réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
Le peuple. La révolution l’a voulu uni et fraternel. Soucieux de l’égalité entre tous. Libre de toute domination. Mais c’était il y a longtemps. Trop longtemps pour certains à qui cette fraternité pèse, cette égalité est de mauvais aloi, cette liberté est exécrable tant elle les contraint.
Disant la France, on use volontiers de ce mot : le peuple, sans distinguer ceux qui s’en réclament et ceux qui éprouvent pour lui du mépris.
Chacun de nous à fait l’expérience de ce dégoût qui tord parfois les bouches. Si bien que, pour ma part, j’ai du peuple une idée assez précise qui m’a été enseignée par le côtoiement de quelques uns de mes semblables.
Le peuple, ainsi qu’il reste fidèle aux valeurs fondatrices de la République et à la République, n’est pas l’ensemble des français, mais cette partie qui forme masse informe et grise aux yeux de certains et qui disent parlant d’elle, avec tout ce que ça a de repoussant : les gens du peuple.
Le peuple et son adjectif naturel : populaire.
Le peuple qui danse dans les bals populaires où ne se trouve pas le bourgeois (sinon à l’épisode pour s’encanailler) parvenu de fraîche ou longue date, ce dernier préférant à la promiscuité la fréquentation des salons où on se reçoit entre personnes de bonne compagnie et nouveaux aristocrates.
Il en va ainsi, en toutes circonstances. Ainsi parle-t-on d’art populaire pour formuler le côté guère évolué, quasi primitif. Veut-on manger qu’il y a la cuisine populaire, et pour ceux qui n’ont rien sinon la dent creuse, la soupe du même qualificatif.
On comprendra, que lorsque j’utilise ce mot ce n’est pas sans en avoir vécu le sens vexatoire, ceci pour répondre au quidam car il lui arrive parfois de s’exprimer ainsi : « De quel droit vous arrogez-vous la propriété du terme : peuple ? ». Du droit auquel, vous et vos semblables, m’avez obligé en vous mettant à l’écart et, ce faisant, en m’y mettant bien malgré moi aussi. Du droit auquel, vous et vos semblables, me contraignez en me pressurant plus ce qu’un honnête homme ne le ferait. Du droit qui fait que vous n’avez de cesse que de ne point partager et de garder toujours davantage pour vous le fruit de mon travail.
Le peuple, je l’ai vu réuni souvent. Manifester souvent.
Le peuple, je l’ai vu au 1ier meeting de Mélenchon à Frontignan. Le cheveu terne, la peau fatiguée, l’âge précocement avancé, l’habit fripé. Il était venu après sa journée de travail. En sortant, au drap rouge tendu à bout de bras, le peuple, un à un, avait jeté les pièces de monnaie qui restaient dans ses poches et qui ne pesaient lourd. Il les avait jetées, non pour s’en débarrasser, mais pour que de cet argent recueilli, le combat s’organise, tandis qu’il en est d’autres qui vont, créant associations électorales, récolter les chèques auprès de malfaiteurs argentés.
Le peuple c’est cette part repoussée, dont on se souvient et qu’on appelle pour partir à la guerre et dont le nom de chacun des siens est gravé sur les monuments aux morts, tandis qu’à l’arrière on pérore stratégie.
Le peuple c’est à Valmy qu’il ferraillait pour défendre la France nouvelle.
Le peuple ce ne sont pas les coblençards, exilés volontaires français formant bataillons au côté du roi de Prusse pour envahir la France.
Le peuple ce sont les laissés pour compte de la délocalisation.
Le peuple ce ne sont pas ceux qui vendent à leurs amis le patrimoine national : Renault, Edf, les Ptt, Gaz de France, l’Education, la Santé, la Sncf,…. (Complétez la liste).