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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 03:25

Partisan, j'ai du mal à juger du passage de Mélenchon à "Vivement dimanche".

Je craignais pour les plumes, celles du Parti de Gauche, plus largement celles de la gauche (la vraie) toute entière. L'exercice n'était pas sans danger.

Point de guet-apens avec Drucker. Les escarmouches sont venues en fin de soirée des voltigeurs en charge de rallumer les mèches pour défendre (sur quels arguments?) un journalisme le plus souvent disqualifié.

Bien sûr il y a eu quelques mots incongrus à l'annonce de l'émission, du style: "extrême gauche", "gauchiste". Qualifier fait trace. Il y a eu aussi, pendant l'émission, le visage de Georges Marchais; on se demande pourquoi.

L'émission n'a pas été lisse. L'homme ne s'y prêtait pas. Il dit ce qu'il a à dire, sans langue de bois (pratique commune de l'animal politique plus enclin à ratisser large qu'à formuler  de la pensée).

J'ai apprécié l'interview de Domenach (journaliste à Marianne) qui, sans flagornerie, sans concession aussi, a décrit Mélenchon, dit sa culture, son humanité, son sens politique, souligné sa capacité de travail, salué celui accompli alors qu'il était secrétaire d'Etat en charge de la formation professionnelle, relevant combien l'homme était meurtri du contenu des réunions (au niveau national) d'un PS  qui ne se préoccupait pas du peuple.

Le peuple, Mélenchon en est désormais le champion, et, pour lui, rend coup pour coup.

Dans le public, parmi d'autres têtes du Parti de Gauche, il y a, souriant, le professeur d'économie Jacques Généreux. Il est juste de montrer que le Parti de Gauche ne se résume pas à un tribun cultivé, humaniste, mais qu'il est plein d'autres compétences.

L'émission terminée, j'étais rassuré. Elle n'avait pas été une gamelle, de celles dont il est difficile de se relever.

Je gage que dans de nombreux foyers beaucoup ont ressenti comme moi qu'un homme s'était levé pour leur prêter sa voix. Je gage que beaucoup, n'hésitant plus, désormais se redressent, vont faire le pas nécessaire car la gauche ne se relèvera pas sans eux.

 

Voir l'émission sur le blog de Jean Luc Mélenchon

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 06:26

 

Ils sont partis comme des petits pains les autocollants. L’un : « Casse toi pov’con ». Et c’est Sarkozy qui le dit ! L’autre : « Pour nous, la retraite, c’est 60 ans ».

Quelques uns ont préféré le 2ième au premier. Mais l’immense majorité a préféré le « Casse toi, pov’con », aussitôt arboré.

Vulgarité ? Certainement pas. Seulement le ras le bol du locataire de l’Elysée, de son gouvernement. Tous en on marre d’être piétinés, humiliés. Plus personne ne supporte l’arrogance, le mensonge, l’un l’autre érigés en gouvernance.

 

Il est même des militants du PS qui ont pris l’autocollant du Parti de Gauche pour le mettre à côté de celui signalant leur appartenance. Ce qui n’est pas si étonnant comme nous allons le voir.

 

Un jeune, le sigle des Jeunesses socialistes sur la poitrine, décline l’offre que je lui fais d’afficher l’autocollant que je lui propose. J’insiste sur le mode de la bonne humeur. Il le prend et le colle. Comme je l’avais entendu prononcer quelques paroles acides à l’égard de Strauss-Kahn dans la conversation qu’il avait avec un de ses camarades, je l’interroge : « Que disais-tu à propos de Strauss-Kahn ? ». Il hésite, puis se lance : « Si Strauss-Kahn est notre candidat, je fais campagne contre lui ».

Tiens ! Tiens !

Et pourquoi ?

Il n’est pas de gauche.

Tu veux dire qu’il est de droite.

Oui, lâche-t-il, amer. Et pour se rattraper, il ajoute : « Mélenchon n’aurait jamais dû quitter le PS, avec Hamon et Emmanuelli, ils pouvaient l’ancrer à gauche ».

L’ancrer ? Tu crois que ça suffit d’ancrer, le PS est à gauche ou ne l’est pas. Il n’est pas besoin d’ancre et il ne suffit pas que quelques uns le tiennent au rivage pour qu’il y reste, tu ne penses pas ?

On a continué un moment à bavasser, puis je suis parti continuer la distribution. « A bientôt, camarade », j’ai dit.

 

La manifestation suivante, une femme arbore elle aussi un autocollant du PS. A l’instant où je lui tends le mien, elle hésite, se ressaisit et finit par le coller à côté de celui du PS.

Je ne sais pas si ça va avec, je dis ironiquement.

Si, si, dit-elle en éclatant de rire.

Ah ! Bon. Pourquoi ?

Parce que.

Parce que le PS n’est peut-être pas tout à fait à gauche, je suggère.

C’est ça, réplique-t-elle lapidairement.

C’est vrai qu’entre Strauss-Khan et Valls d’un côté, et Hamon de l’autre, à faire le grand écart, il y en a plus d’un au PS qui va se payer une déchirure.

Pour se justifier, elle ajoute : « J’attends encore un peu, puis je vais voir ».

Je vais te dire camarade, il y a quelques années j’étais au PS, je me suis même occupé 10 ans durant d’un GSE (Groupe socialiste en entreprise), puis je me suis barré, c’était quitter la boutique ou le socialisme. J’ai choisi. Pas facile, je sais, mais tu verras, t’y viendras. Au PS, il n’y a guère que les militants qui sont encore socialistes. Le projet, c’est celui des leaders. Autant de leaders, autant de projets. Et chacun de rouler pour son plan de carrière. Le socialisme dans tout ça, aux oubliettes.

Ouais,ouais, je sais.

Qu’est-ce que t’attends alors ?

 Puis, comme la fois précédente, j’ai continué la distribution.

 

Combien sont-ils au PS comme ces 2 camarades à rester fidèle à la boutique ?

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 05:28

 

Il est bon de s’interroger sur les qualités qu’on attend d’un dirigeant, sur le pouvoir aussi.

Une manière d’aborder cette question est de citer, pour partie, le chapitre XXIX de Tristes Tropiques de C.Levi.Strauss.

 « Quand…Montaigne rencontra …3 indiens ramenés par un navigateur, il demanda à l’un d’eux quels étaient le privilège du chef…dans son pays ; et l’indigène, chef lui-même, répondit que c’était de partir le 1ier à la guerre…. (Pas mal non ?) Si frappante qu’elle soit, la formule est moins significative encore que le nom qui sert à désigner le chef dans la langue nambikwara. Uilikandé semble vouloir dire « celui qui unit » ou « celui qui lie ensemble ». Cette étymologie suggère que l’esprit indigène est conscient de ce phénomène…, c'est-à-dire que le chef apparaît comme la cause du désir du groupe, et non comme l’effet d’un besoin d’une autorité centrale ressenti par un groupe déjà constitué.

Le prestige personnel et l’aptitude à inspirer confiance sont les fondements du pouvoir dans la société nambikwara. Tous deux sont indispensables…

Le consentement est à l’origine du pouvoir, et c’est aussi le consentement qui entretient sa légitimité. …….Le consentement est à la fois l’origine et la limite du pouvoir……Les relations politiques se ramènent à une sorte d’arbitrage entre, d’une part, les talents et l’autorité du chef, de l’autre, le volume, la cohérence et la bonne volonté du groupe ; tous ces facteurs exercent les uns sur les autres une influence réciproque.

………………………

Sans doute le schéma de Rousseau diffère-t-il  des relations quasi contractuelles qui existent entre le chef et ses compagnons. Rousseau avait en vue un phénomène tout différent, à savoir la renonciation, par les individus, à leur autonomie propre au profit de la volonté générale. Il n’en reste pas moins vrai que Rousseau et ses contemporains …………ont compris que le « contrat » et le « consentement » ne sont pas des formations secondaires, comme le prétendaient leurs adversaires ………ce sont les matières premières de la vie sociale, et il est impossible d’imaginer une forme d’organisation politique dans laquelle ils ne seraient pas présents.

Une seconde remarque découle des considérations précédentes : le consentement est le fondement psychologique du pouvoir, mais dans la vie quotidienne il s’exprime par un jeu de prestations et de contreprestations qui se déroule entre le chef et ses compagnons, et qui fait de la réciprocité un attribut fondamental du pouvoir. Le chef à des pouvoirs,….Il a des devoirs….

…..

Quelle est, maintenant, l’attitude du chef lui-même vis-à-vis de sa fonction ?

…..il y a des chefs, parce qu’il y a, dans tout groupe humain, des hommes qui, à la différence de leurs compagnons, aiment le prestige pour lui-même, se sentent attirés par les responsabilités, et pour qui la charge des affaires publiques apporte avec elle sa récompense ».

 

Celui qui unit n’est pas celui qui divise et fait descendre dans l’arène, où s’affrontent passions et opinions davantage que raison, un débat sur l’identité nationale, à moins qu’il escompte, exacerbant haines et rancœurs, des gains électoraux. Celui qui lie ensemble, investi de la fonction suprême, n’est pas chef de clan qui se présente à la tribune du parti dont-il est issu (l’UMP) ou à celle d’une organisation professionnelle (le Médef), sauf si, contrairement à de justes et sages mœurs politiques, il entend affirmer sa particularité partisane et opposer une France à l’autre.

On attend aussi du chef cette aptitude à inspirer confiance sans laquelle il n’y a pas de consentement,…origine et limite du pouvoir et qui n’a guère été montrée lorsqu’il fut usé d’astuce pour que la France dise oui au TCE alors que les français avaient dit non.

Si le chef a des pouvoirs, il a des devoirs, d’abord celui de ne pas transgresser la volonté populaire. Le chef, en démocratie, n’est ni caudillo ni césar, ni duce. S’il doit faire preuve d’autorité pour le bon exercice de son mandat, il ne peut-être autocratique. Il doit avoir à l’égard de ceux qui l’ont porté où il est le respect qui convient. S’il pense que les citoyens sont des cons comme il a été dit et entendu, faisant école auprès d’un de ses ministres, il ne mérite pas la place qu’il brigue.

La V République a personnalisé le pouvoir en haut se l’Etat, mais l’esprit s’est répandu à tous les niveaux politiques des circonscriptions administratives et, notamment, à celui des régions. Dans la présidentialisation et la personnalisation du pouvoir, les individus-citoyens ont renoncé à leur autonomie propre non au profit de la volonté générale mais à celle d’un seul auquel ils se sont abandonnés. D’où les dérives despotiques observées.

Le leader doit porter et mettre en œuvre le projet du peuple, non le sien, encore moins celui d’une caste. Un projet qu’il peut l’éclairer de la puissance de son intelligence, de la vision anticipatrice qui doit être la sienne pour aujourd’hui préparer demain, mais auquel il ne peut se soustraire. Le chef n’est pas élu pour promouvoir son « je », réaliser son équation personnelle, voire installer une dynastie. Pourtant de tels chefs, à un moment ou un autre, ont revendiqué Jaurès, « comme si l’idéal jauressien n’était pas à l’opposé de leur système… »*, car Jaurès «.. n’avait pas le souci de sa propre gloire puisqu’il avait la passion de l’Humanité »*.

* G.Guille (député socialiste de l’Aude 1909-1985)

…………………………………………………………………………………………………...

 

Le chef ne peut donc être un césar, pas plus qu’il ne doit être autoritaire, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de l’autorité cette dernière étant nécessaire à l’avancée des affaires. Un chef doit veiller à l’exercice démocratique et en être le garant, et si lui-même s’écarte de cette manière il appartient aux autres de le rappeler à ses devoirs et obligations, s’il le faut, le destituer. Concernant la destitution, au regard des actualités successives, il est urgent d’en donner constitutionnellement le pouvoir au peuple tant il est vrai que la 5ième République est une fabrique à godillots et qu’on ne peut se contenter que sa parole et sa volonté soient mises entre parenthèses entre 2 moments électoraux.

 
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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 06:50

 

Après avoir remporté 2 victoires sur les romains, on prête à Pyrrhus (319-272 avant JC) ce mot: « Encore une autre victoire comme celle-là et je rentrerais seul en Épire ! ».

De fait, il est assuré que Sarkozy et ses acolytes, aux prochaines élections présidentielles, se retrouvent seuls. Ce qui n’est pas pour déplaire à la majorité des français tant l’énergumène s’acharne à la destruction du pays et que l’occasion sera venue (Enfin !) de s’en défaire.

Mais il faudra prendre garde à sa famille politique et ceux auprès desquels il  (et elle) est en service, qui, ayant compris que Sarkozy ne leur était plus d’aucune utilité, ne nous fourguent, pour continuer le travail entamé, un autre officiant qui ne vaudra pas mieux.

 

Victoire à la Pyrrhus pour Sarkozy. Mais victoire contre qui ?

Si Pyrrhus a gagné contre les romains, Sarkozy l’a fait contre le peuple au service duquel sa charge l’obligeait à s’établir.

Champion de sa caste, n’ayant aucun intérêt pour la France mais un grand pour le capitalisme national et international, Sarkozy consacre le divorce entre le peuple et ses dirigeants.

 

La manière de Sarkozy de conduire la politique va laisser des séquelles car aucun dirigeant, surtout s’il occupe la plus haute des fonctions, ne peut prétendre gagner contre ceux qui l’ont élu, les contraindre à passer sous des fourches caudines, les mettre à genoux.

 

Des séquelles au niveau de son parti, ce qui n’a pas d’importance. Mais surtout des séquelles  dans l’esprit des français qui déjà en défiance vis-à-vis de la classe politique éprouvent désormais pour celle-ci le plus profond des dégoûts.

Qu’on se souvienne qu’avant la réforme des retraites qui laisse le peuple meurtri, celui-ci avait été démis, trahi, lorsque, usant d’une réforme constitutionnelle circonstancielle, une majorité de députés et sénateurs réunis en Congrès, arrivant comme des rats de divers horizons, avaient autorisé que la vote populaire soit considéré comme nul et non avenu.

 

Pire encore. Par delà les séquelles, la haine s’installe vis-à-vis d’un Président de la République. Du jamais vu. Une première.

Un hebdomadaire titrait : « Pourquoi tant de haine ? ».  Pourquoi ? Il faut être profondément imbécile ou salopard pour ne pas comprendre pourquoi. Et, posant la question, on ne peut, considérant que la haine est détestable, en soustraire la responsabilité à celui qui la suscite et la provoque.

 

Dans l’intérêt de la France et du peuple français, il faudra procéder à une grande lessive parmi le personnel politique, s’attacher à redéfinir ce qu’on attend d’un dirigeant. Il faudra surtout redonner sa place au peuple afin qu’il puisse exercer la souveraineté dont il a été progressivement dessaisie.

Le temps d’une constituante est arrivé.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 16:14


 

Tout le monde aura reconnu l’auteur de cette phrase répétée à satiété.

Faut-il rappeler que ce dernier a été élu au 2ième tour des présidentielles avec 53,06% des suffrages exprimés c'est-à-dire 95% de la population française après qu’on ait enlevé les blancs et nuls, c'est-à-dire : 53, 06% de 95 qui n’étaient que les solde de ceux qui avaient votés soit : 83,97% des votants alors que 16,03% des français s’étaient abstenus.

Vous ne comprenez pas ?

Bon ! Je reprends. Et essayez de suivre.

Sur 100 français 16,03 se sont abstenus, en conséquence 83,97 seulement ont déposé un bulletin dans l’urne.

Sur les 83,97 votants,  4,20% ont voté blanc ou nul soit : 3,52 citoyens qui n’ont pas choisi parmi les candidats, ce qui revient à dire que les 2 candidats présents au 2ième tour ont ramassé les voix de 83,97-3,52 = 80,45 électeurs.

Sur ces 80,45 électeurs 53, 06 se sont prononcés pour Sarkozy, soit : 42,68 électeurs.

Pour être complet : parmi les 42,68 électeurs, il y avait des électeurs de l’UMP, mais encore des électeurs qui arrivaient du FN, du Centre et d’ailleurs. En quelque sorte Sarkozy n’a pas recueilli au 2ième tour l’adhésion de la majorité des français.

C’est si vrai qu’au premier tour il avait obtenu : 31,18% des exprimés, ce qui représente en réalité, je vous donne les paramètres : abstention : 16,23%, votants 83,77%, blancs et nuls : 1,44%.

Allez ! A vous.

Non !

Bon !

Je vous donne le résultat : 25,74 des français ont voté pour lui. Dis à l’envers : 74,26 français n’ont pas voulu de l’habitant du château au 1ier tour. Pas de quoi pavoiser.

 

Dans tous les cas : 25,74 au 1ier tour, 42,68% au 2ième tour c’est, cqfd, une minorité qui commande à une majorité.

« On ne peut pas être le seul pays au monde où une minorité commande à une majorité », c’est lui qui l’a dit.

En guise de pénitence pour ne pas avoir l’exercice, je vous donne cette phrase à compléter : « C….-t.., p….. c.. ». Un indice, c’est lui qui l’a dit aussi.

 

Mais il est vrai que 71% (à rapprocher des 74,26) des français soutiennent les manifestations et sont contre la réforme des retraites et, notamment, pour ce qui concerne son financement.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:40

 

L’époque est à la société sans risques. Une société aseptisée dans tous les coins. Javellisée, naphtalinisée, napalmisée. Totalement neutralisée.

 

Ainsi les fromages et autres laitages sont pasteurisés (Pouah !), les routes sécurisées (Honte aux platanes tueurs !). Naturellement, pour être en bonne santé, il faut manger équilibré (4 fruits par jour, svp: message cynique adressé à tous, seulement reçu par ceux qui ont des tunes pour répondre à l’injonction). Faut-il parler de la nécessité de lutter contre le cholestérol, le diabète et autres avatars (Souvent dus à la malnutrition essentiellement consécutive à la misère et aux propositions alimentaires des commerces en quête de profits) ? Il faut aussi se laver les mains (Avant ou après aller pisser ? That is the question). A l’hôpital, plus question d’y trépasser (Comme si on y allait en bonne santé !), mais cela arrive grâce aux infections nosocomiales liées le plus souvent à un déficit acquis par l'administration de médicaments immunosuppresseurs, à la volonté vicelarde de faire toujours plus propre que propre.

Oui, l’époque est à la société sans risques. Raison pour laquelle les assurances prospèrent plus vite que des bactéries pour soutirer le fric (s’il vous en reste), les pompes funèbres s’invitent au banquet de par ici la monnaie avant même que vous soyez crevés, vous filant au passage ce message : faites gaffe, comptez pas sur les vôtres, sinon c’est la fosse commune.

 

 

Fort de mon éducation campagnarde, je récalcitre (Inutile de chercher le mot dans le dictionnaire), ramasse l’aliment tombé au sol, l’essuie et le mange s’il n’est point trop abimé. Je bois à la bouteille sans nécessairement l’essuyer (Sauf à sentir le regard réprobateur), me remémorant qu’au guinche, au temps jadis, je n’avais de projet que de rouler une pelle aux représentantes du beau sexe sans me préoccuper de leur demander un certificat d’hygiène buccale, fouillant du pointu de la langue la molaire cariée. Si je me lave les mains, c’est avant d’aller pisser pour ne pas salir biquette.

De la sorte, mithridatisé, je dure.

Je bois, je fume convenablement. Je mange à satiété, me fiant à mon corps éduqué qui trouve naturellement l’équilibre alimentaire dans cette habitude qu’il a de manger de tout, qui se maintien physiquement, nonobstant l’âge, à l’usage du boulot tandis que d’autres s’adonnent au jogging, à la fréquentation des salles de musculation qui n’ont jamais aidé à la transformation de la cervelle en cerveau, cette dernière n’étant pas un muscle (Je le signale) et donc ne pouvant tirer profit des exercices proposés.

Et ma foi, puisqu’il faudra bien passer l’arme à gauche (Tiens ! Pourquoi à gauche ?), que ce soit le plus tardivement sans jamais m’être privé de vivre, et surtout d’exister (Sacré différence !), tandis qu’il en est de toujours plus nombreux, respectueux des prescriptions, qui arrivent à mourir jeune et en bonne santé.

Quant aux platanes au bord des routes, j’aime leur ombre sans pour cela avoir le désir d’aller les tutoyer car je n’ai de bonheur que celui de la lenteur.  

 

Nous goûtons tant au moelleux de cette société édulcorée qu’à l’occasion de drames sont ouvertes des cellules psychologiques. Et alors que nous souhaitons protéger nous fabriquons des individus qui ne supportent plus rien, pour qui tout devient souffrance.

Nul n’échappe aux cellules psychologiques. Même ceux qui serraient sortis sans encombre de la situation sont traités, ce faisant ils sont contraints à subir un trauma qui ne les aurait jamais atteints, chargés qu’ils sont de prendre le drame en bandoulière.

Là où les âmes fortes (Titre d’un immense bouquin de Giono l’oublié) se forgeaient, au gré de la vie et des circonstances malheureuses, sont façonnées des couilles molles.

 

A l’inverse, les mêmes qui prescrivent et légifèrent pour que nous ayons une société sans risques, disent : « La vie n’est que risques », « Pour gagner (Gagner quoi ?), il faut courir des risques ».

A cet instant, nous sommes invités à entrer dans une autre dimension.

En fait, ceux qui tiennent ces propos ne sont pas ceux qui courent les risques mais ceux qui nous les font supporter.

Ainsi dans le domaine de la finance ceux qui boursicotent pour leur profit refilent les pertes aux petites gens.

Ainsi ceux qui prennent le risque d’une guerre pour s’assurer à leur seul avantage de la possession des ressources envoie les autres se faire tuer.

 

Les risques vécus par les autres deviennent alors normaux dans la philosophie des profiteurs. Il est ce qu’on appelle les dommages collatéraux.

Le stress au boulot qui conduit au suicide, le chômage, la désindustrialisation, les familles mises sur la paille …sont des risques inhérents à la compétitivité, à la mondialisation,…mais des risques qui ne sont pas supportés par ceux qui sont aux manettes et qui, précautionneux, sont dotés de parachutes dorés ventraux, dorsaux,  ouvrables en toutes circonstances.

 

Le risque, il est couru dans les banlieues pauvres, pas à Neuilly (Et quartiers assimilés qui n’assimilent rien).

Le risque, il est couru dans le métro, pas dans la voiture avec chauffeur de maître.

Le risque, il est couru par les manifestants, pas par ceux qui commandent la charge des Crs (Comment peut-on être, en de telles circonstances Crs, dans une parure galactique et aller cogner papa, maman, foutre son doigt dans le cul de son gosse ?).

Le risque, il est couru par ceux qui triment et de ce fait crèvent à un âge où il reste encore aux dirigeants de nombreuses années à vivre.

Le risque, il est couru par les enfants des milieux défavorisés qui n’auront jamais la possibilité de faire l’Ena (Ce qui est une bonne chose), à la suite de se payer un maroquin ministériel ou une place à la tête d’une grosse entreprise, et qui n’auront de perspective que l’inscription au chômage en compagnie des jeunes et des vieux qui n’ont pas de boulot.

Le risque, il est couru par ceux qui n’accèdent pas  au minimum vital, aux soins, pas par ceux qui se réunissent au Fouquet’s, qui s’approvisionnent chez Fauchon, qui se font soigner à l’hôpital américain, décérébrer dans un hôpital indien.

 

Mais pourquoi nous bassine-t-on avec une société sans risques ? Oui ! Pourquoi ?

Du temps qu’on nous usine à devenir mou, nous ne sommes plus fabriqué à être dur et à résister.

Du temps qu’on nous signale les endroits où on ne doit pas courir de risques, nous admettons les endroits où on nous les fait courir.

Du temps qu’on nous appelle et qu’on nous habitue au consensus, on désamorce notre capacité de révolte.

Du temps qu’on nous occupe à de petites choses, on s’occupe des grandes pour nous.

Du temps qu’on nous file à voir qu’on s’occupe de notre bien-être, on occulte les crasses qu’on nous fait par ailleurs et que nous subissons

Ainsi nous prépare-t-on à accepter l’inacceptable.

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 19:14

Comme ces choses là sont dites simplement, néanmoins clairement !

Au sujet des retraites et plus largement.

 

http://www.youtube.com/watch?v=YDzUOwiKmpA&feature=player_embedded

 

 

 

 

 

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 15:26

 

« La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » disait de Gaulle.

Qu’ont-ils gardé de l’héritage gaulliste ceux qui prétendent être ses successeurs au sein d’un parti qui n’a cessé de muter et, pour finir, s’appelle l’UMP ? Rien.

 

La France façon de Gaulle n’était pas la mienne, mais c’était une France qui se désirait libre, indépendante, qui n’appréciait pas qu’on la commande, qu’on lui indique le chemin à prendre. C’était une France qui ruait dans les brancards, qui refusait que son avenir soit soumis à des dictats. C’était une France qui entendait conserver la maîtrise de son avenir et ne pas la donner en gérance.

 

Lorsque je parle ainsi de la France, je ne signale pas celle du peuple, mais cette idée que de Gaulle s’en faisait.

Tout a bien changé.

 

Tout a changé parce que ceux qui gouvernent n’ont pas une idée de la France. Leur crédo : comment faire de l’argent ? Comment tirer profit personnel, ou de classe, du pouvoir ?

 

Il n’est aucun moment de l’histoire de France, hormis celui du passage de VGE à la tête du pays, et en cela l’olibrius est précurseur de ce qui arrive aujourd’hui, aucun moment disais-je où un dirigeant français, de droite et de gauche, n’a pas eu le souci de l’intérêt de la France (l’Etat Français étant, pour moi, une mise entre parenthèses de la France). En cela la période qui s’ouvre est inédite. La France selon Sarkozy et ceux de son genre, genre que l’on retrouve parfois chez des encartés à gauche, n’est qu’un terrain à piller sans s’encombrer de prévenance pour les uns, avec délicatesse pour les autres.

 

Concernant les retraites, je vois mal de Gaulle dire nous allons faire ceci ou cela car la France doit craindre les agences de notation, ne doit pas encourir la réprobation du FMI. Ce n’était pas dans la manière du personnage. Il ne l’aurait pas toléré.

La manière nouvelle, celle de ses « successeurs », est de copiner avec le fric afin que de leur passage en politique entre copains et coquins ils s’enrichissent.

 

Le passage en politique ne consiste plus à prendre la direction de la France pour que celle-ci prospère et soit grande. Le passage en politique n’a d’autre objectif que d’être aux manettes afin d’offrir le pays aux comparses prédateurs. L’homme politique du moment en charge de la France, je nomme Sarkozy, avec le concours de l’équipe qui l’accompagne au pouvoir, n’est rien d’autre qu’un grand liquidateur.

 

De Gaulle n’était pas un grand démocrate. Il n’était même pas un démocrate du tout. En cela seulement ses successeurs peuvent prétendre de lui. Mais les objectifs poursuivis par de Gaulle et ses « héritiers » ne sont pas comparables.

 

Je retiens de ses « héritiers », et plus largement des « élites » politiques du jour, lorsqu’ils nous donnent à entendre (ce sont arguments tenus) que la réforme des retraites doit se faire ainsi et pas autrement à cause des agences de notation et de la politique préconisée par le FMI, je retiens et je comprends cette autre chose sous-jacente : que le pouvoir du peuple, le gouvernement du peuple, la souveraineté du peuple, n’existe pas, n’existe plus. Et, à la suite, je comprends que la démocratie, même si elle partie de recette dans les discours, est un mot creux, un être mort.

 

« La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » disait de Gaulle.

C’est ce qu’ont compris des pays d’Amérique latine lorsqu’ils refusent les programmes préconisés par le FMI,….

La politique n’est pas de faire le « libre » choix de ses chaînes parmi celles qui sont proposées, conseillées, ordonnées et imposées. La politique, au contraire, consiste à se libérer des chaînes, de toutes les chaines.

C’est en ayant la volonté de refuser de subir les commandements extérieurs (de la banque mondiale, du FMI, de l’OCM), de s’y plier que le peuple brésilien, le peuple bolivien, et d’autres peuples se sont libérés économiquement, aidés en cela du concours organisateur de leurs dirigeants.

N’est-il pas remarquable que ce soit des peuples et des pays d’apparence les plus fragiles qui aient eu l’audace et le courage de donner le cap ?

 

La France a actuellement à sa tête des dirigeants qui n’ont pas le souci du pays.

La France d’aujourd’hui a à sa tête des liquidateurs qui frayent avec le pouvoir financier, le pouvoir économique en place, le capital mondialisé. Et dans la réciprocité des services rendus, les uns et les autres sont gagnants sur le dos du peuple, un peuple endormi qui a perdu le sens du combat pour la justice sociale.

 

Liberté ? Egalité ? Fraternité ?

Que reste-t-il de l’esprit de la révolution de 1789 ?

Un slogan qui s’efface peu à peu du fronton de pierre gélive des écoles et des mairies, un slogan sur lequel plus personne ne lève plus les yeux pour porter le regard haut. Un slogan qui ne vaut pas mieux qu’une publicité aperçue à la télévision. Un slogan qui ne fait plus frémir que des vieux cons comme moi. Un slogan qui s’efface sur le sable des plages sous l’effet de la vague consumériste.

 

Voilà venu le temps de l’Esprit des Ténèbres.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 06:16

Un ami m'a fait parvenir ce commentaire paru dans un forum internet de "Sud-Ouest".

J'ai jugé qu'il méritait d'être diffusé. Ce que je fais, là.

Le titre est de Exergue.

 

"N'est-il pas affligeant de voir dans les médias complaisants à l'égard du pouvoir, c'est-à-dire presque tous, une avalanche de témoignages de moutons qui, non contents d'être livrés aux prédateurs qui les dévorent et de se faire tondre par leurs bergers, ne trouvent rien de mieux que de critiquer les seuls qui ont le courage de se défendre. Après s'être fait sucrer leurs retraites sans réagir par Fillon il y a quelques années, et bien qu'ils passent leur temps à pleurnicher sur la baisse, mois après mois, de leur pouvoir d'achat, qu'ils voient l'argent de leurs impôts distribué aux contribuables les plus riches du pays, ces esclaves s'en prennent à ceux qui, au lieu de se laisser plumer comme des pigeons, ont le courage de résister. Mais où en est donc ce peuple d'avachis prêts à tout accepter pourvu qu'on leur organise une coupe du monde de temps en temps, qu'on leur laisse de quoi s'acheter un 4 d'occasion, un écran plasma fabriqué en Chine par des esclaves moins payés qu'eux, des fringues "de marque" fabriquées en Inde par des gamins qui bossent 16 heures par jour, et surtout de belles vacances organisées en troupeaux pour aller jouer les riches dans les pays pauvres ? Pendant ce temps-là, leurs parlementaires se paient des retraites de luxe où chaque année de cotisation compte double, leur président s'augmente de 206%, et leurs enfants étudiants, aussi veules et minables qu'eux, applaudissent quand les CRS chargent ceux qui bloquent les facs. Triste destin pour un peuple qui, le 4 août 1789, avait eu le courage de se débarasser de ceux qui prétendaient ne justifier leurs privilèges que par l'hérédité."

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 16:52

 

Qui a relevé le propos de ce journaliste qui, il y a un peu plus d’une semaine, à l’émission C’Politique, s’adressant au représentant syndical, dit (cité de mémoire) : « Ca ne vous fait rien de vous accoquiner avec la CGT ? » ?  « Accoquiner » ! Rien que ça ! Qui ? Personne.

Qui observe, et dénonce, que dans de trop nombreuses émissions ne sont invités que des partisans de la pensée ayant pognon sur rue et que s’il y a parfois des invités au discours différent et contradictoire c’est pour leur poser des questions fielleuses lardées de sourires en coin. Qui ? Personne.

S’il faut être sévère, je suis prêt (pas sûr) à trouver des excuses aux journalistes des pays de l’est qui risquaient le goulag, aucune à ceux qui, chez nous, sont attachés à la crainte de perdre la saucisse qui les lie à leurs maîtres et en fait des animaux domestiques et serviles comme il est raconté dans la fable Le loup et le chien.

 

Mais revenons à Mélenchon. Non pour le défendre, il est assez grand pour ça (et je donnerai ci-dessous les renseignements utiles pour le lire) mais pour me défendre, car au travers du procès qui lui est fait le mien s’y trouve instruit (et celui de mes pareils) au fait que je me reconnais dans son propos et dans les mêmes termes. Comme je me  sentis attaqué par le questionnement, là pour le coup coquin, de Pujadas exercé contre le syndicaliste. 

Que Mélenchon dérange, c’est une évidence. Car Mélenchon dit, sans mettre la bouche en cul de poule, ce que beaucoup pensent et n’ont pas les moyens de faire valoir.

Que Mélenchon ne pratique pas la langue de bois, cela fait du bien à entendre. Qu’il appelle une fiente une fiente, me rassure quant à la santé retrouvée de l’homme politique qui consiste jusqu’ici à donner à voir la querelle à la télé pour s’en aller boire, la joute terminée, avec son pseudo adversaire au zinc de l’Assemblée.

J’attends d’un journaliste, d’un journaliste du service public, qu’il fasse son boulot de journaliste et qu’il ne se montre point partisan ; sinon, qu’il aille exercer son talent dans la presse qui convient à sa pensée. Il n’aura que l’embarras du choix.

Bien sûr, il est des belles âmes toujours prêtes à jouer les vierges effarouchées mais, par delà les bonnes manières, qu’elles s’attachent, ces belles âmes, à porter attention non à la forme mais au fond.

Oui, le questionnement du syndicaliste par Pujadas m’a écoeuré (j’ai vu l’interview à l’époque)  et j’assure que ma pensée a jailli plus violemment que celle de Mélenchon et en des termes autrement plus crus.

Et je dois dire que, lors des manifestations dernières auxquelles j’ai participé, à la faveur d’un échange, le populaire se sentait solidaire du syndicaliste agressé par Pujadas, en phase avec Mélenchon.

Populisme ? Quand on n’a rien à dire, quand on sait qu’on à tort, c’est le mot qu’on sort de la boîte. Encore une saloperie !

 

Comme promis : allez sur le lien « blog Mélenchon » et lisez à la date du 10 octobre, titre : Larbin ? Salaud ? Pujadas ?

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