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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 05:29

 

La pire des choses serait de ne pas être démocrate. Aussi tout le monde l’est. Ainsi va le monde, et dans le monde chacun de nous tous, satisfait de cette revendication comme si c’était vertu que d’être démocrate sans en avoir dit davantage.

Le label auto-décerné, on n’en discute pas le port, sinon au risque en retour de voir le sien disputé et contesté. Ce qui n’est pas de bonne manière entre démocrates, individus à la façon polie et policée.

Etre démocrate c’est prendre l’accent qui sonne bien. Mais qu’est-ce que l’accent qui sonne bien ? Chacun ayant sa préférence musicale, l’oreille éduquée à ceci ou à cela, ou plutôt à ceci qu’à cela.

Alors pour préciser, chacun apporte sa touche, orne le démocrate qu’il est du qualificatif qui lui sied. Celui-ci sera démocrate libéral, tel autre démocrate populaire,…Ainsi fleurissent autant de démocrates que d’adjectifs fourbis, et se déclinent au tout venant autant de démocraties. Ceci sans jamais, quelles que soient directions et options prises par les démocrates et les démocraties, renier le peuple dont les mots démocrate et démocratie sont chargés étymologiquement. Dès lors, le démocrate se déclare du peuple, dit porter sa volonté accouchée par ses soins.

 

Mais qu’est-ce que le peuple ?

 

La Grèce était composée de citoyens. Tous grecs, faut-il le remarquer. A côté, il y avait métèques et esclaves, les uns occupés aux commerces, les autres aux travaux. Tous habitants de la Grèce. Si ces 2 dernières catégories étaient acteurs de l’économie grecque, ils n’étaient que cela, rien de plus. Le peuple grec se réduisait ainsi à 80000 citoyens, tandis qu’œuvraient à sa prospérité 120000 métèques et quelques 300000 esclaves. Du temps dégagé par les « autres », du nombre restreint d’individus-citoyens, de l’organisation en cités plus qu’en pays, la politique se faisait sur l’agora en prise directe et sans besoin d’être représenté, il suffisait d’user de sa disponibilité.

Il est d’autres réductions du peuple à une partie de celui-ci ainsi que l’exprime le suffrage censitaire. Dans ce cas, il est accordé  à quelques uns, au prétexte qu’ils courent quelques risques de fortune ainsi qu’en témoigne le fait qu’ils sont seuls à pouvoir payer le cens (l’impôt), d’être seuls habilités à la direction des affaires, même s’il n’est pas contesté au peuple, dépourvu de pouvoir contribuer, l’appellation et l’appartenance.

Réduction toujours, lorsque en Algérie, alors française, il était 2 chambres de députés, l’une dite haute, l’autre basse, la première réservée aux colons, l’autres aux maghrébins (de souche, oserais-je dire), cependant réputés français au point de fournir bataillons, la première à la gouvernance, la seconde à l’émission d’observations accessoires.

Mais il arrive qu’on ait l’ambition de voir le peuple tout entier gouverner, un peuple défini comme une totalité sans aspérités séparables. Alors, dans un excès de zèle, sont rognées les ailes de son expression démocrate ainsi qu’il a été pratiqué dans les démocraties populaires fondées sur le parti unique seul en charge de le représenter et non sur la pluralité des expressions. Mais pas seulement, il arrive aussi que dans les démocraties libérales le peuple convoqué et n’ayant pas répondu ainsi qu’il était souhaité, on se passe de lui et on le démette (TCE).

Ainsi peut-on continuer à échantillonner le démocrate (et son activité : la démocratie), sans rien en dire vraiment et nous mettre d’accord sur qui il est, si ce n’est qu’il est, et qu’il serait mal venu de ne pas l’être et de le faire savoir.

La démocratie mise en service par le démocrate ne semble avoir d’autre statut que celui d’une auberge espagnole ou chacun y trouve ce qu’il apporte sans avoir à manger le même plat.

 

Au fil de ce qui précède apparaissent des éléments non dépourvus d’importance.

S’il est désormais admis que c’est le peuple entièrement qui doit être représenté, qu’on ne peut décemment le réduire à une de ses parties, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas nécessairement représenté, et ceci pour diverses raisons.

En droit, quelque soit son rang, sa fortune, son appartenance de classe,… chacun peut prétendre à la représentation. En réalité (et malgré le financement -en France- des partis politiques et quelques garanties formelles), il est plus difficile à certains de prétendre à la représentation politique car il faut, pour ce faire, disposer de  moyens financiers ou y avoir accès. Il faut être « oisif », être prêt à ne pas retrouver son travail en cas d’échec ou de remerciements. Il faut y avoir été porté par son milieu d’origine, son éducation, plus favorable ici que là à pareille entreprise. Ainsi mille vicissitudes qui font que la représentation politique n’est pas à l’image des catégories sociales du pays et en conséquence ne peut s’attacher à la défense des intérêts du plus grand nombre, à la prise en compte des aspirations populaires. Il n’y a guère d’ouvriers au sein de la représentation parlementaire, encore moins au gouvernement.

Ainsi, par glissement, le peuple n’est toujours pas pris en compte dans sa totalité, cela se fait au détriment d’une authentique démocratie qui ferait sa place à chacun.

Pareillement les institutions. Il n’est de véritable démocratie que celle qui n’use pas de procédure pour démettre le peuple, ce dernier s’étant exprimé, de sa volonté. Cela s’est vu lors de la révision constitutionnelle autorisant les représentants et le gouvernement du peuple, tous deux élus par lui, à user de moyens « légaux » en droit, et non en éthique, pour annuler la décision majoritaire du peuple (Je n’arrive pas à avaler cette forfaiture). La démocratie requiert une certaine honnêteté, d’autres diront une évidente vertu.

 

La démocratie enfin ne s’exerce pas seulement dans le champ politique. Elle se fait valoir dans le champ social. Et c’est dans la confrontation et l’équilibre des 2 qu’elle doit se mouvoir au quotidien et trouver son sens au bénéfice de tous. (voir ce qu’il en a été du traitement de la réforme régressive des retraites).

On ne saurait, naturellement, considérer la démocratie sans une presse libre qui la nourrit. Pas plus que sans une justice indépendante. Pas plus que sans la séparation des pouvoirs. Ou encore sans le rejet de la présidentialisation qui conduit à retourner à un régime  monarchique, désormais électif.

 

Ecoutons maintenant ce que disait Cornelius Castoriadis concernant la démocratie : « J’ai toujours pensé que la démocratie représentative n’est pas une vraie démocratie. Ses représentants ne représentent que très peu de gens qui les élisent. D’abord, ils se représentent eux-mêmes, ou représentent des intérêts particuliers, les lobbies, etc. Et, même si cela n’était pas le cas, dire quelqu’un va me représenter pendant 5 ans de façon irrévocable, cela veut dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple. Rousseau le disait déjà : les anglais croient qu’ils sont libres parce qu’ils élisent des représentants tous les 5 ans mais ils ne sont libres qu’1 jour tous les 5 ans : le jour de l’élection….Et même cela n’est pas vrai, l’élection est pipée…Personne n’a demandé au peuple sur quoi il veut voter. On lui dit : Votez pour ou contre Maastricht, par exemple. Mais qui a fait Maastricht ?.. Pourquoi les citoyens ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner. Elle vise à les convaincre qu’il y a des experts auxquels il faut confier les affaires. Il y a donc une contre éducation politique. Alors que les gens devraient s’exercer à toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à prendre des options que d’autres leurs présentent ou à voter pour elles. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat, c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques, dans une sorte d’apathie politique ».*

*Post-scriptum sur l’insignifiance. Castoriadis. L’Aube Poche essai.

Ce que résumait ainsi le slogan de mai 68 : « Elections, piège à cons ».

 

Il est un terme qui n’a pas été utilisé jusqu’ici, celui de République. Celui qui fait vivre véritablement l’usage de la démocratie et donne son sens à l’activité de l’individu démocrate.

Dans un renversement, démocratique qualifie la République. République, mot auquel il convient d’ajouter, sans atermoyer, cet autre qualificatif : sociale, sans lequel son ambition ne serait pas complète.  

Ainsi la république, avec ses 2 piliers, démocratique et sociale, font un peuple libre, unit dans la coopération et non divisé dans la compétition, un groupe d’humains conscients d’un projet commun à bâtir et à conduire ensemble, dans lequel chacun trouve le bénéfice du progrès et du bien vivre ensemble.

Dans la république (la res-publique, la chose publique) démocratique et sociale, la solidarité et la fraternité s’affirment, les services publics se développent au service de tous sans distinction entre les individus, à contribution proportionnelle des moyens de chacun.

 

La démocratie est une exigence. Une exigence insuffisante. C’est un mot creux qu’il faut définir et qui, faute de le faire, est abusé à bon compte car, laissé aux vents des humeurs égoïstes, il est une béance porteuse du meilleur, le plus souvent du pire.

Autant la démocratie est une girouette et peut se passer de la République, autant la République ne peut se passer de la démocratie.

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 14:35

 

L’article « Sommes nous toujours en démocratie ? » évoquait la création de la procédure de révocation (de l’élu) d’initiative populaire.

 

La Constitution de la 5ième république et ses modifications ont installé un régime présidentiel à de nombreux égards plus fort que celui des Etats-Unis, ce dernier étant  le souvent muselé par le Congrès. Un régime dans lequel il est impossible d’escompter l’existence d’une opposition depuis la réforme du quinquennat, œuvre fameuse du gouvernement socialiste Jospin, qui a cette particularité néfaste de faire se dérouler élections législatives et présidentielles concomitamment ce qui a pour effet de conduire tout naturellement à une assemblée plus godillot que jamais.

Ce n’est pas du Sénat, assemblée de notables, qu’il faut attendre une opposition puisqu’en dernier ressort la décision législative revient au Parlement. Pas plus qu’il ne faut espérer des médias qui sont, pour l’essentiel, aux mains de financiers résolument tournés contre le peuple. Pas plus encore qu’on ne peut compter sur les syndicats ouvriers qui ne peuvent guère tant ils sont dévalorisés, que leur pouvoir de résistance et leur crédibilité sont largement entamés du fait de la politique « réformatrice » que certains d’entre eux ont mené. Quant aux corps constitués et assimilés du type Csa, Cnil, Halde, Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat,… ils sont tellement phagocytés, malmenés, torpillés par le gouvernement Sarkozy qu’ils sont représentation formelle et efficience apparente.

La séparation des pouvoirs n’est plus qu’hypothèse d’école, le Président de la République pouvant désormais prononcer un discours non contradictoire devant les Assemblées législatives.

Si on ajoute que le gouvernement a l’initiative des lois, dispose de l’ordre du jour des assemblées, que le pouvoir réglementaire est une manière de légiférer largement utilisée et cédée constitutionnellement à l’exécutif, que le Parlement peut se dessaisir à la demande du gouvernement pour un temps donné de l’action législative, que l’article 49/3 permet de forcer la décision législative,….. force est se demander ce qui reste à défaire pour mettre le peuple irrémédiablement à genoux.   

Naturellement on attendrait du Ps, puisqu’il se prétend de gauche, qu’il mène bataille efficace contre la présidentialisation du régime. Il n’y a, à la vérité, rien à attendre de lui car ce qui profite aujourd’hui à la droite sera à son avantage demain dans le cadre espéré (par lui) de l’alternance à laquelle impérativement nous devons mettre un terme.       

En conséquence le peuple ne peut espérer que de lui-même s’il ne veut pas être définitivement dessaisi d’une souveraineté dont il lui reste si peu. Par l’usage de la saisine d’initiative populaire il peut contraindre à une réforme constitutionnelle, saisine qui risque fort de passer à la trappe avec l’actuel gouvernement qui n’a de cesse de liquider cette souveraineté comme il en a fait la monstration lors de la réforme constitutionnelle qui a permis au « non » à l’Europe d’être invalidé.

Il convient donc dans l’intérêt du peuple de contrebalancer un pouvoir exécutif omnipuissant. C’est l’objet de la possibilité de révocation qui permettrait de démettre l’élu (et notamment le Président de la République) de son mandat.

Naturellement, il est inutile d’évoquer l’existence de la Haute Cour car elle statue sur des sujets restreints et dont sa mise en œuvre est des plus exceptionnelle, Haute Cour par ailleurs composée de pairs du « justiciable » peu prédisposés à tailler dans le vif. 

La procédure de révocation ne peut être confondue avec la procédure d’impeachment qui est de tout autre nature. Mais parlant de cette dernière, là encore, à la lumière d’affaires qui agitent (ou ont agité) la sphère politique, on est en droit de se demander si cette procédure d’impeachment propre aux Usa ne devrait pas elle aussi faire son apparition en France.

 

Renforcer le pouvoir du peuple c’est lui permettre de mettre en oeuvre sa capacité directe d’action en lui donnant l’initiative du pouvoir de révocation. Cela est possible par la procédure de la saisine. Elle permet au peuple dans certaines conditions d’exiger une réforme constitutionnelle. Pourquoi dès lors ne pas aller dans ce sens au lieu de laisser toujours la souveraineté populaire s’amoindrir tandis que tout est entrepris pour renforcer le pouvoir exécutif.

 

Enfin, d’ores et déjà, rien n’empêche les partis qui prétendre représenter le peuple d’inscrire dans leur programme que, lors de leur accession au pouvoir, ils procéderont à cette révision constitutionnelle mettant en place la procédure de révocation et, tant qu’on y est, celle de l’impeachment.

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 09:33

 

Nous accordons nous pareillement sur la signification de la démocratie tant il est vrai qu’il en est qui, se déclarant démocrates, refusent la prise en compte de l’expression du mode majoritaire dès lors qu’ils ne sont pas d’accord avec cette dernière. Ils augurent ainsi qu’ils sont la démocratie à eux seuls. S’ils ont raison, s’ils sont la réflexion, puis la pensée, de tous incarnée en leur être unique, faisons l’économie du débat, demandons leur la route à emprunter et suivons là.

Ces mêmes,  de manière étonnante, ne souscrivant pas aux décisions communes, s’interrogent à haute voix afin d’être ouïs : « Vais-je continuer à débattre si on n’acquiesce pas à mon souhait ? », ce qu’il faut bien entendre comme un chantage car pour ne point les laisser nous quitter il conviendrait de s'asservir à leur jugement.        

Jusqu’ici, je l’avoue, j’imaginais naïvement que l’usage, tout autant que la raison, contraignait celui qui se voulait démocrate à observer cette règle qui consiste à être solidaire de la conclusion commune, cela même s’il ne partage pas le point de vue majoritaire. Et bien, non ! Il n’en est plus ainsi.   

J’écris cette réflexion aujourd’hui, alors que je ne l’aurais pas écrite quelques années auparavant. Les temps changent !

A mon tour, je m’interroge.

Cette manière d’être démocrate, fort saxonne, fait écho au propos de Margaret Thatcher : « La société n’existe pas. Il y a seulement des hommes, des femmes et des familles ». Parlons clair : des individus, et seulement eux. Effectivement, il existe la démocratie libérale qui n’est point celle de la gauche et de la tradition française dans lesquelles l’individu s’il est libre ne l’est pas dans le cadre concurrentiel qui écrase l’autre mais dans celui de la coopération et du contrat auquel on consent, c'est dire que les libertés individuelles s’autolimitent, se tolèrent, afin de donner à chacun d’exercer la sienne et de la faire valoir, tel est son droit, s’il le peut, dans le vœu terminal du groupe.

La pensée démocrate française s’épuise sous les coups de boutoir de la pensée libérale qui arrive à contaminer des personnes se réclamant de la gauche, à moins que celles-ci ne craignent, peut-être, le centralisme démocratique dont plus personne ne veut.

Il n’est point pour un démocrate de tradition française de faire passer l’individu avant la société ou de l’assujettir à celle-ci, il n’est pas non plus de contraindre ce même individu à mettre la main sur la couture du pantalon et d’obéir, mais il est de l’appeler pleinement à être un parmi d’autres et à accepter qu’il est une raison tout aussi importante que la sienne : celle du groupe dans lequel il prétend vouloir vivre, ceci dès lors qu’il ne lui est pas demandé de satisfaire à une indignité. C’est en ce sens que la démocratie à la française existe et donne corps et sens à la République qui est l’administration en commun du bien commun ; pour combien de temps encore si chacun tend à se soustraire à la volonté collégiale pour exiger de façon intransigeante la prise en compte du point de vue individuel ?   

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 14:07

 

Ecrire - et la proposition d’écriture - est à certains égards un acte considérable. Plus considérable que faire part, dans des discussions, d’une réflexion le plus souvent spontanée.

Ceci ne signifie nullement qu’il convient d’écrire pour conduire efficacement une réflexion, cependant écrire a cet avantage qu’on se confronte à soi-même, qu’on ajuste sa pensée, qu’on s’essaye à la cohérence. Il y a là, dans cette manière, une exigence dont la réflexion trouve l’incontestable bénéfice.

 

Lorsqu’on donne en lecture, on sait qu’on sera jugé. L’offre faite on se trouve irrémédiablement exposé. La parole, telle une vapeur, se dissipe et ne fait guère trace. En ce sens, elle témoigne parcimonieusement.

Ecrire suppose de se faire violence. Violence pour tenter de présenter un texte élaboré qui tend à proposer le meilleur de soi. Violence parce qu’on court le risque de s’exposer et, de l’empreinte laissée, qu’il soit possible à quelqu’un, à n’importe quel moment, de revenir sur le dit écrit. Mais tout compte fait on y gagne. D’abord pour soi, car on y progresse en compréhension plus largement que par l’absence d’effort. Puis pour les autres, car on a participé à l’élaboration du sort commun à venir.    

 

Mais surtout, l’écriture du plus grand nombre a cette vertu de ne pas laisser aux spécialistes de la pensée de nous donner à régurgiter. Elle fait vivre la démocratie par l’échange et la confrontation du multiple. En cela écrire et la publication d’écriture permettent de contenir le pouvoir des leaders, de tous ceux qui font profession de nous éclairer et, au final, finissent par avoir le désir de nous conduire.

L’écrit, n’est pas l’exclusivité de quelques uns, qu’ils soient hommes politiques, économistes, journalistes, philosophes,…, pas plus que la réflexion ne leur appartient. Et si l’un et l’autre le sont, il faut s’employer à y mettre un terme.

Une idée nous traverse, faisons en notre réflexion. Portons là à l’entendement de l’autre. Il la lira. Servira-t-elle ? Sûrement ! Si ce n’est aujourd’hui, demain. Construire est la prise en compte de la patience.

 

Si nous sommes responsables de ce nous écrivons, nous le sommes tout autant de ce que nous n’avons pas écrit, et transmis, alors que nous aurions pu le faire. Il n’est pas de pudibonderie à avoir. La démocratie se perd dans cette niaiserie.

Aussi faut-il concevoir écrire comme un acte citoyen.   

 

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 18:41

 

 

C’est en lisant  le roman de Flore Vasseur « Comment j’ai liquidé le monde » que je prends connaissance de l’existence du Groupe Bilderberg.  

D’abord, je m’interroge. Ce groupe est-il l’invention de la romancière, un artifice ?

Non ! Le Groupe Bilderberg existe bien. Internet est une source de renseignements non négligeable dont je profite.

Pour résumer, le groupe Bilderberg existe depuis 1954. Il est qualifié de gouvernement occulte du monde. Quelques 130 personnes se réunissent une fois l’an en un lieu tenu secret  pour discuter à huis clos, librement, de manière informelle, des affaires du monde. Participent des invités : chefs d’Etat, journalistes,…. La règle : ne pas divulguer les sujets abordés et le contenu des discussions.

Le Groupe Bildelberg, ce sont des financiers, des patrons d’entreprises, …le gratin de la finance et de l’économie mondiale et occidentale. Naturellement d’obédience libérale, pour ne pas dire plus.

 

L’existence du  Groupe Bildelberg pose le problème de la vie et de la survie de la démocratie.

des personnalités politiques invitées (dont des chefs d’Etats) sont vassalisées à la finance et  l’économie alors qu’on s’attendrait à ce que ce soit le contraire.

les moyens de leviers dont disposent les intervenants, qui ne représentent que leurs intérêts, sont non négligeables. En comparaison les manifestations citoyennes, les élections, apparaissent dérisoires et ressemblent bien à des jouets qui sont laissés aux peuples afin de les laisser continuer à penser qu’ils sont libres et maîtrisent leur avenir.

l’objet d’un tel groupe est de réfléchir à ce qui est bon pour le monde et d’infléchir la politique mondiale dans le sens qui lui paraît convenable. Ses membres ne sont pas élus et qu’ils se cooptent, ce qui est loin d’être démocratique.

on pourrait penser que les institutions internationales démocratiques (Fmi, Banque mondiale, sommets en tous genres,…), même si on peut les contester, sont suffisantes et légitimes pour s’occuper les affaires du monde.  Et bien non !    

       

Il faut avouer qu’il y a de quoi s’interroger.

Sommes-nous toujours en démocratie ? Ou est-ce ne illusion ?

Le groupe Bildelberg n’est-il pas un groupe dangereux pour la démocratie ? Une secte ? Et si oui, quel sort lui faire ? Que pouvons nos faire ?

 

A méditer : 

    

"Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s'accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s'est produit en réalité."

Nicholas Murray Butler

Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)

 

"Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire."

David Rockefeller

Interview dans Newseek en février 1999

 

"Aujourd'hui, l'Amérique serait outrée si les troupes des Nations Unies entraient dans Los Angeles pour restaurer l'ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s'il leur était dit qu'un danger extérieur, qu'il soit réel ou promulgué, menace leur existence. C'est alors que les peuples du monde demanderont à être délivrés de ce mal. L'unique chose que tous les hommes craignent est l'inconnu. Confrontés à ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés au profit de la garantie de leur bien-être assuré par le gouvernement mondial."

Henry Kissinger

Membre du Groupe de Bilderberg, de la Commission Trilatérale et du CFR

 

"Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquête ou par consentement."

Paul Warburg

Grand banqier, premier président du CFR en 1920.

 

"Nous sommes à la veille d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial."

David Rockefeller

 

"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par l'incrédulité publique."

Marshall McLuhan

Auteur et chercheur canadien (1911-1980)

 

"Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d'autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l'exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés.

"David Rockefeller

Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Président du CFR (, Council on Foreign Relations).
Propos tenus à la rénion du Groupe de Bilderberg à Baden Baden en 1991

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Bilderberg

http://www.syti.net/Organisations/Bilderberg.html

http://www.syti.net/Organisations.html

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 07:08

Le Président de la République a été élu sur un programme, c’est lui qui est appliqué contre vents et marées. Telle est la justification permanente de la politique gouvernementale.

Bien entendu nul citoyen ne peut reprocher à un élu de vouloir faire exister le programme pour lequel il a été élu, sinon gouverner se ferait au vent de l’opinion dont le défaut majeur est d’être de l’ordre de l’humeur.

Pour autant,  le contre vents et marées, dont on mesure chaque jour la réalité donne à entendre que nous ne sommes plus en démocratie. Selon Rosanvallon nous serions en démocratie souveraine*. Cette démocratie souveraine a un goût si particulier qu’il convient de ne pas s’en accommoder et de lui trouver  l’appellation adéquate.  

La duplicité du gouvernement c’est qu’il feint de méconnaître que s’il existe la démocratie politique, il existe tout autant la démocratie sociale et bien d’autres formes de pouvoirs et de contre-pouvoirs auxquels une démocratie de plein exercice ne peut se soustraire sous peine d’être vide de sens.

Certes, le peuple vote lors d’un scrutin politique et donne légitimité pour gouverner à celui (ceux) qu’il choisit. Mais, ayant voté, il n’a pas pour autant perdu son droit inaliénable, celui de faire valoir son expression à n’importe quel moment, s’il le désire avant que soit organisé un autre scrutin politique. De ce point de vue, nos gouvernants oublient que le peuple n’est pas à leurs ordres mais bien le contraire : ce sont eux qui sont à ses ordres.

La démocratie sociale, tout aussi légitime et reconnue que la démocratie politique, est incarnée par les syndicats, mais encore par les grèves et les manifestations de toutes sortes qui, elles, n’ont pas nécessairement besoin d’être encadrées par des organisations répertoriées. 

La démocratie politique ne dessèche pas la démocratie. Elle est un des volets de la démocratie, pas le seul.

Ainsi donc si le gouvernement ne souhaite pas entendre la parole populaire, s’il tord le cou à sa convenance à l’expression populaire (comme cela a été pour le TCE), c’est que son intention est d’accaparer le pouvoir à des fins particulières et partisanes. Pour mettre un terme à une telle pratique, il serait souhaitable de procéder à une révision constitutionnelle afin qu’existe une procédure de révocation (de l’élu) d’initiative populaire.

 

Si nous ne sommes plus en démocratie, alors où sommes nous ?

Il faut bien répondre à la question.

Le type de gouvernance dit de démocratie souveraine est séduisant mais inconvenant, aussi peu convenable qu’était la démocratie populaire. Il fait place à la démocratie alors qu’elle n’existe pas. Car la démocratie est ou n’est pas. On ne transige pas dessus.

Nous sommes dans une dérive vers le pouvoir personnel qui rappelle davantage le bonapartisme ou le césarisme. Pour reprendre des propos de Roger-Gérard Schwartzenberg dans son livre « Sociologie politique » : « Une seule personne contrôle ou concentre tous les pouvoirs, tous les attributs de la souveraineté. Elle maîtrise la totalité des rouages de l’appareil d’Etat………. C’est le problème, bien connu, de la confusion des pouvoirs. C’est la tyrannie antique,…..c’est la dictature contemporaine ».

Nous ne sommes pas encore en dictature. Mais cela vient. Progressivement. Doucement.

Peu à peu les libertés individuelles et collectives s’amenuisent. L’état démocratique, normalement garant de les faire vivre, organise la répression en promulguant des lois restrictives. Les droits et les protections sociales dont profitent les plus démunis se réduisent jusqu’à leur disparition prochaine. Les acquis (retraites par répartition, sécurité sociale, droit de grève,…) sont liquidés.

Ceci, bien entendu, n’est pas sans profiter à quelques uns car la dictature, si elle est goût du pouvoir personnel, est au service d’une nomenklatura politique et économique, d’une caste, au détriment du peuple ravalé au rang  de groupe à exploiter qui n’a de réalité reconnue que dans cette seule mesure.

La dictature moderne à cette particularité : elle se met en place démocratiquement. Sans coup d’état. Insidieusement. A dose homéopathique. Elle s’installe quasiment avec l’assentiment d’une partie du peuple abusé par des présentations mensongères de la  réalité. Il faut encore ajouter qu’elle est une idéologie, qui ne se présente pas ainsi, qui, à l’heure de la mondialisation, s’étend à toute la planète avec d’autant plus de facilité que les Etats sont réduits  à  n’être que des coquilles vides.  

 

* Voir dans la rubrique document Démocratie souveraine ou démocratie

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 11:22

 

Le peuple s’exprime par le vote et exerce de la sorte sa souveraineté.

C’est ainsi qu’il fait le choix (lorsque celui proposé est approprié à ses aspirations), en votant pour tel ou tel, de la politique qu’il compte voir mettre en œuvre. En l’absence de propositions conformes à ses vœux, il s’abstient. Ce qui est aussi faire un choix : celui du refus, celui du rejet de l’offre politique.

Le peuple s’abstient également de voter lorsqu’il fait le constat que sa décision n’est pas retenue et que ses délégués passent outre sa volonté sortie des urnes ; il en a été ainsi lors des élections européennes.

L’abstention, à défaut de voir les bulletins « blancs » comptabilisés dans les exprimés est la révolte pacifique du peuple, la défiance vis-à-vis  de ses représentants.

En ne prenant pas en compte l’abstention, les bulletins blancs, rayés ou nuls, les élus se privent de la légitimité que leur accorde le peuple ; car ce n’est qu’un accord. 

La démocratie ne peut se satisfaire de l’existence d’une forte abstention. La démocratie ne peut admettre que la majorité du corps électoral n’éprouve plus d’intérêt à aller voter, se détourne de cette conquête, chèrement acquise, qu’est le droit de vote.

Il n’y a pas à attendre de réforme de la part des grands partis, ou plutôt des hommes qui dirigent les partis. Les partis, qui sont des outils utiles à la démocratie, ne sont pas mauvais, ce sont ceux qui sont à leur tête qui le sont. A ces derniers, la démocratie importe peu, sinon à l’occasion pour faire des effets de manche, s’attirer le temps d’une élection les faveurs. La situation leur convient. Ils sont élus, cela leur suffit. Ils ne sont pas en politique pour servir mais pour se servir, pour faire carrière, à telle enseigne que ce ne sont plus des idées dont il est débattu mais des hommes à qui la gouvernance va être confiée. Quand le projet se résume au tout-à l’égo* la démocratie est tombée au degré zéro du choix politique. Mais ceci est un autre débat.

Pour redonner au peuple son pouvoir de choix et de décision, il faut une réforme pour que les abstentionnistes « politiques » soient pris en considération ainsi que les votes blancs ou nuls jusqu’ici jamais comptabilisés. Une réforme telle que si le « parti des blancs » est majoritaire le scrutin soit derechef invalidé.

Pour ma part, je ne suis pas partisan du vote obligatoire, il y va de la liberté individuelle, mais il s’agit de réduire l’abstention aux seuls « pêcheurs à la ligne » qui refusent d’assumer leur droit et leur devoir de citoyen et qui, partant, se privent de leur expression critique.

Je ne suis pas partisan du vote en semaine (sur le temps de travail), l’acte citoyen qu’est le droit de vote vaut bien qu’on sacrifie un peu du temps privé, qu’on paie de sa personne.

Je suis partisan du fait que les exprimés doivent faire apparaître tous ceux qui se sont déplacés pour donner leur opinion, pour faire en sorte que cette opinion compte.

Les bulletins « blancs » font valoir la réprobation des citoyens sur les propositions faites par les partis qui se présentent. Ils disent : « Revoyez votre copie ». Cela aura l’avantage d’obliger les partis non seulement à faire des propositions réelles et convaincantes (au lieu de mettre en avant des hommes-projets) mais surtout de contraindre à tenir compte des souhaits du peuple.

Le problème alors est de fixer le seuil qui déclenche l’invalidation par les exprimés « blancs ».

Déjà, sans grand risque, avec un taux d’abstention de plus de 50% concernant les régionales, on peut dire qu’elles sont à rejouer. Elles ne le seraient pas si les partis, avec cette épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête, avaient pris la précaution de savoir avec plus de pertinence les attentes du peuple ou lieu d’en faire fi.

Autrement le seuil pourrait être que les « blancs » ne pourraient pas figurer en 1ier et 2ième position. Ou que sais-je encore. N’étant pas expert en la matière, des esprits plus avisés que moi peuvent se pencher sur le seuil de déclenchement de l’invalidation. Ceci rapidement pour qu’aux élections prochaines il en soit terminé avec cette plaie purulente pour la démocratie qu’est le refus de vote.

Pour contraindre les hommes politiques à la réforme, le peuple a à disposition la saisine, la votation citoyenne,….mais lui seul peut agir car il n’a rien à attendre des élus. S’il ne le fait pas, le peuple sera responsable de son sort.

Une chose est certaine c’est qu’on ne peut en rester en l’état. Ce doit être notre prochain combat.

 

* expression employée dans le livre de Régis Debray : L’obscénité démocratique.

 

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 11:08

 

Comment faire entendre sa voix lorsque le refuge significatif de l’abstention n’est pas considéré ? Lorsque les citoyens qui se sont déplacés pour voter blanc ou nul ne sont pas comptabilisés dans les exprimés ?

Peut-on admettre, raisonnablement et moralement, lorsqu’on a le souci de la démocratie, que plus de 50% du corps électoral se retrouve dans l’impossibilité de faire valoir sa voix et donc son droit ?

Quelle validité a un scrutin dans lequel l’électeur est contraint, aux diverses raisons, de se détourner des urnes ?

L’élu peut-il tenir l’argument d’avoir obtenu la majorité lorsque celle-ci est calculée sur un corps électoral réduit et qui ne fait plus sens démocratique ?

Etc.etc.…

L’homme politique souvent si prompt à fustiger, à inviter tout un chacun à l’exercice de la citoyenneté ne devrait-il pas se pencher sur ce problème pour proposer une solution tendant à faire en sorte que l’expression démocratique soit la plus grande possible ?

Au soir d’un vote, sur le plateau de télévision, les stars politiques du jour tiennent posture : ils s’émeuvent. Mais que font-elles pour porter remède à la situation ? Ne serait-ce pas leur premier devoir que d’agir pour réduire l’abstention ?

Mais non ! On entend : « Nous avons obtenu la majorité ». Mais la majorité calculée sur 50%  des électeurs reconnus comme s’étant exprimés ce n’est que 25% des citoyens. Autant dire une minorité. Curieuse assise de la démocratie !  

C’est ainsi que nous sommes gouvernés. Que nous acceptons d’être gouvernés.

 

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