Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 06:47

Je ne parle pas des bouffons, de ceux qui agitent fébrilement leur corps inachevé dans des chemises blanches à jabot (poignets mousquetaires), de ceux qui saturent de leur présence mégalomane les plateaux Tv, qui écrivent aujourd’hui dans Le Monde pour demain faire la une de Gala, qui font de la gonflette narcissique, du tourisme politico-humanitaire en sahariennes,….. Non ! Je parle des intellectuels, des vrais, du type Sartre et Camus. De ces gars qui faisaient autorité, qui prenaient la parole et que l’on écoutait, qui dénonçaient et s’opposaient aux ignominies plutôt que de les comprendre, puis les excuser, pour finir par les cautionner, qui avaient des hommes politiques l’idée qu’il faut les tenir de près. Je parle de ces mecs qui prenaient le risque de se tromper mais qui mouillaient leur chemise. Je parle de ces gugusses qui avaient le goût des petites gens plutôt que le mépriser, qui n’avait pas la haine du peuple. Je parle de ceux qui étaient des combattants. Je parle de ceux là.

 

Je sais qu’ils existent. Mais alors ! Qu’attendent-ils pour se dresser en tribunes journalistiques, en pétitions, en dénonciations. Qu’attendent-ils pour s’engager. Pour prendre parti. Entrer dans un parti. Pour quelles raisons n’envahissent-ils pas de leur discours, le petit écran, la une des journaux ? Et si certains médias leurs sont interdits pourquoi ne prennent-ils la plume dans ceux qui sont susceptibles de les accueillir ; il y en a.

 

La France à besoin d’eux. Le pays a besoin de phares. Le peuple a besoin de consciences qui se lèvent, entrent en résistance. Plus que jamais il a besoin de références vraies.  

 

Par chance et par hasard, je suis né à la dernière époque bénie où les idées se battaient par personnes interposées. Ainsi puis-je juger par comparaison hier et aujourd’hui. Qu’avons-nous désormais ? Rien ! Que dalle ! Les saltimbanques sportifs, ceux de la chanson, les animateurs télé ou radiophoniques,.., tiennent le haut du pavé. Le plus souvent à la clé : la réussite mesurée en argent et paillettes. Avant, faisait remarquer Daniel Cohen, on posait la question : que faites-vous ? Dorénavant c’est : combien gagnez-vous ? Le monde, la société a changé d’étalon. Le philosophe a cédé la place au professeur, le professeur à l’amuseur.

 

Nous sommes orphelins, condamnés à errer à petits pas, de petites vérités qui s’entrechoquent et se contredisent en manipulations nombreuses et efficaces, sans jamais distinguer l’essentiel qui ordonne l’accessoire, fixe un but, donne une perspective.

 

Pourtant nous avons besoin d’éclaireurs. Stéphane Hessel, chez nous, en est l’actuel témoignage. Comment expliquer autrement le succès de son dernier livre ? Tout comme Chomsky dont la parole solitaire est reconnue dans le monde entier.  Alors ! Que vous vous nommiez Badiou, Rancière, Edgar Morin,…Castoriadis (aujourd’hui défunt) pour ceux que je connais pour les avoir fréquentés en lecture, levez-vous ! Dressez-vous ! Soyez nos Yvan Illich, nos Helder Camara. Ne restez pas au bord du chemin à commenter savamment la vie qui passe. Prenez votre part pour alléger la nôtre. Soyez notre voix. Ne laissez pas la place que vous devez occuper aux charlots. Sachez que vous serez jugés à la distance qui sépare votre discours tenu en livres clos à votre engagement visible de tous.

Repost 0
9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 06:23

 

Le 15 décembre 2008, Henri Pena-Ruiz*, déclarant son soutien à Mélenchon lors de  la création du Parti de Gauche, indiquait : « Osons rompre avec le vocabulaire de l’idéologie dominante, qui tente de culpabiliser les victimes du système et persiste à appeler « État-Providence » ce qu’il est bien plus juste d’appeler l’État social de droit. Les mots sont importants : ils peuvent consacrer la victoire idéologique des dominants, ou au contraire la remettre en question ».*

 

*philosophe, maître de conférences à Sciences Po Paris, professeur de Khâgne, ancien membre de la commission Stasi pour l’application deprincipe de laïcité dans la République. Les titres de noblesse à l’attention de BHL pour qui le socialisme du Parti de Gauche est un socialisme pour imbéciles et ignares.

*voir article sur le site du PG, recherche : « Pena-Ruiz ».

 

Et toc ! A la lecture de ces lignes j’étais ravi. Enfin ! Quelqu’un remettait en cause le label : « Etat-Providence ». Il était temps. La providence, la divine providence, cela sent l’eau bénite. Bon ! L’« Etat social de droit » ce n’est pas terrible, mais au moins ça signifie le droit et non la charité, la dignité reconnue et non l’humiliation subie, l’égalité et non la condescendance,…. L’ « Etat-Providence », c’est l’obole accordée au mendiant à la sortie des églises, ce sont les œuvres philanthropiques du capitalisme du 19ième siècle venues en droite ligne des hôpitaux à la Saint-Vincent de Paul. L’ «Etat-Providence », l’expression m’a toujours choqué. J’en avais parlé ici et là, à l’occasion, mais cela ne m’avait jamais valu que l’écho d’un sourire silencieux. Alors pensez ! Oui ! « Les mots sont importants : ils peuvent consacrer la victoire idéologique des dominants, ou au contraire la remettre en question ». Qu’on se le dise !

De l’Etat-Providence, pardon ! De l’Etat social de droit il n’en reste plus grand-chose. Les ultralibéraux du jour ne sont pas les libéraux d’hier. Ce qui est dénoncé ci-dessous, dans l’article de l’hebdo Marianne, je le prends entièrement à mon compte et remercie son auteur de l’avoir écrit. La différence entre lui et moi c’est qu’il est plus crédible, tout tient souvent dans qui dit, plutôt que dans ce qui est dit. C’est comme ça ! Faut s’y faire.

Bonne lecture !

 

 

Voici donc, ci-dessous, l’article paru dans Marianne sous le titre : Téléthon: les dons d'aujourd'hui font les profits de demain

Auteur : Christian Jacquiau - économiste | Lundi 6 Décembre 2010 à 05:01 |

 

 

 

Cette année encore et ce malgré la crise, le Téléthon s'est révélé une manne providentielle pour la recherche. Au total, 1,6 milliards d'euros ont été collectés depuis sa création en 1987. Si l'économiste Christian Jacquiau reconnait certains bienfaits à l'opération, il montre que l'on a réussi, dans la recherche, à appliquer le principe de la privatisation de l'argent public.

 

C'est reparti. Animateurs-vedettes de garde, mannequins anorexiques peroxydés, stars plus ou moins académiques et autres enfoirés de service (ce sont parfois les mêmes...) se relayent sans relâche pour solliciter la générosité télé-thonique.


Le Téléthon ? Une idée importée en 1986 des Etats-Unis, un pays dit « moderne » où l'État est tellement plus soucieux de la santé de ses établissements financiers que de celle de ses concitoyens que la recherche médicale est contrainte de tendre la sébile à la télévision.

En France aussi, démonstrations sportives, radio-crochets champêtres, mitonnage de cassoulets géants, paris rivalisant de stupidité, paillettes, flonflons et majorettes... Tout est bon pour faire rentrer des millions !


Et c'est tant mieux. Car derrière cette grand-messe médiatique, il y a des familles qui souffrent. Et des enfants aux yeux embués d'espoir qui savent qu'ils ne peuvent compter sur rien d'autre que la sensibilité, l'émotion et la compassion des téléspectateurs pour espérer que la Science répare cette injustice dont la nature les a frappés.


Magnifique exhibition de générosité qui force l'admiration chaque année, tant les sommes récoltées sont astronomiques, alors que des pans entiers de la recherche sont par ailleurs complètement sinistrés. C'est que depuis sa création (1987), le Téléthon français a rapporté plus de 1,6 milliards d'euros !


Une manne exceptionnelle sur laquelle plus de 119 millions d'euros ont été consacrés à ses frais de gestion et près de 175 millions... aux seuls frais de collecte des dons. Respectivement 7,3 % et 10,7% des dons recueillis, selon les chiffres communiqués par l'Association française contre les myopathies (AFM). Des chiffres qui donnent le vertige...


Mais qui ne doivent pas faire oublier l'envers du décor de cette joyeuse et gigantesque kermesse surmédiatisée. Car derrière cette très belle démonstration de la puissance télévisuelle se cache une bien curieuse réalité. Beaucoup moins glorieuse celle là...
Le désengagement de l'État de ses fonctions essentielles : la santé, la recherche et l'éducation, notamment. Avec en toile de fond une formidable illustration du fameux théorème libéral : mutualisation des dépenses/privatisation des profits.


Étrange modèle que celui qui consiste à faire appel à la générosité publique pour financer les travaux de chercheurs privés - au seul bénéfice d'une cause, certes noble mais strictement ciblée. Chercheurs qui s'empresseront, dès que leurs travaux auront abouti, de déposer des brevets qui assureront non seulement leurs fortunes personnelles mais qui permettront aussi à des laboratoires - privés eux aussi - de s'enrichir sur la commercialisation de nouveaux médicaments qu'ils vendront alors au prix fort à ce qu'il restera d'une Sécurité Sociale exsangue, n'assumant déjà plus son rôle de protection mutualisée des plus faibles.


Car enfin... Si l'État - et ceux qui se déchirent pour alterner à le représenter - prenaient et assumaient véritablement leurs responsabilités, ne veilleraient-ils pas à assurer un financement approprié de la recherche publique ? Cela aurait pour effet immédiat de réduire les coûts de santé, la sécurité sociale n'ayant plus à assurer le service de substantiels bénéfices aux laboratoires privés, comme elle est contrainte de le faire aujourd'hui.


Mieux encore, le véritable retour sur investissements réalisé grâce à la mise en marché de médicaments nouveaux, performants et efficaces, permettrait à l’État de conforter et de développer les moyens de recherche qu'il pourrait alors mettre au service de l'éradication d'autres maladies. Mais de cela il n'est point question. C'est même tout le contraire qui est mis en œuvre. Ce modèle d'appropriation de l'argent public par le privé - prélevé autoritairement où grâce aux moyens sophistiqués de la séduction médiatique - n'est pas nouveau.  Et pas davantage limité à la santé.


Il y a longtemps déjà qu'en application du fameux AGCS, il a été appliqué pour la première fois aux concessions d'autoroutes, de parkings publics et de bien d'autres...
Ici comme ailleurs, les usagers ont été, dans un premier temps, soumis à de substantiels droits de péage destinés à financer les travaux initiaux de réalisation. Avant que ces ouvrages n'entrent discrètement dans le patrimoine de sociétés concessionnaires privées qui n'avaient plus alors qu'à engranger les substantiels bénéfices tirés d'un patrimoine... appartenant en réalité aux usagers et à la collectivité des citoyens, mais détourné par les politiques au profit de structures privées, habilement constituées à cet effet.


Comble d'ironie, et l'altruisme médiatisé ayant ses limites, les généreux donateurs du Téléthon bénéficient d'une réduction d'impôts de 66 % du montant des dons qu'ils promettent à l'AFM.
« Après réduction d'impôts, votre don de 100 € ne vous revient qu'à 34 € », explique l'AFM sur son site. Mais ce qu'économise le donateur, c'est l'État qui le paiera.
Ainsi pour la seule année 2009, c'est un peu plus de 62 millions d'euros qui sont passés - ni vus, ni connus - du budget de l'État (via les déductions fiscales accordées aux donateurs) à la recherche privée... via le Téléthon. Sans engagement et sans contrepartie.
Emblématique, non seulement d'une certaine idée de la recherche publique mais bien au-delà, du rôle de l'État dans la société, le Téléthon serait-il devenu un moyen efficace de nous faire admettre - en chansons, avec flonflons et serpentins - le détricotage méticuleux et systématique des acquis sociaux issus du Conseil national de la Résistance que les politiques ont de plus en plus de mal à nous faire accepter ?

 

http://www.marianne2.fr/Telethon-les-dons-d-aujourd-hui-font-les-profits-de-demain_a200512.html 

 

 

 

Repost 0
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 05:56

 

 

        Noël frappe à la porte. Chacun, de droite comme de gauche, s’empresse pour trouver le cadeau à offrir, se faisant souscrit à la société de consommation, à la société d’injonction.

Ne pas faire un cadeau serait de mauvaise politesse, déroger à l’usage, se marginaliser. Alors, il faut céder à la « panurgie », au besoin de ressemblance. Il faut satisfaire au besoin de grégarité, ce qui ne nous empêche pas de nous affirmer libres, libérés des contraintes sociales, d’afficher notre libre-arbitre.   

 

J’ai au regard des cadeaux une approche personnelle, celle d’en faire à l’instant où j’en ai le désir (et quand j’y pense, sans penser d’ailleurs faire un cadeau, et y penser souvent), et pour offrir quelque chose de moi et non ce que l’autre désire (est-ce présomptueux ?), avec cette idée que l’autre y sera attentif (s’il le veut ou le peut).

Faire un cadeau à un sens.

 

Oui, j’ai une approche personnelle des cadeaux. Certainement celle-ci remonte-t-elle à l’enfance. J’ai le souvenir de ma mère racontant, émue, qu’elle recevait à Noël le présent d’une orange. De mon père, je ne sais rien. Moi-même, j’ai eu une fois un bel avion, une occase en seconde main ; il avait été offert à un cousin l’année précédente et généreusement refilé. Puis, 2 ou 3 fois, un livre, présent d’une cousine plus âgée que moi. Longtemps plus rien. Je ne m’en suis pas porté plus mal, cela n’a pas fait de moi un être traumatisé.

 

Mes enfants venus, je ne suis guère occupé de l’achat des cadeaux, certainement parce qu’on s’en occupait pour moi (une façon de me tirer de ce mauvais pas).

Ma mère, pour ses petits-enfants, donnaient aux parents de l’argent, avec cette consigne : « Vous leur achèterez …. ». C’était chose utile : un habit… Enfin quelque chose du genre. Certainement avait-elle à la mémoire que le cadeau qu’elle s’autorisait pour ses enfants était en octobre, la récolte rentrée, celui d’une bonne paire de chaussures.

 

Mon tour est arrivé d’avoir des petits-enfants. Et s’est posée pour moi la question du cadeau de Noël.

Dans grand-père, il y a père. Si je ne suis pas le père de mes petits-enfants, je suis leur père grand. L’ancêtre,  soucieux de leur avenir, ce disant de leur construction.

Que pouvais-je faire ? Participer à l’entretien de la société de consommation que j’exècre, qui fait acheter ce que nul n’a besoin, qui n’a d’autre fonction que de remplir le compte en banque des fabricants de l’inutile alors qu’il y a tant d’autres choses dont on doit se munir et qui passent à la trappe parce que l’argent dépensé là ne peut l’être ailleurs ?

Au regard de leur âge, j’ai donc choisi l’achat de Cd musicaux (classique et jazz), de leur créer une cédéthèque (rien d’original), estimant que pour le reste télé et radio satisferaient pour les goinfrer. J’ai laissé aux autres le soin de se consacrer à ces choses merveilleuses à l’instant où elles sont déballées, qui s’empilent rapidement pour la plupart dans un coin sans que l’enfant y prête davantage d’attention. Et, ma foi, si on ne me rassure pas de balivernes, il n’est guère un petiot qui ne s’endort sans réclamer la musique offerte et n’en reconnait pas l’air.

Ainsi je participe, de ma place, à leur donner cette part de moi, à les ouvrir à autre chose que ce à quoi l’habitude et le commerce contraignent sans qu’on y résiste.

Cette année ce sera, ajoutés, des livres, non qu’il n’y en ait pas eu jusqu’ici des livres, mais des livres à lire et non à regarder.

 

Il est un cadeau que « les grands » recevront, un par famille (à côté autre chose, je les rassure). L’opuscule de Stéphane Hessel : Indignez-vous ! Dont j’ai raflé des exemplaires restants dans un commerce. 

Indignez-vous ! « Le motif de base de la Résistance, c’était l’indignation », dit le résistant qu’a été Stéphane Hessel.

Mais on comprend rapidement que la Résistance pour être un moment repéré de l’histoire de France est davantage que cela. Elle est de tous les jours. Et à propos de tout. Mais pour résister encore faut-il avoir la capacité à s’indigner éveillée et active.

Stéphane Hessel : C’est un peu un appel. Le sentiment le plus grave, aujourd’hui, c’est de penser qu’ »il n’y a rien à faire » parce que les choses ne changent pas comme on voudrait et que les acteurs politiques et financiers ont toutes les cartes en main. Baisser les bras me parait tout à fait mauvais. Je dirais donc, un peu comme Sartre, qu’ « un homme qui se désintéresse n’est pas vraiment un homme ». C’est quand il commence à s’indigner qu’il devient beau, c'est-à-dire un militant courageux, un citoyen responsable. Se dire « on n’y peut rien », se retirer, c’est perdre une bonne partie de ce qui fait la joie d’être un homme.

Ce dont j’ai eu envie d’offrir c’est donc la capacité à s’indigner et, de cette indignation le point de départ à résister.

 

Et si réfléchir aux cadeaux afin de les choisir « autrement » que l’on fait était un acte de résistance ? Un acte politique ?

 

Tu veux un monde meilleur, plus fraternel, plus juste ?

Et bien, commence à le faire !

Qui t'en empêche ?

Fais-le en petit et il grandira !

Fais-le en toi et autour de toi !

Fais-le avec ceux qui le veulent !

(C.G. Jung)

 

 

Je conçois toutefois que l’on peut-être attentif à l’autre et faire le cadeau qu’il désire et que, pour diverses raisons, il ne peut acquérir. Aussi, suis-je prêt à incliner différemment l’approche que je viens d’exposer du cadeau.

Cependant, je ne chercherai pas à faire un cadeau afin de me mesurer aux autres pourvoyeurs de cadeaux, à être le premier dans la compétition avec ce désir de les effacer de la reconnaissance enfantine. Pas plus, je ne compte être aimé d’un amour mesuré à l’argent dépensé, ce qui signifierait par ailleurs que les riches aiment davantage leurs enfants que les pauvres.

 

Faut-il ajouter que les cadeaux faits le sont parfois au détriment du quotidien qui, dès le lendemain, réapparait, les brumes de la fête dissipées. Des enquêtes ont montré qu’en Grande-Bretagne pour souscrire à la pratique de Noël les ménages s’endettent de la valeur d’un mois de salaire. Des cadeaux qui coûtent plus qu’il y paraît car à l’abondance, au superfaitatoire du jour, correspond la disette des mois qui suivent afin d’assurer les remboursements de l’emprunt, un surplus de misère.

 

Terminons ce sujet inépuisable, à propos duquel chacun à son opinion, en évoquant cette attitude abjecte qui se développe et qui consiste à aller échanger le cadeau que l’on a reçu, ou à aller le revendre afin d’en obtenir l’argent qu’il à coûté en tenant ainsi au mépris celle ou celui qui l’a offert. Formule concoctée par le commerce, ce qui montre à qui veut bien le voir que les cadeaux sont aussi un acte commercial.

Repost 0
14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 09:37

 

Sous ce titre, dans la rubrique Le débat, Télérama n°3173 propose un article très actuel dont l’actualité ne date pas d’hier.

Il y est question de la disparition des disciplines scolaires qui ne sont pas économiquement rentables et cependant qui étayent la réflexion, éventuellement contribuent à l’indiscipline car il en est comme le signale une des devises du GIGN qui m’a été rapportée dernièrement par une source autorisée: « Evitez de penser, ça vous empêchera de désobéir ».

De mes humanités, je garde le souvenir d’un prof d’histoire déclarant que, sous le règne de Napoléon III, l’enseignement de l’histoire et celui de la géographie étaient interdits. Matières porteuses de la mémoire et de l’espace, matières parmi d’autres nécessaires pour établir une réflexion construite et la contestation s’il le faut, ce que d’évidence ne souhaitait pas l’empereur. 

Un peu plus tard, en 1971, je lisais un texte du PS dans lequel il était écrit que « l’école devait s’adapter au monde du travail ». Cela m’avait désagréablement surpris. Je comprenais qu’un virage était pris par la gauche et que, l’idée ayant été émise, ce n’était plus qu’une question de temps pour qu’elle contamine l’esprit et des uns et des autres.

Alors que le chômage battait son plein, quelques collègues enseignants (pas tous fort heureusement), pressés par l’instant, tenaient l’argument chevillé au corps qu’il s’agissait pour eux de donner les bases utiles, et seulement cela, pour que leurs élèves aient cette chance d’obtenir un emploi, faisant comprendre que tout le reste était fadaise. Faire entendre que de la formation d’un homme on bâtit celle d’un travailleur et que l’inverse n’est pas vrai, je n’y ai pas réussi. De bonne volonté sans nul doute, je jugeais (à tort ?) qu’ils n’avaient pas le sens des priorités efficaces et réalistes

Plus tard, j’analysais la lutte contre l’illettrisme comme le désir patronal d’avoir à disposition une main d’œuvre docile capable de lire des consignes et non comme le souci de voir des êtres humains en capacité de se cultiver. D’ailleurs, les protocoles étaient clairs : savoir lire et comprendre une consigne simple afin de l’exécuter. J’ai fait reproche à cette lutte nécessaire contre l’illettrisme de ne considérer que le travailleur car à ne pas la développer les humanités, à laisser le feu s’éteindre, les cendres refroidir, on se dirigeait, dans le secteur économique, immanquablement vers un appauvrissement de l’inventivité utile au progrès.

Puis vint le gouvernement Raffarin. La philosophie qui ne faisait déjà guère recette auprès du public a été sacrifiée, les profs de philo invités à devenir inspecteurs de l’éducation (je ne sais plus si elle est toujours nationale).

De la sorte était-on revenu à l’époque de Napoléon III.

Mais la boucle n’était pas encore bouclée. Sarkozy décréta qu’il fallait être « imbécile » ou « sadique » pour mettre La Princesse de Clèves au programme d’un concours. De la sorte était définitivement affirmé que n’était chose utile que ce qui servait à l’économie (et au patronat). Ainsi passait-on de la fadaise à la foutaise.

Et c’est vrai qu’il utile (au patronat) d’avoir des individus qui n’ont que leur force de travail, qu’il est utile d’avoir des individus désarmés. Des esclaves. Mais cela est de courte vue, même si on n’a pas l’intérêt des hommes, il est bon d’avoir celui de la permanence de l’entreprise.

 

Ceux qui dirigent, en politique comme en économie, ceux qui ont un brin d’intelligence, savent bien qu’il faut être instruit, cultivé, éduqué. Ils ne se privent pas de l’être. A leurs enfants les meilleures écoles dans lesquelles n’entre pas qui veut faute d’argent. Que les autres soient privés de cela ne les gêne pas. C’est ainsi que le pouvoir dure et perdure.

 

Pour le reste, je vous invite à lire l’article de Catherine Halpern dans Télérama qui se termine ainsi : « On nom de la rentabilité on étouffe les capacités de recherche. Choix malheureux. Car contrairement aux préjugés, les humanités ne sont pas toutes entières tournées vers le passé et ses glorieux vestiges. Elles frayent les voies de l’avenir. Pour transformer le monde, espérer trouver d’autres voies à ce qui se présente comment des impasses aujourd’hui, par exemples les périls environnementaux, ce ne sont pas seulement de nouvelles technologies dont nous avons besoin mais aussi de nouveaux regards sur le monde et sur l’humain ».

 

L’article fait état de 2 livres :

L’avenir des humanités. Economie de la connaissance ou culturelles de l’interprétation ? d’Yves Citton. Editions la Découverte.

 Cogitamus. Six lettres sur les humanités scientifiques  de Bruno Latour. Editions La Découverte.  


Repost 0
27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 09:40

 

L’ardoise. Dans ce livre, publié il y a une paire d’années, Philippe Djian, déclare ce qu’il doit à ses prédécesseurs nommés.

Ce qu’écrivait également Albert Jacquard dans un texte, que je vous refilerais bien si j’arrivais à mettre la main dessus, en mettant l’accent sur la notion de transmission sans laquelle nous ne serions pas là dans l’état où nous sommes. Le texte, si j’ai bonne mémoire, s’intitulait Nous sommes tous des héritiers. Le tous, chacun s’accordera dessus, fortement significatif et ne supportant pas l’exception.

Pourtant, « certains » imaginent, allez savoir pourquoi, ne rien devoir à ceux qui les ont précédés, pensent que le monde dans lequel ils vivent est tel maintenant qu’il était auparavant, ou que il se transforme naturellement sans que l’homme y soit pour quelque chose. Perception largement battue en brèche par Fourastié lorsqu’il dit que la nature naturelle est une mère ingrate, que si notre espèce devait se contenter de ce qu’elle offre nous serions rapidement appelés à disparaître, et d’énumérer à notre bénéfice les créations humaines : la salade, le bœuf, ….qui, non entretenues, n’ont pas d’avenir, concurrencées qu’elles sont par la flore et la faune sauvages.

C’est encore ce que décrivait une bande dessinée, Rahan, où il était montré que la persistance de l’homme sur Terre était due à sa réflexion sur son milieu afin de rendre celui-ci plus habitable, à une quête perpétuelle de l’amélioration des relations humaines, et que de cette double démarche l’humanité progressait.  

 

Oui, nous avons une ardoise. Et, le moins que l’on puisse faire, à défaut de pouvoir la payer à ceux qui ne sont plus là et dont nous sommes les débiteurs, c’est de le reconnaître, de ne nous attacher à ne pas laisser dépérir les acquis dont nous profitons. Davantage même, les ayants reconnus, le devoir que nous avons c’est de les transmettre ainsi qu’ils nous ont été légués, les ayant défendus, enrichis de notre participation constructive, à ceux qui sont appelés à nous succéder dans cette chaîne faite de remplacements humains. Car nous appartenons à une chaîne, simples maillons mais ô combien importants, en rien propriétaires, seulement momentanément détenteurs, utilisateurs et responsables de ce que nous avons à passer.

 

Les avancées humaines pour être matérielles sont tout autant dans l’ordre social. Et le temps usé à se battre pour maintenir ces dernières en l’état, pour ne pas laisser se dilapider l’héritage, est le temps perdu à ne pas en faire d’autres. Mais il faut bien se battre, si la malveillance, l’ignorance ou la cupidité, contraignent à devoir défendre, pour les maintenir, les conquêtes passées, comptables de celles-ci devant les générations à venir.

 

Tout ceci suppose une certaine perception de l’espèce humaine, une perception qui considère qu’un groupe n’est pas constitué de la juxtaposition d’individus, de leur simple addition, mais qu’il n’est de groupe que d’individus en relation et en interdépendance, d’individus en responsabilité les uns avec les autres et en coopération.

Entre les êtres humains, écrit Jacques Généreux dans La grande régression, le seul progrès qui compte vraiment, c’est le progrès social, au sens le plus large du terme, c'est-à-dire l’extension de leur capacité à faire société, à vivre bien avec autrui et tous ensemble. Sans ce dernier, le progrès des connaissances et des techniques ne protège aucune civilisation contre une régression et, pire encore, il peut servir à sa destruction. Quand les humains perdent de vue la priorité qui a présidé au processus même de l’hominisation - la constitution et le renforcement de leur alliance -  et s’adonnent au culte de l’accumulation et de la compétition, alors l’essor de leurs techniques n’étend plus que leur capacité à se combattre et à épuiser leur Terre. Ainsi meurent les civilisations,…..

Repost 0
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 06:29

 

                                                                                   ….. il n’y aura plus de livres dans les maisons, dans les familles.

 

Les maisons d’édition envisagent sérieusement la suppression du manuel scolaire, de remplacer le support papier par le support informatique.

« Manuel » signifie qui est manié par l’entière paluche et non du bout des doigts.

Le livre, le vrai, on le feuillette, pages tournées. Une page à droite, une page à gauche, avec un haut et un bas, un avant et un après, toutes choses matérielles, palpables et sensuelles. 

Le livre, le vrai, on revient dessus, en ayant approximativement à l’esprit l’endroit où on va trouver ce qu’on a lu, là, dans la partie haute de la page de gauche, dans le premier tiers du livre, sans avoir à faire avec le défilement de la page rouleau qui n’est plus une page, justement parce qu’elle est un rouleau sans fin et sans repère.

Le livre, le vrai, fleure bon. Il tient bon la route et le creux de la main.

 

Cette forme de « progrès » me laisse sceptique comme jadis m’a laissé dubitatif la montre numérique avec laquelle il n’était plus que d’effectuer, sans comprendre, la lecture écrite de l’heure, donnant ainsi à perdre, de l’avancée des aiguilles (la grande, la petite, et même la trotteuse) la notion du passage du temps (de l’avant, de l’après) et la construction de ce dernier ; raison pour laquelle, je possède toujours une montre à aiguilles, dite analogique, qui, partageant le cadran en quart, moitié et autres possibilités instruit des fractions l’enfant dans son apprentissage, mais aussi des bases en mathématique sans en faire un plat indigeste et inutile comme cela a été le cas il y a quelques années.

 

Le manuel scolaire disparu, ouvrage papier dont on peut dire qu’il est dans bien des cas le seul à entrer dans certaines familles, ça en sera fini de la civilisation du livre. Alors, peut-être, verra-t-on comme dans « Fahrenheit 451 » quelques irréductibles, hommes-livres, femmes-livres, continuer à désirer en posséder, empêchant ainsi, de cette propriété, qu’un jour, une instance supérieure et mal intentionnée, d’un coup de baguette magique ne les en prive en un autodafé radical et sans retour.

En langues issues du latin le « v » et le « b » sont équivalents et se prononcent « b » ; il vient alors à l’esprit, qu’entre livre et libre il y a une affinité qu’il convient de ne pas négliger.

On méconnaît trop l’influence du support sur le contenu. Un livre papier n’est pas l’égal d’un livre informatisé, ce qui ne signifie pas qu’il lui est inférieur. Pour ce qui est du « livre informatique », sa joliesse apparente et bien d’autres pseudo-agréments renvoient à la réflexion du philosophe Alain, dont bien des enseignants et parents devraient faire lecture, et pour qui on n’apprend pas en s’amusant. Et c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un jouet. Parions tristement que le livre informatique va se pourvoir de cette qualité ludique qui fera perdre la notion d’effort nécessaire à tout apprentissage et que les enseignants, attachés à la construction de l’outil plus qu’à la réflexion sur le contenu à dispenser, vont mâcher le travail jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’un lointain souvenir dans la tête de décervelés.

Il faut vivre avec son temps ! Bien sûr ! Mais il ne sert à rien de vivre avec son temps au prétexte qu’il est lorsque celui-ci est régressif.

Les spécialistes de l’enfant diront que ce dernier n’aura plus à porter le sac déformant les dos. On ne mesurera plus le poids du cartable. Il est à craindre qu’on soit également dans l’impossibilité de mesurer le poids du contenu des cerveaux devenus vides de contenu.  

Mais le livre ne disparaîtra pas. Plus exactement il ne disparaîtra pas partout. Il disparaîtra dans les milieux populaires tandis qu’il continuera à exister comme une richesse cachée dans les milieux aisés, offrant et confortant ainsi le pouvoir des uns et l’ôtant aux autres. La disparition du manuel scolaire n’est pas la disparition du livre pour tous mais pour certains.

Repost 0
28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 06:46

Il ne faut pas fumer : cela peut procurer de graves maladies, quelquefois mortelles.

Il ne faut pas boire, cela peut être la cause d’accidents graves et, naturellement, parfois mortels.

Il ne faut pas manger gras, on peut choper du cholestérol et en défunter.

Il faut faire gaffe aux produits laitiers, salmonelle oblige.

………………..

Mais il est recommandé d’aller se faire crever en Afghanistan, en Irak ou ailleurs, profiter de l’occase pour faire passer de vie à trépas, par centaines de milliers d’individus, les populations civiles (enfants, femmes, jeunes et vieux,..) qui        

                                                                           auraient préféré mourir bêtement des effets du tabac, de la boisson, du cholestérol ou de la salmonelle (et qui en meurent comme partout ailleurs).

 

Ah ! ces merveilleuses interdictions concernant nos problèmes sociétaux qui nous donnent à penser que le personnel politique s’occupe de notre bien-être, à oublier le grand mal-être du monde : sida en Afrique, centaines de millions d’individus qui crèvent de faim, qui ne sont pas alphabétisés,….. Ces merveilleuses petites interdictions qui, élevées à un rang supérieur, nivellent les maux humains, mettent sur un plan d’égalité le dérisoire et l’important.

Que la finance crève des milliers de petites gens, les ruine, les conduise au suicide, quelle importance ! Que le chômage augmente, avec lui la misère et la précarité, quelle importance ! Que le droit de grève soit réduit et disparaisse progressivement, quelle importance ! Que l’âge d’accès à la retraite soit repoussé, quelle importance ! Que la pression dans les entreprises soit telle qu’elle provoque stress et suicides, quelle importance ! Que l’eau manque, soit gaspillée, ne soit pas équitablement répartie, devienne la propriété de quelques uns au détriment de tous, quelle importance !

Du moment qu’on a moins de morts sur les routes, qu’on réduit l’impact du cancer, celui du cholestérol, de la salmonelle, tout est pour le mieux.

C’est ainsi que de petites bricoles sociétales passent pour une grande politique et que les grands projets politiques passent à la trappe.

 

En fait tout est une histoire d’intérêt.

Jadis, les mineurs descendaient au fond de la mine et ingurgitaient, avec la bénédiction des maîtres de forges, 8 à 12 litres de vin pour étancher leur soif. Quant aux soldats, ils partent se faire trancher avec leur ¼ de gnole dans la ration.

 

Le jour où nous furent révélés les problèmes sociétaux (dont le traitement est justifié et qui sont de toutes les époques) pour les mettre au devant de la scène politique, tout valant tout, la nouvelle manière politique est née. Elle agit comme un trompe-couillons à l’intérieur des pays développés.

Repost 0
12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 13:55

 

L’intelligence n’est pas un bien réservé. Et surtout pas à ceux qui nous gouvernent.

On a trop tendance à associer le pouvoir, la puissance, la richesse, le rang social à l’intelligence. Ce faisant, on est conduit à penser que ceux qui n’ont pas pignon sur rue ne sont qu’un ramassis de crétins.   

 

Lequel d’entre nous n’a pas dit, parlant de tel : « Il est intelligent », sans savoir à quoi il faisait référence. Et, puisque la personne était  perçue intelligente, il allait de soi que ce qu’elle disait n’était pas contestable. En conséquence, il ne restait plus qu’à admettre son discours (ou son acte) sans davantage d’analyse et de jugement.

 

Il ne s’agit pas de s’insurger contre l’intelligence mais contre le crédit que l’on accorde sans faillir à celui à qui on la suppose.

Il en est souvent ainsi en politique (et ailleurs).

 

En fait d’intelligence il est retenu le « séduisant » de la personne. Voter alors ne consiste qu’à rallier le plus séducteur qui n’est autre que le plus « abuseur », le plus souvent une sorte de bonimenteur de foire. C’est plus tard, voire trop tard, qu’on s’aperçoit que c’est au contenu du discours qu’on aurait dû s’attacher plutôt qu’à la manière d’être de celui qui l’a produit, à son aisance à le tenir. Et, de vrai, il n’est pas rare qu’une personne soit séduisante des habits qu’elle porte, pour autant elle ne vérifie pas les canons de la beauté.

 

De la même manière, on peut être séduit des connaissances de quelqu’un qui, sans aucun doute, ne témoignent pas de l’intelligence mais de ce qui a été appris et retenu. Ce qui signifie que le passage à l’école ne fait pas d’un individu une personne intelligente (de nombreux énarques nous permettent quotidiennement de vérifier cette assertion).

Ce qui signifie aussi, chacun à pu en faire l’expérience, qu’il est des individus qui ne sont pas, ou guère, allés à l’école et qui sont cependant intelligents.

On dira plutôt, parlant de la première catégorie, que cette personne, de son passage à l’école, a acquis le carburant nécessaire au fonctionnement de ce moteur qu’est l’intelligence (qu’elle a ou qu’elle n’a pas) sans pour autant, à ce stade, avoir dit ce qu’est l’intelligence pas plus qu’avoir dit que ce fonctionnement est le bon. Parce que pour contribuer à faire vivre au mieux (de manière intelligente) une société, il y a un bon fonctionnement de l’intelligence à avoir.

 

L’intelligence à laquelle il est référé le plus souvent est, cela dit sommairement, la capacité à la résolution des problèmes ou situations. Ce n’est pourtant pas aussi simple qu’il y paraît. En société la solution à un problème ou une situation dépend du choix politique que l’on fait, aussi cette solution est bonne ou mauvaise (utile ou non) au regard de ce choix.

 

Mais, il est d’autres intelligences. Des intelligences différentes.

Interrogés sur l’intelligence, appelés à la définir, les psy de tous poils et de toutes obédiences ne sont pas d’accord, quelques uns allant jusqu’à dire qu’ils sont bien incapables de dire ce qu’est l’intelligence, car il y en a plusieurs formes, ainsi : l’intelligence sociale, l’intelligence émotionnelle,…...

 

Revenons cependant à l’intelligence première manière, celle la plus communément reconnue, qu’on dit cognitive, logico-mathématique, etc.….Quelle valeur a-t-elle pour la société ? Car bien entendu s’il s’agit de la mesurer en terme de QI, il s’agit encore plus de la mesurer pas seulement en terme d’adaptabilité mais dans cette dimension qui contribue à l’amélioration sociale. C’est que l’intelligence appliquée est inséparable de sa production. Il importe peu de savoir qu’un cambrioleur est intelligent si son acte est mauvais. L’intelligence à l’état brut n’est pas utile socialement parlant, l’existence de la délinquance en col blanc en fait la démonstration. Mais, puisqu’il était question plus haut du carburant (les connaissances) de l’intelligence, il y a une autre dimension que l’on doit ajouter à l’intelligence, dimension sans laquelle elle ne vaut que couic, dimension à plusieurs paramètres : l’honnêteté, la morale, le sens du bien commun.

 

Aussi conviendra-t-il de se méfier de l’intelligence et de ne l’accorder qu’à ceux qui en usent en ayant le souci de tous et donc, qui font preuve, non seulement, de l’intelligence logico-mathématique mais aussi de l’intelligence sociale, émotionnelle,….

L’intelligence ne se définit donc pas en tenant compte uniquement de la personne mais dans la relation entre la personne et la société, rapport qui se conçoit et s’analyse dans la perspective du développement profitable à tous.

 

Repost 0
1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 05:18

 

Essai

 

Il en est qui prétendent être généreux, d’une qualité qui leur serait naturelle, innée en quelque sorte. Ils seraient généreux comme on est blond, ou brun, ou roux ; comme la fonte est cassante, l’eau maritime salée, etc.….

La première observation est de dire que cette générosité ne leur coûte rien, qu’ils n’y sont pour rien. Aussi, pas de quoi s’appesantir.

La seconde est d’indiquer que, présentée de la sorte, la générosité de peut être considérée dans le cadre moral si l’on admet que la morale est une construction, une manière d’être choisie, une règle de conduite dont on s’est pourvu et à laquelle on se plaît d’obéir. S’il en est ainsi de la générosité, il faut bien convenir que l’égoïsme, son pendant, ne peut être blâmé car, lui aussi, à son tour, est naturel, inné, programmé et n’a pas à être examiné du point  de vue moral.

Et pourtant, lorsqu’on dit d’une personne qu’elle est généreuse ou égoïste, c’est bien un jugement moral qui est émis, non le constat d’une qualité inscrite dans l’ADN.   

Poursuivons.

Il en est dont on dit qu’ils sont généreux ou qui se perçoivent comme tels, dont on fait ou qui font valoir le point de vue moral de leur comportement, dans ce cas comme si la morale elle-même leur était naturelle, innée,…. une morale dont l’absence chez les autres établirait l’égoïsme. Une fois encore pas de quoi fouetter un chat de ce qui n’appartient pas à la personne de sa propre volonté. Souscrire à l’idée que la morale serait innée, autant souscrire à cette autre qui serait de considérer Sarkozy comme un être de valeur.

Il en est d’autres qui sont généreux d’une morale reçue du milieu. Dans cette conjoncture, il faut énoncer que leur construction a été telle qu’il leur a été donné de verser dans la générosité comme cela aurait pu se faire dans l’égoïsme si le milieu avait été différent. Ils sont « bons » sans effort, la réflexion à posteriori venant justifier un comportement dont ils sont satisfaits. En parallèle, la personne égoïste peut, à son tour, être satisfaite de son comportement car la satisfaction, de la sorte entendue, renvoie à la notion d’être plein comme un ventre satisfait l’est de la nourriture absorbée dont on a le goût.   

   

Je ne crois guère à la générosité, du moins ainsi présentée. Je prétends que la générosité n’est qu’égoïsme calculé qui procède de l’intelligence.

A la naissance, l’être humain est table rase, vierge de toute prédisposition morale ou pratique, partant vierge de toute générosité ou égoïsme. Tout est une question soit d’éducation soit de réflexion. Entre éducation et réflexion, la préférence allant à la réflexion, l’éducation, au sens apprentissage du terme, faisant penser au dressage (on peut être dressé à n’importe quoi et le « je » n’est pas engagé dans son rôle d’acteur constructeur de la responsabilité), tandis que la réflexion bien conduite (qui ne fait pas l’impasse d’apports extérieurs) est d’une grande prospérité, solidité et salubrité. Observer les dix commandements parce qu’on y a été éduqué paraît offrir des racines bien faiblardes et impersonnelles au regard de celles fortes que l’on se donne en usant de la raison convaincante. 

La pente empruntée, la plus facile à mettre en œuvre, et naturellement appliquée par l’enfant est celle de l’égoïsme. Il agit ainsi lorsqu’il se construit. De sa démarche sommaire, parce qu’il n’est pas fini, c'est-à-dire pourvu des capacités de la réflexion, il chemine en ligne directe ; le « je » et le monde (êtres et choses indistincts) sont préalablement confondus en lui. Sa construction s’effectue dans l’appropriation du monde qui est en même temps distanciation progressive avec ce dernier. Ce n’est que plus tard, ayant établi la séparation entre lui et le hors lui, qu’il pourra effectuer la démarche adéquate lui permettant d’agrandir et de faire valoir son « je » de manière plus complexe et diversifiée, un « je » libéré, autonome et responsable qui fait sa place, autant que faire se peut, au libre-arbitre. Il sera alors devenu adulte. Et c’est l’adulte en formation (préadolescent, adolescent) qui accède à la morale définie comme règle de conduite et qui n’est, somme toute, que pesée de ce qu’il est « bon » de faire dans son intérêt propre, d’autres diront ce qui est « utile » ; « bon » et « utile » n’étant pas également connotés, et, dans ce cas il  faut préférer l’utile.

Naturellement, il est des adultes qui demeurent au comportement enfantin. Ils n’appréhendent pas que l’agrandissement de leur être passe par l’accession à la générosité qui est dépassement de l’égoïsme et distanciation au monde. Ainsi restent-ils des égoïstes à l’état « primaire » (la générosité étant un égoïsme élaboré) parce qu’ils considèrent qu’éviter de donner (et donc garder pour soi) les préserve de perdre, donner étant vécu comme une restriction, une amputation qu’ils se feraient, car on ne possède plus ce que l’on a donné. Ils ne considèrent pas que l’on entre en possession  du don que l’on a fait, possession qui ne serait pas si le don n’avait pas été commis. Cette manière (l’égoïsme « primaire ») est la plus commune. On la trouve dans la compétition sociale qui fait qu’on n’existe pas en soi de son propre regard mais de celui des autres, qu’on n’est pas grand de son être mais de la position que l’on occupe dans la société, qu’on n’est pas grand de sa richesse intérieure mais de celle qui sonne et trébuche. Dès lors ne pas donner c’est préserver son rang, sa fortune, … toutes choses qui, si on souhaite continuer à être dans cette perspective, ne n’existent que par comparaison. Je suis parce que je suis davantage que l’autre, qu’importe alors si je ne suis pas beaucoup du moment que je suis au dessus de l’autre. Piètre calcul, si on a un véritable intérêt pour sa personne.

 

Voyons les choses différemment. Si je suis un égoïste intelligent (ce qui n’est pas malsain comme on va le voir), mon intérêt est de poursuivre mon agrandissement. Comment faire ?

Considérons un instant cette réalité que le niveau personnel dépend de celui de la société dans laquelle on baigne. Plus le niveau de la société progresse plus le individuel augmente. Il en est ainsi d’un bateau à l’écluse, il monte ou descend du niveau de l’eau qui le porte. L’intérêt ne peut donc être enlever à l’autre mais bien de lui donner, de lui apporter. L’intérêt n’est pas d’empêcher l’autre d’accéder à davantage, mais de l’y aider. Si je pense intelligemment à moi, à mon agrandissement personnel, je ne peux concevoir l’autre (les autres) que lié à moi-même dans la progression. Je donne certes à l’autre (ce qu’on appelle la générosité) mais ce don (quelle qu’en soit la nature) je sais qu’il viendra en conséquence m’accroître. A l’inverse si je refuse de donner, de partager, j’amoindris la société, certes je serais - ou j’espère être - davantage que l’autre mais je m’abaisserai de son affaissement.

Aussi, je propose que nous n’agissons pas par générosité mais par une forme d’égoïsme bien formé.

 

Appliquons maintenant ce qui vient d’être dit à la conception que l’on peut avoir du rôle de l’Etat, aux politiques qu’on veut ou pas lui voir mettre en œuvre.

Les uns, les libéraux, souhaitent un Etat restreint aux fonctions régaliennes (sécurité, armée,…), leur credo est moins d’Etat, le ressort de leur manière d’être est l’égoïsme « primaire », ils considèrent que payer des impôts, partager, développer l’éducation pour tous, la santé pour tous, l’emploi pour tous, le service public pour tous, ….. n’est pas une nécessité. Il leur suffit de savoir qu’ils sont au dessus du panier et tiennent l’argument qu’il n’est pas interdit à chacun de vouloir et d’être au dessus du panier, sans se rendre compte d’ailleurs qu’ils se pourrait fort bien, qu’un jour, leur descendance n’appartienne plus au dessus du panier (en cela ils font preuve d’absence d’horizon temporel). Ils ont cette idée que ce qu’ils pourraient donner du trop qu’ils ont est une perte pour eux. Mieux, ils ont, coincé dans un méandre mort de leur cerveau, cette vision qu’ils sont grands de l’écrasement des autres, en conséquence de quoi, on l’a dit, ils sont moins grands que ce qu’ils auraient pu être s’ils avaient consenti à un développement profitable à tous.

Les autres, à l’inverse, conscients qu’ils sont à l’image du bateau qui flotte à la surface de l’eau, ont conscience que c’est bien du niveau général de la société qu’ils existent mieux ou moins bien, en conséquence de quoi, pour assurer le mieux profitable, leur volonté est de promouvoir une politique dans laquelle l’Etat (parce qu’il est hors des intérêts privés) doit investir (et s’investir) dans tous les champs dont l’intérêt privé (l’égoïsme primaire) n’a que faire mais où l’intérêt général est gagnant.

Pour les uns la société est l’addition et la juxtaposition d’individus sans liens entre eux, pour les autres un être collectif dont les composants individuels sont en interdépendance.  

On comprendra aussi que ces 2 manières divergentes de concevoir l’égoïsme ont pour l’une un fondement individualiste (mal compris), pour l’autre un fondement collectif incontournable. Façon de dire qu’on n’est pas de gauche par fantaisie ou supplément d’âme  mais par intelligence.

 

         

Repost 0
31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 05:09

A vous de juger! 

 

Un village de l’Aude : le paquet à 1 euro               soit : 6,56 francs

Un autre village de l’Aude, plus important :

  • 1ier lieu : 1, 1 euro                                                   soit : 7,21 francs
  • 2ième lieu : 1,1 euro                                                  soit : 7,21 francs

Une ville de l’Ariège : 1,2 euro                              soit : 9, 44 francs

Un lieu proche de cette ville de l’Ariège: 1,2 euro soit : 9,44 francs

 

De retour de vacances, je demande à A s’il consent à répondre à cette question : « Faites vous un bénéfice sur  les paquets de feuillets que vous vendez 1 euro car j’ai constaté qu’ils coûtaient largement plus cher ailleurs ? ». Réponse : « Oui, pas de problème ».

Repost 0

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche