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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 20:18

Les milices des « voisins vigilants » prolifèrent. La peste s’étend. Partout. En France. Mais également dans l’Aude. Ça sent mauvais. Une odeur de pourriture.

Villemoustaussou, Trèbes, Limoux,…. D’autres villes et villages. Municipalités de droite et de la pseudo gauche jouent coude à coude. Partagent la même valeur, ou plutôt la même non-valeur. Prétendent-elles faire la nique au FN qui joue sur le sentiment d’insécurité que, ce faisant, elles accréditent ses idées. Et nul pour s’insurger devant cet avilissement de la société qui nous est servi, proposé ; bien au contraire !

Voici le lien du site de la mairie de Villemoutaussou : http://www.villemoustaussou.fr/. Allez à : vie citoyenne, puis sécurité police, participation citoyenne/voisins vigilants, et vous accèderez au guide des membres si vous en avez le goût. Bon appétit !

Si les élus mettaient autant de pugnacité et d’ardeur à tenter d’éduquer, il ne serait nul besoin d’établir de telles fiches qui heurtent l’entendement de l’honnête homme et ils ne s’abaisseraient pas à proposer tant de bassesse.

« Nos époques sont celles de la disparition et de l’instrumentation du courage. Or ni les démocraties, ni les individus ne résisteront à cet avilissement moral et politique.

Comment reformuler une théorie du courage, résister à la capitulation et à ses légitimations perpétuelles ? Sans doute, en interrogeant la dialectique sourde qui unit, désarticule les matrices individuelles et collective ; qui rappelle qu’il n’y a pas de courage politique sans courage moral, et que la fin de la négociation avec l’inacceptable et le désarroi qu’il engendre s’appuient nécessairement sur la reconquête de fondamentaux personnels et collectifs », dit Cynthia Fleury* dans son livre : La fin du courage.

Le courage ! C’est ce qui manque à nos élus. Le courage et le sens moral. D’élu ils ne le sont que du fait de l’élection, pour le reste ils n’ont pas qualité.

*professeur de philosophie. Maitre de conférences à l’IEP de Paris. Chargée d’enseignement à L’école Polytechnique.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 09:21

 

Pourtant c’est ce qui est fait, tous les jours au tribunal. A un gamin on dit : « C’est bien ! » ou « C’est mal ! », parce qu’il faut bien lui dire ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Et on voudrait, au prétexte confus, que l’adulte échappe à cela.

 

Juger, c’est avoir du jugement, et on attend de chacun qu’il en ait. Qu’il pèse une situation. Comme on attend de chacun un peu de sens moral, et du jugement : cette faculté de l’esprit qui permet de distinguer le bien et le mal.

 

Et si le refus de juger était le fait d’une morale vacillante. Une faiblesse de classe, ou de caste, ou corporative. Ou que sais-je encore. L’humeur d’un esprit mal établi. Le fait qu’on se re-connaît dans celui qui est ainsi désigné. Le fait aussi qu’on ne souhaite pas d’embrouille. Une forme de lâcheté en quelque sorte. Car, il faut bien se rendre à cette évidence, celui qui refuse de juger refuse par la même occasion de reconnaître les conséquences de l’acte qui consiste, en la circonstance, à léser de cet argent qui provient de l’impôt ceux à qui il aurait été profitable. S’attacher au sort fait à Depardieu pour ne pas le juger c’est négliger de penser aux autres envers lesquels il commet un tort.

 

Juger, c’est reconnaître l’autre. Le rétablir dans l’humanité à laquelle il s’est soustrait. Seuls les êtres humains sont condamnables, pas les animaux. Alors, il faut choisir.

 

Depardieu, dans tout cela ? L’arbre qui cache la forêt.  

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 16:35

 

Il y aura toujours une belle âme pour trouver que…

Il y a toujours quelqu’un qui n’a pas envie de se mouiller. Comme disait Brassens : « Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con on est con ».

 

Aussi, je salue Sardou, à droite, qui s’est manifesté au nom de la France ; à gauche Torreton au nom du peuple.

Les autres se contenteront d’aller chanter la misère,….pour se dédouaner. Chacun son truc !

 

Quand la colère sort des tripes et s’allie au cœur et à l’intelligence, voilà ce que ça donne :


 

 

Alors Gérard, t’as les boules ?

17 décembre 2012 à 19:26

Par Philippe Torreton; Comédien

Tu ne veux plus être français…? Tu quittes le navire France en pleine tempête ? Tu vends tes biens et tu pars avec ton magot dans un pays voisin aux cieux plus cléments pour les riches comme toi ? Evidemment, on cogne sur toi plus aisément que sur Bernard Arnault ou les héritiers Peugeot… C’est normal, tu es un comédien, et un comédien même riche comme toi pèse moins lourd ! Avec toi, on peut rattraper le silence gêné dont on a fait preuve pour les autres… C’est la nature de cette gauche un peu emmerdée d’être de gauche.

Mais Gérard, tu pensais qu’on allait approuver ? Tu t’attendais à quoi ? Une médaille ? Un césar d’honneur remis par Bercy ? Tu pensais que des pétitions de soutien de Français au RSA allaient fleurir un peu partout sur la Toile ? Que des associations caritatives allaient décrocher leur abbé Pierre, leur Coluche encadrés pour mettre ta tronche sous le plexi ? Le Premier ministre juge ton comportement minable, mais toi, tu le juges comment ? Héroïque ? Civique ? Citoyen ? Altruiste ? Dis-nous, on aimerait savoir…

Le Gérard «national», le rebelle de Châteauroux, le celui qui, s’il n’avait pas rencontré le cinéma, serait en taule à l’heure qu’il est comme tu le disais, le poète de l’écran la rose à la main quand ça devait faire bien d’en avoir une, qui nous sort un «c’est celui qui le dit qui y est»… Tu prends la mouche pour un petit mot et tu en appelles au respect, comme le fayot dans la cour de récré… Tu en appelles à tes gentils potes de droite pour que le grand méchant de gauche arrête de t’embêter… Tu voudrais avoir l’exil fiscal peinard, qu’on te laisse avoir le beurre et l’argent du beurre et le cul de la crémière qui tient le cinéma français… Tu voudrais qu’on te laisse t’empiffrer tranquille avec ton pinard, tes poulets, tes conserves, tes cars-loges, tes cantines, tes restos, tes bars, etc.

Et nous faire croire en tournant avec Delépine qu’un cœur social vibre encore derrière les excès et les turpitudes de l’homme… Nous faire avaler à coups de «han» de porteur d’eau que tu sèmes dans tes répliques trop longues, que l’homme poète, l’homme blessé, l’artiste est encore là en dépit des apparences… Le problème, Gérard, c’est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé : celui du «je pense qu’à ma gueule», celui du fric, des copains dictateurs, du pet foireux et de la miction aérienne, celui des saillies ultralibérales…

Tout le monde ne peut pas avoir l’auréole d’un Rimbaud qui, malgré ses trafics d’armes, fut et restera un poète… à jamais. Toi, tu resteras comme un type qui a fait une belle opération financière sur le cinéma français, un coup de Bourse, une OPA… Tu as transformé tes interprétations les plus réussies en stratégie de défiscalisation. Il doit y en avoir un florilège de répliques que tu as jouées et qui résonnent bizarrement maintenant !

Des répliques de poète, d’homme au grand cœur, d’yeux grands ouverts sur la misère du monde, orphelines de pensée et violées par leur interprète, parce que l’homme a les rognons couverts, mais l’acteur a fait faillite… L’homme est devenu riche mais sa fortune lui a pété à la gueule. Tu sais, ces gros pets foireux dont tu te vantes et que tu lâches sur les tournages en répondant à tes 12 téléphones au lieu de bosser ?

Tu votes pour qui tu veux, et tu fais ce que tu veux d’ailleurs, mais ferme-la, prends ton oseille et tire-toi, ne demande pas le respect, pas toi ! Sors de scène, Montfleury, «ce silène si ventru que son doigt n’atteint pas son nombril !» Et puisqu’on est dans Cyrano, te rappelles-tu de cette réplique, mon collègue, qu’il adressait à De Guiche sauvant sa peau au combat en s’étant débarrassé de son écharpe blanche ? Il demande à Cyrano ce qu’il pense de sa ruse et ce dernier lui répond… «On n’abdique pas l’honneur d’être une cible.» Tu t’en souviens ? Tu devrais… En ce temps-là, tu apprenais ton texte…

On va se démerder sans toi pour faire de ce pays un territoire où l’on peut encore, malgré la crise, se soigner correctement, où l’on peut accéder à la culture quelle que soit sa fortune, où l’on peut faire des films et monter des spectacles grâce à des subventions obtenues en prélevant l’impôt… Un pays que tu quittes au moment où l’on a besoin de toutes les forces, en plein siège d’Arras, sous les yeux des cadets médusés…  

Adieu.

 

 

 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 06:03

Ainsi êtes-vous catalogué musulman si vous êtes arabe, l’habit faisant le moine. Mais arabe, tout aussi bien vous auriez pu être athée ou catho ou autre chose encore. Cela n’est pas sans exister.

 

Moi-même, de tournure européenne, dois-je être d’apparence chrétienne tandis que je ne le suis pas.

 

C’est le jugement au facies dont il faut rappeler à qui l’aurait oublié que c’est un délit nommée également délit de sale gueule.

 

D’ici que sur la carte d’identité soit mentionnée la religion, juste à côté de français, il n’y a qu’un pas. Ainsi, serez-vous, selon le cas, au pays où les hommes naissent libres et égaux, un peu plus français ou un peu moins.  

 

Français ! Cela devrait-être suffisant. Pour certains, cela ne semble pas l’être.

 

« Taisez-vous, monsieur le Président ». http://www.rue89.com/2012/03/27/le-pere-dun-

soldat-tue-sarkozy-soyez-digne-taisez-vous-230605

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 07:19

 

Une jeune fille s’interroge sur les « vieux » et la place qui leur est accordée dans notre société. Ecoutons là ! Cela nous aidera, peut-être, à grandir.

Exergue

 

http://www.dailymotion.com/video/xo3yv5_il-fait-si-bon-vieillir_webcam

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 06:36

Je suis d’une époque, malheureusement désormais disparue, de la pratique épistolaire. Mes amis ne sont plus. Aussi le goût que nous avions pour cette manière d’échanger et de nous rencontrer.

Sur sujets graves ou légers, nous passions les uns et les autres, beaucoup de temps à confectionner ce que nous nous proposions de nous offrir. Et si nous avions des différents, quelquefois de taille, ils étaient exprimés avec la retenue qui s’avère utile si on entend perpétuer le dialogue.

Cela était si important que j’ai conservé la plupart des lettres reçues comme copie de celles envoyées.

C’était l’époque du temps long. Certes parce que nous étions attentifs à notre propos, peut-être également parce que les moyens techniques dont nous disposions nous préservaient de cette réactivité qui gâte les rapports humains.

A l’écriture du blog, j’ai gardé de cela. S’il m’arrive de diffuser rapidement une production, j’évite de le faire. A la relecture 1 ou 2 jours plus tard, un autre esprit s’applique tant sur le contenu que la manière, et m’enjoint parfois de mettre la production à la poubelle. Et pourtant le blog ne participe pas véritablement à l’échange épistolaire.

Mais ce n’est point du blog dont il est question là. Mais de ce qu’on appelle le courrier internet.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 07:45

 

Une analyse du système scolaire que j’aurais souhaité lire il y a longtemps.

J’ai, alors que j’étais en activité, développé, jusqu’à lasser, oralement et par écrit, ces mêmes observations (et d’autres) auprès de mes collègues. En vain.

Il en est qui se considéraient comme des spécialistes de la chose pédagogique –et, sûr, ils étaient pointus dans ce domaine- sans entretenir une réflexion sur l’homme et le monde, à la suite : quelle est la finalité première de l’enseignement ? Le désir d’être dans le vent des nouveautés pédagogiques, celui de travailler dans le respect des injonctions qui étaient faites était plus fort que tout. Faire de l’élève un apprenant, le placer au centre de l’activité pédagogique, en faire un acteur de son apprentissage, tels étaient les termes et expressions séducteurs qui masquaient la question essentielle à laquelle il n’était pas répondu : pourquoi j’enseigne ? Faire du futur adulte un être adapté, anesthésié et docile ou un être adapté, critique et libre ? Et, paradoxe, aucun ne pensait mal faire, d’autant que chacun était éduqué, sinon formaté, au rouleau compresseur de la pensée révélée. Il fallait pour penser « l’école » et œuvrer des esprits libres ou libérés de toute appartenance au moment.

D’autres, plus clairvoyants quant aux dérives du système, écœurés, avaient baissé les bras et venaient faire strictement leurs heures de travail sans ce supplément d’âme qui fait le métier d’enseignant.

Et pour la dernière catégorie d’enseignants, ils luttaient contre les courants contraires, sachant qu’ils ne l’emporteraient pas de sitôt, mais qu’il fallait tout de même lutter, remonter sans cesse le rocher qui descend sans cesse.

Là, à cet instant, ma tripe se noue. Replongé dans ce qui a été ma vie 40 ans durant. Cet article indique, peut-être, que le vent tourne. Enfin ! Et qu’on va se mettre à réfléchir. Eduquer, enseigner, oui. Mais pourquoi ? Après on choisira la manière. On adaptera l’outil convenable.

On trouvera une explication de cette dérive du système scolaire au chapitre 3, intitulé : Gouverner au résultat, du livre  Pourquoi désobéir en démocratie ? de Orgien et Sandra Laugier aux  Editions La Découverte.

Exergue

 

 

 

LIBERATION - Le 22 octobre à 0h00

 

INTERVIEW

 

A la botte de l’économie, le système scolaire se serait lancé dans une course à la compétitivité. Une mutation que déplore le sociologue Christian Laval, dénonçant le déclin de la pédagogie et un surcroît d’inégalités.

Suppressions de postes, résultats des élèves en baisse, enseignants désorientés… L’éducation sera l’un des sujets de la campagne présidentielle et la Nouvelle Ecolecapitaliste - le livre de Christian Laval (1), Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux - tombe à point pour le nourrir. Les auteurs, enseignants et chercheurs, analysent les transformations en profondeur entraînées par le néolibéralisme dans le système éducatif. Christian Laval, professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, revient sur les mécanismes ayant conduit à une redéfinition des missions de l’école au service de l’entreprise et plaide pour un renouvellement de la pensée sociologique.

 
Vous décrivez une «nouvelle école capitaliste» soumise à la concurrence, gérée comme le privé et au service de l’économie : est-elle née sous Sarkozy ?

Non, ce serait une grande erreur de le croire. Le sarkozysme a accéléré et rendu plus visibles les transformations néolibérales ou, pour appeler un chat un chat, la mutation capitaliste de l’école. Mais elles étaient amorcées depuis longtemps en France et à l’étranger. Le programme de transformation de l’université française a ainsi été ébauché à la fin des années 90, puis a commencé à s’appliquer au début des années 2000, avant d’être parachevé avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy et la loi sur l’autonomie des universités [la LRU, votée en août 2007, qui avait suscité un vaste mouvement de protestations, ndlr]. Bien au-delà de la finance et des marchés de biens et services, le néolibéralisme a progressivement touché toutes les institutions, y compris l’école, notamment avec l’apparition du nouveau management public, c’est-à-dire avec l’importation des techniques managériales du privé dans les services publics

 
Vous dénoncez la concurrence qui a gagné l’école, les compétences qui ont remplacé les connaissances et l’obsession de l’employabilité : ce sont les caractéristiques de l’«école capitaliste» ?

Oui, c’en sont des aspects majeurs. D’abord, les missions de l’école et de l’université ont été progressivement redéfinies. Les systèmes éducatifs ont été sommés de justifier les dépenses qu’on leur consacre par un «retour sur investissement» de nature économique. Cela devient la préoccupation exclusive de cette nouvelle école : elle est au service de l’économie et doit s’intégrer à la course à la compétitivité et à la productivité. Logiquement, elle doit donc s’organiser selon le principe de la concurrence et faire sien l’impératif de «performance». Ces nouvelles dimensions sont progressivement devenues une norme évidente, une sorte de rationalité incontestable qui a conquis les esprits. Experts, administrateurs, responsables politiques, certains syndicats minoritaires ont même vu dans cette adaptation au monde moderne la solution à tous les maux de l’école. Ces transformations ont touché au cœur du métier enseignant. Elles ont entamé profondément un système de valeurs partagées, l’idée ancrée chez les enseignants que leurs missions dépassent le cadre d’un métier ordinaire, leur sens de l’intérêt général… Ils ont eu l’impression d’être dépossédés de leur métier par un flot torrentiel des réformes.

Le concept d’employabilité est au cœur de vos critiques : pourquoi ?

Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du «capital humain». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement. Prenons le «socle commun de compétences» [introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances]. Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.

 
Mais est-ce critiquable que les jeunes veuillent des débouchés à la fin de leurs études ?

Certes non, et ce n’est pas nouveau. L’école républicaine avait idéalement trois missions - former l’homme, le citoyen et le travailleur. Il est normal que dans une économie où près de 95% de la population ne dispose pas de ses propres outils de travail, le souci de l’insertion professionnelle soit constant, surtout en période de chômage important des jeunes. Mais nous tombons dans un écueil : celui de réduire la mission de l’école et de l’université aux débouchés professionnels, à partir d’une définition utilitariste des contenus d’enseignement. Or, une solide formation intellectuelle ne nuit pas à l’emploi, bien au contraire. Mais avec la logique des compétences, on définit ce qu’il faut acquérir aux différents âges en vue de l’employabilité à 16 ans. Comme si les usages de la force de travail par les employeurs devaient imposer à l’école ce qu’elle devait transmettre. Ce sont les économistes, notamment ceux des institutions internationales, qui définissent les fonctions et les missions de l’école. Il s’agit là d’une rupture majeure.

Comment ces changements conduisent-ils au creusement des inégalités constaté aujourd’hui ?

Avec le consensus ambiant, il paraît normal à beaucoup que les établissements doivent être en concurrence, attirer les meilleurs élèves et étudiants, faire de la publicité pour leurs formations, trouver le plus d’argent possible. Or, tout cela a des effets inégalitaires et conduit à une polarisation sociale des établissements, de plus en plus assumée dans le supérieur et de plus en plus évidente dans le primaire et le secondaire.

Ces changements - la concurrence généralisée et la transformation entrepreneuriale du système - ont accentué et renouvelé les mécanismes de la reproduction sociale en donnant à l’argent et aux réseaux familiaux un poids grandissant. Les classes favorisées assurent leur reproduction plus efficacement qu’avant. Ce ne sont plus les voies nobles de l’élitisme républicain - comme l’Ecole normale supérieure - qu’elles privilégient. Ce sont désormais HEC et les écoles commerciales qui attirent les meilleurs élèves, y compris dans les filières littéraires. Nous vivons la grande revanche de l’argent sur la culture.

Depuis vingt ans, les politiques éducatives d’inspiration néolibérale ont ainsi aggravé les inégalités comme le montre le recul de la part des enfants des classes populaires à l’université. La concurrence entre établissements et la libéralisation de la carte scolaire ont encouragé l’apartheid scolaire. Rappelons que les deux finalistes, de droite et de gauche, à la présidentielle de 2007 [Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal] étaient favorables à la suppression ou, au moins, à un très grand assouplissement de la carte scolaire.

 
La gauche ne se distinguerait pas de la droite ?

Ces vingt ou trente dernières années, le néolibéralisme s’est imposé comme une norme aux gouvernements de droite comme de gauche. La droite a été la plus agressive dans la réforme néolibérale, jusqu’à affaiblir aujourd’hui gravement le système éducatif. La gauche au pouvoir n’a jamais remis en question le nouveau modèle managérial et concurrentiel, bien au contraire. Elle n’a pas voulu comprendre que la transformation des systèmes publics par les principes du management était l’une des formes de déploiement du capitalisme contemporain. Celui-ci ne se contente pas de déréguler les marchés de biens, du travail et des capitaux. Il transforme aussi l’action publique. Il la «met en marché», c’est-à-dire y impose la logique de la concurrence et le modèle de l’entreprise. Cette «marketization», comme disent les anglo-saxons, est aujourd’hui le cœur de la transformation de l’école et de l’université.

 
Il n’y a donc pas de vision alternative de l’école à gauche…

La pensée de la gauche dite de gouvernement s’est effondrée en matière d’éducation. Il suffit de regarder ce que propose le PS pour s’en apercevoir. La question d’un projet alternatif se pose avec urgence aux partis, aux syndicats et aux associations. Depuis les années 80, on assiste à un morcellement des réflexions et à une profonde dépolitisation de la question scolaire. Les considérations se sont technicisées. Elles portent sur l’organisation scolaire et la pédagogie sans plus aucune référence à un projet d’émancipation. Dans ses plus grands moments - il suffit de penser à Jaurès -, la pensée progressiste sur l’éducation avait construit un projet de transformation en articulant une vision de la société, une mission pour l’école, une définition du métier enseignant et une orientation de la pédagogie.

Comment voyez-vous «l’école post-capitaliste» que vous appelez de vos vœux ?

Vaste chantier. Qu’est-ce qu’une école démocratique ? Premièrement, c’est une école qui réduit les inégalités entre les enfants des différentes classes sociales. Mais elle ne peut le faire qu’en étant partie prenante d’un grand mouvement de réduction des inégalités dans toute la société.  Jaurès disait en substance : «Nous ne ferons pas l’école socialiste au milieu de l’océan du capitalisme.» C’est encore vrai. Une école démocratique ne pourra vraiment se développer que dans une société où l’égalité sera promue comme valeur essentielle.

Mais comment faire plus d’égalité?

Tout est revoir sous cet angle : les méthodes d’enseignement, les contenus, l’articulation des niveaux d’enseignement, la mixité scolaire des établissements. Deuxièmement : dans la perspective d’une telle société démocratique, l’école doit former des individus ayant des outils communs de compréhension du monde, en particulier sur le plan social et économique. Elle doit leur fournir des instruments de jugement moral et politique qui leur permettent d’être les citoyens de «la démocratie réelle», selon l’expression des Indignés. La lutte contre les inégalités sociales et économiques est inséparable de la lutte pour la démocratie politique effective. Cela suppose une société où le capitalisme ne régnerait pas en maître absolu comme aujourd’hui.

 
Vous ne seriez pas un peu nostalgique de l’ancienne école ?

En aucune façon. On taxe toujours un peu vite de passéistes les gens qui critiquent les réformes, ou plutôt les contre-réformes actuelles pour mieux justifier son propre aveuglement ou sa soumission à l’ordre néolibéral. Il s’agit pour nous d’échapper au débat stéréotypé entre les «pédagogues» supposés modernes et les «républicains» que l’on dit nostalgiques d’un âge d’or de l’école. La réinvention de l’école démocratique mérite mieux qu’un retour à de vieux conflits.

(1) Il a aussi signé la préface de «l’Ecole en Europe, politiques néolibérales et résistances collectives», sous la direction de Ken Jones, La Dispute, 2011.

VÉRONIQUE SOULÉ

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 05:55


L’espoir demeure. L’interdiction ne concerne peut être que la cigarette. Imaginez qu’il en soit également de la pipe ! Je vois d’ici le panneau approprié apposé sur le mat de la Crs qui surveille la plage. J’entends le maître nageur intervenir au haut-parleur : « Hep ! Là-bas. Pas de pipe ! ». « Mais, mais…. », dit-il dit-elle, rougissant rougissante, pris prise en train de mâchouiller la partie adéquate de l’objet incriminé. « Pas de pipe ! ».

 

Ainsi en a décidé à la Ciotat, pour une plage, le maire UMP. Interdiction de fumer ! Voilà où nous entraine le déclin du PC. Interdiction de s’en rouler une entre les doigts habiles. Interdiction de chiquer et de recracher. Interdiction de se payer un bon cigare ! Barreau de chaise ou cigarillo, selon ce qu’il y au présentoir estival. Merde, alors !

 

Il n’y a pas mieux qu’un libéral pour déréguler l’économie, réguler la vie des citoyens. Un de ces gars que l’on appelle, aux States, un néocon, label usité sans vergogne et à juste titre par le philosophe espagnol Fernando Savater, et dont il faut prendre garde de ne pas en détourner le sens car néocon ne signifie rien d’autre, vous vous en seriez douté, que néoconservateur et surtout pas autre chose.

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 09:03


 

Après « Le Monde selon Monsanto » la journaliste Marie- Monique Robin présente le film  « Notre poison quotidien »  sur les produits chimiques présents dans nos aliments.


http://www.cratzy.fr/mediaplayer/000054.html

 

Ce film passera également sur Arte le 15 mars prochain. Il vous appartient d’en informer votre entourage.

 

Ci-dessous, le texte  qui accompagne   le film.

 

« Elle (Marie-Monique Robin) n’hésite pas à utiliser le mot « poison » pour désigner les multiples conservateurs, colorants, antioxydants, résidus de pesticides et autres produits chimiques qui traînent dans nos assiettes. Pour Notre poison quotidien, elle a enquêté sur les substances chimiques présentes dans l’alimentation.

Sont-elles responsables des maladies qui frappent les pays développés (cancers, diabète, obésité, maladies neuro-dégénératives,….) ?

La règlementation protège-t-elle efficacement les consommateurs ?

 

Des effets collatéraux au nom du progrès.

De la MSA (Mutualité sociale agricole) à l’OMS (Organisation mondiale de la santé), Marie-Monique Robin a recueilli les témoignages de tous les experts impliqués dans le système de règlementation, la recherche ou l’utilisation de produits chimiques. Et les a mis face à leurs contradictions : les décisions de l’OMS basées sur des études confidentielles fournies par les industriels, l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) qui emploie des experts également des salariés des entreprises utilisant des produits chimiques, les listes de produits cancérigènes du Circ (Centre international de recherche sur le cancer) qui ne correspondent pas aux conclusions de certains de leurs rapports……

« La littérature scientifique est polluée par des études faites sur mesure pour l’industrie », dénonce Marie-Monique Robin. Et lorsque les autorités, Efsa ou OMS, tentent de fixer des limites de consommation des produits chimiques, « doses journalières admissibles » ou « limites maximales de résidus », la complexité de la tâche les transforme en « acrobates des limites » : « Nous sommes dans une société du risque où nous acceptons des effets collatéraux au nom du progrès », analyse Marie-Monique Robin.

 

Un effet cocktail encore mal connu.

Si « la dose fait le poison », il semble qu’aujourd’hui nous ne sachions même plus quelle dose nous ingérons réellement. Les réglementeurs « font de leur mieux », comme l’avoue une experte de la FAO (organisation pour l’agriculture et l’alimentation des Nations Unies) mais les controverses autour du Bisphénol A ou de l’aspartame prouvent que leurs effets sur la santé humaine sont encore mal connus ou minimisés. L’ « effet cocktail » des centaines de substances mélangées dans l’alimentation est encore flou. Alors que l’OMS a qualifié d’ « épidémies » l’augmentation du nombre de cancers dans les pays développés depuis une trentaine d’années, Marie-Monique Robin veut démontrer qu’il n’est plus possible aujourd’hui que les produits chimiques présents dans l’alimentation n’y sont pas liés. En prenant notamment pour preuve les agriculteurs, victimes « à la source » des produits phytosanitaires, qui sont de plus en plus nombreux à affirmer que les cancers ou les maladies neuro-végétatives dont-ils sont victimes sont causées par les pesticides.  

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 06:08


Un an, ce 14 février, que le blog Exergue existe.

 

Le nombre de lecteurs comme celui des articles lus me confortent quant à la nécessité de cette entreprise*.

 

Ce blog a navigué au gré des évènements avec cette difficulté que pour le conduire il fallait dominer techniquement l’outil, ce dont je suis parfaitement incapable. Un blog collectif, aux objectifs parfaitement définis, aurait été plus adéquat et performant.

 

Il correspondait à diverses idées.

-          La 1ière étant de montrer que si 1 seul pouvait quotidiennement produire du contenu un an durant, cela devait être encore plus facile à plusieurs.

-          La 2ième c’est qu’il appartient à chacun de nous de reprendre en charge la parole et le discours, que ceux-ci ne sont pas la propriété de quelques uns, élites ou leaders. Se redonner la parole étant se libérer des réflexions importées, se nourrir de nous mêmes sans attendre la becquée.

-          La 3ième c’est que chacun de nous peut-être un passeur. Passeur de ce qu’il sait, a réfléchi, a lu,….et que c’est de cet échange et des idées creusées par l’un proposées à l’autre que se fait l’éducation populaire et se développe la démocratie. Ainsi une éducation populaire interactive faite de partage.

-          Enfin, un blog, qui plus est se voulant départemental, est la voix qui résonne et donne à exister sur un territoire reconnu portant une identité. Un blog que chacun attend chaque jour comme on boit le café le matin. Que quelques jours passent sans qu’il soit alimenté, le public s’en détourne car il ne remplit plus sa fonction.

 

Je m’étais fixé pour objectif de tenir un an. Voilà qui est fait. Je me rends à cette évidence que personne n’est guère intéressé par ce type d’engagement de participer à un blog qui se veut un outil dont on a pensé préalablement le contenu et non quelque chose que l’on fait parce que ça se fait.

 

Le blog continuera à exister (cependant de manière moins exigeante), mais désormais pour ma seule satisfaction, car il m’oblige à la réflexion écrite permanente, ce qui a une utilité certaine. J’ai, sans nul doute, émis parfois (ou souvent) des âneries. Je fais mienne cette idée de Baudelaire qui revendiquait le droit à la connerie car c’est en courant le risque de celle-ci que l’on progresse.  

 

*En 10 mois (après avoir ôté les vacances d’été, les vendanges et Noël) : 11128 pages vues pour 5753 visites. Journée record : 316 pages vues. Mois record : 1932 pages vues. Qui plus est au fil du temps l’audience augmente.

 

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