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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 05:42

« Une grande zone de libre-échange transatlantique instituée dans la hâte, sans régulation, aboutirait à une reddition sans conditions devant les prétentions des multinationales américaines, Google, Monsanto ou Boeing etc. et à la disparition des « acquis européens » (principe de précaution, exception culturelle, respect de la vie privée…) ».

Cet extrait de l’article ci-dessous de Françoise Elisabeth Delcamp, publié dans Médiapart donne le ton et le contenu. Cependant ce n’est pas sur ceux-ci que nous allons nous arrêter, mais plutôt sur cela : Qui négocie ? Au nom de qui ? De quel droit ? A quelles fins ? Le peuple est-il informé ? Est-il d’accord ?..... Ce sont toutes ces questions qu’il faut se poser. Et, y ayant répondu, décider de ce que nous allons faire pour mettre fin à cette spoliation de la volonté des peuples. Et s’il est question dans l’article des réticences de F. Hollande quant à ceci quant à cela, oubliez les vite, le monarque libéral nous a appris cette nécessité : défions-nous de sa parole.

Exergue.

Médiapart

http://blogs.mediapart.fr/blog/francoise-elisabeth-delcamp/220413/accord-de-libre-echange-ue-usa-le-partenariat-de-tous-les-dangers

22 avril 2013 Par Françoise-Elisabeth DELCAMP

L’annonce de « négociations en vue d’un accord de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis » s’est faite dans une « discrétion » générale. Et le bien-fondé de ce futur partenariat transatlantique n’a été que très peu remis en cause jusqu’à aujourd’hui.

Quelques divergences d’appréciation sont cependant apparues chez les dirigeants européens.

Angela Merkel a salué la perspective de cet accord qui constitue à ses yeux « de loin le projet le plus important pour l'avenir » des 27 Etats membres de l'UE si l'Europe compte « assurer ses intérêts et ses valeurs dans le contexte de la mondialisation ». Le ministre britannique au commerce et à l’investissement a quant à lui affirmé que « libéraliser complètement les échanges commerciaux entre les deux plus gros blocs commerciaux du monde [1] représente l’opportunité d’une génération ». Rompant avec cet enthousiasme germano-britannique, François Hollande s’est montré nettement plus circonspect et a demandé des « garanties par rapport à certains domaines » exigeant entre autres l’exclusion de l’audiovisuel du champ des négociations

De leur côté, les députés européens ont averti que ces négociations devaient déboucher sur « un accord acceptable pour le public européen ». Et ont rappelé quelques-uns des points majeurs de discorde : normes relatives à la santé des animaux et des plantes, aux OGM et aux hormones, droits de propriété intellectuelle et protection des données.

Ces quelques déclarations laissent entrevoir la puissance du malentendu sur la portée de ce futur accord. Si certains souhaitent une harmonisation des standards prenant en compte les normes européennes, d’autres recherchent à tout prix la fusion des deux plus grands marchés mondiaux en une vaste zone de libre-échange.

Ce qui est certain c’est que les enjeux, considérables, méritent mieux que des négociations rondement menées dont José Manuel Barroso promet une première conclusion en … 2014.

Pourtant le compte à rebours a déjà commencé. La Commission européenne doit soumettre prochainement une proposition de mandat de négociation aux Vingt-Sept et espère ensuite obtenir le feu vert formel du Conseil européen en juin prochain.

*****

Le multilatéralisme est l’un des socles de la politique diplomatique et commerciale européenne. La Commission estime depuis plus de vingt ans que « la coopération au sein de la communauté internationale est un préalable essentiel pour faire face aux défis mondiaux, tels que la lutte contre la pauvreté ou le changement climatique ». L’UE a participé activement au processus des grandes conférences mondiales depuis le sommet de Rio en 1992. Elle a été à l'origine de la création de nouvelles formes de gouvernance multilatérale globale : Protocole de Kyoto, Cour pénale internationale, malgré l’opposition des USA dans les deux cas. Enfin, l’UE a défendu le passage du GATT à l'OMC.

Mais depuis quelques années la Commission s’est engagée dans de nombreuses négociations bilatérales (avec la Corée du sud, l’Inde, le Japon, la Thaïlande…). Elle semble proche de conclure un accord de libre-échange avec le Canada dont les Premiers Ministres canadien et français ont souhaité, à l’occasion de la visite de Jean-Marc Ayrault au Canada, que cet accord devienne "précurseur" ou "tête de pont" d'un accord similaire entre l'UE et les Etats-Unis.

Si cet accord entre l’UE et les USA se concluait, la politique commerciale de l’UE serait régie à plus de 60% par des accords bilatéraux alors que cette proportion était de 25% il y a 10 ans.

En annonçant ainsi ces négociations bilatérales comme allant de soi, la Commission s’exonère de toute réflexion et de tout débat sur l’avenir du système mondial d’échanges de biens et de services.

Or cette décision d’opter pour des accords bilatéraux est lourde de conséquences. Elle signifie le retour dans les négociations commerciales internationales du seul rapport de forces et de l’affrontement direct entre Etats. Abandonnant ainsi les pays les plus pauvres et les plus endettés, en particulier d’Afrique sub-saharienne, sans recours. Rompant avec la logique du « juste échange » et « des objectifs communs ».

En se lançant dans cette course aux accords bilatéraux, les dirigeants européens renoncent à l’un des piliers de l’ambition européenne. Mettant une fois de plus les citoyens devant le fait accompli. Au nom d’une croissance incertaine.

Car c’est là la justification avancée par la Commission pour conclure rapidement ce traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Un gain de croissance (entre 0,5% et 1,5%/an) et une augmentation du volume des exportations (entre 2% et 8%)[2] ou une augmentation moyenne du revenu disponible d’une famille de quatre personnes de 545€ par an (![3]).

Mais, en dehors du fait que ces résultats sont mis en doute par de nombreux experts et par notre Ministre du Commerce extérieur, tous reconnaissent que finalement « l’ampleur des gains dépend du champ des négociations ».

C’est précisément tout l’enjeu du mandat confié dans deux mois à la Commission par les Etats. Et force est de constater que les différents exécutifs européens ne sont d’accord sur rien.

Sur le calendrier ? La présidence irlandaise veut lancer la négociation avant la fin de son mandat en juin prochain. Les chefs de gouvernement du Royaume-Uni et de l’Allemagne ainsi que le Président de la Commission, espèrent que l’accord sera conclu, au moins dans sa première phase, avant la fin du mandat de l’actuel Président de la Commission en juin 2014, sinon au plus tard à la fin de cette année. Le gouvernement français, lui, refuse que « la négociation s'engage dans la précipitation », et juge qu’il est « hors de question de donner un mandat de négociation bâclé ».

Le périmètre ? Tous s’accordent sur le fait que les discussions porteront principalement sur les « obstacles » non tarifaires (les tarifs douaniers entre l’Europe et les USA n’étant que de 4% en moyenne). Mais la façon d’envisager ces négociations est très différente. François Hollande a d’ores et déjà déclaré qu'il ne souhaitait pas que « les normes sanitaires » et « l'exception culturelle, notamment les services audiovisuels » fassent partie des négociations franco-américaines dans le cadre d'un accord de libre-échange.D’autres responsables politiques européens commeFrits Bolkestein, chantre de la libéralisation des services, estiment que l'UE ne doit pas céder « aux tentations protectionnistes françaises » et que l'équipe de négociation européenne doit recevoir « un mandat aussi étendu que possible ». Pour le moment, ce point de vue semble l’emporter. Androulla Vassiliou, commissaire en charge de l'Education, de la Culture, du Multilinguisme et de la Jeunesse a en effet expliqué: « En dépit de mon souhait de voir les services audiovisuels exclus, la décision du collège des commissaires a été différente, car c'était une condition des Etats-Unis, qui voulaient que tout soit sur la table pour ces négociations ».

Cette étape préalable au face-à-face UE-USA a déjà eu pour effet de révéler un peu plus les désaccords profonds existant entre les différents gouvernements européens. Première faiblesse d’une Europe qui ne peut espérer négocier dans de bonnes conditions qu’unie face à des Etats-Unis déterminés à reprendre la main en matière de commerce international et à imposer ses intérêts. Il y en a d’autres.

L’Europe est plus soumise à l’urgence. A travers cet accord l’UE vise une relance rapide de sa croissance sans avoir à renoncer à la stabilité budgétaire, alors que les Etats-Unis veulent contenir pour les prochaines années la montée en puissance de la Chine et s’affranchir de l’OMC.

L’Europe dispose d’une moins grande marge de manœuvre. Les Etats-Unis ont en effet déjà entamé une autre grande négociation commerciale avec dix pays asiatiques[4] (hors Chine), en vue d’établir un « partenariat trans-pacifique » (TPP) régional, certainement plus crucial pour eux. Mettant en quelque sorte ses deux partenaires en « concurrence » pour obtenir les clauses les plus favorables.

L’Europe est moins protégée contre toutes les formes de concurrence déloyale. Elle n’est jamais parvenue à se doter d’un « European Buy Act » malgré les demandes réitérées depuis 1993 de la France, et se contente de réserver, sans que cela soit obligatoire, une partie des marchés publics aux PME innovantes. Les Etats-Unis eux n’hésitent pas à renforcer constamment les dispositifs de protection de leur marché, que ce soit l’« American Buy Act » ou les mesures destinées à soutenir la production industrielle américaine, éviter les délocalisations et encourager les relocalisations. D’ailleurs dans le discours où le Président Obama déclarait sa volonté d’ouvrir les négociations commerciales avec l’Europe, il annonçait également la création d’une Unité de Contrôle Commercial chargée de déterminer les pratiques commerciales déloyales et de contrôler les biens importés ne respectant pas les normes nationales.

Ajoutons enfin que les Etats-Unis bénéficiant d’accords déjà conclus avec certains des pays européens, pourront continuer de jouer sur ces préférences intra-communautaires.

L’UE n’aborde décidément pas ces négociations à égalité avec les Etats-Unis. Consentir à s’asseoir rapidement à la table des négociations revient pour l’Europe à accepter la très dure loi du libre-échange à son détriment. C’est d’ailleurs peut-être le secret espoir de David Cameron qui n’aurait plus à organiser de referendum sur l’avenir de l’Europe, puisqu’alors elle lui conviendrait.

*****

En bref, ces négociations sont à haut risque pour l’Europe et pour les citoyens européens. Il est donc urgent de demander… du temps pour élaborer un mandat de négociation clair sur les principes et précis sur les objectifs. Le gouvernement français doit tenir bon et continuer à refuser toute démarche précipitée.

Espérer que c’est en cours de négociations que des majorités circonstancielles, constituées sur tel ou tel point, au sein de l’UE, pourront défendre efficacement les intérêts européens est illusoire. La mécanique des négociations, une fois lancée, est implacable.

Conscient de la complexité des dossiers, même le « groupe de haut niveau sur l’emploi et la croissance »[5], favorable au principe d’un tel accord, a recommandé la mise en place d’un « mécanisme permanent de dialogue et de coopération » et une avancée « progressive vers un marché transatlantique plus intégré ».

Une grande zone de libre-échange transatlantique instituée dans la hâte, sans régulation, aboutirait à une reddition sans conditions devant les prétentions des multinationales américaines, Google, Monsanto ou Boeing etc. et à la disparition des « acquis européens » (principe de précaution, exception culturelle, respect de la vie privée…).

Face à ce risque, le Parti socialiste a un rôle fondamental à jouer. Il lui incombe de rompre le quasi-silence complaisant qui entoure ces négociations lors de sa prochaine Convention nationale sur l’Europe et de lancer un vrai débat sur les fondements d’une future politique commerciale européenne et d’une nouvelle régulation internationale.

Faute de ce débat, cet accord de libre-échange sera celui de tous les dangers et du renoncement à une Europe démocratique, solidaire et durable.

P.S. (23/04/2013)

Le flou et l’ambiguïté régissent décidément ces négociations.

Au moment où j’écrivais ce billet, K.de Gucht, Commissaire européen au Commerce, affirmait : "L'exception culturelle ne sera pas négociée". Les pays européens qui le souhaitent "resteront libres de maintenir les mesures existantes, et la France en particulier restera parfaitement libre de maintenir ses mécanismes de subventions et de quotas", promettait-il.

Mais son porte-parole assurait que cela ne signifiait pas que l'audiovisuel serait exclu des négociations! : "Il s'agit d'ouvrir des possibilités à l'avenir, on répète ce qu'on avait écrit dès le début", rappelant qu'on "ne peut pas toucher" à l'exception culturelle parce qu'elle est inscrite "dans les traités" européens.

Aussitôt Nicole Bricq a réagi en soulignant "l'ambiguïté" de la position de la Commission. "Nous attendons de voir le projet de mandat écrit que la Commission doit nous envoyer d'ici le 3 mai pour vérifier si cette ambiguïté demeure", mais "la position de la France est inchangée: nous voulons que l'audiovisuel ne soit pas dans les négociations", a-t-elle déclaré. "Il faut que la Commission européenne entende ce message: l'exception culturelle, nous y tenons et je ne suis pas seule à la défendre", a-t-elle insisté, saluant l'initiative de nombreux réalisateurs européens.

******

[1] représentant 30 % du commerce mondial et 62% du stock des investissements directs

[2] Selon une étude prospective du Centre d'Études Prospectives et d'Informations Internationales

[3] Admirons la précision du chiffrage de la Commission

[4] Dont le Japon, l’Australie, le Vietnam, la Malaisie…

[5] chargé en 2011 par la Commission de défricher le chantier des relations commerciales entre l’UE et les USA

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 08:10

En 2006 Raoul Jennar signait une chronique (voir ci-dessous) concernant le PET (Partenariat Economique Transatlantique) désormais connu sous le nom de GMT (Grand Marché Transatlantique). Nous étions dès lors alertés de ce qui se tramait en coulisses, à l’insu des peuples. Pour ne pas avoir prêté attention à cet avertissement nous voici à l’aube d’un bouleversement de bien plus grande importance que le TCE qui a pourtant mobilisé les citoyens, TCE qui a été ratifié au prix de la forfaiture que nous savons et que nous n’avons pas à cette heure électoralement sanctionnée, estimant ainsi, de fait, que le forfait avait droit de cité et pouvait devenir pratique courante.

Ceux qui subissent les délocalisations, ceux dont les entreprises ferment, ceux qui sont jetés à la rue, ceux qui luttent pour ne pas voir les services publics démantelés,…. doivent se rendre compte que tout ceci n’est que de l’existence de l’Europe du TCE, bientôt celle du GMT, raison pour laquelle il convient tout autant qu’auparavant de se mobiliser et de se battre en amont contre le GMT plutôt qu’en aval dans une lutte d’arrière garde et à l’instant où les carottes sont cuites.

Aux mêmes, il faut dire que les élections à venir municipales, loin d’être neutres, et les européennes valideront ou non par leurs résultats une Europe encore plus libérale ou celle de peuples. C’est un choix. On peut continuer à voter pour ceux qui nous gouvernent mais alors il faudra appendre à se taire.

Exergue

http://www.jennar.fr/?p=265

P.E.T. trois lettres qui désignent un des projets les plus ambitieux des libéraux de gauche et de droite : le partenariat économique transatlantique. On le croyait mis en sourdine après les réticences exprimées en 1998 par la France, au début d’un gouvernement Jospin qui n’avait pas encore complètement basculé dans le social-libéralisme et rejetait au même moment l’Accord Multilatéral sur l’Investissement. Mais la Commission européenne veille. En mai 2005, elle reprenait le projet et rendait publique une communication intitulée « Un partenariat UE/Etats-Unis renforcé et un marché plus ouvert pour le XXIe siècle ». Un monument de néolibéralisme tourné vers la création d’un marché unique euro-américain.

Un projet aussitôt appuyé par la majorité du Parlement européen qui, le 9 juin 2005, considérait que «le moment est venu de procéder d’urgence à une révision de l’agenda transatlantique afin d’approfondir les relations transatlantiques.» L’idée est de nouveau relancée. Les élus européens sont invités à se prononcer sur un rapport relatif aux relations économiques transatlantiques. La lecture en est édifiante. On y parle de la nécessité pour l’Europe et les Etats-Unis de réaliser « des liens transatlantiques plus forts s’appuyant sur une philosophie commune plus élaborée et sur une structure plus solide qui rendront les deux parties plus prospères et plus à même de faire face avec succès aux problèmes mondiaux dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance économique mondiale, de l’environnement et de la lutte contre la pauvreté. » Et l’auteur du rapport de proposer la création d’un « marché transatlantique sans entraves » ! Ce marché devrait devenir une réalité dans le domaine des services financiers et du marché des capitaux dès 2010. Le rapport recommande la réalisation d’un inventaire complet des principaux obstacles qui s’opposent aux investissements, inventaire assorti d’un programme d’élimination de ceux-ci. Il recommande un inventaire complet de toutes les entraves d’ordre juridique, pratique et technique aux marchés publics. Il recommande l’établissement d’un dialogue entre l’UE et les USA qui permette d’agir en amont dans les domaines législatifs et réglementaires de telle sorte qu’avant de légiférer ou de réglementer les Européens se concertent avec les Etats-Unis. Qui propose cela ? Un parlementaire conservateur ou libéral ? Pas du tout : c’est la très influente députée Erika Mann, du Groupe du Parti Socialiste Européen.

On se souviendra que dans le traité constitutionnel européen, qui doit beaucoup aux sociaux-démocrates, on constitutionnalisait l’adhésion des pays de l’Union européenne à une organisation militaire qui n’est pas européenne et qui est totalement soumise aux USA : l’OTAN. C’est la même inspiration qui est à l’œuvre avec le P.E.T. Libéraux de droite et de gauche veulent transformer l’espace européen en prolongement des Etats-Unis d’Amérique. Et pour y parvenir, il faut, comme pour la construction européenne, comme pour la mise en oeuvre des accords de l’OMC, commencer par l’élimination des obstacles au libre-échange.

Pour ce faire, il faut traiter nos traditions, nos institutions nos lois, nos règlements, nos pratiques comme des « entraves » dont il faut faire l’inventaire en vue de les éliminer. Pour ce faire, il faut occulter ce qui différencie fondamentalement la société américaine de la société européenne : sur le rôle des pouvoirs publics dans la vie collective, sur les rapports Eglise-Etat, sur la place des services publics comme instruments de nature à favoriser le plein exercice par tous de droits collectifs, sur le droit du travail et le rôle des syndicats, sur le souci de la qualité de la vie et sur le respect de l’environnement, sur le rôle du droit international dans les relations entre les peuples.

Je voudrais quand même rappeler les différends commerciaux qui affectent les relations UE-USA : le refus des USA de reconnaître le principe de précaution adopté par l’UE et qui se traduit par des conflits portés devant l’Organe de Règlement des Différends de l’Organisation Mondiale du Commerce (bœuf aux hormones, organismes génétiquement modifiés,…) tout comme le refus des USA de respecter les décisions de ce même Organe de Règlement des Différends (coton, investissements off-shore) ;

Je voudrais rappeler aussi les divergences profondes qui caractérisent les politiques respectives de l’UE et des USA en matière d’environnement et de biodiversité : celles qui ont trait à la protection de l’environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique (Protocole de Kyoto) comme celles qui ont trait au respect de la biodiversité mondiale conformément à la Convention de Rio sur le respect de la biodiversité et au Protocole de Carthagène.

Je voudrais enfin rappeler la différence fondamentale qui oppose UE et USA dans leurs rapports respectifs au droit international : sur le principe de la libre circulation des personnes, sur la protection des données relatives à la vie privée, sur l’extension extraterritoriale d’une législation nationale (lois Helms-Burton et d’Amato), sur le respect des Conventions de Genève, sur l’interdiction des armes anti-personnel, sur la reconnaissance de la Cour Pénale Internationale.

Plutôt que de pousser à un « marché transatlantique sans entraves », nos parlementaires européens feraient mieux de protéger un modèle de société peu compatible avec celui qui est en vigueur aux USA.

7 mars 2006

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 03:36

publié sur le site PG 11

 

 

Pour être intéressant l’article de Patrick Hyaric (1) paru dans l’Huma du 20/2 n’évoque qu’un volet du GMT.  

Depuis une paire de mois, j’avais dans l’idée de revenir sur le sujet sans trop savoir comment le reprendre, en ayant à l’esprit que décidément il faut du temps pour prendre conscience qu’une difficulté est là, présente, sournoise.

Comme il est des mots qui sont faits pour nous emberlificoter, il est des traités qui, préparés dans la quasi clandestinité, lorsqu’ils sont ficelés, nous sont imposés. Ainsi sommes nous baisés pour ne pas nous être secouillés à l’heure. Alors, notre révolte est vaine, ou plus ardue à conduire, car chacun sait qu’il est plus facile de lutter avec succès contre un incendie naissant que lorsqu’il est installé. Mais peut-être avons-nous le goût de nous battre dos au mur.

 

Un livre de Ricardo Cherenti et Bruno Poncelet aux Editions Bruno Leprince : Le Grand marché transatlantique, sous titre : L’Europe, une société anonyme transatlantique. Préface de J-L Mélenchon.

 

Le GMT est pour demain. Alors ! je vous redonne en lecture, ci-dessous, ce que j’avais écrit il y a quelque temps. Cela me paraît suffisant pour ceux qui veulent s’emparer du sujet.

(1)   http://patricklehyaric.net/2013/02/20/le-retour-du-fameux-marche-transatlantique/ 

 

                                                 ********

 

J’ai commencé à dire quelques mots sur le Grand Marché Transatlantique (GMT) à l’occasion des réunions de campagne pour les élections européennes, indiquant qu’à la suite de l’adoption du TCE, et contenu en lui, cet autre péril se profilait, raison pour laquelle, il convenait de voter pour le candidat du Front de Gauche, seule entité politique du moment acceptant de gouverner et capable de s’y opposer.

Je n’étais pas assez armé pour discourir dessus - je ne le suis guère davantage aujourd’hui -, suffisamment toutefois pour attirer l’attention sur lui. A l’époque, la campagne du TCE encore fraîche, celle de l’élection au parlement européen en cours, l’un et l’autre occupant entièrement les esprits jusqu’à saturation, le GMT paraissait relever de l’anecdote dont on se préoccuperait, peut-être, plus tard. Mes camarades du PCF, avec qui je menais des réunions au nom du PG, étaient, eux également, dans l’immédiateté de la campagne et ne firent guère écho à cet argument. C’est ainsi que nous nous retrouvons  piégés du discours convenu, de ce à quoi on n’a pas su s’intéresser à temps et pourtant préparé de longue date en catimini par ceux qui nous gouvernent.

 

Le GMT, qu’est-ce que c’est ?

 

C’est un marché de libre-échange (entendez concurrence libre et non faussée, selon l’expression trompeuse et bien connue) entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Mais pas que cela.

En 2015, il est prévu que l’Europe devra former un bloc avec les USA, au niveau militaire, politique, économique et social. Rien que ça !

A cet effet, des représentants américains et européens se rencontrent, travaillent de concert pour préparer cet avenir commun et funeste qui conduit à vassaliser l’Europe à la politique des Etats-Unis.

Ainsi, ce que nous connaissons au niveau européen nous allons désormais le vivre à un niveau élargi avec pour conséquence de perdre davantage de notre liberté.

Cet accord de libre-échange a été voté par le Parlement européen en 2009 sans que les peuples en soient informés et consultés. Les citoyens européens sont (seront en 2015) de la sorte mis devant le fait accompli.

Coup dur pour la démocratie.

Au passage on notera le peu d’informations en provenance de la presse. Mais surtout, on notera que nos représentants, la quasi-totalité des partis politiques*, sont, sur ce sujet capital, d’un silence complice.

*Voir la position du Parti de Gauche ci-dessous en lien (Atelier de lecture).

 

3 étapes sont datées pour l’intégration au Grand marché transatlantique, elles concernent :

         En 2010 : les services financiers,  le marché des capitaux, la vie privée, les  droits de propriété intellectuelle, la concurrence….

         En 2014 : la coopération en matière de sécurité de manière à favoriser la remise de données administratives et judiciaires aux autorités américaines….

         En 2015 : l’officialisation et l’entrée en vigueur du GMT.

   

     Ce Grand marché transatlantique est un transfert de la souveraineté de l’Europe qui va se retrouver placée sous l’influence (et parfois la tutelle) des Etats-Unis.

     Parler des Etats-Unis est un euphémisme car, en fait, ce pays comme son gouvernement doivent être définis de la sorte : aux ordres du néo-libéralisme, n’en déplaise aux obamanes qui ont vu (et voient encore) en Obama le messie d’une ère nouvelle du XXI siècle naissant.

     Ce désir des Etats-Unis de vassaliser ne date pas d’hier. Au lendemain de la 2ième guerre mondiale, les USA émettent la doctrine suivante : le monde se hiérarchise en 3 parties.

     En 1, les Etats-Unis dans le rôle de nation leader.

     En 2, les pays européens dans le rôle de nations vassales.

     En 3, les nations asservies : elles sont considérées comme devant être exploitées tant du point de vue de leurs ressources que de leurs moyens de production. La montée en puissance de la Chine, de l’Inde,…ne modifie pas pour autant, fondamentalement, cette vision américaine de l’organisation du monde.

     Pour mesurer les dégâts en terme commercial de ce qui va se passer il faut avoir en mémoire l’accord Aléna passé avec le Mexique, le Canada et les Etats-Unis et voir comment, de cet accord qui est présenté comme bénéfique à toutes les parties, le Mexique (et surtout ses petits agriculteurs) s’est retrouvé ruiné.

Concrètement, quelques exemples pour illustrer.

L’élimination des barrières au commerce, la libéralisation des marchés publics, celle de la propriété intellectuelle, des investissements doivent se faire en harmonie avec la règlementation américaine. Oui ! Oui !

Le contrôle des populationsse fera par transfert d’informations privées aux autorités américaines (numéro de la carte de crédit, détails des comptes bancaires, des investissements réalisés, des itinéraires de voyage, des connexions internet, informations liées à la personne telle la « race », les opinions politiques, les mœurs, la religion...). Ce qui permet de mieux comprendre, pour ceux qui en ont le souvenir, le plan Edwige voulu par Sarkozy, apparemment retiré mais mis en œuvre de manière clandestine. Ce transfert de données sera effectué également à l’attention du secteur privé afin de mieux investir les marchés et d’assurer une meilleure rentabilité économique.

Comme on comprend mieux pourquoi a été effectuée la réintégration de la France dans le cadre de l’Otan.   

On comprend mieux, aussi, l’importance de la révision constitutionnelle qui a permis de mettre hors-jeu la volonté du peuple. Car, si la volonté populaire avait été observée, il n’y avait pas de TCE, et, en l’absence de TCE, le processus engagé pour le Grand marché européen ne pouvait être mis en œuvre. La droite et les élus du Parti socialiste qui par leur abstention ont autorisé la révision constitutionnelle sont responsables, car les uns et les autres connaissaient les conséquences de leur forfait en la matière.

Ce qui est écrit ci-dessus offre à qui le souhaite une grille de lecture bien différente  que celle qui est utilisée habituellement. La politique de l’Europe comme la politique du gouvernement de la France conduite par Sarkozy se déchiffrent à l’évidence sous un autre jour.

 

 Pour plus de renseignements, voir les liens suivants :

 

Un article du réseau Voltaire

http://www.voltairenet.org/article159047.html

 

Un article d’AgoraVox

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/grand-marche-transatlantique-55004

 

Un article de Le Post

http://www.lepost.fr/article/2009/06/04/1564363_le-grand-marche-transatlantique-l-apocalypse-economique-et-sociale-commence-en-2010-en-france-merci-tf1-france-tv-canal-m6-merci-l-ump-le-ps-le-modem-et-les-verts-merci-sarkozy-barroso-et-obama.html

 

Un article du Front de Gauche

http://www.frontdegauche.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=402:le-grand-marche-transatlantique&catid=83:notes-de-campagne&Itemid=120

 

Une vidéo de Mélenchon

http://www.dailymotion.com/video/x9203t_jean-luc-melenchon-le-futur-grand-m_news

Une autre vidéo de Mélenchon

 

http://www.dailymotion.com/video/x9f19k_questions-d-europe-le-grand-marche_news

 

L’Atelier de lecture du Parti de gauche

http://www.lepartidegauche.fr/images/stories/adl/ADL-GMT-PG.pdf

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