Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 09:47

Editions : Enquêtes de Perspectives

Ce n’est pas un roman, mais cela se lit (presque) comme un roman. Un roman historique qui traiterait celle-ci du point de vue économique. Un roman de géopolitique. Le roman des USA, celui du capitalisme et du néo-libéralisme.

Quelques 350 pages qui se lisent bien, qu’on ne quitte pas, ou juste le temps de vaquer au nécessaire quotidien.

Yanis Varoufakis, pédagogue, a cet art qui consiste à exposer clairement un contenu qui ne nous est guère familier, réputé rébarbatif ; et qui fait en cela de l’éducation populaire puisqu’il entend mettre à la portée de tous la connaissance utile à la compréhension de la marche du monde.

Romaric Godin*, journaliste économique à la Tribune de Genève écrit : « Pénétrant, percutant, à lire d’urgence ».

De quoi s’agit-il ?

Du déroulé de l’histoire économique et financière mondiale qui part du krach de 1929 à nos jours en passant par les accords de Bretton Woods de 1944, à 1971 où l’étalon or est abandonné à l’initiative de Nixon, ceci pour arriver à la dernière crise de 2008, étant entendu qu’il y a entre tous ces évènements une continuité logique.

Tentative de résumé.

Afin que la crise de 1929 ne se reproduise pas, durant 13 ans, ont lieu à Bretton Woods des négociations pour encadrer le commerce international et la finance. Keynes propose la création d’une monnaie internationale dont tout le monde sait qu’elle est seule susceptible de donner efficacité aux règles communes et de prévenir un nouveau krach, monnaie qui sera refusée par les USA, ces derniers entendant assurer leur hégémonie mondiale en faisant du dollar la monnaie de référence appuyée sur une réserve d’or et de ce pays le lieu où affluent les capitaux.

Au sortir de la 2ième guerre mondiale, les USA craignent que leur développement lié à l’économie de guerre disparaisse, aussi vont-ils aider 2 zones (l’Europe et le Japon)* à se relever (plan Marshall) pour assurer leurs exportations. En se développant celles-ci vont dégager des excédents commerciaux financiers qui seront dirigés vers les USA, ce pays, du fait de sa position, les utilisant pour augmenter son développement intérieur et combler le double déficit de sa balance commerciale et de son budget.

En 1971, les USA sont en récession. De fait, ils exportent et achètent moins. Les pays qui envoyaient leurs excédents financiers à Wall-Street perdent confiance dans le dollar et demandent à être payés en or. Refus de Nixon qui décrète l’inconvertibilité du dollar en or et laisse les marchés financiers libres de faire ce qu’ils veulent. Il en est fini des accords de Bretton-Wood. Commence alors la financiarisation, Wall-Street (Le Minotaure) continue à recevoir les capitaux étrangers (excédents qui demandent à se placer) et imagine toutes sortes de montages financiers déconnectés de l’économie réelle dès lors qu’ils permettent de faire de l’argent. La machine ne manquera pas de s’emballer, ce que tout le monde sait ; mais tant qu’il est possible de faire de l’argent on laisse faire. Au diable le mur dans lequel on sait foncer ! C’est le temps de la mondialisation, des délocalisations pour rechercher les salaires les plus bas et faire des profits de plus en plus grands sans se préoccuper du sort des individus, c’est le temps de l’augmentation du chômage dans les pays développés et donc des montages financiers (titrisation) permettant à des individus non-solvables d’acheter pour faire tourner non l’économie réelle mais l’économie financière. C’est le temps des fusions-acquisitions. Le temps de la dérégulation tous azimuts. Celui du libéralisme débridé, on pense alors aux accords ALENA, GMT,…. C’est ainsi qu’on arrive à l’explosion du système en 2008.

Voilà pour les grandes lignes qui ne peuvent suffirent à dire tout le livre, aussi faut-il aller au détail que propose ce dernier.

Mais il est également question de diverses autres considérations, notamment sur la politique européenne en continuité de celle qui a précédé la crise de 2008, avec le risque quasi certain d’une désagrégation de l’Europe sous la houlette de l’Allemagne et la complicité timorée des autres pays européens. Comme il est question de l’avenir mondial….incertain.

****

*Les 2 zones : Europe et Japon.

Pour installer leur hégémonie, les USA ont besoin de 2 relais. Le Japon en charge d’ouvrir le marché asiatique, et l’Europe à la création de laquelle ils vont pousser. Pour ce faire ils vont s’opposer au démantèlement prévu des industries des pays vaincus (Allemagne et Japon) et, concernant l’Europe, ils vont choisir l’Allemagne comme pilier de la construction européenne dont ils savent le besoin d’espace vital et l’inimitié qui est la sienne pour l’URSS puis la Russie qui lui succède. Dans cette entreprise le Japon se heurtera à la Chine naissante de Mao et de ses successeurs, tandis que l’Allemagne prospèrera d’autant que la désagrégation de l’Europe de l’est viendra lui fournir de la main d’œuvre à bon marché nécessaire à son développement. On sait aujourd’hui ce qu’il en est de l’Europe, produit tant de la volonté des USA que du désir ancien des germains qui n’entendent pas qu’elle ne soit pas autre chose qu’allemande et en conformité avec le projet libéral.

****

*Romaric Godin : « De notre côté de l’Atlantique, la création de l’euro fut pour Bonn (puis Berlin) l’occasion rêvée de s’approprier un ‘Minotaure’ européen et de réduire, enfin, à sa merci, le grand rival français. La mort du Minotaure planétaire en 2008 marquera une des crises les plus dévastatrices qui se soit jamais abattue sur l’humanité.

Et les responsables politiques ont abdiqué au grand bénéfice de la ‘faillitocratie’, bradant leur pouvoir à vil prix face aux banques par qui le malheur était venu.

Pour sa part l’ersatz de Minotaure imaginé par l’Allemagne a fait long feu, rongé par les égoïsmes nationaux de ses ordonnateurs et l’ineptie de sa construction, mais non sans entraîner l’Europe vers l’abîme ni sans jeter des millions de nouveaux pauvres à la rue. L’issue n’est pas sans espoir ».

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche