réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
J’entends cette personne voisine qui, chaque jour, sans autre sujet de conversation, après avoir écouté ce que rapportent complaisamment ce mois d’août les médias, déverse le discours dont elle a été empoisonnée ; cette personne qui, par delà son propos, travaille dans une organisation caritative, et qui encore, un hiver passé, a porté à manger, de sa propre initiative, de ses deniers aussi, à un inconnu qui vivait dans une voiture sur un parking.
J’entends cette autre personne qui abonde dans la conversation imposée par la dite voisine, sans se rendre compte qu’elle conforte d’exemples l’expression qui ne se sait pas raciste ; cette autre personne qui donne à penser à celui qui ne la connaît pas qu’elle est raciste.
Que faire ? Me mêler à la conversation pour appeler à plus de retenue ? de réflexion ? Difficile ! Il est des conversations dans lesquelles il est plus avisé de ne pas s’engager lorsqu’on sait qu’on y sera inopérant.
S’il faut condamner ce qui s’est passé à Saint Aignan, s’il faut dénoncer l’attitude clanique de certains groupes, il est n’est guère juste, à la faveur de ces évènements, de procéder à l’amalgame, de mettre tous les individus dans le même panier et de vociférer. Et quand bien même l’ex commissaire Pellegrini, faisant état de statistiques sur la délinquance, affirme qu’il y a un problème avec ces populations (les roms), il faut considérer que c’est la misère qui en est le moteur. Cela permet de se poser d’autres questions et de tenir la parole prudente. On n’est pas délinquant par goût, davantage par nécessité, à moins que ce ne soit par cupidité, mais alors c’est de délinquance en col blanc dont il faut parler, délinquance à qui aucun Sarkozy n’offre pas le voyage.
Sarkozy, pour survivre, fabrique des Lucien Lacombe aussi facilement que l’on dépose le matin l’étron après avoir bu le café. Tout lui est bon, de la supposée réflexion sur l’identité nationale à la politique qui consiste à rechercher des boucs émissaires pour justifier son incompétence et son inconsistance. Il y a du pétainiste dans l’individu dit A. Badiou dans le livre De quoi Sarkozy est-il le nom ? (livre que je recommande toujours et vivement à la lecture).
Sarkozy ne reculera devant rien pour reprendre la main.
J’entends ce qui en est dit par les uns par les autres.
Je pense au propos de ce curé du nord de la France qui fait écho à cette réflexion d’un poète français (Francis Ponge ?). Dans les années 30, le poète s’était trouvé par hasard dans un ascenseur en compagnie d’Hitler. Quelques années plus tard, connaissant ce qui était advenu, il s’était posé la question de savoir si le cours de l’histoire n’aurait pas été différent si, profitant alors de l’occasion offerte, il avait mis fin à la vie du personnage. Naturellement il n’est pas question de mettre un terme à la vie de l’erzhat franchouillard, mais de l’empêcher de nuire. Je pense à l’archevêque de Toulouse qui compare ce qui arrive aux roms à ce qui est arrivé aux juifs pendant la guerre. Etranges similitudes entre juifs et roms ; partielles bien entendu. Peuples sans terre, peuples sans représentation, peuples errants, peuples à qui certains métiers ont été interdits, peuples pourchassés dans tous les pays par toutes sortes et formes de pouvoirs, ...
Que fait Sarkozy à cette heure ? Demande-t-il à bénéficier des milliards d’euros (13, à ma connaissance) mis à disposition par l’Union européenne ? Non ! Son intérêt politique n’est pas dans cette perspective. Son intérêt n’est pas d’apporter une solution au sort des roms. Son intérêt est de redorer son blason passablement terni, de se refaire élire, quitte à laisser en suspens un problème qui surviendra dans toute son ampleur en 2014 lorsque la Roumanie et la Bulgarie, alors intégrées dans l’Union, ne seront plus des destinations de retour, quitte à offrir hommes et femmes à la vindicte populaire.
Des voix s’élèvent partout contre la politique de Sarkozy, à l’Onu, en Europe, en France, celle du clergé français libéré par la parole papale,….aussi dans la propre majorité du triste sire. Rien n’y fait, les reconduites continuent sous la houlette des rats. Quant à Kouchner, après avoir fait savoir qu’il avait envisagé de démissionner de son poste de ministre, finalement il reste. Quant à Fadela Amarra, elle reste aussi. Et d’autres encore.
Les roms sont pauvres. Ils viennent où ils supposent la richesse. Ce que je ferais si j’étais à leur place, préférant peut-être aller m’installer à Neuilly que dans les bois.
Sarko a fait construire une tente à Paris pour Khadafi, il fait détruire celles des roms avec des engins de TP. Il est vrai que Khadafi et les roms ne pèsent pas du même intérêt. Selon que vous serez puissants ou misérables,…..
A ceux qui font largement état des mauvaises manières des roms (terme générique), je voudrais rappeler ceci. On mesure la place qu’on leur (ici, les gitans) fait en construisant leur village à l’écart et, comme dans cette petite ville de l’Aude, sur ce lieu non dénué de signification : l’ancien dépôt d’ordures de la ville.
Alors de grâce, évitons de cautionner la politique pétainiste de son Eminence, de nous laisser prendre complaisamment dans les rets qu’il nous tend, non parce qu’il s’intéresse aux roms, non parce qu’ils s’intéresse à nous, mais parce qu’il est intéressé par tour ce qui pourrait lui profiter.