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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 08:25

Le projet de pharaon nécessitera beaucoup d’eau. Beaucoup.

3 000 000 de touristes qui tirent la chasse d’eau, même si quelques uns se retiennent ou utilisent l’abri du cep voisin comme toilettes sèches - ce qui a l’avantage de fumer la vigne en bio et de parfumer l’AOP - ce n’est pas une paille. A raison de 9 litres - cas de vespasiennes et autres commodités économes -, ça fait pas mal ! Sans compter les douches, les machines à laver la vaisselle, le linge …. sans compter 2 hôtels à alimenter, un golf (peut-être 2) à asperger, deux aqua-centers à remplir, de la verdure à arroser, un village de vacances de 500 logements à pourvoir de ce bien que l’on sait si précieux,…

Oui ! Toutes des choses sont gourmandes en eau.

L’eau est si rare ici qu’il arrive, en été, qu’il est interdit d’arroser le jardin, quelquefois même elle est ‘coupée’ à la consommation ménagère. L’eau fait tant défaut que l’arrosage de la vigne est soumis à autorisation car, selon le jargon officiel, cette ‘ressource n’est pas sécurisée’ (en clair : n’est pas assez abondante pour que nous soyons assurés qu’elle puisse être toujours fournie) et la commune de Capendu, située en amont du projet du fleuve, est concernée par la zone de répartition des eaux (ZRE) (en clair : comme il n’y a pas assez d’eau il faut en répartir la distribution entre les uns et les autres des villages, et en amont et en aval). Cette situation, soulignons le, vaut aujourd’hui, au moment où le projet de pharaon n’est encore sorti du sol. Qu’en sera-t-il demain ?

Où prendra-t-on l’eau, alors ?

Nous sommes dans un des rares coins du département où elle est absente en sous-sol. Point de nappes phréatiques ici - parole de puisatier moderne qui dit, si vous l’interrogez comme je l’ai fait, la faisabilité de forer avec succès ou non car il a la connaissance de la structure du sol et de l’organisation des couches géologiques.

Non loin, il y a le fleuve Aude, talentueux en hiver, cependant que l’été il autorise qu’on le traverse en maints endroits à pieds nus. Demandera-t-on aux touristes de différer leur visite à la saison froide et venteuse, cependant pas toujours pluvieuse ?

Il faudra donc importer l’eau d’un lieu lointain dont nul n’a parlé comme s’il n’était pas là une contrainte réelle. D’où viendra-t-elle ? Il faut répéter la question. Nul ne sait. Mais il faudra de l’eau. C’est sûr.

Tout roule sur le papier, mais l’eau ne coule pas ici.

Faut-il rappeler que la sècheresse, cette année encore, a frappé durement la vigne au point que la production en a été gravement affectée. Faut-il dire que des études indiquent qu’il va y avoir un déplacement des zones viticoles vers le nord le climat devenant de plus en plus chaud et sec ? Faut-il ajouter que l’eau n’est pas une ressource inépuisable ?

Et si nous savons que l’eau à la consommation de la commune de Douzens est puisée pour une part au fleuve Aude en son passage sur la commune de Capendu, devrons nous souffrir de moins d’eau encore du fait de Catharland. A moins que la commune envisage, quittant la régie municipale, s’accoquinant avec le parc d’attractions, de s’en remettre aux serres d’une quelconque compagnie des eaux qui facturera l’eau à un prix…. je ne vous dis que ça !

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