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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 07:14

Le Grand Soir : « Andreï Makine, a été élu à l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de Mme Assia Djebar. Le jeudi 15 décembre 2016, il a prononcé son discours de réception où il a eu le front d’évoquer « le demi-million d’enfants irakiens massacrés, la monstrueuse destruction de la Libye, la catastrophe syrienne, le pilonnage barbare du Yémen » et de demander : « Qui aurait, aujourd’hui, l’impudence de contester le martyre de tant de peuples, musulmans ou non, sacrifiés sur l’autel du nouvel ordre mondial globalitaire ? »

Dans sa réponse, Dominique Fernandez a parlé d’une Russie humiliée et calomniée : « Quiconque connaît un peu la Russie sait à quel point ce pays est calomnié dans nos médias. La désinformation est systématique. On ne parle que mafia, corruption, nouveaux riches. Certes, ces plaies existent. En sommes-nous exempts nous-mêmes ? Et puis, quelle prétention, que de vouloir appliquer le modèle démocratique de notre société à un pays trente et une fois grand comme la France... ».

Les deux (longs) discours, qui sont par ailleurs des œuvres littéraires, des assauts d’intelligence et d’érudition, sont donnés à lire ci-dessous dans leur intégralité ».

Non, vous n’allez pas perdre votre temps à lire ces deux discours qui sont aussi un éloge de la langue française, une invitation à lire ces auteurs venus d’ailleurs - Andréï Makine, Kundéra, Assia Djebar, Amin Maalouf,…- qui se sont emparés de ce que nous avons trop tendance à délaisser au profit de ce sabir qu’Etiemble appelait le franglais. Tandis qu’ils rejoignent notre langue, la servent, nous préférons la déserter ; étrange non ?

Exergue

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https://www.legrandsoir.info/discours-dandrei-makine-et-reponse-de-dominique-fernandez.html

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 05:44

Le Dieu unique est un tard venu dans l’histoire des religions, beaucoup d’entre elles, encore aujourd’hui, s’en passent aisément. On a beau le dire mort, il continue d’exercer en de nombreux points du globe.

L’ignorer serait prendre le risque d’ignorer l’être humain, son inventeur, dont il exprime et sublime les ambivalences.

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 http://www.franceculture.fr/emissions/allons-aux-faits/realites-religieuses-45-que-faut-il-entendre-par-dieu

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 16:53

L’anticommunisme est si bien et si unanimement partagé qu’il est utile de proposer un article, celui-ci donné en lien (1), afin de remettre un peu d’ordre et de justice dans ce qu’il convient de penser pour s’apercevoir, finalement, pour autant qu’on manifeste d’un peu d’honnêteté intellectuelle, que le libéralisme est loin d’être cette blanche colombe qu’on nous présente complaisamment.   

L’article commence ainsi :

"Le communisme a fait 100 millions de morts ; c'est l'idéologie la plus criminelle de tous les temps avec le nazisme. Et après ça, il y a encore des communistes en France !". Tout le monde a déjà entendu cette phrase au moins une fois dans sa vie. Rares ont été les arguments aussi souvent martelés par les libéraux depuis la Chute du Mur de Berlin, de BHL à Sarkozy. Rares sont les arguments aussi illégitimes, à condition d'éviter les oublis historiques et les raisonnements trompeurs.

Le but de cet article n'est pas de convertir ses lecteurs au communisme : son auteur ne l'est même pas. Il n'est pas non plus d'excuser les crimes des staliniens, des maoïstes ou des Khmers ; j'accepterai ici le chiffre contesté et contestable de 100 millions de morts. Le but de cet article est de combattre l'anticommunisme, c'est-à-dire l'équation "Communisme=Staline+Mao=100 millions de morts=Pire système du XXème siècle avec le nazisme".

J'ai pu constater avec tristesse que l'anticommunisme s'est à peu près généralisé, même chez ceux qui s'opposent au néolibéralisme : chez les socialistes (je parle des non solfériniens), souverainistes, progressistes, patriotes, gaullistes, etc...même chez eux, l'anticommunisme est souvent majoritaire, et il empêche des dialogues, des rapprochements, des unions.

L'anticommunisme, tel qu'il est distillé par nos médias, programmes scolaires et partis politiques, défend quatre thèses, que je crois fausses :

1) La thèse du totalitarisme : avec l'Allemagne nazie, les régimes communistes sont les seuls à avoir pratiqué le massacre de masse, le génocide, la famine, la guerre impériale... Ils ont été anormalement autoritaires et répressifs.

2) La thèse de l'exception communiste : les crimes du "communisme" ont été les pires du XXème siècle avec ceux du nazisme.

3) La thèse du lien naturel, structurel, entre communisme et dictature : toute réforme communiste est un pas vers la dictature.

4) La thèse du lien naturel, structurel, entre libéralisme et liberté : toute atteinte au libéralisme économique, est une atteinte à la liberté politique, à la démocratie. (la thèse la plus inquiétante à mon sens).

Examinons ces quatre thèses les unes après les autres.

C’est ce que vous allez pouvoir faire en utilisant le lien.

  1. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/communisme-100-millions-de-morts-168690

 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:07

Les parties du texte en gras sont d’Exergue.

Exergue

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Source : http://www.gaucherepublicaine.org/etats-unis/trump-et-le-moment-populiste/7399510

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Publié en espagnol le 9 novembre 2016 dans « Publico »

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Un fasciste a gagné.

Ce n’est pas banaliser le fascisme que de l’affirmer. Le fascisme n’est pas un phénomène exclusivement italien et allemand des années 30 ; c’est une façon de construire le politique. Certains politologues espagnols essayèrent de délimiter le phénomène hors de nos frontières, pour éviter d’avoir à parler de fascisme en Espagne. Seuls auraient été fascistes en Espagne les vieilles chemises de la minuscule Phalange de José Antonio Primo de Rivera. Ce n’est pas vrai. Le fascisme s’est construit en Espagne avec le matériau idéologique disponible pour un projet de masse : le catholicisme le plus réactionnaire. Ce que certains appelèrent le national-catholicisme est la version espagnole du fascisme. Et il y a eu des fascismes dans nombre de pays d’Europe et d’Amérique, avec des combinaisons discursives singulières de pseudo-patriotisme, xénophobie, revendication d’un passé national glorieux, religion, phraséologie anti-élites, chauvinisme et zéro mise en question des relations de propriété. Trump est un fasciste viable aux Etats-Unis : il ne fait pas le salut romain et n’arbore pas de svastikas, mais il a reçu l’appui explicite de fascistes imprésentables, depuis le Ku Klux Klan jusqu’à différentes milices armées des USA.

Ceux qui disent que le courant Trump est du populisme de droite ont raison. Y a-t-il meilleure façon de décrire le fascisme si ce n’est comme populisme de droite ?
Le populisme n’est pas une idéologie, ni un ensemble de politiques publiques, c’est une modalité de construction du politique depuis un « dehors » qui se répand dans les moments de crise. Ce dehors est celui qui a mobilisé la white American working class avec Trump, de la même façon qu’il a mobilisé la classe ouvrière britannique en faveur du brexit. Le mépris aristocratique si politiquement correct envers les rednecks américains, les chavs britanniques ou les habitants de Badalona qui firent du réactionnaire Albiol leur maire, ce mépris révèle la myopie d’un certain progressisme cosmopolite qui n’est rien d’autre qu’une sorte de ringardise urbaine à la mode.

Les populistes sont des outsiders et peuvent être de droite, de gauche, ultralibéraux ou protectionnistes. Est-ce que cela signifie que les « extrêmes » se toucheraient ou qu’ils se ressembleraient ? En aucun cas. Répéter ce mantra n’enlève rien au ridicule de cet argument qu’utilise un extrémiste du centre pour s’auto-identifier comme étant le moyen terme vertueux, affirmant en un triple saut périlleux que les points les plus opposés seraient en fait les plus proches. Trump n’est pas proche de Sanders, il est proche des politiques migratoires de Bush et de l’Union européenne. Trump, multimillionnaire, est proche du monde bâti par les présidents qui l’ont précédé, y compris Obama, qui ont laissé au vent mauvais les classes populaires américaines. Simplement, Trump a su profiter du moment.
C’est qu’en réalité le populisme ne définit pas les options politiques, mais les moments politiques. Il y eut le moment populiste Berlusconi, le moment Poutine, le moment Perón et les Etats-Unis viennent de vivre le moment Trump. Mais il ne s’agit pas d’un moment isolé.

Le crash financier de 2007 a été l’antichambre de la crise d’une grande partie des systèmes politiques occidentaux. N’oublions pas que ces systèmes, étayés par l’amélioration des perspectives de vie de la classe ouvrière, la consommation de masse, la redistribution et les droits sociaux, naquirent dans l’esprit de l’antifascisme et dans un contexte géopolitique bipolaire. Tout entra en crise avec Thatcher et Reagan et pris fin définitivement avec la chute du Mur de Berlin. Ce que la crise financière de 2007 a mis au jour, c’est un ensemble de vérités économiques qui devaient, tôt ou tard, trouver une traduction politique : l’appauvrissement des classes moyennes et salariées, la détérioration des services publics et des droits sociaux. La traduction politique s’appelle Trump aux Etats-Unis, elle s’appelle Le Pen en France, et en Espagne – « grâce à la Vierge » dirait [la leader de droite] Aguirre – elle s’appelle Podemos. En quoi nous ressemblons-nous ? En rien, ce sont les moments politiques qui se ressemblent.
L’important, dans les moments politiques populistes, c’est qu’ils dépouillent la politique de ses atours parlementaires (et en passant mettent à la mode, même parmi les politologues mainstream, Carl Schmitt selon la lecture qu’en fait Chantal Mouffe). Trump c’est ça : la nudité obscène, face à la candidate de Wall Street.
Comme tout aurait été différent si Trump avait eu en face quelqu’un qui, sans obscénité fasciste, parle au peuple en appelant les choses par leur nom ! Ce rival existe : c’est Bernie Sanders. Les populistes peuvent aussi être socialistes, car en vérité le populisme ne définit que les moments ; le moment des USA était celui de Trump et de Sanders, pas celui de la candidate de l’establishment. Y a-t-il eu moment plus populiste que celui au cours duquel, voici 99 ans, quelqu’un appela à réclamer du pain et la paix ?

J’insiste sur le fait que ce sont les moments politiques qui se ressemblent, pas les options politiques qui en profitent. Pensons maintenant à l’Espagne. Posons-nous la question : quel a été le fait politique le plus important de l’année ? D’aucuns diront que c’est le blocage politique. Mais c’est Juan Villar Mir – l’un des principaux grands patrons espagnols – qui l’a clairement défini : « Ce qui est vraiment important, c’est que Podemos ne soit pas au gouvernement, cela aurait déréglé l’économie. »

La politique, quand c’est pour de vrai, est viscérale, agonique, dure. Les nuances, la courtoisie, la mesure, les manières nobles et soignées se donnent parfois à voir au sein des parlements et dans les réceptions officielles, mais dès que l’on parle de ce qui est vraiment important, alors finies les bonnes manières ! Il n’y a pas plus élégant que la diplomatie, mais quiconque est au fait des relations internationales sait que derrière la diplomatie il y a des divisions blindées et d’immenses pouvoirs économiques. C’est pour ça que l’élection de Trump est déjà un événement géopolitique qui transcende son propre moment.
En Espagne, nous autres de Podemos pouvons goûter, ces jours-ci, à cette friandise au goût de caramel amer : être une opposition constituant une véritable alternative et qui peut gagner.

Rien à voir avec les débats parlementaires, quand bien même on peut nous y traiter de crétins ou de canaille ou nous y accuser de travailler pour des dictatures. Ne vous y trompez pas : à côté de Villar Mir, Rafa Hernando [porte-parole du PP, droite au pouvoir, aux propos toujours agressifs et virulents] c’est un ours en peluche, son obscénité est simplement candide. Au Parlement, bien que l’arbitre n’y soit pas impartial, au moins pouvons-nous parler librement et nous faire plaisir en disant depuis la tribune des vérités que presque personne n’y a dites avant nous.

Mais il est faux que le Parlement soit la scène la plus importante de la politique, comme il est faux de dire que sur les bancs du gouvernement s’assoient les femmes et les hommes les plus puissants du pays. Ruben Juste, dans un article courageux publié l’autre jour dans Contexto CTXT, l’a montré : « Il y a un État parallèle, privé ou semi-privé, avec son nom propre : société anonyme ». L’auteur précise ce qu’est ce parlement privé de cet État espagnol dans l’ombre, formé de 417 conseillers – parmi lesquels 74 femmes seulement – et donne les noms de ses ministres : les Villar Mir, les Landiribar, les Isla… les propriétaires de Repsol, Telefonica, ACS, Inditex, OHL, Santander, les anciens de Goldman Sachs, les propriétaires de quasiment tout ce que les Espagnols peuvent regarder, écouter ou lire pour s’informer.

C’est ça la politique pour de vrai, et le caractère exceptionnel du moment que nous vivons a aussi à voir avec la nudité où apparaissent les propriétaires de l’opinion. Jamais le vieux proverbe « un chien ne mange pas de la viande de chien » n’aura été aussi éloigné de la réalité. Nous avons pu voir le propriétaire d’un groupe de médias licencier puis traîner devant les tribunaux des journalistes coupables seulement d’informer sur lui. Politique de vérité à l’état pur.
La victoire de Trump nous laisse une leçon importante, qui a beaucoup à voir avec nos débats actuels au sein de Podemos. L’antidote aux Trump, aux Albiol et aux Le Pen, l’antidote au fascisme et à l’autoritarisme financier, c’est la politique qui interpelle et organise le peuple en assumant l’ennemi comme tel. C’est très risqué ; ça déchaîne la colère des puissants et de leurs appareils et c’est bien plus rugueux que la politique parlementaire. Ça présente de nombreuses difficultés, car cela implique de doter la société civile et les mouvements populaires d’instruments de pouvoir et d’auto-organisation. Des types tels que Trump ne peuvent se frayer un chemin que là où ils ne sont pas arrêtés par les tranchées de la société civile organisée, là où règnent la perte de socialisation et la solitude des dépossédés, là où l’on peut dresser l’avant-dernier contre le dernier.

Mais cette politique qui interpelle et parle clair, cette politique qui donne des instruments pour l’organisation populaire est la seule qui touche les consciences, la seule à même de gagner.

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:27

 Ci-dessous, un entretien radiophonique (1) avec Myriam Tonelotto dont le documentaire : Le lobbying : au-delà de l’enveloppe a été projeté dans le cadre du Festival Résistances.

Relevé :

‘Le lobbying c’est la corruption du riche alors que l’enveloppe c’est celle du pauvre.

Si la corruption pénalise le contribuable, le lobbying … enterre carrément le citoyen, c’est ça la différence de niveau…. la corruption… entraine …des atteintes graves ….  ….mais le lobbying est encore quelque chose de plus fondamental puisqu’il ne s’agit pas d’un détournement de loi, il s’agit de faire des lois dès le départ favorables à des intérêts privés et c’est en cela que c’est plus pernicieux et infiniment plus ravageur’

(1) Source et document sonore :

https://www.radio-transparence.org/V2/wordpress/?p=5624

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Vous ne trouverez pas le documentaire Lobbying : au-delà de l’enveloppe sur Internet, préalablement diffusé sur Dailymotion. Retiré de la circulation.

Alors, pour remédier à votre frustration naturelle voici le site: Lobbycratie, ‘in lobbies, we trust’ (2) qui propose quelques vidéos.

(2) http://www.lobbycratie.fr/2010/03/18/dix-documentaires-a-propos-de-lobbying/

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Dénoncer l’enveloppe de cent mille francs ou la mallette d’un million d’euros permet de fixer les regards sur quelques cas anecdotiques, et empêche de les lever plus haut, beaucoup plus haut. Là où les enveloppes n’ont plus cours depuis longtemps. Là où il n’est même plus question d’argent, mais d’échange de services bien compris. Là où les lois européennes sont taillées sur mesure pour les lobbies financiers et industriels’. (3)

(3) http://www.voiretagir.org/LOBBYING-au-dela-de-l-enveloppe.html

 

 

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 09:50

Pour donner une idée du contenu :

Les définitions de la religion sont innombrables et insuffisantes.

A l’origine, le mot désigne l’institutionnalité civique. C’est donc un emprunt.

Le terme de religion est une revendication du seul christianisme (on va comprendre pourquoi) ;  ailleurs, dans les textes de l’islam, du judaïsme, du confucianisme, de l’hindouisme, …. c’est une notion introuvable.

Les textes fondateurs du terme laïcité ne parlent pas de religion car c’est au religieux de le définir. Aussi, le droit français n’utilise pas le terme de religions mais celui de cultes qui sont des activités dont l’exercice n’implique pas de jugement de valeur.

Nos religions révélées sont les plus élaborées et les plus intolérables car elles ne se contentent pas de régler nos mœurs, elles ont lié la croyance à la notion de vérité.

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3       - http://www.franceculture.fr/emissions/allons-aux-faits/realites-religieuses-35-que-faut-il-entendre-par-religion

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:32

Le projet de la France insoumise est une construction citoyenne élaborée  démocratiquement par la participation de ceux - encartés ou pas - qui ont bien voulu y contribuer, ceci contrairement aux autres qui sont projets ‘personnels’ au point que pour une même famille politique, LR  ou PS, chaque candidat, dans le culte de la personne, y va de sa différence.

C’est aussi un projet qui, dans sa préparation, a fait appel à et s’est entouré de ‘spécialistes’, pas nécessairement engagés politiquement pour la France Insoumise, afin qu’ils apportent, dans leur domaine, leur éclairage toujours précieux. Ce sont ces interventions de ‘spécialistes’, dites : auditions programmatiques, qui sont proposées ci-dessous et auxquelles, selon son goût, on peut aller entendre.

Le projet de la France insoumise est le fruit d’une démarche innovante, jamais vue en politique, qui fait des citoyens, jusqu’ici considérés comme des consommateurs de la politique, des acteurs et des créatifs.

Exergue.

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Auditions programmatiques et thématiques :

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1 - Crise écologique - Dominique Bourg (Fondation Nicolas Hulot) https://www.youtube.com/watch?v=WbPEnS33Sog

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2 - Énergies marines - Yann-Hervé De Roeck (France énergies marines)

https://www.youtube.com/watch?v=oBSOfLq5p00

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3 - Sécurité - Laurent Bonelli (Université Paris 10) https://www.youtube.com/watch?v=9k51uzcwtqY

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4 - Transition énergétique - Joël Vormus (CLER) https://www.youtube.com/watch?v=3f2fBHjfj9s

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5 - Souffrance au travail - Christophe Dejours et Vincent de Gaulejac https://www.youtube.com/watch?v=tu4kx0hUtOQ

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6 - Crise économique et souffrance psychologique - Claude Halmos https://www.youtube.com/watch?v=pEExiaAnUJU

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7 - Uberisation et salaire à vie - Sarah Abdelnour et Bernard Friot

https://www.youtube.com/watch?v=tpyQp_9txE0

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8 - Protectionnisme solidaire - Morvan Burel (Solidaires Douanes) https://www.youtube.com/watch?v=CT4wk2v1D-0

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9 - Sortie des traités européens - Coralie Delaume et Aurélien Bernier https://www.youtube.com/watch?v=OFrXp5x7pyE

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10 - Enseignement supérieur et recherche

https://www.youtube.com/watch?v=kloq3w5sI_I

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11 - Constituante - Mabrouka M'Barek https://www.youtube.com/watch?v=I3yUcq2_umA

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12 - Médias - Henri Maler (Acrimed) et Pierre Rimbert (Monde diplomatique) https://www.youtube.com/watch?v=1jlIOT8AChI

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13 - Santé - Irène Frachon et Frédéric Pierru  https://www.youtube.com/watch?v=xe2TCaqEDog

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14 - Sciences Citoyennes - Christian Vélot & Jacques Testart https://www.youtube.com/watch?v=EOT8Z3t7stQ

 

 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 08:39

Relevé : « …. C’est vrai que nous pouvons voter,… c’est vrai que nous pouvons… choisir nos représentants... C’est vrai.. que… sortira toujours un gouvernement. Tout ceci est vrai, mais il est vrai également que la possibilité d’action démocratique commence et finit là. …L’électeur pourra renverser un gouvernement …. le remplacer par un autre, mais son vote n’a jamais eu…un quelconque effet visible sur l’unique force réelle qui gouverne…(le) pouvoir économique, en particulier au secteur en augmentation constante, qui est géré par les entreprises multinationales selon des stratégies de domination qui n’ont rien à voir avec ce bien commun auquel, par définition, aspire la démocratie…..il en va ainsi… par une sorte d’automatisme verbal et mental qui ne nous permet pas de voir les faits… nous continuons à parler de démocratie. … nous ne nous apercevons pas… que nos gouvernements…. se transforment chaque jour davantage en simples “commissaires politiques” du pouvoir économique, avec la mission objective d’élaborer les lois qui conviennent à ce pouvoir….Que faire ? … il est urgent, avant qu’il ne soit trop tard, de promouvoir un débat ... sur la démocratie… sur l’intervention des citoyens dans la vie politique et sociale ; sur les relations entre les États et le pouvoir économique et financier mondial ; sur ce qui consolide et sur ce qui nie la démocratie ; sur le droit au bonheur et à une existence digne ; sur les misères et les espoirs de l’humanité, …. »

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Source : http://www.quebec.attac.org/IMG/pdf/Saramago.pdf

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Le 19 janvier, à Paris, ATTAC-France lance son Manifeste 2002. José Saramago y était présent. Il lit à cette occasion le texte que nous publions ici. C'est une parabole, l'histoire d'un paysan des environs de Florence qui, à la fin du XVIe siècle, sonna le glas de l'église du village pour annoncer "la mort de la Justice". "Depuis, la Justice continua et continue de mourir tous les jours", indique doucement l'écrivain portugais.

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Je commencerai par vous raconter en très peu de mots un épisode remarquable de la vie paysanne qui eut lieu dans un village des environs de Florence il y a plus de quatre cents ans. Je me permets de demander toute votre attention pour cet important événement historique parce que, contrairement à l’habitude, la leçon morale à tirer de cet épisode n’aura pas à attendre la fin du récit ; elle ne tardera pas à vous sauter aux yeux.

Les habitants étaient chez eux ou travaillaient dans leurs champs, chacun vaquant à ses affaires, quand, soudain, on entendit sonner la cloche de l’église. En ces temps de piété (nous parlons de quelque chose qui arriva au XVIème siècle), les cloches sonnaient plusieurs fois durant la journée ; il n’y avait donc pas de raison de s’en étonner. Cependant, cette cloche sonnait le glas tristement, et cela, oui, c’était surprenant, étant donné que l’on n’avait pas eu connaissance de l’agonie de quelqu’un du village. Les femmes sortirent donc dans la rue, les enfants se rassemblèrent, les hommes abandonnèrent leur labour ou leur travail, et, peu de temps après, ils étaient tous réunis sur le parvis de l’église, attendant qu’on leur dise qui ils devaient pleurer. La cloche sonna encore durant quelques minutes, mais, finalement, elle se tut.

Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrait et un paysan apparaissait sur le seuil. Alors, puisque cet homme n’était pas celui qui était chargé habituellement de sonner la cloche, on comprend que les habitants lui aient demandé où se trouvait le sonneur et qui était mort : “Le sonneur n’est pas ici, c’est moi qui ai sonné la cloche”, répondit le paysan. “Mais alors, personne n’est mort ?”, insistèrent les habitants ; le paysan répondit à nouveau : “Non, pas quelqu’un qui aurait un nom et l’aspect d’une personne, j’ai sonné le glas pour la Justice, parce que la Justice est morte.”

Qu’est-ce qui s’était passé ? Il s’était passé que le cupide seigneur de la région (quelque comte ou marquis sans scrupule) changeait depuis longtemps les bornes des limites de ses terres, et les faisait avancer à l’intérieur du petit lopin de terre du paysan, et chaque avancée réduisait un peu plus ce lopin.

La victime avait commencé par protester et réclamer contre l’injustice, ensuite, elle implora la compassion et, finalement, décida de se plaindre aux autorités et de demander la protection de la justice. Tout cela demeura sans résultat et la spoliation continua.

Alors, désespéré, il décida d’annoncer urbi et orbi (un village est à l’exacte dimension du monde pour celui qui y a toujours vécu) la mort de la Justice.

Peut-être avait-il pensé que son geste d’indignation exaltée réussirait à émouvoir et mettrait en branle toutes les cloches de l’univers, sans distinction de race, de credo et de coutumes, et que toutes, sans exception, accompagneraient son glas pour la mort de la Justice et ne se tairaient pas avant que celle-ci ne ressuscite.

Une telle clameur, volant de maison en maison, de village en village, de ville en ville, sautant par dessus les frontières, lançant des ponts sonores au dessus des rivières et des mers, devrait forcément réveiller le monde endormi… Je ne sais pas ce qui arriva ensuite ; je ne sais pas si le bras populaire vint aider le paysan à remettre les bornes à leur place, ou si les habitants, une fois la Justice déclarée défunte, étaient retournés, tête basse et l’âme en berne, à leur triste vie quotidienne. Il est bien avéré que l’Histoire ne nous raconte jamais tout…

Je suppose que ce fut la seule fois où, en un endroit quelconque du monde, une cloche, un bourdon de bronze inerte, après avoir tant sonné pour la mort d’êtres humains, pleura la mort de la justice. On n’entendit plus jamais ce glas funèbre du village de Florence, mais la Justice continua et continue à mourir tous les jours. Aujourd’hui même, en cet instant où je vous parle, loin ou près d’ici, à la porte de notre maison, quelqu’un la tue. A chaque fois qu’elle meurt, c’est comme si finalement elle n’avait jamais existé pour ceux qui avaient eu confiance en elle, pour ceux qui attendaient d’elle ce que nous avons tous le droit d’attendre de la Justice : la justice, simplement la justice.

Non point celle qui se drape dans des tuniques de théâtre et nous entortille avec des fleurs de vaine rhétorique judiciaire. Non point celle qui a permis qu’on lui bande les yeux et que l’on falsifie le poids de la balance ; non point celle dont l’épée coupe plus d’un côté que de l’autre, mais une justice humble, une justice compagne quotidienne de l’homme, une justice pour laquelle juste serait exactement, rigoureusement synonyme d’éthique ; une justice qui réussirait à être aussi indispensable au bonheur de l’esprit que l’est la nourriture du corps pour la vie. Une justice exercée par les tribunaux, sans doute, dans tous les cas prévus par la loi, mais, aussi et surtout, une justice qui soit l’émanation spontanée de la société elle-même agissante ; une justice dans laquelle se manifeste, comme un impératif moral incontournable, le respect pour le droit à l’existence qui est celui de tout être humain.

Mais les cloches, heureusement, ne sonnaient pas seulement pour pleurer ceux qui mouraient. Elles sonnaient aussi pour indiquer les heures du jour et de la nuit, pour appeler les croyants à la fête ou à la dévotion ; et il y eut une époque, pas si lointaine, où c’était le tocsin qui avertissait la population en cas de catastrophes, d’inondations ou d’incendies, de désastres ou de tout autre danger qui aurait menacé la communauté. Aujourd’hui, le rôle social des cloches se trouve limité à l’accomplissement des obligations rituelles, et l’acte illuminé du paysan de Florence serait considéré comme l’œuvre démente d’un fou, ou, pire encore, comme une simple affaire de police. Ce sont d’autres cloches, bien différentes, qui, aujourd’hui, défendent et affirment la possibilité, enfin, de l’implantation dans le monde de cette justice compagne de l’homme, de cette justice qui est la condition du bonheur de l’esprit et même, pour aussi surprenant que cela puisse nous paraître, la condition de la nourriture même du corps.

Cette justice existerait-elle, qu’il n’y aurait plus un seul être humain mourant de faim ou de toutes ces maladies guérissables pour les uns, mais pas pour les autres. Cette justice existerait-elle, que l’existence ne serait plus, pour plus de la moitié de l’humanité, la condamnation terrible qu’elle a été jusqu’à présent. Ces cloches nouvelles, dont l’écho se répand, chaque fois plus fort, à travers le monde entier, ce sont les multiples mouvements de résistance et de mobilisation sociale luttant pour l’avènement d’une nouvelle justice distributive et transformatrice que tous les êtres humains puissent parvenir à reconnaître comme intrinsèquement leur justice ; une justice protectrice de la liberté et du droit, et en aucune façon de ce qui les nie.

J’ai dit que, pour cette justice, nous disposons déjà d’un code d’application pratique à la portée de tout entendement, et que ce code se trouve consigné depuis cinquante ans dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, ces trente droits de base essentiels dont on ne parle plus aujourd’hui que vaguement, quand on ne les passe pas systématiquement sous silence. Ils sont plus méprisés et souillés de nos jours que ne le furent, il y a quatre cents ans, la propriété et la liberté du paysan de Florence. Et j’ai dit aussi que la Déclaration universelle des droits de l’homme, telle qu’elle est rédigée, et sans qu’il soit nécessaire d’en modifier ne serait ce qu’une virgule, pourrait remplacer avantageusement, en ce qui concerne la rectitude des principes et la clarté des objectifs, les programmes de tous les partis politiques de la Terre.

Je pense notamment à ceux de ce que l’on appelle la gauche, ankylosés dans des formules caduques, non concernés ou impuissants pour affronter les réalités brutales du monde actuel, fermant les yeux aux menaces déjà évidentes et redoutables que le futur nous prépare contre cette dignité rationnelle et sensible qui est, nous l’imaginons, la suprême aspiration des êtres humains. J’ajouterai que ces mêmes raisons qui me conduisent à me référer aux partis politiques en général, je les retiens de la même manière pour les syndicats de chaque pays, et, en conséquence, pour le mouvement syndical international dans son ensemble. D’une manière consciente ou inconsciente, le syndicalisme docile et bureaucratisé qui nous reste aujourd’hui, est, en grande partie, responsable de l’assoupissement social qui découle du processus de globalisation économique en cours. Cela ne me réjouit pas de le dire, mais je ne saurais le taire.

Et même, si l’on m’autorise à ajouter quelque chose de mon crû aux fables de La Fontaine, je dirai alors que, si nous n’intervenons pas à temps, c’est à dire tout de suite, la souris des droits de l’homme finira par être implacablement dévorée par le chat de la globalisation économique.

Et la démocratie, cette invention millénaire d’Athéniens ingénus pour lesquels elle devait signifier, dans le contexte social et politique particulier de cette époque, et selon l’expression consacrée, un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ? J’entends souvent des personnes sincères, dont la bonne foi est prouvée, et d’autres qui ont intérêt à simuler cette apparence de bonnes dispositions, soutenir ceci : bien que l’état catastrophique dans lequel se trouve la majeure partie de la planète soit une évidence indéniable, ce sera précisément dans le cadre d’un système démocratique général que nous aurons le plus de probabilités d’arriver à faire respecter pleinement, ou tout au moins de manière satisfaisante, les droits de l’homme.

Rien de plus sûr, à condition que soit effectivement démocratique le système de gouvernement et de gestion de la société qu’actuellement nous appelons démocratie. Et il ne l’est pas. C’est vrai que nous pouvons voter, c’est vrai que nous pouvons, par délégation de souveraineté que l’on nous reconnaît comme citoyens électeurs et normalement par la voie des partis, choisir nos représentants au parlement. C’est vrai enfin que, de l’importance numérique de telles représentations et de combinaisons politiques que la nécessité d’une majorité viendrait imposer, sortira toujours un gouvernement. Tout ceci est vrai, mais il est vrai également que la possibilité d’action démocratique commence et finit là.

L’électeur pourra renverser un gouvernement qui ne lui plaît pas et le remplacer par un autre, mais son vote n’a jamais eu, n’a pas, et n’aura jamais un quelconque effet visible sur l’unique force réelle qui gouverne le monde, et par conséquent son pays et sa personne : je fais allusion, évidemment, au pouvoir économique, en particulier au secteur en augmentation constante, qui est géré par les entreprises multinationales selon des stratégies de domination qui n’ont rien à voir avec ce bien commun auquel, par définition, aspire la démocratie. Nous savons tous qu’il en va ainsi et, malgré cela, par une sorte d’automatisme verbal et mental qui ne nous permet pas de voir les faits dans leur nudité sans fard, nous continuons à parler de démocratie. A en parler comme s’il s’agissait de quelque chose de vivant et d’efficace, alors qu’il ne nous reste guère autre chose d’elle que cet ensemble de formes ritualisées, les passes inoffensives et les gestes d’une sorte de messe laïque. Et nous ne nous apercevons pas, comme si pour cela il ne suffisait pas d’avoir des yeux, que nos gouvernements, ceux-là mêmes que, pour le meilleur et le pire, nous avons élus et dont nous sommes par conséquent les premiers responsables, se transforment chaque jour davantage en simples “commissaires politiques” du pouvoir économique, avec la mission objective d’élaborer les lois qui conviennent à ce pouvoir. Ensuite ces lois, enveloppées dans les édulcorants de la publicité intéressée, officielle ou privée, seront introduites sur le marché social sans provoquer trop de protestations, si ce n’est celles de certaines minorités éternellement mécontentes…

Que faire ? De la littérature à l’écologie, de la fuite des galaxies à l’effet de serre, du traitement des déchets aux embouteillages, tout se discute en ce monde. Mais le système démocratique, comme s’il s’agissait d’une donnée définitivement acquise, intouchable par nature jusqu’à la consommation des siècles, cela ne se discute pas. Alors, si je ne suis pas dans l’erreur, si je ne suis pas incapable d’additionner deux et deux, alors, parmi tant d’autres discussions nécessaires ou indispensables, il est urgent, avant qu’il ne soit trop tard, de promouvoir un débat mondial sur la démocratie et les causes de sa décadence ; sur l’intervention des citoyens dans la vie politique et sociale ; sur les relations entre les États et le pouvoir économique et financier mondial ; sur ce qui consolide et sur ce qui nie la démocratie ; sur le droit au bonheur et à une existence digne ; sur les misères et les espoirs de l’humanité, ou, pour parler de façon moins rhétorique, des simples êtres humains qui la composent, pris individuellement ou dans leur ensemble. Il n’est pas de pire erreur que celle de celui qui se trompe lui-même. C’est pourtant ainsi que nous vivons.

Je n’ai rien à ajouter. Ou plutôt si, un seul mot, pour demander un instant de silence. Le paysan de Florence vient de monter une fois de plus au clocher de l’église, la cloche va sonner. Écoutons-la, s’il vous plaît

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José de Sousa Saramago s'est imposé en quelques années comme l'un des auteurs majeurs du Portugal, grâce à ses grands romans polyphoniques qui revisitent l'histoire portugaise, avec une ironie subtile, proche du ricanement voltairien. Son oeuvre, puissamment imaginative, forte d'une vingtaine de titres dont certains traduits en plus de vingt langues, l'écrivain l'a fait connaître tardivement. Après un premier roman Terra de pecado (Terre du péché) paru en 1947, l'écrivain attendra 1966 pour publier son deuxième livre, un recueil de poèmes (Os Poemas possiveis), puis les années 80 pour connaître la célébrité. Né en 1922 dans le petit village d'Azinhaga (centre du Portugal), ce fils de paysans sans terre émigrés à Lisbonne, abandonne le lycée pour des raisons financières pour suivre une formation de mécanicien-serrurier. Il s'essaye à divers métiers dans l'administration publique, travaille douze ans dans des maisons d'édition, puis dans des journaux, notamment en tant que rédacteur en chef adjoint à Diario de Noticias, un emploi qu'il doit quitter à la suite des événements politiques de novembre 1975. "Bienheureux licenciement. Il m'a permis de me consacrer totalement à ce que j'aime le plus: écrire", a l'habitude de dire le seul écrivain portugais qui réussit à vivre uniquement de ses droits d'auteur. De 1975 à 1980, Saramago gagne sa vie comme traducteur, pour se consacrer aprés ses premiers succès littéraires entièrement à son métier d'écrivain. Pendant quinze ans, considérés comme sa période de mûrissement, il publie poèmes, chroniques, pièce de théâtre et nouvelles, ainsi qu'un long roman Manual de Pintura y Caligrafia (1977). La parution en 1980 de Levantado do chao, un récit épique sur la révolte des gens pauvres de l'Alentejo (est du Portugal), ouvre une seconde période dans son œuvre. Couronné du Prix de la ville de Lisbonne, il marque le début de la carrière d'écrivain célèbre de Saramago, qui s'impose alors avec trois titres, publiés en six ans. Memorial do convento (1982), prix Pen club du Portugal et premier roman traduit en français (Le Dieu manchot, 1987), est une fable baroque et anachronique, un roman d'amour blasphématoire et humoristique, qui se déroule dans le Portugal du 18ème siècle. L'Année de la mort de Ricardo Reis (1984) est un voyage dans le Portugal des années 30 à travers la vie de l'un des hétéronymes de Fernando Pessoa. Le Radeau de pierre (1986) imagine la péninsule ibérique détachée de l'Europe et voguant entre Afrique et Amérique. Génie ludique, style original et torrentiel, où le flot de la phrase est libéré par une ponctuation réduite, richesse sonore de la langue, mode narratif qui crée une relation intime avec le lecteur, expliquent le renom du romancier. Celui-ci a ensuite publié un roman historique, Histoire du siège de Lisbonne (1989), puis L'Évangile selon Jésus-Christ (1992), un roman touffu et iconoclaste qui provoqua un tollé à sa sortie, et enfin Essai su la cécité (1995), une métaphore sur l'aveuglement contagieux qui frappe une société dominée par l'absurde. José Saramango, qui se dit "incroyant mais pas athée", et qui a adhéré en 1969 au parti communiste portugais, en adoptant pourtant toujours une attitude critique, a reçu en 1995 le "Prix Camoes", le plus important prix littéraire décerné au Portugal. Depuis 1992, il vit presque en ermite à Lanzarote, la plus septentrionale des îles de l'archipel des Canaries. Il s'y est installé après son mariage avec son épouse actuelle Pilar, une journaliste espagnole qu'il a connue alors qu'elle était correspondante au Portugal. La production littéraire de José Saramago s'élève à une trentaine d'ouvrages et comprend non seulement de la prose, mais aussi de la poésie, des essais et des pièces de théâtre. Dans son dernier roman, Tous les noms (Todos os nomes), publié en 1997, il parle d'un petit fonctionnaire employé à un service de l'état civil aux dimensions quasi-métaphysiques. Obsédé par l'un des noms, il suit cette piste jusqu'à sa fin tragique.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 09:21

Source : http://www.dailymotion.com/video/x86xgh_08-jose-saramago-portugal-sur-la-de_news

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On dit, pour faire taire les impatients, que la démocratie est le moins mauvais de tous les systèmes politiques connus jusqu’à aujourd’hui, et probablement le moins mauvais de tous les systèmes envisageables pour le futur.

Il ne manque pas aussi de gens pour dire que sans la démocratie il n’y aurait pas de droits de l’homme. On oublie cependant d’ajouter que sans la reconnaissance et le respect effectif des droits de l’homme, la démocratie restera toujours un vain mot, une promesse constamment ajournée, une espérance quotidiennement frustrée.

On dit que, parmi les ombres qui défigurent le visage de la démocratie, elle avance malgré tout dans la bonne direction, et que l’impatience qu’en d’autres temps on qualifiait de non révolutionnaire n’est pas non plus démocratique.

Soyons donc patients.

Avec la patience nous gagnerons le ciel, avec la patience nous finirons par gagner la terre. Ne demandons pas comment ni quand, soyons patiemment obéissants.

La patience n’est pas seulement une vertu chrétienne ; elle est aussi, après mûre réflexion, la seule solution raisonnable pour se diriger dans le labyrinthe fou qu’est devenue la vie de l’espèce humaine. C’est ce qu’on dit, ou qu’on insinue.

Simplement, la sortie supposée du labyrinthe par la porte de la patience ne nous conduit qu’à la résignation et au conformisme.

Soyons donc impatients.

Impatients, parce que cette démocratie politique, dans laquelle on nous permet de vivre, est une démocratie limitée dans son expansion, bloquée dans ses mouvements, amputée dans son intégrité. Une apparence, une façade, un fantôme, qui fuit le contact pour que ne soit pas définitivement révélé sa pauvre identité de fantôme.

Nous vivons à l’intérieur d’une bulle démocratique qui flotte au gré des courants et des tourbillons économiques que la démocratie elle-même ne peut orienter, ni discipliner.

Dans cette bulle de démocratie formelle, tout parait fonctionner à la perfection. Nous avons des partis politiques, nous avons des élections, nous avons des parlements, nous avons des gouvernements, nous avons des juges et des tribunaux, nous avons des droits et des libertés, et aussi les devoirs qui sont supposés leur être inhérents. Nous pouvons renverser un gouvernement qui ne nous a pas compris, ou qui n’a pas tenu ses promesses, pour le remplacer par un autre qui fera d’autres promesses qu’il ne tiendra probablement pas.

Nous changeons le gouvernement, mais nous ne changeons pas le pouvoir. C’est le paradoxe de la démocratie, telle que nous l’avons acceptée et telle que nous la pratiquons. C’est la contradiction à laquelle nous n’avons pas réussi à échapper jusqu’à présent.

La démocratie est régie par des pouvoirs qui ne sont pas démocratiques, les gouvernements élus par le peuple se sont transformés en commissaires politiques chargés d’appliquer les décisions de pouvoirs qui ne sont pas issus d’un vote populaire et qui ne sont pas contrôlés par les organismes représentatifs de la volonté des citoyens. De cette union du paradoxe et de la contradiction est née l’authentique schizophrénie politique dans laquelle on nous oblige à vivre.

L’impatiente n’est peut-être pas réellement révolutionnaire. Mais peut-être est-ce le moment de nous demander si l’avenir de la démocratie ne réside pas justement dans l’impatience des citoyens ? Impatience contre la résignation, impatience contre le conformiste. En un mot l’impatience contre ceux qui nous ont fait perdre patience.

C’est tout

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 01:02

Rien n’est sacré en soi, mais on ne connaît pas de société, fut-elle officiellement athée, qui n’ait en son sein un point de sacralité, légitimant le sacrifice et interdisant le sacrilège.

Le sacralisé ou l’intouchable se distingue du profane ou de l’anodin par des traits invariants, reconnaissables à l’œil nu.

  1. http://www.franceculture.fr/emissions/allons-aux-faits/realites-religieuses-25-que-faut-il-entendre-par-sacre
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