réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
L’Europe du nord contre l’Europe du Sud. L’Italie du nord contre l’Italie du sud. La Catalogne contre l’Andalousie. Les riches contre les pauvres.
Triomphe des égoïsmes, des individualismes, des séparatismes,…
L’Europe se défait sous nos yeux aveugles.
La Grèce asservie par ses supposés partenaires, l’Italie à la suite. A qui le tour ?
L’Europe se dilue, s’efface du champ du rêve des possibles, vendue à la finance.
Des peuples promis à en être le ciment, la liaison, la matrice, qu’en est-il ?
A regarder de près, c’est l’effacement de la démocratie.
A l’heure de ces lignes, c’était le 11 novembre.
Exergue
Dans Médiapart.
Europe: l’effacement de la démocratie
11 novembre 2011 | François Bonnet
« Les établissements financiers ont remplacé les électeurs ; les bourses ont remplacé les partis ; les banquiers et les technocrates ont remplacé les chefs d'Etat et de gouvernement. Depuis une semaine, nos démocraties s'effacent devant les coups d'Etat des marchés. Alors que sauver l'Europe voudrait dire revenir devant les citoyens.
Sommes-nous à un tournant historique, l'un de ceux de l'ampleur de la chute de l'URSS – dont nous fêterons les vingt ans le mois prochain ? Un tournant qui serait l'effondrement financier et politique de l'Europe, la fin de soixante années de construction européenne ?
C'est ce que l'on constate avec l'accélération, depuis une semaine et l'échec du sommet du G-20, d'une crise monétaire qui, devenue crise politique, vient de provoquer ce qu'il faut bien appeler deux coups d'Etat. Georges Papandréou en Grèce, Silvio Berlusconi en Italie n'ont pas démissionné à l'occasion de défaites électorales, et pas même de vote de censure de leur parlement respectif: ces votes de censure n'ont pas eu lieu, ni à Athènes ni à Rome.
Non, les deux hommes, maillons faibles de la chaîne des chefs de gouvernement de la zone euro, sont tombés renversés par les marchés et des partenaires européens sous pression. Les marchés, c'est-à-dire les banques et autres établissements financiers (fonds de pension, hedge funds, fonds d'investissement, etc.). Leurs partenaires européens, c'est-à-dire Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, les dirigeants de la banque centrale européenne (BCE) et de la commission européenne, déclarant agir au nom de ce qu'ils présentent comme leur devoir : circonscrire l'incendie, sauver l'euro, l'Europe (et se sauver eux-mêmes).
En moins d'une semaine, trois hommes viennent incarner et prêter leur visage aux coups d'Etat des marchés.