Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 06:35

Le gouvernement d’Alexis Tsipras avait prévu d’accompagner le mémorandum auquel il avait consenti par quelques mesures sociales et sanitaires. Voila que cet accompagnement profitable aux plus démunis lui est refusé, notamment par le gouvernement allemand et son ministre des finances Schaüble toujours inflexible. On lira à cet effet l’article en lien ci-dessous pour prendre véritablement la dimension de cette Europe allemande, de cette Europe libérale, qui a à voir, que cela plaise ou non, avec une dictature.

A l’occasion des élections régionales de nombreux électeurs se sont émus à juste titre de la montée du FN, ils devraient tout autant s’émouvoir de ce qu’ils peuvent lire et comprendre de l’Europe au travers du cas grec.

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-alexis-tsipras-renonce-a-son-plan-anti-austerite-537005.html

Repost 0
28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 05:52

L’Union européenne libérale – ne jamais oublier de qualifier - organise en Grèce et dans les Balkans l’entrepôt des migrants.

Pourquoi là et pas ailleurs? direz-vous. Je vous le demande ?

Parce que la Grèce, ce pays du Club-med placé sous-tutelle, rendu au rang de colonie, est devenue l’arrière-cuisine de l’Union européenne libérale, que les Balkans, avec ses romanos et autres zigotos, sont perçus comme le ventre pourri et économiquement infécond de l’Europe.

Parce que, à l’instar de l’Australie qui sous-traite ses migrants à Nauru ou en Papouasie-Nouvelle Guinée, l’Union européenne libérale tient à avoir ses sous-traitants.

Mais avouez que c’est gâchis. Avec la pratique qui est la nôtre, en Allemagne et en France, en matière de camp de rétention, de concentration, avec tout le savoir faire que nous avons dans le transport ferroviaire des populations, pourquoi délocaliser ? pourquoi laisser aux autres ce secteur d’activité dans lequel notre excellence n’est plus à prouver ? D’autant qu’on se prive de la possibilité d’ouvrir dans une vingtaine d’années un autre mémorial - lieu de mémoire, dirait l’historien Pierre Nora -, semblable à celui de Rivesaltes, et du coup de se faire des tunes sur le souvenir et le plus jamais ça. Il faut le dire : on se perd une repentance à venir.

C’est pitié d’être aussi naze. Avec tout le mal qu’ils se sont donnés pour nous fabriquer du migrant nos chers Présidents. Mitterrand en Irak, Sarko en Libye et en Afghanistan, Hollande au Mali et en Syrie, les capitalo-libéraux du type Bolloré un peu partout en Afrique ou ailleurs, on n’en profite même pas, vraiment, c’est gâchis !

Seule Merkel a pris, il y a peu, sa part de migrants. Juste ce qui fallait au pays. Instruits, naturalich. Histoire de compenser l’étiage allemand en matière de baise. Rien que pour cela, elle était sur la liste des nobélisables. Fichtre ! Mais pour les migrants sans parchemin, il y a la Grèce et les Balkans.

Lui, Valls, instruit que Rivesaltes avait été préalablement un terrain militaire, ces jours-ci a décidé de déplacer nos migrants à nous sur un terrain militaire désaffecté. Il apprend vite le bougre.

On bavasse, on bavasse, mais enfin ! On ne leur refile pas n’importe quoi aux migrants ! L’île de Lesbos, ce n’est pas rien. Une île d’amour pour leur montrer combien on les aime.

Ainsi, la Grèce effectue, par ce travail d’intérêt général, sa peine car, disons le sans ambages : elle nous a fait chier.

Bon ! Et la Hongrie et la Pologne qui refusent leur quota de migrants ? Qu’est-ce que vous en pensez ? On ne leur impose rien? On attend quoi ? La 3ième étape ? Celle qui vient après le camp de rétention et le camp de concentration ? Parce que 100 000 migrants c’est rien à côté de ce qu’on a mis en mouvement. Il va falloir trouver la solution car comme l’explique l’ineffable Juncker :"On ne peut pas laisser les gens livrés à eux-mêmes, dormir dans les champs en 2015".

. ***

***

Petit florilège de conneries

"Si nous ne prenons pas d'actions immédiates et concrètes sur le terrain dans les jours et semaines à venir, je pense que l'UE tout entière va commencer à s'effondrer", a averti gravement le Premier ministre slovène Miro Cerar.

"Une politique consistant à laisser passer des réfugiés sans en informer un pays voisin n'est pas acceptable", souligne la déclaration finale du groupe qui s’est réuni pour répartir les migrants entre la Grèce et les Balkans.

***

***

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/migrants-l-union-europeenne-cree-100-000-places-d-accueil-en-grece-et-dans-les-balkans_1145541.html

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/26/accueil-refugies-union-europeenne-grece-balkans-migrants-immigrations-europe_n_8387650.html

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/paris-plus-de-1-300-migrants-evacues-par-la-police_1142029.html

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/10/16/migrants-le-premier-hot-spot-grec-ouvre-sur-l-ile-de-lesbos_4791030_3214.html

Repost 0
17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 07:25

La Grèce est ce petit pays d’une dizaine de millions d’habitants, a qui l’on doit tant, et dont des veaux somptueux ont indiqué qu’il appartenait aux pays du Clubmed, club auprès duquel, toujours selon ces mêmes bovidés, la France aurait sa carte de membre actif (appréciez la considération).

La Grèce et ses habitants en chient, aujourd’hui davantage qu’hier ; en silence. Ce silence qui n’est pas de leur fait tant ils hurlent leur détresse et leur misère, l’abandon dans lequel pays et habitants sont tenus, mais du nôtre car nous allons poursuivant notre chemin les esgourdes envahies de cérumen, le cerveau pareil à de la cervelle. Il est vrai qu’une information chasse l’autre dans l’acte de consommation comme la mode se défait de la mode suivante au gré des défilés nouveaux.

Finies les Grèce-parties où on mangeait des baklavas et buvait le résiné. Aussi, il semble qu’il est bon de remettre en mémoire le pourquoi du sort fait à la Grèce et aux grecs au travers de la vidéo proposée ci-dessous par le blog 'Osons causer' et accessible à l’entendement de tous.

***

***

https://www.youtube.com/watch?v=B4uNm-IsWnA&feature=iv&src_vid=vMLouv2EYrc&annotation_id=annotation_3950995161

Repost 0
4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 08:16

Il fut un temps où on faisait donner les tanks. L’époque sophistiquée fait donner la finance. Cependant qu’un coup de force demeure, quelque soit sa forme, un coup de force.

En 1956, le peuple hongrois se révolte contre son gouvernement qui conduit les politiques imposées par l’URSS, tout comme le peuple grec s’est révolté dernièrement contre ses gouvernements successifs qui appliquaient (et appliquent), au travers des mémorandums, la politique dictée par la Troïka. L’un et l’autre vaincus, vient pour les peuples hongrois et grecs le temps à vivre de la normalisation qui n’a rien de normal, car il n’était pour l’URSS comme il n’est pour l’Europe allemande de souveraineté, aux états et aux peuples, que limitée.

Depuis le coup de force, la Grèce, son sort et celui de son peuple, ne font plus recette. La Grèce passe sous les écrans radars médiatiques, comme elle passe sous la ligne d’horizon de ceux qu’il y a peu encore en Europe s’enflammaient pour elle.

On lira ci-dessous, publié dans : http ://blogs.mediapart.fr/blog/raoul-marc-jennar/060915/un-appel-pathetique-de-zoe-konstantopoulou-l-onu, le discours prononcé par Zoé Konstantopoulou à l’ONU.

Exergue

****

****

Mesdames et messieurs, leaders des parlements du monde, en cette occasion du 70e anniversaire de l’ONU, marquant également les 70 ans depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en cette 4e conférence mondiale des Présidents de Parlements plaçant la démocratie au service de la paix, du développement durable et de la construction d’un monde tel que les peuples le veulent, je me tiens devant vous et parmi vous, en tant que Présidente du Parlement Hellénique récemment dissous pour vous adresser un appel à la solidarité envers le peuple grec et envers la Grèce, terre où la démocratie naquit, et où elle est aujourd’hui brutalement attaquée et violée.

La Grèce et son peuple sont les victimes, depuis cinq ans, de politiques supposées offrir une solution durable au surendettement du pays et une voie pour sortir de la crise économique, ces politiques contenues dans des accords appelés « Memoranda - Protocoles d’Accord », conclus par le gouvernement grec et un trio d’institutions internationales, à savoir le FMI, la Commission Européenne et la Banque Centrale Européenne, connu sous le nom de Troïka, et agissant au titre de créanciers de la Grèce, ont eu pour résultat de graves violations des droits humains, et particulièrement des droits sociaux, des libertés fondamentales et de l’Etat de droit lui-même.

Ce qui a été présenté comme un accord de renflouement a eu pour effet la misère, le chômage à des taux jamais vus jusque-là, 72% parmi les jeunes femmes et 60% parmi les jeunes hommes, des centaines de milliers de jeunes gens poussés à l’émigration, une explosion des suicides, la marginalisation des jeunes, des vieux, des faibles, des immigrés, des réfugiés, avec la moitié des enfants du pays vivant sous le seuil de pauvreté, une situation relevant d’une crise humanitaire, documenté dans les rapports et les déclarations des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme aussi bien que dans toute une série de décisions de justice et de rapports.

Le 25 janvier 2015, il y a de cela 7 mois, le peuple grec, à travers un scrutin national, a donné au gouvernement et au parlement un mandat clair et sans équivoque : celui de se débarrasser de ces politiques assassines. Des négociations ont débuté, une commission spéciale du Parlement a été formée, baptisée Commission pour la Vérité sur la Dette Publique (http://cadtm.org/4-avril-2015-Journee-historique), avec pour mission de conduire un audit et une évaluation juridique de la Dette grecque. Cette commission a produit un rapport préliminaire en juin dernier (http://cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la ). Le rapport a établi que la dette souveraine de l’Etat est illégale, illégitime, odieuse et insoutenable. Il a établi que la dette souveraine avait été contractée via des procédures qui constituent une violation flagrante du droit constitutionnel, justifiant par là même la dénonciation de la dette. Il a établi que les créanciers avaient agi de mauvaise foi en faisant délibérément peser sur la Grèce le fardeau de prêts insoutenables afin de sauver les banques privées françaises, allemandes et grecques. En dépit de ces conclusions, les créanciers de la Grèce ont exigé qu’on néglige le mandat du peuple.

Le 25 juin, un ultimatum de 48 heures fut posé au gouvernement grec, lui demandant d’accepter, contrairement au mandat populaire, une série de mesures démantelant le droit du travail, abolissant les garanties de sécurité sociale et la protection juridique pour les citoyens surendettés, et requérant, dans le même temps, le bradage des biens et entreprises publics les plus précieux, mais aussi des principaux ports, aéroports et infrastructures qui devraient être vendus ou cédés pour rembourser une dette odieuse et insoutenable.

Le Parlement Hellénique a entériné la proposition du gouvernement de tenir un référendum portant sur l’ultimatum, et le peuple grec, à une large majorité de 62%, a rejeté les mesures.

Au cours de la semaine du référendum, des représentants des instances internationales et de gouvernements étrangers ont tenté d’influer sur le résultat du référendum, au moyen de déclarations visant à terroriser la population, et le référendum s’est tenu avec les banques fermées et le contrôle des capitaux imposé du fait du refus de la BCE de fournir des liquidités après l’annonce de la tenu du référendum ; et pourtant, la démocratie a prévalu, le peuple s’est prononcé clairement et a dit NON à 62% à ces mesures assassines.

Ce qui s’en est suivi est un cauchemar pour toute conscience démocratique, et une honte. Les créanciers ont refusé d’examiner le résultat du référendum. Ils ont insisté, usant de la menace d’un effondrement du système bancaire et d’un désastre humanitaire, que soient adoptées des mesures plus sévères encore que celles qui avaient été rejetées. Le gouvernement a été contraint d’accepter que le Parlement légifère sur des textes pré élaborés de centaines de pages, sans délibération, et à des dates prédéterminées, selon une procédure d’urgence, et avec les banques toujours fermées. Cette extorsion fut baptisée « pré requis pour un accord » et le Parlement fut appelé à abolir des lois qu’il avait votées durant les quatre mois précédents, et à s’abstenir de toute initiative législative sans l’accord préalable des créanciers.

Un projet de loi de cent pages, présenté comme un article unique, fut approuvé le 15 juillet en moins de 24 heures ; un autre, long d’environ 1000 pages et composé de 3 articles a été adopté en moins de 24 heures le 22 juillet ; presque 400 pages, fut adopté le 14 août en 24 heures. Le Parlement a légiféré trois fois sous la contrainte et la coercition, et cela étant fait, attestant qu’une partie importante des députés du principal parti de gouvernement, incluant la Présidente du Parlement, refusait de voter un tel texte de loi, le Parlement fut dissous de manière subite afin de garantir une majorité plus stable pour mettre en œuvre ce que le peuple a rejeté.

Mesdames et messieurs, la dette souveraine est actuellement utilisée contre la population grecque et le Parlement Hellénique pour affaiblir la démocratie, mais la démocratie est une valeur suprême, et le Parlement ne peut être réduit à des sceaux, entérinant des normes dictées, rejetées par le peuple et conçues pour anéantir les sociétés et les générations futures.

J’en appelle à vous, Parlementaires du monde ; soutenez l’exigence de démocratie et de souveraineté parlementaire contre la coercition de la dette ; soutenez les initiatives de l’Assemblée Générale des Nations Unies et la commission ad hoc d’audit de la dette souveraine, ainsi que les initiatives des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme.

Ne permettez pas que la démocratie soit annihilée sur la terre où elle naquit. Ne permettez pas qu’un autre Parlement soit contraint de voter contre la volonté du peuple et contre le mandat de ses députés. Ne permettez pas que les droits de l’homme, les vies humaines, la dignité humaine, et les principes les plus précieux des Nations Unies soient foulés pour servir le système bancaire.

Le monde que les peuples veulent ne peut être construit sans les peuples du monde. Merci.

(Source : vidéo en anglais https://www.youtube.com/watch?v=oiTvwZKyuoY Traduit par Marie-Laure VEILHAN pour le CADTM)

Repost 0
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 15:28

« Ces derniers jours et ces dernières heures on a enregistré un déluge d’ingérences grossières dans le processus démocratique du référendum, proclamé pour la première fois en 41 ans depuis la fin de la dictature des colonels, à l’instigation du Premier ministre, puis sur proposition du gouvernement et décision du Parlement.

Les représentants d’hier, les co-responsables de la destruction du pays et du peuple, et leurs partenaires nationaux et étrangers, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour empêcher l’expression de la volonté populaire. Pour empêcher ou annuler le référendum. Et maintenant, puisqu’ils ont échoué dans cette tentative, ils font tout ce qu’ils peuvent pour en modifier le résultat, rendre floue et dénaturer la question très claire, en adressant au peuple un nouveau chantage: Que soi-disant, si les citoyens disent « non », nous devrons quitter l’Union Européenne ou la zone euro. Que s’ils disent « non », il n’y aura aucune nouvelle négociation. Que s’ils disent « non », cela signifiera qu’ils « ne veulent pas d’aide ».

Certains, chefs d’État mais aussi représentants de la Commission et d’autres institutions et organismes, n’hésitent pas à interférer grossièrement dans les affaires internes du pays et à suggérer au peuple ce qu’il doit voter au référendum, en modifiant la vraie question.

Ce qui est important c’est non seulement ce qu’ils disent, mais qui le dit.

Le disent les représentants des gouvernements (1) qui se sont alliés aux gouvernements qui ont détruit le pays et ont fait des échanges avec eux.

Le disent les représentants d’organisations internationales qui ont participé à des programmes catastrophiques qui ont décomposé la société et causé d’ indicibles malheurs.

Le disent des dignitaires, qui ont admis s’être trompés dans le cas de la Grèce, encore et encore.

Mais le disent aussi les représentants du système politique corrompu des anciens partis, de la corruption et des combines, ceux qui ont créé une dette illégale, honteuse et insoutenable et qui veulent la mettre sur le dos du peuple, de la jeunesse et des générations futures, sans rendre de comptes.

Le oui ne signifie pas oui à l’Europe.

Il signifie oui à l’ultimatum adressé par la Troïka au gouvernement grec.

Le oui signifie oui aux mémorandums, à la soumission et à la servitude.

Oui à des diminutions supplémentaires des salaires et des retraites,

Oui au chômage et à la précarité de l’emploi,

Il signifie oui à l’abandon de la souveraineté et de la démocratie, au bradage des biens publics, à de lourds impôts sans fin.

Il signifie aussi oui à la dégradation de la Grèce de pays membre à part égale de l’UE en pays paria et en colonie de la dette.

Le non signifie non aux tactiques et pratiques antidémocratiques

Non aux chantages anti-européens et aux ultimatums

Non aux blocages artificiels

Non à l’asphyxie du peuple, avec les banques fermées

Non à l’asservissement d’États-membres par d’autres États-membres

Non à la soumission économique et politique.

Le Gouvernement s’est redressé.

Il n’a pas cédé, il n’a pas capitulé en trahissant la confiance des citoyens.

Le Parlement en 2015 a été à sa hauteur.

Il n’a pas fait loi d’État les mesures qui ont condamné de nombreuses générations à un esclavage mémorandaire.

Pour la première fois le peuple peut réellement décider de son avenir.

Pour la première fois il peut repousser lui-même, par son vote, le dernier chantage.

Pour la première fois, le peuple peut lever la tête et avec son vote, avec le non, secouer le joug des mémorandums.

Qu’il vote et se batte pour sa dignité et son avenir.

Et qu’il défende le seul gouvernement qui lui a fait confiance et lui a rendu le pouvoir qui lui appartient et qu’il défende le Parlement qu’il a lui-même élu et qui lui a rendu le pouvoir qu’il en tire et exerce en sa faveur.


Qu’il ne permette pas le renversement du gouvernement par ceux qui, depuis des mois élaborent des scénarios de déstabilisation et de détournement, pour remettre le pays et le peuple aux forces de la corruption, des combines et de la tromperie, qui ont tirer profit des mémorandums sur le dos de la société.


Et qu’il envoie le message retentissant et optimiste aussi aux autres peuples d’Europe, que la démocratie est l’affaire des hommes et des peuples, non des banques, des banquiers et des marchés.


Les « non » du peuple grec ont, dans l’Histoire, rendus fiers non seulement les Grecs, mais l’humanité toute entière.

Un tel « non » rendra fières les générations futures et défendra la véritable âme de l’Europe, qui ne se base pas sur des ultimatums et des chantages, mais sur une coexistence égalitaire, la démocratie et la solidarité. «

http://syriza-fr.org/2015/07/02/declarations-de-la-presidente-du-parlement-grec-zoe-kostantopoulou/

****

****

  1. Ce jour, notre NPR national (réacteur pressurisé national), F. Hollande a implicitement appelé les grecs à faire ‘le bon choix’ comme jadis l’avait fait VGE avant de nous tourner le dos et après que nous l’ayons remercié.

13h13 (2) : Le président de la République François Hollande estime que si le non l'emportait en Grèce lors du référendum, on entrerait "dans une forme d'inconnu". "Si c'est le oui, la négociation peut très facilement s'engager.

Peu avant il était rapporté ces propos de la Présidente argentine, Cristina Kirchner qui sait de quoi elle parle :

3h39 (2): La présidente argentine Cristina Kirchner compare la crise budgétaire qui touche la Grèce au défaut déclaré par son pays en 2001, et a souligné les conséquences "terribles" de l'application de politiques d'austérité. "Ce que vit le peuple grec correspond exactement à ce que nous, Argentins, avons vécu en 2001: les conséquences de politiques terribles, néolibérales, d'ajustements permanents qui entraînent vers la misère, la faim et le chômage", a accusé Cristina Kirchner dans une interview diffusée à la télévision publique argentine.

"Aujourd'hui, 60% des jeunes Grecs n'ont pas de travail, 30% des citoyens grecs s'éclairent à la bougie, pour économiser sur le coût de l'électricité, aujourd'hui il y a des gens dans les rues dont les pensions et les retraites ont été réduites. A part pour les dépenses militaires: le FMI n'a jamais demandé que l'on réduise les dépenses militaires", déclare-t-elle. En 2001, l'Argentine s'était déclarée en défaut de paiement sur près de 100 milliards de dollars de dette privée. Deux restructurations de dette en 2005 et 2010 lui avaient permis de bénéficier d'un allègement auprès de 93% de ses créanciers privés.

La Présidente argentine a été appuyée par son ministre de l'Economie, Axel Kicillof, qui a déclaré que les réformes exigées de la Grèce sont "contre-productives et aggravent encore davantage la crise". "Je peux dire aux Grecs que les remèdes du FMI ne fonctionneront pas", a averti le ministre.

  1. http://www.challenges.fr/economie/20150701.CHA7468/la-grece-en-defaut-de-paiement-et-maintenant.html

Exergue

Repost 0
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 12:57

Allocution télévisée prononcée à Athènes le 1er juillet 2015 , en prévision du référendum du dimanche 5 juillet.

***

***

Grecques, grecs,

Nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant de notre histoire, à un moment crucial pour l’avenir de notre pays.

Dimanche, ce n’est pas entre le maintien de notre pays dans l’euro et la sortie de la monnaie unique que nous serons appelés à choisir ― l’appartenance de la Grèce à la zone euro ne peut être contestée par personne ―, mais entre l’acceptation de l’accord proposé par les Institutions et la revendication d’une solution viable ― une revendication renforcée par le verdict des urnes.

Le peuple grec doit savoir que le gouvernement a la ferme intention de parvenir à un accord durable, ouvrant sur l’avenir.

Dès l’annonce de la tenue du référendum, nous avons de fait reçu de meilleures propositions sur la dette et sa nécessaire restructuration que celles que nous avions en mains jusqu’à vendredi. Ces propositions ne sont pas restées lettre morte ; nous avons sans délai adressé aux Institutions nos contre-propositions pour une solution pérenne ; c’est dans ce but que s’est tenue hier une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe qui reprendra cet après-midi. Si cette réunion aboutit à un résultat positif, nous ne nous défausserons pas, nous y répondrons sans attendre. Le gouvernement grec demeure en tout état de cause à la table des négociations et y restera jusqu’au bout. Ce gouvernement sera là, lundi, et sortira renforcé de la consultation populaire. Car le verdict du peuple a toujours plus de force que la volonté d’un gouvernement.

Je veux redire que le choix démocratique est au cœur des traditions européennes.

Les peuples européens ont eu recours au référendum à plusieurs moments-clé de leur histoire. Cela a été le cas de la France, notamment, lors du référendum sur la Constitution européenne. Cela a eu lieu en Irlande : le référendum a permis de suspendre l’application du Traité de Lisbonne et a conduit à une renégociation à la faveur de laquelle des termes plus favorables ont été obtenus.

Malheureusement, dans le cas de la Grèce, d’autres poids et d’autres mesures ont été appliqués.

Je n’aurais pour ma part jamais imaginé que l’Europe démocratique refuserait à un peuple le temps et l’espace nécessaires de se prononcer souverainement sur son avenir.

Le leadership exercé par des cercles conservateurs extrêmes a conduit à la décision d’asphyxier les banques grecques, dans un but évident : intimider non seulement le gouvernement mais aussi, désormais, chacun des citoyens de ce pays.

Dans une Europe de la solidarité et du respect mutuel, il est inacceptable que les banques soient fermées pour la seule et unique raison que le gouvernement a décidé de donner la parole au peuple.

Il est inacceptable que des milliers de personnes âgées ― dont les pensions, malgré l’asphyxie financière, ont cependant pu être versées ― se retrouvent ainsi dans la tourmente.

À ces milliers de citoyens, nous devons une explication.

C’est pour protéger vos retraites que nous nous battons depuis des mois, pour défendre votre droit à une retraite digne de ce nom et non à un vulgaire pourboire.

Les propositions que nous avons été sommés de signer auraient entraîné une réduction drastique des pensions de retraite. C’est la raison pour laquelle nous les avons rejetées et c’est pour cela que nous nous trouvons aujourd’hui en butte à des mesures de rétorsion.

Le gouvernement grec a été confronté à un ultimatum, sommé de mettre en œuvre les mêmes politiques et de faire passer l’ensemble des dispositions du mémorandum en attente d’application, sans le moindre volet concernant la dette et le financement.

Cet ultimatum a été rejeté.

Le moyen le plus évident de sortir de cette voie sans issue était d’en appeler au peuple, car la démocratie ne connaît pas d’impasses.

Et c’est ce que nous faisons aujourd’hui.

Je sais parfaitement qu’en ce moment même les sirènes hurlent à la catastrophe.

Elles vous soumettent au chantage et vous appellent à voter «oui» à toutes les mesures demandées par les créanciers ― des mesures qui ne sont accompagnées d’aucune perspective de sortie de la crise.

Elles vous appellent à dire à votre tour, à l’instar des députés de ces journées parlementaires de sinistre mémoire, «oui» à tout.

Elles vous appellent à vous rallier à eux et à vous faire les complices de la perpétuation des mémorandums.

Le «non», de son côté, n’est pas un simple slogan.

Le «non» est un pas décisif vers un meilleur accord, un accord que nous pourrons signer aussitôt après la consultation de dimanche.

Le «non» reflètera le choix très clair du peuple sur la façon dont il entend vivre dès le jour suivant.

Le «non» ne signifie pas rupture avec l’Europe mais retour à l’Europe des principes.

Voter «non», c’est faire pression en faveur d’un accord économiquement viable qui apportera une solution à la dette au lieu de la faire exploser ; faire pression en faveur d’un accord qui ne sapera pas indéfiniment nos efforts pour redresser la société et l’économie grecques ; faire pression en faveur d’un accord socialement juste transférant sur les possédants les charges qui pesaient jusqu’alors sur les salariés et les retraités.

Un accord qui ramènera à brève échéance le pays sur les marchés internationaux et permettra à la Grèce de s’affranchir du contrôle et de la mise sous tutelle.

Un accord sur des réformes portant un coup définitif à l’enchevêtrement d’intérêts et à la corruption qui alimentent le système politique grec depuis des décennies.

Un accord permettant enfin de répondre à la crise humanitaire, de créer un vaste filet de sûreté pour tous ceux qui se trouvent aujourd’hui en marge, précisément à cause des politiques appliquées dans notre pays au cours de ces longues années de crise.

Grecques, Grecs,

J’ai pleinement conscience des difficultés présentes et je m’engage auprès de vous à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’elles ne durent pas.

Certains s’évertuent à lier le résultat de la consultation de dimanche au maintien de la Grèce dans la zone euro ; ils prétendent même que j’ai le projet secret, si le «non» l’emporte, de sortir le pays de l’Union Européenne. Mais ils mentent de façon délibérée.

Ces mensonges nous ont déjà été servis, par les mêmes, au cours de la période précédente, et ceux qui les propagent rendent aujourd’hui un bien mauvais service au peuple et à l’Europe.

Vous n’ignorez pas que je m’étais porté candidat il y a un an, lors des élections européennes, à la présidence de la Commission. J’avais alors eu l’occasion de dire aux Européens qu’un terme devait être mis aux politiques d’austérité, que les mémorandums ne nous permettraient pas de sortir de la crise, que le programme mis en œuvre en Grèce avait échoué, que l’Europe devait cesser de se comporter de manière antidémocratique.

Quelques mois plus tard, en janvier 2015, cette analyse a été validée par le peuple.

Malheureusement, certains s’obstinent en Europe à refuser de le comprendre, de l’admettre.

Ceux qui veulent une Europe cramponnée à des logiques autoritaires, à des logiques de non-respect de la démocratie, ceux qui veulent que l’Europe ne soit qu’une union superficielle au sein de laquelle le FMI ferait office de liant ne proposent aucune véritable vision pour l’Europe. Ce sont des hommes politiques sans audace, incapables de penser en Européens.

À leurs côtés, l’establishment politique grec, après avoir mis le pays en faillite, projette aujourd’hui d’en rejeter la responsabilité sur nous alors que nous nous efforçons d’arrêter cette marche vers la catastrophe.

Ils rêvent de revenir aux affaires comme s’il ne s’était rien passé. Ils s’y préparaient il y a quelques jours encore, croyant que nous accepterions l’ultimatum, et demandaient publiquement la nomination d’un Premier ministre de paille pour l’appliquer ; ils s’y préparent aujourd’hui alors que nous donnons la parole au peuple.

Ils parlent de coup d’État. Mais une consultation démocratique n’est pas un coup d’État ; le coup d’État serait la mise en place d’un gouvernement imposé.

Grecques, Grecs,

Je veux de tout cœur vous remercier de la lucidité et du sang-froid dont vous faites preuve à chaque heure de cette difficile semaine et vous assurer que cette situation ne durera pas longtemps. Elle sera de courte durée. Les salaires et les retraites ne s’évanouiront pas. Les dépôts des citoyens qui ont choisi de ne pas transférer leur argent à l’étranger ne seront pas sacrifiés aux calculs des uns et des autres, ni au chantage.

Je m’engage personnellement à trouver une solution immédiate dès la fin du référendum.

Dans le même temps, je vous appelle à soutenir cet effort de négociation ; je vous appelle à dire «non» à la poursuite de ces mémorandums qui sont en train de détruire l’Europe.

Je vous appelle à répondre par l’affirmative à la perspective d’une solution viable.

À ouvrir une page nouvelle, une page démocratique, pour un meilleur accord.

C’est la responsabilité que nous avons envers nos parents, nos enfants et nous-mêmes, et c’est notre devoir à l’égard de l’Histoire.

Je vous remercie.

http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis/020715/un-referendum-pour-l-europe-contre-l-austerite-alexis-tsipras-01072015

source: https://www.youtube.com/watch?v=wlrkjqCiIe0

Repost 0
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 09:51
Repost 0
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 09:25

« Malgré la terreur exercée par les médias et les Institutions, pour le peuple grec, le dilemme est clair. Soit nous votons pour l’abolition des mémorandums et l’ouverture d’une nouvelle voie porteuse d’espoir, soit nous votons pour la continuation de l’austérité, de la pauvreté et de la misère pour les 50 années à venir.

Soit nous reconnaissons que, pour la première fois, notre pays lutte pour casser le cercle vicieux des politiques de la terreur pour le bien des peuples de toute l’Europe, soit nous entérinons par notre vote notre soumission à ceux qui ont transformé notre vie en cauchemar depuis des années.

Soit nous donnons un mandat pour poursuivre sans hésitations l’effort en faveur des couches populaires les plus démunies et des classes qui souffrent de l’austérité sauvage, soit nous donnons raison aux gouvernements de Samaras, Venizelos, Papandreou, Papadimos qui nous ont menés jusqu’ici.

Soit nous choisissons de restaurer la démocratie dans notre pays et de décider nous-mêmes de notre avenir, en termes directs et absolus, soit nous permettons que les décisions soient prises dans les conclaves fermés des institutions européennes.

Soit nous nous rendons compte que nos intérêts sont autres, opposés à ceux des riches qui organisent la campagne du OUI, soit nous décidons par notre vote de gonfler encore plus les profits qu’ils ont acquis à l’époque des mémorandums.

Soit nous décidons de faire payer enfin ceux qui pendant des années faisaient fortune au dépens du peuple, soit nous acceptons une fois pour toutes les exigences du FMI de ne pas toucher les grandes entreprises, les grands patrons et les banquiers.

Soit nous construisons une autre société sur la base de la solidarité, l’humanité, l’effort collectif et l’espoir, soit nous adoptons le cannibalisme social du tous contre tous et du chacun pour soi.

Soit en votant nous pensons à notre prochain, celui qui a perdu son travail et sa dignité personnelle à cause des politiques appliquées par ceux qui nous demandent de voter OUI, soit nous devenons complices de ses images humiliantes qui nous ont remplies de honte ces dernières années.

Soit nous pourrons être fiers face à nos enfants et leur dire que nous n’avons pas capitulé, que nous avons pris des décisions difficiles aujourd’hui, pour qu’ils aient l’avenir qu’ils méritent, soit nous leur dirons que nous avons eu peur de Schäuble, de Samaras et nous avons préféré la sécurité du condamné à mort.

En fin de compte, soit nous serons ceux qui enverront le message de la victoire à l’Europe et au monde entier en inspirant les autres peuples qui ont un regard plein d’espoir tourné vers nous, soit nous lutterons pour gagner pour eux aussi, soit nous resterons dans l’histoire pour avoir laissé la peur nous vaincre.

Tout ce que nous avons espéré, tout ce pour quoi on s’est battu, tout ce que nous avons revendiqué est devant nous. Tout ce qu’on pensait, discutait, attendait est ici. Il n’y a plus d’excuses. Soit nous choisissons l’espoir, soit la misère. Notre NON ce dimanche doit résonner dans toute l’Europe. Haut et fort, avec une grande majorité. »

Mercredi 1er juillet 2015

***

  • A. Antoniadis est membre de la délégation de SYRIZA au Parlement Européen

***

https://grecefranceresistance.wordpress.com/2015/06/30/appel-a-soutien-par-des-dons-a-la-democratie-en-grece-et-en-europe/

Repost 0
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:33

Sensée apporter la paix, l’Europe propose la guerre, et la fait.

Quasiment 60 ans après l’amorce de ce qui va devenir l’Union européenne, c’est la guerre en Europe. Car c’est bien une guerre qui est conduite en Europe avec d’un côté une coalition de gouvernements libéraux et antidémocratiques et de l’autre un gouvernement, le gouvernement grec, qui a fait le choix de défendre son peuple et de refuser de laisser le pays sous tutelle, administré comme un protectorat.

Étonnant non, qu’on puisse parler de guerre sans assister à des mouvements de troupes ?

Bien sûr, vous ne verrez pas des chars, pas de troufions, la guerre moderne est bien plus subtile. Elle se mène au feutré des cabinets, à la bourse, en maints lieux. Mais c’est bien une guerre.

De la Grèce ou de la coalition libérale qui va gagner ? Car, il y aura un gagnant qui sortira, comme il en sort un dans toutes les guerres, mais dans quel état ! Mais il y aura toujours le même perdant : le peuple qu’il soit qualifié de grec, d’espagnol, de français,…

Cela se passe en Europe, cependant que l’affaire est bien plus large, que la planète en offre la scène mondialisée, le libéralisme financier faisant progresser ses tentacules partout, toujours plus loin, tandis que recule partout la démocratie et que sont dévastées terres et populations.

C’est une guerre entre une minorité de riches et une immense majorité de pauvres, non parce que les pauvres l’ont voulue et entendent devenir milliardaires comme l’imagine l’imbécile qui mesure les autres à sa propre aune, mais parce que les riches entendent l’être toujours davantage et pour cela l’imposent.

Ce ne sont jamais les pauvres qui décident de la guerre, quand ils se mettent en mouvement c’est pour la révolution pour autant qu’ils y soient acculés, sinon ils préfèrent la plage, le peu qu’on consent à leur donner.

Mais nous sommes européens, et pour cela, et parce que l’Europe est un gros morceau dans le monde, nous nous intéressons à elle.

Pour tout vous dire, concernant les peuples et leur capacité à se révolter, je suis dans l’expectative. Tenant le blog dans lequel vous lisez ce mot je peux observer chaque jour quels sont les articles les plus lus et, d’une certaine façon, me faire une opinion quant aux sujets qui paraissent concerner mes concitoyens. Alors que les propos tenus sur le GMT et autres sujets avaient leur audience, ce qui est écrit sur la Grèce n’en a pas, ce qui, je dois vous l’avouer me fait flipper. On peut penser que la Grèce est loin, sans bien se rendre compte que « La frontière française se défend à la frontière grecque » (1)

« La guerre, selon Clausewitz, est un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté » (2). Comment mieux qualifier l’attitude de la coalition libérale européenne que de dire qu’elle conduit la guerre contre les peuples et, à cet instant, plus particulièrement contre les grecs au travers de négociations dans lesquelles elle ne cède jamais rien et se montre toujours plus exigeante, et jamais abaissant le pistolet financier qu’elle tient sur la tempe.

Encore un mot. J’ai écrit par deux fois dans le blog cette idée un peu fada, comme on émet un vœu, de voir un jour condamnés ceux qui ont mis en place un tel système et qui l’activent. Condamnés devant des tribunaux comme ce fut le cas dans des procès parallèles à celui de Nuremberg, car il y a matière à condamnation que ce soit pour avoir mis en place une dette illégitime, illégale, odieuse, que ce soit pour avoir détruit des structures étatiques, que ce soit en ne respectant pas les règles ainsi que l’a fait la BCE,…., que ce soit en faisant ressortir tous ces morts dus aux mesures imposées par les créanciers. Et voilà que je vois passer un message, d’un individu avec qui je n’ai aucune relation, et qui brièvement fait la même proposition. Alors, je me dis, que la situation est tellement abjecte que, peut-être, quelque chose se dessine dans les esprits de cet ordre là.

Et puis encore un mot. Si les mots et les expressions sont un sens, il faut y être attentif. On parle de la Grèce, je l’ai fait là, de la crise grecque, de l’affaire grecque. Ne serait-ce pas plutôt de la crise européenne dont il conviendrait de parler, histoire d’user de la bonne focale et de remettre les choses à leur place ?

Voudrait-on tuer l’Europe qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

  1. http://www.wmaker.net/emancipation66/Grece-La-France-doit-prendre-l-initiative_a400.html
  2. http://la-philosophie.com/guerre-continuation-politique-clausewitz
Repost 0
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 14:20

Extrait de l’article ci-dessous : ‘La question……. c’est aussi celle de l’attitude des autres peuples vis-à-vis du modèle néolibéral unique européen’.

Exergue

****

****

http://www.liberation.fr/economie/2015/06/30/la-grece-seule-a-gauche_1340411

***

TRIBUNE

La question n’est pas seulement de savoir si les Grecs vont céder à la troïka. C’est aussi celle de l’attitude des autres peuples vis-à-vis du modèle néolibéral unique européen.

Lorsqu’il se déclare «profondément affligé par le spectacle» donné par l’Europe depuis la semaine dernière, Jean-Claude Juncker oublie qu’il fait partie du show. Mais il a raison, c’est affligeant, et cela ne date pas du week-end dernier si on se remémore les effets désastreux de la politique que la troïka (on peut bien revenir à sa dénomination originelle maintenant) tente encore d’imposer à la Grèce.

Que dire aussi de la Banque centrale européenne (BCE) ? Ses dirigeants encouragent une panique bancaire dans le seul but de fragiliser le gouvernement Tsípras, et amener les Grecs à faire ce que Giscard d’Estaing appellerait sans doute «le bon choix» au référendum de dimanche prochain. Dans la matinée de dimanche dernier, un journaliste de la BBC diffusait l’information que le directoire de la BCE allait suspendre le mécanisme de liquidités d’urgence (ELA) qui alimente les banques grecques. On ne se demande pas auprès de qui il avait pu se renseigner et, surtout, quel était le but recherché par ses sources. La décision de la BCE, plus tard dans la même journée, fut seulement de geler l’ELA, au moment même où il aurait fallu au contraire l’augmenter ; la ruée vers les distributeurs automatiques avait déjà commencé. La suite était logique, le gouvernement grec fut obligé d’annoncer la fermeture des banques et le contrôle des capitaux.

Quand Yanis Varoufakis affirme que la BCE a violé son obligation légale de maintien de la stabilité bancaire dans la zone Euro, peu importe qu’il ait raison ou tort juridiquement, il a très clairement raison sur le fond. Si la BCE peut impunément agir de manière partisane, chercher à déstabiliser un gouvernement légal en n’accomplissant délibérément pas la tâche qui incombe normalement à toute banque centrale normalement constituée, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans la zone euro.

Le comportement de la BCE signale aussi ce qui est une évidence : l’entrée dans l’euro n’est pas «irrévocable». Benoît Cœuré, membre du directoire de cette banque, l’annonçait tout simplement dans une interview, lundi encore. Dans ce cas, on peut s’attendre à voir les taux d’intérêt diverger de manière significative et permanente entre les différents pays membres.

La volonté de la troïka de faire plier ou renverser le gouvernement grec se révèle aussi quand on considère l’accueil fait aux concessions toujours plus nombreuses faites par Syriza. Cela n’est jamais assez. Le discours officiel est évidemment de prétendre, comme Angela Merkel l’a fait dans une interview lundi, que des offres généreuses ont été faites aux Grecs, qui n’avaient hélas pas la volonté de parvenir à un compromis. Mais l’observation de la réalité révèle que ce n’est pas le cas.

Il suffit de comparer le programme sur lequel Syriza a été élu avec les versions successives des propositions faites aux «institutions» pour voir que le gouvernement grec n’a cessé de reculer jusqu’à ses fameuses «lignes rouges» (notamment la TVA et les retraites), mordant même quelque peu sur ces dernières lors des dernières propositions.

Il ne s’agit pas tant pour la troïka que la Grèce revienne à des finances publiques «saines» que de faire baisser les dépenses publiques. La hausse des recettes fiscales n’est pas l’objectif principal des créanciers. Les seules hausses d’impôt que la troïka est disposée à accepter sont celles de la TVA ; elle a, en revanche, rejeté la proposition du gouvernement grec d’imposer une taxe supplémentaire aux firmes dont les bénéfices sont supérieurs à un demi-million d’euros, une hausse des cotisations sociales employeurs ou des taxes sur les paris en ligne.

Quant à Jean-Claude Juncker, qui n’en est plus à un bobard près, il a même a affirmé lundi, contre toute évidence, que la troïka n’avait jamais demandé une baisse des retraites au gouvernement grec, alors que c’est l’un des points centraux de la discorde avec Syriza.

Mais, c’est quand il a déclaré que les Grecs devaient voter oui au référendum, quelle que soit la question posée, que le maître de l’évasion fiscale en Europe a été le plus sincère : énonçant que l’issue que la troïka recherchait à la crise actuelle était bien une capitulation sans condition de la Grèce. Dans cette stratégie de recherche de la capitulation, la dette est un instrument important. Tout le monde, y compris les dirigeants allemands, sait bien qu’elle est insoutenable et que sa restructuration est inévitable. Mais la fiction maintenue de son remboursement permet d’obliger les Grecs à revenir sans cesse mendier une «aide» aux créditeurs, qui servira à rembourser ces derniers et leur permettra surtout d’imposer, de préférence avec l’aide d’un gouvernement «pro-européen» à Athènes, les «réformes structurelles» soi-disant indispensables, notamment la déréglementation du marché du travail et la baisse du niveau de protection sociale. C’est le refus de ce modèle unique par la population grecque - et qui sait, peut-être par d’autres aussi - qui sidère et irrite tant les dirigeants et technocrates européens, à l’instar de Klaus Regling, actuel directeur du Mécanisme européen de solidarité, qui, faisant de son mieux pour incarner le bureaucrate borné dans un débat récent avec un représentant de Syriza, expliquait à ce dernier qu’il fallait que la Grèce accepte «le modèle économique» et les obligations qui vont avec, et que toutes ces histoires de refus de l’austérité n’étaient qu’un déni de réalité. La question qui se posera maintenant n’est pas uniquement de savoir si les Grecs vont, devant les difficultés économiques et financières auxquelles ils font face, céder à la troïka et accepter ses exigences en votant oui au référendum. C’est aussi celle de l’attitude des autres peuples européens vis-à-vis du modèle néolibéral unique que la technocratie et les gouvernements européens veulent imposer. C’est sans doute la dernière chance de faire vivre une alternative de gauche en Europe.

Bruno AMABLE Professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France.

Repost 0

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche