou plutôt éclairées ; ils y trouveront peut-être, aussi, de quoi mettre au clou quelques approximations qui participent à leur entendement.

Ce n’est pas là cours d’histoire, seulement des précisions sur les mots, des sujets abordés et qui sont l’actualité, celle du jour comme la plus ancienne, car il semble bien qu’il faut sans cesse remettre à l’esprit ce qui a tendance à s’en échapper.

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En 4ième de couverture, il est écrit : Le peuple. Les citoyens. Les étrangers. Les nationaux. La laïcité. Les droits de l’Homme. L’universel…Que signifient ces mots trop usés, sans cesse invoqués et rarement définis ?

La République, répétons-on nous, à tout bout de champ. Bien sûr, mais encore ? De quoi parle-t-on en fait ?

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Mais puisqu’il est question de République, voici un vieil article de Régis Debray intitulé : Etes-vous démocrate ou républicain ?qui vaut bien quelques minutes d’attention et auquel vous pouvez accéder avec le lien suivant : http://exergue.over-blog.com/article-regis-debray-etes-vous-democrate-ou-repu-48813957.html

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 14:56

Un livre à offrir à vos enfants, vos petits-enfants à Noël prochain. Moi, j’y pense.

« On aurait dû dire non. Résister davantage »

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A écouter

https://www.youtube.com/watch?v=x3kY28t67Ys

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Le texte

Matin brun

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l'autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu'il m'a dit qu'il avait dû faire piquer son chien, ça m'a surpris, mais sans plus. C'est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l'idée qu'un jour ou l'autre il va mourir.

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c'est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

- C'est pas la question, c'était pas un chien brun, c'est tout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

- Oui, pareil.

Pour les chats, j'étais au courant. Le mois dernier, j'avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d'après ce que les scientifiques de l'Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu'ils s'adaptaient mieux à notre vie citadine, qu'ils avaient des portées peu nombreuses et qu'ils mangeaient beaucoup moins. Ma fois un chat c'est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d'une façon ou d'une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n'étaient pas bruns. Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d'arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux.

Mon cœur s'était serré, puis on oublie vite.

Les chiens, ça m'avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c'est plus gros, ou que c'est le compagnon de l'homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d'en parler aussi naturellement que je l'avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c'est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n'avait plus grand-chose à se dire, on s'était quittés mais avec une drôle d'impression.

Comme si on ne s'était pas tout dit. Pas trop à l'aise. Quelque temps après, c'est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu'il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

- Non, non, c'est à la suite de l'affaire des chiens.

- Des bruns ?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s'attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu'à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu'il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

- · Trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé ?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n'y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu'il reste un journal dans la ville, on ne pouvait pas se passer d'informations tout de même.

J'avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j'avais sûrement tort de m'inquiéter.

Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore. Les maisons d'édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques.

Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d'édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n'a rien à y gagner à accepter qu'on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris.

Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation. Par mesure de précaution, on avait pris l'habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c'est fait pour évoluer et ce n'était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter " putain con ", à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations.

Un jour, avec Charlie, je m'en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu'il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l'autre, et il m'obéit au doigt et à l'œil. Fallait pas que j'en fasse un drame du labrador noir. ·

À peine il avait dit cette phrase, que son chien s'était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n'obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?

- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l'armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu'est ce qu'on avait ri. Tu parles d'une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j'ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci ?

- Magnifique, il m'avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l'œil. Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu'on avait passé un sacré bon moment, et qu'on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j'avais croisé sur le trottoir d'en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s'il écoutait bien ce qu'on lui disait, les chiens n'étaient pas interdits, il n'avait qu'à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l'ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j'ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m'ont pas reconnu, parce qu'ils sont nouveaux dans le quartier et qu'ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J'allais chez Charlie. Le dimanche, c'est chez Charlie qu'on joue à la belote. J'avais un pack de bières à la main, c'était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J'ai fait semblant d'aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l'ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l'a bien vu, nous !

- Oui, mais à ce qu'ils disent, c'est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.

- Avant ?

- Oui, avant. Le délit maintenant, c'est aussi d'en avoir eu un qui n'aurait pas été brun. Et ça, c'est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin. J'ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j'étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu'avant j'avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n'y aurais jamais pensé ! Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n'est pas parce qu'on aurait acheté récemment un animal brun qu'on aurait changé de mentalité, ils ont dit. " Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. " Le speaker a même ajouté " injure à l'Etat national ". Et j'ai bien noté la suite. Même si on n'a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu'un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu'une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

- Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C'est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s'ils cherchent avant, ils n'ont pas fini d'en arrêter des proprios de chats et de chiens. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'aurais dû me méfier des bruns dès qu'ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ? On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n'arrive jamais. J'ai peur. Le jour n'est pas levé, il fait encore brun au dehors. Mais, arrêtez de taper si fort, j'arrive.

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****

Compléments :

  1. A propos de Frank Pavloff http://fr.wikipedia.org/wiki/Franck_Pavloff
  2. A propos de Matin brun http://fr.wikipedia.org/wiki/Matin_brun


M

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:46

Collection Rivage de Poche- Petite bibliothèque

Quand vous êtes âgé et que vous abordez certains auteurs vous vous demandez pourquoi vous ne l’avez pas fait avant. Vous vous dites aussi, qu’ai-je à faire à mon âge de les lire alors que le terme est bientôt là. Puis vous pensez ceci : je suis à la fois la mer et le bateau. La mer parce que de la lecture que je fais je vais me modifier et de cette modification modifier les autres ; le bateau parce que modifiant les autres de leur élévation je vais m’élever encore. Ainsi pour être au terme, je peux encore de ce mouvement participer à l’aventure humaine, ceci jusqu’à ce que je ne puisse plus, mais ayant donné, peut-être, à quelqu’un le goût de cette aventure au plus grand bénéfice de tous. Il est là un orgueil qu’il ne me déplaît pas d’avoir, ou peut-être une courtoisie faite aux autres, un remerciement sûrement à ceux qui m’ont précédés et aux pas desquels il m’importe de m’attacher pour les continuer, l’espèce humaine étant une grande famille à qui il faut réserver ses soins.

Je me promenais aux rayons d’une belle librairie toulousaine, à l’angle opposé gauche de la place du Capitole lorsque le monument communal est dans votre dos, une curieuse librairie faites de magasins successifs non contigus, et je vois là, à l’étal intérieur, un petit livre de Gramsci : Pourquoi je hais l’indifférence ? Aussitôt acheté aussitôt lu, avec cette inconvenance que le livre passe devant tous les autres nombreux, qui sont à m’attendre au rebord de ma bibliothèque, comme un client passe devant à la file. Bien m’en a pris ! J’ai eu enfin ma réponse, un temps quémandée auprès des miens et sans qu’elle me soit apportée ; je suis un partisan (quoique camarade) parce qu’il faut prendre parti et non rester à l’indifférence que représente la position immobile au trottoir. Mais encore, j’apprends que ce n’est point défaut que d’être intransigeant, ce qui de tout temps m’a été reproché, dès lors qu’on a réfléchi et que l’intransigeance en a été fondée. Et ainsi à la suite, comme ce titre de chapitre préalable à toute incursion dans la vie politique : « Nous devons nous changer-nous-mêmes ». Mais tout autant que les pensées thématiques de Gramsci à raison de 2 à 3 pages par motif, la préface en une quarantaine de pages de Martin Rueff vous invite à penser, et sans que cela vous soit demandé, qu’il ya quelque raison à aller sans tarder écouter cet auteur ; ce que je vais faire plus largement.

Alors je songe à mon jeune homme du propos juste avant et qui craignait d’être influencé, à mes partisans-camarades, à la lecture de ce cartouche de Gramsci en haut du journal dont il était le secrétaire de rédaction : « Formez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre intelligence, mettez vous en mouvement parce que nous aurons besoin de tout votre enthousiasme, organisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre force ».

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/07/KEUCHEYAN/47970

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/231013/pourquoi-je-hais-lindifference-gramsci

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