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réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations

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Vendanges

 

Septembre. Le mois magnifique. Le temps idéal. La vendange saine aurait demandé d’attendre pour la cueillette de certains cépages.

Lorsque la cave ouvre, tout se précipite. La meute vendangeuse est lâchée. Personne ne sait d’avance quel temps il va faire.  Mais tout le monde s’accorde pour comprendre et dire qu’il vaut mieux avoir la récolte dedans que dehors. Aussi, tant pis si la qualité est moindre que celle qu’on aurait eu si on avait su patienter.

Le calendrier de rentrée des cépages fixé par la cave donné, rendez-vous est pris auprès des entreprises qui attendent, leurs grosses machines dans les starting-blocks, l’instant d’envahir les vignes. Pas question pour le viticulteur de tergiverser, de supputer le moment d’effectuer judicieusement la récolte. Différer l’acte de récolter sur une autre période, pourtant inscrite au calendrier, est un risque que peu de viticulteurs se hasardent à prendre. Ainsi, sans guère se poser de question, tel rentre, en une paire de jours, des centaines de tonnes de raisin comme si, sur toute la propriété, le raisin était mûr en même temps. Mais il faut savoir que le degré recherché ne dit pas tout car le degré d’acidité, peu pris en compte, n’est pas partout nécessairement réduit. Mais les centaines de tonnes sont là, à la satisfaction du viticulteur qui, du volume rentré, mesure fièrement, à la manière de Tartarin de Tarascon, d’un coup, son importance.

Jadis les vendanges manuelles s’effectuaient au long de 3 semaines à un mois. Au début le raisin n’était pas tout à fait à point. A la fin, il l’était trop. Difficile de faire autrement par manque de souplesse. Aujourd’hui, le machinisme qui pourrait permettre une gestion raisonnée de la rentrée de la récolte n’est guère utilisé car les impératifs des entrepreneurs de la vendange sont de vendanger chaque jour une quantité maximale sans se poser la question de la maturité qui n’est pas de leur ressort, ceux des viticulteurs d’avoir l’entreprise à la date fixée.

Lorsqu’une cave absorbe une trop grande quantité de vendange, elle ne peut travailler le raisin dans des conditions optimum. Aussi pare-t-elle au plus pressé. Il faut faire de la place, accueillir la vendange au fur et à mesure des apports qu’elle ne contrôle pas. Un jour trop de raisin, l’autre pas assez. C’est que la préoccupation du viticulteur est de rentrer la récolte, pas du vin qui s’élabore à partir de celle-ci, pas de la qualité dont pourtant son sort financier dépend. Devrait-il vendanger seulement le matin, les températures de l’après-midi étant trop élevées pour maîtriser la vinification dans de bonnes et moins coûteuses conditions, cela n’est pas fait. Tout se passe comme s’il y avait 2 mondes ignorants l’un de l’autre. La coopération du viticulteur, inscrite au fronton des caves, s’arrête, dans la pratique, au quai où il lève la benne et où le raisin bascule pour aller rejoindre la cuve. Dans son incapacité à comprendre que sa coopération est engagée dans la vinification, se poursuit dans la commercialisation, le viticulteur anéantit en un instant l’attention réelle qu’il a porté à la vigne tout au long de l’an.

 

On peut imaginer davantage de maîtrise dans la gestion de leurs affaires de la part des viticulteurs supposés coopérateurs. On pourrait souhaiter qu’ils s’organisent pour entrer au mieux le raisin afin que d’un ramassage réfléchi du raisin le vin s’élabore ainsi que cela est convenable. Pour cela point de révolution, juste un peu de raison.

Oui, on peut imaginer que la coopération s’engage sur des voies qui jusqu’ici n’avaient pas lieu d’être car c’était d’autres temps. C’est aussi cela progresser.

Mais imaginer quoi ?

Le but fixé étant de récolter et de vinifier dans les meilleures conditions, il faut bien comprendre que la coopération, à moins d’admettre qu’elle est un vain mot et qu’elle est contrainte de supporter tous les comportements jusqu’aux moins coopératifs, ne peut se satisfaire de subir les inconséquences (volontaires ou non) des adhérents, les impératifs des entreprises. Cela suppose que la coopération maîtrise tous les aspects la rentrée de la vendange afin que tout le monde en tire bénéfice.

Pour cela il conviendrait de faire que la décision du moment de la cueillette soit confiée à un conseil de coopérateurs. Cela se pratique ailleurs lorsque l’esprit coopératif est présent dans les têtes, que l’individualisme - sachant authentiquement où est son intérêt- s’efface.

Il conviendrait encore que la coopération investisse dans des machines à vendanger afin d’être indépendant des entreprises. Le coût d’un tel investissement est moins conséquent qu’on l’imagine, ceci pour diverses raisons. L’une est que le viticulteur au lieu de payer l’entreprise participe de cette somme à l’investissement coopératif, au point que, frais (d’entretien, de réparations, de conducteurs) déduits, le coût de la récolte au final est moins important qu’il ne l’est actuellement (aspect que j’ai vérifié). Ce qui n’est pas négligeable en temps de « crise ». Par ailleurs, il convient de tirer profit des politiques européennes (qu’on les apprécie ou pas) dès que celles-ci, au travers de subventions non négligeables, aident financièrement au développement de la coopération pour l’achat de matériel.  

Reste que les propositions ci-dessus supposent qu’elles soient prises en charge. Par qui ? Par les conseils d’administration des caves dans le cadre de l’Union. Ne sont-ils pas élus pour cela, pour avoir des initiatives. Lorsqu’on sait le poids de certains présidents auprès des adhérents et des conseils qu’ils sont sensés animer (quand le président a parlé, la messe est dite, disais-je dans un article précédent) on peut craindre qu’un tel projet ne soit même pas mis à l’étude dès lors qu’ils n’y perçoivent pas leur intérêt particulier. Ainsi donc faut-il continuer à enfoncer le clou : la coopération doit vivre car chacun en dépend, elle suppose information, communication, transparence, en fait tous les ingrédients nécessaires à la démocratie. Et c’est là encore un projet à développer que doivent porter les adhérents-coopérateurs auprès de leurs conseils et de leurs présidents et, s’il le faut, jusqu’à les y contraindre.     

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