réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
Posons que la police est un corps dont nul État ne peut se passer.
Le comportement non éthique de la police est le résultat d’une (dé)construction que les gouvernements libéraux ont voulue. Lorsque qu’en son temps Sarkozy au Mirail, à Toulouse, indique que les policiers ne sont pas des assistants sociaux, pas là pour jouer au basket, mais doivent maintenir l’ordre, il ouvre une seule voie : celle de la répression policière. La police gardienne de la paix civile devient gardienne de l’ordre, ce qui permettra aux policiers fachos de sentir leurs ailes libérées, tandis que les policiers républicains, désavoués, devront faire profil bas. Hollande n’a rien arrangé, Macron se sert.
On peut toujours tenir un discours global totalitaire (sans nuance) sur la police. Mais à ne pas distinguer qu’il est des policiers (Vigi-police), certes minoritaires, qui se réclament de la République est fortement préjudiciable. Par les temps qui courent le discours n’est pas aisé à tenir, mais il le faut pour aider ces policiers républicains à ré-émerger.
Le problème, pour la gauche, est d’avoir laissé échapper ce corps, de ne pas s’en être préoccupé tant est de bon aloi la posture anti-flic. L’armée, dans une moindre mesure, n’échappe pas à ce rejet. Quant au personnel pénitentiaire, on le laisse d’autant plus aller à la dérive qu’il a la charge d’une population qui n’est pas particulièrement chérie par le bon peuple (là, ça passe en dessous des radars).
Il se pose un problème de formation, davantage encore de recrutement.
S’interroge-t-on sur les raisons qui font entrer dans la police ? Non. Il y a pourtant à creuser.
S’interroge-t-on sur la qualité morale des personnels embauchés ? Non.
Ce dont l’État libéral a besoin, ce sont de frappes, d’individus qui ne se posent pas de questions, qui obéissent lorsqu’on leur donne l’ordre de cogner, qui se réalisent en réprimant, alors que rien n’empêche d’effectuer un tri, d’observer qui a une conscience citoyenne ou n’en a pas. Alors ne nous étonnons pas si la police n’est pas républicaine.
Cela étant dit, posons les gouvernements comme premiers responsables du comportement des policiers, même si ces derniers ne peuvent être exonérés de leurs agissements (c’est un principe de base qui fait qu’on est libre d’obéir ou de désobéir, qui fait qu’on est un être humain ou pas). Il ne faudrait pas se tromper : les policiers ne font que ce que le gouvernement les autorise à faire.
Au même titre que la santé, l’enseignement,… l’état de la police est un des aspects de la destruction des services publics.
Exergue
Minnéapolis : Point de départ d’une révolution ?
Pas de Quartier – « Que faire de la police ? »
Police, États-Unis, France