réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
par Alain Waldman
Peut-on être contre le nucléaire et faire preuve d’un esprit critique vis à vis de l’éolien ?
Apparemment pas d’après Martine Billard porte parole du PG.
Dans un article paru sur le site du PG et intitulé « Le lobby nucléaire tente d’asphyxier l’énergie éolienne» elle développe l’idée que l’éolien ne porte absolument pas atteinte au paysage (il y
a dit-elle « un arsenal complet qui protège nos paysages »), que dans la mesure ou il existe déjà 100 000 km de lignes HT, des autoroutes et des voies ferrées en pagaille, quelques éoliennes en
plus ne changeront pas grand chose et enfin que les personnes demandant que certaines règles soient respectées en matière d’implantation (installation à au moins 15 miles en mer afin de protéger
le littoral par exemple) ne peuvent être que d’affreux anti-éoliens.
Cet article est non seulement simpliste mais aussi inexact.
« L’arsenal complet » qui soit disant protège le paysage se limite à un avis purement consultatif d’une commission paysage.
L’éparpillement des sites éoliens est une réalité. Que Martine Billard vienne dans l’Aude, et elle se rendra compte que le développement anarchique n’est pas une simple vue de l’esprit, que le
parc naturel régional du Haut Languedoc tout proche (Tarn/Hérault ) qui devrait être une zone particulièrement protégée comptera bientôt plus de 500 éoliennes, que le littoral lui même commence à
être saturé (entre Narbonne et Perpignan, c’est une suite ininterrompue de sites).
De nombreux endroits d’une beauté incroyable et/ou proches de monuments historiques (Saissac ou Villelongue dans la montagne noire par exemple) n’ont été épargnés que grâce à la mobilisation de
la population.
Ces implantations ont toujours lieu dans une opacité totale, sans concertation avec la population locale et, outre l’atteinte à l’intégrité paysagère, elles ne font qu’attiser les conflits
locaux.
A vrai dire, je ne comprends pas cet entêtement à refuser d’admettre qu’il existe un problème lié à la production d’énergie d’origine renouvelable.
D’un point de vue paysager l’éolien est une catastrophe à ranger à côté des lignes HT et THT.
De nombreuses erreurs ont été commises par le passé en matière d’aménagement du territoire et il serait bon de ne pas les renouveler.
Même les verts (qu’on ne peut accuser de faire partie du lobby nucléaire) n’ont pas la même vision des choses que Martine Billard puisque d’après le Midi Libre du 04 .03.2010 :
Les Verts de Languedoc-Roussillon ont dernièrement fait part de leur position face à l'éolien industriel sur les territoires ruraux.
Questionnés sur le sujet par l'association Hurlevent, ils ont confirmé que, bien que faisant partie de la panoplie des types d'énergies renouvelables souhaitées par les écologistes, « les choses
sont plus complexes dans la pratique et certaines luttes locales ont su développer des argumentations solides et des positions légitimes contre l'implantation de grandes éoliennes. »
Associée à la rédaction du programme d'Europe Ecologie, l'association Robin des bois en Lozère a en effet pointé du doigt le grand éolien industriel terrestre jusqu'à le faire sortir du plan
Climat des Verts qui préfèrent soutenir des petits équipements, individuels ou collectifs, et des fermes éoliennes offshore.
« Nous proposerons en outre la tenue d'un grand débat public visant l'élaboration démocratique d'un schéma régional éolien et solliciterons dès lors son intégration aux SCOT afin de le rendre
opposable aux appétits inconsidérés de certaines communes », indique le porte-parole régional des Verts, Didier Caire.
Evidemment, depuis l’assemblée nationale le projet de couvrir le pays d’éoliennes peut paraître séduisant, mais c’est méconnaître profondément l’impact de ces sites sur le paysage et dans la vie
quotidienne des gens.
J’espère que le point de vue de Martine Billard (c’est à dire promouvoir à tout prix les énergies renouvelables sans planification des lieux d’implantation, sans quelques élémentaires gardes fous
et sans consultation de la population ) n’est pas la position officielle du PG et qu’un vrai débat aura lieu sur ce sujet avant le congrès de septembre.