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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 17:48

 

En cliquant sur le lien ci-dessous vous aurez, en vidéo, l'analyse par Gérard Filoche de la réforme des retraites.

 

Il lui reste à convaincre la majorité du Parti socialiste dont il est membre.

 

Sachez également que le Ps après avoir dénoncé des "réformes" élaborées et mises en place par des gouvernements de droite, n'est jamais revenu dessus en accédant au pouvoir.

A bon entendeur, salut !

 

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xcwzc2_reforme-des-retraites-lanalyse-de-g_news

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 06:55

 

Retraites : les mensonges du gouvernement

 

www.lepartidegauche.fr

Secteur Etudes du Parti de Gauche

 

Le Document d'Orientation sur la Réforme des Retraites n'apporte pas de révélations majeures sur ce que sera cette réforme. Le gouvernement a choisi l'augmentation de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de la retraite depuis le début et s'y tient. Mais aucune piste n’est vraiment détaillée ce qui permet à la droite d’empêcher la mobilisation sociale de se cristalliser.

Les arguments du gouvernement restent les mêmes et reposent sur de nombreuses inexactitudes et utilisations partielles et partiales de données économiques et démographiques.

 

Le grand écart entre 2020, 2030 et 2050

Le gouvernement se fixe l’objectif de garantir l’équilibre à « 2020 ou 2030 » alors que toute sa communication depuis un mois s’appuie sur des projections à 2050 aussi alarmistes que fantaisistes. Après un mois de matraquage sur les 100 milliards par an à trouver à échéance 2050, on découvre que le gouvernement ne prétend en fait que s’occuper de l’échéance « 2020 ou 2030 » … ce qui d’ailleurs reste très flou puisque le besoin de financement correspondant fluctue entre 45 et 70 milliards par an ! On voit ici que l’équilibre des comptes n’est pas en réalité la préoccupation du gouvernement. Il se contente d’utiliser les déficits pour durcir sa politique dans un sens plus libéral.

Ce nouvel engagement de maintenir l’équilibre à 2020 est cocasse alors que la loi Fillon de 2003 prétendait déjà « rééquilibrer le système d’ici 2020 » (l’exposé des motifs du projet de loi disait « le projet de loi présenté par le gouvernement permet de rééquilibrer le système d’ici 2020 ») ! Comment faire confiance au même François Fillon alors que ses précédents engagements de 2003 ne valaient rien !

 

Des contre vérités démographiques et économiques

Dès l’introduction, le gouvernement reprend l’argument selon lequel l’allongement de la durée de vie impose de travailler plus vieux, et met en avant l’augmentation du nombre de retraités (p. 2) sans mettre en avant l’augmentation de la population totale, par exemple. Il a choisi de prendre l’espérance de vie à la naissance qui a augmenté de 15 ans depuis 1950 (p.2), en oubliant que ce gain ne résulte qu’en partie de l’allongement de la vie après 60 ans.

Et il enchaîne sur le rapport entre le nombre d’actifs par rapport à celui des retraités (p.2). Certes, il y avait 4 actifs pour un retraité en 1960 et aujourd’hui 1,7. Mais la productivité horaire du travail a plus que doublé dans la même période, c'est-à-dire que 1,7 actifs produisent aujourd’hui autant que ce que produisaient 4 actifs en 1960. Et mettre en avant le rapport entre actifs et retraités, c’est oublier deux points : d’une part parmi les actifs il y a les chômeurs, d’autre part ceux qui travaillent produisent les moyens d’existence de tous ceux qui ne travaillent pas : enfants, chômeurs, retraités, personnes en étude ou en formation, femmes au foyer et aussi rentiers ! Ce qui est important c’est donc le rapport entre le nombre de travailleurs occupés et le nombre de retraités. Et plus généralement le rapport entre le nombre de travailleurs occupés et le nombre de personnes qui ne travaillent pas, quelque soit leur statut.

Enfin il met en avant les déficits estimés pour 2030 et 2050 (p.2) sans les rapporter à la production totale : 100 milliards d’euros par rapport à un PIB de 4 000 milliards d’euros, soit 2,5%.

Malgré la présentation de bonnes intentions _« Une société dans laquelle l’égoïsme entre générations n’a pas sa place, […] dans laquelle l’égoïsme entre les générations n’a pas sa place, […] dans laquelle les Français retrouvent la confiance dans leur système de retraite, […] dans laquelle l’effort est réparti de manière équitable. » (p.3)_, le gouvernement avoue que « c’est une réforme de société » (p. 2) et donc qu’il s’agit d’une réforme qui va remettre en cause les solidarités construites par le système par répartition.

 

Le document se divise en 4 parties elles-mêmes divisées en 14 engagements que prend le gouvernement.

 

Une fausse garantie du régime par répartition

 

« I Restaurer la confiance dans le système français de retraite »

« Engagement n°1 : sauvegarder le système de retraite par répartition. Le Gouvernement ne souhaite pas passer à un système fondé sur la capitalisation. […] Il proposera des mesures permettant à davantage de Français de compléter leurs pensions de retraite en recourant à des dispositifs d’épargne retraite, mais sans remettre en cause l’équilibre actuel entre la répartition et la capitalisation. » (p. 3).

Le gouvernement prend comme premier engagement de ne pas s’attaquer au système par répartition. Pourtant, la baisse des pensions, consécutives aux différentes réformes et la réforme Fillon ont déjà introduit une part de capitalisation dans le système, notamment avec les PERCO (Plan d’épargne pour la retraite collectif). C’est le même processus qui va se poursuivre avec la nouvelle baisse des pensions que va entraîner la réforme 2010 et avec l’incitation au recours à des dispositifs d’épargne retraite.

Le système par répartition et le système par capitalisation sont deux systèmes contradictoires.

Dans le premier, les salariés et les retraités ont les mêmes intérêts : augmenter les salaires et augmenter le nombre de cotisants, c’est aussi augmenter les cotisations retraites ; dans le second pour augmenter les retraites, il faut augmenter le rendement du capital, donc diminuer les salaires et supprimer des emplois. Ce qui sert d’assiette et de base à la répartition serait donc progressivement rogné. Le risque est donc que le système par capitalisation grignote progressivement le système par répartition.

Le système par répartition est d’autant moins garanti que les pistes privilégiées par le gouvernement ne permettraient nullement de combler le besoin de financement à 2020 et 2030. Les dernières projections du COR indiquent que le recul de l’âge légal de 60 à 63 ans ne permettrait de couvrir que la moitié du besoin de financement en 2030. La solution privilégiée par le gouvernement (voir ci-après) n’est donc nullement en mesure de garantir l’équilibre en « 2020 ou 2030 ».

 

Une fausse garantie du niveau des pensions

Le gouvernement s’engage à « ne pas réduire les déficits en baissant les pensions des retraités d’aujourd’hui [ et …] de demain » (p. 5). Il faut d’abord signaler que les réformes de 1993, 2003 et 2007 ont entraîné une baisse du taux de remplacement (calculé par rapport au dernier salaire perçu). On estime que ce taux de remplacement devrait baisser du fait de ces réformes entre 1995 et 2030 de 20 points. Pourtant, la droite avait affirmé que le passage de 37,5 annuités à 40 annuités était le moyen de ne pas baisser des pensions. Les pensions baissent, car les retraites sont calculées en fonction du nombre de trimestres cotisés (si vous avez cotisé 150 trimestres vous toucherez 150/160e de la retraite à taux plein). A cela s’ajoute une décote par trimestre non cotisé. A cause du chômage de masse, due aux politiques néolibérales, les salariés auront beaucoup de difficulté à atteindre les 168 trimestres (dans un cas de 42 annuités nécessaires) de cotisation et subiront donc la double peine. L’enjeu de cette réforme est non seulement de nous faire travailler plus longtemps, mais surtout de baisser nos pensions sans le dire explicitement. Ce qui permettra le développement de la capitalisation et mettra dans la misère ceux qui n’ont pas de capacité d’épargne suffisante.

Il s’engage aussi à ce que le pouvoir d’achat des pensions soit garanti (p. 5). Faut-il rappeler que la réforme de 1993 a indexé le montant des pensions sur l’évolution des prix et non plus des salaires, alors que les salaires augmentent un peu plus vite que les prix. Et même cette garantie de l’indexation des pensions sur les prix (article 27 de la loi Fillon) n’a pas été respectée, ni dans le privé, ni dans le public, si l’on regarde l’évolution des pensions entre 2000 et 2009.

Le gouvernement s’engage à « améliorer la compréhension et l’information des Français sur

leurs futurs retraites » (p. 5). Selon le gouvernement il y a trop de régimes obligatoires différents. Certes, il y en a 35, mais aucun retraité ne touche 35 pensions différentes, un retraité touche en moyenne 2,3 pensions différentes. La difficulté de savoir à quelle âge et quel sera le montant de la retraite ne vient pas du grand nombre de régimes, mais des réformes passées, cela sera accentué par la réforme du gouvernement.

 

Problème démographique ou problème d’emploi ?

« II Répondre à la véritable cause du déséquilibre de nos régimes de retraite : la démographie » (p. 6)

L’augmentation de la part des retraités dans la population entraîne l’augmentation du besoin de financement des retraites. Il faut donc combler ce besoin de financement à moins que l’on veuille que les retraités vivent dans la pauvreté et soient directement à la charge de leurs enfants (en vivant à leur domicile par exemple).

Comme nous l’avons dit à propos de l’introduction de ce document, ce qui est important c’est le nombre de personnes travaillant et la productivité de ce travail par rapport aux nombres de personnes qui ne travaillent pas, et pour le financement des retraites le nombre de cotisants, le montant des cotisations par rapport aux nombres de retraités et au montant de leur retraite. Pour financer les retraites, une solution est donc d’augmenter le nombre de cotisants. Que l’on sache il y a aujourd’hui plusieurs millions de chômeurs en France, qui ne sont pas cotisants. Leur procurer un travail permettrait d’augmenter les recettes de l’assurance retraite. Mais le gouvernement écarte le retour au plein emploi des moins de 60 ans pour combler le besoin de financement. Il prend comme base un chômage à 4,5 % ou à 7 %. Mais il reconnaît qu’une baisse du chômage, même partiel, diminuerait les besoins de financement. Que ne le fait-il !

 

Le refus de partager les richesses

Le gouvernement refuse la hausse des prélèvements obligatoires. Il affirme qu’en France le niveau des prélèvements obligatoires est trop important en amalgamant les transferts sociaux (sécurité sociale notamment) et les impôts qui financent des dépenses collectives. Les retraites payent en grande partie des achats auprès d’entreprises privées… Et faut-il rappeler que les prélèvements obligatoires payent des biens et services consommés par les particuliers et les entreprises. Que le financement des dépenses soit ou non socialisé, ces dépenses ont en très grande partie lieu : la part des dépenses de santé aux USA est plus importante qu’en France.

Il exclut notamment « une hausse généralisée des cotisations sociales » (p. 7). Pourtant le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites de 2010 affirme que « l’effet positif d’une hausse du taux de cotisation sur le solde du régime est immédiat et durable. ». Dans son rapport de 2001 le COR estimait qu’il faudrait augmenter les cotisations de 15 points pour combler le besoin de financement en 2040 avec un taux de remplacement de 78 %. Cela représente une augmentation de 0,37 points par an, qui pourrait être réparti ainsi 0,25 points pour la part patronale et 0,12 pour la part salariale.

Mais le gouvernement refuse à priori cette option. Pour cela il dramatise l’augmentation des cotisations sociales nécessaire : 3,8 points en 2010, sans signaler qu’il s’agit d’une année de crise. Et il affirme que cela aboutirait à la destruction de 200 000 emplois. Ce chiffre est très contestable. En effet, il y aurait destruction d’emplois, si l’augmentation des cotisations entraînait une augmentation des prix pratiqués par les entreprises. Ce qui n’est pas une fatalité. Le gouvernement ignore aussi les travaux répétés de la cour des comptes qui ont pointé l’inefficacité pour l’emploi des exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises (30 milliards). Le gouvernement brandit notamment les risques de toute hausse de cotisation pour l’industrie, alors que les 2/3 des exonérations de cotisations bénéficient au secteur des services !

Le gouvernement vend la mèche. Il postule la « stabilité du partage de la valeur ajoutée » (p.7), en s’alignant ainsi sur les positions du MEDEF. Et en tournant le dos aux engagements de Nicolas Sarkozy qui a prétendu à plusieurs reprises « poser la question du partage de la valeur » et qui réclamait que « la valeur » soit « mieux partagée dans notre pays » Le président avait encore affirmé le 15 février 2010 à l’Elysée que «le temps est venu pour les entreprises d’aborder la question du partage du profit avec leurs salariés».

Visiblement ce n’est plus le moment pour le gouvernement ! Il refuse d’augmenter les cotisations sociales, car cette augmentation se ferait au détriment des profits. Le COR estime que le besoin de financement du système de retraite s’élèvera entre 1,7 % et 3 % du PIB en 2050. Or les dividendes représentent 8,5 % du PIB. En diminuant les dividendes de 1,7 à 3 points (de 8,5 % à 6,8 ou 5,5 %), la compétitivité des entreprises ne serait pas atteinte et le besoin de financement du régime de retraite serait comblé. La droite ne veut pas mettre à contribution les profits, et même veut les augmenter en diminuant le montant de nos retraites.

 

Une taxation homéopathique du capital et des hauts revenus

« Le Gouvernement n’exclut pas, dans une logique d’équité, de prévoir de nouveaux prélèvements sur des assiettes et des revenus ciblés. » (p. 7). Il annonce une « contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital ». Mais son assiette et son taux restent inconnus. Celle-ci ne servirait pas à assurer l’équilibre des régimes de retraite mais seulement à abonder le Fond de solidarité vieillesse. Cela indique que cette contribution risque d’être homéopathique. Si elle ne rapporte que quelques milliards, ce sera une goutte d’eau par rapport aux 30 milliards annuels de baisses d’impôts accordés aux plus riches par les gouvernements de droite depuis 2002 ! Mais par cette annonce le gouvernement pourra dire que l’effort est partagé.

 

Priorité à l’allongement de la durée d’activité = priorité au chômage !

Le gouvernement présente l’allongement de la durée d’activité comme le « socle » de sa réforme.

Il avance pour cela deux leviers (p. 8 et 9) :

« l’augmentation de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein » (p.

8). Le nombre de trimestres qui seront exigés n’est pas donné.

« l’augmentation de l’âge de l’ouverture des droits à la retraite » (p. 9), c'est-à-dire les 60

ans.

D’après lui, ces mesures permettront de ne pas baisser les pensions et de ne pas diminuer la compétitivité des entreprises (p. 8). Cela repose sur le faux argument de la démographie, qui ne prend pas en compte l’augmentation de la productivité. Et le gouvernement affirme que retarder l’âge de départ à la retraite permet d’augmenter le nombre de cotisants. Cette affirmation serait vraie, s’il n’y avait pas de chômage. Or, la plupart des salariés ne sont pas libres de cesser plus tard leur activité. Le gouvernement ne signale pas que 60 % des salariés du privé ne sont pas en activité lorsqu’ils prennent leur retraite. Mais il met en avant que dans la fonction publique la réforme Fillon a fait reculer l’âge de départ en retraite d’un an et quatre mois depuis 2005 (p. 9). Mais faut il rappeler que les fonctionnaires jusqu’à présent ne sont que très difficilement licenciables, contrairement aux salariés du privé. Mais cela ne va pas durer à cause des autres contre-réformes mises en place par la droite… Le gouvernement affirme que les salariés seront d’autant plus forcés de travailler plus longtemps que beaucoup ont commencé à travailler plus tard que leurs aînés (p. 8). Quel cynisme quand on sait que les politiques néo-libérales et la rigueur maintiennent le chômage de masse.

Sans avancer aucune preuve, le gouvernement prétend qu’ « augmenter la durée d’activité améliorera nécessairement le taux d’emploi des seniors ». Or aujourd’hui le taux d’emploi des 55-64 ans est de 38 % ! Cela signifie qu’au moins les 2/3 des actifs contraints d’attendre 63 ou 64 ans pour partir en retraite seraient au chômage !

Le nombre de départs à 60 ans se situant aujourd’hui autour de 350 000 par an, le relèvement de l’âge de départ à 63 ans augmenterait le chômage de plus de 650 000 personnes, en maintenant le taux d’emploi actuel des 55-64 ans (seulement 38 % des 1,05 millions d’actifs supplémentaires maintenus en activité de 60 à 63 ans auraient un emploi et les 62 % restants soit 650 000 personnes seraient au chômage).

Cela creusera encore le déficit de l’assurance chômage. Avec une allocation moyenne de 13 000 euros par an versée aux chômeurs indemnisés, ces 650 000 nouveaux chômeurs représenteraient un coût supplémentaire de 8,4 milliards d’euros pour les Assedic. Cela conduirait donc à quasiment doubler le déficit actuel de l’assurance chômage (10 milliards en 2010).

Le gouvernement ne propose pourtant aucune solution pour lutter contre le chômage de masse des plus de 55 ans. Il s’en remet à l’évolution volontaire des politiques de ressources humaines des entreprises ! Et les mesures qui permettaient aux salariés âgés de 55 à 60 ans de pouvoir continuer à travailler disparaissent une à une : il n’y a plus de contrôle sur les licenciements, plus de contribution Delalande (qui pénalisait financièrement les entreprises se débarrassant des seniors) et les obligations liées aux plans sociaux sont affaiblies.

Repousser l’âge de départ à la retraite risque donc de se solder par une explosion du chômage sans aucun effet bénéfique pour les comptes des retraites. Alors que le gouvernement écrit par ailleurs qu’il faut « écarter toute solution qui augmenterait le chômage » !

 

Des contreparties illusoires

A partir de là (p. 10 à 14), le gouvernement développe ses engagements qui doivent permettre de rendre plus acceptables cette diminution déguisée des pensions.

L’allongement de la durée de cotisation se fera de manière progressive, sans doute pour éviter une réaction trop forte des travailleurs les plus proches de l’âge de la retraite.

Le gouvernement s’engage à « tenir compte de ceux qui ont eu une vie professionnelle plus difficile » (p. 10). Le dispositif permettant à certains salariés ayant commencé à travailler à 15, 16 et 17 ans de partir avant l’âge légal sera prolongé, mais aucune précision n’est donnée sur l’âge qui permettrait d’en bénéficier. C’est logique vu que l’allongement de la durée de cotisation n’est pas chiffré dans ce document.

Autre mesure devant compenser ce recul qu’est l’allongement de la durée d’activité : « tenir compte de la pénibilité de certaines carrières » (p. 10). Faut-il rappeler que l’espérance de vie en bonne santé à 60 ans est de 63,1 ans pour les hommes et 64,2 ans pour les femmes. Reculer l’âge de la retraite, c’est donc empêcher que chacun puisse bénéficier des meilleures années de la retraite. Il existe de fortes inégalités entre catégorie socioprofessionnelles. Cette mesure pourrait donc sembler juste. Mais pourquoi alors s’être attaqué aux régimes spéciaux qui permettaient notamment à des salariés ayant exercé des métiers pénibles de partir plus tôt à la retraite ? Il aurait fallu étendre ces régimes spéciaux. Moduler l’âge de départ selon la pénibilité s’accompagnera de l’acceptation du maintien de conditions de travail très difficiles et très dangereuses. Le gouvernement est en train de liquider la médecine du travail. Enfin une telle mesure permet de diviser les salariés. Au lieu de se battre pour la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, certaines professions devront se battre pour être intégrée dans ce dispositif. Ce qui est défavorable au rapport de force pour tous les salariés. Et sur ce point le gouvernement ne présente rien de précis, car la reconnaissance de la pénibilité est un mirage.

« III Renforcer l’équité et la solidarité de nos régimes de retraite » (p. 12)

Le gouvernement s’engage à « adapter les mécanismes de solidarité des régimes de retraite à la réalité des besoins sociaux » (p. 12). Les régimes de retraites prennent en compte des trimestres qui n’ont pas été cotisés : chômage indemnisé, une part du chômage non indemnisé, maladie, invalidité, maternité. Le gouvernement affirme que « les règles de validation de ces périodes assimilées seront donc simplifiées, afin de renforcer leur lisibilité » (p. 13), puis qu’il « souhaite s’assurer que les règles actuelles permettent de couvrir de manière satisfaisante la réalité des aléas de la vie professionnelle ». (p. 13) Ce gouvernement a sans doute oublié que les gouvernements de droite se sont attaqués à la majoration de durée d’assurance qui accordait un an par enfant aux mères dans la fonction publique et deux ans dans le régime général. Cette suppression entraînera une baisse encore plus importante des pensions des femmes, déjà très inférieures à celle des hommes. Est-ce cela tenir compte des aléas de la vie professionnelle pour les femmes ?

Le gouvernement s'engage à « poursuivre la convergence entre les régimes de retraite du public et du privé » (p. 13). Le gouvernement affirme que la réforme s'appliquera de la même manière aux salariés du privé qu'aux salariés du public. Et le gouvernement annonce une  refonte particulière des régimes de la fonction publique sans en dire plus : mode de calcul des pensions peut être.

 

Une taxation homéopathique du capital et des hauts revenus

« Le Gouvernement n’exclut pas, dans une logique d’équité, de prévoir de nouveaux prélèvements sur des assiettes et des revenus ciblés. » Il annonce une « contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital ».

Mais son assiette et son taux restent inconnus. Celle-ci ne servirait pas à assurer l’équilibre des régimes de retraite mais seulement à abonder le Fond de solidarité vieillesse1. Cela indique que cette contribution risque d’être homéopathique. Si elle ne rapporte que quelques milliards, ce sera une goutte d’eau par rapport aux 30 milliards annuels de baisses d’impôts accordés aux plus riches par les gouvernements de droite depuis 2002 !

Donc le gouvernement ne propose aucune recette supplémentaire pour les caisses de retraite. Ce qui signifie malgré toutes ses dénégations que son objectif est bien de baisser les pensions, pour justifier ensuite soit le passage à un système de comptes notionnels soit l'obligation de fait de recourir à la capitalisation comme le réclame de nouveau à corps et à cri le Medef.

Le rapport s'achève sur les deux mensonges répétés à l'envie par le gouvernement : il voudrait « le maintien d'un taux de remplacement satisfaisant pour les assurés et l'amélioration du taux d'emplois des seniors » (p ; 14). Mais nous l'avons vu il n'en est rien. L'objectif est bien de baisser les pensions pour augmenter les profits et pour rendre inévitable le passage au système par capitalisation. Pour éviter une forte mobilisation, il vaut faire croire qu’il s’agit simplement de travailler plus longtemps, car nous vivons plus vieux. Travailler plus, pour faire gagner plus aux rentiers.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 18:16

 

article de Denis Chapelle


Aujourd’hui impossible de regarder les actualités, de lire les journaux, d’écouter un débat politique sans échapper au discours sur l’avenir des retraites.

Systématiquement on nous sert le blabla habituel : allongement de la durée de la vie, de moins en moins d’actifs (cotisants) pour de plus en plus d’inactifs (retraités) pour justifier l’allongement de la durée des cotisations, l’augmentation des prélèvements.
Pour ma part j’ai quelques remarques sur ce mono-discours ambiant en prenant mon exemple personnel, semblable à beaucoup d’autres.

Agé de 49 ans, demandeur d’emploi depuis décembre 2007, j’essuie refus sur refus lorsque je candidate pour un poste correspondant a mon savoir-faire. En marge des théories, des analyses fumantes du gouvernement, je constate dans les faits que passé 46 ans nous ne valons plus grand-chose dans le monde du travail, mais on continue à dire qu’il faudrait travailler plus longtemps ! Il va falloir qu’on m’explique cette logique aussi stupide qu’injuste.

Que doit penser le maçon plein de rhumatismes, d’arthrose, qui, sa vie durant à charrié des sacs et des sacs de ciment, à travaillé en extérieur de longs hivers quand on lui dit qu’a 60, 61, 62, 63 ans il lui faudra partir dans le froid encore et encore pour sauver le régime de retraites par répartition.

Nous sommes en droit de poser aux politiques un certain nombre de questions. En commençant par la mise à plat de la retraite des parlementaires (députés et sénateurs) qui voteront les lois qui nous enverront trimer plus longtemps. En posant la question sur le calcul de la retraite des fonctionnaires qui s’effectue sur les 6 derniers mois d’activité alors que celle du maçon la sienne est calculée sur les 20 dernières années.

La France n’a jamais été aussi riche que maintenant contrairement à ce qu’on prétend pour nous faire avaler des réformes injustes. Il suffirait de faire cotiser au régime de retraites le fruit du capital, les revenus de la spéculation pour revenir dans les clous.

 

J’ai reçu dernièrement un article dénonçant un «oubli», mais surtout exprimant la volonté de mettre main basse sur nos salaires différés puisqu’en fin de compte la retraite est un salaire provisionné payé à la fin de son activité.

Voici cet article, ci-dessous.

Retraites : un oubli qui en dit long…


Dans son article « Financement des retraites : l’enjeu des cotisations patronales », Bernard FRIOT, professeur d’économie et sociologie à l’
université Paris X, écrivait : « On oublie toujours, quand on raisonne sur l’avenir des retraites, que le PIB progresse d’environ 1,6 % par an, en volume, et donc qu’il double, à monnaie constante, en 40 ans. C’est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960 ».


Pourquoi une information aussi déterminante est-elle censurée ? Parce que tout simplement un petit calcul facile, montrerait que ceux qui nous gouvernent, nous prennent pour des demeurés.

En effet : si aujourd’hui 10 actifs produisent un gâteau de 100 et qu’ils ont à charge 4 retraités. C’est 14 personnes qui se partagent un gâteau de 100. Ainsi la part de chaque personne est de (100 : 14) soit 7,14.
- Si dans quarante ans, 10 actifs produisent un gâteau de 200 et qu’ils ont à charge 8 retraités. Ce seront 18 personnes qui se partageront un gâteau de 200. Ainsi la part de chaque personne sera de (200 : 18) soit 11,1.
C’est limpide ! Il sera donc possible de financer des retraites au même niveau qu’avant leurs réformes à remonter le temps. De plus, la part de gâteau restante pour l’investissement et l’élévation du niveau de vie sera bien plus importante en 2040 (en monnaie constante).

 

Alors, où est donc le problème ?

Pourquoi cet acharnement à détruire un système qui fonctionne bien ? Parce que le système social français, mis en place par le Conseil national de la résistance (CNR) en 1945, met en rage les hommes d’affaires et les financiers pour des raisons évidentes.
Par exemple, il leur est impossible de réaliser des plus values « boursières » sur 40% de notre part salariale (les fameuses cotisations sociales patronales) qui payent notre retraite et notre santé, en toute dignité et responsabilité. N’oublions pas que ces cotisations sociales représentent notre salaire différé qui est le fruit de notre travail. Il ne s’agit ni d’assistanat ni de charité patronale comme le laisse entendre une mauvaise propagande.


Et c’est bien là que se situe tout l’enjeu de leurs réformes : les classes dirigeantes rêvent de faire main basse sur notre salaire différé. Pour s’emparer de cette « galette », leur stratégie consiste à réduire nos droits pour nous contraindre, de plus en plus, à financer notre santé et notre retraite par des assurances privées.

Ils ont d’ailleurs déjà commencé : les réductions de cotisations patronales se multiplient depuis 2002 et atteignent déjà près de 30 milliards chaque année. Combien de ces 30 milliards sont allés aux investissements productifs ? Combien d’emplois créés ? Quelle efficacité au regard des sommes englouties ? Quelle évaluation ? De plus, le fait que notre système fonctionne bien sans aller faire un tour sur les tapis verts des casinos boursiers met en évidence l’inutilité et le rôle prédateur des acteurs de la sphère financière.

 

Ceci est confirmé de façon magistrale dans le Monde Diplomatique de Février sous le titre : « Faut-il fermer la bourse? »
 

 

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 19:03

Attac France a écrit :


Analyse du « Document d’orientation sur la réforme des retraites »

Le gouvernement vient d’adresser aux syndicats et au patronat son « Document d’orientation sur la réforme des retraites ».
Il persiste et signe dans son intention d’aggraver encore les conditions de travail des salariés et celles dans lesquelles ils pourront prendre leur retraite. Trois dimensions caractérisent ce projet : le gouvernement ment, il manipule l’opinion et il fait preuve d’une mauvaise foi sans pareille.

Mensonges

Le gouvernement affirme que « la véritable cause du déséquilibre de nos régimes de retraites est la démographie ». C’est doublement faux. Le Conseil d’orientation des retraites a indiqué dans son rapport d’avril 2010 que la principale raison de l’aggravation des déficits sociaux était la crise financière : en 2006, donc avant la crise, le déficit de l’ensemble du système de retraite était de 2,2 milliards d’euros ; en 2008, il atteignait 10,9 milliards et il devrait être de 32,2 milliards en 2010.
D’autre part, l’allongement de l’espérance de vie ne devient une catastrophe que si on refuse de mettre en débat la richesse produite, sa nature, son évolution et la manière dont elle est répartie.

Manipulations

Le gouvernement affirme s’engager à « écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage ». Or, prétendre inciter les salariés à travailler plus longtemps, que ce soit en reculant l’âge légal de la retraite ou en augmentant la durée de cotisation, entraîne inéluctablement une baisse du niveau des pensions, malgré tous les serments qui prétendent le contraire. C’est déjà le résultat des contre-réformes de 1993 et de 2003, ce sera le cas avec celle de 2010 si elle est effective.
Alors que le chômage continue d’augmenter, le travail forcé des seniors se substituera à l’emploi des jeunes. Le « travailler plus » des uns se traduira par l’exclusion et la précarité des autres, jeunes, femmes, non diplômés. La reconnaissance de la pénibilité du travail semble se limiter pour le gouvernement aux salariés déjà « cassés » par leur travail, qu’on ne contraindra (peut-être) pas à travailler plus longtemps…
Toute alternative au « travailler plus » est a priori exclue sans possibilité de discussion : toute augmentation des cotisations est interdite. On nous dit que les déficits des régimes de retraite se chiffreront par dizaines de milliards d’euros, voire plus de 100 milliards en 2050 : mais on refuse d’accompagner l’évolution démographique par une augmentation des cotisations au fur et à mesure que la richesse s’accroît. Pourtant la seule application du taux de cotisation patronale aux dividendes distribués comblerait immédiatement tout le déficit actuel de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, le régime général de la Sécurité sociale.
Quant à la « contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital sans restitution au titre du bouclier fiscal », elle restera largement symbolique au regard des sommes nécessaires. Le flou règne sur ces nouveaux financements, mais le choix de reculer l’âge légal de la retraite et/ou de rallonger la durée de cotisation est présenté comme ferme et définitif.

Mauvaise foi

Le gouvernement réaffirme l’impératif de solidarité et sa confiance dans le système par répartition. Mais il organise en même temps la baisse inéluctable du niveau des pensions parce que de moins en moins de salariés pourront satisfaire aux nouvelles obligations de travailler plus longtemps. Il ouvre ainsi la voie à tous ceux qui, comme le Medef ou les compagnies d’assurance, veulent élargir le champ des retraites complémentaires par capitalisation auxquelles pourront souscrire les titulaires de hauts revenus ou de hauts salaires. Les inégalités sociales en seront encore aggravées, dans la société et au sein même du salariat.
Loin de consolider la solidarité du système par répartition, le document gouvernemental met au programme des prochaines années une « réforme systémique » pour transformer notre système en un système « par points » ou « par comptes notionnels ». Le Conseil d’orientation des retraites, dans son rapport de janvier, a montré comment une logique individualiste viderait alors de tout son sens le système par répartition. Les pensions seraient calquées sur les contributions personnelles de chaque salarié cotisant : adieu au principe de solidarité qui inspire les fondements de la Sécurité sociale. Alors même que – comme le reconnaît le Conseil d’orientation des retraites - cette réforme systémique n’aurait aucune efficacité face à un choc économique ou démographique.
La logique profonde de la réforme annoncée des retraites n’est donc pas de préserver la solidarité mais au contraire de rassurer les marchés financiers : à l’image de ce qui se passe en Grèce, en Espagne et maintenant partout en Europe, le gouvernement veut montrer sa détermination à faire payer la réduction des déficits publics aux salariés et à la population, en laissant intacts les revenus et le pouvoir de la finance.
L’association Attac, initiatrice, avec la Fondation Copernic, d’un appel pour « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites » qui se traduit aujourd’hui par de multiples actions de sensibilisation de la population sur l’enjeu des retraites, participera à toutes les initiatives qui seront prises dans les jours et les semaines à venir pour faire échouer le projet du gouvernement.
Attac France
Le 17 mai 2010

Pour en savoir plus :
http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique24
http://www.exigences-citoyennes-retraites.net/

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 06:09

 

Le texte ci-dessous est de Jean-Luc Mélenchon et visible sur le blog de l’auteur, blog qu’il n’est pas inconvenant de visiter afin de fonder son jugement au mieux et non de se soumettre au formatage des médias et Cie.

Il figure dans le dossier « retraite » pour la facilité mais il devrait tout autant être dans la catégorie documents.

Il m’a été signalé par une camarade et je la remercie.

Jean-Luc Mélenchon et les retraites

Mon sujet, ces jours ci a été évidemment l’affaire des retraites. J’ai eu la chance de pouvoir m’exprimer sur plusieurs médias. « France culture », « parlons net » avec l'Express France info et marianne 2, "le Talk" du Figaro-Orange et sur France cinq, « Revu et Corrigé », avec Paul Amar. Je place tous les liens correspondants. J’ai préparé cette note en reprenant quelques un des arguments que j’ai développés à l’oral. En fait il s’agit du cadre d’ensemble dans lequel penser le problème posé. Une opération de décontamination en quelque sorte. Elle consiste à commencer par mettre en cause les prétendues évidences par quoi est balisé « le débat ». Je n’en mets pas trop pour ne pas gaver le lecteur. Et pour garder une partie de mes munitions pour les échanges publics. A mesure, je produirai des argumentaires, bien sur. Pour la détente j’ai alimenté aussi la rubrique « les pipoles de la popol ». C’est le dessert. Mais avant il faut faire honneur au plat principal !

La population active devait diminuer ! Elle augmentera !
On nous dit que le ratio actifs/retraités est passé de 3 à la fin des années 1970, autour de 2 aujourd’hui. Horrible ! Et il va descendre à moins de 1,5 en 2050. Catastrophe ! De toutes les façons il faut bien se garder de croire sur parole ceux qui brandissent des arguments démographiques. Dans les années 2000, les très savants nous jetaient à la figure l’inéluctable baisse de la population comme argument massue. Le taux de fécondité permettait d’annoncer un effondrement de la population active future. Pschitt ! C’est le contraire qui se produit. Pourtant aucun de ces importants n’a cru bon de réviser ses chiffres et de présenter des excuses. Le démographe Hervé Le bras fut mis au pilori pour avoir rappelé que tous ces chiffres ne valaient rien parce que la fécondité finale des femmes n’était pas prise en compte. Autrement dit ces grands modernes et réalistes continuaient à mesurer le nombre d’enfant par femme au même âge que celui de la génération précédente de femmes, avant la pilule la pilule et le travail de masse des femmes ! Bravo les intellos de connivence ! Les femmes font tout simplement leurs enfants plus tard ! Les gros malins n’étaient pas au courant !

Le nombre de retraités baissera !
Et le nombre des retraités ? Autre tableau d’apocalypse ! Selon l’INSEE il devrait augmenter de près de 63 % entre 2006 et 2050. On passerait de 13 millions de retraités en 2007 à 21 millions en 2050. Bigre ! Ils finiraient par nous faire regretter de voir les gens ne pas mourir utilement à l’âge où leur présence ne pèse pas sur les comptes. Restons zen ! L’augmentation du nombre des retraités vient de deux sources d’égale importance. D’abord l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom, c'est-à-dire les personnes nées entre 1945 et 1975. Le papy boum ! Peut-on faire remarquer que cet effet est hélas nécessairement limité dans le temps ? Il faut bien mourir et personne n’y échappe. Pour l’instant. Donc suivez la bosse démographique dans le temps et vous verrez que pour finir bientôt la mort la dégonfle. Par contre, entre 2036 et 2040 commenceront à arriver à la retraite les classes « creuses », enfants des baby boomers, conçus après l’arrivée de la pilule en France en 1974 ! Le nombre de nouveaux retraités diminuera alors fortement et d’un coup.

L’allongement de la durée de la vie ralentira.
Le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2007 a quand même commencé à relativiser certaines déclarations péremptoires. Pour lui, « la mortalité baisserait moins, conduisant en 2050 à une espérance de vie à la naissance inférieur à celle des anciennes projections, de 2 ans pour les femmes et de 0,5 ans pour les hommes ». L’espérance de vie progresserait de 1,1 ans tous les 10 ans, soit 0,44 trimestres tous les ans. En 2050, il y aurait alors 650000 retraités de moins que dans les prévisions du début des années 2000. Total, entre 2006 et 2050, la population en âge de travailler ne diminuerait pas de 4,1 millions comme annoncé par les affoleurs publics ! Elle resterait stable.

Espérance de vie, et âge de la retraite : repère bidon !
On nous dit : « l’âge de la retraite doit être relevé parce que l’espérance de vie augmente ». Et ca passe comme si c’était la preuve d’un fait inéluctable. Pourquoi ? Quel rapport entre la durée de vie et l’obligation de travailler ? Ca n’a jamais été le cas jusqu’à présent. Au contraire. C’est le phénomène inverse, qui s’est produit en continu depuis le 19ème siècle. L’âge de la retraite n’a cessé de baisser là où l’espérance de vie augmentait. En 1910, quand le droit à la retraite à 65 ans est affirmé pour la 1ère fois, l’espérance de vie est à peine de plus de 50 ans. En 1983, quand a été instaurée la retraite à 60 ans, l’espérance de vie approchait 75 ans ! Donc, baisse de population, augmentation du nombre de retraités, allongement de la durée de vie, les trois arguments massue du terrorisme intellectuel sont des réalités discutables et bien plus ambigües que ne le disent d’habitude les manieurs de d’évidences non démontrées. Pour moi le problème est bien mal posé. En vérité où est le problème ? Comme d’habitude il contourne la question centrale de la vie en société : le partage des richesses produites.

Moins nombreux mais plus productifs
Les comparaisons des faiseurs de panique ne tiennent pas compte de la hausse de la productivité des actifs. Un actif de 1983 produisait bien moins de richesses qu’un actif de 2010 n’en crée à présent. Depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans, la richesse créée par chaque actif a augmenté de 30 % en euros constants. Cela signifie que 2 actifs d’aujourd’hui produisent quasiment autant de richesses que 3 actifs de 1983. Le bon repère n’est donc pas la baisse du nombre d’actifs par retraité. Mais la valeur de la richesse produite et l’affectation de son produit. Car de 1983 à aujourd’hui la part des retraites dans le PIB n’a augmenté que de deux points, passant de 10,3 % à 12,8 % du PIB. Et elle a donc augmenté moins vite que la productivité des actifs. Ce repère personne ne le cite jamais. Tout se passe comme si la quantité de richesses produite dans le pays allait stagner. Alors il faudrait calculer à montant de richesse constant au cours des 40 prochaines années! C’est absurde ! Dans les 40 années à venir, avec un taux de croissance moyen de 1,7 % par an, la richesse de notre pays passera à 3 400 milliards d’euros. Et il s’agit d’euros réels, constants, hors inflation. C’est une masse fantastique. Pour faire face à l’augmentation du nombre de retraités tout en annulant les réformes de la droite, il faudrait transvaser 6 % supplémentaire de la part du PIB pour le financement des retraites. Inutile de s’évanouir ! C’est un transfert tout à fait jouable. En 2050, une fois financés les 204 milliards liés à ce transfert, il restera chaque année près de 1 200 milliards d’euros de richesse nouvelles créés ! ca laisse largement de quoi financer les augmentations de salaire direct et les investissements !

Le partage des richesses, clef du financement
Le problème du financement des retraites se résume donc à un problème de partage de la richesse créée. Les gains de productivité ont été massivement captés par le capital alors qu’ils devraient contribuer à financer les retraites et à faire progresser les salaires. C’est la contraction de la masse salariale qui compromet le financement des retraites. Depuis 1982, les salaires ont perdu 10 points dans le partage de la richesse créée passant de 70 % environ à 60 %.Si ces 10 points n’avaient pas été perdus par les salariés on n’aurait aucun mal à financer aujourd’hui les retraites, compte tenu de la masse de cotisations supplémentaires que génèrerait une hausse de la masse salariale. On peut se demander si l’obstination a toujours faire des comptes pour le futur en oubliant l’augmentation de la richesse n’est pas une autre façon d’annoncer que cette richesse supplémentaire est destinée a devenir des profits plutôt que des salaires ou des pensions !

Le recul de l’âge de la retraite : inefficace et injuste
Le recul de l’âge de la retraite par le report de l’âge légal du départ ou le relèvement de la durée de cotisations ne résout nullement le problème financier. Le COR a calculé en 2008 que le report de l’âge légal à 61,5 ans ne couvrirait que le tiers des besoins de financements supplémentaires en 2020 et à peine 9 % en 2050 ! Cette inefficacité, payée si cher par ceux qui souffrent en étant maintenu au travail, est confirmée par le bilan de la réforme Balladur de 1993. Quel est ce bilan sur lequel personne ne demande jamais aucun compte ? L’allongement de la durée de cotisations, de 37,5 à 40 annuités, n’a permis que 4 % des économies obtenues à la suite de cette réforme ! 4% ! Tout ça pour ça ! Le passage des 10 aux 25 meilleures années représente 16 % de l’économie. 80 % de l’économie est venu de l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires ! Ces chiffres permettent de mesure la portée réelle de chacun des aspects de la saignée qui a été opérée par Balladur ! On mesure mieux aussi ce que valent les airs d’outrage au bon sens de ceux qui moquaient la revendication du maintien des 37,5 annuités de cotisation ! Le passage à 40 annuités n’a servi à (presque) rien pour l’équilibre des comptes mais il a massacré combien de gens ?

Jean-Luc Mélenchon

 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 06:06

 

Il faut, dit-on, allonger le nombre d’années de cotisations, retarder l’âge de départ à la retraite. De qui se moque-t-on ?

Une des conquêtes de la gauche serait ainsi passée à la trappe.

Dernièrement, Martine Aubry, emboîte le pas à la droite, avance dans cette direction puis recule. Au Parti socialiste le ver est dans le fruit.

 

Qu’on en juge du réalisme de l’idée.

  • C’est supposer que les inactifs âgés sont (ou seront) embauchés. Ce qui n’est pas le cas, étant entendu qu’on observe tous les jours qu’ils ont de la difficulté à retrouver du travail.
  • C’est supposer que les actifs âgés ne sont pas débauchés prioritairement. La préférence allant à garder la tranche d’âge « ni jeunes ni vieux ».
  • C’est supposer que les travailleurs âgés ont droit à des formations qualifiantes. Ce qui n’est pas le cas car ils sont jugés difficilement reconvertibles, d’autre parce qu’il est mesuré que l’investissement financier de leur formation n’est pas rentable.
  • C’est supposer, au regard de statistiques globales, que l’espérance de vie est la même pour tous les travailleurs, ce qui est loin d’être vrai.
  • ….

En fait, le gouvernement (les gouvernements) sait très bien que les entreprises ne garderont pas les personnes en fin de carrière (à moins de cadeaux en contrepartie), n’embaucheront pas celles du même âge qui sont au chômage.

Mais, reculer l’âge de la retraite, augmenter le nombre d’années de cotisations, c’est reculer le moment de payer la retraite aux travailleurs, spéculer avec un cynisme effroyable sur leur mort pour faire des économies.

  • C’est laisser sur le carreau (l’offre de travail n’étant pas extensible, surtout en période de chômage et de délocalisation) les autres catégories de population, notamment les jeunes, déjà fortement pénalisés du fait qu’ils n’ont pas d’expérience.
  • C’est, n’embauchant pas les jeunes, mettre d’autant en difficulté le financement des caisses de retraites pour le présent mais encore pour l’avenir.

Les jeunes ont de gros soucis à se faire car pour avoir leurs années de cotisations ils seront contraints de partir très tard à moins de consentir à partir sans rien.

 

Les lois régressives du type : allongement du temps de cotisation, perte de l’indemnité chômage après avoir refusé par 3 fois un travail proposé par le Pôle Emploi,….  préparent les travailleurs à accepter le projet de réforme gouvernemental des retraites repoussé à après les élections régionales. Il est vraisemblable qu’on verra ressortir alors l’opposition retraites par capitalisation- retraites par répartition.

 

Le financement des retraites passe d’une part par un changement d’assiette comme cela a été dit dans un premier article, mais aussi par le plein emploi et le partage du travail dans le cadre d’un système politique différent de celui qui est proposé par les gouvernements libéraux et socio démocrates.

Pour cela il convient que la politique se ré-empare de la gestion du secteur économique au lieu de le laisser aller à la dérégulation qui conduit tout droit à la délocalisation et au chômage.

 

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 14:00
 

J’ai entendu parler, pour la première fois, du « problème » du financement des retraites au mitan des années 60 (50 ans, déjà !). C’était le début de l’automatisation.

A la même époque, un professeur d’économie d’une université catholique (sauf erreur, de Belgique) écrivait, dans le journal Le Monde, un article fortement argumenté pour montrer que c’était un faux problème.

Je résume de mémoire. Selon lui, il suffisait de changer l’assiette des cotisations retraites, ces dernières ne pouvant plus être liées à l’emploi mais au capital. En effet, les entreprises robotisées étaient de fait exonérées de contribuer au financement tandis que les autres continuaient à assurer cette charge. Situation d’autant plus injuste qu’elle pénalisait les entreprises employeuse de main d’œuvre tandis que les autres échappaient au pacte de solidarité nationale qui avait émergé au lendemain de la 2ième guerre mondiale. Justement, au lendemain de la guerre, le plein emploi est assuré, la robotisation n’existait pas. Il était donc normal de lier les cotisations à l’emploi. La situation changeant, il paraissait conséquent d’en tenir compte, ceci d’autant plus aisément que les entreprises robotisées, déchargées de main d’œuvre, dégageaient, de fait, plus de marges.

Une telle perception est-elle possible aujourd’hui ? Certainement. Au regard de ce qui est dit par ce prof, mais également parce que c’est davantage un problème de volonté politique qu’une véritable contrainte économique, l’économie, toute personne un tant soi peu sérieuse le sait, n’étant pas une science exacte mais une histoire de point de vue. Cela est possible car la France est largement plus riche qu’elle ne l’était il y a quelques décennies. Reste à savoir si ceux qui nous gouvernent souhaitent conduire, dans un souci de justice sociale et de répartition, une politique de partage de la richesse du pays ou seulement favoriser le capital. Question de choix qui peut être tranché par l’électeur.

Naturellement, cela suppose que soit assuré un régime général des retraites et non leur sectorisation.

        

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