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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 16:28

Bonjour,

Vous qui lisez ce blog* vous êtes depuis de nombreuses années les témoins de mon engagement politique et du travail que j'effectue au service des idées que le livre L'ère du peuple résume dorénavant. En continuité, depuis le 10 février dernier, j'ai proposé ma candidature à l'élection présidentielle. Je l'ai fait sans demander d'autorisation et hors cadre de parti. Je vous adresse ce courrier pour solliciter votre parrainage.

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Près de 80 000 citoyennes et citoyens l'ont déjà fait en appuyant ma proposition de candidature. 750 groupes d'appui sont constitués sur tout le territoire de la République, en métropole, outre-mers et à l'étranger. Mais aussi sur les lieux de travail et dans les universités et écoles. Ces volontaires viennent de tous les horizons et beaucoup n'ont jamais été engagés politiquement. Parmi eux, un nombre considérable de militants syndicaux et associatifs ouvrent notre marche. Ensemble nous formons un « mouvement » auquel chacun peut participer sans avoir besoin d'une carte. La plateforme « La France insoumise » nous donne les moyens d'une coordination de l'action et du travail intellectuel. C'est là par exemple que se met à jour, publiquement et ouvertement, le programme qui sera conclu en octobre prochain.

Fidèle à l'engagement pour l'éco-socialisme et la révolution citoyenne, nous allons présenter aux suffrages les grandes exigences d'intérêt général que nous portons dans le débat public : rupture avec la monarchie présidentielle de la 5ème République, partage des richesses pour vaincre le chômage et la misère, sortie des traités européens qui condamnent notre pays à la destruction, planification écologique pour affronter de manière radicale et conséquente la catastrophe climatique qui a commencé, nouvel indépendantisme de notre pays au service de l'universel plutôt que de l'OTAN.

Je sais qu'un grand nombre d'entre vous m'ont déjà apporté leur appui sur le site jlm2017.fr. Chaque semaine, certains depuis des années, nous nous retrouvons à travers le « petit courrier » de mon blog. Vous lisez mes posts ou les articles d'autres auteurs que je crois utile de vous proposer, vous regardez les vidéos qui sont hébergées, vous m'apportez votre soutien ou vos éclairages par vos commentaires. Merci pour votre fidélité ! La nouvelle version de ce blog permet une meilleure mise en avant des contenus et une plus grande réactivité. Bientôt, c'est ce petit courrier lui-même qui sera transformé. Mon objectif est d'en faire un outil au service du regroupement de « la France insoumise ».

Pour participer au mouvement « la France insoumise », si vous le souhaitez, être informé sur l'actualité de la campagne, j'insiste sur l'importance pour chacune des personnes qui souhaitent se joindre à moi de signer en ligne sur le site internet jlm2017.fr. C'est le meilleur moyen notamment pour qui le souhaite de participer à des actions ou d'en organiser. Internet nous offre des outils de structuration sans précédent pour affronter et même dépasser les grandes machines politiques traditionnelles.

Comme vous le voyez j'entre en action. Je suis bien entouré par l'amicale cohorte des insoumis qui résistent dans ce pays à l'air du temps et à la résignation. Je sais que d'une façon ou d'une autre vous suivez cet effort avec amitié. Je forme le vœu de vous retrouver dans l'engagement.

En vous remerciant pour votre attention, je vous adresse mon meilleur salut engagé.

Jean Luc Mélenchon

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* celui de J-L Mélenchon

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 19:07

Source : http://www.liberation.fr/debats/2016/03/22/melenchon-le-candidat-de-la-raison_1441281

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Voué à réunir tous les déçus du PS, le parti la Nouvelle Gauche socialiste, lancé en juin 2015 par l’économiste et ancien eurodéputé socialiste Liêm Hoang-Ngoc, appelle à voter Jean-Luc Mélenchon.

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22 mars 2016

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Anciens cadres nationaux et fédéraux du PS, aujourd’hui membres de la Nouvelle Gauche socialiste, nous avons quitté le parti d’Epinay, en crise profonde, et comptons parmi les déçus du quinquennat de François Hollande.

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Le bilan décevant du quinquennat

La loi bancaire devait être proclamée pour arraisonner la finance. Elle fut en deçà des recommandations du rapport Liikanen en faveur d’une directive bancaire européenne. La France ne pressa d’ailleurs aucunement son représentant en charge du dossier à la Commission européenne d’en achever l’élaboration. La taxation des transactions financières, qui devait être mise sur pied en coopération renforcée, ne fait toujours pas l’objet d’un appui ferme de l’exécutif.

La réforme fiscale a été enterrée. Bercy s’est-il arrangé avec le Conseil constitutionnel pour «retoquer» le projet de CSG progressive défendu par les «frondeurs» ? Ce dernier n’en répondait pas moins point par point aux objections faites en 1999 au Premier ministre de l’époque, dépositaire du projet et aujourd’hui membre du «conseil des sages».

La lutte contre le chômage est en passe d’échouer, alors que la Commission et le Conseil ont autorisé la France à déroger au «pacte de stabilité» pendant toute la durée du mandat. Ces importantes marges de manœuvre ont été affectées en pure perte au redressement de la part des profits dans la richesse nationale. Leur octroi aurait pu être conditionné à de l’investissement utile. Elles auraient encore pu être consacrées à la transition énergétique, aux services publics et à la redistribution. Enfin, la loi travail et la réforme constitutionnelle sont aussi symptomatiques du virage conservateur de l’Exécutif, qu’inaptes à inverser la courbe du chômage et à lutter contre le terrorisme. Elles affaibliront inévitablement le salariat et la démocratie.

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Le piège de la primaire

Certaines voix en appellent à une primaire de toute la gauche pour désigner un candidat susceptible de se «qualifier» pour le second tour afin de faire barrage à l’extrême droite. Nous n’y participerons pas. Pour mobiliser les déçus du quinquennat, ce candidat devrait en effet, au minimum, défendre le programme du Bourget. Or, rien n’est moins sûr. Les expériences de 2007 et 2012 indiquent qu’une primaire, pourtant ultra-médiatisée, ne mobilise que partiellement l’électorat populaire et qu’elle finit par désigner le candidat le mieux placé dans les sondages. Elle musellera pour le reste du débat électoral toutes les forces qui auraient choisi d’y participer dans le but de réorienter la gauche. En participant à cette primaire, ces forces seraient inévitablement perçues comme des forces d’appoint du candidat social-libéral qu’elle aura contribué à légitimer, mais qui aura peu de chance de franchir le premier tour de l’élection présidentielle.

Seule une candidature «hors système», c’est-à-dire dépassant les frontières et jeux des «appareils» existants, est de nature à enclencher une nouvelle dynamique populaire susceptible d’atteindre à un score proche ou égal au seuil de qualification pour le second tour. Son espace politique, au carrefour de la République, du socialisme et de la planification écologique est, à l’évidence, identifiable.

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Le candidat de la raison

Plusieurs personnalités pensent que leur tour est venu d’incarner un tel destin. Les traits de caractère sont parfois mis en avant pour comparer les impétrants. Personne n’a, à cet égard, le monopole de la passion et de la grandiloquence, ni de l’égocentricité et de l’autoritarisme. A l’aune de ces critères, nombre de prétendant(e)s susceptibles de faire le choix de s’enfermer dans le piège de la primaire sont relativement bien classés. Pour les progressistes, seule la raison doit guider l’action et considérer les personnalités qui, par le symbole de leurs engagements, sont aujourd’hui en position d’incarner l’espoir d’une résistance au mouvement de balancier vers la droite, en passe d’emporter notre pays.

C’est pourquoi, nous apportons notre soutien à la proposition de candidature faite par Jean-Luc Mélenchon, la mieux placée pour incarner, auprès de ceux qui souffrent, la France insoumise à l’ordre établi. L’élection présidentielle est l’élection majeure à l’occasion de laquelle de nouvelles générations de citoyens s’engagent collectivement en politique, pour peu qu’une perspective s’ouvre. Elle est l’occasion d’expérimenter de nouvelles pratiques susceptibles de jeter les bases d’un futur rassemblement citoyen à la française. Le moment est venu d’en bâtir les fondations.

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Liêm Hoang-Ngoc Ex-membre du bureau national du PS Julien Jusforgues Ex-membre du conseil national Daniel Bonnot Ex-membre de la Commission nationale des conflits Roger Tropéano Ex-délégué national Catherine Renaud-Mayer Ex-première secrétaire fédérale de la Manche Laurent Beaud Ex-membre du bureau fédéral de l’Hérault Alain Bourgeade Ex-membre du bureau fédéral de Haute-Garonne Jean-Claude Bridon Ex-membre du bureau fédéral du Cher Fabienne Chiche Ex-membre du bureau fédéral du Val-de-Marne Annie Darrieux Ex-membre du bureau fédéral du Gers Sabrina Ghallal Ex-membre du bureau fédéral de la Marne Denis Gouteux Ex-membre du bureau fédéral du Cantal Nicolas Grondin Ex-membre du bureau fédéral de l’Essonne Laurent Hecquet Ex-membre du bureau fédéral du Puy-de-Dôme Catherine Laur Ex-membre du bureau fédéral de l’Aveyron Frédéric Martin-Delvincourt Ex-membre du bureau fédéral des adhésions de Paris Jean-Claude Maurin Ex-membre du bureau fédéral du Gard Anas Moutabarrik Ex-membre du bureau fédéral de la Marne Daniel Orts Ex-membre du conseil fédéral de l’Aveyron Franck Rey Ex-membre du bureau fédéral du CantalOlivier Spinelli Ex-membre du bureau fédéral de la Somme.

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 06:39

28 février 2016 http://melenchon.fr/2016/02/28/la-semaine-qui-voit-monter-une-belle-colere/

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Toute cette semaine est sous l’onde de choc de l’annonce de la loi El Khomri. Une grosse et belle colère monte. J’en parle en contribuant de nouveau à faire connaître le contenu de ce texte scélérat.

Pour moi, la semaine a filé entre mes doigts. La conduite de la campagne de signatures sur le site jlm2017.fr, la suite de l’émission ONPC de Ruquier, mes sorties sur le terrain comme à Valourec Valencienne, un aller-retour Bruxelles et une conférence étudiante à Lille II, ont fait défiler les jours en accéléré. Mon pire moment aura été quand ces étudiants empilés dans un amphi de 300 places n’ont pu ensuite entrer dans celui de 700 quand la décision a été prise de changer de salle compte tenu de l’affluence. Les bouilles désolées, mon nom crié en slogan dans les couloirs par mes jeunes amis frustrés qui avaient été si tôt à l’heure m’ont rudement secoué !

Le livre L’Ère du peuple dans sa nouvelle édition poche se vend bien. Comme prévu dans le contexte. Le tirage de 10 000 d’abord prévu a été depuis porté par paliers à 25000. Là encore, des excuses à qui n’a pu le trouver quoi que je n’y sois pour rien. Sur Amazon (oui, je sais, ce n’est pas une référence sociale) mes deux livres L’Ère du peuple et Le Hareng de Bismarck ont donc été en tête des essais politiques la semaine passée. Fierté d’auteur !

L’autre évènement de ces jours aura été l’expérimentation du live-vidéo de Facebook, nouveau saut dans un espace médiatique nouveau qui va bouleverser davantage encore la communication citoyenne. C’est la première fois que cela se fait en France dans la sphère politique et je suis heureux que ce soit pour porter la parole d’ouvriers en lutte, ceux de Valourec et d’Alstom. 4000 personnes se sont connectées, plus de mille ont déposé un commentaire dans les 4 premières minutes. Je suis fasciné par les implications d’un monde où la production de l’information se libère et se généralise si facilement.

La loi du retour au passé

Manuel Valls ne prend pas assez en compte l’utilité du travail des enfants pour relever le défi de la compétitivité, de la flexibilité et de la modernité. De même, il laisse les femmes traîner à la maison avant et après leur accouchement, même si elles sont chassées de plus en plus vite de la maternité, au nom de fumeux avantages acquis au siècle précédent sous le nom de « congés maternité ». Il semble aussi que le travail forcé et gratuit des gens sans emploi pourrait être une forme très moderne d’abaissement des charges sociales. De nombreuses pistes de cette sorte peuvent être explorées évidemment dans le dialogue social du renard libre dans le poulailler libre étant entendu que, faute de conclusions, ce serait au gouvernement de prendre ses responsabilités. (Note pour journaliste pressé : ceci est une figure littéraire humoristique nommée humour noir. Cela ne veut donc pas dire que c’est ce que souhaite l’auteur. Au contraire, celui-ci prône l’inverse.)

En tous cas, grâce à la loi El Khomri, nous sommes rassurés et nous savons qu’aucune ignominie ne peut faire reculer une équipe capable d’inventer la suppression de la durée légale du congé pour décès d’un conjoint ou d’un parent. Beaucoup de gens ont désormais compris le recul social et la destruction de leur vie quotidienne que constitue ce projet de loi sur le code du travail. Déjà, de nombreux textes et décryptages circulent venant de toutes origines. Une pétition a rassemblé 700 000 signatures hostiles au texte, ce qui atteste d’un haut niveau de prise de conscience. La riposte se construit petit à petit. Mais la volonté de lutte se répand comme une trainée de poudre, cristallisant toutes les haines que ce gouvernement suscite. Une première réunion intersyndicale et la promesse de se revoir le 3 mars sont intervenues. Pour ma part, je souhaite qu’une marée citoyenne soit organisée par ceux qui en ont le pouvoir : syndicats, partis, associations et groupes etc. La date du 9 mars comme premier rendez-vous circule de toute part. Celle du 31 semble devoir aussi réunir les syndicats. Je plaide pour qu’un rassemblement soit imaginé un jour de fin de semaine pour que le plus grand nombre puisse s’y associer. Je crois que la société toute entière étant agressée, c’est elle toute entière qui doit pouvoir répondre ensemble. Il s’agit ici de construire un mouvement d’action citoyen, populaire autour de ce que les syndicats vont faire.

En fait, avec ce texte, la vie quotidienne des salariés sera mise en miettes. L’abolition des onze heures de repos consécutifs entre deux journées de travail, la suppression de la durée légale du congé familial en cas de décès d’un proche parent, la journée de 12 heures de travail, le forfait jour, tout cela, c’est beaucoup de violence introduite à grandes rasades dans la vie quotidienne de millions de gens. Et au bout du compte, toute cette souffrance sociale et personnelle ne servira à rien. En tous cas à rien de ce à quoi cela prétend servir. Mais bien sûr, quand le muscle est mis à suer l’actionnaire y trouve bien vite son compte.

De fait, la prétendue « Loi Travail » de Mme El Khomri ne créera pas un seul emploi ! C’est plutôt une loi qui va aggraver le chômage. Elle est économiquement totalement absurde et même contre-productive. C’est à se demander si le gouvernement sait quelque chose de la réalité économique du pays. Ce projet de loi vise selon le gouvernement à permettre aux entreprises de faire face plus facilement à des pics d’activité. Mais nous sommes en pleine période d’inactivité ! Les carnets de commandes sont vides, les capacités de production sont très loin de tourner à plein régime. Les travailleurs sont jetés ou maintenus au chômage par millions, les prévisions de croissance mondiale sont revues à la baisse ! Dans ce contexte, forcer l’augmentation du temps de travail de ceux qui ont un emploi alors qu’on compte 6 millions d’inscrits à Pôle Emploi est absurde. C’est empêcher des chômeurs de trouver quelques heures de travail dans les rares secteurs où l’activité est un peu soutenue. .

Il est même plutôt évident que la loi El Khomri va aggraver la crise. L’activité économique ne tient ici ou là que grâce à la consommation populaire. C’est justement celle-ci que le gouvernement attaque avec son projet de loi. Payer moins les heures supplémentaires, baisser les salaires pendant cinq ans comme cela sera possible, faciliter les licenciements… tout cela réduit le pouvoir d’achat et par conséquence ne peut que réduire la consommation populaire aujourd’hui et demain. Pour se justifier, le gouvernement répète les mantras du MEDEF sur la prétendue « peur d’embaucher » des patrons. Mais il va surtout renforcer la peur du lendemain pour des millions de salariés. Or, toute une série de dépenses de la vie quotidienne sont repoussées quand on craint pour son emploi, son salaire etc. Les petits patrons, les artisans, les commerçants le savent bien. Ils comprennent que cette précarisation des salariés va encore réduire leur activité et donc renforcer leur crainte pour leur carnet de commandes au lieu de la combattre. Manuel Valls n’a toujours pas compris que c’est le progrès social qui permet l’activité économique utile et durable. Ce projet est le fruit des mêmes recettes archaïques du MEDEF. Il est condamné au même échec social et économique que les autres macronades comme le travail du dimanche ou les 41 milliards d’euros donnés sans contreparties au MEDEF chaque année.

Comment peut-on croire qu’on lutte contre le chômage en facilitant les licenciements ? C’est pourtant exactement ce que prévoit l’avant-projet de loi. Je veux ici pointer en particulier deux dispositifs. Le premier, c’est le plafonnement des indemnités versées aux salariés par l’employeur en cas de licenciement abusif. Commençons par rappeler que « licenciement abusif » est un euphémisme pour dire « licenciement illégal », c’est-à-dire pratiqué par un employeur délinquant. Le plafonnement des indemnités ignore totalement la réalité du préjudice pour le salarié : ce n’est pas la même chose d’être licencié à 50 ans quand votre épouse est déjà au chômage et vos enfants en études qu’à 6 mois de la retraite. D’autant que le plafonnement est particulièrement bas puisque l’indemnité maximale que pourra toucher un salarié est égale à 15 mois de salaire pour 20 ans d’ancienneté ou plus : même pas un mois de salaire par année d’ancienneté ! C’est environ la moitié de ce qui est actuellement accordé aux salariés par les conseils de prud’hommes. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a aussi prévu de supprimer l’indemnité minimale à verser dès qu’un licenciement est reconnu comme « abusif ». Tout cela revient à dire qu’un licenciement illégal est possible si vous pouvez payer. Le patron voyou connaîtra exactement la somme maximale qu’il risque de devoir verser, il pourra prévoir précisément cette somme et ainsi « acheter » la possibilité de contourner la loi et de licencier plus facilement. Tous les syndicats réclament unanimement le retrait de cet article inique.

L’autre facilitation des licenciements concerne les licenciements pour motif économique. C’est l’article 30 bis de l’avant-projet de loi. Il a été ajouté à la dernière minute, manifestement sous la dictée du MEDEF. Que dit cet article ? Il précise et élargit les situations dans lesquelles est possible le recours à une procédure de « licenciement économique ». Le but ? Empêcher qu’un juge conteste ensuite la réalité du motif économique du licenciement et condamne l’entreprise soit à réintégrer les salariés soit à les dédommager. On sait que, souvent, la décision finale du juge arrive une fois l’entreprise fermée comme dans le cas de l’usine Conti de Clairoix dont les propriétaires ont été condamnés trop tard.

Le projet de loi prévoit d’étendre la possibilité de recourir au licenciement économique à toute entreprise qui connaîtrait des difficultés économiques caractérisées « soit par une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires pendant quatre trimestres consécutifs en comparaison avec la même période de l’année précédente, soit par des pertes d’exploitation pendant six mois, soit par une importante dégradation de la trésorerie, soit par tout élément de nature à justifier de ces difficultés». Aucun seuil d’ampleur de cette baisse n’est prévu alors que les artifices comptables sont faciles pour faire croire à des baisses de commandes par exemple. Il suffira d’une baisse de 0,1% des commandes pour pouvoir licencier pour motif économique ! Ces dispositions visent à permettre à une entreprise de licencier dès la moindre difficulté, sans chercher à savoir si les difficultés sont passagères ou durables, conjoncturelles ou structurelles ni à préserver l’emploi, par exemple en ayant recours au chômage partiel dans les cas les plus graves. Avec de telles dispositions, l’hémorragie d’emplois aurait été encore plus grande au moment de la crise de 2008-2009.

Ce n’est pas tout. Le gouvernement protège uniquement les grands groupes. Sa prétendue défense du petit patronat qui aurait « peur d’embaucher » ne tient pas. Car une autre disposition du même article 30 bis sert uniquement les intérêts des multinationales et des groupes, pas des PME. En effet, l’article prévoit la possibilité de licencier les salariés pour motif économique même si les autres filiales du groupe, en France ou à l’étranger, réalisent des bénéfices. La situation économique de l’entreprise ne sera plus établie en fonction de la santé économique globale du groupe mais uniquement des filiales en France. Il suffira donc à un grand groupe d’organiser la dégradation de la trésorerie d’une filiale A en France au profit d’une autre filiale B dans un autre pays pour pouvoir licencier les salariés de la filiale A en toute légalité. Avec ce projet de loi, les plans de licenciements vont se multiplier.

Hollande, roi de l’embrouille aéroportuaire

Samedi 27 février : manifestation à Notre-Dame-des-Landes contre les expulsions des paysans qui vivent sur place et pour l’abandon du projet d’aéroport. Décidé il y a quarante ans dans un autre contexte et avec d’autres critères que ceux en qui s’imposent aujourd’hui, cet aéroport est le prototype de grands travaux inutiles. Sa mise en œuvre est si absurde qu’elle soulève les interrogations les plus diverses sur les motivations de ceux qui s’obstinent. À présent, la situation tourne au grotesque depuis que François Hollande a proposé un référendum. Inacceptable par principe et impraticable juridiquement. Il est grand temps d’arrêt les frais. Il est plus que temps de renoncer au projet d’aéroport. D’autant que la démonstration est faite que l’aménagement de l’aéroport actuel serait moins nuisible écologiquement.

Manuel Valls a menti. En octobre dernier, il affirmait devant le Sénat que le projet d’aéroport de Notre-Dame des Lans « est bon pour l’environnement, parce que l’actuel aéroport de Nantes est au contact de trois réserves Natura 2000, dont le réservoir à oiseaux du lac de Grand Lieu ». Le 17 février, Le Canard Enchainé a révélé une lettre qui prouve le contraire. Elle date de 2014. Elle a été rédigée par les services de l’État eux-mêmes, en l’occurrence la Direction régionale de l’environnement des Pays-de-la Loire. Elle est adressée au préfet de la région, également préfet du département de Loire-Atlantique. Rappelons que le préfet est représentant de l’Etat dans le département. Il est placé sous la tutelle directe du ministre de l’Intérieur. La lettre n’a jamais été publiée mais le gouvernement ne pouvait donc ignorer son contenu. Que dit cette lettre ? Elle dit que l’aménagement de l’aéroport actuel serait moins nuisible écologiquement qu’un nouvel aéroport. Plus précisément : que l’aménagement de l’actuel aéroport et l’augmentation du trafic aérien ne présentent « pas de risque » pour la réserve naturelle attenante. Et que « l’impact [des aménagements nécessaires de l’aéroport actuel] sera cependant très minime en comparaison de ceux issus de l’urbanisation prévisible des zones humides aujourd’hui préservées » en cas de construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes. Cet argument écologique s’ajoute à la longue liste des arguments contre ce projet. Il est temps de l’abandonner.

François Hollande préfère manœuvrer que d’affronter cette réalité. Il a ainsi annoncé jeudi 11 février à la télévision la tenue d’un référendum « local » pour décider de la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Cette annonce est un aveu de faiblesse des partisans de l’aéroport. François Hollande reconnaît surtout qu’il est embourbé dans cette affaire ! Il cherche une porte de sortie qui reporte sur d’autres la responsabilité des décisions à prendre avant la présidentielle. Ce pauvre bidouillage est le fruit d’un marchandage misérable pour l’entrée au gouvernement d’Emmanuelle Cosse tout en évitant de fâcher ce pauvre Jean-Marc Ayrault. Lequel Ayrault s’est déjà obligé à participer au gouvernement de celui qui l’a expulsé de son poste de Premier ministre et se voit obligé d’avaler en prime la couleuvre d’un référendum sur « son » aéroport. Emma Cosse elle aussi est tombée dans le piège. Car bien sûr, le référendum n’aura pas lieu. En tout cas, pas comme Hollande l’a annoncé. Tant mieux. C’est une mauvaise idée.

Quant à François Hollande il bat à cette occasion quelques records de plus en matière de cynisme. Il découvre le mot « référendum » quand ça l’arrange ! Pour faire adopter la révision de la Constitution en cours. Pas de référendum ! Pour faire adopter en 2012 le traité budgétaire non renégocié ? Pas de référendum ! Pour le traité TAFTA créant le marché commun entre l’Europe et les États-Unis ? Pas de référendum ! Mais pour un projet d’aéroport suspect, Hollande propose un référendum !

En réalité, la proposition de François Hollande est stupéfiante. Il a dit vouloir « organiser un référendum local pour qu’on sache exactement ce que veut la population ». Mais c’est l’État qui est le maître d’ouvrage du projet d’aéroport. C’est l’État qui est le principal financeur du projet. C’est-à-dire que tous les contribuables paieront et pas seulement des régions ou communes concernées. C’est l’État qui a pris le décret déclarant le projet « d’intérêt national » et signé les contrats avec Vinci. Quelle serait donc la logique de ne consulter que les électeurs des communes ou départements locaux ? Depuis quand demande-t-on à une partie de la population de prendre une décision au nom de l’État tout entier ? C’est une vision contraire à la loi et aux principes républicains les plus élémentaires.

Le référendum de François Hollande est impraticable ! Le droit actuel ne permet pas d’organiser un tel scrutin. L’article 11 de la Constitution fixe précisément le champ d’application du référendum que peut convoquer le président de la République. Il n’est pas question des infrastructures de transport. Manuel Valls a mis le doigt sur cette difficulté. Jeudi 11 février François Hollande annonçait un « référendum en octobre ». Le lendemain, le Premier ministre Manuel Valls ne parlait plus que d’une « consultation » et « avant l’été ». Le président a donc été déjugé par son Premier ministre en moins de 24 heures.

Mais même la planche de salut de Valls est vermoulue. Le gouvernement finalise actuellement un projet d’ordonnance sur les « procédures destinées à assurer l’information et la participation du public à l’élaboration de projets, plans et programmes et de certaines décisions », notamment en matière d’infrastructures. C’est une conséquence de la mort de Rémi Fraisse sur le site du barrage de Sivens. L’article 106 de la loi Macron de l’an dernier prévoit que le gouvernement rédige une ordonnance sur le sujet. Une ordonnance, c’est un texte qui a force de loi mais qui peut entrer en vigueur sur simple décision du gouvernement et qui ne sera validé par le Parlement qu’après coup, dans un délai d’un an. Mais même dans ce cas, la proposition Hollande bute sur un os. Le projet d’ordonnance concerne la « consultation locale des électeurs sur des projets relevant de la compétence de l’État et d’intérêt local ». Or, selon le code de l’environnement, la « création ou extension d’infrastructures de pistes d’aérodrome » comme le projet de Notre-Dame-des-Landes ne relèvent pas de « l’intérêt local » mais de l’intérêt national ! Ce que confirme le décret pris en ce sens par le gouvernement Fillon en 2008. Et en toute logique, l’ordonnance ne devrait pouvoir de toute façon s’appliquer qu’à des projets non encore engagés. Encore raté !

Pour éviter le ridicule, Hollande et Valls ont essayé de susciter une consultation des électeurs à l’initiative des collectivités locales. Peine perdue ! Le président de la région Pays-de-La-Loire a déjà refusé cette idée. Quant aux communes et départements, ils ne peuvent convoquer de référendum ou consulter les électeurs que dans des domaines relevant de leur compétence. Or c’est l’État qui porte le projet ! Comme si cet imbroglio ne suffisait pas il faut encore y ajouter le désaccord entre Ségolène Royal et Jean-Marc Ayrault sur le périmètre et le nombre de départements dont la population devrait être consultée. Après quoi il faudra se souvenir qu’aucune garantie n’est apportée non seulement concernant la légalité de cette consultation mais encore ni sur l’égalité des moyens entre opposants et partisans du projet, ni la sur l’impartialité des organisateurs du scrutin… Une situation grotesque comme Hollande n’aura cessé d’en créer tout au long de son quinquennat à force de tergiverser, de chercher à se défausser et de mentir à tout le monde en même temps, tout le temps, sur tous les sujets.

Pêche à la ligne dans le Rubicon

Martine Aubry trouve donc que « trop c’est trop ! » à propos de la politique de François Hollande. Je goûte l’étrange sentiment de ceux qui peuvent se reprocher d’avoir eu raison trop tôt. Et j’ai la même perplexité qu’au premier jour. Rien de ce que fait Hollande n’était imprévisible. Mon livre En Quête de gauche a montré les racines idéologiques profondes de sa vision politique. Dans ma campagne de 2012, j’avais fait les comptes de ce que ses engagements impliquaient en ce qui concerne le retour au 3% de déficit du budget de l’État dès 2013. Il en va de même pour Valls. Je me souviens des plaintes publiques de Pierre Laurent au mois d’août 2013 parce que j’avais dit de Valls « contaminé par Le Pen ». Après l’épisode de la déchéance de nationalité qui me trouvera encore « excessif » ? Et ainsi de suite.

Mais toute l’avance stratégique que devait nous donner la lucidité sur ce qui allait advenir, la force de la geste qui nous conduisait à prendre le drapeau du choc avec le Front national, tout a été perdu par les médiocres querelles des alliances aux élections locales, les jalousies égotiques et tout le reste. Le refus d’assumer le devoir d’entraînement et d’éclaireur de la société est consubstantiel à l’essentiel des petits groupes de l’autre gauche et du Front de Gauche. Là règne le mythe de la « pression sur la gauche », la « mise au pied du mur » et les autres ritournelles de l’impuissance qui ont occupé pendant bientôt presque cent ans les groupes trotskistes et leur variantes contemporaines chez tous ceux qui renoncent à être eux-mêmes acteurs de l’Histoire.

Dès lors, la tribune signée de Martine Aubry soulève une nouvelle vague de folle espérance de tous ceux qui comptent sur les autres pour régler leur problème et celui de notre famille dans l’Histoire longue. Peu importe ce qu’elle a pu écrire vraiment, peu importe avec qui elle écrit, peu importe qu’ensuite elle parle du caractère naturel de la candidature de François Hollande. Ni même qu’elle dise le contraire le lendemain à Lille dans une réunion semi confidentielle de « notre primaire ». Les mêmes qui me chicanent un adjectif se régalent à grosses cuillères de ses satisfécits accordés à la politique du gouvernement dans l’éducation et la santé, deux brasiers déjà allumé de la révolte populaire. Les mêmes qui me disputent une proposition pas assez ceci ou trop cela s’accommodent sans mal d’une conclusion de cette tribune clouée à un niveau de généralité qui ne peut être sans cause. Je ne raisonne pas de cette façon.

Aubry ne fera rien d’autre que ce qu’elle a fait déjà. Et si par hasard elle allait plus loin, il faudrait avoir avec elle un dialogue exigeant et non pas une transe ébahie. Elle, comme les autres doit renoncer aux bavardages sur « les réformes nécessaires » et trancher entre politique de l’offre et de la demande, entre exigence écologique et abandon productiviste. En toutes hypothèses, le temps des cartes blanches est fini avec quelque socialiste que ce soit. Notre dignité est à ce prix mais plus encore l’existence même d’une gauche réelle dans ce pays où elle pourrait bien être liquidée comme elle l’a déjà été en Italie, en Pologne et ailleurs.

Cette tribune est signée par plusieurs partisans éminents de la primaire de toute la gauche. On trouve ainsi parmi les signataires des membres du PS comme Benoît Hamon mais aussi d’EELV comme Daniel Cohn-Bendit. Mais étrangement, aucun dirigeant communiste ni d’EELV n’a été invité à se joindre à cette offensive alors qu’ils sont pourtant de loyaux amis de ce processus. Et le dissident socialiste le plus avancé, le socialiste Pouria Amirshahi, non plus. L’opération reste circonscrite aux « proches » dans la meilleure tradition de la cour des miracles du PS et de ses courants et sous courants. Valls a eu beau jeu d’observer que les signataires socialistes de la tribune forment un club des anciens de la primaire socialiste de 2011.

En bout de course, 48 heures après le lancement de l’obus à fragmentation paru dans Le Monde, il n’y a pas manqué le non moins traditionnel jeu de « tu me vois, tu me vois plus » que pratiquent ces élites pusillanimes. Comme cela sentait trop le souffre il aura suffi de quelques heures pour que Martine Aubry ajoute que si « trop c’est trop » François Hollande reste néanmoins le candidat naturel Bla Bla. Puis le lendemain encore à Lille Elle appelle tous les amis de gauche à participer à la primaire ». Hollande ne serait pas de gauche quoique candidat naturel ? On s’y perdrait si on devait prendre tout cela au sérieux. Au PS, on ne s’approche du Rubicon que pour y pêcher à la ligne.

Bien sûr, la tribune publiée par le journal Le Monde de jeudi 25 février est une critique implacable bienvenue. Une preuve de plus que la monarchie présidentielle et sa cour sont à bout de souffle. Peut-être même le début d’une révolution de Palais ? Car cette tribune ressemble beaucoup à un appel à la démission de Manuel Valls du poste de Premier ministre. En toute hypothèse, j’approuve la critique de la politique du gouvernent que fait Martine Aubry. Comment pourrait-il en être autrement puisque nous faisons la même depuis des mois ? Elle demande l’abandon du projet de révision constitutionnelle sur la déchéance de nationalité comme je l’ai fait sur TF1 le 10 février dernier et comme le demande tout le Front de Gauche. Pour elle, ce projet met en cause « notre conception de l’identité de la France. Pour la gauche, l’identité française doit être républicaine, elle se définit comme une communauté non pas d’origine, mais de destin, fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité ». « Aller au Congrès de Versailles dans ces conditions serait une fêlure profonde pour la gauche et d’ailleurs aussi pour certains démocrates. Évitons-la » demande-t-elle à François Hollande. Elle dénonce aussi « la meurtrissure de l’indécent discours de Munich » de Manuel Valls contre l’accueil des réfugiés.

Sa critique n’en reste pas à ces principes républicains ou moraux. Elle porte avant tout sur la politique économique et sociale du gouvernement. Martine Aubry dénonce le « pacte avec le Medef qui se révéla un marché de dupes ». Elle critique ainsi le gaspillage des 41 milliards d’euros annuels du pacte de responsabilité « mobilisés pour rien, ou si peu, [et qui] auraient été si utiles à la nouvelle économie, à l’écologie, à l’éducation et à la formation, aux territoires, à l’accès à l’emploi de ceux qui en sont le plus éloignés, au pouvoir d’achat, aux investissements publics et privés et donc aux carnets de commandes des entreprises ».

Surtout, elle dénonce le projet de loi El Khomri sur le code du travail avec des mots que je partage. Ainsi quand elle dit que « la gauche a appris des mouvements ouvriers qu’il n’y a pas de liberté sans égalité ». Ou que « le droit n’enferme pas, il libère. Il libère en arrêtant la liberté des autres où commence la sienne. Il libère en apportant aux plus faibles les droits qui visent à rééquilibrer les rapports dans l’entreprise ». Martine Aubry a raison de dire que « c’est toute la construction des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant l’accord dans l’entreprise dans un pays où le taux de syndicalisation est faible et où le patronat n’a jamais aimé la négociation ». J’ajouterai seulement « et où c’est grâce à la loi qu’est étendue la protection des conventions collectives à tous les salariés et à toutes les entreprises ». Comment ne pas être d’accord quand elle pointe que « les salariés vont subir un chantage permanent et [que] les entreprises seront soumises à des distorsions de concurrence » au sein même de chaque branche ? Et comment contester que « réduire les protections des salariés face au licenciement conduira plus sûrement à davantage de licenciements ! » ? Avec elle, je m’interroge : « à qui fera-t-on croire qu’en multipliant les facilités de licenciements, on favorisera ainsi l’emploi ? », « qui peut imaginer que, en généralisant les possibilités de ne plus payer les heures supplémentaires en heures supplémentaires, on améliorera la situation de l’emploi en France ? Qui peut faire croire qu’augmenter le temps de travail va diminuer le chômage ? ».

Avec elle, nous sommes d’accord pour refuser que « ces revendication du patronat institutionnel deviennent les lois de la République », qui plus est à coup de recours à l’article 49-3 de la Constitution pour les imposer sans vote à l’Assemblée. Doit-on comprendre que si cela devait arriver, Martine Aubry appellerait les députés qui siègent à gauche de l’Assemblée à voter une motion de censure du gouvernement comme je l’ai fait lundi 22 février sur France Info ? Marie Noëlle Liennemann le propose, Christian Paul le suggère fortement !

Toutefois, je trouve que Martine Aubry veut rester au milieu du gué et que cela la conduit à des concessions de langage qui desservent la crédibilité de sa protestation. Ainsi quand elle fait la part belle à plusieurs actions du gouvernement que le terrain rejette clairement. Ainsi quand elle vante le bilan du gouvernement à propos de ce qu’elle juge être « les succès de la COP21, la priorité donnée à la lutte contre les inégalités à l’école, les avancées de la loi santé ». Les engagements des États lors de la COP21 prévoient un réchauffement climatique de 3 degrés d’ici 2100 dont les effets seront insoutenables. Le nombre de professeurs absents non remplacés ou de fermetures de 36 lycées professionnels sous le mandat de François Hollande laissent craindre le pire pour les inégalités scolaires. La création de 60000 postes d’enseignants est clairement un mensonge et chacun sait dorénavant que seuls quelques 5000 postes à peine sont réellement crées. Quant à la loi santé, elle n’améliore aucunement le remboursement des soins mais elle désorganise le service hospitalier et conduit à une carence dont chacun a désormais fait l’expérience par ses proches ou sa famille.

Je ne peux évidemment pas non plus accepter l’idée qu’Angela Merkel aurait « sauvé l’Europe ». À propos des migrants, Martine Aubry écrit « Non, Angela Merkel n’est pas naïve, Monsieur le Premier ministre. Non, elle n’a pas commis une erreur historique. Non, elle n’a pas mis en danger l’Europe, elle l’a sauvée. Elle l’a sauvée du déshonneur qui aurait consisté à fermer totalement nos portes à toutes ces femmes, ces hommes et enfants fuyant les persécutions et la mort et en oubliant ceux qui chaque jour perdent la vie en Méditerranée ». Si l’on comprend et que l’on peut partager l’intention morale de Martine Aubry, on ne peut pour autant donner de brevet d’humanité à un chef de gouvernement qui a agi avec un tel cynisme dans ce dossier. Car ce serait oublier un peu vite comment son action sur les migrations a d’abord consister à défendre les accords de libre-échange responsables du départ massif de populations d’Afrique subsahélienne et à imposer la politique d’austérité qui a provoqué le départ de plus de 2 millions de personnes de Grèce et d’Espagne.

Mais après tout on comprend que sur ces points, elle et ses co-signataires expriment une sensibilité social-démocrate traditionnelle très européo-enthousiaste. Il me semble pour finir que la vraie faiblesse vient de la chute du texte. Il ne dit rien en effet, ou si peu, de ce qu’il faudrait faire. Tout juste Martine Aubry et les autres signataires disent-il que « pour sortir de l’impasse, il faut de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique. Elles doivent être porteuses d’émancipation pour chacun et de vivre-ensemble pour tous. C’est ce chemin qu’il faut retrouver ! Celui de la gauche tout simplement ! ». Mais cela est bien maigre.

Leur texte ne dit rien de l’impasse des traités européens et de la nécessité d’en sortir. Rien de l’impasse de la monarchie présidentielle et de la nécessité de l’abolir. Rien de l’impasse du productivisme et de la nécessité de la transition écologique. Du coup on se demande si ce n’est pas un épisode de plus dans la vie de la cocotte-minute lâchant du lest de vapeur quand il s’en accumule de trop comme les frondeurs s’en sont rendus familiers depuis déjà deux ans. Donc il ne faut pas se plaindre d’être rejoints dans nos critiques, ni de voir la désorganisation augmenter dans le camp de l’adversaire. Mais il ne faut sombrer dans aucune illusion. Du PS ne sont venus rien d’autre que des jeux de rôles sans conséquences autre que d’entrainer les naïfs dans de nouvelles impasses d’illusions et d’impuissance. Et cela pendant que la plus grave crise morale et philosophique de son Histoire l’entraînait ainsi que toute la gauche vers le néant.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 10:19

C’est pénible à la fin !

Voilà que je fais le tour des popotes pour voir si ‘les miens’ ont signé l’appel à soutenir la candidature de J-L Mélenchon.

Et bien, non !

C’est pas qu’ils soient contre, ils sont même très pour. Mais….allez savoir ! Des fois que les choses, les bonnes bien sûr, arriveraient toutes cuites.

Et bien, non ! Les choses, les bonnes bien sûr, n’arrivent pas toutes cuites. Il faut se la donner un peu.

Alors, je vous invite, à aller voir auprès des ‘vôtres’ (chacun les siens) s’ils ont fait leur taf. Et dites-leur de faire passer le message autour d’eux,… les amis, … les connaissances,… ça mange pas de pain et ça peut rapporter gros.

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Pour pas qu’il y ait embrouille, l’appel à soutenir JLM c’est là : http://www.jlm2017.fr/

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Tweetez ! Facebookez ! Sharisez ! Ne laissez nul répit où le message passe et repasse, si bien qu’en 2017 il en rapportera davantage.

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Place au peuple ! Place à la France insoumise !

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 08:34

Communiqué : La loi travail annonce la déchéance sociale des familles salariées

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Mercredi 24 Février 2016

La loi travail voulue par François Hollande et présentée par Manuel Valls détruira purement et simplement la vie commune quotidienne d’innombrables familles. Son ignominie est bien montrée par cet article qui retire le droit au deux jours de pause en cas de décès familial. Le texte prévoit aussi la suppression des onze heures de délai entre deux journées de travail. Rentre chez soi prendre soin des siens, dormir puis revenir à son poste en moins de onze heures ! Que chacun fasse le compte de ce que cela implique comme genre d’existence. Faudra-t-il amener son sac de couchage au travail ? Le texte revient sur la journée de huit heures acquise depuis Clémenceau, et même sur celle de dix heures acquise depuis 1900 ! Les apprentis devront travailler sans limite horaire particulière. Et ainsi de suite. D’un article de la loi à l’autre c’est une odieuse surenchère d’abus contre la condition quotidienne des salariés et de leurs familles. Pas un emploi ne sera créé de cette façon. Mais les journées harassantes de 10 ou 12 ruineront la santé des salariés et abaisseront rapidement leur productivité. Les salariés, les sans-emplois et les personnes hors du circuit du travail salarié paieront tous très chers ce retour à la condition des salariés du 19 ème siècle.

Déjà les syndicats de salariés se disposent pour organiser une action nationale concertée. Formons le vœu qu’ils parviennent à s’accorder pour mobiliser le plus largement. Mais toute la société doit les appuyer. Car toute la société est concernée par ce nouveau cadeau au secteur le plus borné du CAC 40. Toute la société doit pouvoir s’y opposer. Il y a nécessité d’une action de tous, salariés ou non. Pour ma part je souhaite que soit organisée une marée citoyenne pour obtenir le retrait de la loi. C’est possible comme le montre la pétition citoyenne en cours. Les syndicats qui ont arraché au fil du temps les acquis sociaux dont nous bénéficions, les partis liés à l’histoire du monde des salariés, les groupements de citoyens, tous unis devraient pouvoir en prendre l’initiative. Ils en ont le pouvoir. J’appelle à se tenir prêt à répondre à leur appel !

Jean-Luc Mélenchon

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Analyse de la loi sur le site jlm2017. Appuyez sur chaque ligne pour avoir le détail

http://www.jlm2017.fr/loi_el_khomri_loi_pour_pourrir_la_vie

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 00:56

Source : Le grand soir http://www.legrandsoir.info/en-2017-comme-je-l-ai-fait-en-2012-je-voterai-pour-jean-luc-melenchon.html

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19 février 2016

Chacun ici dira ce qu’il veut, à sa guise et dans le respect des autres contributeurs. Je vais user de ce droit pour rapporter ce que j’ai vu, ce que je sais, ce que je crois et ce que je ferai aux élections présidentielles de 2017.
Je m’adresse ici surtout à ceux qui, aux présidentielles, ont souvent voté communiste (même pour Robert Hue !), ou socialiste (au moins au second tour), parfois pour les « Verts », ou pour LO, ou pour le NPA, voire, une fois (inoubliable !) pour Chirac.

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Jean-Luc Mélenchon ?

Je l’ai vu, alors qu’il était sénateur socialiste, mener le combat contre un projet de motion ignominieuse que l’UE a fini par voter contre Hugo Chavez, grand démocrate s’il en fut, révolutionnaire et qualifié de « dictateur », de « caudillo » par l’essentiel de la classe médiatico-politique européenne qui en avait convaincu l’opinion (vous aussi ? Un peu ?).

Je l’ai vu, lui, dix fois refuser de clouer Cuba au pilori quand d’autres, se prétendant plus à gauche que lui, lâchaient l’île assiégée par la plus grande puissance militaire que le monde ait jamais connu.

Je l’ai entendu, en 2008, invitant Elkabbach à lire mon livre sur Reporters sans frontières pour que tombe le masque de Robert Ménard, alors intouchable à gauche et à droite et désormais maire FN de Béziers.

Je l’ai entendu dire ce qui devait être dit sur l’imposteur dangereux qu’est le dalaï lama, tout entier arc-bouté sur son projet de rétablir une théocratie moyenâgeuse dans une région chinoise grande comme cinq fois la France.

Je l’ai entendu dire aussi que la Chine et la Russie n’étaient pas des pays ennemis de la France et qu’il fallait discuter avec eux dans un respect mutuel.

Je l’ai entendu dire que l’immigration était une chance pour le pays.

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Je l’ai vu mener mille autres combats dont la plupart le desservaient électoralement, mais qui sauvent l’honneur de la classe politique.

Je l’ai entendu dire que la politique extérieure des Etats-Unis constitue un vrai danger.

Je l’ai entendu dire qu’il ne faut pas retourner dans l’OTAN.

J’ai participé avec lui et André Chassaigne en 2011, dans un théâtre de Bordeaux, à un meeting « Contre le capitalisme vert, unir l’écologie et la justice sociale » où chacun était plus attaché à l’écologie que les éléphants d’EELV qui se bousculent pour des postes, des honneurs, de l’argent.

Je l’ai vu, assailli par les médias de sarcasmes, de mensonges, d’attaques. J’ai vu leur bassesse dans le choix des photos de lui qui visent « à créer un effet de peur chez le passant » comme les portraits de l’Affiche rouge.

Et j’assiste à son procès permanent où se délectent ceux qui ignorent que 95 % des grands médias français appartiennent à des banquiers, industriels, marchands d’armes. Ah ! Malcom X : « Si vous ne faites pas attention aux médias, ils vous feront détester l’opprimé et aimer l’oppresseur ». Justement Jean-Luc Mélenchon est l’homme qui dit dans les médias ce que sont les médias (et cela ne lui sera pas pardonné). Qui d’autre le fait ?

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On se tire une balle dans le pied ?

Par quel néfaste miracle, en ce pays, les petits, les obscurs, les sans-grades (« Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades, – Sans espoir de duchés ni de dotation ». Edmond Rostand, L’Aiglon), les chômeurs, les vieux ouvriers maintenus au travail quand l’âge est là, les femmes sous-payées, les jeunes sans avenir, tous ceux pour qui la vie est plus dure que celle de leurs parents, les petits commerçants écrasés par les grandes surfaces, les paysans qui travaillent à perte, tous ceux qui désespèrent d’acheter un appartement, d’avoir un jour une retraite, les professeurs au pouvoir d’achat en chute libre depuis 25 ans, tous les fonctionnaires, indispensables et méprisés et dont le statut est menacé, tous ceux-là, qui sont l’écrasante majorité des Français, par quel mystère votent-ils si nombreux pour les prédateurs ou leurs complices matois badigeonnés en vert ou en rose ? Ou en bleu-blanc-rouge sur du vert-de-gris ?

La vérité est que les médias font les élections. Je connais (vous connaissez) des villages ou des quartiers sans immigrés, sans pic local de chômage, sans incivilité, sans militants du FN, mais où le FN recueille plus d’un quart des suffrages sur des noms d’inconnus qui n’ont jamais organisé une réunion ou collé une affiche.

La vérité aussi est que les électeurs ont besoin d’un projet visible qui annonce enfin la rupture avec les solfériniens, lesquels n’ont rien de socialistes et qui ne peuvent être absous de leur trahison par la froide raison mathématique des reports de voix qui fait élire (pas toujours) des candidats de gauche.

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Les « toutourienistes »

Les propriétaires des médias, aujourd’hui comme hier, préfèrent n’importe quoi au Front populaire. Ils barbouillent les panneaux électoraux de leur plus dangereux adversaire. Des toutourienistes relaient leurs salades empoisonnées et nous voyons, contre l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, un (relatif) pilonnage mécanique venant de ceux qui devraient être avec lui. Certes, un proverbe japonais dit que le clou qui dépasse appelle le marteau. Mais le marteau ne réfléchit pas. Or, LA question qui devrait se poser est la suivante : quel est le programme rassembleur, acceptable par toute la gauche, que Jean-Luc Mélenchon pourrait porter ?

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Il y en a un peu plus (4%) je vous le laisse ?

Pourquoi lui ? Parce qu’un(e) autre obtiendra 3 % (allez, 4,9 % si vous voulez). Ne me dites pas que je ne sais rien des résultats possibles, que si l’on se rassemble, que si l’on s’y met tous… Vous savez que ce n’est pas vrai. Les élections présidentielles requièrent une tête d’affiche connue et si possible un tribun. La Sixième République proposée par Jean-Luc Mélenchon mettra fin à l’élection publicitaire d’un monarque élyséen, mais en attendant, il faut un candidat.

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Portrait du candidat idéal

Il le faudrait immaculé. Dans ce cas, on lui reprochera son manque d’expérience, de stature internationale (a-t-il rencontré Obama, Merkel ?).

Il le faudrait assez âgé, avec l’épaisseur nécessaire à la charge. Mais attention, il convient aussi que, dans son passé, il ait accompli un sans-faute, que nulle part dans un de ses articles, une de ses déclarations, un de ses votes, on ne puisse trouver matière à heurter la pureté révolutionnaire. On exigera de lui des décennies d’infaillibilité, vertu dont sont désormais exemptés le pape et (restons sur le sujet) tous ceux dont les médias nous suggèrent qu’ils feraient mieux l’affaire que Jean-Luc Mélenchon, ainsi que tous ceux qui approuvent les médias qui disent ça.

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Reste vierge : un jour, ton Prince viendra.

L’intégriste politique (comme le religieux) ne veut épouser qu’une vierge (néanmoins experte dans les jeux de l’amour). Et comme on en manque sous nos latitudes, l’intégriste renonce à fonder un foyer, à procréer. Il préfère être seul que mal accompagné, même si la marche en commun qu’on lui propose conduit hors du désert et l’éloigne de l’onanisme politique, forcément stérile.

C’est l’apanage des puceaux de n’avoir jamais mal fait l’amour et quiconque a un jour élevé des enfants, participé à la gestion d’une association, d’une commune, d’un pays, s’est exposé à l’erreur, à la faute, au compromis, voire à la compromission.

« Quoi je me suis trompé cent mille fois de route » écrit Louis Aragon qui ajoute, trop optimiste : « On sourira de nous pour notre dévouement ».
Et aussi :

« On sourira de nous pour le meilleur de l’âme

On sourira de nous d’avoir aimé la flamme

Au point d’en devenir nous-mêmes l’aliment

Et comme il est facile après coup de conclure

Contre la main brûlée en voyant sa brûlure. »

Et où sont ceux qui ne se sont pas trompés, au moins une fois ?

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La France insoumise

Il serait temps que la France se souvienne qu’elle émerveilla le monde au siècle des Lumières, en 1789, en 1936, pendant la Résistance, en 1968, en 2005 en rejetant le Traité constitutionnel européen.

En 2012, elle a raté son nouveau rendez-vous avec l’Histoire. Il est probable que les peuples d’Europe, asservis par la puissance de l’argent, attendent un signal français qui ne serait pas la ruée du « parti de la trouille » vers les urnes pour y lâcher avec dégoût un bulletin de vote contre le FN, puisque le choix ne serait pas donné de voter « pour » un projet avec quelque chance de le voir s’imposer.

Nous avons d’abord besoin d’être ensemble. Ensemble dans la diversité, chaque pièce du puzzle étant un bout de l’Hexagone. Il suffit de les assembler. Chacun de nous y trouvera sa place dans le respect de ce qu’il est et qu’il entend continuer à être.

Si l’on ne s’échappe pas des mâchoires de la tenaille forgée par la droite et les Solfériniens, nous aurons à choisir l’an prochain entre leurs candidats. Tel citoyen qui n’a pas aidé à faire émerger un autre projet votera en 2017 pour un des programmes conçus contre lui.

Quant à moi, je voterai pour Jean-Luc Mélenchon au premier et au deuxième tour des présidentielles. S’il s’avérait que le choix ne m’est pas donné de le faire deux fois, je me tiendrai à l’écart des isoloirs le dimanche du second tour.

J’ai écrit depuis 10 ans des livres, des articles sur la droite, la fausse gauche, les fascistes. Si la fille Le Pen, si Juppé ou Hollande s’installent à l’Elysée en 2017, merci de ne pas en faire reproche à tous ceux qui, s’étant battus, sont dans le fossé et comptent leurs blessures, vaincus par les leurs qui chantent en permanence les vertus négatives du doute et vantent les chemins que la prudence suit (merci encore, Aragon ; ah ! camarade, que serais-je sans toi ?).

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Maxime Vivas

(Ecrivain non encarté).

NB. Les raisons de ne pas voter Jean-Luc Mélenchon, nous les connaissons par les médias qui les déversent par tombereaux. Au besoin ils en inventent. Il suffit d’y ajouter des raisons personnelles (son physique, son style…) et ainsi sera creusé le sillon de dérivation qui empêchera un peuple de s’unir pour renverser la table sur laquelle vont festoyer pendant 5 ans ceux dont nous voulons plus.

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http://www.jlm2017.fr/

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 17:40

Pour une fois, je conseille d’aller directement sur le lien, il y a des images. C’est joli, les images.

Si possible, faire circuler l'article.

Exergue

Source : http://www.legrandsoir.info/lettre-ouverte-aux-charlots-qui-veulent-s-asseoir-autour-d-une-table-et-reflechir-au-programme-electoral-pour-les.html

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2 mars 2016

A 9h, le train de 8h47 sera passé

Vladimir MARCIAC

L’incendie ravage la forêt, les flammes lèchent les maisons et un bonimenteur de première, quadra ou quinquagénaire, beau gosse et beau-parleur, ou bien un déplumé binoclard boudiné dans un costume noir, ou qui vous voulez pourvu qu’il ait l’autorité de celui qu’on a vu à la télé, décrète l’urgence d’un « brainstorming » (il parle volontiers la langue de l’ennemi).

Objectif : décider démocratiquement d’une démarche citoyenne, participative, concertée, afin de déterminer dans les mois qui viennent le meilleur moyen d’éteindre le feu en prenant en compte les désirs des gens et en montrant qu’on peut faire de l’extinction autrement par une écoute de la base, un changement de comportement qui prouvera qu’il y a une autre façon d’arrêter le feu. Quel camelot !

La scène se passe dans la caserne des pompiers. Ils sont 80 ou 1000, peu importe, dont le métier est d’éteindre le feu, qui en vivent, qui ont été formés à ça, qui ont obtenu leur diplôme, qui nous donnent des conseils depuis des décennies et qui nous vendent leur calendrier.

Pendant que le pompier-démocrate-citoyen-participatif-hâbleur-frimeur parle, les flammes brûlent la première maison (et le Code du travail qui s’y trouvait), une bombonne de gaz surchauffée explose et projette en haut des arbres, où elle se maintient, la flamme du FN.

Un pompier se précipite, une lance en main et chacun de dénoncer son geste en solo d’égocentrique (on voit bien qu’il vient de là où il vient, celui-là, c’est tout dire !).

Bref, et pour parler clair, la France est dotée d’une ribambelle de partis politiques, financés un peu par nos deniers de contribuables. Leurs directions sont truffées d’intellectuels, d’élus à tous les échelons, d’anciens ministres, de vieux routiers de la chose publique. Ces partis ont mené mille batailles et fait voter autant de lois, en ont fait échouer qui étaient scélérates. Ils ont accumulé des trésors d’expérience, remplis des caves d’archives bien classées. Depuis des dizaines d’années (et parfois depuis des siècles) ils ont analysé, scruté, passé au scanner notre pays ; ils l’ont façonné.

Et en 2016, ils te nous déclenchent un concert de klaxon, une cacophonie de casseroles qu’on est bien obligés d’entendre et qui nous annoncent LA nouvelle : en vue des élections présidentielles de l’an prochain, il faut prendre le temps de réfléchir, se mettre autour d’une table, écouter toutes les suggestions, discuter d’un texte, construire un projet, travailler, se mettre au travail, au travail se mettre, mettre au travail se, pour élaborer un programme.

Certes, l’offre politique (expression de maquignon) ne peut être figée dans un monde qui bouge, des aggiornamentos sont nécessaires. Mais il y a un socle, des valeurs qui marquent les identités, des limites idéologiques à l’évolution du curseur. Il y a un programme auquel la gauche a souscrit en 2012, que les militants ont défendu dans les rues et les quartiers, en réunion publique, au porte à porte, de sorte qu’il s’agit de s’adapter à la frange, et pas plus, sous peine de se renier.

Trahirai-je un secret susceptible de mettre en péril la Défense nationale et d’enfreindre l’état d’urgence en disant que, depuis 2012 (au moins), on sait que des élections présidentielles auront lieu en 2017 ?

A-t-on oublié que, dans les jours qui ont suivi son discours du Bourget sur son « véritable adversaire » (la finance), notre président normal a foncé à Londres dire aux banquiers « I am not dangerous » et que, au lendemain de son élection, il a limité l’augmentation du SMIC à l’équivalent d’un Carambar par jour, selon l’expression de Jean-Luc Mélenchon (pompier-solitaire-égocentrique) ?

N’avait-on pas remarqué que le mensonge électoral de François Hollande a été suivi du « J’aime l’entreprise de Manuel Valls » lors d’une Université d’été du MEDEF ( il ne fréquente pas celles des syndicats ouvriers) et par la cooptation à un poste clé du gouvernement d’un cadre de la banque Rothschild, jamais élu, non membre du PS, enrichi par spéculation en un temps record et bien décidé à aller aussi vite pour finir de ruiner les pauvres de ce pays ?

Ne voit-on pas que l’autodafé du Code du travail ferait comparaître les travailleurs, en chemise et la corde au cou, devant un patronat jamais rassasié ?

Ne remarque-t-on pas que personne n’a eu le culot de proposer des assemblées, colloques, séminaires pour arrêter les modalités de la lutte (assez) unitaire contre la loi El Khomri, qui est une loi du MEDEF ?

N’a-t-on pas lu Karl Marx : « Le Capital a horreur de l’absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire ; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime ».

N’a-t-on pas lu Jean Jaurès dénonçant en son temps (déjà !) les « faux socialistes », les socialistes « de château et de sacristie », « charlatans de la réaction et du boulangisme » et « singes malfaisants ».

N’a-t-on pas lu Elsa Triolet, écrivain (prix Goncourt), affirmant : « Une barricade n’a que deux côtés », ce qui est discutable, mais pas toujours.

Et que nous chante-t-on ? Il faut faire surgir des idées nouvelles, rédiger un programme novateur (en partant du néant ?), se réunir, se rencontrer, échanger, réfléchir (prendre le temps de), inventer, faire preuve d’imagination, étudier, regarder de près, travailler, se mettre au travail, au travail se mettre, au mettre travail se et définir enfin une offre et une stratégie.

Ceux qui nous tiennent ce langage sont, ou bien des incapables, ce que nul ne croit, ou bien des enfumeurs, ce qu’il faut craindre et croire (ce dont on peut être sûrs, allez). Car, ce que veut le peuple de France, ce que veulent ceux qui clament dans leur désespoir qu’il n’y a que le FN qu’on n’a pas essayé, on le sait. On peut le résumer en 5 lettres : U.N.I.O.N. Les Français veulent qu’on soit tous ensemble avant d’être d’accord sur tout.

Au référendum de 2005, une majorité de Français a voté contre le TCE sans l’avoir tout lu (263pages), mais en ayant compris l’essentiel, à commencer par l’entourloupe.

En 2017, un programme proposant une 6ème république qui sera le fruit d’une Constituante sortie du peuple avec des dispositions clés, comme la fin du régime présidentiel, des référendums révocatoires, l’abolition des lois antisociales, la chasse aux fuyards fiscaux, l’amnistie pour tous les syndicalistes, des sanctions contre les voyous, même s’ils sont patrons, la prise en compte de l’écologie (et non pas sa prise en otage ; Placé et Cosse me comprendront), le plafonnement des rémunérations, la sortie progressive du nucléaire et immédiate de l’OTAN, notre désengagement militaire au Moyen-Orient, un tel programme pourrait satisfaire assez pour que son porteur soit suivi, même si l’on nous assure qu’il fait des grimaces (voir photos de presse), tonne, gronde, menace, s’emporte, enrage, assène, aboie, vitupère, tempête, tonitrue, pète les plombs, éructe (le synonyme « rote » est gardé en réserve pour l’instant, la campagne électorale n’ayant pas commencé), surtout quand un journaliste (1), l’apercevant dans la rue (19 mars 2010) menant campagne avec des militants du Parti de Gauche pour des élections régionales, lui pose par trois fois LA question qui urge et qui est appropriée : « Etes-vous pour la réouverture des bordels ? » . Remarquez, on a entendu à la télé un autre journaliste (titulaire d’une carte de presse) lui demander « Vous l’avez vu ? » en espérant un « Vu quoi ? » qui aurait permis la réponse : « Mon cul ». Il paraît qu’il fait rire le studio quand il réussit son coup (émission d’Hanouna, ouverte aux téléspectateurs dans la limite de leur QI et des places disponibles). J’ai entendu un journaliste de télé demander à Jean-Luc Mélenchon : « La date de votre dernier câlin ? ». Quels nullards !

Le seul vrai sujet qui n’a pas été discuté à gauche, par la gauche réunie à cette fin, depuis que les oligarques ont fait main basse sur les organes de presse, c’est le pouvoir des médias : exorbitant, malfaisant, abrutissant et mortifère pour le pays. Si quelqu’un crée une commission pour y réfléchir, s’asseoir autour d’une table, écouter toutes les suggestions, travailler, se mettre au travail, au travail se mettre, mettre au travail se, je suis volontaire.

Pour gagner du temps on pourrait s’inspirer de ceci : « Les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération afin d’assurer […] la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères. » (Programme du Conseil National de la Résistance, 15 mars 1944 : « Mesures à appliquer dès la libération du territoire »).

Sur les affiches de 2017, il faudra un nom.

Vous dirai-je que je n’ai aucun mépris pour la classe politique patriote qui, tout entière marcha derrière le général De Gaulle dont le premier gouvernement donna à la France des ministres comme le communiste Ambroise Croizat dont le nom figure enfin dans le dictionnaire grâce à une intervention auprès d’Alain Rey de François Ruffin (vous avez vu son film : « Merci patron ») ?

Héros de la Résistance arrêté, déchu de son mandat de député, condamné, Ambroise Croizat connaîtra 14 prisons, avant d’être transféré dans un bagne algérien. A la Libération, il fut ministre du travail, comme Myriam El Khomry. Comme ? Que nenni : on lui doit la création de la sécurité sociale.
Je n’insiste pas.

On a eu aussi le communiste Marcel Paul, autre héros de la Résistance, dénoncé, torturé, déporté, puis ministre de l’énergie et créateur d’EDF-GDF. C’est Ségolène Royal qui s’occupe de ça à présent.

Je n’insiste pas.

Et le communiste Charles Tillon, Résistant, emprisonné, fondateur et commandant en chef des FTPF (Francs tireurs et partisans français), puis ministre de l’air à la Libération ! On rêve de le revoir à ce poste, au-dessus des cyniques qui dirigent Air-France, qui licencient, qui applaudissent les lois d’un Qatar où l’on emprisonne les grévistes. Sous le ministère de Charles Tillon, l’Aviation civile française a été nationalisée et Air France est devenue propriété de l’État.

C’est Alain Vidalie, secrétaire d’Etat aux Transports, qui s’occupe de ça, à présent. Il a réclamé des sanctions contre ceux qui ont déchiré la chemise du DRH d’Air France.

Je n’insiste pas.

Les ministres-militants nommés plus haut, qui affrontèrent les pires tortionnaires, qui subirent les coups, la prison, les interrogatoires, voire la torture, la déportation, cracheraient leur mépris devant tout patron qui escalade une grille pour fuir ses employés, devant un ministre qui veut voir ces derniers au tribunal.
Je n’insiste pas.

Ces ministres communistes, et des centaines d’autres militants, admirables face à l’occupant nazi, surent où était leur devoir à la Libération. Et leur devoir était de se mettre en position pour faire avancer leurs idées, celles pour lesquelles ils avaient tout risqué.

Leur devoir, quand la maison France était en ruine, n’était pas de réfléchir, de s’asseoir autour d’une table, d’écouter toutes les suggestions, de travailler, etc. en dehors du gouvernement en attendant que le rapport de forces, dans 5 ans, dans 10 ans ou à la Saint-Glinglin les mette en position de tenir les manettes et d’appliquer tout leur programme (2).

Remarquez, je dis ça, on lira que je compare Jean-Luc Mélenchon à De Gaulle, Sarkozy et Hollande à Pétain, le MEDEF aux Maîtres des Forges (« Plutôt Hitler que le Front populaire »).

En fait, je regarde les champs de bataille et les salons où l’on construit un puzzle avant de le balayer sans cesse pour recommencer en se disputant tandis que l’huissier emporte les meubles. Je compare les intérêts des partis aux intérêts de la Nation. Je compare les hommes d’action aux hommes d’appareils.

Et à ces derniers je dis, de là où je suis, avec l’arrogance du chien regardant un évêque : le peuple de gauche attend de vous, messieurs, que vous viriez les solfériniens, que vous empêchiez les valets LR du MEDEF de revenir aux commandes, que vous confiniez la bête dans son manoir de Montretout et que vous donniez un souffle nouveau, un espoir à la France, un avenir aux jeunes à qui nous devons des comptes.

Qu’ils s’en aillent tous ! Ce n’est pas compliqué de les accompagner dehors.

Il suffit d’arrêter de tirer sur le premier qui sort de la tranchée et que nous avons exposé à la mitraille en 2012, en souhaitant alors ardemment sa victoire avec des idées qui étaient aussi les nôtres, à gauche, et qui le sont toujours. Pour vérifier cette assertion en détail (mais sans moi), le mieux est d’asseoir autour d’une table quelques politologues (sic), d’écouter chacun, de discuter, de réfléchir, de travailler, de se mettre au travail, d’au travail se mettre, d’au mettre travail se.

Pour moi, c’est tout réfléchi.

Vladimir MARCIAC

(1) En fait, il était étudiant en journalisme à Sciences Po. Depuis 2010, il a pu s’améliorer et cesser d’être un jeune loup cherchant le buzz à tout prix.
(2) Rien à voir, avec les participations des communistes dans des gouvernements précédents. Il s’agit au contraire d’écarter le PS, fausse gauche, et de s’appuyer sur les forces vives qui veulent renverser la table.

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 07:46

Il ne faut pas bouder le plaisir. Il y a quelques jours des étudiants de l’Université de Lille, pour moitié d’entre eux, n’ont pu entrer dans l’amphi pour écouter la Conférence (très pédagogique) sur l’Ere du peuple. Preuve que ça bouge, qu’il se passe quelque chose.

Ceci ajouté à cela (des communistes faisant entendre à leur appareil leur voix discordante), et puis d’autres divers et encore épars à préparer leur barda, le peuple citoyen se rassemble, se mobilise, se lève et mûrit comme blé.

Puisse le glas sonner une 1ier fois le 9 mars, puis à la fin de ce même mois, mois qui fut fatal à César, et sonner toujours davantage à l’avancée du temps qui doit conduire à la défaite de la caste et du libéralisme, à l’avènement d’une autre république, la 6ième du nom.

J.L Mélenchon aime citer cette phrase du poète espagnol Antonio Machado : « Le chemin se fait en marchant ». Aussi : Marchons ! et que…

….. cette troupe s'avance,

Et porte sur le front une mâle assurance.

Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,

Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,

Les plus épouvantés reprenaient leur courage!

(Corneille - Le Cid)

Le port. C’est le lieu d’arrivée et celui du départ. Arrivée massive des citoyens aux urnes en 2017 pour ouvrir une ère nouvelle. Le port, c’est aussi le passage, en haut de la montagne, où après avoir grimpé la rude pente s’ouvre une autre vallée que celle libérale que l’on vient de quitter.

***

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Vidéo de la conférence :

https://www.youtube.com/watch?v=v_L_eNAxfRQ&feature=youtu.be

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 03:47

Article de Frank Mouly, ancien membre du Conseil national du PCF

http://www.frankmouly.fr/les-conditions-dun-nouvel-elan-communiste/

*

Extrait : ‘Évidemment, Jean-Luc Mélenchon est candidat. Enfin, disponible… Il croit à un momentum anti-libéral et se pense seul capable de le porter. Qui sait s’il n’a pas raison sur le premier point ? Certes, cette déclaration unilatérale n’est pas une bonne nouvelle. Mais ne pouvait-on s’en douter ? N’est-elle pas aussi le produit d’une absence d’échange et de travail commun au sein du Front de gauche ? Les responsabilités sont bien sûr partagées. Mais notre investissement déclinant dans le Front de gauche, comme le report systématique de la préparation de l’échéance présidentielle, « on verra plus tard, on a le temps, les gens se préoccupent d’autre chose, n’attendons pas 2017 pour lutter etc, etc… », l’a évidemment conduit à tenter d’occuper un espace politique laissé vacant. Prenons-en à nous même, car nous pouvions éviter cela.

Ne perdons plus de temps. Reconnaissons que Jean-Luc Mélenchon a les qualités et la notoriété qui pourraient parfaitement lui permettre de porter la candidature de ce Front populaire et citoyen en 2017. Il n’est pas le seul, mais il a déjà fait la démonstration qu’il pouvait être un atout. Mettons sur la table une proposition de processus collectif, à partir des travaux d’assemblées citoyennes et de fronts thématiques, aboutissant à des États généraux à l’automne pour établir et rendre public, non pas la parole d’un homme, mais un projet partagé.

Pour gagner en force, le choix du candidat devrait, au final, faire l’objet d’une votation citoyenne. Elle pourrait avoir lieu à la fin de l’année. Et peut-être que d’autres figures, répondant au désir de renouvellement exprimé, émergeront-elles d’ici là ? Cette feuille de route rejoint, me semble-t-il, la préoccupation de celles et ceux qui défendent aujourd’hui une primaire des contenus. Elle pourrait, je le crois rassembler notre parti, le Front de gauche et porter un nouvel espoir pour la gauche et notre peuple.’

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et de Francis Parny (PCF)

https://blogs.mediapart.fr/francis-parny/blog/250216/martine-aubry-soutien-francois-hollande-la-seule-alternative-credible-aujourd-hui-c-est-jean-luc

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 12:59

Le vin se bonifie en vieillissant dit-on. On devrait apporter cette précision : le bon. Car vous pouvez prendre une piquette, elle restera toujours une piquette qui, si elle tourne au vinaigre ne fera jamais un Xeres ou un Modène, pas plus qu’elle ne produira ce sec, issu de muscat, qu’on trouve à Saint-Jean de Minervois.

Et les piquettes sont nombreuses à courir derrière leur nombril, à sublimer le principe de Peter.

Quant au millésime Mélenchon, puisqu’il est question d’un bon vin, préparons 2017 et l’Ere du peuple ; ça ne saurait tarder, quoiqu’il soit toujours long le temps à attendre.

Pour faire un bon vin, il faut aussi, entre autres choses, un bon maître de chaix, ce que fut Audrey Pulvar dont l’art consiste, chose rare pour être signalée, à ne pas devenir la vedette de l’émission qu’elle présente et à proposer l’invité.

Exergue

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Vidéo de l’émission : http://www.itele.fr/magazines/18h-politique-audrey-pulvar/jean-luc-melenchon-il-faut-repenser-notre-rapport-au-politique-155299

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http://www.jlm2017.fr/

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