Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 06:35

Je recommande particulièrement la lecture de ce bouquin. Collection folio/essais.

 

Pour en donner une idée et le goût, je ne vais pas me hasarder à un exercice que d’autres conduisent fort bien ; voir liens ci-dessous.

 

Qui s’intéresse encore à la fraternité, quelque peu oubliée à l’heure où la Grèce est poussée à quitter la zone euro ? Oubliée ici même, en France, où le nombre des SDF ne cesse d’augmenter, le travail se précarise, le droit du travail vole en éclat, le droit de grève ne fait plus sens, le système des retraites par capitalisation concurrence celui par répartition, où les riches sont toujours plus riches les pauvres toujours plus pauvres, etc. etc.…. .

 

Certainement alors n’est-il pas inutile d’aller à la rencontre de « la sainte devise de nos pères, la petite dernière… devenue orpheline », celle qui n’a pas de génitif comme ses sœurs (Liberté d’expression, Egalité des chances), celle qui « courait les barricades et les sociétés ouvrières », celle « qui s’est fondue dans le décor...qui fait tapisserie... que personne n’invite à danser ».   

 

http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/La-force-du-Nous-_NG_-2009-03-19-532641 

 

http://www.trusatiles.org/pages/le-moment-fraternite-5890053.html

http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?page=article5&id_article=728 

 

http://www.troispoints.info/article-28532051.html 

 

http://www.ichtus.fr/article.php3?id_article=460 

 

Repost 0
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 11:32

 

Perdre quelque chose est parfois utile. C’est ainsi que j’ai acheté ce petit livre, alors que j’étais rendu à la préfecture (comme on disait autrefois) pour remplacer le cordon ombilical égaré de mon portable. Ce petit livre pour juste un peu plus du prix d’un paquet de tabac ; avouez que la dépense est faible tant je la consens à ma drogue quotidienne, tabac dont chacun m’assure qu’il m’affligera d’un cancer, du fumeur naturellement. Mais voilà, je ne tiens pas à mourir en bonne santé, quelle idée de passer de la sorte, de désirer en un tel état rencard avec la camarde. Quelle idée, si l’on a encore quelque chose à établir ou a jouir que de mourir en bonne santé, ce n’est pas adéquat, cela ne retient pas la raison, et s’il devait en être ainsi, s’il convenait de mourir en bonne santé, alors pourquoi ne pas le faire précipitamment, sans tarder, de la sorte en être assuré sinon rassuré.

 

De nos jours rien n’est convenable. Fumer, le l’ai dit. Mais aussi boire, manger. Bien d’autres choses encore que je n’ose écrire dire, écrire davantage. Il ne faut pas courir de risques, ainsi se prévient-on de tout, sauf de l’insipide, du liquide placébo. De tout ? Pas sûr ! Si la pilule du lendemain avait dû garantir de ce que l’on a désappris à pratiquer correctement, elle n’aurait pas dû laisser passer par mailles larges ceux qui nous gouvernent, mais les retenir pour plus grande affaire pourvue par d’autres.

 

Cependant ce n’est pour le propos essentiel de ces lignes qui est de vous signaler ce livre : « Rêverie de gauche », et pour y venir je vous livre ci-dessous cette présentation d’un livre qu’il me faudra reprendre en lecture, comme on se lèche les babines après qu’on ait mangé et qu’il ne reste plus rien de ce qu’on a apprécié. Puis, je vous invite à user du lien qui vous propose une vidéo de Régis Debray dans laquelle il dit quelques mots sur cet opuscule qui ouvre à des considérations bienvenues.

 

Exergue

 

http://davidm.blog.lemonde.fr/2012/03/26/reverie-s-de-gauche/

 

"Rêverie de gauche", c'est le titre du petit essai dynamique et vivifiant que vient de publier Régis Debray, chez Flammarion. A moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, la lecture de ce livre pourra être utile pour ceux qui rêvent d'une alternance qui soit une véritable alternative. Mais il sera salutaire aussi pour ceux qui ont peur que l'alternance ne soit juste une alternance.

 

Debray se ballade dans l'histoire de France et dans l'histoire de la gauche pour y trouver les leçons à tirer des expériences passées. Le tout avec son habituel style alerte et parfois caustique. C'est au final une lecture joyeuse, remplie à la fois de réalisme froid et de rêve chaud. Marianne2.fr en a fait une chronique détaillée, intitulée qui a dit que Régis Debray ne faisait plus de politique.

 

Ici, il sera question d'extraits qui résonnent avec la teneur de cette campagne présidentielle à gauche : réalisme exacerbé de François Hollande en parallèle de l'insurrection civique à laquelle appelle Jean-Luc Mélenchon. Mais aussi à droite : chiffres en rafales et sensationnalisme.

 

P.47, Debray parle de la gauche et de la droite dans nos sociétés modernes. "La gauche (...) a dans son ADN un pacte avec la durée, parce qu'elle est transmission, transport d'une information rare le long du temps. La droite matérialiste et frétillante a partie liée avec le jour-le-jour, parce qu'elle est communication, information emplissant l'espace. L'une au risque d'être un peu chiante ne peut s'empêcher de penser "éducation"; l'autre est à l'aise dans le volatil, rien à craindre des paillettes, elle est chez elle en culture de communication".

 

P.57, Debray appelle à ne pas faire des chiffres un "monothéisme". "Notre avenir ne se résume pas à un business-plan. Chaque époque il est vrai a son adverbe fétiche. La nôtre a jeté aux orties le pourquoi et le comment, et n'en admet plus qu'un, hors duquel point de salut: combien ? (...) Vous voulez, dans un débat, qu'on vous respecte ? Sortez une décimale. Peu importe si elle est fausse ou vide de sens, vous aurez marquez un point".

 

Enfin, dernier extrait évocateur de notre monde et de ce que peut être la gauche malgré des vents contraires forts. P.79 : "La gauche a besoin de prendre son temps parce qu'il en faut pour restituer, soupeser, étudier le dossier, déjouer les apparences, l'emballement et l'intox. La gauche est plus soucieuse d'expliquer que d'émouvoir".

Idéalisme ? Mais qu'est ce que la gauche si ce n'est la recherche de l'idéal ? Jaurès :

"Le courage c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel". La gauche actuelle comprend le réel mais oublie parfois son idéal. Voilà ce que dit aussi la vague qui semble porter Jean-Luc Mélenchon dans cette présidentielle. Voilà ce que disait celle qui a porté Arnaud Montebourg durant la Primaire citoyenne de la gauche. Voilà ce que disait "des idées et des rêves" le livre d'Arnaud Montebourg (les idées nous séparent, les rêves nous rapprochent dit Godard).

 

Voilà ce à quoi rêve le peuple de gauche : un idéal, un projet commun fort pour accepter les sacrifices engendrés par le réel. Rêverie ?

 

Edit 4 Avril 2012 : Debray était l'invité de France Inter.

Repost 0
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 07:01

de André Bellon

Editions Mille et Une Nuits

 

4ième de couverture

« J’ai vécu pour ma part, le moment historique des années 80 à un bon poste d’observation. Douze ans député, puis deux ans président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, j’ai pu analyser les gestes, les déclarations, les attitudes de nombreux acteurs importants de ce moment de rupture, avant et après 81.

Si j’ai décidé d’écrire cet ouvrage, ce n’est pas pour expliquer une fois de plus les nouvelles relations sociales, économiques ou politiques construites autour des années 80. C’est pour décrire comment des esprits de gauche, pourtant préparés avant 81 à une explosion de liberté, se sont lentement mais sûrement soumis à une nouvelle suzeraineté qui perdure aujourd’hui. Nous, élus des années 80, sommes collectivement coupables d’avoir participé à un jeu perverti. Combien exprimèrent leur réprobation d’une politique contraire aux principes affichés, Que sont devenus les mœurs politiques et les principes républicains censés les régir ? Et la liberté de penser ? Les citoyens ont trop vite et trop bien intégré l’idée qu’aucune autre politique n’est possible. Il fallait se soumettre au nouvel ordre mondial.

Certains jugeront le terme de vassalité excessif. Il m’arrive de le trouver trop faible. Voici ma modeste contribution à l’histoire des années 80 ».

 

 André Bellon

 

 

 

 

 

http://www.lajauneetlarouge.com/article/une-nouvelle-vassalite 

 

Contribution à une histoire politique des années 1980

Un parcours atypique 

X63, Ponts, ENSAE, élu par trois fois député des Alpes-de-Haute-Provence, ancien directeur du Centre européen de formation des économistes statisticiens des pays en voie de développement, notre camarade André Bellon est un homme de conviction qui, engagé très jeune dans le syndicalisme, aura lutté de longue date pour mettre ses idées en pratique. Président fondateur de l’Association Technique et Société, dont le but est de faire la synthèse entre scientifiques, ingénieurs, techniciens et citoyens, il milite pour un statut des élus qui permette à un public plus divers en général et, en particulier, à un plus grand nombre de scientifiques, d’ingénieurs, de techniciens, de chefs d’entreprise de s’impliquer dans la gestion de la Cité, en apportant à la communauté les compétences propres à leurs cursus.

Un ouvrage éclairant

Les valeurs d’émancipation du peuple qui ont inspiré la Révolution de 1789 sont-elles aujourd’hui en déshérence? Dans Une nouvelle vassalité, André Bellon démonte avec une rare acuité les dérives que connaît la démocratie sous la cinquième République, particulièrement depuis une période-clé : le tournant de 1983. La recherche du pouvoir n’a plus pour but que le pouvoir lui-même.

Faisant œuvre d’historien, déjà auteur de plusieurs essais1, André Bellon apporte dans Une nouvelle vassalité un éclairage saisissant sur la vie politique de notre époque, sur les errements des différents partis politiques en général, sur les dérives constitutionnelles, et sur la coupure entre le peuple, seul détenteur légitime du pouvoir, et le monde politicien.

Mon sentiment sur l’ouvrage : à lire absolument par celles et ceux qui, même s’ils ne partagent pas forcément toutes les opinions de l’auteur, sont attachés aux valeurs démocratiques, cherchent à comprendre les enjeux actuels et veulent que les choses changent.

1.            Dont Le Peuple inattendu, Les éditions Syllepse (2003),
Pourquoi je ne suis pas altermondialiste, Éloge de l’antimondialisation, Les éditions des Mille et une Nuits (2004).

2.           
Avec le mouvement qu’il anime, André Bellon publie également sur Internet le périodique République.

http://www.gaucherepublicaine.org/_archive_respublica/2,article,1519,,,,,_Une-nouvelle-vassalite-drAndre-Bellon.htm 

http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=approfondissement 

http://www.xn--lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article302 

Repost 0
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 06:11

Ceci n'est pas une dictature, André Bellon, Mille et une nuits, 180 pages, 10 €. 

 

Dans « Le cri du peuple » http://www.mleray.info/article-ceci-n-est-pas-une-dictature-mais-a-y-ressemble-87334918.html 

 

Philosophe, économiste, ancien député socialiste, André Bellon vient de publier un réquisitoire contre le régime (trop) présidentiel de la Ve République. Pour l'auteur, le lien est rompu entre les élus politiques et leurs électeurs, qui n'ont plus de prise réelle sur la marche des choses. Aussi Bellon appelle-t-il à une réforme des institutions par le peuple, dans le cadre d'une Assemblée constituante.

 

Si ce n’est une dictature, c’est tout comme. Une monarchie élective peut-être… Un régime présidentiel de toute évidence ! André Bellon provoque, car il en est certain : le suffrage universel tel que nous le vivons en France ne permet pas aux citoyens d’exercer de manière éclairée et efficace leur souveraineté.

 

 Aussi le polytechnicien de gauche républicaine indique-t-il les raisons, dans son dernier ouvrage, qui justifient, non pas une nouvelle constitution, mais une nouvelle constituante représentative de la volonté de l’ensemble du peuple français. Comme celle d’après la Révolution française, comme celle qui se dessine aujourd’hui en Tunisie.

 

Député socialiste de 1981 à 1993, Bellon critique les dérives du PS depuis lors. Dans l’épilogue de son ouvrage, intitulé « République ou Barbarie », qui n’est pas sans rappeler l’organisation révolutionnaire d’orientation marxiste « Socialisme ou Barbarie », fondée par Cornélius Castoriadis et Claude Lefort, Bellon règle ses comptes avec l’eurosocialisme, en France l’ère Mitterrand. « Rompant avec toutes les traditions de la République, laïcité, services publics, équilibre des pouvoirs… cette gauche a légitimité le discours de ses adversaires contre les principes issus de la philosophie des Lumières », écrit-il.

 

Retiré de la politique et collaborateur régulier du Monde Diplomatique, Bellon préside l’Association pour une Constituante, qu’il a fondée suite au référendum de 2005, par lequel 55 % des électeurs français avaient rejeté le Traité constitutionnel européen (TCE) alors que 96 % des parlementaires l’approuvaient… Pour Bellon, les élus se sont définitivement assis sur la volonté de leurs électeurs lors de la ratification du Traité de Lisbonne – jumeau du TCE – en février 2008.

 

Parce que les partis politiques ne représentent plus la réalité du corps social et que la souveraineté populaire est selon lui bafouée, André Bellon nous explique pourquoi faut-il changer de République.

 

Marianne 2 : Une Assemblée constituante serait-elle la dernière solution démocratique en rupture avec la gouvernance actuelle ?

 

André Bellon : Beaucoup de gens ont écrit sur le délitement de la démocratie, je ne prétends pas être le premier. J’ai voulu, dans mon livre, apporter une œuvre originale inspirée de mes douze années de députation et trente années de militantisme. J’ai quitté le milieu politique parce que je considérais qu’il s’engageait dans une voie sans issue.

Aujourd’hui, c’est devenu quasiment une banalité de le dire. Mais pour sortir de la crise, beaucoup cherchent à recréer ce qui a existé : « la vraie gauche », « le vrai gaullisme », ça ne mène à rien, car le jeu politique, tel qu’il est, n’est pas réformable. D’autres, considérant nos représentants théoriques comme illégitimes, proposent des solutions baroques, comme par exemple de procéder au choix de nos dits représentants par tirage au sort…

Contre la gouvernance, ce terme qui me donne des boutons, la seule solution, c’est la souveraineté populaire. Il y a eu des précédents dans l’histoire de France. Doit-on rappeler que c’est la souveraineté populaire qui nous a sorti d’une crise financière en 1789 ?

 

 Il y a cinq ans, vous publiiez dans les colonnes de Marianne votre « Manifeste pour une Assemblée constituante ». Votre idée a-t-elle cheminé dans les consciences politiques et citoyennes ?


On constate que le mot « Constituante » a pris une ampleur tant au niveau national qu’international. Voyez la Tunisie et surtout l’Islande, dont les médias ne parlaient que du volcan, en 2010, quand nous étions les seuls à évoquer son Assemblée constituante.

Notre association a été fondée par une dizaine de membres, elle en compte 200 aujourd’hui. Notre site Internet est passé de 40 à 600 visiteurs uniques par jour. Donc en terme de lisibilité, nous progressons. Nous ferons d’ailleurs une grande réunion le samedi 3 décembre auprès de Paris à Romainville pour rassembler et approfondir. Dans le débat politique officiel, l’idée d’une Assemblée constituante n’est pas admise, mais elle commence à être entendue, ce qui est déjà merveilleux compte tenu des forces prodigieuses qui sont contre nous !


Certains de nos adversaires, comme Jacques Attali, tentent même de récupérer le terme en le dévoyant, par exemple en proposant une Constituante européenne. Ce n’est pas là une réponse, le peuple d’Europe n’ayant pas de réalité politique.

« Le système des partis sans Parlement, en quelque sorte »

Dès le début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy a voulu assumer directement la responsabilité des décisions face à l’opinion. On a parlé d’un hyperprésident et d’un Premier ministre en retrait. Le Parlement sert-il encore à quelque chose ?

Non, il ne sert aujourd’hui malheureusement pas à grand chose, c’est évident. Sous la Ve République, le pouvoir du président est, à mon sens, exorbitant. Plusieurs réformes ont accentué cette suprématie de l’exécutif sur la représentation : l’élection du président au suffrage universel direct (1962), le passage au quinquennat (2000) et l’inversion du calendrier des scrutins présidentiel et législateur (2002), la pire des réformes dont Lionel Jospin fut l’instigateur.

C’est le système des partis sans Parlement, en quelque sorte, comme je l’explique dans mon livre. Les partis s’illustrent davantage par des armées disciplinées que par de véritables lieux de débat.

Le lien entre les élus politiques et leurs électeurs s’est rompu. Et pour cause : lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, par exemple, « le peuple n’était pas capable de voter sur des sujets aussi complexes », nous disait-on. Aujourd’hui, les programmes des principaux candidats (UMP et PS) demandent aux électeurs de choisir sur des sujets aussi divers et difficiles que l’économie, le social, la géopolitique, les questions écologies,… mais là, le peuple est, paraît-il, apte à voter… De qui se moque-t-on ?

 

Plusieurs politiques prennent position en appelant à changer de République. On pense à Bayrou, Mélenchon et surtout Montebourg…

 

Je me méfie de ceux qui utilisent la VIe République comme slogan, avec l’idée d’une nouvelle Constitution déjà établie. Ils pourraient ainsi remplacer un dogme par un dogme. La différence avec notre association, c’est qu’on ne milite pas pour une nouvelle Constitution mais pour une Assemblée constituante, soit un processus qui engendre in fine la Constitution, de manière à ce que ce soit véritablement le peuple qui définisse les nouvelles institutions par un processus d’appropriation de la vie publique et de reconstruction de la citoyenneté.

Sarkozy : « La quintessence de la dégradation de la vie publique »

Nicolas Sarkozy, qui est pour une « Ve République réformée », déclarait en 2007 que le problème n’est pas institutionnel mais intellectuel et moral. Ce n’est pas, disait-il, « en revenant aux errements du passé qu'on résoudra les problèmes d'aujourd'hui ». Qu’en dites-vous ?

 

Je ne suis pas de ceux qui font de Sarkozy l’alpha et l’oméga de l’horreur, mais il représente pour moi la quintessence de la dégradation de la vie publique ; laquelle était déjà bien dégradée, et il s’est inscrit dans cette continuité en l’amplifiant.

Il parle de morale, de quoi s’agit-il au juste ? Il ne me semble pas, à la lumière des affaires de son quinquennat, qu’il soit un symbole de morale publique. Il évoque également l’histoire, alors même que le président de l’UMP, Jean-François Copé, s’insurgeait contre la Révolution et tout particulièrement contre l’un de ses symboles, jusqu’alors assez consensuel : l’abolition des privilèges qui caractérisaient, sous l’Ancien Régime, les pouvoirs exorbitants de la noblesse et du clergé. Monsieur Copé, de façon assez ahurissante, estimait qu’il régnait en France « une ambiance malsaine de Nuit du 4 août » … Voilà un vrai discours archaïque !

 

Vous écriviez en juillet dernier dans une tribune au Monde que la formule de « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » employée dans l’actuelle Constitution apparaît aujourd’hui comme une agression et un mépris. Vraiment ?

La règle du jeu politique détermine la vie politique. La clé de notre système, c’est en théorie le suffrage universel direct. Mais tout découle de l’élection présidentielle. Et ce n’est pas compliqué : il nous faut choisir entre Dupont et Durand. « Faut-il garder le président sortant ? » C’est ainsi que la question est posée. Le reste est accessoire. Mitterrand s’était fait élire sur un programme en 1981, il a fait tout l’inverse deux ans plus tard. Sarkozy avait dit qu’il ne toucherait pas aux retraites, il l’a fait. Quel est le contrat entre les citoyens et les élus ?

Hollande : « Ses positions sont conformes »

Où est passée l’opposition ? C’est l’une des questions que pose votre livre. Le Parti socialiste emmené par François Hollande est-il à même de réformer les institutions ? Les primaires n’ont-elles pas redynamisé le débat démocratique ?

Je n’ai pas entendu Hollande dire des choses bouleversantes sur cette question. Je ne sais pas si d’ailleurs, un jour, un politique dira des choses fondamentales là-dessus. Qu’importe le candidat : la question des institutions est posée, on attend les réponses.

Quant aux primaires, je trouve ça original, même s’il est un peu inattendu qu’un candidat puisse se faire élire aussi par ses adversaires... Outre leur côté télé-réalité, elles ont reflété une demande démocratique. Maintenant, est-ce qu’elles y répondent ? Je ne sais pas. Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’avec elles, Hollande bénéficie d’une certaine forme de légitimité.

 

Votre critique des institutions n’est pas que nationale, elle est aussi européenne…

De la CECA de Jean Monnet à l’Union européenne de Jacques Delors, la construction européenne ne s’est jamais préoccupée de l’aspiration démocratique. Elle y était au mieux indifférente, au pire hostile. Ça ne s’est pas arrangé depuis. L’Europe se fiche de la démocratie : elle a été construite sur des bases économiques, donc elle fait de l’économie, pas autre chose.

Des pays membres de l’UE, il y a ceux qui ont l’euro pour monnaie, ceux qui font parti de l’espace Schengen, ceux qui ne le sont pas… Ce n’est pas une construction homogène. Maintenant il faut se poser la question : est-ce que la construction et la direction de l’Europe des 27 est encore pertinente face à la recomposition du monde, aux nouveaux défis géopolitiques ? Peut-être faudrait-il quelques chose de plus ramassé : l’Europe des 6, des 10, je n’en sais rien. Pour le savoir, il faut repasser par la case peuple.

 

Dans votre Manifeste, on peut y lire : « Le capitalisme domine et déstructure le monde, détruit la démocratie, la citoyenneté et l’humanisme pour laisser libre cours aux luttes des intérêts particuliers. Nous ne devons pas chercher à l’influencer, mais au contraire lui opposer des instruments ». Lesquels ?

 

Jusqu’à une période assez récente, dans les années 70, on parlait d’économie politique. A l’Université, par exemple, c’était une branche de la faculté de droit, elle était encore liée à une certaine conception de la justice et à la question sociale.

Et puis on a parlé d’économie tout court, comme science maîtresse. C’est devenu une branche autonome, la clé de route de notre pensée qui aujourd’hui domine tout : l’histoire, la politique. L’aspect soi-disant scientifique de l’économie a donné vérité à un corps d’hypothèses qui lui-même est contestable. Le « marché pur », la « concurrence libre et non faussée », ça ne veut rien dire… On assène des vérités au nom d’une scientificité elle-même contestable.

 

Marianne 2  

Repost 0
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 10:31
Repost 0
17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 15:16

Parti de Gauche



En lien avec la campagne, trois nouveaux petits livres viennent d'être publiés dans notre collection Politique à Gauche aux éditions Bruno Leprince :


- Quelle histoire ! - Chronique(s) du Front de Gauche , par François Delapierre. Le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon présente dans ce petit livre une synthèse sur l'origine, l'histoire, les analyses et le projet du Front de Gauche.


- Pour une nouvelle révolution agricole - Sortir de l'impasse du libéralisme et du productivisme , par Laurent Levard. Le président de la commission agriculture du PG présente ici avec pédagogie les évolutions et les dangers du modèle agricole actuel. Il pose les bases programmatiques de ce que serait une nouvelle révolution agricole au service de l'intérêt général.


- Nos colères fleuriront - Arracher les mauvaises herbes du capitalisme vert , par Corinne Morel-Darleux. La secrétaire nationale du PG à l'écologie montre ici comment nos luttes, notamment écologiques, font fleurir des alternatives concrètes au capitalisme qui peuvent se prolonger jusque dans les urnes.


Ci-joint des tracts de présentation / bon de commande de ces trois ouvrages. Nous te rappelons enfin que trois titres publiés depuis l'automne sont particulièrement dans l'actualité de notre campagne : pour contrer le programme du FN, pour répliquer aux accusations de populisme et pour ne pas se laisser enfumer par les sondages (tract présentant ces trois ouvrages ci-joint).


Bonne lecture,





                                                       **********

En partenariat entre le journal en ligne ReSPUBLICA et le Réseau éducation populaire

Les nouveautés des éditions “osez la République sociale“

Téléchargez la présentation des premiers livres (PDF)

en librairie de mars à mai 2012

Passez vos commandes à 2ème édition

 - Le parc des Vignes , 27 rue Panhard et Levassor - 78570 Chanteloup les Vignes


mail: osezlarepubliquesociale@gmail.com

Cette nouvelle maison d’édition créée par Bernard Teper, responsable du Réseau éducation populaire et Christophe Hordé, éditeur, publiera une dizaine de titres par an sur les sujets d’actualité et des titres de fonds sur la défense de la République sociale, c’est-à-dire la défense des services publics et d’une autre répartition des richesses.

Nous publierons en avril 2012 une réédition du texte de Friedrich Engels “La question du logement“ initialement publié en 1873 et qui garde toute son actualité en regard de la crise du logement que nous vivons aujourd’hui en France. En mai, nous publierons les chroniques de François Leclerc, chroniqueur sur le blog de Paul Jorion. Ses “Chroniques de la grande perdition“ reprennent une partie de ses textes sur les 6 derniers mois sur la crise financière, avec une introduction de Paul Jorion.

Format 10,5 x 17,5 cm - pagination variable - 8,50€

 

 

Repost 0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:47


Il est des auteurs dont on se demande pourquoi on ne les a pas lus avant. Pourquoi ils ont été longtemps interdits d’édition. Pourquoi, pourquoi, pourquoi, autant de pourquoi dont on sait la réponse parce qu’aux pourquoi nombreux il y a une réponse.

 

Fuck América, Le Barbier et le Nazi, Le retour au pays de Joseph Wassermann, Le conte de la pensée dernière sont livres qui viennent combler les interstices des manuels d’histoire. Les personnages ne figurent dans les dictionnaires car la matière de l’histoire, sur laquelle s’inscrit l’histoire est faite du sang et de la chair des anonymes. Et de cela, nulle part, il en est question, sauf dans les romans d’Edgar Hilsenrath.

 

Le conte de la pensée dernière conte -le mot est répété à dessein- le génocide arménien. De manière historique on l’a dit, poétique et burlesque, cruelle aussi.

 

Le meilleur roman mondial sur le sujet dit-on qui a fait d’Hilsenrath un héros arménien. link

 
Ces jours derniers vient de paraître : Nuit, livre considéré comme le chef-d’œuvre d’Hilsenrath.

Repost 0
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:50

 

Collection : Livre de Poche

 

Edgar Hilsenrath est un conteur. Il conte l’Histoire.  

Bien étrange manière que de dire l’Holocauste, non par le récit de ce qui se passait dans les camps de la mort mais en disant par le menu la vie qui a été et qui va disparaître. Mais : « Celui qui conserve quelque chose, celui-là ne croit pas à la fin du monde et il n’est pas désespéré. Car pour qui le conserverait-il si le monde ne continuait à exister ? »

Exergue

 

4ième de couverture :

En août 1939, à Zurich, un riche fabricant de pain azyme fait son testament. Outre sa fortune, Jossel Wassermann lègue l'histoire de sa famille et de son village natal, Pohodna, un pauvre schtetl de Bucovine, aux confins orientaux de l'ex-Empire austro-hongrois. A travers les paroles de Jossel, c'est le petit monde juif d'Europe centrale qui reprend vie, avec ses personnages pittoresques - porteurs d'eau, marieuse, traîne-savates, sans oublier le rabbin portant papillotes et caftan noir. Sur près d'un siècle, les histoires s'enchaînent, truculentes, subversives... si vivantes qu'elles paraissent devoir ne jamais finir. Pas même à l'heure de l'Holocauste, où le rabbin les confiera in extremis à la garde du vent, sur le toit du wagon qui emporte toute la population de Pohodna vers la mort. Avec cette évocation d'une culture anéantie, l'auteur du Conte de la pensée dernière nous rappelle le pouvoir du verbe, plus fort que la mort, plus fort que l'oubli.

 

 

http://www.deslivres.com/livre/9782253082880/Le-retour-au-pays-de-Jossel-Wassermann.html

Repost 0
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 04:32

 

Un bonheur ! C’est le moment où on t’offre. On t’offre quoi ? De découvrir ce à côté de quoi tu serais passé par méconnaissance de l’existence du contenu de l’offre. Ainsi s’aperçoit-on qu’on était pauvre sans le savoir. Puis, plus riche. Bizarre, non ? C’est ce qui arrive avec les cadeaux (offre) lorsqu’ils sont bien pensés.

Pauvre. Riche. De quelle sorte de « biens » ? Et que doit-on posséder ?

 

Beth Hart. Une sacrée voix (c’est ce que je dis chaque fois ; mais bon ! je fais avec le peu que je sais). Y a de la tripe (j’aime la tripe).

Blues, rock. Jazz aussi.

 

 

Pour écouter Dont’Explain, rien qu’avec les oreilles

http://www.deezer.com/fr/music/beth-hart-joe-bonamassa

 

Maintenant avec des images pour ceux qui ont besoin de voir (j’en suis)

http://www.newsdurock.com/t5780-beth-hart-and-joe-bonamassa-don-t-explain-2011

 

Et pour les intellos qui ont besoin de baratin (faut bien s’instruire de qui et de quoi on a affaire)

http://www.paris-move.com/zik-dedicated.php?id=914

 

Repost 0
18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 09:53

 

Quitte à consommer, sommons-nous d’être moins cons demain qu’aujourd’hui.

 

Je recommande le premier livre aux Trissotins qui s’ignorent. J’ai beaucoup appris de moi.

Le second à ceux qui veulent s’ôter du verbiage sur le colonialisme.

Le troisième pour anticiper le sort qui nous pend au nez.

Le quatrième à l’attention de ceux qui pensent encore que la politique est un souffle.

Les 3 derniers à ceux qui entendent sortir des sentiers battus du roman convenu.

Le tout de belle langue.

Exergue

 

 

La sottise  Jerphagnon

http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-sottise-selon-lucien-jerphagnon_945499.html

 

L’indépendance dans la chair  Frantz Fanon

http://www.telerama.fr/livre/frantz-fanon-l-independance-dans-la-chair,75641.php

Complétez votre collection !

La grande exclusion Catherine Malabou et Xavier Emmanuelli

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20111001trib000654023/la-lutte-contre-la-grande-exclusion-ep1.html

http://questionspsy.leforum.eu/t3234-RADIO-LIVRE-LA-GRANDE-EXCLUSION.htm

 

Rallumer tous les soleils Jean Jaures

http://www.larecherchedubonheur.com/article-3241087.html

 

Le conte de la pensée dernière Edgar Hilsenrath

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Conte_de_la_Pens%C3%A9e_Derni%C3%A8re

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-le-conte-de-la-pensee-derniere-d-edgar-hilsenrath-54886344.html

 

Métamorphoses d’un mariage Sandor Marai

http://www.estampilles.com/sandor-marai-metamorphoses-dun-mariage.html

 

Ecrire la vie Annie Ernaux

http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/annie-ernaux-ecrire-la-vie.html

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche