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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 13:23

http://www.wmaker.net/emancipation66/Paul-Krugman-Je-voterais-non_a399.html

L’économiste américain ne lâche pas l’affaire grecque : sur son blog, il estime que la Troïka a délibérément fait à Tsipras une offre qu’il ne pouvait pas accepter, et qu’elle a commis "un acte de folie monstrueuse" en aggravant la crise.

Economiste américain qui a obtenu le « prix Nobel d'économie » 2008 pour avoir montré « les effets des économies d'échelle sur les modèles du commerce.

Grisis

[...] OK ! Voilà qui est devenu réalité : les banques grecques fermées, les contrôles de capitaux imposés. Grexit n’est plus si loin – la mère redoutée de tous les paniques bancaires est presque là, ce qui signifie, maintenant, que l’analyse coût-bénéfice de la sortie de l’euro est beaucoup plus favorable à celle-ci qu’elle ne l’a jamais été auparavant.

Il est clair, cependant, que certaines décisions doivent maintenant attendre le référendum. Je voterais "non" pour deux raisons.

Tout d’abord, même si la perspective de sortie de l’euro effraie tout le monde – moi y compris – la Troïka exige maintenant effectivement que la politique des cinq dernières années se poursuive indéfiniment. Où est l’espoir dans tout cela ?
Peut-être, et seulement peut-être, l’affirmation de la volonté que cela cesse va inspirer une refonte. Mais probablement pas. Auquel cas, la dévaluation ne pourrait pas entraîner beaucoup plus de chaos que celui qui existe déjà, et elle pourrait ouvrir la voie à un éventuel rétablissement, tout comme elle l’a fait dans de nombreux autres temps et autres lieux. La Grèce n’est pas si différente.
En second lieu, les implications politiques d’un vote Oui seraient profondément inquiétantes. De toute évidence, la Troïka a fait une Corleone à l’envers .Elle a fait à Tsipras une offre qu’il ne pouvait pas accepter, et elle l’a, sans doute, fait en connaissance de cause. L’ultimatum était donc une manœuvre pour remplacer le gouvernement grec. Et même si l’on n’aime pas Syriza, cela a de quoi inquiéter tous ceux qui croient dans les idéaux européens.[...]
s'exprimant sur la Grèce, Paul Krugman avait déjà écrit:

[...]

Le moment de vérité pour l’Europe

Jusqu’à présent, chacune des alertes concernant une rupture imminente de l’euro s’est révélée fausse. Les gouvernants, quoi qu’ils aient promis lors d’élections, ont cédé aux exigences de la Troïka ; en même temps, la BCE agissait pour calmer les marchés. Ce processus a maintenu la monnaie, mais a perpétué une austérité profondément destructrice. Il ne s’agit pas de quelques trimestres de croissance modestes pour certains débiteurs, mais de l’immense coût de cinq ans de chômage de masse.

Sur le plan politique, les grands perdants de ce processus ont été les partis de centre-gauche, pour lesquels le consentement à une sévère austérité et donc l’abandon de tout ce qu’ils sont censés défendre a fait beaucoup plus de dégâts que des politiques similaires pour le centre-droit.

Il me semble que la Troïka (je pense qu’il est temps d’arrêter de prétendre que quelque chose a changé, et qu’il faut revenir à l’ancien nom) s’attendait, ou du moins espérait que la Grèce serait une copie conforme de cette histoire. Soit Tsipras ferait comme les autres, abandonnant une grande partie de sa coalition et étant probablement contraint à une alliance avec le centre-droit, soit le gouvernement Syriza chuterait. Et cela peut encore se produire.
Mais, du moins jusqu’à aujourd’hui, Tsipras ne semble pas disposé à se faire hara-kiri. Au lieu de cela, face à l’ultimatum de la Troïka, il organise un référendum pour décider de l’accepter ou non. En réalité, il fait ce qu’il faut faire. Et ce pour deux raisons.

Tout d’abord, s’il gagne le référendum, le gouvernement grec sera renforcé par la légitimité démocratique qui, je pense, compte encore en Europe. Et s’il ne le gagne pas, nous avons besoin, aussi, de le savoir.

Deuxièmement, jusqu’à présent Syriza a été dans une position politique délicate. Ses électeurs sont à la fois furieux des exigences pour accroître l’austérité et en même temps, ils ne veulent pas quitter l’euro. Il a toujours été difficile de voir comment ces souhaits pouvaient se concilier. C’est encore plus difficile maintenant. Le référendum permettra aux électeurs de choisir leur priorité, et de donner à Tsipras le mandat de faire ce qu’il doit, si la Troïka va jusqu’au bout.
Pour dire ce que je pense, cela a été un acte de folie monstrueuse de la part des gouvernements créanciers et des institutions de pousser les choses là où elles en sont. Mais ils l’ont fait, et je ne peux certainement pas blâmer Tsipras de se tourner vers les électeurs, au lieu de se tourner vers eux.

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 11:13

….. il faut que les citoyens le confirment en votant au référendum contre l’ultimatum des créanciers, ce qui n’est pas facile car certains citoyens grecs peuvent être tenus par la peur du lendemain immédiat.

Le pire est derrière les grecs car céder aux créanciers aurait été céder une fois de plus dans ce mouvement qui est celui de la vis sans fin qui veut que la déstructuration de leur Etat se poursuit tout autant que celle de leur économie, que s’agrandit jusqu’à la nausée la misère des populations les plus touchées, que la démocratie est mise à l’encan, qu’ils sont humiliés en tant que peuple.

Preuve est faite que les néocons américains ont essaimés en Europe, que le libéralisme est une idéologie qui n’a rien à envier dans son comportement au stalinisme fasciste, que la dictature s’installe désormais au grand jour. Preuve est faite que l’Allemagne fait de l’Europe son annexe, sa souillarde, dans sa vieille pratique de l’anschluss. Preuve est faite qu’il n’est pas d’Europe des peuples et solidaire mais financière.

Si j’étais grec, je voterais non à l’ultimatum. A cet instant, je regrette de ne pas l’être. J’ai honte d’être français. Et, pas plus que je supporte d’avoir endossé les crimes de Vichy je supporte la complicité du gouvernement français, dans cette étrange fraternité qui va de Sarkozy à Hollande, qui s’est rendu à collaborer avec le gouvernement Merkel-Schaüble. Qu’on pense un instant au poids de la France, dont on dit qu’elle est la 2ième puissance d’Europe, pour se rendre compte que rien ne serait advenu si, aux travers de ses gouvernements successifs et leurs godillots, elle n’avait pas fait allégeance au monstre qui se perpétue outre Rhin. J’ai honte d’être français, honte du mal qui est fait à la France.

Pour la Grèce le pire est derrière elle. Ou presque. Son peuple, en chacun de ses citoyens, va en chier un peu plus encore. Mais il en aurait chié un peu plus encore à se soumettre une fois de plus. Désormais, il prend en charge son devenir. Et rien ne vaut mieux que cela. Tous les espoirs lui sont autorisés, tandis qu’ils lui étaient interdits. La vie se propose où la mort était assurée.

Les grecs seront nus, mais dignes. La tête haute. Fiers de ne pas avoir cédé. C’est comme ça qu’on avance. Comme ça qu’on se poursuit. Comme ça qu’on se reconstruit, qu’on construit.

Je ne doute pas de la réponse du peuple grec. Il ne peut à la fois avoir voté Syrisa et se démettre.

Merci au peuple grec de nous avoir ouvert jadis à l’esprit critique, merci aujourd’hui de nous ouvrir à celui de la liberté inaliénable et incessible.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 15:50

Extraits de la vidéo (3’25 de réanimation de la conscience)

***

« Il est absolument décisif de mesurer ce qui est en train de se passer …. Il faut retrouver un élan, et cet élan ne peut venir que si la mobilisation populaire s’y met également ….On ne peut pas en rester à une position d’observateur….. Il faut que la population s’empare de ce qui est en train de se passer…. Cette bataille ne pourra pas être remportée si le mouvement de solidarité des autres peuples européens avec le peuple grec ne se manifeste pas avec plus de force …. Il y a une part de notre sort commun qui se trouve actuellement en jeu et pour cela il faut se mobiliser, il faut mener cette bataille maintenant jusqu’au bout ».

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https://www.youtube.com/watch?v=ltDxYhepSWE

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 05:41

« Soyez plutôt inquiets du peu de réaction dans d’autres pays, dont le vôtre, devant la politique abjecte de vos gouvernements », écrit Yannis Youlountas en s’adressant aux citoyens européens.

Michèle Firk, journaliste française, écrivait, peu de temps avant son suicide en 1969, à ses amis qui s’étonnaient de son engagement politique en Amérique latine : « Ce qui est honteux, c'est de converser du Viêt-nam les doigts dans le sable, sans rien changer à sa vie, de parler des guérillas en Amérique latine comme du tour de chant de Johnny Hallyday. Ce qui est honteux, c'est d'être « informé objectivement », c'est-à-dire de loin, sans jamais prendre part. Nous sommes des citoyens du monde et le monde est vaste ici ou là, peu importe, il n'est point de fatalisme géographique ».

La Grèce n’est pas le lieu de la fatalité. La fatalité s’abat partout, est de tous les lieux et de tous les temps où la pratique de la politique consiste à tenir conversation, et seulement cela.

Exergue

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http://youlountas.net/?lang=fr

Mardi 23 juin 2015 à 23h30. Les flash-infos vous disent, paraît-il, que tout est fini, que tout est mort. Vous les croyez ?

ATHÈNES A LA FIÈVRE...

Chacun fait ce qu’il a à faire et c’est bien ainsi. Chacun selon ses convictions. Chacun à sa façon. Chacun où il se trouve : anarchistes, syndicalistes, membres de Syriza dont Stathis Kouvelakis, députés frondeurs (47 ce soir qui demandent un vrai débat parlementaire sur le rapport préliminaire de l’audit sur la dette, récemment présenté par Eric Toussaint), etc.

MAIS L’HEURE DU BILAN DÉFINITIF EST ENCORE LOIN D’ÊTRE ARRIVÉE.

Ne croyez pas ce que vous racontent les médias dominants du pouvoir politico-financier qui se régale du trouble qu’il provoque et qui rêve déjà d’avoir éliminé toute résistance au bénéfice de la résignation et de la soumission. Ne croyez pas sa sempiternelle fin de l’Histoire. L’Histoire n’est pas finie. Elle se fait, se défait et surgit parfois. Rien n’est fini, nulle part, loin de là.

Ne vous inquiétez pas pour nous. Nos dissensus sont nécessaires. Nos débats sont vitaux. Nos coups de gueules sont cruciaux. Le conflit, ce n’est pas la mort, mais la vie. Il n’y a pas lieu d’avoir peur, ni de croire ceux qui essaient de distiller la peur en zoomant sur nos différences et sur nos différents.

Au contraire, soyez heureux que ça bouge, que ça vit, que ça chante, que ça crie, que ça soutienne ou que ça contredise. Soyez rassurés que les braises soient encore chaudes et qu’Athènes ne dort pas.

Soyez plutôt inquiets du peu de réaction dans d’autres pays, dont le vôtre, devant la politique abjecte de vos gouvernements.

Car, en réalité, la Grèce n’est pas un spectacle dont il faudrait attendre la fin. La Grèce n’est que le microcosme, le laboratoire, le prisme de tout un monde, sur un territoire encore et toujours en lutte, tiraillé par toutes les tentations, par tous les désirs et par toutes les peines. Et, surtout, il n’y a rien parce qu’il n’y a pas de fin. Il n’y a rien à attendre, mais tout à faire, partout, dès maintenant.

Avant que des charognards en tous genres ne viennent vous répéter, si ce n’est pas déjà le cas : « tu as vu la Grèce, tu as vu la Grèce ? », en essayant de tirer les marrons du feu et de vous vendre leur camelote politique, sortez, respirez, regardez dehors et demandez vous ce que vous pouvez faire, là où vous êtes.

L’enjeu est là et nulle part ailleurs. Il n’a pas de temps ni de lieu, car il s’appelle toujours « ici et maintenant ». Ce que vous appelez la Grèce est partout. La Grèce de la barbarie. La Grèce de la souffrance. La Grèce de la résistance. Partout en Europe et ailleurs. Cela s’appelle la vie. Cela s’appelle la lutte. Cela n’a pas de frontière ni d’époque. Cela ne dépend que de nous.

Ce soir, les flash-infos vous disent, parait-il, que tout est fini, que tout est mort, et se succèdent comme le glas de nos rêves. Vous les croyez ? Avons-nous vraiment abdiqué devant le pouvoir mortifère qui, partout, veut nous mettre à genoux ?

Pour ce qui est de la Grèce, la réponse n’est pas pour aujourd’hui, ni pour demain. Nous en reparlerons. Nous en reparlerons avec ce qui sera VRAIMENT signé (ou pas), jeudi soir à Bruxelles. Puis avec ce qui sera VRAIMENT voté (ou pas), dimanche au parlement, à Athènes. Puis avec ce qui sera VRAIMENT mis en œuvre (ou pas) dans les mois à venir en Grèce. Puis avec ce qui se passera VRAIMENT (ou pas) en octobre... De même que sans lutte, on n’arrive à rien, sans avancer suffisamment en chemin, on ne peut pas juger DÉFINITIVEMENT ni les hommes ni les actes.

Je lutte dès maintenant, mais je ne jugerai définitivement qu’à l’automne.

Yannis Youlountas : N’hésitez pas à partager, publier, diffuser pour celles/ceux qui cèdent trop vite, beaucoup trop vite, à la manipulation et à la résignation.

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 16:44

2 articles, l’un paru dans Le Monde, l’autre dans le Courrier International (à lire ci-dessous), font état de la dette de la blanche Allemagne.

La dette est le plus souvent considérée comme financière, mais il est également un autre type de dette : la dette morale. Quand un pays a contracté les 2, on a du mal à le voir se présenter en donneur de leçon, à exiger.

Quand l’Allemagne se fait arrogante comment ne pas lui rappeler ses dettes quand bien même on ne le voudrait pas. Vladimir Jankélévitch, dans sa Philosophie morale, au chapitre Le pardon écrit ceci : « Le pardon est mort dans les camps de la mort », ce qu’on peut traduire ainsi : la dette morale de l’Allemagne, bien plus importante que sa dette financière, ne peut même pas faire l’objet de ce que Jankélévitch appelle l’oubli.

Alors ? De l’Allemagne, on attend un peu de décence. Et si on consent à ce qu’elle soit amnésique comme dans Le voyageur sans bagage d’Anouilh ce ne peut être au point de la laisser emmerder tout le monde et de mener le bal là contre la Grèce, demain contre un autre pays.

Exergue

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http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/02/17/l-allemagne-a-t-elle-une-dette-de-guerre-envers-la-grece_1644633_3214.html

L'Allemagne a-t-elle une dette de guerre envers la Grèce ?

Le Monde.fr | 17.02.2012 à 18h03 • Mis à jour le 16.03.2012 à 15h35 | Par Soren Seelow

"Les Allemands, qui rechignent à financer un second plan de sauvetage pour la Grèce, devraient se souvenir de tout ce qu'ils ont pillé dans ce pays pendant la Seconde Guerre mondiale [...] Avec les intérêts, ce sont 81 milliards d'euros qui sont dus à Athènes. C'est là une autre façon de voir l'Europe et son histoire."

L'homme qui s'exprime ainsi n'est pas un ancien résistant grec, ni même un membre de l'opposition grecque, il n'est pas grec du tout. Il s'agit de l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, interpellant mercredi 15 février les responsables allemands au Parlement européen au lendemain du refus de la troïka européenne d'octroyer un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros à Athènes.

"ILS ONT PRIS L'ARGENT GREC ET NE L'ONT JAMAIS RENDU"

L'Allemagne a-t-elle une dette de guerre non réglée envers la Grèce ? La question peut sembler saugrenue, mais elle a le mérite de replacer la crise de la dette que traverse le continent européen dans un temps long. Montrés du doigt comme de mauvais payeurs, étranglés par plusieurs plans de rigueur, excédés par le "diktat" allemand, les Grecs sont de plus en plus nombreux à renvoyer Berlin aux ardoises du passé.

Début 2010, lors d'un voyage en Allemagne, Theodoros Pangalos, alors vice-premier ministre, avait lancé une bombe sur les ondes de la BBC : "Ils ont pris les réserves d'or de la Banque de Grèce, ils ont pris l'argent grec et ne l'ont jamais rendu. C'est un sujet qu'il faudra bien aborder un jour ou l'autre." En décembre de la même année, le secrétaire d'Etat aux finances hellènes, Philippos Sahinidis, était allé plus loin en chiffrant la dette allemande envers son pays à 162 milliards d'euros, à comparer au montant de la dette grecque qui s'élevait à 350 milliards d'euros fin 2011.

Plus récemment, c'était au tour du héros de la Résistance Manolis Glezos, 89 ans, connu pour avoir décroché le drapeau nazi de l'Acropole en 1941, de réclamer le remboursement du prêt imposé à la Grèce par le régime nazi. "Avec les dommages de guerre", qu'Athènes se réserve toujours le droit de revendiquer, "c'est 162 milliards d'euros, sans les intérêts", estime-t-il.

BATAILLE DE CHIFFRES

Combien doit l'Allemagne ? 81 milliards, comme le dit Cohn-Bendit ? 162 milliards, à en croire les revendications grecques ? 68 milliards comme l'affirme Le Point ? ou rien du tout, comme le soutient Berlin ? La bataille de chiffres qui entoure cette question est à la mesure de la complexité de la situation.

Nous sommes en 1941. Le 6 avril, la Wehrmacht envahit la Grèce. Elle y restera jusqu'en 1944. Dans son ouvrage Dans la Grèce d'Hitler, l'historien Mark Mazower estime que la Grèce est le pays qui a le plus souffert du joug nazi – derrière la Russie et la Pologne – et qu'elle a subi un "pillage systématique de ses ressources". En 1941, les nazis imposeront en outre à la Banque centrale grecque, comme ils l'ont fait dans d'autres pays, un prêt de 476 millions de reichsmarks au titre des contributions à l'effort de guerre.

Cet "emprunt" ne sera jamais remboursé, pour la simple raison qu'il ne figure pas dans l'accord de Londres de 1953 qui fixe le montant des dettes extérieures contractées par l'Allemagne entre 1919 et 1945. Afin de ne pas répéter les erreurs du traité de Versailles et de ménager ce nouvel allié de l'Ouest face à la menace communiste, les Etats-Unis consentent à réduire la dette de l'Allemagne de moitié. Les victimes de l'Occupation sont priées d'oublier leurs demandes de réparation. L'objectif stratégique des alliés est d'édifier une Allemagne forte et sereine, plutôt que ruinée par les dettes et humiliée.

Washington obtient surtout des pays bénéficiaires du plan Marshall qu'ils renoncent à exiger immédiatement leur dû, repoussant d'éventuelles réparations à une réunification de l'Allemagne dans le cadre d'un "traité de paix". "A partir de là, l'Allemagne s'est portée comme un charme pendant que le reste de l'Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l'occupation allemande", résume l'historien de l'économie allemand Albrecht Ritschl, professeur à la London School of Economics, dans un entretien à Der Spiegel (en version française dans Courrier international).

L'ALLEMAGNE A FAIT TROIS FOIS DÉFAUT

Ce sursis permettra à la RFA de connaître un véritable "miracle économique", le fameux Wirtschaftswunder pendant quatre décennies. Et au moment de passer à la caisse, Bonn s'arrangera pour ne pas honorer ses engagements. Le chancelier Helmut Kohl obtient en effet que le traité de Moscou de 1990 entérinant la réunification ne porte pas la mention "traité de paix", une des conditions figurant dans l'accord de 1953 pour d'éventuels remboursements. "C'était un moyen de continuer à fuir les réparations", souligne le Süddeutsche Zeitung (article traduit en français). En approuvant ce traité, la Grèce a perdu, aux yeux de Berlin, toute légitimité à réclamer des réparations. "Dans la pratique, l'accord de Londres de 1953 libéra les Allemands de leur obligation de rembourser leurs dettes de guerre", résume le quotidien allemand.

En d'autres termes, l'actuel champion économique de la zone euro a fait trois fois défaut au cours du XXe siècle : dans les années 1930, en 1953 et en 1990. "L'Allemagne n'a pas réglé ses réparations après 1990 – à l'exception des indemnités versées aux travailleurs forcés, poursuit Albrecht Ritschl dans Der Spiegel. Les crédits prélevés de force dans les pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale et les frais liés à l'Occupation n'ont pas non plus été remboursés. A la Grèce non plus." Or "personne en Grèce n'a oublié que la République fédérale devait sa bonne forme économique aux faveurs consenties par d'autres nations", insiste-t-il.

En tout et pour tout, la République fédérale n'a dédommagé qu'une fois la Grèce : 115 millions de deutsche Marks (environ 58 millions d'euros). C'était en 1960, dans le cadre d'un accord global avec plusieurs pays européens et Israël. Depuis cette date, l'Allemagne estime s'être acquittée de sa dette. Mieux encore, elle n'hésite pas à rappeler qu'elle a "payé depuis 1960 environ 33 milliards de deutsche Marks d'aides à la Grèce, à la fois de façon bilatérale et dans le cadre de l'Union européenne". A quoi il faut ajouter que la Grèce a bénéficié de plus de 700 millions de dollars de l'époque dans le cadre du plan Marshall.

COHN-BENDIT : UNE QUESTION "MORALE"

Sauf qu'en cette période de crise continentale, tout le monde, y compris en Allemagne, ne se satisfait pas des immenses faveurs accordées à Berlin au lendemain de la guerre. Asphyxiés par leurs dettes et pressés par Berlin d'enchaîner les plans d'austérité, les Grecs sont de plus en plus nombreux à vouloir faire partager une partie de leur fardeau à leurs anciens envahisseurs.

La somme de 162 milliards d'euros évoquée va ainsi bien au-delà du seul remboursement du prêt forcé, qu'on estime dans une fourchette comprise entre 54 milliards et 81 milliards d'euros. Elle englobe en outre les 108 milliards évalués lors de la Conférence internationale de paix à Paris pour la réparation des dommages causés par les troupes nazies sur l'infrastructure économique du pays.

Daniel Cohn-Bendit, lui, se place sur un "plan moral" : "Les Allemands, qui se disent vertueux, estiment que les Grecs ont péché et qu'ils doivent payer. Or, ceux qui ont le plus péché, ce sont tout de même les Allemands, dont la dette a pourtant été effacée parce que les Américains y voyaient un intérêt stratégique. Pourquoi ne pas considérer que sauver la Grèce est stratégique, au lieu de mettre ce pays à genoux ?"

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"Au XXe siècle, Berlin a été le roi de la dette"

http://www.courrierinternational.com/article/2011/06/30/au-xxe-siecle-berlin-a-ete-le-roi-de-la-dette

L’Allemagne s’est trouvée trois fois en faillite. Si elle a pu se relever, c’est entre autres au détriment de la Grèce, expliquait l’historien de l’économie Albrecht Ritschl en 2011 dans un entretien avec l'hebdomadaire de Hambourg.

L’Allemagne joue les donneuses de leçons sur la question de savoir s’il convient d’accorder de nouvelles aides à la Grèce. Le gouvernement se montre inflexible sur le mode : “Vous n’aurez de l’argent que si vous faites ce que nous vous demandons.” Cette attitude est-elle justifiée ?

Non, absolument pas. Dans toute l’histoire récente, c’est l’Allemagne qui a connu les pires faillites d’Etat, au XXe siècle. Sa stabilité financière et son statut de bon élève de l’Europe, la République fédérale les doit uniquement aux Etats-Unis, qui, aussi bien après la Première Guerre mondiale qu’après la Seconde, ont renoncé à des sommes considérables. Malheureusement, on a un peu trop tendance à l’oublier.

Que s’est-il passé exactement ?

Entre 1924 et 1929, la république de Weimar a vécu à crédit et a même emprunté auprès des Etats-Unis l’argent dont elle avait besoin pour payer les réparations de la Première Guerre mondiale. Cette pyramide s’est effondrée pendant la crise de 1931. Il n’y avait plus d’argent. Les dégâts ont été considérables aux Etats-Unis et l’effet a été dévastateur sur l’économie mondiale.

Il s’est produit la même chose après la Seconde Guerre mondiale.
Sauf que les Etats-Unis ont veillé à ce que l’on n’exige plus de l’Allemagne des réparations aussi exorbitantes. A quelques exceptions près, toutes les demandes ont été renvoyées à une future réunification des deux Allemagnes. C’est véritablement ce qui a sauvé l’Allemagne, cela a été le fondement du miracle économique qui a commencé dans les années 1950. Mais les victimes de l’occupation allemande ont dû renoncer aux réparations, y compris les Grecs.

Quelle a été l’ampleur des défauts de paiement de l’Etat allemand ?
Si l’on prend la puissance économique des Etats-Unis comme point de référence, le défaut allemand des années 1930 a eu autant d’impact que la crise financière de 2008. En comparaison, le problème de la Grèce est minime. Seul le risque de contagion à d’autres pays de la zone euro pose problème.

La République fédérale passe pour être un modèle de stabilité. Combien de fois l’Allemagne a-t-elle fait faillite, au total ?Cela dépend du mode de calcul. Rien qu’au cours du siècle dernier, au moins trois fois. Après les premiers défauts de paiement, dans les années 1930, les Etats-Unis ont consenti une remise de dette considérable à la République fédérale, en 1953. A partir de là, l’Allemagne s’est portée comme un charme pendant que le reste de l’Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l’occupation allemande. Même en 1990, le pays s’est retrouvé en situation de non-paiement.

Pardon ? Un défaut ?

Oui, le chancelier d’alors, Helmut Kohl, a refusé d’appliquer l’Accord de Londres de 1953 sur les dettes extérieures de l’Allemagne, qui disposait que les réparations destinées à rembourser les dégâts causés pendant la Seconde Guerre mondiale devaient être versées en cas de réunification. Quelques acomptes ont été versés. Mais il s’agissait de sommes minimes. L’Allemagne n’a pas réglé ses réparations après 1990 – à l’exception des indemnités versées aux travailleurs forcés. Les crédits prélevés de force dans les pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale et les frais liés à l’occupation n’ont pas non plus été remboursés. A la Grèce non plus.

Contrairement à 1953, il s’agit moins aujourd’hui d’accorder une remise de dette à la Grèce que d’étirer l’échéancier du remboursement. Peut-on dire que le pays est menacé de faillite ?

Absolument. Un pays peut faire faillite même s’il n’est pas complètement fauché. Tout comme en Allemagne dans les années 1950, il serait illusoire de croire que les Grecs pourront s’acquitter seuls de leur dette. Aujourd’hui, il faut fixer le volume des pertes auxquelles doivent consentir les créanciers de la Grèce. Et, surtout, il s’agit de savoir qui va payer.

Et le premier des payeurs devrait être l’Allemagne…

En résumé, oui. Nous avons été très inconséquents – et nos industries exportatrices s’en sont bien trouvées. Personne en Grèce n’a oublié que la République fédérale devait sa bonne forme économique aux faveurs consenties par d’autres nations. Les Grecs sont parfaitement au courant des articles hostiles à leur égard parus dans les médias allemands. Si le vent tourne dans le pays, de vieilles revendications liées aux réparations de guerre pourraient refaire surface, y compris dans d’autres pays européens. Et si l’Allemagne se trouve contrainte de les honorer, nous y laisserons notre chemise. En comparaison, le renflouement de la Grèce est plutôt une bonne nouvelle. Si nous écoutons les boniments dont on nous abreuve et si nous continuons à jouer les grippe-sous, le cigare aux lèvres, nous sommes condamnés tôt ou tard à voir resurgir de vieilles ardoises.

Quelle solution serait actuellement préférable pour la Grèce – et l’Allemagne ?
Les faillites qu’a essuyées l’Allemagne au siècle dernier nous enseignent que le plus raisonnable serait de consentir une remise de dette généreuse. Ceux qui ont prêté de l’argent à la Grèce seraient alors contraints de renoncer à une bonne part de leurs créances. Certaines banques n’y survivraient pas, et il faudrait alors mettre sur pied de nouveaux programmes d’aide. Cela pourrait revenir cher à l’Allemagne, mais, d’une manière ou d’une autre, il nous faudra mettre la main à la poche. Et puis la Grèce se verrait ainsi donner une chance de prendre un nouveau départ.

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 15:04

Histoire récente et présente de la Grèce. Situation de la population grecque. Analyse et enjeux des négociations sur la dette. L’avenir des peuples européens se joue en Grèce. …..

Un entretien à ne pas louper. 28’ pour faire le point et comprendre.

https://www.youtube.com/watch?v=s-3peOXiY98

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 16:46

Publié dans Geopolis-Francetvinfo(1), le discours par Yanis Varoufakis tenu devant l’Eurogroupe. «Le seul antidote à la propagande et aux "fuites" malveillantes est la transparence. Après tant de désinformation sur ma présentation à l'Eurogroupe de la position du gouvernement grec, la seule réponse est d'afficher les mots précis qui ont été prononcés. Lisez-les et jugez par vous-mêmes si les propositions du gouvernement grec constituent une base pour un accord», écrit Yannis sur son site.

Les citoyens européens attendent de l’Eurogroupe qu’il fasse preuve d’autant de transparence.

La lecture de l’article ci-dessous est vivement recommandée à ceux qui ont une vague idée de la situation en Grèce. Les chiffres sont parfois plus éloquents que du baratin.

Exergue

  1. http://geopolis.francetvinfo.fr/grece-nous-sommes-proches-de-limpasse-explique-yannis-varoufakis-66269

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Par Pierre Magnan | Publié le 19/06/2015 à 16H43, mis à jour le 19/06/2015 à 16H43

Le psychodrame entre l'Europe et le FMI d'une part et la Grèce d'autre part, bat son plein. Toujours difficile de savoir ce qui se dit lors des sommets européens. Le ministre grec de l'économie Yannis Varoufakis a publié sur son site son discours du 18 juin devant ses pairs européens. Une démarche rare. Une façon de mieux connaître les lignes de fracture entre les deux positions. Verbatim.


Les discussions et les arguments échangés lors des sommets européens ne sont pas publics. D'où la difficulté de savoir ce qui se dit réellement. Le très médiatique ministre de l'Economie grec, Yannis Varoufakis, a donc décidé de publier son discours tenu lors du sommet du 18 juin 2015, qui s'est terminé sans décision, si ce n'est d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, le 21 juin.

«Le seul antidote à la propagande et aux "fuites" malveillantes est la transparence. Après tant de désinformation sur ma présentation à l'Eurogroupe de la position du gouvernement grec, la seule réponse est d'afficher les mots précis qui ont été prononcés. Lisez-les et jugez par vous-mêmes si les propositions du gouvernement grec constituent une base pour un accord», écrit Yannis Varoufakis sur son site.

***
Le discours


«Les propositions grecques pour mettre fin à la crise. Mon intervention devant l'Eurogroupe»


«Chers collègues,

Il y a cinq mois, dans ma première intervention devant l'Eurogroupe, je vous indiquais que le nouveau gouvernement grec faisait face à une double tâche: conserver la confiance des Européens et engager un plan crédible de réformes (...).

Mais nous devons aussi conserver la confiance du peuple grec. Pour cela, il faut que
-ce plan soir le dernier,

-qu’il mette fin à six ans de récession ininterrompue,

-ne pas frapper les pauvres sauvagement comme les plans précédents,

-rendre notre dette soutenable, créant de réelles perspectives de retour de la Grèce sur les marches monétaires, en mettant fin à notre indigne dépendance aux prêts de nos partenaires.

Cinq mois se sont écoulés, la fin de la route est proche, mais ce difficile équilibre a échoué à se concrétiser. Oui, à Bruxelles, nous étions proches. Proches comment? Sur le plan budgétaire, nous étions réellement proches. Spécialement pour 2015. Pour 2016, l’écart reste de 0,5% du PIB. Nous avons proposé des mesures sur 2%, contre 2,5% pour les institutions européennes. Cet écart de 0,5%, nous avons proposé de le couvrir par des mesures administratives. Ce serait, je vous le dit, une erreur majeure de permettre qu’une divergence si mineure puisse provoquer des dégâts majeurs pour l’intégrité de la zone euro. Il y avait accord sur de nombreux points.


Néanmoins, je ne vais pas nier que nos propositions n’ont pas créé chez vous la confiance nécessaire. Et en même temps, les propositions des institutions européennes transmises à M.Tsipras par M.Juncker ne peuvent engendrer l’espoir que nos concitoyens attendent. Ainsi, nous sommes proches de l’impasse.

A la 11e heure, en l’état des négociations, avant que des événements incontrôlables n’interviennent, nous avons un devoir moral, sans parler d'un devoir politique et même économique, à surmonter cette impasse. Ce n’est plus l’heure des récriminations et des accusations. Les citoyens européens nous tiendront tous collectivement responsables si on ne trouve pas une solution viable.

«Que la Grèce ait besoin d’ajustements, pas de doute»


Même si certains, égarés par les affirmations qu'une sortie de la Grèce ne serait pas si terrible ou même que cela serait bon pour la zone euro, se sont résignés à un tel événement, ce serait un événement aux conséquences destructrices que nul ne peut apprivoiser. Les citoyens de toute l'Europe n’accuseront pas les institutions mais leurs ministres des Finances élus, leurs Premier ministres et présidents. Après tout, ils nous ont élus pour promouvoir la prospérité commune de l'Europe et éviter les pièges qui peuvent nuire à l'Europe.


Notre mandat politique est de trouver un honorable compromis viable. Est-il si difficile de le faire? Nous ne le pensons pas. Il ya quelques jours, Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI a publié un article intitulé Grèce: un accord crédible exigera des décisions difficiles de toutes les parties. Il a raison, les trois maîtres mots étant «par toutes les parties». M.Blanchard a ajouté que, «au cœur des négociations, il y a une question simple. Quels ajustements doivent être faits par la Grèce et quels ajustements doivent être faits par ses créanciers officiels?»

Que la Grèce ait besoin d’ajustements, pas de doute. Mais la question n’est pas de combien ils doivent se faire, mais plutôt sur quels points. Si par «ajustements», nous entendons consolidation budgétaire, baisses de salaires et de retraites, et hausses de taux d'imposition, il est clair que nous avons fait plus que tout autre pays en temps de paix:

-le déficit budgétaire s’est transformé en surplus budgétaire avec un record mondial d’ajustement de 20%,

-les salaires ont baissé de 37%,

-les pensions ont été réduites de 48%,

-l'emploi de l'Etat a diminué de 30%,

-les dépenses de consommation ont été réduites de 33%,

-le déficit chronique du compte courant de la nation a chuté de 16%.


«Le taux de chômage est monté en flèche à 27%»

Personne ne peut dire que la Grèce n'a pas fait les ajustements liés aux circonstances de l’après-2008. Mais ce que nous pouvons dire, c’est que ces ajustements énormes, qu’ils soient nécessaires ou pas, ont produit plus de problèmes qu'il n'en ont résolu:

-le PIB réel global a chuté de 27% alors que le PIB nominal a continué de baisser trimestre après trimestre pendant18 trimestres consécutifs,

-le taux de chômage est monté en flèche à 27%,

-le travail non déclaré a atteint 34%,

-les prêts douteux des banques atteignent 40%,

-la dette publique a dépassé 180% du PIB,

-les jeunes diplômés quittent la Grèce en masse,

-la pauvreté, la faim et la privation d'énergie ont enregistré des augmentations habituellement associés à un état en guerre,

-l'investissement dans la capacité de production s’est évaporé.


Ainsi, à la première partie de la question du Dr Blanchard «A quel niveau, la Grèce doit faire son ajustement?» il faut répondre: la Grèce a besoin de beaucoup d'ajustements. Mais pas de la même nature que ceux que nous avons eus dans le passé. Nous avons besoin de plus de réformes et non de plus de réductions. Par exemple,

-nous devons avoir une nouvelle culture fiscale et non une hausse des taux de TVA qui renforcent l'incitation à tricher et rendent les citoyens respectueux des lois plus pauvres,

-nous devons rendre le système de retraites viable en éradiquant le travail non déclaré et en minimisant les retraites anticipées, en éliminant la fraude des fonds de pension, en stimulant l'emploi – pas par l'élimination de la tranche de la solidarité la plus basse que les institutions ont exigé, poussant ainsi le les plus pauvres des pauvres dans la plus grande misère, provoquant une hostilité populaire contre tout nouvel ensemble de réformes.


Dans notre programme, nous proposons aux institutions (européennes) :

-un vaste (mais optimisé) programme de privatisations couvrant la période 2015-2025,

-la création d'une administration des impôts et des douanes totalement indépendante (sous l'égide et la supervision du Parlement),

-un Conseil fiscal qui supervise le budget de l'Etat,

-un programme à court terme pour limiter les saisies et la gestion de prêts non performants,

-une réforme des codes de procédures judiciaires et civiles,

-une libéralisation de plusieurs marchés de produits et services (avec des protections pour les professions de la classe moyenne qui font partie intégrante du tissu social de la société),

-des réformes de l'administration publique (l'introduction des systèmes d'évaluation du personnel, en réduisant les coûts non salariaux, la modernisation et l'unification de la masse salariale du secteur public).


En plus de ces réformes, les autorités grecques ont engagé l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour aider Athènes à mettre en œuvre et suivre une deuxième série de réformes. Hier, j’ai rencontré son Secrétaire général, Angel Gurria, et son équipe pour annoncer ce programme de réformes conjointes, avec une feuille de route spécifique:

-une importante campagne anti-corruption et les institutions compétentes pour la soutenir, en particulier dans le domaine des marchés,

-libéralisation des secteurs de la construction, y compris le marché et les normes de construction,

-libéralisation du commerce de gros,

-un code des pratiques pour les médias électroniques et la presse,

-suppression des obstacles bureaucratiques pour le business en Grèce,

-une réforme du système de retraite, où l'accent est mis sur un équilibre à long terme et l'élimination progressive des retraites anticipées, la réduction des coûts de fonctionnement des fonds de pension plutôt que de simples coupes dans les retraites.

Oui, chers collègues, les Grecs doivent continuer à réformer. Nous avons désespérément besoin de profondes réformes. Mais, je vous exhorte de prendre au sérieux la différence entre:

-une réforme qui attaque les comportements parasitaires, la recherche du profit et...

-le changement qui entraîne une hausse des impôts et réduit les revenus des plus faibles.

«Un million de familles survivent aujourd'hui sur la maigre pension d'un grand-père»
Beaucoup a été dit et écrit sur notre «retour en arrière» sur la réforme du marché du travail et de notre détermination à réintroduire la protection des travailleurs salariés par le biais des conventions collectives. Est-ce une obsession de gauche qui en compromet l'efficacité? Non, chers collègues. Prenez par exemple la situation des jeunes travailleurs dans plusieurs chaînes de magasins qui perdaient leur travail à l’approche de leur 24e anniversaire de sorte que l'employeur embauche des travailleurs plus jeunes à leur place pour éviter de payer le salaire minimum normal, plus faible pour les employés de moins de 24 ans (…). Sans la négociation collective, ces abus abondent avec des effets néfastes sur la concurrence (comme les employeurs décents sont désavantagés par rapport à des employeurs sans scrupules), mais aussi avec des effets néfastes sur les caisses de retraite et les recettes publiques. Croit-on sérieusement que l'introduction de la négociation collective, en collaboration avec l'OIT et l'OCDE, constitue une «inversion de la réforme», un exemple de «retour en arrière»?

L’accusation sur notre retour en arrière sur la réforme des retraites est que nous avons suspendu une réduction supplémentaire des pensions qui ont déjà perdu 40% alors que les prix des biens n’ont pas bougé. Considérez ce fait relativement méconnu: environ un million de familles survivent aujourd'hui sur la maigre pension d'un grand-père ou d'une grand-mère alors que le reste des membres de la famille sont au chômage dans un pays où seulement 9% des chômeurs reçoivent une allocation chômage.

Voilà pourquoi nous continuons à dire aux institutions que oui nous avons besoin d’une réforme des retraites mais non vous ne pouvez couper les retraites à hauteur de 1% du PIB sans causer une misère massive et une récession de 1,8 milliard aggravée par un important multiplicateur de 1,5. Si des pensions importantes existent toujours, dont le plafonnement serait utile, nous le ferons. Mais cela reste marginal. C’est pour cela, je suppose, que les institutions nous demandent de supprimer les pensions de solidarité pour les plus pauvres. Et c’est pour cela que nous faisons des contre-propositions pour une réduction drastique des retraites anticipées et du travail dissimulé.

Les réformes structurelles disposent d’un fort potentiel de croissance. Mais des économies dans un pays comme la Grèce entraînent la récession. La Grèce doit mettre en place des réformes adaptées. Mais en même temps, pour revenir aux propos de M.Blanchard, les institutions doivent ajuster leur définition de réformes favorisant la croissance, et reconnaître que des économies et des hausses d’impôts sont des réformes qui, en Grèce, ont nui à la croissance.

Nos collègues ont indiqué dans le passé, et peuvent toujours le faire, que nos retraites sont trop élevées par rapport à leurs personnes âgées et qu'il est inacceptable que le gouvernement grec puisse penser qu’ils vont payer nos pensions. Permettez-moi d'être clair à ce sujet: nous ne sommes jamais allés vous demander de subventionner notre Etat, nos salaires, nos retraites, notre dépense publique. L'Etat grec vit selon ses moyens. Au cours des cinq derniers mois, nous avons même réussi, malgré un accès au marché égal à zéro et zéro décaissement, à rembourser nos créanciers. Nous avons l'intention de continuer à le faire.

Je comprends qu'ils s’inquiètent que notre gouvernement puissent à nouveau tomber dans un déficit primaire et que c’est pourquoi les institutions (Europe, FMI, NDLR) nous pressent d'accepter de fortes augmentations de la TVA et des coupes dans les retraites. Alors que l’annonce d’un accord viable suffirait à stimuler notre économie pour provoquer un excédent primaire, je comprends que nos créanciers peuvent avoir des raisons d’être sceptiques. C’est pourquoi nous devons avoir des «mesures vraiment crédibles».

Au lieu de débattre sur des mesures portant sur 0,5%, que diriez-vous d’une réforme permanente, globale et profonde ? Un frein anti-déficits surveillé par un Conseil indépendant? Ce conseil surveillerait l’exécution budgétaire sur une base hebdomadaire et pourrait émettre des avertissements si la cible d’excédent primaire n’est pas respectée et même prendre des décisions sur les dépenses. De cette façon, un système à sécurité intégrée serait en place qui assure la solvabilité de l'Etat grec tandis que le gouvernement grec conserverait l'espace politique dont il a besoin pour rester souverain et capable de gouverner dans un contexte démocratique. Considérez ceci comme une proposition ferme que notre gouvernement mettra en œuvre immédiatement après un accord.

Etant donné que notre gouvernement n’empruntera plus à vos contribuables, il n’y a pas de raison de débattre sur qui sont les retraités les plus pauvres. Au lieu de cela, le débat se déplacerait sur le remboursement de la dette. Quelle sera l’importance de nos excédents primaires? Croit-on sérieusement que le taux de croissance est indépendant de ce chiffre d’excédents? Le FMI comprend parfaitement que les deux chiffres sont liés.

(…) Notre dette pèse sur l’investissement et notre reprise (…). Il ya une ironie cruelle dans le fait que le pays le plus affligés par la déflation (la Grèce, NDLR) est celui qui est exclu de la politique anti-déflation de la BCE (à cause d’une dette de 27 milliards auprès de la BCE, NDLR).


Notre proposition sur ce point est simple, efficace et mutuellement bénéfique. Nous ne demandons pas de nouvelles sommes d'argent, pas un euro frais, pour notre Etat. Imaginez l'accord tripartite suivant qui serait annoncé dans les prochains jours:

Partie 1: Des réformes en profondeur, y compris le systèpe de frein automatique anti-déficit que j'ai mentionné.

Partie 2: Une rationalisation du calendrier de remboursement de la dette de la Grèce avec un nouveau prêt du MES (Mécanisme européen de stabilité, pour rembourser des obligations précédentes avec des réformes profondes NDLR) (…).

Partie 3: Un programme d'investissements pour relancer l'économie grecque financé par le plan Juncker, la Banque européenne d'investissement – avec lesquels nous sommes déjà en discussions – la BERD et d'autres partenaires qui seront invités à participer également à notre programme de privatisation et l'établissement d'une Banque de développement qui vise à développer, réformer.

Quelqu'un peut-il vraiment douter que ce plan en trois parties ne changerait pas radicalement l'ambiance, n’inciterait pas les Grecs à travailler dur dans l'espoir d'un avenir meilleur, et faire venir les investisseurs dans un pays dont les prix des actifs ont baissé de façon spectaculaire, et donner confiance aux Européens que l'Europe peut, même à la 11e heure, faire ce qu’il faut?

Chers collègues, à ce stade, il est trop facile de penser que rien ne peut être fait. Ne tombons pas dans cet état d'esprit. Nous pouvons forger un bon accord. Notre gouvernement est debout, avec les idées et la détermination à cultiver les deux formes de la confiance nécessaires pour mettre fin à la tragédie grecque: votre confiance en nous et la confiance de notre peuple dans la capacité de l'Europe à produire des politiques qui travaillent pour, et non contre, eux.»

(Les intertitres sont de la rédaction)

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 11:24

Suite au premier lien (vidéo) sur l’intervention proposée en titre font suite d’autres liens qui permettent d’ajouter à la compréhension.

Le sentiment qui prévaut à l’écoute et à la lecture de ces documents, si on ne l’avait pas avant, est que le système mafieux s’est emparé des institutions et que bon nombre des individus, qui sont aux manettes de la politique - et donc qui nous gouvernent - de l’économie et de la finance, ne sont rien de moins que des escrocs. En conséquence, il est temps pour les peuples de se réveiller et de faire le ménage.

Ceci étant dit, et au regard, l’idée doit germer que ceux qui se sont comportés en mafieux doivent être traduits devant les tribunaux, sans cela on ne voit pas comment d’autres ne recommenceraient pas en une autre occasion. Ajoutons qu’il est des institutions européennes et internationales mondiales qu’il est urgent de voir disparaître comme jadis fut démantelée la SDN obsolète qui n’avait à se reprocher que son impuissance.

Exergue

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http://www.zintv.org/Intervention-d-Eric-Toussaint-a

http://syriza-fr.org/2015/06/18/synthese-du-rapport-de-la-commission-pour-la-verite-sur-la-dette-grecque/

http://www.okeanews.fr/20150617-la-dette-grecque-illegale-illegitime-et-odieuse-selon-le-rapport-preliminaire-du-comite-sur-la-dette

http://www.okeanews.fr/20150617-dette-illegale-les-resultats-renforcent-la-position-de-la-grece-dans-les-negociations

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 09:14

« Ils veulent apparemment envoyer un message clair tant au peuple grec qu’aux autres peuples européens, à savoir que la volonté populaire ne peut pas changer les choses, et que la loi et la valeur dominante dans l’Europe actuelle n’est pas la démocratie, mais un économisme néolibéral cruel et socialement injuste » A. Tsipras

Exergue

http://syriza-fr.org/2015/06/18/extraits-du-discours-da-tsipras-devant-le-groupe-parlementaire-de-syriza/


Athènes 16/06/2015

Camarades,

L’attachement obstiné des institutions à un programme de coupes qui a visiblement échoué et leur insistance à proposer des mesures qu’elles savent inacceptables ne peuvent pas relever d’une simple erreur ou d’un zèle excessif.
Le plus probable est qu’elles servent des desseins politiques avec pour projet d’humilier non seulement le gouvernement grec mais aussi tout un peuple qui a trop souffert ces quatre-cinq dernières années alors même qu’il n’était pas responsable.

Ils veulent apparemment envoyer un message clair tant au peuple grec qu’aux autres peuples européens, à savoir que la volonté populaire ne peut pas changer les choses, et que la loi et la valeur dominante dans l’Europe actuelle n’est pas la démocratie, mais un économisme néolibéral cruel et socialement injuste.

[…]

Il s’agit plutôt d’une démonstration de force, destinée à tuer dans l’œuf toute tentative de mettre fin à l’austérité, toute tentative de construire un modèle économique et social qui donne la priorité aux intérêts et aux besoins de la majorité sociale.

Et cela ne concerne pas seulement la Grèce, mais l’Europe, l’avenir de l’Europe, et de tous les peuples européens.

La tactique de l’étranglement financier choisie par la BCE depuis début février contre la Grèce en est une preuve supplémentaire.

Parce que, malgré le fait que, depuis le 20 février, l’économie grecque se trouve dans le cadre d’un programme et que par conséquent les conditions formelles et juridiques sont remplies pour suspendre les limitations concernant la participation des banques grecques aux marchés des bons du Trésor, nous voyons que la banque centrale insiste sur une ligne d’étranglement économique.

Est-ce une tactique logique et démocratique dans le cadre d’une négociation entre partenaires au sein de l’Union européenne et de la zone euro?
Est ce une tactique qui peut rendre fiers l’Europe et les citoyens de l’Europe qui ont cru aux valeurs et aux idéaux de l’intégration européenne, aux idéaux de la solidarité, de la démocratie?

Camarades,
Je crois fermement que, malgré le fracas des déclarations agressives de ces derniers jours, il y a encore des forces en Europe qui n’approuvent pas cette tactique, qui reconnaissent les erreurs et qui comprennent la gravité de la situation.
Il y a des forces qui travaillent en vue de trouver une solution équitable.

Ce sont ces forces qui devraient l’emporter sur ceux qui choisissent la stratégie de la tension, les menaces et l’installation d’un climat de guerre froide.
Mais pour cela il faut que les institutions adoptent une position concrète qui ne consiste pas à la simple synthèse des positions les plus extrêmes.

Parce que la proposition actuelle des institutions n’est qu’un abrégé des mesures sévères du FMI et du refus européen de tout débat sur la viabilité de la dette grecque.
Et c’est ainsi que nous aboutissons à des propositions qui manquent de logique avec des mesures qui conduisent au retour de la récession et à l’aggravation des inégalités, tandis que la cécité délibérée face au problème de l’insoutenabilité de la dette conduit à la prolongation de l’incertitude pour l’avenir non seulement de la Grèce mais aussi de la zone euro.

Finalement ce que l’on nous demande c’est d’accepter un accord qui non seulement ne résoudra pas le problème mais replongera une économie prête à reprendre son cours normal, après cinq ans d’austérité et de récession, dans cette même spirale d’incertitude en dissuadant toute volonté d’investissement dans notre pays.

Si donc l’objectif est la poursuite d’un programme conçu par le FMI, alors même que tout le monde reconnaît qu’il a échoué, et qui plus est sans aucun ajustement de la dette, dans ce cas ni le Parlement ni le gouvernement n’ont plus aucune marge de décision.

Et nous, nous sommes tout simplement obligés de faire notre devoir, de ne pas succomber aux pressions et aux chantages, de refuser des mesures qui ne présagent aucun résultat, aucune solution visible.

A ce stade, il faut que nos partenaires parlent clairement. Veulent-ils une solution au problème grec ou veulent-ils sa perpétuation? S’ils veulent que le FMI fasse partie de l’accord avec ses recettes qui ont prouvé leur insuccès, ils doivent dans ce cas accepter toutes ses propositions. Non seulement les mesures sévères mais aussi la réduction de la dette exigée par lui.

Au demeurant, n’oublions pas que le FMI n’est pas tout juste arrivé en Grèce: après cinq ans de ses mesures, il a une responsabilité criminelle par rapport à l’état actuel du pays. C’était le FMI qui a fait une erreur, qu’il a lui-même reconnue, sur les multiplicateurs du calcul de la récession. Il a présenté ses excuses, mais ses excuses n’ont pas aidé les gens qui ont perdu leur emploi à retrouver une vie normale, ni à nourrir les milliers de pauvres et d’exclus sociaux. Ses excuses n’ont ni augmenté les pensions ni rouvert les milliers de petites entreprises qui ont fermé. C’était un simple aveu cynique de technocrates, sans aucune incidence dans la pratique.

Mais le temps est venu de juger les interventions du FMI. Et il doit être jugé publiquement. Non pas par nous, mais par l’Europe elle-même, par les forces qui continuent à parler de solidarité et de démocratie. Le temps est venu pour l’Europe de discuter sérieusement non pas pour l’avenir de la Grèce, mais pour l’avenir de la zone euro elle-même.

Elle doit décider si elle préfère soumettre un pays et un peuple à l’humiliation et à l’appauvrissement ou trouver les mesures appropriées en consolidant la démocratie et la solidarité. Ceci est maintenant le grand dilemme de l’Europe. Telle est la question cruciale qui cherche sa réponse.

Je suis certain que l’historien du futur reconnaîtra que la petite Grèce avec ses petites forces, donne aujourd’hui une bataille sublime qui dépasse ses forces non seulement en son propre nom mais au nom de tous les peuples européens pour une nouvelle direction du projet européen.

Camarades,

Comme nous l’avons dit et prouvé activement et à plusieurs reprises, nous continuerons jusqu’à la fin à travailler calmement, sereinement, mais aussi avec beaucoup de détermination pour trouver une solution, et pas seulement un accord. Le plus facile pour nous serait de faire la même chose que nos prédécesseurs. Nous aurions pu signer ce qui nous a été demandé. Nous serions alors parvenu à un accord très rapidement. Mais nous n’aurions pas résolu le problème. Nous allons donc continuer à travailler en vue d’une solution.

Le mandat que nous avons reçu du peuple grec est clair sans aucune ambiguïté. C’est un ordre: mettre fin à la politique d’austérité qui, appliquée pendant cinq ans, a augmenté les inégalités sociales.

Pour y parvenir, nous devons rechercher un accord qui redistribue les charges équitablement, qui ne porte pas préjudice aux salariés et aux retraités et qui oblige ceux qui n’ont pas payé leur part de la sortie de la crise, à le faire.

Cet accord devra aussi mettre fin à l’incertitude, en mettant un terme définitif au débat sur le Grexit, avec des clauses concrètes et contraignantes pour régler les problèmes économiques du pays qui se sont aggravés pendant les cinq ans des mémorandums imposés par les institutions.

Camarades,

Nos décisions finales seront prises sur la base de ces critères.
Parce que je le répète nous restons sereins et nous ne cédons pas à la pression du moment. Et les dilemmes exorbitants nous laissent insensibles.

Nous avons un mandat de quatre ans. Nous examinons tous les scénarios alternatifs à la perspective de l’évolution du pays pendant les quatre ans qui vont suivre. Nous avons hérité un pays qui, malheureusement, s’était transformé en colonie de la dette.

Nous nous sommes fixés l’objectif de réduire les inégalités sociales, d’éradiquer l’évasion fiscale et de débarrasser l’administration grecque des réseaux de la corruption et de l’illégalité qui s’y sont installés.

Bâtir une société qui respecte les principes de l’égalité et du partage équitable des charges. Une économie prospère qui garantit le bien être de l’ensemble de la population. Un nouveau modèle social et économique favorable et stimulant pour les travailleurs et les jeunes.

Ceci est notre pari. Un pari dont la réussite dépendra du soutien du peuple grec. Soutien que nous avons, et que nous continuerons à avoir tant que nous défendrons énergiquement ses propres intérêts.

Camarades,

Nous entrons dans la dernière ligne droite. C’est maintenant que commence véritablement la négociation. Tout se joue sur notre attachement inébranlable à nos objectifs et sur la capacité de l’Europe à se ressaisir en mettant en avant les valeurs de la solidarité et de la démocratie et en évitant de se tirer une balle dans les pieds. Je suis confiant dans le fait qu’elle s’en montrera capable.

Car il ne s’agit pas seulement d’un défi pour la Grèce mais aussi pour les peuples européens, pour construire une Europe démocratique et solidaire et non rancunière et punitive.

Nous y arriverons grâce à notre détermination de respecter le mandat populaire, avec les luttes de notre peuple et des peuples d’Europe.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 13:49

Ci-dessous, extrait du blog de J-L Mélenchon, l’histoire et l’analyse politique du conflit qui oppose l’Europe libérale et la Grèce. A lire et relire pour par, delà la situation faite aux grecs, mesurer les enjeux et les conséquences, et pour eux et pour nous.

Pour ceux qui voudraient poursuivre la lecture du blog il est aussi question du dépôt annoncé d’un projet de loi constitutionnelle pour autoriser la ratification de la Charte européenne des langues régionales ce qui aurait pour effet de remettre en cause l’unité républicaine.

Exergue

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http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/06/09/lunion-europeenne-prise-a-son-propre-piege-grec/#more-22461

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Tsipras joue fin et bien. L’Union européenne entre dans une grande zone de turbulences du fait de la sottise de ceux qui la dirigent de façon si grossière et brutale. Je détaille ma façon de lire la séquence en cours.

Magnifique semaine européenne. Tsipras joue bien et fin. Les matamores de l’Union européenne et les faces de pierre de la Troïka se sont pris à leur propre piège. On les voit une fois de plus piétiner eux-mêmes les absurdes traités européens en se réunissant à quelques-uns avec le banquier central européen alors qu’une telle concertation est formellement interdite par les traités. Ils sont dans la nasse. La crise qu’ils ont provoquée par leur intransigeance menace de leur exploser à la face ! D’un côté ils refusent de relâcher leurs exigences barbares. Car c’est bien de cela dont il est question. Relever la TVA à 23% dans un pays en état de sous-consommation vertigineux de pauvreté de masse est une exigence barbare. Retarder l’âge de départ à la retraite et l’accès aux retraites complémentaires dans un pays ou les retraités sont les soutiens de familles entières, c’est barbare. Et ainsi de suite.

Car telles sont bien les violences que « l’Europe qui protège » veut infliger aux Grecs en plus de toutes leurs souffrances actuelles ! Mais de l’autre côté, Tsipras refuse de leur céder. Alors ? De quel côté est la dissuasion nucléaire ? Ah ! Ah ! Du côté de Tsipras évidemment. Car l’Union européenne n’a pas les moyens d’éjecter la Grèce de la zone euro ! La banqueroute qui en résulterait obligerait immédiatement à payer les engagements du mécanisme européen de stabilité (MESF). Le truc voté pendant la présidentielle de 2012 par le PS et l’UMP en plein débat sur la viande hallal (merci à France 2 pour avoir été l’agent actif de cet enfumage magistral !). Alors, ce serait ruineux pour qui, je vous prie ? Oui, ruineux pour qui ? C’est trop drôle. Et de surcroît, la monnaie européenne serait totalement ébranlée au point de menacer l’équilibre de toute la zone euro. À quoi s’ajouterait une onde de choc sur le marché mondial gigantesque. Qui sera ruiné ? Pas la Grèce. Elle l’est déjà ! Ici se vérifie l’hypothèse que je n’ai cessé de rappeler : dans le rapport de force entre créancier et débiteur, la faiblesse du créancier augmente avec la masse de sa créance. Obama s’en rend compte à présent. Il demande aux européens de surveiller leurs actes et de ne pas augmenter la volatilité du marché financier. Il faudra passer la consigne au FMI et madame Lagarde, cher Barack ! Je vais y venir.

Pour l’instant, comme je l’ai déjà dit ici, à la fin, le peuple grec reste groupé parce que son gouvernement ne le trahit pas. A l’inverse le camp adverse se désunit et se dispute sur la façon d’agir. Il faut intégrer le fait que le front des durs n’a jamais été homogène et ne peux pas l’être tant les intérêts particuliers qui le composent sont divers et divergents et tant les appréciations sont controversées entre chacun. Tant que tout le monde cédait, la ligne dure pouvait gagner sans problème. Tout le monde suivait puisque ça marchait. Mais depuis que ça ne marche plus… la discussion est ouverte.

Le problème posé est entièrement politique. Exclusivement. Sur le plan technique, il n’y a aucune difficulté à effacer la dette grecque par des moyens de procédure comptable. Exemple : étaler la dette grecque sur cent ans ! A 1% d’inflation par an, elle a fondu à la fin. En reportant les dates de paiements, on facilite encore la manœuvre. Pendant ce temps, les titres restent inscrits dans les bilans à leur valeur faciale et tout reste en ordre puisque personne ne perd rien. Surtout que 80% de la dette grecque est en main des organismes publics dorénavant. C’est un exemple et rien de plus. Mais cela montre que la question n’est pas technique. Elle est politique. Si cela est fait pour la Grèce, alors pourquoi pas pour les autres ? Autrement dit, tout le système de l’ordolibéralisme s’effondre. Les traités budgétaires deviennent des chiffons de papier, le blabla austéritaire s’enroue. Et ainsi de suite.

A mes yeux, le plus frappant est l’incohérence grandissante dans le camp des créanciers. Le FMI mène le bal des faucons. Souvenons-nous que c’est madame Merkel qui a demandé et obtenu que le Fonds soit intégré dans la Troïka où, normalement, il n’a rien à faire. Dans le cadre de la pagaille grandissante le FMI est en train de se vriller. Les derniers jours ont confirmé ce que je disais dans ma précédente note à propos du rôle du Fonds Monétaire International dans le cas grec. Avec l’Allemagne de Mme Merkel, le FMI de Christine Lagarde est le principal obstacle à un accord honnête entre le gouvernement grec et ses créanciers. Alors que les créanciers avaient fini par se mettre d’accord entre eux mardi dernier, le FMI a menacé unilatéralement de ne pas assumer sa part de responsabilité en cas d’accord avec le gouvernement grec. Il a menacé de ne pas verser sa part d’aide ! Un nouveau raidissement dans l’intransigeance.

Première intransigeance : le refus de la renégociation de la dette grecque. Certains de mes lecteurs ont attiré mon attention sur le fait que le FMI s’est dit, il y a quelques mois, favorable à une restructuration de la dette grecque. C’est vrai. Mais cela ne doit tromper personne. Premièrement, comme les autres créanciers, le FMI refuse catégoriquement d’ouvrir la discussion sur la restructuration avant le bouclage du programme actuel. Sa promesse n’engage donc que ceux qui la croient. Dans ce domaine, l’expérience est très instructive. Les créanciers ont déjà fait des promesses de ce type sans les tenir. Ainsi avaient ils juré que si la Grèce parvenait équilibrer son budget au point de dégager un excédent avant le paiement annuel de sa dette (cela s’appelle un « excédent primaire »), ils accepteraient de renégocier. Le ministre de droite Samaras y parvint. Aucune renégociation de la dette n’eut pourtant lieu. Deuxièmement, le FMI a évoqué assez vaguement un allongement de la durée de la dette. Mais en aucun cas une annulation, cela va de soi. Mais surtout pas la seule mesure réformiste raisonnable : une indexation des remboursements sur la croissance comme le réclame le gouvernement grec.

La provocation, dans l’histoire, c’est que le FMI envisage de restructurer la dette détenue par la Banque centrale européenne et les États européens. Mais pas celle qu’il détient lui-même ! Chacun pour soi ! Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Or, depuis son élection en janvier dernier, c’est au FMI que le gouvernement Tsipras a versé l’écrasante majorité de ses remboursements. Près de 3 milliards d’euros. Et c’est encore au FMI que sont dus 1,6 milliards d’euros ce mois de juin. Or, la Grèce ne peut pas payer cette somme. Il ne suffirait pas de renégocier les échéances futures auprès de la BCE. Il faut que le FMI accepte la restructuration immédiate de la dette grecque. Or, le dernier épisode montre le contraire. Le FMI a bien accepté que la Grèce regroupe ses 4 échéances du mois de juin en une seule, à la fin du mois. C’est une micro-restructuration en quelque sorte. Mais Mme Lagarde n’y est pour rien. Elle a été mise devant le fait accompli par l’ingéniosité du gouvernement grec. En effet, Tsipras et les siens ont trouvé et exploité une phrase du règlement du FMI qui prévoit une telle action. Mais j’ai lu que Mme Lagarde a découvert la demande grecque et son caractère automatique seulement quelques minutes avant que les dirigeants du FMI n’en soient officiellement saisi. Le site internet boursorama.fr écrit ainsi : « Dans la matinée de jeudi, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, affirmait ainsi ne pas "être informée de ce genre de choses"… quelques minutes seulement avant que le Fonds ne prenne acte de la requête grecque. Le FMI a tenu à préciser que la requête n'avait même pas à être approuvée par ses soins. En clair, le pays demandeur a juste à "informer" le FMI ».

La deuxième intransigeance du FMI porte sur l’exigence d’une nouvelle baisse des pensions de retraites. Mme Lagarde ne cesse d’exiger une nouvelle réforme des retraites incluant des baisses dans les pensions, et un nouveau report de l’âge de la retraite. Le FMI exigerait même la suppression de l’EKAS, une prime versée en complément des retraites inférieures à 700 euros par mois, et qui va 30 à 230 euros par mois, selon les revenus. Le journaliste de France 2, François Beaudonnet, a même affirmé dans le journal de 20h du 3 juin à ce sujet que « le FMI est intraitable ». Et il a précisé « On me raconte qu'à chaque début de réunion avec la Grèce, le FMI dit : “bon alors, cette réforme des retraites’’ » en guise de provocation. Il parait que même le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker serait prêt à lâcher sur les retraites. Mais le FMI impose une ligne dure, empêchant toute discussion constructive. Le Monde du 4 juin écrivait ainsi que « l’institution internationale a contribué à bloquer les négociations sur une liste de réformes contre des prêts supplémentaires à Athènes. Il exigeait encore, le week-end dernier, une réforme des retraites avec des baisses supplémentaires du niveau des pensions ». Quoi ? Les négociations étaient bloquées à cause du FMI ? Mais alors pourquoi accuser sans cesse le gouvernement grec ?

Tsipras et les Grecs ne peuvent accepter une nouvelle baisse des retraites. Le journaliste de Latribune.fr, Romaric Godin, a très bien démontré pourquoi dans un de ses récents articles. Des raisons économiques et sociales évidemment et des raisons politiques. Les retraités grecs ont déjà été saignés avec des baisses massives. Alors que le chômage est massif, particulièrement chez les jeunes, les retraités sont devenus un pilier financier indispensable à la vie quotidienne d’une large part des familles du pays. Couper dans les retraites à nouveau frapperait l’ensemble de la société grecque ! Politiquement enfin, Tsipras a toujours combattu les mesures d’austérité en général et les coupes dans les retraites en particuliers. Et même le gouvernement de droite précédent avait refusé ces coupes. Ce que le FMI exige, c’est ce qu’il n’a pas pu obtenir de la droite grecque ! Accepter ces coupes, serait un suicide économique pour la Grèce et un reniement suicidaire pour Tsipras.

Le FMI sait tout cela. Mais il continue. Par sadisme ? Par dogmatisme idéologique ? Ou par panique ? Il aurait pourtant toute les raisons de faire profil bas. La Grèce aura été un nouveau fiasco pour les docteurs Diafoirus du FMI. Leur cure d’austérité devait remettre le malade sur pied ? C’était la formule de Strauss-Kahn ! Elle a aggravé la crise, fait exploser le chômage, la pauvreté mais aussi la dette ! Echec total ! Les économistes du FMI ont même dû reconnaître, piteux, cet échec. Ils ont avoué avoir sous-estimé l’impact négatif des mesures d’austérité sur l’économie. Il n’y avait pourtant pas besoin d’être un aigle pour s’en douter. L’histoire des années 1930 en Europe et plus récemment en Amérique latine a démontré de manière foudroyante la nullité de ces théories économiques. L’Amérique latine, surtout. La suite de ces sottises était écrite d’avance.

Mais le FMI ne recule pas. Il assume son rôle de gardien des exigences de la finance et des partisans de l’ordolibéralisme. Ce rôle, c’est celui que lui a confié Angela Merkel, la chancelière allemande au début de la crise grecque. En 2010, c’est elle qui a imposé aux autres Européens le recours au FMI. Il parait que Nicolas Sarkozy, alors président français, et Jean-Claude Junker, alors président de l’Eurogroupe étaient contre. Mais ils ont cédé à Mme Merkel. Pourquoi Mme Merkel tenait-elle tant à la présence du FMI ? D’abord sans doute pour intégrer les États-Unis d’Amérique dans la discussion. Car au FMI, les États-Unis, et eux seuls, ont un droit de veto. Et l’alignement de Mme Merkel sur les États-Unis n’est plus à démontrer. Les scandales de l’espionnage de la France par les services secrets allemands au profit des agences de renseignements américaines ont peut-être décillé quelques yeux.

Le blocage en cours c’est, en quelque sorte, une application poussée un peu plus loin de l’ordolibéralisme allemand. Que les peuples et les politiques ne se mêlent pas d’économie. Le FMI, par son statut, est hors de portée de tout changement populaire. C’était donc l’allié parfait. Ce que Le Monde écrit clairement : « le Fonds est aussi régulièrement critiqué à Bruxelles pour son approche, jugée insuffisamment politique et peu adaptée à la réalité de la Grèce. Plus récemment, le fait que le FMI, fin 2014, ait contribué – déjà – à bloquer les négociations qui s’étaient engagées entre [le Premier ministre de droite] Samaras et les créanciers du pays, sur la fin du deuxième plan d’aide à la Grèce, ne passe pas non plus à la Commission européenne. De fait, si un accord avait été trouvé à ce moment-là, le psychodrame de ce printemps n’aurait probablement pas eu lieu ». En 2010, l’arrogant ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble était contre l’appel au FMI, paraît-il. Il souhaitait que le gouvernement allemand garde seul le dernier mot. Mais l’expérience l’a fait changer d’avis. Il a récemment salué le coup de maître de sa cheffe Merkel. C’était dans sa récente et stupéfiante interview aux Echos. Il a dit « j’étais de l’avis que les Européens pourraient régler entre eux. La chancelière était d’un autre point de vue et depuis, les faits lui ont donné raison ». Le FMI remplit son rôle au-delà même des espérances de cet ultra ! Et tant qu’il n’y a pas d’accord sur la fin du programme, il n’y a pas de discussion sur la restructuration de la dette grecque. Le FMI est le meilleur allié de Schäuble à cette étape. Il ne fait aucun doute que si la discussion devait s’engager sur une restructuration de la dette grecque comme c’est indispensable, Schäuble reviendrait à sa position de départ. Il prépare d’ailleurs le terrain en rappelant que Christine Lagarde, lorsqu’elle était ministre française, était également contre l’intervention du FMI. Si jamais le FMI ne tient plus la ligne dure de Berlin, c’est l’Allemagne de Merkel et Schäuble qui reprendra la main.

Peut-être me dira-t-on encore que je surligne trop les faits. Ecoutez ceci. Depuis plusieurs mois à l’initiative de l’Argentine, un comité technique de l’ONU a été constitué pour préparer des propositions en vue d’un règlement universel pour les banqueroutes « légitimes » des États. Enfin ! Qui s’y oppose ? Onze pays de l’Union européennes ! Dont la France et l’Allemagne ! Ah les braves gens ! Ce n’est pas tout. Le comité en question s’est officiellement plaint de l’attitude méprisante de l’UE qui le tient à l’écart de toute discussion et concertation à propos du problème des dettes souveraines en Europe ! Après quoi les mêmes feront des gargarismes sur la mondialisation hélas « incontournable » et autres blabla pédant pour enfumer les naïfs ! La mondialisation n’est en rien une nouveauté dans l’histoire humaine ! Ce que nous affrontons c’est la globalisation financière et ses chiens de garde qui empêchent la politique et les peuples de s’en mêler et d’y mettre de l’ordre !

J’achève sur un point de mémoire active et politique. Mme Lagarde s’était montré bien moins exigeante avec les banques qu’avec la Grèce. En 2010 lorsqu’elle était ministre des Finances, elle n’a pas hésité à débloquer des dizaines de milliards d’euros d’argent public pour renflouer les banques frappées par la crise des subprimes. De même qu’en atteste la louche rapidité avec laquelle une banque en particulier a pu bénéficier de 1,7 milliards d’euros de réduction fiscale en accusant le trader Jérôme Kerviel. Mme Lagarde s’est aussi montré très conciliante avec les banques lorsqu’en 2010 et 2011, les Etats européens, le FMI et la Banque centrale européenne leur ont racheté les titres de dettes publiques grecques qu’elles détenaient. La crise d’aujourd’hui vient de là. Si la Grèce fait défaut, les Etats, le FMI et la BCE perdront leurs créances. Mais ce ne sera pas la faute de Tsipras. Ce sera la faute de Lagarde, Merkel, Sarkozy et les autres qui ont décidé de collectiviser les dettes privées des banques plutôt que de laisser leurs actionnaires assumer les conséquences de leurs « risques ».

Cette logique est à la base de la nouvelle campagne d’affiches du Parti de gauche. Le slogan est « si la Grèce était une banque, elle serait déjà sauvée ! ». Mme Lagarde s’en serait certainement occupée dans la minute. En attendant, le bilan est écrasant. Ce que nous, les « rêveurs », les « irresponsables », nous annoncions, se réalise sous nos yeux. Leurs solutions, même du point de vue capitaliste, sont absurdes et dangereuses. Tout cela finira comme c’est évident : personne ne paiera la dette ! Comment régler cette situation inéluctable : par la crise ouverte ou par les solutions en sifflet que nous proposons depuis le début ? À ce point de la situation, nous pourrions bien gagner sur tous les tableaux. Qui pleurera sur l’Union européenne actuelle si elle va au fossé ? On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.

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