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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 05:22

 

Christine Lagarde commentant la composition du dernier gouvernement déclarait que c’était désormais un gouvernement d’experts, un retour à la professionnalisation et qu’ainsi il était mis fin à l’amateurisme. D’autres signalaient que les zozos avaient été évincés. Bien entendu les uns et les autres des déclarants étant conservés.

L’émission C’dans l’air est présentée avec  la participation d’experts.

Il en est pareillement de nombreuses séries télé ; évoquons notamment : Les experts.

 

L’époque est aux experts.

Circulez, il n’y a rien à voir. Il n’y a rien à voir et surtout il n’y a rien dont vous puissiez vous emparer, concevoir, penser, réfléchir et administrer. Il en va ainsi de votre vie même, ne vous occupez pas de la direction à lui donner, nous en faisons notre affaire. 

 

Le terme d’expert est de plus en plus fréquent.

L’usage des mots, l’usage de celui-ci : expert, n’est pas anodin.

En politique il a pour fonction d’évacuer de l’expertise : le citoyen, de la représentation et de la gouvernance tous ceux qui n’ont pas le niveau requis : les ouvriers, les salariés,…

Mais qui détermine ce qu’est le niveau requis ?

Certainement pas ceux qui sont évacués, écartés. Alors ! Qui ?

 

Le terme d’expert paraît si pertinent qu’il abuse la plupart d’entre nous, nous donne à admettre que nous ne pouvons prétendre à la politique.

Le terme d’expert est un attrape-couillons.

 

Faire un gouvernement d’experts c’est aussi penser chaque discipline, chaque ministère de manière séparé, ne pas concevoir la politique comme une globalité dans laquelle tout doit trouver sa place dans l’équilibre, cependant être hiérarchisé.

 

Les ministres ont besoin d’experts dans l’administration de leur ministère, ils n’ont pas être experts.

Il n’est pas inutile de rappeler cette anecdote rapportée par Jacques Fleury dans le livre Georges Guille, Le socialisme au cœur, le député de l’Aude étant devenu ministre.

« Il racontait en riant sa première rencontre avec les grands savants de l’atome dont il était devenu ainsi le ministre, les Guillaumat, Perrin, Leprince-Ringuet,…qui tous s’étaient présentés en lui déclinant leur curriculum vitae, agrégé de ceci, agrégé de cela,…Et moi, avait-il répondu, je ne suis qu’un petit instituteur. L’atome je n’y connais rien. Mais je suis votre ministre ».

Ce n’est pas en tant qu’expert que G. Guille a été ministre mais en tant que politique en charge de mettre en œuvre un projet. Et, ma foi, l’instituteur a été un bon ministre.

 

Maintenant, entamons l’inventaire des ministres-experts. 

Mattei, médecin, ministre de la santé, ne paraît pas avoir été d’une très grande efficacité lors de l’été caniculaire.

Raymond Barre, professeur d’économie, 1ier ministre, n’a guère été pertinent pour faire régresser le chômage.

Et, si nous élargissons le champ, peut-on dire que ce n’est pas aux experts financiers, aux experts en économie, que l’on doit la crise ?

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 06:01

 

Le peuple. La révolution l’a voulu uni et fraternel. Soucieux de l’égalité entre tous. Libre de toute domination. Mais c’était il y a longtemps. Trop longtemps pour certains à qui cette fraternité pèse, cette égalité est de mauvais aloi, cette liberté est exécrable tant elle les contraint.

Disant la France, on use volontiers de ce mot : le peuple, sans distinguer ceux qui s’en réclament et ceux qui éprouvent pour lui du mépris.

Chacun de nous à fait l’expérience de ce dégoût qui tord parfois les bouches. Si bien que, pour ma part, j’ai du peuple une idée assez précise qui m’a été enseignée par le côtoiement de quelques uns de mes semblables.

Le peuple, ainsi qu’il reste fidèle aux valeurs fondatrices de la République et à la République, n’est pas l’ensemble des français, mais cette partie qui forme masse informe et grise aux yeux de certains et qui disent parlant d’elle, avec tout ce que ça a de repoussant : les gens du peuple.

Le peuple et son adjectif naturel : populaire.

Le peuple qui danse dans les bals populaires où ne se trouve pas le bourgeois (sinon à l’épisode pour s’encanailler) parvenu de fraîche ou longue date, ce dernier préférant à la promiscuité la fréquentation des salons où on se reçoit entre personnes de bonne compagnie et nouveaux aristocrates.

Il en va ainsi, en toutes circonstances. Ainsi parle-t-on d’art populaire pour formuler le côté guère évolué, quasi primitif. Veut-on manger qu’il y a la cuisine populaire, et pour ceux qui n’ont rien sinon la dent creuse, la soupe du même qualificatif.

On comprendra, que lorsque j’utilise ce mot ce n’est pas sans en avoir vécu le sens vexatoire, ceci pour répondre au quidam car il lui arrive parfois de s’exprimer ainsi : « De quel droit vous arrogez-vous la propriété du terme : peuple ? ». Du droit auquel, vous et vos semblables, m’avez obligé en vous mettant à l’écart et, ce faisant, en m’y mettant bien malgré moi aussi. Du droit auquel, vous et  vos semblables, me contraignez en me pressurant plus ce qu’un honnête homme ne le ferait. Du droit qui fait que vous n’avez de cesse que de ne point partager et de garder toujours davantage pour vous le fruit de mon travail.

Le peuple, je l’ai vu réuni souvent. Manifester souvent.

Le peuple, je l’ai vu au 1ier meeting de Mélenchon à Frontignan. Le cheveu terne, la peau fatiguée, l’âge précocement avancé, l’habit fripé. Il était venu après sa journée de travail. En sortant, au drap rouge tendu à bout de bras, le peuple, un à un,  avait jeté les pièces de monnaie qui restaient dans ses poches et qui ne pesaient lourd. Il les avait jetées, non pour s’en débarrasser, mais pour que de cet argent recueilli, le combat s’organise, tandis qu’il en est d’autres qui vont, créant associations électorales, récolter les chèques auprès de malfaiteurs argentés.

Le peuple c’est cette part repoussée, dont on se souvient et qu’on appelle pour partir à la guerre et dont le nom de chacun des siens est gravé sur les monuments aux morts, tandis qu’à l’arrière on pérore stratégie.

Le peuple c’est à Valmy qu’il ferraillait pour défendre la France nouvelle.

Le peuple ce ne sont pas les coblençards, exilés volontaires français formant bataillons au côté du roi de Prusse pour envahir la France.

Le peuple ce sont les laissés pour compte de la délocalisation.

Le peuple ce ne sont pas ceux qui vendent à leurs amis le patrimoine national : Renault, Edf, les Ptt, Gaz de France, l’Education, la Santé, la Sncf,…. (Complétez la liste).

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 06:43

 

Lorsque Sarkozy s’est présenté à l’élection présidentielle, certains disaient : laissons-lui faire ses preuves, on ne peut juger tant qu’il n’a rien fait. Il se trouve que Sarkozy était déjà un vieux cheval de la politique, que son passé, pour autant qu’on ait le désir de revenir sur celui-ci et d’y être attentif, témoignait de ce qu’il allait faire.

Lorsque Bush s’est présenté à la présidence des Etats-Unis, oubliant ce qu’il avait déjà commis, les étasuniens ont voté une seconde fois pour lui, et dernièrement, d’une certaine manière, effectuent la même opération, en faisant basculer la chambre des députés dans le camp républicain comme en apportant des suffrages conséquents au Tea-party.

Lorsque les anglais élisent Cameron, héritier de la dame de fer, après avoir été saignés par Thatcher, c’est qu’ils ont oublié comment cette dernière a brisé  la grève des mineurs, mis au tapis le mouvement syndical à la suite de quoi le monde du travail s’est trouvé anéanti et dans l’incapacité de résister.

Lorsque les supposés socialistes négligent que Schroeder travaille pour Gazprom, que Strauss-Kahn et Pascal Lamy président des organisations internationales qui mettent en œuvre une politique néolibérale dévastatrice, que leurs partis votent avec la droite au niveau européen… et qu’ils refusent d’observer la collusion c’est qu’ils ne veulent pas s’accorder avec l’évidence.

 

Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Le peuple a la mémoire anesthésiée. L’humeur versatile. 

Il faut bien alors considérer que le peuple est responsable de ce qui lui arrive.

De là à dire que le peuple n’a que ce qu’il mérite, le pas est vite franchi.

 

Mais le peuple doit savoir que par son comportement, il engage davantage que lui. Il engage et compromet l’avenir de ses enfants.

 

Le peuple est responsable à tous les instants.

Il est responsable au travers de chacun de ses membres lorsqu’il préfère ne pas se priver d’un mince et éphémère loisir au lieu de s’attacher à combattre le sort qu’on lui réserve.

 

On ne peut se revendiquer de la démocratie politique ou sociale si on n’en exerce pas la responsabilité, et déjà par un vote assuré.

 

J’entendais, il y a plus d’un an, lors d’une réunion publique, Mélenchon déclarer ceci : « Si vous êtes d’accord avec ce qui se passe, alors votez à droite ». Mais le peuple, à entendre ce qu’il dit sourdement ici, plus vivement ailleurs, n’est pas d’accord. Cependant, oublieux de tout, écoutant la dernière sirène, votant pour la droite à la première occasion, c’est comme s’il était d’accord.

Etrange !

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 06:55

 

Une première réunion publique se tenait hier à Narbonne à l’initiative du Front de Gauche.

L’objectif était, contrairement à celui des autres structures politiques qui décident en haut du menu qui sera consommé en bas, d’amener les citoyens à participer à la construction d’un programme que le Front de Gauche appelle Programme partagé. Programme partagé entre les composantes du Front de Gauche mais également avec tous les citoyens qui se seront investis dans la démarche

.

Occasion d’un premier échange informel entre les personnes de l’assistance, échange qui faisait part des inquiétudes vis-à-vis des gros appareils politiques qui ayant promis ceci font toujours différemment dès qu’ils sont aux affaires, qui faisait part aussi de l’espoir qu’ils plaçaient dans le Front de Gauche. Ce dernier a tenu à confirmer : le Programme partagé aura valeur d’engagement.

 

A la suite des manifestations massives dernières, le sujet est tout naturellement venu, et longuement, sur les retraites, le désir étant de voir pris en compte ce problème dans le Programme partagé et ceci de manière très concrète (âge de départ, qu’est-ce qu’une carrière complète, financement,…).

 

D’autres réunions doivent avoir lieu, toujours dans ce même esprit, construire un Programme partagé en abordant tous les sujets : écologie, habitat, emploi, éducation, santé, partage des richesses,….enfin tous sujets dont les citoyens se seront emparés et sur lesquels ils auront décidé de débattre afin de nourrir le Programme partagé du Front de Gauche.

 

Reste que l’échange, pour l’essentiel, a eu lieu entre personnes engagées, soit dans des partis politiques, des syndicats, des associations et autres structures, ce qui a conduit un participant à observer une perte de la conscience politique dans la population mettant gravement en danger la démocratie et à vouloir que soit effectué un travail pour y remédier.

Redonner une conscience politique, une conscience citoyenne, laminée par des années de libéralisme, puis d’ultra-néo-libéralisme qui tient à avoir strictement des consommateurs ingurgitant ce qui leur est proposé, est un des axes de travail auquel s’emploie le Parti de Gauche sous l’appellation éducation populaire.

 

                                                                                              ********

 

Chacun est donc invité à participer aux réunions à l’initiative du Front de gauche afin d’élaborer le Programme partagé comme à aller sur le site du Parti de Gauche (local ou national) où sous l’intitulé : Programme partagé vous pourrez lire le travail qui a déjà été fait dans de nombreux domaines et, bien entendu, apporter votre contribution.  

   

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 06:34

 

Dorénavant les chômeurs anglais vont devoir travailler…..pour rien.

 

Le capitalisme financier et le néo-libéralisme en délocalisant suppriment l’emploi local.

Les emplois délocalisés ne sont pas pour autant à l’abri d’une délocalisation vers un pays plus avantageux pour le néo-libéralisme.

Pour éviter que les entreprises (le travail) soient délocalisées, pour conserver l’emploi, les travailleurs locaux acceptent le gel des salaires (voire une diminution), de travailler davantage sans augmentation,… et se retrouvent, pour ceux qui sont déjà au chômage, en concurrence entre eux pour l’accès à l’emploi, ce qui les rend plus vulnérables et les contraint à acquiescer toujours davantage à une rémunération moindre.

Malgré cela le nombre de chômeurs augmente et oblige les travailleurs en activité à consentir toujours davantage à leur déchéance.

 

L’équilibre (le rapport de forces) entre salariés et patrons (l’actionnariat) est rompu au bénéfice de ces derniers qui peuvent désormais imposer leur volonté sans que les travailleurs aient les moyens de s’opposer au chantage qui leur est fait : si vous n’acceptez pas le travail qu’on vous donne au salaire qu’on consent à vous octroyer nous le ferons faire ailleurs et vous serez  responsable de ce qui vous arrive.

Cette situation n’a pas de précédent dans l’histoire récente. Elle tient à l’effacement et à la collaboration (au sens bien connu des français) du politique devant le financier et l’économique dans le cadre de la mondialisation. Elle est aussi le résultat de l’absence d’une conscience politique venant contrarier le nouvel ordre économique mondial, comme elle tient aux dégâts faits par un syndicalisme réformiste (d’accompagnement) et dévoyé venu en concurrence d’un syndicalisme de résistance et de combat.

 

Jacques Généreux, dans son livre la Grande Régression, déroule plus amplement l’analyse de ce qui est dit sommairement ci-dessus. Il montre que les progrès engrangés par la société (santé, éducation, services publics, ….) et l’ensemble des travailleurs (augmentation de salaires,..) ont été constants dès lors que le triptyque Etat, capital, travailleurs a fonctionné à l’équilibre. Il explique également que le déséquilibre est allé en s’agrandissant au moment où la société de consommation, moteur du néolibéralisme, a pris le pas sur toute autre considération, a développé l’individualisme,…  

Lecture nécessaire, et à proposer, car elle arme face aux flots d’autres ouvrages (ceux d’Attali, …) qui, disant la catastrophe éminente, n’ont d’autre proposition que de demander toujours davantage de sacrifices à ceux qui y sont déjà contraints, conforte les profiteurs, fait l’économie d’une analyse du système et, donc, n’éprouve aucunement le besoin de réfléchir à autre chose.   

 

Dans la filiation de la politique néo-ultra-libérale de Thatcher qui a pour objets de mettre fin à l’Etat Providence et à larguer le monde du travail à l’entier bénéfice des actionnaires avides de dividendes, une nouvelle étape vient d’être franchie en Grande-Bretagne avec le gouvernement Cameron.

Le chômeur devra désormais effectuer un travail non rémunéré au prétexte qu’il faut lui redonner le goût du travail (travail qui n’existe pas, ou s’il existe - puisqu’il est proposé - pourraient être donné à des chômeurs qui deviendraient du coup des travailleurs).

Renversement complètement fou car on en arrive à faire porter (comme une faute) l’absence de travail aux travailleurs puisqu’on doit leur redonner le goût du travail afin de les sortir de leur fainéantise. Ce qui, par contrecoup, exonère le néolibéralisme et les entreprises : ils n’y sont pour rien. De quoi rappeler le propos de Raymond Barre agacé : si les chômeurs veulent du travail, ils n’ont qu’à créer leur entreprise.

Le pire dans tout cela, c’est qu’il se trouve en Grande-Bretagne (comme en France) des victimes du système, des crédules, pour cautionner pareille balourdise, cautionner de fait le néolibéralisme. 

Constatons la ruse, l’admirable duplicité contenue dans le raisonnement néolibéral qui fait l’impasse sur l’absence réelle de travail (malgré tout ce qui est dit), qui use de l’existence de quelques travailleurs (fort peu nombreux) qui ont perdu, du fait d’un trop long chômage imposé, l’appétit de travailler, pour mettre tous les travailleurs dans le même sac (tous des fainéants) et proposer une remise au travail.

Les chômeurs contraints à travailler devront le faire sous peine de voir leurs allocations chômage sucrées. Comme ils ne pourront pas tous trouver du travail dans les emplois proposés, ils ne pourront pas justifier d’un travail et perdront ainsi leurs allocs. Conclusion : il y aura toujours des chômeurs, réputés fainéants, sans un sou, et ce sera bien fait pour leur gueule.

Dans le reportage, un marchand de travail (entreprise par intérim) anglais allait même jusqu’à dire : cela permettra aux chômeurs d’accéder à l’emploi non qualifié (!).

 

Arrivé à ce stade, on se demande si le temps n’est pas arrivé  pour le travailleur de devoir accepter un travail sans rémunération, peut-être même devra-il payer pour travailler (pour garder sa dignité et engraisser davantage les actionnaires). Il restera à garder l’espoir que les agissants du néolibéralisme auront vis-à-vis des travailleurs cette intelligence qui les conduira à maintenir en état la force de travail comme étaient entretenus et nourris les esclaves dans l’Antiquité, les bêtes de somme dans le monde agricole.

  

Il faut rappeler à ce stade le TCE. Dire que le droit de travailler y est reconnu, mais pas celui d’avoir un travail. Et qu’ainsi était ouverte la porte à être exploité, essoré. Rien de plus.

 

Le temps n’est peut-être pas si lointain où le gouvernement Sarkozy proposera un programme à la Cameron, ici, chez nous.

 

Il est temps de changer la donne.

Pour cela il faut que la politique retrouve sa place première dans la société, rejette la dérégulation, propose dans les secteurs vulnérables de l’économie des protections douanières afin de protéger le pays de la faillite, les travailleurs du chômage. Au niveau international il faut que la politique reprenne la maîtrise de la mondialisation pour l’exercer dans le cadre de la coopération et non de la concurrence (déloyale),…..et dans le souci d’une planète préservée.

  

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 04:36

 

Dernièrement, plusieurs fois, dans des émissions télévisuelles sur les retraites courues par les spectateurs, le propos a été tenu qu’il était connu de tous que les français étaient nuls en économie. Afin de faire apprécier son propos, un invité, professeur français d’histoire américaine, concluait : d’ailleurs, moi-même, je n’y comprends pas grand-chose.  Ce disant, il faisait démonstration d’intelligence en comprenant qu’il ne comprenait pas grand-chose, ce qui l’acquittait et le remettait en selle pour débattre avec un gain d’autorité.

Tour le monde se souvient que lors de la campagne sur le TCE, le discours était que les partisans du non appartenaient à la partie de la population la moins instruite, celle qui avait fait le moins d’études, et, bien entendu, toutes les enquêtes le démontraient.

Ainsi étaient disqualifiés, dans le premier cas cité les opposants à la réforme des retraites voulue par le gouvernement, dans le second cas les opposants au TCE. Ils étaient disqualifiés non au regard de leurs arguments mais à celui de leur absence de compétences et à leur absence de capacités. Pour être abrupt, le discours opposant était disqualifié  par une remise en cause de la qualité des personnes qui le portaient. Ce qui, si on pousse le bouchon plus avant, signifie que, dans l’esprit de la nonamklatura des pensants bien, seule une partie du peuple a droit au discours, l’autre s’en trouvant à contrario dépossédée. Pour aller plus loin, en filigrane, on voit, prête à surgir, cette idée, non encore explicitement exprimée et fort peu démocratique, qu’il conviendrait que les décisions soient prises par ceux qui se sont octroyé le brevet de la compétence et celui de la capacité, autant dire une minorité puisque plus de 70% de la population est contre la réforme des retraites et que le peuple a voté majoritairement non  au TCE. De là à supposer qu’il faudra bientôt avoir réussi à un examen pour que les français soient admis à la citoyenneté et au droit de voter ! Mais alors qui le fera passer ? Et sur quel contenu agréé ? Ce doit bien être dans les cordes de Besson de nous concocter un tel projet.

Lorsque BHL s’attaque à Mélenchon, parle à propos du contenu politique du Parti de Gauche, d’ « un socialisme pour imbéciles », d’« un socialisme pour ignares », d’« un socialisme pour cours élémentaire première année », s’il n’est guère démonstratif, il ne fait rien moins que qualifier des hommes et des femmes. D’une autre manière, voulant s’en prendre à des idées et n’y arrivant pas, il s’en prend, lui également, à des individus. De quoi donner à déchiffrer que, dans l’esprit de ceux qui s’expriment ainsi, il a ceux qui comprennent, eux, et des sous-…,- Oui ! Des sous-quoi ?-, les autres, qui ne pensent pas comme eux.

Ce sont des appréciations inquiétantes parce qu’elles témoignent de l’absence d’arguments à opposer sur le fond (ce qui n’est pas un problème, bien au contraire), mais surtout parce qu’il s’agit carrément de supprimer des individus. On n’est pas dans le débat d’idées. On n’est plus dans la politique. On est dans la négation des personnes. Dans l’expression d’une pensée et d’un comportement totalitaire qui se mettent en place progressivement et qui ne présagent rien de bon. Pente dangereuse qui a conduit, en d’autres temps et en maints endroits, à l’élimination.

 

Mais revenons à ceux qui soutiennent que les français ne comprennent rien à l’économie, non rien compris à la nécessité de voter oui au TCE (éminemment économique). Leur assertion ne signifie rien de moins qu’il y a un primat de « l’homme économique » sur toute autre conception de l’homme. Ainsi l’économie s’imposerait-elle à l’homme et celui-ci n’aurait qu’à la subir.

Encore une fois, il faut rappeler que l’économie n’est qu’un instrument, un instrument du projet politique et non l’inverse.

Rappeler que l’économie n’est pas un projet. Que l’homme est premier et n’a pas vocation, sauf à perdre sa liberté et à ne plus être, à se soumettre à l’économie.

Il faut rappeler encore que ceux qui proposent l’économie comme première sont ceux à qui profitent des retombées de celle-ci et qu’ils sont, à tout moment, en capacité d’en modifier le modèle lorsque ce dernier ne sert plus leurs intérêts.

Il faut rappeler que l’économie est une chose simple (pas simpliste), que plus compliquées sont les formules mathématiques qui permettent de la mettre en œuvre, mais là, on n’est plus dans l’économie.

Il faut rappeler que nous faisons tous, au quotidien, de l’économie, que cette économie est subordonnée à des choix, nos choix. Et les choix sont d’ordre politique.

 

Pour parodier une citation : l’économie est une chose trop sérieuse pour être laissée entre  les mains des économistes. D’où la nécessité de lui redonner sa place, sa seule place, qui est d’être au service d’un projet politique faisant toute la place aux êtres humains.

Ce qui n’est en rien imbécile.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 15:36

 

Huchon :

La veille d’une journée de mobilisation sur les retraites sur le site internet de l’Express, Jean-Paul Huchon lâche... « Son langage (celui de Jean-Luc Mélenchon) est proche de celui de l’extrême droite, mais c’est plus grave que Le Pen ! Il incarne le populisme d’extrême gauche. »

 

Cohn-Bendit :

Partie du script de l'entretien avec Jean-Louis Apathie sur RTL (11 /11- 8 heures) 

Vous parlez de la Gauche Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, c'est un allié pour vous ? Ses propos, tout ça ?

Enormément de problèmes avec Jean-Luc Mélenchon. Je dis franchement, Jean-Luc Mélenchon, quand on voit son livre, ce qu'il dit sur l'Allemagne, quand il parle de la "grande France", il veut même intégrer la Belgique, une partie de la Belgique : la Wallonie et Bruxelles, ce qui dit sur "les Boches" c'est insoutenable, c'est intolérable. Je trouve même que son discours, il va même labourer sur les terres du Front national.

Il va vous en vouloir pour dire ça, Daniel Cohn-Bendit !

Mais oui ; mais écoutez moi j'ai lu son livre et je dis : les Verts sont un parti pro-européen parce qu'ils disent : on a besoin de l'Europe ; ce que dit Mélenchon sur l'Europe, c'est indéfendable ; donc, ça va être très, très difficile... Et puis, des fois, il dit n'importe quoi. Je pourrais dire des heures sur Mélenchon, c'est-à-dire il ne m'intéresse pas tellement...

 

Vidéo : Cohn-Bendit et réponse de Mélenchon.

http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/cohn-bendit-melenchon-laboure-sur-28346

 

Puis un extrait (ci-dessous) du blog de Mélenchon que je vous invite à consulter pour bien d’autres choses.


 

Avant cela il faut bien que j’évoque la dernière énormité de Daniel Cohn-Bendit contre moi à l’occasion de son passage chez Jean-Michel Apathie sur RTL. J’en ai les jambes coupées. Ca passera. Mais vraiment c’est lourd, pour finir. Sur la photo que vous voyez, Oskar Lafontaine et moi nous nous soutenons l’un l’autre comme sur le tableau derrière nous deux soldats blessés s’entraident. Oskar était présent au meeting de lancement du PG à Saint Ouen il y aura deux ans dans quelques jours. Cette image est ma réponse à monsieur Cohn-Bendit.

 

 


Pour ceux qui l'ignoreraient OsKar Lafontaine est un allemand, fondateur en ce pays de Die Linke.

Oui, Mélenchon dérange.

Huchon (PS), Cohn-Bendit (Europe-écologie) auraient-ils peur que le Parti de Gauche ( plus largement le Front de Gauche) siphonne des électeurs dont ils ne sont pas propriétaires et qui ont quelques inquiétudes au regard des trajectoires prises par leurs partis respectifs ? Car c’est ainsi qu’il faut comprendre la raison de ces attaques nauséabondes, de ce remugle, de cette pestilence.

Et du coup, je me dis : Tiens ! Tiens ! Là haut, ils doivent avoir des informations que je n’ai pas.

  

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 05:34


Sarkozy : un guide ?

Le peuple souverain n’a pas besoin d’un guide. Là duce, ailleurs führer ou caudillo, ou autre dénomination dont il n’a que faire et qu’il abomine. Le peuple souverain se suffit à son commandement. Il en est ainsi écrit dans la constitution de la République : Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple (article 2), également dans celle de la 5ième sans cesse retouchée afin de favoriser toujours une présidentialisation qui écarte le peuple de sa place première.

Arrivé à ce point de dérive, il est temps que le peuple reprenne la main, se réapproprie le pouvoir dont il a été progressivement dépossédé, en ces derniers temps, au profit d’un seul et de la caste dont il est le représentant.

Il faut le rappeler : en République on vient au service, non se servir.

Non ! Le peuple souverain n’a pas besoin d’un guide. Il n’est pas un enfant que l’on tient par la main. Il est adulte. Il sait ce qu’il veut. Il connaît son chemin déterminé par ses seuls soins. Et c’est bien mal le considérer que de le voir et le vouloir autrement.

Il est temps de passer à une nouvelle constitution. La 6ième dans l’ordre. Une constitution qui rétablisse l’équilibre et l’indépendance des pouvoirs tels que cela devrait être. Qui donne au gouvernement de gouverner, aux assemblées de légiférer, et qui institue un pouvoir judiciaire en lieu et place d’une autorité (reléguée au titre VIII)  toujours plus assujettie.

Il est temps de retrouver des parlementaires qui travaillent en toute indépendance, qui ne soient ni godillots de droite ni godillots de gauche. Des parlementaires qui ont le souci du pays, du peuple, et non celui de leur parti ou de leurs amis. Des parlementaires qui exercent leur liberté de conscience et d’appréciation avant tout autre considération dans la perspective  de contribuer au développement du bien commun.

Le peuple se donne des représentants pour diriger sur ses propositions, non pour être dirigé, le priver de sa réflexion, lui ôter la parole, le démettre de ses choix puis de sa décision.

Le peuple est éclairé de chacun de ses membres-citoyens, de la pensée partagée de ceux-ci. Il peut être convaincu, jamais contraint.

Le peuple au moment de l’élection vote pour un projet, un projet élaboré par lui dans son consentement à se regrouper en partis pour l’établir, non pour un homme ou une femme que l’on dit savonnette, sinon à considérer que cet homme et cette femme sont le projet en leur personne et qu’ils peuvent au gré du gouvernement qui leur est confié agir comme bon leur semble, aussi contre le peuple s’ils en jugent ainsi.

Pourquoi le peuple aurait-il besoin d’un guide ? D’où vient cette idée saugrenue ? Aurait-on oublié que la Révolution instituant la République avait aussi, et surtout, pour objet de se débarrasser des guides, des maîtres et autres incarnations du genre ? Et n’est-ce pas provocation que de penser, prétendre et vouloir en être le guide, provocation que le peuple entend relever.

 

Ainsi, le petit homme à l’ombre du grand a ahané  son discours, sans un souffle qui aurait pu être celui d’un Malraux à l’évocation. Mais comme le petit homme n’était qu’à tirer sans vergogne la couverture à lui, il ne pouvait du haut de son perchoir que déclarer une copie médiocre vraisemblablement délivrée par quelque scribouillard.

Dans la salle, il y avait le petit-fils du Général. Qu’a-t-il pensé ? Dehors, sous la pierre tombale, de Gaulle donnait de la voix sépulcrale. Le vent m’a rapporté, du moins c’est ce que j’ai cru entendre : « Décidemment, rien ne me sera épargné ».  

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 03:25

Partisan, j'ai du mal à juger du passage de Mélenchon à "Vivement dimanche".

Je craignais pour les plumes, celles du Parti de Gauche, plus largement celles de la gauche (la vraie) toute entière. L'exercice n'était pas sans danger.

Point de guet-apens avec Drucker. Les escarmouches sont venues en fin de soirée des voltigeurs en charge de rallumer les mèches pour défendre (sur quels arguments?) un journalisme le plus souvent disqualifié.

Bien sûr il y a eu quelques mots incongrus à l'annonce de l'émission, du style: "extrême gauche", "gauchiste". Qualifier fait trace. Il y a eu aussi, pendant l'émission, le visage de Georges Marchais; on se demande pourquoi.

L'émission n'a pas été lisse. L'homme ne s'y prêtait pas. Il dit ce qu'il a à dire, sans langue de bois (pratique commune de l'animal politique plus enclin à ratisser large qu'à formuler  de la pensée).

J'ai apprécié l'interview de Domenach (journaliste à Marianne) qui, sans flagornerie, sans concession aussi, a décrit Mélenchon, dit sa culture, son humanité, son sens politique, souligné sa capacité de travail, salué celui accompli alors qu'il était secrétaire d'Etat en charge de la formation professionnelle, relevant combien l'homme était meurtri du contenu des réunions (au niveau national) d'un PS  qui ne se préoccupait pas du peuple.

Le peuple, Mélenchon en est désormais le champion, et, pour lui, rend coup pour coup.

Dans le public, parmi d'autres têtes du Parti de Gauche, il y a, souriant, le professeur d'économie Jacques Généreux. Il est juste de montrer que le Parti de Gauche ne se résume pas à un tribun cultivé, humaniste, mais qu'il est plein d'autres compétences.

L'émission terminée, j'étais rassuré. Elle n'avait pas été une gamelle, de celles dont il est difficile de se relever.

Je gage que dans de nombreux foyers beaucoup ont ressenti comme moi qu'un homme s'était levé pour leur prêter sa voix. Je gage que beaucoup, n'hésitant plus, désormais se redressent, vont faire le pas nécessaire car la gauche ne se relèvera pas sans eux.

 

Voir l'émission sur le blog de Jean Luc Mélenchon

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 06:26

 

Ils sont partis comme des petits pains les autocollants. L’un : « Casse toi pov’con ». Et c’est Sarkozy qui le dit ! L’autre : « Pour nous, la retraite, c’est 60 ans ».

Quelques uns ont préféré le 2ième au premier. Mais l’immense majorité a préféré le « Casse toi, pov’con », aussitôt arboré.

Vulgarité ? Certainement pas. Seulement le ras le bol du locataire de l’Elysée, de son gouvernement. Tous en on marre d’être piétinés, humiliés. Plus personne ne supporte l’arrogance, le mensonge, l’un l’autre érigés en gouvernance.

 

Il est même des militants du PS qui ont pris l’autocollant du Parti de Gauche pour le mettre à côté de celui signalant leur appartenance. Ce qui n’est pas si étonnant comme nous allons le voir.

 

Un jeune, le sigle des Jeunesses socialistes sur la poitrine, décline l’offre que je lui fais d’afficher l’autocollant que je lui propose. J’insiste sur le mode de la bonne humeur. Il le prend et le colle. Comme je l’avais entendu prononcer quelques paroles acides à l’égard de Strauss-Kahn dans la conversation qu’il avait avec un de ses camarades, je l’interroge : « Que disais-tu à propos de Strauss-Kahn ? ». Il hésite, puis se lance : « Si Strauss-Kahn est notre candidat, je fais campagne contre lui ».

Tiens ! Tiens !

Et pourquoi ?

Il n’est pas de gauche.

Tu veux dire qu’il est de droite.

Oui, lâche-t-il, amer. Et pour se rattraper, il ajoute : « Mélenchon n’aurait jamais dû quitter le PS, avec Hamon et Emmanuelli, ils pouvaient l’ancrer à gauche ».

L’ancrer ? Tu crois que ça suffit d’ancrer, le PS est à gauche ou ne l’est pas. Il n’est pas besoin d’ancre et il ne suffit pas que quelques uns le tiennent au rivage pour qu’il y reste, tu ne penses pas ?

On a continué un moment à bavasser, puis je suis parti continuer la distribution. « A bientôt, camarade », j’ai dit.

 

La manifestation suivante, une femme arbore elle aussi un autocollant du PS. A l’instant où je lui tends le mien, elle hésite, se ressaisit et finit par le coller à côté de celui du PS.

Je ne sais pas si ça va avec, je dis ironiquement.

Si, si, dit-elle en éclatant de rire.

Ah ! Bon. Pourquoi ?

Parce que.

Parce que le PS n’est peut-être pas tout à fait à gauche, je suggère.

C’est ça, réplique-t-elle lapidairement.

C’est vrai qu’entre Strauss-Khan et Valls d’un côté, et Hamon de l’autre, à faire le grand écart, il y en a plus d’un au PS qui va se payer une déchirure.

Pour se justifier, elle ajoute : « J’attends encore un peu, puis je vais voir ».

Je vais te dire camarade, il y a quelques années j’étais au PS, je me suis même occupé 10 ans durant d’un GSE (Groupe socialiste en entreprise), puis je me suis barré, c’était quitter la boutique ou le socialisme. J’ai choisi. Pas facile, je sais, mais tu verras, t’y viendras. Au PS, il n’y a guère que les militants qui sont encore socialistes. Le projet, c’est celui des leaders. Autant de leaders, autant de projets. Et chacun de rouler pour son plan de carrière. Le socialisme dans tout ça, aux oubliettes.

Ouais,ouais, je sais.

Qu’est-ce que t’attends alors ?

 Puis, comme la fois précédente, j’ai continué la distribution.

 

Combien sont-ils au PS comme ces 2 camarades à rester fidèle à la boutique ?

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