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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 06:04

De quoi alimenter la réflexion.


En utilisant le lien ci-dessous, vous avez accédez à des statistiques mises à jour instantanément.


Les domaines concernés sont : la population (naissances, décès,….), les dépenses cumulées des états (éducation, santé, armée,…), l’alimentation (….), l’eau (…..), les énergies (….), la santé (….)

 


 

http://www.worldometers.info/fr/

 

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 06:05

 


La Pyramide de Maslow, grossièrement énoncée, montre qu’un individu passe à la satisfaction d’un besoin supérieur lorsqu’un besoin qui lui est primaire est d’abord satisfait. D’une autre manière on ne franchit une 2ième marche que la première passée, la 3ième après la 2ième,….

 

Articles :

 

http://semioscope.free.fr/article.php3?id_article=8

 

http://www.bloc.com/article/travail/pratique/pyramide-de-maslow-2009-03-23.html

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 05:09

 

Posted on by Vincent Verschoore

 

Noam Chomsky a élaboré une liste de dix stratégies de manipulation à travers les médias issues de ses observations.

Sans parler pour Chomsky, il me semble que le machiavélisme nécessaire à la mise en oeuvre de ses stratégies est sans doute variable d’une clique politique à l’autre, sans distinction a priori d’appartenance à la gauche ou à la droite.  L’ensemble de ces stratégies fait partie du “système d’Etat” peu importe qui est au pouvoir, chaque gouvernement ne modifiant quel le niveau d’intensité de telle ou telle approche. Le contrôle d’une partie importante des médias est évidemment un pré-requis pour que tout cela fonctionne, que ce soit par nomination directe des directeurs ou par copinage. 

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Source: Pressenza

 

A la lecture du document ci-dessus, il est vraisemblable que chacun aura trouvé des exemples précis illustrant une (ou des) stratégie. Exergue.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 23:26

 

1 - La vidéo a été effectuée à l’occasion du 60ième anniversaire du Programme du Conseil de la Résistance par de grands résistants (Aubrac, Séguy, Kriegel, Hessel,…) qui appellent à continuer à entretenir la flamme des idéaux de la Résistance et à ne pas la laisser périr.

http://www.dailymotion.com/video/x23342_appel-de-la-resistance_news

 

2 - Il est utile d’être attentif au Titre 2 du Programme du Conseil National de la Résistance : Mesures à appliquer dès la libération du territoire qui ne sont pas sans rapport avec l’actualité.

Pour grande partie ce programme a été appliqué (retraites par répartition, sécurité sociale, presse libre de toute contrainte financière,….). Il est méthodiquement démantelé par le pouvoir politique actuel qui répond ainsi aux injonctions du patronat.

Dans Wikipédia on lit ceci : Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF, a déclaré dans le magazine Challenges (4 octobre 2007) qu'il fallait "défaire méthodiquement le programme du CNR" en précisant : "le gouvernement s'y emploie".

 

3- Présentation du texte par la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Le CNR se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, clandestinement, dans un appartement parisien, sous la présidence de Jean Moulin, représentant en France occupée du Général de Gaulle (installé à Londres puis à Alger comme chef de la France libre). Jean Moulin sera arrêté par les nazis en juin de la même année. Lui ont succédé Georges Bidault, démocrate chrétien, puis, à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis Saillant, CGT.

Le CNR regroupait :

  •  
    • huit mouvements de RÉSISTANCE intérieure : "Combat", "Libération zone Nord", "Libération (Sud)", "Francs-tireurs partisans (FTP)", "Front national" (rien à voir avec le Front national actuel), "Organisation civile et militaire" (OCM), "Ceux de la Résistance" (CDLR), "Ceux de la Libération" (CDLL),
    • les deux grandes confédérations syndicales de l'époque : CGT (réunifiée) et CFTC,
    • six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre, dont le parti communiste, le parti socialiste, les radicaux, la droite républicaine et les démocrates-chrétiens.

Le CNR a défini son programme prévisionnel pour la Libération le 15 mars 1944. Comme vous pourrez le constater, on y trouve des objectifs d’une troublante actualité.


4- Le programme

LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la RÉSISTANCE n'a pas d'autre raison d'être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n'est, en effet, qu'en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R. ,

délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s'unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d'action immédiate contre l'oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D'ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l'oppresseur hitlérien poursuit avec l'aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d'un million de prisonniers, par la déportation d'ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l'emprisonnement de 300.000 Français et par l'exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l'armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d'abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l'avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l'envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l'espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l'Europe, a placés dans leur volonté d'abattre l'Allemagne nazie, par le déclenchement d'opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l'épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu'il mette tout en oeuvre afin d'obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la RÉSISTANCE ne veulent pas et d'ailleurs ne peuvent pas se contenter d'une attitude passive dans l'attente d'une aide extérieure, mais qu'ils veulent faire la guerre, qu'ils veulent et qu'ils doivent développer leur RÉSISTANCE armée contre l'envahisseur et contre l'oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la RÉSISTANCE Française doit ou se battre ou disparaître; qu'après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l'offensive des Français contre l'ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l'ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l'union des patrons et des ouvriers, l'échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l'appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l'armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu'il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c'est seulement par l'organisation, l'intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l'union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l'a dit le Général De Gaulle, de l'insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l'autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d'assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l'espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l'état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l'aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l'ennemi commun, ainsi que l'a démontré l'exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l'armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d'énergie du peuple français, pour les diriger vers l'action salvatrice dans l'union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D'inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d'entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n'existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l'autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d'action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l'échelon communal, local et d'entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l'ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l'assistance active à l'égard des patriotes sous l'impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d'entraîner les Français qu'ils auront su grouper à l'action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d'oppression et d'exploitation imposées par l'ennemi, de l'extérieur et de l'intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l'ennemi et augmentant le potentiel humain de la RÉSISTANCE ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l'esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d'une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés; d'autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et   des grèves, afin d'obtenir l'augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l'ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d'alimentation, de chauffage et d'habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d'installations industrielles pour le compte de l'ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l'ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l'intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvementsexcessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l'Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l'appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d'entreprises devront en outre:

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l'Intérieur par l'accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l'encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l'ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l'établissement effectif de l'autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l'autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l'état major national des Forces Françaises de l'Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l'ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d'armes et de munitions afin d'en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d'armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l'avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l'échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d'efficacité ;

4) Coordonner l'action militaire avec l'action de RÉSISTANCE de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d'appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d'empêcher les réquisitions de vivres et d'installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l'occupant provisoire.

Ainsi, par l'application des décisions du présent programme d'action commune, se fera, dans l'action, l'union étroite de tous les patriotes, sans distinction d'opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l'insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l'effort et les sacrifices de tous, sera avancée l'heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d'immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d'entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1) Afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l'ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l'armistice par les gouvernements de l'Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d'assurer :

·         l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

·         la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ;

·         la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ;

·         la liberté d'association, de réunion et de manifestation ;

·         l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

·         le respect de la personne humaine ;

·         l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

  •  
    • l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ;
    • une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes ;
    • l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
    • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ;
    • le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
    • le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie.

b) Sur le plan social :

  •  
    • le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;
    • un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;
    • la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
    • la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale ;
    • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ;
    • la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ;
    • l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ;
    • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
    • le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

L'union des représentants de la RÉSISTANCE pour l'action dans le présent et dans l'avenir, dans l'intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l'ennemi.

En avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 05:31

Partie du chapitre XXIX de Tristes Tropiques de C.Levi.Strauss.

 

 « Quand…Montaigne rencontra …3 indiens ramenés par un navigateur, il demanda à l’un d’eux quels étaient le privilège du chef…dans son pays ; et l’indigène, chef lui-même, répondit que c’était de partir le 1ier à la guerre…. (Pas mal non ?) Si frappante qu’elle soit, la formule est moins significative encore que le nom qui sert à désigner le chef dans la langue nambikwara. Uilikandé semble vouloir dire « celui qui unit » ou « celui qui lie ensemble ». Cette étymologie suggère que l’esprit indigène est conscient de ce phénomène…, c'est-à-dire que le chef apparaît comme la cause du désir du groupe, et non comme l’effet d’un besoin d’une autorité centrale ressenti par un groupe déjà constitué.

Le prestige personnel et l’aptitude à inspirer confiance sont les fondements du pouvoir dans la société nambikwara. Tous deux sont indispensables…

Le consentement est à l’origine du pouvoir, et c’est aussi le consentement qui entretient sa légitimité. …….Le consentement est à la fois l’origine et la limite du pouvoir……Les relations politiques se ramènent à une sorte d’arbitrage entre, d’une part, les talents et l’autorité du chef, de l’autre, le volume, la cohérence et la bonne volonté du groupe ; tous ces facteurs exercent les uns sur les autres une influence réciproque.

………………………

Sans doute le schéma de Rousseau diffère-t-il  des relations quasi contractuelles qui existent entre le chef et ses compagnons. Rousseau avait en vue un phénomène tout différent, à savoir la renonciation, par les individus, à leur autonomie propre au profit de la volonté générale. Il n’en reste pas moins vrai que Rousseau et ses contemporains …………ont compris que le « contrat » et le « consentement » ne sont pas des formations secondaires, comme le prétendaient leurs adversaires ………ce sont les matières premières de la vie sociale, et il est impossible d’imaginer une forme d’organisation politique dans laquelle ils ne seraient pas présents.

Une seconde remarque découle des considérations précédentes : le consentement est le fondement psychologique du pouvoir, mais dans la vie quotidienne il s’exprime par un jeu de prestations et de contreprestations qui se déroule entre le chef et ses compagnons, et qui fait de la réciprocité un attribut fondamental du pouvoir. Le chef à des pouvoirs,….Il a des devoirs….

…..

Quelle est, maintenant, l’attitude du chef lui-même vis-à-vis de sa fonction ?

…..il y a des chefs, parce qu’il y a, dans tout groupe humain, des hommes qui, à la différence de leurs compagnons, aiment le prestige pour lui-même, se sentent attirés par les responsabilités, et pour qui la charge des affaires publiques apporte avec elle sa récompense ».

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 06:38


 

Jacques Généreux décortique  le mécanisme qui, transformant  la psychologie de l’individu,  le met en situation d’accepter le néo-libéralisme, en fait un « guerrier » et l’amène à participer à sa propre aliénation, puis se sert des parents pour affecter, au travers de l’éducation qui lui est faite, l’enfant.

 

http://www.youtube.com/watch?v=LJh6cJNb_Mk

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 15:34

Extrait  du livre "La vérité guidait leurs pas"

Gallimard

Pierre Mendès-France

 

Le rôle du citoyen

« …

On l’a vu, la démocratie, est un état d’esprit et un mode de vie faits, avant tout, d’un intérêt essentiel pour le destin de la communauté à laquelle on appartient, de la volonté d’y être intégré à tous les niveaux, ceux de la compréhension, de la décision et de l’action, du sentiment qu’une vie humaine sera toujours amputée si elle reste bornée à un horizon individuel, de la conviction que ce monde appelle plus de raison et de justice et qu’il faut lutter pour les faire triompher. Tel est l’esprit civique que Montesquieu appelait vertu ou amour de la République, c'est-à-dire, de la chose publique.

Dès lors que le citoyen entend ne pas rester replié sur sa vie privée, il est prêt à accepter des disciplines, à consacrer son temps et sa peine à une œuvre désintéressée, peut-être ingrate et austère, son activité, à y sacrifier des heures prises sur le loisir et le repos. Mais la participation vraie, la pratique d’une responsabilité, l’expérience d’une action exercée sur les autres, la réussite d’une entreprise commune, la victoire sur les forces adverses constituent, dès aujourd’hui, autant d’affirmation de soi et apportent à celui qui s’y est donné, la satisfaction de se savoir utile à la collectivité.

L’esprit civique se manifeste dans les nouvelles générations. Car si les déceptions accumulées et les illusions perdues ont détourné beaucoup de jeunes de jeux  qui leur paraissent dépassés et biseautés, on les voit s’intéresser de plus en plus aux faits, aux actions, aux travaux concrets, ce de ce pays comme ceux du monde extérieur. Ils se passionnent pour les problèmes d’aménagement, d’organisation de leur quartier, de leur ville, pour les activités culturelles, sociales, syndicales, professionnelles, comme pour la situation des pays sous-développés ou de ceux qui sont assujettis à des dictatures militaires ou fascistes. Ils ne peuvent pas laisser à d’autres le soin de décider des affaires communes et du sort commun. Ils montrent souvent l’exemple.

……….

Mais le plus grand péril que court toujours une démocratie et le gouvernement du peuple par le peuple, c’est dans la négligence des citoyens qu’il réside. Car eux seuls peuvent les faire vivre dans une action incessante ou les laisser s’affaiblir, par leur indifférence et leur inertie. La politique appartient à tous et elle n’est pas la chose de ceux seuls qui s’y consacrent entièrement ; tous doivent s’en souvenir à chaque instant. Il y a des gens qui refusent de prendre leurs responsabilités, de participer aux débats et aux batailles. Ils se dérobent au paiement de la dette qu’ils ont contractée à l’égard de la collectivité ; car la société dont ils profitent, ce qu’ils sont, ce qu’ils ont, ils le doivent aux contributions innombrables de ceux qui parmi lesquels ils vivent. En ce sens, ils sont des débiteurs et cela est vrai, pour les moins favorisés eux-mêmes.

…… »

 

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 15:55


Par le Parti de Gauche

 

 La grande régression

 

Nous vivons un moment très singulier de l’histoire du monde. Depuis plus de trente ans, le capital a progressivement obtenu les pleins pouvoirs. Tout ce qui faisait obstacle à la recherche du profit maximal à court terme a été contenu, rogné, puis méthodiquement éradiqué. Faute de contre-pouvoirs, les tendances profondes du capitalisme se sont exprimées sans limites. Il en résulte une crise d’ensemble qui menace le développement général de l’humanité. Cela signifie que nous sommes à la veille de bifurcations décisives rompant avec les normes qui ont organisé jusqu’ici le monde et notamment celles qui ont dominé ces dernières décennies. De grands changements sont à l’ordre du jour car il devient impossible de continuer comme avant.

 

La plus fatale des impasses où nous voilà parvenus est la crise environnementale qui menace les conditions même de la vie humaine sur Terre. La catastrophe provoquée par BP dans le Golfe du Mexique est venue rappeler l’urgence écologique face à laquelle les sommets internationaux, dominés par les grandes puissances capitalistes, affichent leur totale impuissance, quand ce n’est pas leur volontaire ignorance. En 1992, le sommet de Rio sur le « développement durable » débouchait sur des engagements insuffisants. Mais au moins étaient-ils grossièrement chiffrés ! Vingt ans plus tard, la situation environnementale s’est profondément dégradée. La catastrophe écologique a commencé à produire ses effets. Les premiers réfugiés climatiques sont apparus. Des paliers irréversibles dans la dégradation de notre écosystème ont été franchis, par exemple en matière de réchauffement climatique et de destruction de la biodiversité. Pourtant, le dernier sommet en date consacré au climat, celui de Copenhague, incapable de résoudre les contradictions entre les grands pays industriels, n’a débouché sur aucun engagement. Ce fait seul condamne aux yeux de millions de personnes le capitalisme et le productivisme qui en découle.

 

Le monde est aussi frappé par une crise économique majeure. La crise financière a frappé la chaîne de dettes à laquelle est suspendu tout le système économique en son maillon faible des subprimes. Ce faisant elle a révélé et aggravé l’instabilité d’un capitalisme assis sur l’endettement et la domination de la finance. Hier locomotive de la croissance, l’immobilier diffuse à jets continus la récession dans les veines de l’économie des Etats-Unis et partant de là celle du monde. Aucun « relais de croissance »n’est venu remplacer le moteur financier cahotant du système.

Cette crise économique produit une grave crise sociale et géopolitique. L’enrichissement 34 insolent de quelques-uns continue au détriment du plus grand nombre et d’abord des travailleurs qui subissent la précarité, le chômage, qui touchent particulièrement les jeunes, la souffrance au travail, la destruction de leurs droits sociaux. Ces contre-réformes aggravent en particulier la situation des femmes qui subissent déjà de profondes inégalités. Les relations entre les personnes comme celles entre les Etats se tendent. Ce processus n’est pas conjoncturel : il exprime dans l’ordre intime jusque dans l’ordre géopolitique les tensions produites par le modèle dominant. Ceux qui pensaient que l’élection d’Obama aux Etats-Unis entraînerait un apaisement des conflits qui déchirent le monde n’ont pas vu combien ceux-ci sont  inséparables de la domination du capitalisme et des Etats-Unis sur la planète. Ils ont de même méconnu que l’épuisement des ressources énergétiques ou l’explosion des inégalités sociales qui sont à l’œuvre menaçaient aussi la paix.

 

C’est enfin la crise politique que révèle en Europe la progression continue de l’abstention. Les dernières élections européennes l’ont vu augmenter dans presque tous les pays de l’Union. Nous dévalons cette  pente en France de scrutin en scrutin depuis la dernière présidentielle. Huit millions d’inscrits ont boudé les municipales de 2008. 20 millions d’électeurs de la présidentielle ont disparu aux européennes de 2009. 14 millions de voix ont manqué à l’UMP aux régionales de 2010 par rapport à la présidentielle. Ces chiffres sont la conséquence du déni démocratique qu’’a révélé au grand jour le refus de prendre en compte le vote des Français sur le Traité Constitutionnel européen. Partout la souveraineté populaire est abaissée voire carrément bafouée. S’étonnera-t-on dès lors qu’une insurrection civique froide ronge le pays ?

Quelle légitimité ont encore les pouvoirs censés procéder de la volonté populaire quand l’abstention exprime si massivement un muet « qu’ils s’en aillent tous ? ».

 

Tous les curseurs sont donc entrés au même moment dans le rouge. Or ces crises ne sont pas

indépendantes les unes des autres. Elles se nourrissent mutuellement. Si la prise de conscience de la crise écologique est encore récente, aucune d’elle n’est vraiment nouvelle. Ce qui est nouveau en revanche et qui change tout, c’est leur convergence dans une crise globale. C’est ce qui rend possible et probable une bifurcation : la modification soudaine de la course d’un système devenu instable à la recherche d’un nouvel équilibre. Au bout de la grande régression se trouve une impasse.

D’ailleurs, tout en prétendant le plus souvent qu’on ne peut pas faire autrement que continuer les mêmes politiques, les élites dirigeantes sont à la recherche des changements qui leur permettraient de restaurer une domination durable. Ici elles font la promotion d’un capitalisme vert qui veut prolonger l’horizon du capitalisme en le prétendant compatible avec la défense de l’écosystème. Là elles s’emploient à une redéfinition ethnique de la Nation pour mieux enterrer les aspirations à l’égalité sociale qu’il lui est plus que jamais impossible de satisfaire. Dans notre pays, la droite est en train de se redisposer dans une attaque désormais globale contre tous les fondements de la République: services publics, laïcité, égalité en droit de tous les citoyens quelle que soit leur origine, libertés… L’histoire nous enseigne ce sur quoi de telles politiques peuvent déboucher.

 

Bien qu’ils manquent cruellement d’outils politiques pour imposer une autre organisation du monde après la déroute des courants jumeaux qui ont dominé la gauche au siècle dernier, le communisme d’Etat et la social-démocratie, les peuples s’efforcent aussi de bâtir des alternatives. Les peuples d’Amérique Latine ouvrent la voie par leur audace et leur courage comme par les succès qu’ils rencontrent. Dans notre pays, une construction politique nouvelle, le Front de Gauche, a émergé comme un îlot de combativité et de conscience au cœur de l’océan d’abstention. Ces points d’appui sont décisifs. Aussi modestes soient-ils, ils peuvent changer le cours des événements et permettre la mise en œuvre des ruptures 76 écologistes, socialistes et républicaines dont la France et le monde ont besoin.

 

Construire la révolution citoyenne

 

Lors de notre premier Congrès, nous résumions ainsi notre programme : la refondation républicaine des institutions et de la société, le partage des richesses, la planification écologique, la sortie du traité de Lisbonne et une politique de paix par la solidarité et la coopération entre les peuples. Or aucun de ces objectifs ne sera atteint sans une révolution citoyenne.

La Révolution citoyenne, c’est l’irruption active et éclairée du peuple sur la scène politique et notre rôle est de tout faire pour qu’elle ait lieu. Ce n’est pas un souhait vague ou une formule de style. C’est nommer le moyen à nos yeux incontournable pour rétablir concrètement la souveraineté populaire et dès lors faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers qui gouvernent le monde. C’est discerner la condition absolue du changement pour rechercher ensuite les moyens de la remplir.

Le premier moyen c’est la mobilisation sociale et citoyenne. Car si elle doit passer par les urnes, la révolution citoyenne que nous défendons ne peut se calquer sur les rythmes et les rites électoraux. C’est tout de suite, dans la résistance à la politique gouvernementale que nous pouvons miner sa légitimité, construire la motivation populaire et préparer les victoires électorales de demain. C’est dès le bras de fer engagé sur les retraites que se joue le rapport de force qu’il nous faut imposer aux puissances financières, aux institutions internationales qui exigent ces politiques, et que nous leur imposerons demain quand nous gouvernerons ce pays. C’est par la prise de conscience immédiate du danger des politiques sécuritaires et de bouc émissaire conduites par le pouvoir que se jouera aussi la course de vitesse engagée avec les réponses d’extrême droite. C'est en mobilisant contre les politiques d'austérité qui détruisent les services publics et la protection sociale pour le seul bénéfice de l'oligarchie financière et des spéculateurs en vue de leur enrichissement maximum que nous mettons en échec la poursuite des régressions sociales.

Dans le même temps nous devons préparer les moyens d’une véritable alternative politique. La construction d’un débouché politique offrant des réponses d’une radicalité concrète face à aux désastres sociaux et écologiques causés par le capitalisme serait un moyen formidable de donner confiance et plus de force encore aux mobilisations populaires.

 

Un Front de Gauche élargi pour l’initiative

 

 Le premier de ces moyens est le Front de Gauche. Dès lors que les conditions ne sont pas encore réunies pour construire le grand parti de toute l’autre gauche auquel nous aspirons toujours, c’est aujourd’hui la formule qui exprime le mieux ce qui nous semble nécessaire : une construction politique capable de bouleverser le système en rassemblant dans un même mouvement des formations, des cultures, des histoires et personnalités différentes pour tirer du meilleur des anciennes traditions de la gauche et des écologistes le levain d’un projet nouveau. Nous voulons construire et développer le Front de Gauche en l’ouvrant à l’intervention populaire, en donnant notamment la possibilité à ceux qui le souhaitent de le rejoindre et de s’y impliquer tout aussi facilement que les militants des partis politiques qui le constituent.

Nous souhaitons dépasser le stade initial d’un cartel de partis. Nous voulons qu’il assume l’ambition de gouverner en travaillant à l’élaboration d’un programme de rupture avec la logique du système capitaliste et des modèles productivistes. Car ne nous y trompons pas : la victoire de la gauche ne se construira pas sur la base d’un simple rejet de Nicolas Sarkozy. Pour gagner la gauche doit opposer une autre cohérence, un choix radicalement différent. Parce qu’ils disent leur solidarité avec les politiques de rigueur des gouvernements socio-démocrates qui, comme en Grèce, étranglent leu peuple au bénéfice des banques ; parce qu’ils ne se donnent pas les moyens de résoudre les crises en cours par leur refus de remettre en cause le traité de Lisbonne, nous savons que le Parti socialiste n’est pas, en soi, la solution. Il en va de même d’Europe Ecologie – les Verts lorsqu’ils ne prônent pas les ruptures avec le capitalisme qui nous semblent indispensables pour résoudre l’urgence écologique, même si ses contradictions internes rendent moins certaine l’évolution de ce regroupement

Seule la réussite du Front de Gauche est donc à même de bouleverser la donne à gauche et donc d’assurer une victoire contre la droite. Le Front de Gauche est au point de départ une alliance électorale. Il n’existerait pas sans la rencontre avec le suffrage universel. C’est pourquoi le Front de gauche renforcé et élargi dont notre peuple a besoin implique une alliance électorale elle-même renforcée et élargie. Nous proposons donc un paquet liant les prochains rendez-vous avec le suffrage universel : cantonales, présidentielle, législatives. Cette alliance durable permettra de faire de chaque succès électoral un acquis disponible pour le combat suivant. Elle dira clairement au pays notre ambition : gouverner ensemble pour appliquer notre programme. Nous avons donc vu avec une très grande satisfaction nos partenaires communistes adopter lors de leur dernier congrès une stratégie qui va dans ce sens et depuis nous avons lancé le processus de programme partagé. Mais nous devons avoir une plus grande ambition encore pour le Front de Gauche. Il ne peut se réduire aux forces qui l’ont créé. Il doit évidemment s’élargir à tous les citoyens et citoyennes qui le veulent à travers des comités d’élaboration du programme du Front de Gauche et des Front thématiques à l‘image de celui déjà créé pendant la campagne des européennes par les économistes. Nous continuerons également à nous tourner vers toutes les autres organisations de l’Autre Gauche pour leur dire que le Front de Gauche n’est la propriété de personne, sinon celle de tous qui veulent une véritable alternative sociale et écologiste : nos alliés des Régionales comme les Alternatifs,

la FASE, le PCOF, le M’Pep, R&S mais aussi bien sur le NPA avec lequel nos différences ne devraient pas empêcher une alliance. Nous avons déjà raté deux occasions avec ce dernier : rien ne justifierait d’échouer une 3ème fois alors que la situation politique le réclame plus encore. La démonstration réussie de Limousin Terre de Gauche aux régionales puis aux cantonales partielles montre les perspectives électorales d’une alliance large de toute l’Autre gauche.

 

Le Front de Gauche et les échéances électorales à venir

 

Nous abordons donc les échéances électorales à venir à la fois avec confiance et lucidité. Nous avons la capacité de présenter au premier tour une alternative concrète à gauche capable de l’emporter ou au moins de bouleverser les rapports de force en profondeur mais nous savons que les modes de scrutin ne permettent pas l’expression fidèle des rapports de force effectifs dans notre pays. Nous nous préparons notamment à ce que les Cantonales, la première élection du « paquet », minorent artificiellement le poids du Front de Gauche. Elles se jouent au scrutin majoritaire et non proportionnel. On connait le poids des sortants. Nous y affronterons aussi des obstacles financiers contraires à la démocratie qui limiteront notre présence car nous n’avons tout simplement pas les moyens de payer les frais de campagne partout où nous souhaiterions nous présenter. Pour autant beaucoup chercheront sans doute à faire de ce scrutin incomplet et déformé une photographie des rapports de force nationaux à la veille des élections gouvernementales de 2012 qui surplombent l’ensemble du cycle politique dans lequel nous sommes… Ne parlons même pas des interprétations qui seront tentées à partir des sénatoriales, scrutin indirect qui exprime des rapports de force politiques issus d’élections antérieures à notre fondation ! Quant à la présidentielle, nous aurons à affronter la rhétorique mutilante et démobilisatrice du « vote utile » qui avait contribué à laminer l’autre gauche au premier tour en 2007 sans permettre pour autant à la candidate du PS de l’emporter au second.

Quant à la Présidentielle, la révolution citoyenne devra affronter la personnalisation qu’induit une élection présidentielle. Dans la Cinquième République, c’est elle qui domine la vie politique du pays. Le grand nombre se détermine donc par rapport à elle. L’unité de l’Autre gauche est le premier levier de notre crédibilité. Quelle formidable dynamique serait une campagne s’appuyant sur les leaders de talents de l’Autre gauche comme nous avions su le concrétiser sur les tribunes de la gauche du Non au TCE ! Mais notre crédibilité dépendra aussi en grande partie de notre capacité à proposer un programme et une candidature qui traduisent notre ambition de gouverner pour changer les choses vraiment. En même temps nous savons que la présidentialisation de la vie politique agit comme un frein à l’intervention populaire. C’est pourquoi nous voulons élire le dernier président de la Cinquième République, et convoquer dans la foulée de notre victoire une Constituante qui fondera un nouveau régime politique parlementaire permettant la souveraineté effective du peuple.

Le Parti de Gauche mettra au service de ce combat toutes les ressources dont il dispose. Chaque fois que c’est possible, nous apporterons la détermination politique de notre jeune parti et l’expérience militante acquise lors de nos précédents combats sociaux et électoraux.

Comment faire pour avancer ? Comme nous avons procédé jusqu’à présent, en levant concrètement et une à une les difficultés qui se présentent. Quand on l’aborde concrètement, une ambition politique se décline finalement dans une succession de conditions politiques à réunir. Quelles sont celles qu’appelle notre ambition d’une révolution citoyenne ? Faire vivre sans attendre la résistance à la politique du gouvernement. Réussir l’élaboration du programme partagé d’un Front de Gauche le plus élargi possible, et donc en capacité de s’appuyer sur une dynamique populaire qui irait bien au-delà des militants des organisations qui le composent. Nous accorder avec nos partenaires sur les candidatures, pour la présidentielle et les législatives. Rassembler les soutiens qui nous permettront de nous adresser au pays, secteur par secteur. Réunir à travers des souscriptions populaires les ressources financières qu’impliquent ces campagnes. C’est un travail qui demande patience et méthode. Mais il n’est pas de chemin facile pour ce que nous voulons faire. Nous construisons ensemble le Parti de Gauche pour être justement en mesure de mener ce travail à bien. La première condition politique du succès est dans notre propre action, démultipliée par le collectif militant que nous formons.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 06:32


 

Lorsque les nazis vinrent chercher les communistes

je me suis tu : je n’étais pas communiste.

 

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

je me suis tu : je n’étais pas social-démocrate.

 

Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs,

je me suis tu : je n’étais pas juif.

 

Lorsqu’ils ont cherché les catholiques,

je me suis tu, je n’étais pas catholique.

 

Lorsqu’ils sont venus me chercher,

il n’y avait plus personne pour protester.

 

pasteur Martin Niemoller, président des Eglises Réformées de Hesse Nassau, interné par Hitler de 1938 à 1945.

 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 06:26

 

Voici un exercice auquel vous pouvez vous prêter entre amis (au moins 5 ou 6 personnes).

Vous donnez à chacun à lire le texte ci-dessous. Sans un mot, et sans guère réfléchir, à l’abri des regards, il est répondu à la consigne.

Dans un tableau de croisements (prénom de vos amis, acteurs du drame), visible de tous, vous reportez les réponses en prévenant qu’à cet instant ce n’est qu’un relevé et qu’il n’y a pas à commenter.

Cela fait, vous demandez à l’un après l’autre de justifier le choix effectué. Naturellement les amis peuvent poser des questions (pas de jugement de valeur).

Lorsque c’est terminé, vous pouvez redemander à vos amis s’ils souhaitent modifier le choix premier.

 

Chacun prend ainsi conscience des fondements de son fonctionnement, des valeurs qui sont les siennes.

 

   Texte

Un jeune homme, orphelin de père depuis l’âge de cinq ans, vit chez sa mère qui s’est remariée lorsqu’il avait huit ans.

Subissant en permanence, des réprimandes, des humiliations et parfois des agressions physiques de la part du second mari de sa mère, sans que cette dernière s’interpose comme il le souhaiterait, il quitte le domicile familial le jour de ses dix-huit ans pour échapper à une situation devenue insupportable.

Sans travail et sans ressources - sa mère qu’il voit de temps en temps étant dans l’impossibilité de l’aider financièrement - il élit domicile chez un copain de rencontre, de huit ans son aîné. Il se laisse alors entraîner par ce copain à consommer et à revendre de la drogue.

« Donné » par un de ses clients qui s’était fait arrêter, il est recherché par la police qui l’attend un soir près de son domicile. S’apercevant du piège avant d’être arrêté, il repart, affolé, sur son cyclomoteur, sans avoir remis son casque, poursuivi par la police avec sirène et gyrophare.

Sur le parcours urbain de cette course poursuite mouvementée, le jeune fuyard perd soudain le contrôle de son cyclomoteur, heurte un angle de mur et se tue.

 

 

Maintenant que vous avez lu ce texte, veuillez classer par ordre de responsabilité décroissante les acteurs de cette histoire qui sont dans l’ordre d’entrée en scène :

le jeune homme

la mère

le second mari

le copain

le client

la police

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